Chapter 47

MEC A LA REDRESSE.Tout individu qui en impose par ses qualités ou ses vices. «Seules, quelques individualités hors pair, des mecs à la redresse, parviennent à se faire dans l'opinion une haute place.» (Humbert:Mon bagne.)

Aujourd'hui le motmeca pris une très grande extension. Il s'emploie pour désigner avec mépris un individu quelconque.

MÉDAILLE(Avoir la). Argot de sport. «Il y a une expression consacrée dans l'argot du turf et qui est très significative:Avoir la médaille. On dit d'un monsieur qu'il a la médaille quand il fait unecommissionpour le compte du propriétaire. Cela veut dire qu'il estcommissionnaire. Il a la médaille. Dès qu'on s'aperçoit qu'un monsieur a la médaille, c'est-à-dire qu'il a reçu mission du propriétaire de parier pour son cheval, il ne reste plus qu'à lui emboîter le pas...» (Paris Illustré, 1884.)MÉGOTTIER.Industriel qui ramasse les bouts de cigares, lesmégots. «Là, sont réunis pêle-mêle des biffins... le mégottier avec son pistolet à la saindhomme.» (Réveil, 1882.)MÉLASSON.Niais, imbécile. «Faut-il que vous soyez mélasson pour vous être ainsi fourré la gueule dans le beurre!» (Huysmans:Sœurs Vatard.)MELON.On appelle ainsi au prytanée militaire tout élève faisant partie du troisième bataillon. «C'est au troisième bataillon des élèves, c'est-à-dire au bataillon des melons que l'agitation est très grande.» (Revue alsacienne, juillet 1887.) (V.Melonau Dictionnaire.)MÉNAGE À LA COLLE.V. Delvau: Mariage à la détrempe. «Les commissaires iront-ils vérifier le désintéressement de 60,000 ménages à la colle qui se cachent dans les faubourgs?» (Télégraphe, 1882.)MENDIGOT.«Le mendigot n'est pas tout à fait le mendiant. Le mendigot est une sous-variété du trimardeur. Il va mendier dans les châteaux ou dans les maisonsaisées et renseigne lesMonteurs de coups.» (Clairon, 1882.)MENEUSE.Femme qui attire le passant dans une rue écartée pour le livrer à destravailleursqui le volent toujours et l'assassinent quelquefois.MENFOUTISTE.Indifférent, sceptique. La paternité de ce mot qui a jusqu'ici vécu appartient à M. Aurélien Scholl. «Le grand parti des menfoutistes fait chaque jour de nouvelles recrues. L'indifférence a gangrené tous les cœurs.» (Evénement, 1884.) Demenfoutisteest dérivémenfoutisme, synonyme d'indifférence, de scepticisme. «Le menfoutisme a soufflé aujourd'hui sur toutes les conventions, sur tous les partis sociaux, sur toutes les illusions, sur toutes les croyances.» (Evénement, 1884.) Il parut en cette même année 1884 au mois de janvier un canard qui avait pour titre:Le Jemenfoutiste.MÉQUILLON.Variété de souteneur.MERDE DE PIE.Pièce de cinquante centimes. Argot du bagne. «Un blavin! Tu me le redemanderas demain pour une merde de pie.» (Humbert:Mon bagne.)METTRE EN BRASSERIE(Se). Servir dans une brasserie. «Cédant à des suggestions funestes, elle se mit en brasserie, c'est l'expression consacrée.» (F. Sarcey:XIXeSiècle, 1881.)METTRE DU LINGE SUR SES SALSIFIS.Mettre des gants.METTRE DU PAIN DANS LE SAC DE QUELQU'UN.Lui faire son affaire; le battre, le tuer.METTRE UNE POUCE.Frapper, battre. «De quoi, de quoi, il va me fusiller mes indiennes (me voler mes vêtements). Vas-tu laisser ça? ou je te mets une pouce.» (Humbert:Mon bagne.)MEUBLER.Réparer des ans l'irréparable outrage, se mettre de faux mollets, de faux appas. «—Je suis devenue si maigre que je n'ose mettre une robe décolletée.—On met un corsage carré.—Impossible aussi, car il faut encore meubler le carré et avoir des bras.» (Le Voltaire, 1882.)MIC-MAC.Difficulté, complication, chose inintelligible. «C'est un mic-mac où personne ne comprend rien.» (Zola:Pot-Bouille.)MIGNOTER.Cajoler, embrasser, faire mignon. «Elle mignotait Céline, sa préférée, dont la tignasse jaune de chrome l'intéressait.» (Huysmans:Sœurs Vatard.)MILLE.Argot des libraires. L'édition totale d'un ouvrage, d'un roman quelconque, étant donné—ce qui est une supposition—que cet ouvrage est tiré à mille exemplaires. «Depuis quelque temps on lit sur la couverture des volumes d'une maison de librairie:Premier milleousixième milleoudixième mille. Mille quoi? Mille exemplaires, cela se devine, mais cela n'en est pas moins de l'argot etquel argot!» (Evénement, 1883). «Le dernier roman de M. Daudet a eu une envolée heureuse. Le cinquantième mille est depuis longtemps dépassé.» (Français, juillet 1884.)MILLE(Mettre dans le). Réussir pleinement.MILLE-PATTES.Fantassin.MINCE!Exclamation qui répond à zut! ou à: ah! non! alors! «Ah! mince alors! si les billes de billard se mettent à moucharder la jeunesse.» (Meilhac et Halévy:Lolotte.)

A aussi le sens debeaucoup.

MINERVE.Argot de joueurs. Filouterie qui rappelle celle dite duneuf de campagne. (V. cette expression). «D'ordinaire, le baccara se joue avec deux cartes dont l'assemblage forme le point et, si le banquier veut bien y consentir, une troisième qu'il donne découverte au tableau qui la demande. Quelquefois dans ces trois cartes il n'y a pas de quoi gagner sa vie, au contraire. Les malins en ont ajouté une quatrième, cachée celle-là qu'ils tiennent dans leur main gauche et que, par un travail analogue à celui dont j'ai parlé plus haut, ils arrivent à substituer à l'une de celles qui leur sont données régulièrement. D'habitude, les prestidigitateurs qui font la minerve adoptent un quatre ou un cinq, une carte qui peut s'adapter à toutes les combinaisons pour faire un point très honorable.» (C. des Perrières:Paris qui triche.)MITAINE.Voleuse, détourneuse à la mitaine. Femme portant des souliers très plats, sans talons et qui, dans un magasin, fait tomber des objets qu'elle ramasse avec le pied déchaussé et cache dans son soulier. Cette sorte de voleuse ne s'attaque, en général, qu'aux dentelles de prix.MITRAILLEUSE(Etouffer une). Boire un verre de vin.MIXTE.Argot des gens à la mode pour qui cet adjectif, détourné de son vrai sens, a remplacé le motépicierqu'on prit en 1830 et longtemps après cette époque pour désigner toute chose commune, de mauvais goût, toute personne ayant un genre vulgaire. L'expressionêtre mixtecouramment employée en 1886 est aujourd'hui abandonnée. «Quant au rire, n'en parlons pas; rire n'est plus seulement canaille, c'est mixte.» (Gazette de France, janvier 1886.)MOBILISER(Se). Faire un voyage. Allusion à l'essai de mobilisation fait en 1887 dans le sud-ouest. «Je me suis mobilisé; j'ai bouclé une valise, pris une voiture...» (Voltaire, septembre 1887.)MOC-AUX-BEAUX.Quartier de la place Maubert.—On dit aussiMocaubocheteau. «Les mèques de la Mocaubocheteau, v'là des mèques sérieux, des gonsiers qui crachent noir comme de l'encre... (Humbert:Mon bagne.)MODÈLE(Vieux). Grand-parent. «Il avait éloigné tous lesvieux modèles, comme nous disons au couvent, pour désigner les grands-parents.» (Vie Parisienne, 1882.)MODISTE EN RAGOÛT.Cuisinière. Argot des garçons bouchers.MOELONNEUSE.Femme qui se prostitue dans les chantiers.MOLouMOLLE(Être). Argot du peuple. N'avoir pas d'argent; être sans le sou.MÔME BASTAUD.Individu aux mœurs inavouables et qui se prête à toutes les exigences. «—Et de la môme?—De la môme bastaud, oui, tant que tu voudras... les autres, de la peau.—Chouette alors.» (Humbert:Mon bagne.)MOMENTANÉE.Femme galante avec laquelle on n'a qu'un entretien d'un moment. Deux journalistes ont réclamé la paternité de ce mot. M. Pierre Véron d'abord qui l'aurait imprimé tout vif dans leCharivaridu 17 août 1885; M. Guillaume Livet, ensuite, qui l'a inventé et donné dans leFigaroen 1884.MONÔME.Promenade qu'exécutent à Paris et à l'époque des examens, les candidats aux diverses écoles du gouvernement. Le monôme consiste à marcher l'un derrière l'autre, en file indienne. Le monôme le plus connu est celui de l'X.MONSIEURBAZAR.Argot de l'école de Saint-Cyr. Le Saint-Cyrien lui-même. «La dernière quinzaine a été dure pour Monsieur Bazar, ainsi que se qualifie l'élève de l'Ecole militaire.» (Soleil, 1887.)MONTER LE BALUCHON(Se). (V. Delvau.) Se monter le coup.MONTER UN CHOPIN.Argot des voleurs. Préparer un mauvais coup, un vol.MORT.Malade. Argot des élèves de l'Ecole de Saint-Cyr.Se faire porter élève-mort.MOUCHE.On désigne ainsi à Paris les bateaux à vapeur qui font sur la Seine un service de transport à l'usage des voyageurs. «Malgré... les chiens et les chevaux qu'on baigne... les bateaux qu'on décharge, les mouches qui passent en fouettant l'eau de leurs ailes et en la troublant de leur fumée, la Seine largement engraissée par les détritus de la grande ville abonde en poissons.» (Bernadille.) On désigne aussi ces bateaux sous le nom d'hirondelles.MOUCHE A MIEL.Argot des écoles. Se dit des aspirants à l'Ecole centrale.MOUF.Abréviation de Mouffetard.La rue Mouf, la rue Mouffetard. «Le garçon du marchand de vin d'à côté secouait un panier à salade et quelques gouttes d'eau atteignirent le front de la jeune fille qui se retourna et s'écria avec une voix de rogomme et le plus pur accent mouf-mouf: Ah! mince... tu pourrais donc pas secouer tes pissenlits d'équerre, espèce ed'mastroc empaillé!» (Clairon, 1882.)MOUFION.Mouchoir;Moufionner, se moucher.MOUILLER.Argot théâtral. Jouer bien.—Mouiller àoudans; toucher des droits d'auteur.MOUILLER LES PIEDS(Se). Aller à Nouméa. «Interrogé, il s'écria: Vous me ferez faucher le pré, mais je ne veux pas que les camarades se mouillent les pieds.» (Evénement, 1882.)MOUKALA.Fusil. Argot des régiments d'Afrique.MOUSCAILLEUR.Vidangeur. «Là sont réunis pêle-mêle des biffins... des mouscailleurs.» (Réveil, 1882.)MOUQUETTE.Femme galante. Le mot a été pour la première fois, croyons-nous, lancé par M. Delpit. Le romancier était-il alors hanté par le souvenir de l'héroïne deGerminal, laMouquette, car le livre de Zola venait de paraître, cela est possible, mais nous n'affirmons rien. Toujours est-il que peu de temps après l'apparition de ce mot, un rédacteur du journalLe Dix-neuvième siècleen donnait cette étymologie, très vraisemblable d'ailleurs: «Les Arabes appellent les femmesmoukair; lessoldatsd'Afrique ont rapporté ce mot en France, et, chez les ouvriers qui ont fait campagne en Algérie, il n'est pas rare d'entendre adresser aux femmes l'appellation demouquerre, corruption évidente de moukair. C'est d'ailleurs le mot espagnolmujerprononcé avec l'accent guttural. C'estmouquerrequi est le père demouquette. La généalogie du nouveau mot peut donc ainsi s'établir:moukair, mot arabe ou espagnol;mouquerre, mot d'argot de barrière;mouquette, mot d'argot pschutteux.» Qu'en pense M. Delpit? «La mouquette de haute marque qui vient de faire sa vente...» (Evénement, 1885.)MOUSSEUSE.Femme galante, à la mode. «Mousseuse est pimpant, léger, provocant, vaporeux; mousseuse donne bien l'idée du bruissement de la soie, du froufrou du satin, de la joyeuse envolée des jupes de batiste et de dentelles. La mousse est ce qui brille, scintille, pétille, émoustille. Voilà pourquoimousseuse, un mot significatif et complet, mérite droit de cité; voilà pourquoimousseusecourt grand'chance d'être adopté par la gent boulevardière... Les débutantes ès-galanterie deviendront desmoussettes.» (Voltaire, mars 1887.)MOUVEMENT(Être dans le). «Cet hôte arrivait de Paris; il avait un nom connu presque célèbre, il était dans le mouvement...» (De Montépin:Sa Majesté l'Argent.)MUFFÉE.Argot du peuple pour qui ce mot est synonyme de verrée. «D'temps en temps, un' pauv' muffée au Caveau ou chez les bistros de la Révolte.» (Mirliton, journal, octobre 1885. )MUFFÉE(En avoir une vraie). Être gris, en état d'ivresse.MUSELER.Imposer silence.—Se museler, se taire.MUSIQUE.Dénonciateur. «Il est trop musicien!» (Gil Blas, 1882.) «Bon enfant au surplus, du sang et pas de musique (incapable d'une dénonciation).» (Humbert:Mon bagne.)MUSIQUE.(Faire, jouer de la). Dénoncer.

N

NAVARIN.«L'étalier connaît les clients, leur mesure les égards et vend aux pauvres le navarin, c'est-à-dire les rognures, les balayures de l'étal, à raison de dix sous la livre.» (L'Esclave ivre, no3.)NÉGOCIANT EN VIANDE CHAUDE.Souteneur.NET.Dans le langage des ouvriers, atelier net, atelier que des ouvriers mettent en interdit et où ils défendent à leurs camarades d'aller travailler.NETTOYER UN BOCART.Piller une maison.NETTOYER LES LUCARNES.Dessiller les yeux. «O Mentor, vous me nettoyez les lucarnes, s'écria Idoménée.» (Les mistouf's de Télémaque.)NEUF DE CAMPAGNE.Argot de joueurs. Procédé peu délicat employé par le ponte vis-à-vis du banquier et que dévoile ainsi M. Carle des Perrières dans son livre:Paris qui triche. «Dans sa poche il (le ponte) a son neuf tout prêt; valet de pique, neuf de cœur; rien n'est plus simple. Lorsque la main arrive à son tour, leneuf de campagneest extrait de sa poche pour passer dans sa main gauche; le banquier donne les cartes; le ponte s'en empare comme c'est son droit et sous prétexte d'empêcher ses voisins de voir son point, parce que, dit-il, cela lui porte la guigne, il fait disparaître les deux cartes qu'on vient de lui donner dans ses deux mains rapprochées; il substitue son valet de pique et son neuf de cœur aux deux cartes qu'il a reçues et abat sur le tapis un magnifique neuf de campagne...» (V.Minerve.)NID A POUSSIÈRE.Nombril.NINGLE.Fille publique. «Les souteneurs... se réjouissent de voir les jours diminuer et par conséquent les nuits augmenter, double avantage pour les fils deNeptune et leurs ningles.» (Estafette, 1882.)NOCER EN PÈREPENARD.S'amuser tout seul. Faire un bon dîner ou une orgie seul. L'expression est usitée surtout dans le quartier Saint-Antoine.NOIRE-FONTAINE.Encrier. Argot des élèves de l'École de Saint-Cyr.NOIX(Être dans la). Avoir de la chance, être heureux. Un boucher aurait lancé cette expression, d'ailleurs peu usitée, que cela ne serait point surprenant. Le gîte à la noix n'est-il pas un des meilleurs morceaux du bœuf et ne recommandez-vous pas à votre cuisinière de vous choisir un morceau dans la noix?Être dans la noixa donc tout d'abord et naturellement signifié ce qui est bon, puis a dévié peu à peu de ce sens pour prendre celui que nous indiquons. «Quinze cent louis de bénéfice! Très pur! Vous êtes dans la noix, dites, alors? Donnez-moi un cheval. Soyez assez blêche pour me prendre dix louis du gagnant?» (Vie parisienne, juin 1884).NOUNE.Argot du bagne. Receleur qui suit le voleur à la tire et reçoit lacamelotteà mesure que son associé opère. (V. Humbert:Mon bagne.)NOURRIR.En argot de Bourse, «nourrirdes titres c'est les conserver de liquidation en liquidation en les faisant reporter. On paye les différences, les reports, les courtages, on nourrit. A force de nourrir, on arrive même quelquefois à en mourir de faim.—X... nourrit deux cents Lombards depuis le mois de juin et Y... cinq mille Italiens—il ne faut pas prendre l'expression au pied de la lettre». (Don Quichotte, 1884.)NOURRISSEUR.Voleur qui dévalise les appartements dont les maîtres sont en voyage. La banlieue de Paris est pendant l'hiver infestée de nourrisseurs quidéménagentles villas.NOURRISSON.Argot des employés de la Banque de France qui désignent ainsi le négociant gêné qui ne demande que du temps pour rétablir son crédit et auquel un banquier a prêté de l'argent.NOVEMBRE33 (Un). Officier à cheval sur tous les règlements militaires dont la loi fondamentale est celle du 2 novembre 1833; et aussi, en terme de pension, un ragoût qui contient toute espèce de choses, sans doute parce que le règlement de 1833 prévoyait tous les cas du métier militaire. (Merlin:La langue verte du troupier.)NUAGE.C'est, croyons-nous, le mot le plus récent usité dans le langage populaire pour désigner la tournure, cet objet de toilette que portent les femmes autour de leurs reins de façon à faire bouffer la robe. Pourquoinuage? me demanderez-vous. Les irrévérencieux vous répondront: Parce qu'il cache lalune.

O

OFF, Officier. «Il a tout pris, le vieil off, et le lit du major et sa femme.» (A. Delpit:Figaro, février 1887.)OISEAU DESILESMARQUISES.Absinthe. Rapprochement de couleur.OMNIBUS.Les employés des télégraphes à Paris appellent ainsi les cartes-télégrammes fermées qui sont expédiées par les tubes. «Le temps qu'ils (les télégraphistes) distribuent les courses aux facteurs, les cartes et les omnibus à tuber attendent aussi.» (Cri du Peuple, août 1885.) Ces cartes-télégrammes sont aussi nomméespetit-bleuà cause de la couleur du papier sur lequel elles sont rédigées.OMNIUM.Argot du turf. Course réservée aux chevaux de toute provenance âgés de trois ans et au-dessus. L'omnium se court au bois de Boulogne, à la réunion d'automne.ORATEUR.Argot des francs-maçons. L'un des officiers d'une loge. Il y joue un rôle analogue à celui du ministère public dans les tribunaux.OS A MOELLE.Lorgnette.OUSTE!Synonyme de zut! «Dis-lui: Ouste pour l'Allemagne!» (De Goncourt:La Faustin.)OUTIL.Maladroit, gauche. Argot du peuple. «Fais donc attention, outil!» est une de ces phrases qu'on entend journellement dans la rue et à l'atelier. «L'autre, sûr de l'impunité, répondra: Va donc, eh! outil!» (Figaro, nov. 1883.)

P

PAGE D'ALPHAND.Égoutier au service des travaux de la ville de Paris dont M. Alphand est le directeur.PAGNOTER.Coucher.Pagnoter avec une grognasse.Coucher et faire la noce avec une femme.PALET.Argent.PALETOT COURT.Une des dernières incarnations du gommeux. «Les poisseux essayèrent de prévaloir, mais ils n'étaient en somme que des gommeux déguisés; ils n'eurent aucun succès. A présent, nous avons lespaletots courts.» (La Comédie moderne, journal, 1882.)PALMÉ(Être). Avoir les palmes d'officier d'Académie. Locution ironique et plus que familière. «Quand le maire ne reçoit pas le ruban rouge, il reçoit le ruban violet, il est palmé.» (Illustration, juillet 1885.)PALPER(Pouvoir se). Ne pas obtenir ce que l'on désire. C'est une variante depouvoir se fouiller. (V. ce mot auDictionnaire.) «C'est pour ça que vous m'avez fait monter? Ah bien! Vous pouvez vous palper, par exemple!» (Evénement, octobre 1885.)PANACHÉ.Plat de haricots verts et de flageolets mélangés. «Dans l'estomac de la victime on a trouvé des haricots verts et des flageolets. Si le plat se composait de ces deux légumes, un panaché, comme on dit...» (Figaro, 1882.)PANTALON.Faire pantalon, dans le langage des écrivains, c'est ne pas atteindre le bas de la feuille de papier sur laquelle on écrit.PANTHÈRE.Individu qui professe des idées révolutionnaires, anarchistes. Il faut voir dans ce mot une allusion à une société d'anarchistes fondée à Paris sous ce titre: La Panthère des Batignolles. «Les rentes de M. Clémenceau sont, en somme, aussi enviées par les panthères quecelles de M. de La Rochefoucauld.» (Figaro, mars 1887.)PAQUET.Injure employée surtout dans la classe ouvrière et qui est synonyme d'imbécile. «Tout à coup deux... braves gens, porteurs de deux belles casquettes neuves, les abordent et l'un d'eux, sur un air connu, en fixant Joseph: Oh! regarde-moi donc ce paquet!» (Gazette des Tribunaux, 1882.)PAQUET(Faire le). Argot de grecs. Ranger les cartes en les battant de façon à se donner les bonnes.PARFAITE ÉGALITÉ.Sorte de jeu de hasard.PARIGOT.«C'est le surnom qu'on donne à la campagne au malheureux enfant de Paris, placé par l'Assistance publique.» (Bibliothèque universelle, novembre 1887.) Mmede Pressensé a écrit une nouvelle qui a pour titre:Parigot.PARTICULIÈRE.Femme légitime. Argot du peuple.Trimballer sa particulière, promener son épouse.PASSADE.Femme galante. On l'appelait autrefoisfille à parties. Quant à ce mot depassade, il n'est point difficile à expliquer pour celui qui sait sous quelle appellation triviale on désigne les maisons dites de rendez-vous. «Nous ne saurions trop féliciter l'Administration, puisqu'on veut une soirée tout à fait bécarre, d'exclure de cette représentation (une soirée de gala à l'Opéra) toutes les passades qui sont aux grandes courtisanes ce que sont les souteneurs de Montmartre aux petits rez-de-chaussée.» (Gil Blas, décembre 1886.) «Elle est d'un maintien très décent et, sans être absolument jolie, peut être considérée comme une passade fort aimable.» (Gil blas, Février 1888.)PASSER SUR LE BANC.Expression qu'emploient les forçats quand ils vont, pour une infraction au règlement, recevoir des coups de corde. «Combien j'ai vu d'hommes passer sur le banc et s'en relever, atteints pour jamais dans les sources de la vie, parce qu'ils avaient, en présence d'un argousin, imprudemment laissé tomber de leur poche un mince cahier ou simplement quelques feuilles de papier à cigarette!» (Humbert:Mon bagne.)PASSER A LA SORGUE.Dormir. (V. Delvau:Sorgue.)PATELIN.Compatriote. «En qualité de patelins, nous avions été assez bien accueillis...» (Humbert:Mon bagne.)—Signifie aussi pays, lieu de naissance,—dans l'argot militaire.PATENTÉ.Souteneur.PATINAGE.Attouchement indécent. (V. Delvau:Patiner.)PATINEUR.Argot des voleurs et notamment des joueurs de bonneteau. Lepatineur, c'est le banquier, celui qui tient les cartes, lespatineet peut ainsi se livrer à toutes les tricheries. (V.Chocolat.)PATRON.Colonel. Argot militaire.PAYER.Argot des lycées. S'exonérer, au moyen d'une exemption, d'un satisfecit, d'une punition encourue. Payer ses arrêts, sa retenue.Sortie payante, sortie de faveur accordée à l'élève qui remet enpaiementune ou plusieurs exemptions que son travail, sa bonne conduite lui ont fait obtenir. «Depuis longtemps, laFrancea protesté contre les sorties dites payantes ou de faveur et contre les punitions actuellement en vigueur.» (France, 1881.)PAYER UN MOOS, LA GOUTTE(Se faire). Argot théâtral. Jouer un rôle à emboîtage.PEAU(De la)! Non! Rien!PEAU DE BOUC.Sein. Argot des régiments d'Afrique qui donnent aussi le nom de peau de bouc aux petites outres goudronnées qui leur servent de bidons.PÊCHE.Tête, physionomie.PÊCHE(Poser une).Alvum deponere.PÈLERIN.Gardien de la paix. Argot du peuple. Allusion aux pèlerines en caoutchouc que les gardiens portent depuis l'année dernière.PÉNITENCE(Être en). «Un autre coin amusant est celui des femmes en pénitence. On appelleÊtre en pénitence, à Monte-Carlo, ne pas jouer. Elles sont en pénitence pour la journée, la semaine ou la fin du mois, parce qu'elles ont perdu ce qu'elles avaient à jouer et que leurs maris ou leurs fils ne veulent plus desserrer les cordons de leurs bourses. C'est un véritable enfer que de voir jouer et de ne pas jouer.» (Revue politique et littéraire, 1882.)PERDRE SA CLEF.Avoir la colique.PERFORMANCES.Argot de turf. Manière de courir d'un cheval, de se comporter pendant la course.PERMANENCE.Argot de joueurs. Série de numéros qui sortent à la roulette ou au trente et quarante, «Il (le marqueur) a d'abord ses abonnés à qui il vend lespermanencesvingt francs par semaine.» (Revue politique et littéraire, 1882.)PERMISSION(Se faire signer une). Argot militaire. Présenter une feuille de papier à cigarette et se faire donner le tabac. (Ginisty:Manuel du parfait réserviste.)PERMISSION DE 24 HEURES(Avoir une). Argot militaire. Prendre la garde.PERPIGNAN.Nom que les charretiers donnent au manche de leur fouet. Les meilleurs manches de fouet se fabriquent, paraît-il, en cette ville.PERROQUET DE FALAISE.Douanier. Allusion de couleur.PET-EN-L'AIR.Petit veston court.

«Contre l'habit léger et clairLa loutre a perdu la bataille:Nous arborons le pet-en-l'air,Et les femmes ne vont qu'en taille.»Richepin.

«Contre l'habit léger et clairLa loutre a perdu la bataille:Nous arborons le pet-en-l'air,Et les femmes ne vont qu'en taille.»Richepin.

«Contre l'habit léger et clair

La loutre a perdu la bataille:

Nous arborons le pet-en-l'air,

Et les femmes ne vont qu'en taille.»

Richepin.

PÉTARD.Sou.

A droite, un comptoir en étainQu'on astique chaque matin.C'est là qu'on verseLe rhum, les cognacs et les marcsA qui veut mettre trois pétardsDans le commerce.(Gaulois, 1882.)

A droite, un comptoir en étainQu'on astique chaque matin.C'est là qu'on verseLe rhum, les cognacs et les marcsA qui veut mettre trois pétardsDans le commerce.(Gaulois, 1882.)

A droite, un comptoir en étain

Qu'on astique chaque matin.

C'est là qu'on verse

Le rhum, les cognacs et les marcs

A qui veut mettre trois pétards

Dans le commerce.

(Gaulois, 1882.)

PÉTARD.Argot des artistes et des gens de lettres. Succès bruyant. «Pourquoi ce qui n'avait pas réussi jusqu'alors, a-t-il été, cette fois, un événement de librairie? ce qu'on appelle, en argot artistique, un pétard.» (Gazette des Tribunaux, 1882.)PETIT-BLEU.Carte-télégramme. V.Omnibus.PETITE-MAIN.Il est assez difficile de définir exactement ce que, dans l'argot des ateliers, on entend par cette expression. L'exemple suivant le fera comprendre: «Ils n'étaient que sept pour suffire à cela: un homme, un contre-maître, une femme, la monteuse et sept enfants, les petites-mains. On appelle petites-mains des jeunes gens, filles et garçons qui ne sont plus des apprentis et ne sont pas encore des ouvriers. Il y en a beaucoup même qui n'ont jamais été des apprentis et ne seront jamais des ouvriers. On les reconnaît à ceci: qu'ils reçoivent un salaire d'apprenti pour un travail d'ouvrier.» (Fournière:Sans métier.)PEUPLE(Faire un). Argot des voyous. Faire partie de la figuration dans un théâtre quelconque.PEUPLIER.Gros fragment de tabac.PHALANGE.Main.

Ils vous ont des façons étranges,Pires que des étaux de fer.De vous écraser les phalanges,En vous disant: «Bonjour, mon cher!»(Frondeur, déc. 1879.)

Ils vous ont des façons étranges,Pires que des étaux de fer.De vous écraser les phalanges,En vous disant: «Bonjour, mon cher!»(Frondeur, déc. 1879.)

Ils vous ont des façons étranges,

Pires que des étaux de fer.

De vous écraser les phalanges,

En vous disant: «Bonjour, mon cher!»

(Frondeur, déc. 1879.)

PHILISTIN.Ouvrier tailleur, «Les ouvriers aux pièces, les plus gais, ont la qualification de philistins.» (Henri IV, 1882.)PHILOSOPHE.Argot des lycéens. Elève de la classe de philosophie.PIAFFEUSE.La dernière expression du chic est celle de piaffeuse pour désigner la femme élégante et bien prise dans le harnais de la mode. Le mot n'a rien de désobligeant; piaffeuse: qui se tient droite et porte beau.» (Gaulois, sept. 1887.)PIÈCE GRASSE.Argot militaire. Cuisinier.PIÈCE DE SEPT.Individu corpulent.PIED.Part. Ce à quoi on a droit, «Mon pied! ou je casse! Ma part ou je te dénonce.» (Humbert:Mon bagne.)PIED DE COCHON.Farce, tromperie.Jouer un pied de cochon à quelqu'un, lui faire une plaisanterie d'un goût douteux.PIEDS(Où mets-tu tes). Locution militaire voulant dire: De quoi te mêles-tu?PIERRE BLANCHE.Échafaud. Guillotine. Allusion aux pierres blanches qui se voient encore sur la place de la Roquette et sur lesquelles reposaient autrefois les montants de la guillotine.» Jesais ce qui m'attend, les trois pierres blanches ou la perpett.» (Gazette des Tribunaux, août 1883.)PIERROT.Argot d'école. Dans les écoles d'arts et métiers on désigne ainsi l'élève de première année. «Les anciens ont tous démissionné. Nous ne sommes plus que des pierrots et des conscrits.» (Univers, 1886.)PIGER.Lutter. Se mesurer avec quelqu'un. «Je ne vois guère que le Président de la République qui pourra piger avec lui, et encore!» (Figaro, 1882.)—Battre.PIGNOCHER.Peindre minutieusement. Argot des artistes.—Manger du bout des dents. «Un soir qu'il pignochait des œufs qui sentaient la vesse.» (Huysmans:A vau-l'eau.)PIGNOUF.Elève reçu à l'Ecole normale, mais qui n'a pas encore subi l'épreuve ducanularium. (V. ce mot.)PIGUT.Argot des lycées. Lieux d'aisances.Piguter, aller aux lieux d'aisances.PILLEROT.Voleur.PILON.Argent. Argot du peuple.Pilonner, tuer pour avoir de l'argent.PINÇARD.Bon cavalier. Argot des élèves de l'école de Saumur.

«Il s'en va de la queue au crâne de la bête,Tantôt penche à tribord, tantôt penche à bâbord.S'il est vraiment pinçard, il entre dans le port.Mais s'il est maladroit, hélas! pique sa tête.»(Nos farces à Saumur.)

«Il s'en va de la queue au crâne de la bête,Tantôt penche à tribord, tantôt penche à bâbord.S'il est vraiment pinçard, il entre dans le port.Mais s'il est maladroit, hélas! pique sa tête.»(Nos farces à Saumur.)

«Il s'en va de la queue au crâne de la bête,

Tantôt penche à tribord, tantôt penche à bâbord.

S'il est vraiment pinçard, il entre dans le port.

Mais s'il est maladroit, hélas! pique sa tête.»

(Nos farces à Saumur.)

PINGOUIN.Terme injurieux. Synonyme d'imbécile, de propre à rien.PIQUE-CHIEN.Argot des élèves de l'Ecole polytechnique. Lepique-chienn'est point, à proprement parler, comme le dit Rigaud dans sonDictionnaire d'argot moderne, le concierge de l'École. C'est un adjudant chargé de surveiller la sortie et la rentrée des élèves. Comme là se borne presque toutes ses occupations, il a tout le loisir de dormir, depiquer son chien.PIQUER UNE MUETTE.Faire silence. Argot de Saint-Cyr. «Aujourd'hui, il sera piqué une muette au réfectoire.» (Maizeroy:Souvenirs d'un Saint-Cyrien.)PIQUER UNE PLATE.Ne pouvoir, ne savoir répondre aux questions posées à un examen. Jargon des élèves de l'École navale. Nos lycéens disent:piquer une sèche. «Le timonier apparaît.—M. A..., au cabinet de babord!—M. A... court un grand danger de piquer une plate. Heureusement l'interrogation est remise à huitaine.» (Illustration, octobre 1885.)PIQUER L'ÉTRANGÈRE.Argot du régiment. Tomber de cheval.PIQUER UNE ROMANCE.Dormir. Argot militaire.PIQUER UNE SÈCHE.Argot des lycéens et des élèves des Écoles. Avoir un zéro, c'est-à-dire la note très mal, pour une des parties d'un examen. «Il est constant que tout pipo qui est sorti sans piquer une sèche, deses examens généraux, se croit parfaitement apte à régenter l'État.» (Gaulois, mars 1881. V. Delvau:Sec.)PIQUER LE TASSEAU(Se). V. Delvau:Se piquer le nez.PISSER DESSUS.Pisser sur quelqu'un. Le mépriser, n'en pas faire cas. «J'en demande pardon à M. le maire et à mes collègues du conseil: Je les couvre de mon mépris et je leur pisse dessus.» (Moniteur universel, 1883.)PISTOLET A LA SAINDHOMME.Petit crochet avec lequel lemégottierexerce son industrie.PISTER.Suivre les voyageurs à la piste lors de leur arrivée dans une ville et leur offrir un hôtel qu'on leur vante.PIVOTER.Argot militaire. Manœuvrer dur et beaucoup.PLACÉ.Argot de turf. Un cheval est placé quand il n'est distancé par le gagnant que de quelques longueurs.

«Si votre patriotisme vous pousse à prendre un cheval gaulois gagnant, gardez-vous à carreau en prenant en même temps les goddems placés.» (Voltaire, juin 1882.)

PLANCHE(Faire la). «Ta maîtresse? il y a un mois qu'elle vient faire la planche dans mon garni!» (Evénement, 1885.)PLANTER.Coïre.PLANTER UN CHOU.Tromper indignement. «Mon ci-devant m'a planté un chou colossal.» (Réveil, 1882.)PLAQUER SA VIANDE SOUS L'ÉDREDON.Se coucher. «A onze heures et demie on a levé la séance. Le fait est qu'il était bien temps d'aller plaquer sa viande sous l'édredon.» (Henri IV, 1882.)PLEIN.Argot des joueurs de roulette. L'un des casiers sur lesquels se trouvent inscrits les numéros correspondant à ceux de la roulette.Faire un plein, c'est placer sa mise en plein sur un numéro, au lieu de la disposer soit àcheval, soit d'une façontransversale.PLEUVOIR.Être abondant.POCHETÉE.Inintelligence.En avoir une pochetée, avoir la compréhension difficile.POIREAUTER.Attendre quelqu'un dans la rue.POISSEUX.Gandin; fashionable. Le successeur du petit-crevé. «Ils se réunissent six ou sept viveurs ou poisseux au café.» (Siècle, 1882.)Poisseuse, compagne du poisseux. «Dans un boudoir de la rue des Martyrs, une jeune poisseuse, étendue sur une chaise longue, lit...» (Henri IV, 1882.)POIVROTTER(Se). Se griser.POLKA.«Polka ne veut pas seulement dire danse: c'est sous ce nom que les photographes et les dessinateurs désignent certains sujets décolletés.» (Evénement, 1882.)POLONAIS.Souteneur.—Sorte de fer à repasser. Argot des blanchisseuses.POMPE.Étude. Cours. Argot des Élèves de l'École de Saumur.

«La Pompe! A ce grand mot votre intellect se tendEt cherche à deviner... La Pompe, c'est l'étude,La Pompe, c'est la longue et funeste habitudeDe puiser chaque jour chez messieurs les auteursLe suc et l'élixir de leurs doctes labeurs.»(Nos farces à Saumur.)

«La Pompe! A ce grand mot votre intellect se tendEt cherche à deviner... La Pompe, c'est l'étude,La Pompe, c'est la longue et funeste habitudeDe puiser chaque jour chez messieurs les auteursLe suc et l'élixir de leurs doctes labeurs.»(Nos farces à Saumur.)

«La Pompe! A ce grand mot votre intellect se tend

Et cherche à deviner... La Pompe, c'est l'étude,

La Pompe, c'est la longue et funeste habitude

De puiser chaque jour chez messieurs les auteurs

Le suc et l'élixir de leurs doctes labeurs.»

(Nos farces à Saumur.)

POMPIER.Membre de l'Institut de France. «Des jeunes gens riaient en apercevant là-bas le profil de quelque professeur de l'Institut. Au feu! au feu! Voilà un pompier.» (J. Claretie:Le Million.)POMPIER.Dans l'argot spécial des marchands de vin lepompierest une boisson apéritive composée de vermouth et de cassis.POMPIER(Faire). Cette expression s'applique à toutes les compositions littéraires et artistiques où le convenu, le lieu commun et la formule sont substitués à l'inspiration originale et à l'étude de la nature. C'est ainsi qu'on peut être nouveau et moderne dans l'interprétation d'un sujet emprunté à l'Iliadeet qu'on peut, au contraire,faire pompieren représentant une scène de la vie réelle qui s'est passée hier. (V. LeGil Blasdu mois de novembre 1880.)PONT(Faire le). Cette expression est surtout usitée chez les employés d'administration. Quand un jour non férié se trouve entre deux jours de fête et qu'on ne vient pas à son bureau le jour de travail, on fait le pont.PORTE-CRÈME.Vidangeur.PORTEUR DE CAMOUFLE.Souteneur.POSE(Être à la). Afficher de grandes manières, des prétentions de grand seigneur. «Elle est bonapartiste, la famille à papa; c'est pas à la pose du tout.» (Vie parisienne, 1882.)POSER UN RAMOLL.Argot des voyous non conformistes qui désignent ainsi la mise en action de certaine pratique honteuse dont parle le livre du DrTissot, et sur laquelle il est inutile d'insister. Cette expression, véritablement imagée, fait songer au ramollissement du cerveau ou de la moelle épinière dont finissent par être atteints la plupart du temps les disciples d'Onan.POTEAU.Chef de bande,—dans l'argot des voleurs.POTIRON.Argot des élèves de l'Ecole de Saint-Cyr. Ils appellent ainsi les jeunes gens qui, bien que de nationalité étrangère, sont admis à suivre les cours de l'Ecole.

«Shérif-Bey vient de recevoir sa nomination d'élève de Saint-Cyr, à titre d'étranger. Les élèves de cette catégorie sont appelés à l'Ecole des Potirons.» (Paris, octobre 1885.)

Pouce!Exclamation que poussent les enfants dans leurs jeux en tenant le bras levé et lesdoigts fermés, moins le pouce. Les gamins indiquent ainsi avec cette sorte de drapeau parlementaire qu'ils cessent momentanément de jouer et qu'on n'a aucune prise sur eux. Ils disent aussitrèfle, par corruption detrêve.

POULAINE.Cabinets d'aisance. Argot du bagne. «On s'entassait à la poulaine (lieux d'aisance) où une pompe, installée tout exprès, fournissait en grande abondance l'eau nécessaire à ces ablutions.» (Humbert:Mon bagne.)POUR CHIQUER!Allons donc! Plaisanterie! Argot du bagne.POURLICHE.Pourboire. Jargon du peuple.POUSSER LA GOUALANTE.Chanter. (V. Delvau:Goualer.)POUSSER DANS LE CORNET, L'ESCARCELLE, LE FUSIL(S'en). Boire, manger. (V. Delvau:S'en pousser dans le battant.)POUSSER UNE BLAGUE.Fumer une pipe. Argot de l'Ecole Polytechnique.POUSSIÈRE(Faire de la). Faire des embarras.POUVOIR SIFFLER.Ne pas obtenir ce qu'on demande; se passer de quelque chose.PRÉFECTANCE.Préfecture de police. «Sans doute, tant qu'il y aura une préfectance et un préfet de police, on cognera...» (J. Vallès.) Delvau donnePréfectanche.PREMIER, ÈRE.De qualité supérieure. «Puis ils inaugurèrent l'argot, parlèrent nègre et proposèrent aux dîneurs unedouzaine, une chablispremière, au lieu de dire: une douzaine d'huîtres, du vin de Chablis, première qualité.» (G. Claudin.)PRENDRE.Terme de turf. Parier. Prendre un cheval à 6 contre 1 en admettant que le pari soit de 10 louis, signifie; si le cheval perd, je vous donnerai 10 louis, s'il gagne vous me donnerez 60 louis.PRENDRE QUELQUE CHOSE A LA BLAGUE.S'en moquer; la tourner en ridicule. «C'est dans le pauvre peuple qu'on l'a prise (une pièce de théâtre) tout d'abord à la blague.» (F. Sarcey.)PRENDRE SES DRAPS.Prendre le chemin de la salle de police. Argot des élèves de l'Ecole Saint-Cyr. «Le bazof court le long des lits secouant de la phrase sacramentelle:Prenez vos draps, les malheureux qui n'ont pas eu le temps de rapporter leurs matelas.» (Maizeroy:Souvenirs d'un Saint-Cyrien.)PRIME.Premier. Argot des enfants.PRINCESSE.Nom que donnent les employés de l'Etat à l'administration à laquelle ils appartiennent. «Un employé du ministère, qui fait une course pour le service du ministère et qui profite de la voiture pour faire une visite pour son propre compte, peut passer pour avoir malversé des fonds de l'Etat en faisant payer à la princesse (c'est commecela qu'on dit dans les administrations) 2 fr. 25 de fiacre.» (XIXeSiècle, avril 1887.)

On dit aussiJoséphine.


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