D

Ci-gît un courtisan grotesqueUn fantôme godeluresque;Fils du mensonge décevant:Il vécut sans corps et sans âme.Passant, regarde sous sa lame,Tu n'y trouveras que du vent.

Ci-gît un courtisan grotesqueUn fantôme godeluresque;Fils du mensonge décevant:Il vécut sans corps et sans âme.Passant, regarde sous sa lame,Tu n'y trouveras que du vent.

Ci-gît un courtisan grotesque

Un fantôme godeluresque;

Fils du mensonge décevant:

Il vécut sans corps et sans âme.

Passant, regarde sous sa lame,

Tu n'y trouveras que du vent.

Le mot coq doit se prononcer coque et non pas co, excepté dans coq d'Inde, qui se prononce codinde. Cependant, un provincial, tenant à l'usage de sa province, enseignait la prononciation de cette manière à son fils qui le consultait:

Écriscoq, lis co.

Tout alla bien, quand Talma prit RacineEt dans Corneille il était encor beau.Mais Manlius prépara sa ruine;Et dans La Fosse il trouva son tombeau.

Tout alla bien, quand Talma prit RacineEt dans Corneille il était encor beau.Mais Manlius prépara sa ruine;Et dans La Fosse il trouva son tombeau.

Tout alla bien, quand Talma prit Racine

Et dans Corneille il était encor beau.

Mais Manlius prépara sa ruine;

Et dans La Fosse il trouva son tombeau.

Tout va bien, disait un représentant sous Louis-Philippe; j'ai mérité la croix et les ministresl'accordent.

Un musicien, qui jouait des fanfares à la Moskowa, fut attaqué par un Russe, qui lui passa son sabre dans le cor, sans lui faire aucun mal.

Les faiseurs de calembours disent que la patrie des poids, c'est l'Écosse.

Le Père Cotton, jésuite, était le confesseur de Henri IV; il avait, par son dévouement, pris un certain ascendant sur ce monarque, ce qui donna lieu à cette pointe des protestants: Henri est assez bon prince, c'est dommage qu'il ait ducotondans les oreilles.

On s'étonnait de l'effronterie d'un filou en guenilles, portant une magnifique cravate, qu'il venait de voler.--Quelqu'un dit: il l'a mise pour cacher soncoup.

Le marquis de Bièvre dînant chez le financier Beaujon, on servit un melon auquel les convives reprochèrent ses pâles couleurs: «C'est qu'il relève de couche,» dit le marquis.

Ce mot a beaucoup de sens, qui sont ingénieusement passés en revue dans cette chanson de Désaugiers:

Tout homme ici bas a sa partDes coups qui menacent la vie;Le joueur craint ceux du hasard,Le riche craint ceux de l'envie.L'ennemi craint ceux du canon,Le poltron craint les coups de canne;Et l'homme à talents est, dit-on,Sujet au coup de pied de l'âne.Un coup de tête, bien souvent,Aux jeunes gens devient funeste.Un coup de langue est du méchantL'arme qu'à bon droit on déteste.L'espérance du laboureurPar un coup de vent est trompée.Un coup de patte à son auteurPar fois attire un coup d'épée.Tous fiers de leurs nouveaux succès,Nos riches, étonnés de l'être,Se vantent que leurs coups d'essaisOnt été de vrais coups de maître.Un coup de théâtre mal faitIndispose tout un parterre,Et l'auteur, au coup de sifflet,Est frappé d'un coup de tonnerre.Chers amis, comme en vous chantantCoup sur coup trois couplets, je trembleD'avoir perdu les coups de dents,Buvons au moins un coup ensemble.Si de ma chanson sur les coupsL'assommante longueur vous lasse,Je consens, par pitié pour vous,A vous donner le coup de grâce.

Tout homme ici bas a sa partDes coups qui menacent la vie;Le joueur craint ceux du hasard,Le riche craint ceux de l'envie.L'ennemi craint ceux du canon,Le poltron craint les coups de canne;Et l'homme à talents est, dit-on,Sujet au coup de pied de l'âne.Un coup de tête, bien souvent,Aux jeunes gens devient funeste.Un coup de langue est du méchantL'arme qu'à bon droit on déteste.L'espérance du laboureurPar un coup de vent est trompée.Un coup de patte à son auteurPar fois attire un coup d'épée.Tous fiers de leurs nouveaux succès,Nos riches, étonnés de l'être,Se vantent que leurs coups d'essaisOnt été de vrais coups de maître.Un coup de théâtre mal faitIndispose tout un parterre,Et l'auteur, au coup de sifflet,Est frappé d'un coup de tonnerre.Chers amis, comme en vous chantantCoup sur coup trois couplets, je trembleD'avoir perdu les coups de dents,Buvons au moins un coup ensemble.Si de ma chanson sur les coupsL'assommante longueur vous lasse,Je consens, par pitié pour vous,A vous donner le coup de grâce.

Tout homme ici bas a sa part

Des coups qui menacent la vie;

Le joueur craint ceux du hasard,

Le riche craint ceux de l'envie.

L'ennemi craint ceux du canon,

Le poltron craint les coups de canne;

Et l'homme à talents est, dit-on,

Sujet au coup de pied de l'âne.

Un coup de tête, bien souvent,

Aux jeunes gens devient funeste.

Un coup de langue est du méchant

L'arme qu'à bon droit on déteste.

L'espérance du laboureur

Par un coup de vent est trompée.

Un coup de patte à son auteur

Par fois attire un coup d'épée.

Tous fiers de leurs nouveaux succès,

Nos riches, étonnés de l'être,

Se vantent que leurs coups d'essais

Ont été de vrais coups de maître.

Un coup de théâtre mal fait

Indispose tout un parterre,

Et l'auteur, au coup de sifflet,

Est frappé d'un coup de tonnerre.

Chers amis, comme en vous chantant

Coup sur coup trois couplets, je tremble

D'avoir perdu les coups de dents,

Buvons au moins un coup ensemble.

Si de ma chanson sur les coups

L'assommante longueur vous lasse,

Je consens, par pitié pour vous,

A vous donner le coup de grâce.

À propos des fêtes que l'on fit à Lons-le-Saulnier pour l'inauguration de la statue du général Lecourbe, laSentinelle du Juraa remis en lumière un quatrain composé à l'époque où, avec 9,000 hommes, ce général parvint à faire 35,000 prisonniers et à arrêter court au pied des Alpes les armées russes qui s'avançaient à grands pas pour envahir le territoire de la République.

Par trop d'emportement sujet à se méprendre,Suwarow vers Paris prenait son chemin droit,Quand, battu près Glaris, chacun dans cet endroitLui dit: C'étaitle courbe, ami, qu'il fallait prendre.

Par trop d'emportement sujet à se méprendre,Suwarow vers Paris prenait son chemin droit,Quand, battu près Glaris, chacun dans cet endroitLui dit: C'étaitle courbe, ami, qu'il fallait prendre.

Par trop d'emportement sujet à se méprendre,

Suwarow vers Paris prenait son chemin droit,

Quand, battu près Glaris, chacun dans cet endroit

Lui dit: C'étaitle courbe, ami, qu'il fallait prendre.

On prétendit, en 1780, que le marquis de Bièvre étant entré un jour d'été chez le roi, le prince lui dit: «Marquis de Bièvre, faites-nous une pointe qui soit bonne et courte.» Le marquis répondit: «Sire, il fait trop chaud pour se charger de courtes-pointes.»

Quand est-ce que le dos d'un bûcheron est propre à retourner la salade?

--Quand il estcouvert de bois.

M. F. disait l'autre jour à M. G. S.-H.: Quels sont les animaux qui savent se procurer des fourchettes et des cuillers?

--Ni vu ni connu.

--Ce sont les lapins quand ils sont à jeun, parce qu'ils cherchent partout jusqu'à ce qu'ils aientdécouvert des thyms.

On a donné ce conseil à un frileux: «Vous louez un appartement dans lequel se trouve une pièce ayant deux fenêtres et trois portes; vous les ouvrez toutes et vous avez cinq ouvertures.»

Ce mot a de très-singulières applications. Elles sont employées dans un quatrain publié à l'entrée de 1789, sous le titre deprophétie de Nostradamus:

En quatre-vingt-neuf, grand combat.Les Gaulois s'armeront les uns contre les autres.Le seigneur d'Orléans y perdra son crachat;Mais il sera couvert des nôtres.

En quatre-vingt-neuf, grand combat.Les Gaulois s'armeront les uns contre les autres.Le seigneur d'Orléans y perdra son crachat;Mais il sera couvert des nôtres.

En quatre-vingt-neuf, grand combat.

Les Gaulois s'armeront les uns contre les autres.

Le seigneur d'Orléans y perdra son crachat;

Mais il sera couvert des nôtres.

Un demi-savant disait, dans un salon:--Je ne crois que ce que je comprends.--Comprenez-vous, lui objecta le père Lacordaire, comment le feu fait fondre le beurre et durcir les oeufs?--Non, je ne le comprends pas.--Cependant, vous croyez à l'omelette.

Un jeune homme cherchait à établir qu'un de ses aïeux s'était croisé du temps de saint Louis.--C'est vrai, dit un de ses amis; il s'est même croisé deux fois. La première fois, il s'est croisé les bras; la seconde fois il s'est croisé les jambes.

Un farceur demandait à quoi auraient ressemblé Tancrède et Godefroid de Bouillon s'ils eussent pris du tabac. On lui répondit:--à des croisés à tabatières.

On avait donné à deux enfants un biscuit. C'était au seizième siècle.

--Jouons-le à croix ou pile, dit le premier. Il tira un doublon et le jeta en disant:--Moi, je prends la croix.--Et moi, dit le second, je prends le biscuit,--et il le mangea.

Rien de plus singulier, disait M. de Maurepas, alors ministre, que la manière dont se tient le conseil chez quelques nations nègres; représentez-vous une salle d'assemblée où sont placées une douzaine de grandes cruches remplies d'eau: c'est là que, nus, et d'un pas grave, se rendent une douzaine de conseillers d'État. Arrivés dans cette chambre chacun saute dans sa cruche, s'y enfonce jusqu'au cou, et c'est dans cette posture qu'on délibère sur les affaires d'État.

Mais quoi! vous ne riez pas, ajouta Maurepas en se tournant vers le prince de Ligne, son voisin.

--C'est, répondit-il, que j'ai vu quelquefois une chose plus plaisante encore.

--Et quoi donc, s'il vous plaît?

--C'est un pays où les cruches seules tiennent conseil.

Dans les farces qu'il faisait, F... n'était pas toujours heureux. Il se présenta un jour plus que gris à la barrière, et dit au commis de l'octroi:--Je passe du vin que vous ne me ferez pas payer.

--Monsieur, répondit un des employés, le vin en cruche ne paye pas.

M. Pouillet disait l'autre jour à M. Cauchy: Quel est le personnage grec qui aimait le mieux la géométrie?

--Je ne sais pas, répondit M. Cauchy, et pourtant je voudrais bien le savoir.

--Eh bien... c'est Priam!

--Et pourquoi.

--Parce qu'il était amoureux d'Hécube (des cubes).

Comment feriez-vous des bottes avec une pomme? Je la ferais cuire.

On annonçait chez un libraire les voyages de Cyrus; tous les Russes qui en entendaient parler achetaient ce livre, croyant que c'étaient les voyages de six de leurs compatriotes.

Un Anglais, qui aimait beaucoup les dattes, grognait contre les épiciers qui les lui vendaient souvent avariées. En passant sur le quai des Augustins, il lut à la fenêtre d'un libraire l'étiquette d'un in-folio. C'était le savant travail des Bénédictins intitulé: l'Art de vérifier les dates.--Voilà mon affaire, dit-il. Il acheta le livre, l'emporta, et grogna de nouveau en n'y trouvant que les dates historiques qui l'occupaient moins que les dattes du dattier.

Un savant prétend que les mots décret et décréter ont été inventés par Minos roi et législateur de la Crète.

On disait d'un merveilleux, qui avait perdu ses dents et qui se pavanait comme un autre, que quand il se présentait devant un miroir, il ne se voyait jamaisde dents.

Un autre se plaignait d'avoir un mal de dents qu'il ne pouvait pas mettre dehors.

Pourquoi se plaint-on des jours pluvieux?--Parce qu'onsent des gouttes.

Épigramme.--Anagramme. 1799.

Ces jours passés, un fougueux démocrate,Que l'anagramme en tout temps transporta.Du vilain mot aristocrateAvec labeuriscarioteôta.Un gros monsieur, habillé d'écarlate,Dit en courroux: Quel butor est-ce là?J'ai trouvé bien mieux que cela;On en conviendra, je m'en flatte;Car sans tricher d'un iota,Démocrateme décrota.

Ces jours passés, un fougueux démocrate,Que l'anagramme en tout temps transporta.Du vilain mot aristocrateAvec labeuriscarioteôta.Un gros monsieur, habillé d'écarlate,Dit en courroux: Quel butor est-ce là?J'ai trouvé bien mieux que cela;On en conviendra, je m'en flatte;Car sans tricher d'un iota,Démocrateme décrota.

Ces jours passés, un fougueux démocrate,

Que l'anagramme en tout temps transporta.

Du vilain mot aristocrate

Avec labeuriscarioteôta.

Un gros monsieur, habillé d'écarlate,

Dit en courroux: Quel butor est-ce là?

J'ai trouvé bien mieux que cela;

On en conviendra, je m'en flatte;

Car sans tricher d'un iota,

Démocrateme décrota.

Le financier La Noue montrait une magnifique maison qu'il venait de faire bâtir, à un seigneur qui savait bien qu'en penser. Après lui avoir fait parcourir plusieurs beaux appartements:--Admirez, lui dit-il cet escalier dérobé.--Le visiteur repartit:--Il est comme le reste de la maison.

Dans les derniers jours du Directoire, on trouva un matin, sur la porte du Luxembourg, un magnifique soleil fraîchement peint, et portant au milieu de ses rayons ce seul mot:la République. Les Parisiens comprirent le rébus, et tout le monde le lisait. (La République dans le plus grand des astres.)

Le marquis de Saint-Aulaire, qui, à la fin du XVIIe siècle, fit les délices de la cour de la duchesse du Maine, fut prié un jour par cette princesse de lui expliquer le système de Newton. La sachant zélée cartésienne, le spirituel marquis éluda la question en improvisant ce petit couplet sur l'airdes fraises:

Princesse, détachons-nousDe Newton, de Descartes;Ces deux espèces de fousN'ont jamais vu le dessousDes cartes,Des cartes,Des cartes.

Princesse, détachons-nousDe Newton, de Descartes;Ces deux espèces de fousN'ont jamais vu le dessousDes cartes,Des cartes,Des cartes.

Princesse, détachons-nous

De Newton, de Descartes;

Ces deux espèces de fous

N'ont jamais vu le dessous

Des cartes,

Des cartes,

Des cartes.

On s'est réjoui beaucoup en 1858 d'avoir une si grande suite de jours d'été stables.

Plaignez les coiffeurs parce qu'ils vivent souvent avecdes tresses.

L'abbé Morellet disait: «Il faut être deux pour manger une dinde truffée; je ne fais jamais autrement. J'en ai une aujourd'hui, nous serons deux,--la dinde et moi.»

Madame Denys était fort laide. Comme elle était encore au lit avec son mari, qu'elle avait épousé après la mort de Voltaire, on introduisit dans sa chambre un paysan qui lui apportait de l'argent.

À la vue de ces deux têtes il ne sut à qui s'adresser.--Messieurs, leur dit-il, lequel de vous deux est madame?»

Le comte de Lauraguais, ruiné, n'avait plus que mille écus de rente, et il donnait trois mille livres à son coureur.--J'ai trouvé le moyen, disait-il, d'avoir toujours une année de mes revenus devant moi.

On raconte autrement la même chose:

Bien jeune, le vicomte de Choiseul s'était fait remarquer par une réponse à Louis XV. Ce monarque lui reprochant un jour des prodigalités qui le menaçaient d'une ruine certaine, il lui répondit: «Sire, on m'a calomnié auprès de votre Majesté, car j'ai toujours une année de mon revenu devant moi.» Le vicomte disait vrai, il ne lui restait plus que douze mille livres de rente, et la riche livrée de son coureur coûtait douze mille francs.

Le marquis de Bièvre disait que l'esprit-de-vin était nécessaire pour deviner un calembour.

Une ville assez pauvre fit une dépense considérable en fêtes et en illuminations au passage de son prince. Il en parut lui-même étonné.--Elle n'a fait, dit un courtisan flatteur, que ce qu'elle devait.--Cela est vrai, répliqua un seigneur mieux intentionné, mais elle doit tout ce qu'elle a fait.

Un Florentin connu de Pogge avait besoin d'un cheval. Il en trouva un qu'on voulut lui vendre vingt-cinq ducats.--Je vous en donnerais quinze comptant, dit-il au maquignon, et je serai votre débiteur du reste. Le maquignon y consentit. Quelques jours après il alla demander ses dix ducats.--Il faut, dit l'acheteur, vous en tenir à nos conventions. Je vous ai dit que je vous devrais le reste, et je ne vous le devrais plus si je vous le payais.

Un oncle gourmandant son neveu sur ses folles dépenses, lui dit: «Tu fais des dettes partout, tu dois à Dieu et à diable.--Précisément, mon oncle, reprit le neveu, vous venez de citer les deux seuls êtres auxquels je ne doive rien.»

Madame la duchesse du Maine demanda un jour à quelques gens de beaucoup d'esprit qui s'assemblaient chez elle: «Quelle différence y a-t-il entre moi et une pendule?» Ces messieurs se trouvaient fort embarrassés pour la réponse, lorsque M. de Fontenelle entra. La même question lui fut faite par la princesse. Il répondit sur-le-champ: «La pendule marque les heures, et votre altesse les fait oublier.»

Sous ce titre de différences, les bonnes gens ont une série d'énigmes, où le calembour et le jeu de mots se présentent quelquefois:

Quelle différence y a-t-il entre une femme et une serrure?

--Celle-ci, qu'une serrure est pleine de vis et une femme pleine de vertus.

Quelle différence y a-t-il entre un juge et une échelle?

--C'est qu'un juge fait lever la main et qu'une échelle fait lever le pied.

Quelle différence y a-t-il entre Alexandre le Grand et un tonnelier?

--C'est qu'Alexandre mit les Perses en pièces et qu'un tonnelier met les pièces en perce.

Quelle différence y a-t-il entre Louis XIV et un cuisinier?

--Celle-ci, que Louis XIV était un potentat et qu'un cuisinier est un tâte en pot.

Quelle différence y a-t-il entre Frédéric II et son meunier de Sans-Souci?

--C'est que Frédéric II connaissait la tactique et son meunier le tictac.

Avant le 31 mai 1794, T... demandait à B... s'il n'y avait aucuns moyens de rapprochement entre la Montagne et les Girondins.--Aucun répond celui-ci; ces gens-là ont des têtes trop difficiles.--Difficiles, répliqua T... Eh bien! on tranchera les difficultés.

Montmaur, le célèbre parasite, disait d'un financier chez qui tout le monde allait pour sa table et que l'on trouvait très-ennuyeux: «On le mange, mais on ne digère pas.»

Que dit la miche quand on la coupe?--Elle diminue.

Rossini avait fait un pari; je ne sais quel était le sujet du pari; mais l'enjeu était une dinde truffée. Son adversaire le perdit, et comme il ne se pressait pas de s'exécuter, Rossini lui dit un jour: «Eh bien! mon cher, à quand donc la dinde?» L'autre: «Les truffes ne sont pas encore bonnes.--Allons donc, dit le maestro, ce sont les dindons qui font courir ce bruit-là.»

Quand est-ce qu'un priseur prend le plus de tabac?--Quand il a dix nez.

Montesquieu disputait sur un fait avec un conseiller du parlement de Bordeaux, qui avait de l'esprit, mais la tête un peu chaude. Celui-ci, à la suite de plusieurs raisonnements débités avec fougue, dit: M. le président, si cela n'est pas comme je vous le dis, je vous donne ma tête.--Je l'accepte, répondit froidement Montesquieu, les petits présents entretiennent l'amitié.

Le motdonnera beaucoup d'expressions singulières. Un fossoyeur disait un jour:--Ça va mal; le mort ne donne pas.

Une vieille dame demandait à son voisin, dans un salon:

--Combien me donnez-vous d'années?

--Vous en avez assez, Madame, répondit le voisin, sans que je vous en donne encore.

Quelle différence y avait-il, avant la révolution, entre la reine de France et son chat:--C'est que le chat faisait le gros dos, et la reine le Dauphin.

On a fait plusieurs fois des vers qui ont un double sens, lorsqu'on les lit dans l'idée de l'auteur. Nous n'en citerons qu'un exemple. C'est le serment civiqueà double facede 1792. Si on lit ces vers à pleine ligne ils ont un sens, qui est démenti lorsqu'on les relit à deux colonnes:

À la nouvelle loi              je veux être fidèleJe renonce dans l'âme.         au régime ancien.Comme article de foi           je crois la loi nouvelleJe crois celle qu'on blâme.    opposée à tout bien.Dieu vous donne la paix        messieurs les démocrates,Noblesse désolée,              au diable allez-vous-en,Qu'il confonde à jamais        tous les aristocratesMessieurs de l'assemblée       ont seuls le vrai bon sens.

Un complimenteur disait au salon de M. Thiers:--Une heure passée ici est une douce heure.

Quelqu'un ayant demandé à un homme qui avait les jambes crochues, quel chemin il avait pris pour venir de Londres.--Je suis venu tout droit, lui répondit-il.--En ce cas, Monsieur, reprit l'autre, vous avez furieusement changé dans la route.

Il est mâle et femelle. Lorsque la République de 1848 sollicita les assentiments de la province, les notables républicains de Valence envoyèrent au gouvernement provisoire cette adresse laconique:la Drôme adhère.

Deux bibliomanes jouant aux dominos, l'un demanda: «As-tu du six?...--Ducis? répondit l'autre. Non, mais mon libraire me l'apportera demain.

Il se préoccupait de Ducis, le poëte.

Les lettres les moins sémillantes sont les lettres E B T. Un E est aussi la lettre qui porte le mieux les lunettes.

Quelle est la fontaine de Paris qui fournit l'eau la plus délicate?

--C'est la fontaine Dauphine.

Un nouvelliste disait, dans un café de Paris, qu'il y avait une arche du Pont-Euxin de tombée.--Cela est si vrai, reprit un autre, que le Grand Seigneur a ordonné qu'on prît les échelles du Levant pour la rétablir.

Quelques jeunes gens s'entretenaient d'un écho qui avait fait plaisir dans la musique d'une pièce nouvelle. A cette occasion, on se mit à parler d'échos qui rendaient deux, trois, quatre et cinq syllabes. Chacun citait, exagérait même, lorsqu'un Gascon qui n'avait encore rien dit, s'écria:--Qué mé dites-vous là, mes amis? Vive celui de mon pays! On lui dit:--Écho, comment te portes-tu? Il répondit:--Jé mé porté bien. Voilà un écho, céla.

DIALOGUE ENTRE UN REPRÉSENTANT ET L'ÉCHO.

Si je te parle, Écho, de toi serai-je ouï?                Oui.Qu'a-t-on dit que j'étais dans l'emploi de Solon?         Long.Eh! comment voulait-on que fussent mes discours?          Courts.On m'assure pourtant que je fus éloquent.                 Quand?Que dit-on duquantumque l'on me fait toucher?           Cher.Penses-tu que je sois regretté du vulgaire?               Guère.Renaîtrai-je de l'urne ainsi que le phénix?               Nix.L'électeur, que dit-il? Je suis sur mon départ.           Pars.Je vais donc te quitter, ô nation française?              Aise.Voilà de mon mandat un bien triste examen!Amen.

L'ÉCHO À UN MINISTRE DE LA DYNASTIE DE JUILLET.

On dit que vous aimez la guerre;--Guère!Que vous raffolez du canon;--Non!Que, nuit et jour, et sans relâche,--Lâche,À l'Anglais vous montrez le poing:--Point!Que, ne voulant ni paix ni trêve,--Rêve!Vous n'aspirez que le combat.--Bah!...Pritchard, qui vous trouve admirable--Hable,Et qui vous proclame charmant,--Ment,Prétend que votre coeur escompte--HonteJusqu'à l'honneur évanoui;--Oui;Que votre gloire est colossale--Sale,Et qu'on bénira votre nom.--Non!!CapitaineCléveland.

On dit que vous aimez la guerre;--Guère!Que vous raffolez du canon;--Non!Que, nuit et jour, et sans relâche,--Lâche,À l'Anglais vous montrez le poing:--Point!Que, ne voulant ni paix ni trêve,--Rêve!Vous n'aspirez que le combat.--Bah!...Pritchard, qui vous trouve admirable--Hable,Et qui vous proclame charmant,--Ment,Prétend que votre coeur escompte--HonteJusqu'à l'honneur évanoui;--Oui;Que votre gloire est colossale--Sale,Et qu'on bénira votre nom.--Non!!CapitaineCléveland.

On dit que vous aimez la guerre;

--Guère!

Que vous raffolez du canon;

--Non!

Que, nuit et jour, et sans relâche,

--Lâche,

À l'Anglais vous montrez le poing:

--Point!

Que, ne voulant ni paix ni trêve,

--Rêve!

Vous n'aspirez que le combat.

--Bah!...

Pritchard, qui vous trouve admirable

--Hable,

Et qui vous proclame charmant,

--Ment,

Prétend que votre coeur escompte

--Honte

Jusqu'à l'honneur évanoui;

--Oui;

Que votre gloire est colossale

--Sale,

Et qu'on bénira votre nom.

--Non!!

CapitaineCléveland.

LES ÉCHOS DE LA MONTAGNE (1848).

Vous parlez ab hoc et ab hâc--Bac.Vous ferez bien souvent, Chauffour,--Four.Votre parole est, Laclodure,--Dure;La vôtre n'est pas, Madesclaire,--Claire;Que vos discours sont donc, Charras,--Ras;Votre débit n'est pas, Cambon,--Bon:Économisez notre argent,--Gent;Parlez donc et votez, Crémieux,--Mieux.Enfin, pour paraître moins gauche,--Gauche,Faites surtout tous vos discours,--Courts.

Vous parlez ab hoc et ab hâc--Bac.Vous ferez bien souvent, Chauffour,--Four.Votre parole est, Laclodure,--Dure;La vôtre n'est pas, Madesclaire,--Claire;Que vos discours sont donc, Charras,--Ras;Votre débit n'est pas, Cambon,--Bon:Économisez notre argent,--Gent;Parlez donc et votez, Crémieux,--Mieux.Enfin, pour paraître moins gauche,--Gauche,Faites surtout tous vos discours,--Courts.

Vous parlez ab hoc et ab hâc

--Bac.

Vous ferez bien souvent, Chauffour,

--Four.

Votre parole est, Laclodure,

--Dure;

La vôtre n'est pas, Madesclaire,

--Claire;

Que vos discours sont donc, Charras,

--Ras;

Votre débit n'est pas, Cambon,

--Bon:

Économisez notre argent,

--Gent;

Parlez donc et votez, Crémieux,

--Mieux.

Enfin, pour paraître moins gauche,

--Gauche,

Faites surtout tous vos discours,

--Courts.

Un ferblantier de Besançon, s'étant passionné pour Voltaire à la lecture de ses ouvrages, désira ardemment de le voir; il arrive à Ferney et demande à être présenté au maître du château; les gens le refusent durement; il insistait, lorsque le patriarche des philosophes, qui avait vu arriver celui-ci à pied, mal vêtu, enfin dans un équipage par trop philosophique, ouvre sa fenêtre et lui demande brusquement:--Qui êtes-vous? Que faites-vous? Le ferblantier répond fièrement:--Je fais comme vous, j'éclaire le monde..., je fais des lanternes.

Cette plaisanterie lui valut, dit-on, un accueil favorable.

Un savant, connu par un nasillement extraordinaire, assistait à la lecture d'un ouvrage historique.--Cet ouvrage est mal écrit, s'écria-t-il, un style prétentieux, plein d'affectation! Il faut avant tout écrire comme on parle.--C'est fort bien, dit un ami de l'auteur, mais alors, vous qui parlez du nez, vous devez écrire de même.

L'abbé Alary fut reçu parmi les Quarante, quoiqu'il n'eût publié aucun ouvrage. Lorsqu'il alla faire ses visites, il laissa son billet chez un académicien de qualité, qui était sorti et qui n'avait jamais entendu parler de lui. En rentrant avec un de ses amis, l'académicien trouva le billet, le lut, et dit, avec le ton de la surprise:

--L'abbé Alary! je ne le connais pas; qu'a-t-il écrit?--Son nom, reprit l'autre.

Voyant un homme qui avait le nez très-gros, Odry disait:--En faisant cet homme-là la nature a faitun nez fort.

Il y a sur ce mot quelques couplets dans la chanson du communisme, qui se chante sur l'air:Ah! le bel oiseau, maman.Nous ne copions pas le refrain:

Pour être vraiment égaux,Tous devront naître de même,Ni plus forts, ni moins nigaudsQue les rêveurs du système.L'esprit n'est plus bon à rien;Nous l'abolissons d'avance!Nous savons, on le voit bien,Nous passer d'intelligence.À quoi servent, ici-bas,Les peintres et les poëtes?Raphaël fera des basEt Corneille des chaussettes.

Pour être vraiment égaux,Tous devront naître de même,Ni plus forts, ni moins nigaudsQue les rêveurs du système.L'esprit n'est plus bon à rien;Nous l'abolissons d'avance!Nous savons, on le voit bien,Nous passer d'intelligence.À quoi servent, ici-bas,Les peintres et les poëtes?Raphaël fera des basEt Corneille des chaussettes.

Pour être vraiment égaux,

Tous devront naître de même,

Ni plus forts, ni moins nigauds

Que les rêveurs du système.

L'esprit n'est plus bon à rien;

Nous l'abolissons d'avance!

Nous savons, on le voit bien,

Nous passer d'intelligence.

À quoi servent, ici-bas,

Les peintres et les poëtes?

Raphaël fera des bas

Et Corneille des chaussettes.

Un capitaine qui avait été barbier, partant pour aller au siége d'une ville, on lui dit:--Si l'on rase cette ville, vous pourrez bien y avoir de l'emploi.

Voici un proverbe:

«Ne nous emportons pas, nous ne nous en porterons que mieux.»

Prête au calembour dans plusieurs circonstances. Un riche bourgeois disait, dans une réunion:--On doit du respect et des honneurs auxgens en place.--Je suis dans ce cas-là, dit un jeune homme qu'on ne remarquait pas, et je me contenterai d'un peu d'aide.

--Dans quel cas êtes-vous?

--Dans le cas assez triste desgens sans place.

On a fait ce quatrain sans rime sur les bonnets de juge:

L'huissier s'en glorifie;Le procureur s'en pare;L'avocat s'en joue;Tandis que le juge s'endort.

L'huissier s'en glorifie;Le procureur s'en pare;L'avocat s'en joue;Tandis que le juge s'endort.

L'huissier s'en glorifie;

Le procureur s'en pare;

L'avocat s'en joue;

Tandis que le juge s'endort.

Un farceur se vantait d'avoir mangé d'un veau qui n'était pasencorné.

Un voyageur revenant d'Angleterre s'excusait auprès de sa femme de ne lui avoir pas écrit.--C'était mon intention, disait-il, mais je ne l'ai pas pu, parce qu'en arrivant à Douvres on a jeté l'ancre.

CONTENANT QUELQUES CALEMBOURS

Il faut qu'ici chacun devineQui je suis et quel est mon nom;Sans moi, vous n'auriez pas Racine,Sans moi, vous n'auriez pas Pradon.C'est toujours par moi qu'on hérite;Je renferme et sucre et poison;Et je boirai cent ans de suite,Sans jamais perdre la raison.Plus d'un critique impitoyableM'emploie en son malin esprit;Sans que je puisse être coupable,On me déchire, on me noircit.En France, en Russie, en Espagne,J'ai des succès, j'ai des revers;Si les uns perdent quand je gagne,Les autres gagnent quand je perds.Quoiqu'assez gênant par ma forme,Chacun m'emporte quand il sort:Je suis mince; je suis énorme;Je suis délicat; je suis fort.Petit, je sers beaucoup aux dames.Je suis Français, Grec, ou Romain;Je fais des bateaux; j'ai des rames;Et sans bras j'ai beaucoup de mains1.

Il faut qu'ici chacun devineQui je suis et quel est mon nom;Sans moi, vous n'auriez pas Racine,Sans moi, vous n'auriez pas Pradon.C'est toujours par moi qu'on hérite;Je renferme et sucre et poison;Et je boirai cent ans de suite,Sans jamais perdre la raison.Plus d'un critique impitoyableM'emploie en son malin esprit;Sans que je puisse être coupable,On me déchire, on me noircit.En France, en Russie, en Espagne,J'ai des succès, j'ai des revers;Si les uns perdent quand je gagne,Les autres gagnent quand je perds.Quoiqu'assez gênant par ma forme,Chacun m'emporte quand il sort:Je suis mince; je suis énorme;Je suis délicat; je suis fort.Petit, je sers beaucoup aux dames.Je suis Français, Grec, ou Romain;Je fais des bateaux; j'ai des rames;Et sans bras j'ai beaucoup de mains1.

Il faut qu'ici chacun devine

Qui je suis et quel est mon nom;

Sans moi, vous n'auriez pas Racine,

Sans moi, vous n'auriez pas Pradon.

C'est toujours par moi qu'on hérite;

Je renferme et sucre et poison;

Et je boirai cent ans de suite,

Sans jamais perdre la raison.

Plus d'un critique impitoyable

M'emploie en son malin esprit;

Sans que je puisse être coupable,

On me déchire, on me noircit.

En France, en Russie, en Espagne,

J'ai des succès, j'ai des revers;

Si les uns perdent quand je gagne,

Les autres gagnent quand je perds.

Quoiqu'assez gênant par ma forme,

Chacun m'emporte quand il sort:

Je suis mince; je suis énorme;

Je suis délicat; je suis fort.

Petit, je sers beaucoup aux dames.

Je suis Français, Grec, ou Romain;

Je fais des bateaux; j'ai des rames;

Et sans bras j'ai beaucoup de mains1.

Note 1:(retour)Le mot est lepapier.

Lorsque les Bourbons revinrent, ils firent ce calembour que Napoléon avait desN mispartout. On détruisit les N sur les monuments. Un inspecteur, voyant un N sur la porte Saint-Denis, s'écria:--J'aperçois là un N qu'il faut enlever.--Mais, lui dit-on, elle fait partie de l'inscriptionLudovico Magno: si vous l'ôtez, on liraLudovico mago, ce qui ne plaira peut-être pas à Louis XVIII.

On remplaça les N par les L; et les plaisants dirent: Les chiffres maintenant sont tous L. Mais quand vinrent les C de Charles X, on se récria sur ce qu'on ne faisait plus que tous C.

On remarquait, il y a quelque temps, rue des Petits-Champs, une pension de jeunes filles et un charcutier dont les deux enseignes n'en faisaient qu'une, si bien qu'on lisait sur la même ligne: Pension de jeunes demoiselles.À la Renommée des bonnes langues.

Une enseigne de marchand de ferrailles, au passage du Dragon portait:Au Juste pris. Le tableau représentait un saint attaqué et pris par d'affreux bandits.

Le Chat quipèche, est un chat qui fait la faute de ronger un fromage.

Le Vert galant; ce n'est pas Henri IV, c'est un gobelet, un verre orné de guirlandes de fleurs.

Les Deux Amis sont deux A rangés sur la même ligne.

Les Trois Forbans, qui vous annoncent la mer et des pirates, sont trois escabeaux de bois solidement construits. Trois forts bancs.

Au Bon Coingest l'enseigne d'un marchand de vin, au coin d'une rue.

On a remarqué dans Paris une enseigne ainsi conçue: T....., culottier de la reine.

On lisait sur une autre, en 1811; B....., chirurgien-accoucheur de la grande armée.

Et sur une autre, rue Dauphine: Grégoire, tailleur d'hommes.

Dans la rue Chartière, près du Collége de France, on lisait sur la porte d'une maîtresse d'école qui venait de déménager: Madame Prudent est maintenant enceinte du Panthéon.

AuxTrois sans hommes, à Arras, est un rébus au-dessous d'un tableau où sont trois femmes seules.

On disait, dans le même sens, que l'église de Saint-Denis, qui avait cinq clochers, avait cinq clochers et quatre sans cloches.

Un homme s'était piqué jusqu'au sang de la pointe d'une grosse alêne. C'était un cordonnier.--Le voilà devenu professeur, dit un plaisant.--Et comment cela? s'écria un témoin intrigué.--Mais, riposta le farceur, il s'est piqué et ilen saigne.

Dans une audience où l'on faisait beaucoup de bruit, le juge dit:

--Huissier, imposez silence; il est étrange qu'on fasse tant de bruit. Nous avons jugé je ne sais combien de causes sans les entendre.

L'ancien usage de l'Académie était que le directeur fît les frais d'enterrement de ceux de ses confrères qui décédaient sous son directorat. Corneille mourut dans la nuit du jour où Racine devait succéder au directeur Lavaux. Il y eut entre eux un combat de générosité. Lavaux prétendait qu'étant encore directeur au moment où Corneille avait expiré, il devait payer les frais d'inhumation; Racine soutenait que cet honneur lui était dévolu, puisque l'inhumation n'avait eu lieu que le jour qu'il avait été installé directeur. Lavaux l'emporta; ce qui fit dire à Benserade:--Lavaux a enterré Corneille; mais personne plus que Racine n'était fait pour l'enterrer.

Un bon maire de campagne se trouvait à table, à Paris, entre deux jeunes étourdis qui cherchaient à le persifler.--Je vois bien, Messieurs, dit-il, que vous voulez vous moquer de moi; je ne suis pourtant pas tout à fait un sot ni un fat, je suis entre les deux.

Un vétéran de l'armée de Condé montrait un jour à Martainville un sonnet commençant par ce prétendu vers:

«Marie-Thérèse dont les vertus...»

«Marie-Thérèse dont les vertus...»

«Marie-Thérèse dont les vertus...»

--Le début est heureux, dit Martainville; mais malheureusement Marie-Thérèse ne peut pas entrer dans un vers.--Monsieur, répartit le vétéran, je vous croyais bon royaliste, mais je me suis trompé. Vous saurez, pour votre gouverne, que Marie-Thérèse peut entrer partout.

Le comte de C., qui connaît beaucoup Vienne, racontait un fait qui prouverait la bonhomie des soldats de police de la capitale de l'Autriche.

La consigne leur avait été donnée d'arrêter tous ceux qui, après une certaine heure, feraient du tapage ou chanteraient trop bruyammenten rentrant chez eux. Le comte revenait de l'Opéra; il fredonnait assez haut un des airs qui lui avaient plu. Une patrouille le rencontre, lui défend de chanter ainsi, et lui rappelle qu'il fautrentrerchez soi paisiblement et sans bruit.--C'est juste, dit le comte: mais jene rentre pas.--Oh! alors, c'est différent, dit le chef; et votre excellence peut faire ce qu'elle voudra.

Ce trait, que nous empruntons auJournal des anecdotes, qui ne paraît plus, ne vous rappelle-t-il pas la naïveté de ce bon Suisse, à qui on avait donné en garde une porte du palais de Versailles, avec défense de laisser personneentrer dedans. Un grand seigneur, qui ne devait pas être compris dans l'exclusion générale, et qu'on attendait, se présente. Le Suisse barre le chemin.--Mais j'ai droit d'entrer.--Point, mon sir.--Mais je suis le prince de Poix.--Quand vous seriez le roi des haricots, vous point entrer dedans.--Mais qui vous parle de cela? dit le gentilhomme intelligent. Je ne veux pas entrer, je veux sortir dedans.--Sortir dedans? mon sir; ah! c'est autre chose. Allez.

Et le grand seigneur sortit dedans.

--Quand est-ce que les chiens entrent dans l'église?--Quand la porte est ouverte.

Il y a des marchands en vieux qu'on n'évite pourtant pas et qui ne se confessent pas du péché d'envie; ce sont les fripiers.

Un paysan fin matois, qui avait reçu d'un avoué quelque bon conseil, avait promis de lui envoyer un lièvre. L'homme de loi, ne voyant rien venir, va chez le paysan, et lui demande quand il compte tenir sa promesse.--Comment! monsieur, le lièvre n'est pas encore arrivé?--Non.--C'est étonnant! je vous l'ai pourtant envoyé hier. Je l'ai aperçu au bout de mon champ, et je lui ai crié: Va-t-en vite chez mon avoué.

En temps de moisson, on voit en campagne des masses d'épis sciés, dont beaucoup sont en bottes.

Nos pères avaient mis l'esprit pointu dans leurs enseignes. On voyait encore, il y a quelques années, au boulevard du Temple, à Paris, au-dessus d'un magasin d'épicerie, une enseigne qui représentait un champ de blé où un homme sciait un épi; au-dessous on lisait:À l'Épi scié.

Louis XV demandait, dit-on, au marquis de Bièvre de quelle secte de philosophes étaient les puces? Il répondit:--De celle des piqûres.--Et les poux?--De celle des pique-têtes.

Certain ministre avait la pierre,On résolut de le tailler;Chacun se permit de parler,Et l'on égaya la matière.--Mais comment, se demandait-on,A-t-il pareille maladie?--C'est que son coeur, dit Florimon,Sera tombé dans sa vessie.

Certain ministre avait la pierre,On résolut de le tailler;Chacun se permit de parler,Et l'on égaya la matière.--Mais comment, se demandait-on,A-t-il pareille maladie?--C'est que son coeur, dit Florimon,Sera tombé dans sa vessie.

Certain ministre avait la pierre,

On résolut de le tailler;

Chacun se permit de parler,

Et l'on égaya la matière.

--Mais comment, se demandait-on,

A-t-il pareille maladie?

--C'est que son coeur, dit Florimon,

Sera tombé dans sa vessie.

On complimentait la femme d'un homme de lettres en disant qu'elle avait un époux vanté.

--Ce n'est que justice, répondit-elle; car il est époux vantable.

Un jeune homme allait épouser une beauté. On lui dit:--Vous épousez une femme charmante, dont vous serez bientôt époux vanté.

Un mari, peu favorisé des dons de la nature, crut voir un calembour insultant dans une parole de sa femme, qui disait qu'elle n'aimait pas les poulets.

--C'est agréable d'avoir de l'esprit, dit Alcide Tousez, on a toujours quelques bêtises à dire.

Un homme était blessé à la main.--Vous êtes estropié, lui dit-on.--Non pas, répondit-il, je suis estro-main.

Les Parisiens, en apprenant la mort de Pothier, ont fait cette exclamation ingénieuse:--Voilà un potier d'éteint!

--Quelle est la place de Paris où les chaudronniers ne peuvent pas étamer?

--C'est la place Vendôme. On y lit en effet en grandes lettres:État-major de la place.

Louis XIV disait au duc de Vivonne:--Ne trouvez-vous pas surprenant que M. de Schomberg, qui est né Allemand, se soit fait naturaliser Hollandais, Anglais, Portugais et Français?--Sire, répondit le duc, c'est tout simplement un homme qui essaie de tous les États pour vivre.

On boit tant de thé en hiver dans les soirées de Londres, qu'on a dit que les Anglais faisaient de l'hiver la saison des thés.

--Quel rapport y a-t-il entre un morceau de beurre frais, un avocat et un paresseux?

--C'est que le premier s'étend sur du pain, le second sur son sujet et le troisième sur son lit.

Un palefrenier se présentait comme choriste à l'Opéra, parce qu'on lui avait dit qu'il était fort dansles trilles.

On prétend que cette ville est celle où l'on fait le plus d'omelettes.

On dit que son maire rougit toutes les fois qu'il est obligé d'exprimer sa fonction.

Les cuisiniers font acte d'orgueil quand ils prétendent qu'on ne peut pas faire d'omelettes sansoeufs.

Quand l'Assemblée constituante eut restreint, comme on sait, l'autorité royale de Louis XVI, on fit cette épigramme:


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