Chapter 45

CHAMBARDER.Faire du bruit, duchambard. «Vous aurez la complaisance cette année de ne pas tout chambarder dans l'Ecole (Polytechnique), comme vous en avez l'habitude...» (XIXeSiècle, 1881.)

On dit familièrement en Bretagnechambarderpour: remuer, bousculer quelqu'un ou quelque chose. (V. Delvau:Chambarder.)

CHAMBRER.Perdre, voler. Argot des grecs.CHAMP.Argot de sport. L'ensemble des chevaux qui se présentent pour figurer dans la même épreuve. Parier pour un cheval contre le champ, c'est parier pour un cheval contre tous ses concurrents. (Littré.)CHAMPS.Champs-Elysées. Argot des filles, des souteneurs et de toute la population interlope qui, la nuit venue, fait élection de domicile aux Champs-Elysées.CHAND, CHANDE.Marchand, marchande.CHANDELLE(Faire une). Lancer une balle en hauteur de telle sorte qu'elle puisse facilement retomber dans les mains des joueurs. Argot des enfants. Allusion à la chandelle romaine, sorte de fusée.CHANDELLE(Faire fondre une). Boire une bouteille de vin. «La chiffonnière faisait alors un bout de toilette avant d'aller faire fondre une chandelle dans le sous-sol du père Grandesomme.» (Réveil, 1882.)CHANDELIER.Souteneur de filles. «Dans l'argot des voleurs, un chandelier signifie un souteneur de filles.» (Figaro, janvier 1886. V.Infra:Relever le chandelier.)CHANOINE.Récidiviste des maisons centrales.CHAPEAU.Homme de paille, remplaçant sans titre sérieux. «Ce ne sont pas des chapeaux que j'ai laissés à mon siège d'administrateur (de compagnie financière), mais bien des titulaires réels.» (Journal officiel belge, mars 1874, cité par Littré.) Cet emploi vient de l'habitude, dans les bals, de marquer sa place en y laissant son chapeau.CHAPELLE.Coterie.CHARGER.Verser du vin,remplir un verre de liquide. «Charge-moi vite une gobette de champoreau.» Traduction: Sers-moi un verre de café additionné d'eau-de-vie. (Réveil, 1882.)CHARRETÉE.(En avoir une). Être complètement ivre.CHARRIER.Chercher à savoir.CHARRIEUR, adj. Curieux.—Subst. Individu qui se tient aux abords de certains cercles pour le compte desquels il racole les joueurs. «Ces nobles personnes ont toujours deux ou troisgrecsà leur solde. Elles ont aussi descharrieurs et des charrieusesqui sont chargés de rabattre les pigeons.» (Henri IV, 1881.)CHARTREUSE DE VIDANGEUR.Demi-setier de vin rouge.CHASSELAS.Vin. «Je prendrais bien quelque chose de chaud. Est-ce qu'il y a du chasselas sur le feu, madame Antoine?» (Huysmans:Sœurs Vatard.)CHASSEUR.Domestique, petit groom qui, dans les cafés et restaurants bien tenus, est à la disposition des consommateurs, pour faire leurs commissions.CHATEAU.Abrév. deChâteaubriand. (V. Delvau.)CHATON.Petit chat. Individu charmant. (Richepin.)CHATOUILLAGE AU ROUPILLON.Vol au poivrier.CHATTE.Pédéraste. Argot des voleurs. Terme injurieux que s'adressent les enfants des rues.CHAUFFER UN ÉLÈVE.Lui appliquer des moyens d'instruction qui hâtent ses connaissances aux dépens du développement total. (Littré.) «Il ne réussit qu'après avoir été chauffé dans une maison spéciale, par un professeur qui lui mâchait ses devoirs.» (Pellerin:Le roman d'un blasé.)CHEF DE CALOTTE.«Dans les pensions militaires, on appelle chef de calotte le plus ancien et le plus élevé en grade des officiers qui mangent ensemble...» (H. Malot:Le lieutenant Bonnet.)CHEMISE RONDE.Argot des troupiers qui désignent ainsi le civil, l'individu qui n'est pas soldat.Engager dans les chemises rondes, ne pas s'engager ou se réengager, rester dans la vie civile.CHEVAL DE CORBILLARD(Faire son). Faire le malin, poser.CHEVALIER DU BIDET.Souteneur.CHEVEU.Argot des coulisses. Mot dit pour un autre quand la langue vous fourche: «Majesté, votre sire est bien bonne!»—Travail difficile, ennuyeux.—Voilà le cheveu; voilà la difficulté.CHEVEUX(Se faire des). S'inquiéter, se tourmenter.CHIBIS!Attention!CHIEN(Faire le). Dans l'argot des cordons bleus, c'est suivre Madame au marché avec un panier dont, en pareil cas, on ne peut faire danser l'anse. «Une cuisinière à une de ses amies: Du moment qu'on ne fait pas le chien, la maison me va!» (Figaro, 1882.)CHIER.Mot élégant qu'emploient les enfants qui, jouant aux billes, manquent leur coup.J'ai chié, je n'ai pas attrapé la bille.CHIER DANS LA VANETTE.Argot militaire. Être sans gêne.CHIFFONNAGE.Le contenu de la hotte du chiffonnier. «On trouva une quantité étonnante de chiffonnage dans les trois hottes.» (Clairon, 1881.)CHINAGE.Action de faire la chine.—Plaisanterie.CHINE.Sorte de vol.CHINER.Travailler. (Richepin.)—Plaisanter.CHIOTTES.Cabinets d'aisances.CHIPOTER.Être regardant, liarder. «Il doit également ne jamais chipoter sur le prix des consommations.» (Frondeur, 1880.)CHIQUE(Coller sa). Argot des enfants qui se servent surtout de cette expression au jeu dit de saute-mouton.Colle ta chique et fais le mort.CHOCOLAT.Naïf, crédule. Argot des voleurs et principalement des joueurs de bonneteau. «Ils (les bonneteurs) s'associent à trois: celui quifait le chocolatet qui est chargé de commencer la partie, de l'allumer en jouant; l'enquilleuroulourdierqui tient la portière de la voiture, invitant les voyageurs à monter dans le compartiment, et, enfin, lepatineur, qui monte lorsqu'il n'y a plus qu'une place et qui doit tenir les trois cartes.» (Temps, 1886.)CHOLÉRA.Débris de fromages. Argot du peuple.

—Que désire monsieur?

«—Deux sous de choléra, s'il vous plaît!

«On peut entendre cette demande et cette réponse s'échanger chez certains marchands de fromage, soit aux alentours des halles, soit dans les grands quartiers populeux.

«Or, qu'est-ce que le choléra? Ce sont les rognures, les bribes, les miettes des divers fromages que les marchands recueillent à la fin de chaque journée à l'étalage et sur les tables de service.» (Figaro, oct. 1886.)

CHOUTER.Caresser. (Richepin.)CIBOULOT.Tête. Argot du peuple.CINQ A SEPT.Argot des gens mondains. Réceptions, visites entre intimes. Elles ont lieu avant le dîner, de cinq à sept heures du soir. «Madame du Deffand qui fut une des fondatrices de ce que nous appelons de nos jours des cinq à sept. (Gaulois, 1882.)CINTIÈME.Casquette à ponts. (Richepin.)CIRAGE.Eloge; réclame élogieuse, compte rendu sur le mode dithyrambique.CIRER.Faire un éloge outré de quelqu'un ou de quelque chose.CITADELLE(Grande). Gardien-chef dans une prison. Argot des malfaiteurs. «Il paraît que, dans le Dictionnaire de la prison, grande citadelle signifie gardienchef.» (Gazette des Tribunaux, août 1883.)CITROUILLE.Argot militaire. Cavalier-dragon.CLAQUE.Claque-dents.Restaurant de bas étage.CLAQUE-PATIN.Individu dont la savate claque contre le talon. (Richepin.)CLEF(Perdre sa). Avoir la colique.CLEPTOMANIE, «On imagina le mot de cleptomanie, ou manie du vol, pour désigner l'état de ces voleuses maladives.» (Giffard:Les grands bazars.)CLICHÉ(Tirer son). Argot des typographes. «Quand un compositeur fait une réplique ou un propos toujours le même, on dit: c'est un cliché.Tirer son clichéest synonyme d'avoir toujours la même raison à objecter, dire constamment la même chose.» (Typologie-Tucker, juin, 1886.)CLIGNOT.Œil.Baver des clignots.Pleurer.CLIQUE.Argot militaire. Le soldat qui joue du clairon.—Musique militaire.CLIQUETTE.Oreille.COCASSE.Drôle, amusant.COCOTER.Faire la cocote, la fille galante.COL-DE-ZING.Qualificatif qu'avaient reçu il y a deux ans les jeunes élégants. Le mot n'a pas vécu. «Gaston de Chauvigné, un de nos cols-de-zing les plus affirmés...» (Charivari, avril 1887.)COLLER UNE DOUCE(Se). Se masturber. Rigaud dit:Se coller un rassis.COLLETINER.A aussi, dans le peuple, le sens plus étendu de porter un fardeau quelconque.COLON(Petit). Argot militaire. Abréviation de lieutenant-colonel.COLTINEUR, EUSE.Fainéant, mauvais ouvrier. «C'est sûrement pas pour des coltineuses de votre espèce qu'on ferait des sacrifices!» (Huysmans:Sœurs Vatard.)CON.Monosyllabe injurieux que le peuple a constamment à la bouche et qu'il emploie à propos de tout et à propos de rien.CONDÉ.Influence. «Ils avaient accaparé les meilleurs postes, ceux qui procurent le plus de condé (influence). (Humbert:Mon bagne.)CONFORTABLE.Verre de bière.CONNAÎTRE DANS LES COINS(La). C'est la variante de l'expression citée par Delvau:Connaître le numéro.CONSCRAR.Elève de première année à l'Ecole Polytechnique. «C'est la première chose que les anciens apprennent aux conscrars lorsqu'ils arrivent à l'école.» (Gil Blas, 1882. V. Delvau:Conscrit.)CONSCRIT.Normalien de première année.CONSOLATION.Jeu de hasard à l'usage des filous. «Au lieu du rendez-vous, on jouait la consolation, partie qui consiste à diviserun tapis vert en cases, au moyen de lignes tracées à la craie, à numéroter chaque compartiment depuis un jusqu'au chiffre maximum que peuvent produire un certain nombre de dés et à payer enfin à chaque individu le montant de la mise qui se trouve dans la case que désigne la somme des points amenés par le coup de dés.» (La Loi, 1882).CONSULTERLAROUSSE, ou, pour parler plus clairement: consulter le Dictionnaire rédigé par M. Larousse. Argot des écoles. Je vais consulter Larousse à la bibliothèque, disent à leurs parents les jeunes collégiens de seize à dix-huit ans. Et au lieu de se rendre à la bibliothèque Sainte-Geneviève ou dans un cabinet de lecture, ils s'en vont tout droit... à la plus proche brasserie desservie par des femmes. «Les tout jeunes gens y vont (dans ces brasseries) sous prétexte de boire un bock et de consulter le Dictionnaire Larousse. Aujourd'hui, ces deux mots:Consulter Larousseont, dans le langage des lycées, un sens sur lequel je n'ai pas besoin d'insister.» (La Ligue, juillet 1885.)CONTER QUELQUE CHOSE AU PERRUQUIER DES ZOUAVES.Argot militaire. Ne pas croire à cette chose.COPURCHIC.Elégant, homme qui donne le ton à la mode. Ce mot, un des derniers mis en circulation, vient de «pur» et de «chic», le premier indiquant la perfection absolue du second. La syllabecone vient là que pour l'euphonie. «Le copurchic ne parle plus argot; il se contente de parler doucement, lentement...» (Figaro, 1886.) «Le petit vicomte de X, un de nos plus sémillants copurchics...» (Gil Blas, juillet 1886.)

Decopurchicest dérivécopurchismequi désigne l'ensemble des gens asservis à la mode. «Les élégantes de copurchisme veulent, elles aussi, donner une fête au profit des inondés.» (Illustration, janvier 1887.)

COQUEMART.Chaudron. (Richepin.)COQUILLARD.Œil.S'en tamponner le coquillard, s'en battre l'œil, s'en moquer.CORBILLARD DE LOUCHERBEM.«Et voici, pour corser tous ces parfums et leur donner la note aiguë, voici passer au galop le corbillard de loucherbem, l'immonde voiture qui vient ramasser dans les boucheries la viande gâtée.» (Richepin.)CORIO.Fontaine. Argot des élèves de l'Ecole Polytechnique. C'est le général Coriolis qui fit installer des fontaines dans les cours de l'Ecole.CORPS DE POMPE.L'ensemble des professeurs de l'Ecole de Saint-Cyr. «Ceux qui savent quelques bribes de dessin, pochent en quatre traits la caricature du corps de pompe.» (Maizeroy:Souvenirs d'un Saint-Cyrien.)CORRECTEUR.Argot des établissements pénitentiaires. Détenuqui est chargé d'exercer une surveillance sur ses camarades.COSTUME(Faire un). Argot théâtral. Applaudir un acteur dès son entrée en scène et avant même qu'il ait pu prononcer une parole.COTE.Terme de course. Tableau sur lequel les bookmakers indiquent les alternatives de hausse et de baisse qui ont lieu sur les chevaux qui prennent part à des courses. «Les paris à la cote sont les seuls autorisés, depuis que les paris mutuels, reconnus jeux de hasard ont sombré par-devant la police correctionnelle.» (Carnet des courses.)CÔTIER.Cheval de renfort. Homme qui le conduit. «Plus curieux encore sont les côtiers, c'est-à-dire les chevaux de renfort pour les montées.» (Estafette, 1882.)COUCHE(En avoir une). Sous-entendu, de bêtise. Être inintelligent.COUDE(Ne pas se moucher du). Se faire valoir. Expression ironique.COUP(Valoir le). Mériter attention. Valoir la peine.COUP DE CACHET.«Un jeune premier suivant le cœur de M. Zola... a sournoisement introduit un couteau entre les épaules de son rival... en imprimant à son arme, s'il en faut croire l'acte d'accusation, un mouvement de rotation destiné à donner au coup une force inévitablement mortelle. C'est ce que M. Huysmans appelle le coup de cachet.» (L. Chapron.)COUPE-FILE.Carte délivrée par la Préfecture de police aux membres du corps diplomatique, aux ministres, aux personnages de distinction et qui sert à couper les files de voitures, à circuler ou à stationner dans des endroits où le public ne peut ni circuler, ni stationner.

«Tu ne verras pas, conduisantLeur bois peint, tout frais reluisant,Un groom en croupe,Avec un coupe-file, au Bois,Des gens qui faisaient autrefoisFiler la coupe!»(Clairon, 1882.)

«Tu ne verras pas, conduisantLeur bois peint, tout frais reluisant,Un groom en croupe,Avec un coupe-file, au Bois,Des gens qui faisaient autrefoisFiler la coupe!»(Clairon, 1882.)

«Tu ne verras pas, conduisant

Leur bois peint, tout frais reluisant,

Un groom en croupe,

Avec un coupe-file, au Bois,

Des gens qui faisaient autrefois

Filer la coupe!»

(Clairon, 1882.)

COUPE-GUEULE.V.Biboire.COUPER DANS LE CEINTURON.Même signification queCouper dans le pont. (V. Delvau.) «Une vieille ambitieuse qui est simple marchande des quatre saisons, et que j'ai coupé dans son ceinturon.» (Gazette des Tribunaux, 1881.)COUPER LA VERTE, L'ALFA.Argot militaire. Boire de l'absinthe.COURRIER DE LA PRÉFECTURE.Voiture cellulaire.COUTURES(Rabattre les). Battre. Argot des écoliers. «Selon l'usage, on voulut commencer par lui rabattre les coutures, c'est-à-dire le brimer à coups de poing.» (A. Theuriet:Michel Verneuil.)COUVERTURE.—Dans le jargon militaire, la couverture, mot tout récent, signifie l'ensembledes troupes et des ouvrages de fortification qui couvrent une frontière et sont destinés à soutenir un premier choc. «Surtout ne dites pas que le général Février a le commandement de la couverture.» (Figaro, mars 1887.)CRAMPONNER(Se). Être saisi d'étonnement, d'admiration.Cramponne-toi, Gugusse, est une phrase ironique que le peuple emploie souvent en s'adressant à quelqu'un pour l'avertir qu'il va voir ou entendre quelque chose d'extraordinaire.CRAN.(Se serrer d'un). Se priver de. Se serrer le ventre, ne pas manger à sa faim.CRAYON.Commis boursier, employé d'agent de change, «Habile, finaud, un des malins crayons de la coulisse, Luzy n'avait pas le grand flair de Blancheron.» (De Goncourt:La Faustin.)CRAVACHE(Être à la). - On se sert aussi de cette expression d'abord pour exprimer l'état de quelqu'un qui, riche, se trouve dans une situation sinon précaire, tout au moins bien au-dessous de celle qu'il possédait, au point de vue de la fortune s'entend. «La nouvelle du jour est le mariage d'une demi-mondaine très décatie, mais fort riche, avec un clubman très titré, mais fortement à la cravache depuis le krack.» (Gil Blas, juin 1887.)CRÉTINISÉ(Être). Être ébaubi, stupéfait d'admiration, «—C'est la plus belle créature de notre temps.—J'en suis crétinisé!» (Vie Parisienne, 1882.)CREVANT.Très drôle, à crever de rire.CROIX DEDIEU.Alphabet. «Je connaissais la croix de Dieu. La croix de Dieu, vous le savez, n'est rien moins que l'alphabet avec une belle croix au commencement.» (B. Pifteau.)CROTAL.Sergent à l'Ecole Polytechnique. «L'on s'installe par demi-section présidée par un crotal. Le crotal c'est le sergent.» (Gil Blas, juin 1882.)CROTTARD.Trottoir. V. plus basMagasin.CUIRE(Se faire). Se faire arrêter.CUL LEVÉ.Partie d'écarté à trois où deux des joueurs s'entendent pour dépouiller le troisième.CULASSES MOBILES(Revue des). Argot militaire. Inspection médicale qui a lieu tous les mois.CULBUTANT.Pantalon. (Richepin.)CULOTTE ROUGE(Donner dans la). Choisir ses amants dans l'élément militaire.CYLINDRE.Chapeau haute forme.

D

DANDÉE.Coup, frottée. (V. Delvau:Dandinette.)

«Qui a composé cette chanson?C'est un Cotric tourangeauPar joie et satisfactionD' la dandée de ce Morvandiau.»(Chanson, 1884.)

«Qui a composé cette chanson?C'est un Cotric tourangeauPar joie et satisfactionD' la dandée de ce Morvandiau.»(Chanson, 1884.)

«Qui a composé cette chanson?

C'est un Cotric tourangeau

Par joie et satisfaction

D' la dandée de ce Morvandiau.»

(Chanson, 1884.)

DANSE.Puanteur. (V. Delvau,Danser.)DARIOLE.Pâtisserie commune.Darioleur: pâtissier.DAVID.Casquette de soie. Du nom du bon faiseur. «Parlant argot, portant les rouflaquettes bien cirées, la blouse de fil tirée aux épaules, le David crânement posé sur le front...» (Humbert:Mon bagne.)DÉBALLER DES FONDS DE CHAPEAUX(Faire). Ennuyer, obséder quelqu'un, dans l'argot des placiers et des commis voyageurs.DÉBECTANT.Ennuyeux, désagréable. «Mentor qui connaissait tout le fourbi, dit alors à Télémaque: C'est débectant, mais au fond, ça ne fait rien...» (A. Leroy:Les mistouf's de Télémaque.)DÉBECQUETER.Vomir.DÉBOULER.Accoucher.DÉBOUCLEUR DE LOURDES.Voleur qui a la spécialité de fracturer tes portes.DÉBOURRER.Jargon des maquignons. Cheval débourré, cheval qui a perdu l'embonpoint factice qu'on lui avait donné pour le vendre. «Au bout de quelque temps, les fraudes se découvrent, l'embonpoint factice s'affaisse, les côtes reparaissent, et la bête est ce qu'on appelle débourrée...» (Siècle, 1867. Cité par Littré.)DÉBRIDER.Autoriser, permettre. Argot des forains. (V.supra, Brider.)DÉBROUILLE.Argot des enfants. Débarras. S'emploie surtout dans le jeu de billes. Quanddevant une bille visée se trouve un obstacle quelconque, un caillou, du sable, l'enfant qui vise s'écrie:débrouille!et aussitôt il ôte l'objet qui le gênait, à moins que son camarade n'ait crié avant lui:sans débrouille!DÉCARREMENT.Evasion. (V. Delvau:Décarrade.)DÉCATISSEMENT.Mot plus trivial qu'argotique et synonyme de décrépitude, d'affaiblissement. «De là,—toujours style des jolis gommeux,—ce décatissement inouï, accompagné de phénomènes comateux...» (De Montépin:Sa Majesté l'Argent.)DÉCIMADORÈS.Cigare de dix centimes. «—Cochon de cigare!—En voulez-vous un autre?—Volontiers. Les miens sont pourtant d'une bonne marque; des décimadorès de choix!» (Charivari, juillet 1884.)DÉCOLLER(Se). Manquer, ne pas réussir, ne pas avoir lieu. «Voilà que le banquet du 13 se décolle!» (Bataille, 1882.)DÉCULOTTER.Faire faillite.DÉFLAQUE.Excrément. (Richepin.)Déglinguer.Détériorer.DÉGOMMER.Mourir.Dégommé, mort.Quart des dégommés, commissaire des morts.DÉGRINGOLER DE LA MANSARDE.Sentir mauvais de la bouche.DÉGRINGOLEUR, EUSE.Voleur, euse. «Malgré la réputation de dégringoleuse de la prévenue, le vol du chronomètre n'a pas été suffisamment établi à sa charge.» (Gazette des Tribunaux, août 1884.)DÉGUEULATOIRE.Repoussant, dégoûtant, qui donne envie de dégueuler.DÉGUEULADE, DÉGUEULAGE, dégueulis.Vomissement. Dégueulage a aussi, dans le peuple, le sens de cravate.DEMI-CASTOR.«Demi-castor est devenu un terme courant sous lequel on désigne une personne suspecte, équivoque, sous des dehors soignés; mais en grattant le castor on trouverait le lapin.» (Figaro, janvier 1887.)DEMI-POIL.Demi-vertu. «Allez donc établir une distinction quelconque entre une marquise célébrée par les reporters de salon et une fille de demi-poil.» (L. Chapron.)DEMI-TOUR.Jargon des élèves de l'école de Saint-Cyr. Le demi-tour est une sorte de brimade qui consiste à jeter bas de leurs lits les nouveaux élèves et à renverser leur literie. «Le soir, les élèves se livrèrent à ce qu'ils appellent le demi-tour.» (Evénement, juillet 1884.)DÉPOTER.Accoucher. «Une tante qui, sans être sage-femme, était experte en ce genre d'ouvrage, dépota l'enfant.» (Huysmans:A vau-l'eau.)DÉRAILLER.Divaguer.DÉROBER.Argot de turf. Uncheval se dérobe quand il s'écarte de la piste.DESCENDRE.Expression théâtrale en usage dans les répétitions. C'est aller dans la direction de la rampe.—Terme de turf; quand un cheval appelé à courir acquiert une plus value, on dit qu'il descend, parce qu'en effet la proportion dans laquelle on pariait contre lui tombe. Ainsi, un cheval qui hier était coté à 7 contre—1, et qui est aujourd'hui à 5 contre—1 est un cheval qui descend (Littré.)DESCENDRE DES TRAVAUX.Argot ouvrier. Travailler d'arraché pied. «Le patron avec qui nous avons traité... était étonné de la façon dont nous avons descendu les travaux...» (Enquête de la Commission extra-parlementaire des associations ouvrières.)DÉTACHÉ.Argot de sport. Qui est en avant des autres chevaux. Tel cheval est arrivé second, mais il était complètement détaché du reste du champ, c'est-à-dire qu'à l'exception du vainqueur, tous ses rivaux étaient loin derrière lui.DÉTAR.Veston. Argot du peuple.DEUIL(Très). Homme du monde ou mieux voulant se faire passer comme tel. Le mot, d'usage boulevardier, n'a fait qu'une courte apparition en 1886. Il faisait allusion au deuil porté avec ostentation par certaines personnes à l'occasion de la mort de la comtesse de Chambord.DEUX GALONS.Lieutenant. Argot militaire. «Comment, disait-on, un médecin de deuxième classe qui n'a que le grade de lieutenant dans l'armée, un deux galons va commander des amiraux!» (Evénement, juin 1884.)DÉVISSER(Se). «C'était l'école préparatoire de Sainte-Barbe qui dévissait. Et pourquoi dévissait-elle l'école préparatoire? Parce que beaucoup d'élèves étaient mécontents de ce que quelques-uns de leurs camarades avaient été renvoyés...» (Constitutionnel, février 1883.)DIFFICULTÉ.Argot de sport. Être en difficulté, se dit d'un cheval qui a de la peine à garder son avance. «Au dernier tournantGladiusétait en difficulté pour conserver son rang à côté deBivouacqui prenait le dessus.» (Journal officiel.)DISCRÉTION.Pari. «Des paris gagnés ou perdus qui, le plus souvent, prennent la forme compromettante et le titre étrange de discrétion.» (Indépendance belge, 1868.)DISQUALIFIÉ.Argot de turf. Cheval disqualifié, cheval mis hors concours par suite d'une infraction au règlement commise par son propriétaire ou par son jockey. (Littré.)DISTINGUÉ.Verre de bière.DOMINO.(V.Retaper le domino.)DONNER(La). Penser, croire, juger. Argot des voyous.DONNER DU CHASSE A LA ROUSSE.Faire le guet.

«Tu donneras du chasse à la rousse, au momentOù le patron fera son petit boniment.»(De Caston:Le Voyou et le Gamin.)

DONNER DU FLAN, DE LA GALETTE.Argot des grecs. Jouer honnêtement.DORÉE(Petite). Femme de mœurs légères. Ce mot lancé vers l'année 1884 n'a point été adopté et a duré autant que la mode qui, à cette époque aussi bien pour les femmes honnêtes que pour celles qui ne le sont pas, était de porter des vêtements brodés, soutachés, pailletés d'or. «On a déjà débaptisé certaines parisiennes qu'on appelait hier encore des horizontales; le nom qu'elles portent est les petites dorées.» (Temps, octobre 1885.) «LeSoira pris pour des ouvrières les petites dorées, autrement dit: les cocottes.» (Bataille, novembre 1884.)DRAINER.Ruiner. Le mot est expressif et fait image. «—Il se fera remisier ou il vendra des lorgnettes.—A moins qu'il n'épouse Coralie quand elle aura drainé le planteur et le fils du fabricant.» (Du Boisgobey:Paris-Bandit.)DRAP MORTUAIRE.Filet. Argot des braconniers. «La perdrix grise est ensevelie chaque jour dans le drap mortuaire.» (France, octobre 1885.)DRINGUE.Vêtement, redingote.DUC.Grande voiture se rapprochant de la victoria. Le ducest à deux places avec un siège par derrière et un par devant pour deux domestiques sur chaque.—Petit chapeau rond, de la forme dumelonet que portent les souteneurs qui ont des prétentions à l'élégance.DUVAL.Argot des filles. On désigne ainsi les petites mendiantes,bouquetières ou autres qui, arrêtées par les agents, sont depuis le préfectorat de M. Ferdinand Duval placées à Saint-Lazare, dans un local spécial bien entendu, et cela jusqu'à leur majorité à moins que leurs parents ne les viennent réclamer.

E

EAU DE SAVON.Absinthe. Argot du peuple.EAUX GRASSES(Être dans les). Occuper une haute situation dans une administration.ÉCAILLÉ.Souteneur. Allusion aux écailles de poisson.ÉCOLE PRÉPARATOIRE.Prison.ÉDUQUER.Elever, instruire, donner de l'éducation. «Nous sommes trop bien éduqués pour refuser de boire un petit verre à votre intention.» (De Montépin.)EFFONDRER.Battre, assommer. Argot du peuple. «Te souviens-tu de cette lutte en plein champ? Pauvre garçon, avec tes vingt-cinq ans, j'en aurais effondré quatre comme toi.» (Belot et Dantin:Le Parricide.)ÉGAILLER LES CARTES.Les étaler. Argot des cercles.ÉGRENÉ.«Quand on (un journal) est installé, c'est d'une simplicité extrême... Pour leClairon, il a fallu, durant ces premiers jours écrire les bandes à la main, les affranchir et les porter au bureau central d'où elles partent individuellement au lieu de partir par paquets. On appelle cela le service des égrenés et le service des égrenés se fait après le service des classés. (Clairon.)ÉLECTEUR.Client,—dans l'argot des commis voyageurs. Quand la tournée a donné de bons résultats, l'électeur a bien voté; si les commandes ont été rares, il a mal voté.ÉLECTEUR(Se mettre en). Argot de caserne. C'est, pour le soldat, revêtir des habits civils.ÉLÉPHANT.Argot du Quartier latin. On appelle ainsi l'étudiant en médecine à la veille de passer sa thèse ou le jeune docteur qui suit bénévolement les cours d'un professeur dans un hôpital.EMBAU.Embauchage. Argot des ateliers. «Vous savez bien, aux environs de l'Hôtel de Ville, là où il y a de si grandes places que les ouvriers sans travail arrivent à s'y tasser, attendant l'embau.» (Cri du peuple, août 1884.)EMBAUCHE.Travail, ouvrage, emploi quelconque. Terme populaire. Pourquoi avoir laissé tomber dans le bas langage ce mot parfaitement usité auXVIIesiècle? «Viens avec moi; mon frère a un peu de galette; nous le taperons de quelques ronds et nous irons chercher de l'embauche.» (Gagne-petit, avril 1886.)EMBAUMÉ.Jeune homme élégant dans le jargon parisien. L'embauméest le descendant direct dufaucheurqui, lui-même, succédait aubécarrequi descendait desboudinés,grelotteuxet autrespschutteux.Embauméqui donnait assez bien l'idée du jeune élégant pommadé, mais exsangue, fit fureur pendant la saison d'été 1885-1886 et a été détrôné à son tour par de nouveaux vocables, «De la Bastille à la Madeleine, l'embaumé règne en maître absolu.» (Voltaire, décembre 1885.)EMBOÎTER.Insulter.—Se faire emboîter, argot théâtral, être sifflé.EMBOUCANER(S'). S'ennuyer. Argot des voyous.EMBUSQUÉ.Argot militaire. Soldat dispensé, en raison de fonctions spéciales, du service commun. «Pas plan de carotter la revue, tous les embusqués, soldats de cantine, garçons du mess, secrétaires du major, tout le monde est là.» (Monde comique, no195.)ÉMÉCHEUR DE PARTIES.Certains fondateurs de cercles ou maisons de jeux réunissent un capital qui leur sert à spéculer sur les petits pontes qu'ils gagnent presque toujours. En argot des joueurs, on nomme ceux qui se livrent à des opérations de ce genre desvoracesou desémécheurs de parties.ÉMOUSSÉ.Encore un des nombreux surnoms qui ont été donnés à la fleur de nos jeunes élégants. «Quant aux jeunes étriqués, efféminés, rachitiques dérivés des grelotteux, crevés, rez-de-chaussée, ils s'appelleront désormais desémoussés.» (Voltaire, mars 1887.)EMPIERGEONNER.S'empêtrer. (Richepin.)EMPLUCHER.Piller.ENCADRER QUELQU'UN(Faire). Se dit d'une personne qui présente quelque particularité prêtant à rire.ENCAMBRONNER.Ennuyer considérablement. C'est une variante adoucie de l'autre verbe dont le peuple a plein la bouche. «Quant aux politiciens qui battent la grosse caisse autour de quelques noms, ils nous encambronnent supérieurement.» (L'Egalitaire, journal 1885.)ENDORMEUR.Homme ennuyeux.ENFIFRÉ.Non-conformiste.ENFILER.Se faire enfiler, se faire arrêter.ENGAGER.Argot de turf. Prendre inscription pour faire participer à une course publique un cheval dont on est propriétaire.ENGUEULER LE TROTTOIR.Porter des chaussures éculées, percées. «Des souliers éculés avec des semelles... qui engueulent le trottoir.» (Vie Parisienne, 1882.)ENQUILLEUR.Argot des voleurs et surtout des bonneteurs. (V.Chocolat.)ENTRÉE.Argot de turf. Somme versée par le propriétaire qui engage un cheval pour une course.ENVIANDER.Copuler. On dit aussi,tremper sa mouillette.ÉPATOUFFLER.Variante d'épater. «On est un peu épatoufflé—pour employer une expression familière de Mmede Rémusat elle-même—par ce sans-gêne mondain.» (Liberté, novembre 1883.)ÉPINGLER.Arrêter.ÉPOUFFER(S'). Fuir, se sauver.ÉPROUVÉ.Condamné qui, ayant déjà subi la moitié de sa peine s'est, par une bonne conduite, recommandé à l'administration.ESBIGNER DANS SA BOITE A PUCES(S'). Rentrer chez soi. «Si c'est comme ça qu'on vous reçoit dans le monde chic, des mâches! J'aime mieux m'esbigner dans ma boite à puces.» (Mahalin:La patte de fer.)ESBLOQUER.Etonner, stupéfier.ESCAVER.Empêcher.Écrabouiller.Écraser; réduire en morceaux, en miettes.ESCOUADE(Parapluie de l'). Argot militaire.Envoyer chercher le parapluie de l'escouade: moyen poli de se débarrasser d'un importun. (Ginisty:Manuel du parfait réserviste.)ESSENTIEL.«Dans le quart du monde, ces demoiselles ont trouvé une nouvelle façon d'appeler leur monsieur sérieux. Elles le nomment l'essentiel,» (Evénement, décembre 1886.)Essentielfait penser à ce que les joueurs de profession appellent leurmatérielle. (V.infrace mot.)ESTAPHE.Poule. Jargon des voleurs.ESTOMAC(Avoir beaucoup d'). Argot des cercles. Jouer gros jeu.—Avoir une grosse fortune; présenter des garanties sérieuses au point de vue commercial. C'est une variante de:Avoir les reins solides. «Blancheron, un coulissier et un des plus fiers estomacs de la Bourse.» (De Goncourt:La Faustin.)ÉTAGÈRE.Femme qui dans les restaurants parisiens est préposée au service des desserts qui sont en général exposés sur une étagère.ÉTANCHE(Avoir le goulot en).Avoir le gosier altéré. «Charge-moi vite une gobette de champoreau; j'ai le gosier en étanche! (Réveil, 1882.)ÉTAT-MAJOR.Argot de caserne. Boisson composée de vin, d'eau-de-vie et de sirop de groseille. (P. Ginisty:Manuel du parfait réserviste.)ÉTEINT.Une des dernières incarnations du bon jeune homme à la mode. «Rastaquouères fraîchement débarqués, jeunes éteints du dernier cri, millionnaires sans le sou...» (France libre, juillet 1885.)ÉTOUFFÉ.C'est ainsi qu'on a surnommé pendant quelque temps les jeunes poseurs qui ont la prétention de représenter l'élégance, le bon ton et les belles manières. «Songez que cela ne s'adresse point aux petits étouffés qui amènent dix-sept ou dix-huit au dynamomètre.» (France libre, juillet 1884.)ÉTEINDRE SON GAZ.Mourir.ÉTOUFFAGE.Vol.Etouffer, voler.Étouffeur, grec, voleur. Argot des joueurs. (V. Delvau:Étouffoir.)ÊTRE AU SAC.Avoir de l'argent. «Les deux amis se tombent dans les abatis l'un de l'autre et Hégésippe qui était au sac propose à Philoclès de venir prendre un petit quelque chose sur le pouce.» (Les mistouf's de Télémaque.)ÉVACUER DU COULOIR.Sentir mauvais de la bouche.EXÉCUTION.V. Delvau:Exécuter quelqu'un.EXHIBITIONNISTE.Non conformiste.EXTRAVAGANT.Verre de bière d'une capacité plus qu'ordinaire.

F

FABRIQUER.Faire, dans le sens général.Qu'est-ce que tu fabriques là?FACILE A LA DÉTENTE.Généreux.

«Mon mari, dit une marquise,Hier s'est généreusementFendu d'une parure exquise.—C'est fort aimable, assurément,Dit une comtesse charmante;Mon époux, malheureusement,Est moins facile à la détente.»(Marcellus:Le langage d'aujourd'hui.)

«Mon mari, dit une marquise,Hier s'est généreusementFendu d'une parure exquise.—C'est fort aimable, assurément,Dit une comtesse charmante;Mon époux, malheureusement,Est moins facile à la détente.»(Marcellus:Le langage d'aujourd'hui.)

«Mon mari, dit une marquise,

Hier s'est généreusement

Fendu d'une parure exquise.

—C'est fort aimable, assurément,

Dit une comtesse charmante;

Mon époux, malheureusement,

Est moins facile à la détente.»

(Marcellus:Le langage d'aujourd'hui.)

FAIRE.Arrêter. Argot des voleurs.Être fait, être arrêté.

«Le lendemain matin, il questionne la Lie-de-Vin... puis il part. Dans l'après-midi il était fait.» (Gil Blas, juin, 1886.)

FAIRE QUATRE CHIFFRES.Argot de théâtre. Faire une recette d'au moins mille francs. «On se frottait les mains au théâtre, le soir, quand, par hasard, on avait atteint ce qu'on appelait les quatre chiffres. Les quatre chiffres cabalistiques, c'était mille francs.» (F. Sarcey:Temps, 1882.)FAIRE SIPHON.Argot des voyous. Vomir.FAIRE SON CHEVAL DE CORBILLARD.Faire le malin. Poser.FAISAN.On appelle ainsi, dans le commerce parisien, des filous qui ont cette spécialité: exploiter des fonds de commerce qu'ils se repassent entre eux tous les trois mois, au moment de l'échéance des traites, soldant les marchandises qu'ils se sont procurées à crédit. Lefaisanest proche parent dufouilleur. (V. ce mot.) «Certains inculpés, tels que Colson, ont joué le rôle de faisans.» (Droit, août, 1886.)FAISEUSE D'ANGES.Nourrice qui, de propos délibéré, laisse mourir les enfants qu'on lui confie.FALLOPHAGE.Argot des savants. (V.Avale-tout.)FALOURDE.Réclusionnaire. Argot des malfaiteurs. «Tous ces filous font partie d'une bande parfaitement organisée, embrigadée; une véritable association avec ses chefs, ses banquiers, ses professeurs dont le maître suprême est un falourde répondant au surnom de Dragon.» (Temps, 1886.)FANTASBOCHE.Fantassin.FAUCHEUR.Type de l'homme à la mode qui a fleuri en l'an de grâce 1885. Ça a été le successeur augrelotteux. «Paris a eu ses dandys, ses lions, ses gommeux, ses pschutteux. Il a maintenant un type nouveau qui s'appelle lefaucheur. Le faucheur est cet individu, situé entre vingt et vingt-cinq ans, que vous rencontrez sur les boulevards une canne à la main et qui représente à vos yeux la quintessence du chic parisien. Lefaucheurest ainsi nommé à cause de sa façon de marcher et surtout de porter sa canne. Il la tient par le petit bout, laissant traîner la pomme à terre; le bras droit qui se balance énergiquement de gauche à droite ou bien du nord-ouest au sud-est, rappelle l'allure des gens de la campagne fauchant les blés murs et les foins odorants. De là le sobriquet.» (Figaro, 1885.)FAUCONNIER, ou mieuxGRECFAUCONNIER. Grec qui taille des banques pour le compte d'un gérant ou d'un président de cercle véreux.FÉDÉRÉ DANS LA CASEMATE(Avoir un). Être enceinte.FEMME AU PETIT POT.Concubine. Argot des chiffonniers.FERBLANTERIE.Brochette de décorations.FERBLANTIER.Commissaire de la marine. Ainsi nommé à cause de ses galons d'argent. «Une amertume gâtait toujours ses satisfactions d'employé: l'accès des commissaires de marine, des ferblantiers, comme on disait à cause de leurs galons d'argent, aux emplois de sous-chef et de chef.» (Guy de Maupassant.)

On désigne aussi de ce nom, depuis la révélation de scandales qu'on n'a point oubliés les individus qui se livrent au trafic des décorations. Pendant que les ferblantiers et les ferblantières continuent à accaparer l'attention publique...» (National, octobre 1887.)


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