Chapter 48

PROCHAINE(La). La prochaine Commune. Argot des partisans de la Révolution sociale qui désignent ainsi la revanche à laquelle ils aspirent depuis 1871.PROLO.Prolétaire, ouvrier. «M. Jules Ferry, qui est un riche bourgeois, confie aux gendarmes la garde de sa caisse et la surveillance des prolos.» (Journal de l'Instruction publique1882.)PSCHUTT.«Le chic est mort, vive le pschutt.»

Qu'est-ce que le pschutt? On ne le sait pas exactement, et c'est ce mystère qui en fait tout le mérite. Le pschutt, c'est le chic ou à peu près. Il y avait trop longtemps qu'on disait: «M. de un tel a du chic.» On a imaginé de dire: «M. de un tel a du pschutt.» (Gaulois, janvier 1883.)

PUBLIC.Dans le langage des bureaux, un public est la première personne venue qui se présente dans ces bureaux pour y traiter une affaire. «L'individu qui se présente au Mont-de-Piété, pour emprunter, s'appelle un public.» (Max. du Camp:Paris, ses organes.)PUR.Elégant, dandy. «Vous ignorez complètement que de ne pas mettre de pardessus constitue actuellement ce que nous appelons être pur, ou, si vous aimez mieux, le chic anglais.» (Evénement, 1882.)PURÉE DECORINTHE.Vin.

Q

QUATRE A SIX.Réception. Argot des gens du monde. «Il croyait même parfois qu'Olga avait deviné son désir, et lorsqu'à ces quatre à six de Mmede Barberine.» (F. Coppée.) Actuellement lequatre à sixa fait place aucinq à sept; c'est toujours la même chose; il n'y a que l'heure de changée. «Les soirées du reste ne sont pas difficiles à passer; dès qu'arrivent lescinq à septon a maint salon accueillant et mainte potinière mondaine.» (Illustration, janvier 1888.)QUITOURNE.Fenêtre.

R

RABATTEUSE.Petite voiture qui va chercher des voyageurs dans les communes avoisinant Paris.RABIAU.Bénéfice. «Les pourboires cachés;... les rabiaus sur le fourrage...» (Huysmans;Sœurs Vatard.)RADIS NOIR.Gardien de la paix.RAMASSER UNE PELLE.Tomber. Jargon des voyous. «M... alors...; j'ramasse une pelle... C'est c'cui-là qui m'a poussé.» (R. Ponchon.)RAFRAÎCHIR(Se faire). Se faire couper les cheveux, la barbe. «L'autre soir, j'étais entré chez un coiffeur du boulevard, avec l'intention de me faire rafraîchir...» (Gil Blas, 1881.)RANCART.Objet de peu de valeur. «La plupart des volumes entassés dans les caisses étaient des rancarts de librairie, des rossignols sans valeur; des romans mort-nés...» (Huysmans:A vau-l'eau.)Mettre au rancart, abandonner, jeter dans un coin. C'est le synonyme demettre au cabinet, d'Alceste.RAMONER(Se faire). Se confesser.RANCKÉ.Pièce de deux francs.RASSEMBLER(Se faire). Argot militaire. Se faire réprimander, punir.RATEAU.Gendarme, agent, dans l'argot des malfaiteurs. «Le terme est nouveau; veuillez ne pas l'oublier et remarquer toute la justesse de l'expression. L'agent de police en effet nous ratisse et nous englaise dans la piaule.» (A. Belot:Le Roi des Grecs).

«Faut suriner les pantresA coups d'couteaux dans le ventreEt crever d'coups d'marteauxLa cervelle aux rateaux.»(Chanson, 1884.)

«Faut suriner les pantresA coups d'couteaux dans le ventreEt crever d'coups d'marteauxLa cervelle aux rateaux.»(Chanson, 1884.)

«Faut suriner les pantres

A coups d'couteaux dans le ventre

Et crever d'coups d'marteaux

La cervelle aux rateaux.»

(Chanson, 1884.)

RATISSÉ.Gandin, fashionable. Ç'a été le nom à la modeen 1885 pour désigner le continuateur du poisseux, du genreux. «Les jeunes ratissés (le terme est nouveau pour dire gommeux ou petit crevé), les ratissés ont couru et courent encore, comme un seul homme, lorgner, applaudir, rappeler La Goulue et Grille d'Egout... Pourquoi les ratissés? Est-ce parce que le jeu, le baccarat, les petits-chevaux des bords de la mer ou les steeple-chases leur vident à la fois la bourse et la cervelle et lesratissentcomme le rateau du croupier? Est-ce au contraire parce que le coiffeur sue sang et eau à les épiler, les coiffer, les brosser et leur ratisse les favoris, la moustache et la chevelure (quand ils en ont), comme le jardinier ratisse les allées d'un jardin bien entretenu?

«Je n'en sais rien; le fait est que les petits crevés sont devenus les ratissés.

«Le ratissé a son féminin: la ratissée. Et je m'imagine qu'aussi bien que le croupier, la ratissée ratisse le ratissé. Le nouveau nom doit venir de là.» (Illustration, octobre 1885.)

RAVINE.Plaie. Cicatrice. «Est-elle bête de suivre un homme qui la bat! C'est moi qui le ficherais en plan! Et elles-mêmes arrivaient avec un pochon ou des ravines sur le visage...» (Huysmans:Sœurs Vatard.)RÉCENT(Avoir l'air). Marcher droit, avoir l'air de pouvoir se tenir sur ses jambes, quand on a trop fêté Bacchus. «Allons Ringuet, faut être sérieux; v'là qu' t'approche de ta turne; faut qu' t'aies l'air récent.» (Monde plaisant, 1880.)RÉFEC.Réfectoire. Argot de Polytechnique.RELANCEUR DE PLEINS.Variété degrec. «Plus nombreux encore ceux qui n'ont jamais soupçonné l'existence du relanceur de pleins.» (Henri IV, 1881.)RELEVER LE CHANDELIER.Argot de souteneurs. Vivre de la prostitution d'une fille.RELEVEUR DE FUMEUSE.Souteneur.REMUER LA CASSEROLE.Faire partie de la préfecture de police. Argot des voleurs.RENACLE.Police de sûreté.RENDU.«Petit ou gros, cher ou bon marché, l'objet qui déplaît au public rentre dans le grand bazar, et le caissier qui a reçu l'argent rend cet argent... Dans le sous-sol on appelle ces objets les rendus.» (Giffard:Les grands bazars.)RENIFLETTE.La police. Argot des malfaiteurs. Le mot est joli, imagé et rend bien l'idée de l'agent qui renifle, donne du nez comme le chien en quête de gibier.RENIQUER.Être de mauvaise humeur, rager. Argot de barrières.RENIFLER.Aspirer, prendre l'eau. «La plus jeune avait... des bottines qui renifflaient l'eau.» (Goncourt:La Faustin.)RENOUVELLEMENT.Argot de café-concert. Dans ces établissements, le prix de la place occupée donne droit à une «consommation» gratuite. Si vous désirez prendre de nouvellesconsommationsvous les payez suivant le tarif des cafés ordinaires. Ce sont ces nouvelles consommations oui prennent le nom derenouvellement.—«Au dedans, la salle était comble... les garçons ne savaient où donner de la tête; les renouvellements pleuvaient. Les bocks et les flacons vides s'amoncelaient sur les comptoirs...» (Gaulois, 1882.)RÉPARER.Argot des collèges et pensions.Réparer, c'est apprendre à nouveau une leçon qui n'est pas suffisamment sue.REPOSOIR.Hôtel garni. Argot des voyous. «Les garnis sont le plus bel ornement de la rue. Ils ont aussi leurs noms: reposoirs ou assommoirs!»Henri IV, 1882.)REPOUSSER DU GOULOT.V. Delvau:Repousser du tiroir.RESPECTER SES FLEURS.Garder sa virginité. «Ma sœur ne peut pas respecter ses fleurs jusqu'à la fin du monde...» (Huysmans:Sœurs Vatard.)REQUINQUAGE.Mise, accoutrement ridicule. «Elle ne songeait pas le moins du monde à lui reprocher son requinquage qui n'avait rien à voir avec la dernière mode.» (Barot:Le fort de la halle.)RESSORTS.Parties génitales de la femme.RETAPER LE DOMINO(Se faire). Se faire arranger la denture. On dit aussiSe faire repaver la rue du bec.REVERS(Faire un). Argot de Grecs. Perdre volontairement en taillant une banque et céder la place à un compère auquel on a le soin de donner des séquences.REVOLVER A DEUX COUPS.Arc rot des voyous. Le membre viril.REVOYURE(A la). Expression parisienne synonyme de: Au revoir. «Les opinions sont libres... Comme tu voudras... adieu... à la revoyure.» (Job:L'homme à Toinon.)REZ-DE-CHAUSSÉE(Petit). «On appelle petits rez-de-chaussée les jeunes gens à la mode qui ont, en quelque coin de Paris, un rez-de-chaussée, la plupart du temps meublé avec un grand goût et où les jolies visiteuses peuvent entrer. Les petits rez-de-chaussée sont les élégants et les gommeux du moment.» (Illustration, juillet 1887.)RICHE(Être bien). Se griser.RIGADE.Soulier.RIGOLADE(Être à la). S'amuser. «Le vieux ronchonnait contre les jeunes gens qui sont trop à la rigolade, et pas assez à l'étude.» (Réveil du Père Duchêne,1881.)RIGOLO.Revolver. Argot du peuple. «Les expulsés furieux cherchèrent à enfoncer la porte (du cabaret). Vacheron sortitarmé d'un bâton pour les repousser. A ce moment, l'un des agresseurs dit à Gauthier (un inculpé): Prends ton rigolo.» (Le Droit, avril 1886.)RINCER L'œIL(Se). Regarder complaisamment quelque chose ou quelqu'un. «Depuis notre arrivée, vous n'avez cessé de vous rincer l'œil de toutes ces créatures éhontées...» (Chavette.)RINCLEUX.Avare. Terme d'atelier.ROGNURE.«Quand le concours (du Conservatoire) est achevé, quand le dernier élève a fini d'envoyer son morceau, sarognure, comme disent ces jeunes gens dans leur argot, alors vient se placer l'instant pénible et douloureux de la délibération.» (Figaro, juillet 1884.)ROND DE CUIR.Vieil employé. Fonctionnaire inintelligent.S'endormir sur son rond de cuir, ne pas faire son chemin.RONDE DES GUEUX.«La police, en son argot pittoresque, appelle ronde des gueux le voyage circulaire qu'accomplissent autour de la capitale, en bande organisée, les sans-logis de la banlieue.» (National, janvier 1888.)RONDIER.Surveillant. Il fait des rondes. Argot du bagne.RONGEUR.Voiture de place prise à l'heure.ROSSIGNOLISER.Vendre des objets défraîchis, sans valeur, des rossignols.ROUEN(Faire un). Argot des commis de nouveauté.Id estfaire l'article à un client qui part sans acheter; leRouenc'est le client. «Ça paraît vouloir s'allumer un peu, dit Hutin à Favier; je n'ai pas de chance, il va des jours de guignon, ma parole. Je viens encore de faire un Rouen; cette tuile ne m'a rien acheté.» (Zola:Au bonheur des Dames.)ROUFLAQUETTE.Souteneur de bas étage.ROULANTE.Fille publique. On dit plus communémentrouleuse.ROULER LA BROUETTE A BIRIBI.Être envoyé dans un régiment de discipline. Argot de caserne. «Il amassa un nombre incalculable de jours de consigne et de salle de police, et vint enfin, comme disent les troupiers, rouler la brouette à biribi, c'est-à-dire qu'il fut envoyé aux compagnies de discipline.» (Triboulet, mars 1884.)ROULIER.V. Delvau.Roulottier.ROUPION.Commis de nouveautés. Il tient le milieu entre le commis vendeur et le bistot.ROUPILLON.V. Delvau.Roupilleur.ROUPIOU.Dans les hôpitaux de Paris, étudiant en médecine qui remplace bénévolement un externe dans son service.ROUSTONS.Lescrotum.ROUTIÈRE.Prostituée qui exerce son métier sur les grandes routes.

S

SAC(En avoir son). Ne plus pouvoir supporter quelqu'un ou quelque chose. «Entre nous, le mari d'Emma! j'en ai mon sac!» (Cadol:La colonie étrangère.)SAC A CHARBON.Prêtre,—dans l'argot des voyous. «Le prêtre qui tout à l'heure leur a fait entrevoir (aux enfants) la douce figure du Jésus évangélique, ils le rencontrent; du coin d'un carrefour, ils crieront:couac, l'appellerontcorbeauou, d'un mot plus à la mode en ce moment:sac à charbon.» (Figaro, août 1884.)SACHET.Bas, chaussette.SALBINET.Argot de l'Ecole Polytechnique. «Salbinet!» crie un tambour, en ouvrant la porte d'une salle où travaillent une dizaine d'élèves. Cela veut dire: Le capitaine prie le sergent de lasallede passer aucabinetdu chef de service pour y entendre une communication du commandant de l'école et la transmettre à ses camarades.SALÉ.Mordant, violent. «Le lendemain, M. Cassemajou écrivait à M. Ventéjoul une lettre un peu salée.» (Armand Silvestre.)SALER(Se faire). Contracter une maladie vénérienne.SALIR LE NEZ(Se). Se griser.SALOPER.Argot des élèves de l'école des Beaux-Arts. «La seule chose qui soit interdite, c'est de saloper. Ne vous effarouchez pas de ce mot, c'est le mot usuel, adopté. M. Dubois (le directeur de l'école) met son nom au bas d'un avis dans lequel on lit: Il est formellement interdit de saloper avant tel jour. Qu'est-ce donc que saloper? C'est entrer dans la loge les uns des autres pour y formuler son appréciation sur l'œuvre du voisin.» (Liberté, août 1883.)SANDWICH.Le mot date de 1884, époque à laquelle on vit à Paris, pour la première fois, de pauvres diables se promener,moyennant une modique rétribution, sur les boulevards et dans les endroits les plus fréquentés avec deux grandes pancartes, fixées l'une sur la poitrine et l'autre sur le dos, pancartes sur lesquelles sont collées des réclames de maisons de commerce. Le mot est assez bien trouvé et la comparaison serait encore plus juste si les malheureux qui exercent cette industrie n'étaient haves et déguenillés et ne rappelaient qu'approximativement le gros jambon placé entre les deux tartines beurrées qu'aimait si fort le comte Sandwich. «On s'amusa d'abord des sandwiches qui déambulaient mélancoliquement, à la file indienne, enserrés dans des espèces de carapaces couvertes de réclames bariolées.» (Dix-neuvième siècle, décembre 1886.)SANG DE BœUF.Saladier de vin chaud. Argot du peuple. «Assise à une table graisseuse, vis-à-vis d'un homme en accroche-cœurs, elle aspire les parfums grossiers d'un saladier de vin chaud, d'un sang de bœuf, comme cela s'appelle là-bas.» (Evénement, septembre 1885.)SANSONNET.Gendarme. Argot des rôdeurs de barrière.SANTARELLE(Faire une). Argot des grecs. Lancer à son partenaire les cartes aussi haut que possible afin de pouvoir jeter un coup d'œil en dessous, ce qui permet de les voir et de jouer en conséquence.SATISFAIRE(Se). Aller à la selle.—Copulare.«Sa faim charnelle lui permettait d'accepter les rebuts de l'amour. Il y avait même des soirs où, sans le sou, et par conséquent sans espoir de se satisfaire...» (Huysmans:A vau-l'eau.)SAUMURIEN.Elève de l'Ecole de Saumur. «Tout Saumurien qui se respecte ne lit que leFigaro, l'Unionet laGazette de France.» (Nos farces à Saumur.)SAUVETTE.Argent.SAVONNER.Argot de chanteurs. Faire des ports de voix. «Mademoiselle S... a de l'habileté quoiqu'elle ait savonné certains traits.» (Liberté, 1882.)SCHNAPPS.Eau-de-vie.SCOLO.C'est ainsi que le peuple, à Paris, appelle l'enfant qui fait partie d'un bataillon scolaire.Scoloest d'un usage courant. «Vous connaissez les scolos, n'est-ce pas? C'est ainsi que l'on nomme en langage populaire, les bataillons scolaires.» (Liberté, février 1886.)SCORPION.«On appelle ainsi, paraît-il, à l'école de la rue des Postes, les minorés qui suivent les cours des élèves.» (Figaro, avril 1887). Il a paru, en 1887, sous ce titre:Le Scorpion, un roman de M. Marcel Prévost.SÉCHER.Boire. «Sa plus grande privation était de ne plus pouvoir sécher une douzaine de bocks chaque soir.» (Figaro, 1882.)SECOUER LE PETIT HOMME.Polluer.SECOUSSE(N'en pas f... une). Argot militaire. Paresser, ne rien faire. On dit plus communément:N'en pas f... un coup.SECOUER SES PUCES.Danser. «Elle s'était trémoussée dans un ballet de la Porte-Saint-Martin; maintenant, elle secouait ses puces, comme elle disait élégamment, dans tous les bastringues voisins.» (Gaulois, 1881.)SEMAINE.Expression empruntée au service des caporaux et des sous-officiers. Ex.: C'est à moi que tu contes cela? je ne suis pas de semaine.—Moyen expéditif defaire rompreun fâcheux. (Ginisty:Manuel du parfait réserviste.)SEMPERLOT.Tabac.—«Eh! Rocambole, par ici! Un cornet de semperlot.» (Humbert:Mon bagne.)SÉNATEUR.On appelle ainsi les malheureux qui, dans les garnis du dernier degré, ont des planches particulières au lieu de coucher à la corde. Ce sont les richards de l'hôtel. La planche coûte un sou par jour. (Voltaire, 1882.)SERGENT DE CROTTIN.Sous-officier à l'Ecole de Saumur. «Quant aux malheureux sous-officiers, baptisés du nom poétique de sergents de crotin...» (Nos farces à Saumur.)SHOOTER.Qui fait partie d'une société de tir aux pigeons.Shooting, tir aux pigeons. Encore l'anglomanie. «Aucun des shooters qui fréquentent le Gun Club n'a quitté Paris.» (Bien Public, 1882.)—«Mon devoir de chroniqueur m'oblige à signaler les épreuves internationales qui viennent d'avoir lieu dans les deux grands centres de shooting d'Outre-Manche.» (Union, 1882.)SIBIGEOISE.Cigarette. «Parmi eux, pas une pipe; c'est trop commun! La sibigeoise (cigarette), à la bonne heure.» (Humbert:Mon bagne.)SILOS.Punition infligée aux soldats des compagnies de discipline.SIPHON(Faire). Argot du peuple. Vomir.SLAZE.Ivrogne.SOCE.Société.SOIRÉE BLANCHE.Soirée où il n'y a que des intimes, où se trouve banni l'apparat des grandes réceptions. «Chaque hiver, elle donnait plusieurs grandes fêtes...; entre temps, elle conviait ses intimes à des soirées blanches.» (H. Tessier:Madame Vidocq.)SOIREUX,SOIRISTE. Nous avions déjà leslundisteset lessalonniers, voici maintenant lessoireuxet lessoiristes(l'un et l'autre se dit ou se disent), c'est-à-dire, dans le jargon du jour, les journalistes chargés de faire ce genre d'articles, qu'Arnold Mortier inventa dans leFigarosous cette rubrique:La Soirée parisienne. C'est, je crois, à M. E. Bergerat que revient la paternité de ces deux nouveaux vocables. «Quelles patraquées petites femmes que vos confrères éminents, les soireux sympathiques!»(France libre, janvier 1886.)SOIXANTE-SIX.Variété de souteneur.SOMMIER DE CASERNE.Fille à soldats.SONNETTE.Auxiliaire, femme de service, chargée, à la prison de Saint-Lazare, de se tenir à la disposition des employées et des sœurs et de répondre à leur appel. Les sonnettes vont chercher dans les cours, dans les préaux, dans les bâtiments et amènent dans les bureaux les détenues dont on a besoin pour un service quelconque.SOUBROCHE.Souteneur. Argot des voyous.SOUPER DE.Avoir assez de quelque chose. Argot militaire.SOURDE.Prison.SOURNOISE.Dans le langage spécial des employés, qu'ils appartiennent à une administration publique ou particulière, lasournoiseest ce que leurs chefs et eux-mêmes appellent en style correct la feuille de présence, feuille traîtresse sur laquelle on doit plusieurs fois par jour et à des moments imprévus apposer sa signature de façon à prouver qu'on est bien à son bureau et non au café voisin. Le plus souvent par une malchance fréquente lasournoisepasse quand la plupart des employés sont illégalement absents.SOUS-DERN.Argot des écoliers. Avant-dernier.STARTER.Argot de courses. Celui qui donne aux jockeys le signal au départ.STRAPONTIN.Petit matelas en galette, étroit et plat.STRAPONTIN.Ce mot, en langage très familier, désigne l'objet de toilette que les femmes appellent du nom de tournure. «Grande bataille! Entre qui? Entre les strapontinistes et les antistrapontinistes. On appelle strapontin en langue fantaisiste, l'appendice proéminent que les dames portent en ce moment au-dessous de la taille.» (Monde illustré, novembre 1885.) (V. les motsnuageettapez-moi çadans leSupplément.)SUBLIMEUR.Bon écolier.SUBURBAIN.Le public qui suit les courses de chevaux appelle ainsi dans son jargon particulier tout champ de courses situé dans la banlieue de Paris; celui de Saint-Ouen, par exemple. «Elle ne manquait pas une journée de courses; oh! à Longchamps et à Chantilly, tout au plus à Vincennes; elle ne se commettait pas dans les suburbains, là où l'écurie n'était pas représentée.» (Vie Parisienne, septembre 1887.)SUIFFARD.Argot de cercles, de tripots. Le suiffard est un grec qui fréquente des établissements borgnes, des tripots, des claque-dents. Suiffard est en quelque sorte un diminutif de graisseur (filou en argot) le suif étant fait avec de la graisse.SURFINE.Femme qui s'introduitchez les personnes âgées et les vole sous prétexte de quêter en faveur des pauvres.SURMENEUSE.C'est ainsi qu'on désigne maintenant les les filles à la mode. Elles surmènent de toutes façons les heureux mortels qu'elles ont daigné distinguer. Allusion au surmenage intellectuel dont on parle tant aujourd'hui. «Une voiture emportant une de nos surmeneuses connues croise une victoria où sont deux de ses collègues.» (Charivari, nov. 1888.)SURNU.Surnuméraire. Argot des employés d'administration, en général.

T

TABLEAU DES IDIOTS(Être sur le). Être pourvu d'un conseil judiciaire. Jargon des clercs de notaire. On sait que dans chaque étude se trouve à la disposition du public, un tableau ou un livre sur lequel figurent les interdits, les prodigues, tous ceux enfin qui ne jouissent pas de la plénitude de leurs droits.TALA.Elève de l'Ecole normale ayant des principes religieux et pratiquant.TAMBOUILLE.Delvau donne à ce mot le sens de ragoût, de fricot, ce qui est exact;tambouilles'emploie aussi chez les soldats d'Afrique qui appellent ainsi leur gamelle.TAPEZ-MOI ÇA.Le tapez-moi ça, désigne dans le langage plus que familier cet objet de toilette qu'on nomme une tournure. «Voici que nous sommes toutes contraintes de porter la tournure, l'ajustement qu'on a appelé irrévérencieusement le tapez-moi ça.» (Gil Blas, octobre 1885.) On dit aujourd'huinuage; v.Supra.TAMPONNER LE COQUILLARD.(Se). Se moquer de.TAMPONNER.Rudoyer. «Ah! tu me tamponnes, s'écrie-t-il, je te reconnaîtrai à la prochaine.» (Figaro, 1880.)TAPE-CUL.Argot militaire. Manœuvre sans étriers.TAPER(Se). Se voir refuser quelque chose; s'en passer.—Se masturber.TAPEUSE.Prostituée qui, sans faire payer ses services, emprunte aux clients des sommes plus ou moins élevées qu'elle ne rend bien entendu jamais. (Réveil.)TATEUR.Fausse clef.TAUPINER.Assassiner.TÉLÉGRAPHE(Faire le). «A cette énumération il faut ajouter le truc du télégraphe qui s'emploiepour tous les jeux de cartes.Faire le télégraphe, envoyer ledussou le sert (V. Delvau,Sert), c'est faire connaître au complice qui tient les cartes, le jeu de la victime derrière laquelle on se tient à cet effet en paraissant prendre un grand intérêt à sa partie.» (Henri IV, 1881.)TENIR.Argot théâtral.Tenir l'affiche, se dit d'un auteur qui a du succès et dont les pièces reparaissent souvent sur l'affiche. «Voici maintenant dix-sept ans bien comptés qu'il (M. V. Sardou) tient l'affiche, comme on dit dans le familier langage des coulisses.» (Revue des Deux-Mondes, 1ermars 1877.)TÉNOR.Argot de journaliste. Ecrivain qui rédige habituellement l'article de tête du journal.TERRASSE.La partie du trottoir envahie par les tables et les chaises de MM. les cafetiers.TÊTE A L'HUILE.Chef de la figuration dans un théâtre.TÊTE DE PATÈRE.Variété de souteneur.TÊTE DE PIPE.Idiot. La variante est:moule à chenets.TIERCE.Argot de bagne. Bande d'individus.TIFFES.Cheveux.TOMBAGE.Critique, éreintement. Mot très familier. (V.Tomberdans le corps duDictionnaire.) «On s'attendait à un rapport de M. M... et à un tombage du préfet et l'on s'est perdu dans des broutilles.» (Gil Blas, juillet 1886.)TOMBER DANS LA DÈCHE.(V. Delvau au motDèche.) «Certains naïfs libidineux se laissent duper par les macettes qui ont la spécialité de fournir aux bons jeunes gens tout ce qu'il y a de mieux en fait de femmes du monde tombées dans la dèche.» (Figaro, mars 1887.)TOMPIN.Tompinqui, en 1882, n'était qu'un adjectif a passé depuis au rang de substantif argotique et est devenu synonyme d'homme élégant, à la mode. Au féminin on dit, ou plutôt on a dit (car le mot n'est plus usité)tompinette. «Le vrai bel air est aujourd'hui de s'étudier à paraître simple et de laisser aux tompins et aux tompinettes les exhibitions de quatre ou cinq toilettes par jour.» (Figaro, août 1885.)TOPO.Circulaire; proposition, motion. Argot des élèves de l'Ecole polytechnique.TOQUARD.Argot de courses. Cheval sur lequel on a placé son argent, d'inspiration, sans savoir pourquoi. «Il y a trois manières de jouer très en usage. L'inspiration, c'est-à-dire prendre un toquard, parce qu'il porte le nom de la personne aimée, celui de votre chien ou le numéro d'un cabinet particulier...» (Vie parisienne, juin 1884.)TORCHÉE.Coups. Rixe.TORCHER.Faire vite et mal.—Manger.Torcher les plats.Avoir appétit.TORCHON.Argot de cabotins. La toile, le rideau.TORTILLER LE CARTON.Jouer aux cartes. «Parfois deux sociétés font alliance pour tortiller le carton. C'est l'expression consacrée par les joueurs de besigue, de piquet à quatre, ou de rams.» (Réveil, 1882.) V. Delvau:Carton.TORTILLER LA VIS.Étrangler. «Je l'avais prévenu que s'il faisait un mouvement, j'allais lui tortiller la vis.» (Gazette des Tribunaux, 1864.)TORTORAGE.Nourriture.TOUPIE.Dame d'un jeu de cartes.TOUR(La). La Préfecture de Police.TOUR DE CLEF(Se donner un). Se reposer, se refaire, se mettre au vert. «Apollinaris est venu passer cinq ou six semaines à Aix-les-Bains, histoire de se redonner un tour de clef.» (Raoul Nest:Les mains dans mes poches.)TOURLOUSINE(Administrer une). Battre, rouer de coups. Argot des rôdeurs. «Les inculpés reconnaissent qu'ils ont été chargés par l'inconnu de frapper M. P..., de lui administrer une tourlousine, dit Zulpha (un des inculpés).» (Autorité, janvier 1888.)TOURNÉE PASTORALE.Tournée qui a lieu en bande, le soir, après un bon dîner, dans des maisons hospitalières. La tournée pastorale implique ordinairement laflanelle.TOURNE-VIS.Gendarme. Argot des malfaiteurs. «Le gendarme est naturellement l'obsession du repris de justice; il le voit partout et l'a baptisé d'un nom caractéristique; le tourne-vis.» (Figaro, février 1885.)TRAIN(Être dans le). Suivre les caprices de la mode; accepter toutes les innovations. Nous avions déjà dans la langue familière:être dans le mouvement,suivre le mouvement, cela ne suffit plus et, le progrès aidant, il fautêtreaujourd'huidans le train!—«Je crois devoir avertir Monsieur qu'il n'est plus dans le train.—...?—Encore un progrès, Monsieur, les voyages n'ont rien à faire ici; être dans le train veut dire: suivre le progrès.» (National, décembre 1886.)TRAIN JAUNE.«Elles (les femmes de mœurs faciles) commencent à persiller dans les trains de chemins de fer; il y en a même qui ne font qu'exploiter les trains jaunes qui emmènent chaque samedi de Paris, pour les ramener le lundi, les commerçants dont les femmes sont aux bains de mer.» (Figaro, 1882.)TRAINARDS(Faire les). Argot des cercles, des tripots. C'est ramasser les masses, les jetons oubliés sur les tables de jeux.TRANCHE(En avoir une). Être inintelligent.TRANSVERSALE.Argot de joueurs. On joue latransversale, quand, à la roulette, on place son enjeu transversalement, c'est-à-dire sur la ligne qui sépare deux numéros entre eux.TRAVAILLEUR.Voleur.TRÈFLE!Argot des enfants. (V.Pouce.)TRÈFLE.Argent monnayé. Argot des gavroches.TREMBLEUSE.Sonnette électrique.TRIMARDEUR.Voleur de grand chemin. (V. Delvau:Trimar.)TRIMBALLEUR DE ROUCHIES.Souteneur.TRINQUER.Ce verbe, qui, dans l'argot, a le sens propre de être battu, s'emploie aussi au figuré comme synonyme de: être malmené, être tancé. «Il faut que M. B... (qui a fortement trinqué dans cette séance) et les actionnaires résilient leurs baux.» (Intransigeant, sept. 1888.)TRIPATOUILLER.Manier maladroitement quelque chose; mêler, embrouiller, rendre confus, tripoter. N'en déplaise à M. Bergerat qui a lancé ce verbe au commencement de cette année 1888, ce mot est un barbarisme, barbarisme voulu, je le veux bien, mais enfin barbarisme. Que ne se servait-il pour exprimer sa pensée, du mottouiller, inusité aujourd'hui, sauf dans le centre de la France, où il signifie crotter, salir.Touillera ses quartiers de noblesse puisqu'au temps de Charles VII, c'est-à-dire auXVesiècle, on l'employait aux sens desaliretbrouiller. Il y avait même le substantiftouilleur, brouillon, qu'on trouve dans Cotgrave et qui est aujourd'hui remplacé partripatouilleur. On a même inventétripatouilleettripatouillage.

«Il (M. Bergerat) a accusé M. Porel, directeur du théâtre de l'Odéon, d'avoir voulu tripatouiller dans sa comédie. Notez le verbe, il est pittoresque.» (Illustration, janvier 1888.)

«C'est à vous, Caliban, à qui je veux parler.Vous avez un défaut que je ne puis céler.Vous créez chaque jour quelque néologismeQui n'est, le plus souvent, qu'un affreux barbarisme.Ainsi tripatouillage est votre enfant nouveau;Tripatouille est de mode. On ne sait ce qu'il vautMais on s'en sert......On dit: je tripatouille et nous tripatouillons.Tripatouiller est donc le vocable à la mode.»(Événement, janvier 1888.)

«C'est à vous, Caliban, à qui je veux parler.Vous avez un défaut que je ne puis céler.Vous créez chaque jour quelque néologismeQui n'est, le plus souvent, qu'un affreux barbarisme.Ainsi tripatouillage est votre enfant nouveau;Tripatouille est de mode. On ne sait ce qu'il vautMais on s'en sert......On dit: je tripatouille et nous tripatouillons.Tripatouiller est donc le vocable à la mode.»(Événement, janvier 1888.)

«C'est à vous, Caliban, à qui je veux parler.

Vous avez un défaut que je ne puis céler.

Vous créez chaque jour quelque néologisme

Qui n'est, le plus souvent, qu'un affreux barbarisme.

Ainsi tripatouillage est votre enfant nouveau;

Tripatouille est de mode. On ne sait ce qu'il vaut

Mais on s'en sert......

On dit: je tripatouille et nous tripatouillons.

Tripatouiller est donc le vocable à la mode.»

(Événement, janvier 1888.)

TROIS-PONT.Casquette en soie assez haute; à l'usage de MM. les voyous. «Je les (les Alphonses) rencontre encore qui rôdent en bande, les cheveux effilés, en corne de bœuf, sur les tempes obscurcies par le trois-pont.» (Huysmans:Une goguette.)TROLIER.Individu, commissionnaire qui va offrir de porte en porte aux marchands de meubles le travail de l'ouvrier qui est à son compte. Dans l'argot du faubourg Saint-Antoine on appelle cet ouvrier unchoutier.TRONC D'ARBRE.Nervure de la feuille de tabac que l'on trouve dans le scaferlati non trié. (V.Peuplier.)TRUC(Faire le). Argot des filles. Raccoler.TRUQUEUR.Individu du troisième sexe qui vit de son... industrie.TUILER.Regarder quelqu'un d'un œil soupçonneux.TURBAN(Valeur à). Valeur turque. «Les valeurs à turbanrésistent difficilement.» (Presse, 1882.)TUTOYER.Dérober; on dit aussieffaroucher.TUYAU.Argot de sport. Renseignement. «De plus, sportwoman passionnée et renseignée admirablement. Elle possède, comme on dit, les meilleurs tuyaux.» (Gazette de Cythère, journal, 1882.)—En argot financier, avoir un tuyau signifie avoir reçu confidence d'un mouvement préparé par les banquiers, maîtres du parquet. «Rachetons, avait dit Léontin.—Pas encore, avait répondu le fils Marleroi. Ça n'est pas fini. La panique gagne les départements. J'ai un tuyau. Nous pouvons racheter plus bas encore.» (Cadol,La colonie étrangère.)

U

UN, DEUX, TROIS, etc... Argot théâtral. Acte premier, deuxième, troisième, etc... d'une pièce. «A partir duquatre, mademoiselle Sarah Bernhardt est supérieure à elle-même.» (Evénement, 1882.) «Il suffit d'obtenir un engagement de M. Montrouge et de venir annoncer à la fin dudeuxque le dîner est servi.» (Evénement, 1881.)C'est le deux, le trois, qui marche.C'est le deuxième, le troisième acte que l'on joue.URBAINE.Fiacre; voiture de place appartenant à la Compagnie dite l'Urbaine. «Une Urbaine accoste, une tête de femme paraît à la portière.» (Vie Parisienne, 1882.)

V

VACHARD.Paresseux, fainéant; qui s'étend paresseusement comme une vache au lieu de travailler.VACHE.Qui se vend à la police, mouchard.VACHER.Paresser.VALSER DU BEC.Avoir l'haleine fétide.VANDALE.Poche vide.VAUTOUR.Grec. «Tous les joueurs ont commencé par être d'honnêtes joueurs; ils ont étépigeonsavant d'êtrevautours.» (Henri IV, 1881.)VELOURS(Jouer sur le). Cette expression fait aussi partie de l'argot du turf. «En Angleterre, les grandes écuries ont presque toutes une personne de confiance qui s'occupe spécialement des paris à faire sur leurs chevaux. Ces spécialistes ont besoin d'aides, car si l'on donne de gros ordres, il faut qu'ils soient exécutés simultanément dans les divers cercles de Londres.

De cette façon, on écrème le marché dans une matinée et quand le cheval sur lequel on fonde des espérances arrive en bon état au poteau, on peut le rendre à une cote très inférieure et, de cette façon, gagner beaucoup en ne risquant guère. C'est ce qu'on appelle en argot du turf: jouer sur le velours.» (Charivari, avril 1884.)

VENDÔME.«Il est défendu (à Nouméa) de jouer à des jeux de hasard. Cependant, toutes les nuits, dans l'une de ces chambrées, on joue le vendôme, sorte de lansquenet spécial.» (Nouvelle Revue, 1eravril 1884.)VENTRE D'OSIER.Homme maigre. On dit aussisac d'os.VERRE EN FLEURS(Donner un beau). Donner de belles cartes à son adversaire. «Cette locution n'a cours que dans les tripots et parmi les joueurs qui les fréquentent. «Je vous ai relevé par un beau verre en fleurs,» c'est-à-dire que je vous ai distribuéde belles cartes pour vous donner du courage, vous allumer, vous faire augmenter votre enjeu.» (Belot:Le Roi des Grecs.)VERSEUSE.«Il fréquente les établissements dits cafés à femmes, où les garçons sont remplacés par des demoiselles appelées verseuses.» (Frondeur, 1880.)VÉSUVE(Faire son). Faire des manières, des embarras; poser. «Plantin, rappelle-toi que le vol conduit aux plus grandes fautes et même au vice!—Plantin: Fais donc pas ton Vésuve!...» (Petit Journal.)VÉSUVER.Donner largement, libéralement. «Tu as un nourrisseur qui te vésuve des jaunets quand tu lui dis: Mon Prince.» (Huysmans:Sœurs Vatard.)VEUVE.Non conformiste qui se prête... aux plus bizarres exigences.VIATIQUE.«Littré appelle viatique l'argent qu'on donne aux religieux pour leurs dépenses de voyage. Enlevez les religieux, expulsez-les, remplacez-les par des joueurs et vous aurez la véritable signification du mot en langage monégasque.» (Revue politique et littéraire, 1882.)VIATIQUE VERT.Absinthe. «Le commandant Monistrol se versant, au moment d'expirer, le viatique vert.» (Th. de Banville.)VIDER.Assommer, tuer. «On dut s'interposer; la mère Teston perdant toute mesure, ne parlait de rien moins que de le vider. (Huysmans:Sœurs Vatard.)VIGOUSSE.Vigueur, entrain. «Ça ne va pas, mais ça ne va pas du tout aujourd'hui... pour l'amour de Dieu, Mesdames et Messieurs, un peu de vigousse, donc!...» (De Goncourt:La Faustin.)VIEILLISSEUSE.«J'ai fait la connaissance d'une vieille femme qui exerce aujourd'hui la profession de vieillisseuse... nos boulevards, vous le savez, sont sillonnés de petites marchandes d'amour que leur extrême jeunesse expose souvent aux indiscrétions de la police... A l'aide de certains onguents, elle (la vieillisseuse) parvient à donner aux traits trop tendres des gamines l'expression d'un visage de 18 à 25 ans.» (Figaro.)VINAIGRETTE.Argot des voyous et des malfaiteurs. La vinaigrette est cette voiture, peinte en vert foncé, que nous avons vu circuler par les rues et qui va prendre dans les différents postes de police, pour les conduire au Dépôt près la Préfecture, les personnes qui, après avoir été arrêtées, sont retenues par le commissaire de police ou le chef de poste.VINASSE.Vin.VINGT-HUIT JOURS.Soldat faisant la période d'exercice exigée de ceux qui font partie de la réserve de l'armée active, parce que cette période dure vingt-huit jours. On dit aussiréservoir.VISQUEUX.Souteneur de bas étage.VITRINE(Faire). Se parer, se faire beau, s'endimancher.V'LAN.«Au temps où le Grand-Seize s'emplissait chaque soir, au café Anglais, d'une société qu'on ne remplacera pas, car les gens d'esprit d'alors ont été remplacés par des imbéciles, on avait trouvé mieux quepchutt. On disait de quelqu'un, homme ou femme, qui se distinguait par une attitude, par un parti pris, un laisser-aller, une originalité tranchée: Il a duv'lan! Elle a duv'lan. C'était net, cassant, absolu.» (Evénement, 1883.)—Ce terme, abandonné depuis longtemps, vient de reprendre faveur.—«Soirée dansante très réussie, très animée et très v'lan hier, chez la comtesse de L.» (Gil Blas, 1883.)VOLAILLE.Terme de mépris à l'adresse d'une femme quelconque.—Etudiant, dans le jargon des écoles. «Des collégiens et quelques étudiants; des volailles, comme on dit sur la montagne Sainte-Geneviève.» (XIXeSiècle.)VOYANTE.«Un autre type amusant (à la roulette de Monaco) c'est la Voyante. Elle indique les numéros qui vont sortir et se loue moyennant 20 francs par heure.» (Revue politique et littéraire, 1882.)VOYAGEUR SEC.Voyageur qui ne fait aucune dépense dans l'hôtel où il est descendu.VOYAGEUSE.Femme galante qui travaille (?) sur les paquebots et les lignes de chemin de fer.VRIGNOLE.Viande.

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