Entre savants, quelquefois on dispute.D'où vient ce nom:pouvoir exécutifQue donne au roi le corps législatif?Eh! le voici: trop faible pour la lutte,C'est un pouvoir, hélas! qui s'exécute.
Entre savants, quelquefois on dispute.D'où vient ce nom:pouvoir exécutifQue donne au roi le corps législatif?Eh! le voici: trop faible pour la lutte,C'est un pouvoir, hélas! qui s'exécute.
Entre savants, quelquefois on dispute.
D'où vient ce nom:pouvoir exécutif
Que donne au roi le corps législatif?
Eh! le voici: trop faible pour la lutte,
C'est un pouvoir, hélas! qui s'exécute.
Louis XIV raillait le duc de Vivonne sur son embonpoint excessif, en présence du duc d'Aumont qui n'était pas moins gros, et lui reprochait de ne point faire assez d'exercice.--Sire, répondit Vivonne, c'est une médisance; il n'y a point de jour que je ne fasse au moins trois fois le tour de mon cousin d'Aumont.
On a dit, à propos de l'exposition universelle de Londres, que ce qu'il y avait de plus exposé au Palais de Cristal, c'étaient les poches des visiteurs.
Fontenelle se trouvant à table avec deux jeunes poëtes avantageux, il fut beaucoup question au dessert des différentes manières d'exprimer la même chose en français. Nos deux étourdis lui demandèrent, sur le ton badin, s'il était mieux de dire: Donnez-nous à boire, qu'apportez-nous à boire. Fontenelle leur répondit en souriant:--Vous devez dire: menez-nous boire.
Les lettres les plus embarrassantes sont les lettres F A C.
Un huissier qui voulait faire une chanson n'accoucha que du premier vers, et il demandait si la rime était bonne.
On voulait marier un épicier avec sa jeune tante.--Je ne le veux pas, dit-il; car si j'épousais ma tante, je serais mon oncle.
--Le pavé est bien fier, disait un bonhomme qui, par le verglas, s'était laissé tomber.--Je ne le trouve pas fier du tout, dit un autre, car voilà trois fois déjà qu'il me baise le derrière.
On demandait à un homme un peu distrait:--Quel jour est-ce demain?...--Ma foi, je ne vous dirais pas trop; tout ce que je sais, c'est que c'est aujourd'hui samedi.
Un homme riche, qui s'était marié trois fois, ayant perdu sa troisième femme, répondit à quelqu'un qui lui proposait une fort aimable demoiselle en quatrième noce:--J'accepte volontiers la demoiselle, même sans dot, pourvu que vous fassiez stipuler dans le contrat qu'elle ne mourra pas; car je suis las d'épouser des femmes qui meurent.
On présenta à un maire de village, dans les premiers temps où l'état civil fut confié à ces officiers ministériels, un enfant de trois ans, qu'on avait négligé de faire inscrire sur le registre communal. Le maire écrivit: «Aujourd'hui est né de légitime mariage un enfant âgé de trois ans....»
Une dame marchandant une chaise percée en offrait trop peu. Le bahutier, pour l'engager davantage, la priait de considérer la bonté de la serrure et de la clef.--Pour ce qui est de cela, dit la dame, je n'en fais pas grand cas, car je n'ai pas peur qu'on me dérobe ce que j'ai dessein d'y mettre.
Gyblotte.--Si j'ai été obligé de quitter le poste, ce n'est pas ma faute, je ne pouvais plus y revenir.
Le président.--Pourquoi?
Gyblotte.--J'étais cuit. (Rires.) J'étais rôti à point comme un jeune dindonneau au sortir de la broche. (Rire général.)
Le président.--Comment cela?
Gyblotte.--Imaginez-vous que j'avais appris que l'on faisait des portraits à la minute au daguerréotype. Comme j'éprouvais le désir de me faire dessiner en garde national, je profitai de l'occasion de ma garde pour me rendre chez l'artiste, je m'esquivai du poste.
Le président.--Vous avez eu tort.
Gyblotte.--J'en suis bien puni.--Monsieur, lui dis-je, faites-moi mon portrait.
--Voilà! Monsieur, me répond l'artiste. Mettez-vous le nez au soleil et ne bougez pas. (Rire général.) Je me plaçai au vis-à-vis de cet astre, et je le regardai en face... ce qui du reste ne laisse pas d'être fort gênant. (Nouveaux rires.) Lorsque j'eus demeuré dix minutes dans cette attitude, que je prendrai sur moi de nommer incommode, je sentis que ma peau se gonflait par la chaleur... Je devenais croustillant. (Rire général.)
--Monsieur, dis-je à l'artiste, est-ce fini?--Pour l'amour de Dieu, ne tournez pas la tête, me répondit-il; votre portrait sera ressemblant comme deux gouttes d'eau. Des gouttes d'eau, il ne m'en manquait pas sur le visage... Je demeure encore un quart d'heure au soleil; je roussissais à vue d'oeil, je sentais mes sourcils qui grillaient comme les plumes d'un poulet flambé.--Monsieur, dis-je alors au peintre par le daguerréotype, je renonce à votre procédé; je ne veux pas être peint dans l'attitude d'un rôti. (Hilarité générale.) Veuillez me rendre mon chapeau.--Monsieur, dit cet homme, si vous vouliez rester encore une petite minute, vous seriez frappant...--Frappant! m'écriai-je, c'est-à-dire que je serais à l'étuvée: je sors d'en prendre. Et, en disant cela, je me traînai à mon domicile, où je me couchai.
Le président.--Pourquoi ne pas revenir au poste?
Gyblotte.--Parce que je serais tombé en ruine. Je parie que l'on m'aurait enlevé un bras ou une jambe rien qu'en me posant la fourchette dans le dos.
Le président condamne le délinquant à une garde hors de tour, et lui recommande de se méfier à l'avenir des portraits à la minute.
Gyblotte.--Quand j'y retournerai, il fera ch... non, il fera froid. (Rire général.)
--Un diseur d'anecdotes raconte les facéties suivantes:
«J'ai lu autrefois, dans les Mémoires de M. le maréchal de ***, qu'il examinait toujours le soir ce qu'il avait dépensé le jour; et comme il avait donné cent écus au maître d'hôtel qui le servait, pour faire la plus grande chère qu'il pourrait à sept ou huit personnes de l'un et de l'autre sexe, et de qualité, ce maître d'hôtel lui porta ses comptes, lorsqu'il était près de se coucher. Dans son mémoire, il ne trouva que quatre-vingt-dix écus pour la dépense du repas, et M. le maréchal lui dit après l'avoir lu: «Faites que le compte soit juste, si vous voulez que je l'arrête.» Le maître d'hôtel descendit au même instant, rapporta le compte après avoir ajouté au bas: «Item, dix écus pour faire les cent écus.»
Le savant Bouilleau, que son père, procureur, envoyait étudier à Paris, fit un mémoire pour rendre compte des dépenses qui avaient employé l'argent qu'il avait reçu. Il exagéra par plus de soixanteitemjusqu'aux moindres minuties, et, comme il n'y trouvait pas encore son compte, il mit au bas d'un article:Item, mon père, il faut vivre.»
--«Je suis si malheureux, disait Saint-Péraire, que si je me faisais chapelier, personne n'aurait plus de tête.»
--«Au 15 septembre 1848,je paieraisà M. Coquardeau la somme de trois cents francs.»
--Après?
--Eh bien! payez-moi, c'est aujourd'hui le 15.
--Impossible, je n'ai pas d'argent.
--Que m'importe! vous m'avez souscrit un billet.
--C'est vrai; mais il y a unsàje paierais.
--Après, Monsieur?
--Après?... vous n'êtes pas fort: l'sindique le conditionnel, par conséquent, je ne vous paie pas, puisque c'était à condition... que j'aurais de l'argent.
--Quelqu'un, à Paris, pour se moquer d'un provincial, cherchait à lui faire des questions singulières. Il lui demanda, un jour, en compagnie: «Qu'est-ce qu'une obole, une faribole et une parabole?» Le provincial, sans se déconcerter, lui répondit: «Une parabole est ce que vous n'entendez pas; une faribole, ce que vous dites; une obole, ce que vous valez.»
LE PÈRE COUPE-TOUJOURS.
Le juge, au marchand de galette.--Vous avez fait assigner le sieur Bazoteau. Qu'avez-vous à dire?
Le marchand de galette.--J'ai à dire de lui que c'est indigne. Voilà ce que j'ai à dire.
Le juge.--Mais, encore, expliquez-vous.
Le marchand de galette.--Ah! mon Dieu! c'est tout expliqué; monsieur est cause que j'ai perdu toutes mes pratiques... Voilà tout... Il me semble que c'est bien assez, cristi!
Bazoteau.--Allons donc! vous voulez rire.
Le marchand.--Du tout, du tout... Moi, un des principaux marchands de galette du boulevard... vous m'avez mis dans le pétrin. (Rire général.)
Le juge.--Comment cela?
Le marchand.--Monsieur est fabricant de lunettes... J'avais perdu les miennes, il m'en fournit... Et v'lan! comme par enchantement, voilà toutes mes pratiques qui filent chez le marchand d'à côté.
Le juge.--Mais, enfin, pourquoi?
Le marchand.--Pourquoi! Parce que depuis ce moment je suis là à me croiser les bras et les jambes comme un commissionnaire; je chauffe mon four, je mets la main à la pâte, j'aiguise mes couteaux, et moi,père Coupe-Toujours, je ne coupe plus rien du tout. Voilà pourquoi. (Longue hilarité.) Du reste, en voici la raison.
Le juge.--Ah! c'est bien heureux.
Le marchand.--Monsieur, que voilà, au lieu de me fournir du petit zéro, qui est mon numéro, m'a mis des verres grossissants, oh! mais grossissant au point que je trouvais les plus petits morceaux toujours trop gros, et que je finissais par ne plus rien donner du tout de pâte ferme pour deux sous... (Rire général.)
Bazoteau.--Ah! c'est pour ça?
Le marchand.--Vous pensez bien que ce n'est pas le moyen de faire son beurre; aussi je suis bientôt resté sur le flanc. (Rire.) On ne m'appelait plus que lepère Coupe-Trop-Court. (Rire général.)
Bazoteau.--Ça ne me regarde pas, c'est votre femme qui m'a demandé les verres que j'ai mis. Elle trouvait que vous serviez trop largement la pratique.
Le marchand.--Elle est bien avancée, à présent que je ne la sers plus du tout. (Nouveaux rires.)
Pour comble de malheur, Bazoteau est renvoyé de la plainte, et le marchand de galette est condamné aux dépens.
Le père Coupe-Toujours à sa femme.--Chaud! chaud! là, j'espère que vous m'en faites avaler... des brioches... Pour une marchande de galette, madame mon épouse, vous êtes une fameuse galette. (Longue et vive hilarité.)
--En creusant des fondations à Écouis (Eure), on a trouvé un squelette et deux crânes dans un même tombeau. Les archéologues ont prétendu que le squelette était celui de Pierre III de Roucherolles, seigneur d'Écouis; mais comment expliquer les deux crânes? Le sieur P. a découvert une solution; il a mis les deux crânes sur un rayon de sa bibliothèque, et il explique gravement aux curieux «que le petit crâne appartenait à Pierre de Roucherolles encore enfant, tandis que le plus gros était sa tête lorsqu'il fut devenu homme!»
--Un fermier écossais, qui ne savait ni lire ni écrire, et qui avait quelques épargnes, voulut faire donner de l'instruction à son fils, et l'envoya dans un pensionnat d'Édimbourg. Après y avoir passé deux années, le jeune homme revint chez ses parents, et rentra dans la ferme au moment où son père et sa mère se mettaient à table devant un plat de viande et un plat de légumes.
Après les embrassements d'usage, le fermier dit à son fils, tandis que la mère préparait un troisième couvert:--Eh bien! garçon, as-tu bien employé ton temps?--Es-tu devenu savant là-bas?--Oh! que oui, père, répondit l'écolier avec suffisance.--Sais-tu compter, surtout, garçon?--J'étais le plus fort en arithmétique, répondit encore le jeune drôle, et je puis vous donner la preuve que je sais faire des comptes que ne feriez pas vous-même.--Je ne dis pas non... Mais voyons la preuve de ton savoir.--Voilà: Combien croyez-vous avoir de plats sur votre table?--Deux, répondit le père: un plat de mouton, un autre de pommes de terre.--Eh bien! vous vous trompez... Il y a trois plats sur votre table.--Pardi je serais aise d'entendre ton raisonnement à l'appui de ce compte-là.--Rien de plus facile; nous disons: plat de mouton, ça nous fait un; plat de pommes de terre, ça nous fait deux; j'additionne, et je dis: un et deux font trois.--C'est juste, dit le fermier. Pour lors, je vais manger un plat, ta mère mangera le second, et toi tu mangeras le troisième en récompense de ton savoir.
--On lisait dans un journal de 1848:
«En entendant les crieurs hurler sur le boulevard:Le Journal, par Alphonse Karr et son supplément, on se demandait naturellement si ce supplément était l'associé de M. Alphonse Karr, ou tout simplement une double feuille de papier. Cette tournure de phrase nous rappelle l'embarras de ce brave homme, propriétaire d'un bain sur la Seine, qui passa toute sa vie à rédiger l'enseigne de son établissement et n'y put jamais parvenir. Il avait d'abord trouvéBains à quatre sols pour les femmes à fond de bois. Mais il vit qu'on riait: il changea enBains à fond de bois pour les femmes à quatre sous. On rit encore plus, et sa clientèle, se trouvant insultée, l'abandonna; il mourut de désespoir de n'avoir pas pu rédiger son enseigne convenablement.»
--J'ai lu autrefois, dans une publication périodique, intitulée avec un peu de vanitéRecueil encyclopédique belge, une page singulière, intituléePensées sur l'homme. Il m'a semblé tout d'un coup que ces pensées avaient été écrites par un homme marin. Vous allez juger comme c'est liquide:
Première pensée: «Vois leruisseau; il fuit...; enfin il va se perdre dans lamer.» N'est-il pas vrai que c'est là un début très-mouillé?
Deuxième pensée: «Unocéand'amertume environne l'esprit de l'homme, comme l'immensité deseauxenveloppe la terre.» C'est encore de l'humidité.
Quatrième pensée: «L'oubli passe l'épongesur le nom de l'égoïste.» On voit que l'auteur est un homme qui se débarbouille.
Cinquième pensée: «Le présomptueux s'embarrasse dans ses paroles, comme lepoissondans les filets; ils se prennent l'un et l'autre à l'hameçon.» Le penseur, à coup sûr, vit dans l'eau.
Dans la sixième pensée, il compare l'espérance aux feux follets qui naissent dans les marécages; et il n'y a que huit pensées.
Quand je vous disais que l'auteur est un homme marin! Il a signé; et il s'appelleDe la Flotte.
Non loin du camp, la nuit, après certaine attaque,Un soldat se mit à crier:--Amis, j'ai fait un prisonnier,Et je le tiens; c'est un CosaqueQui de son régiment vient de se détacher.--Amène-le vers nous.--Mais il fait résistance.--En ce cas, viens sans lui.--C'est bien à quoi je pense,Mais il ne veut pas me lâcher.E. Arnal.
Non loin du camp, la nuit, après certaine attaque,Un soldat se mit à crier:--Amis, j'ai fait un prisonnier,Et je le tiens; c'est un CosaqueQui de son régiment vient de se détacher.--Amène-le vers nous.--Mais il fait résistance.--En ce cas, viens sans lui.--C'est bien à quoi je pense,Mais il ne veut pas me lâcher.E. Arnal.
Non loin du camp, la nuit, après certaine attaque,
Un soldat se mit à crier:
--Amis, j'ai fait un prisonnier,
Et je le tiens; c'est un Cosaque
Qui de son régiment vient de se détacher.
--Amène-le vers nous.--Mais il fait résistance.
--En ce cas, viens sans lui.--C'est bien à quoi je pense,
Mais il ne veut pas me lâcher.
E. Arnal.
Aux élections de 1848, deux candidats étaient en présence à Pithiviers: MM. Lejeune et Deloines.
Deux auberges se disputaient les électeurs partagés entre ces deux candidatures.
Sur la porte de l'une d'elles on avait écrit ces vers:
Votez tous pour monsieur Deloines.Vous serez gras comme des moines.
Votez tous pour monsieur Deloines.Vous serez gras comme des moines.
Votez tous pour monsieur Deloines.
Vous serez gras comme des moines.
Et sur l'autre:
Ceux qui voteront pour Lejeune.Ne connaîtront jamais le jeûne.
Ceux qui voteront pour Lejeune.Ne connaîtront jamais le jeûne.
Ceux qui voteront pour Lejeune.
Ne connaîtront jamais le jeûne.
--Boulvot, originaire d'Éclavolle (Marne), ayant pour le quart d'heure son domicile à Romilly-sur-Seine, est arrêté par la gendarmerie de Saint-Aubin en flagrant délit de mendicité. Conduit devant M. le procureur du roi de Nogent-sur-Seine. Boulvot prétend que, loin de l'inquiéter, on devrait lui décerner une médaille.--Depuis plus de dix ans, dit-il, je ne suis occupé qu'à poursuivre l'extinction de la mendicité.--Comment, en mendiant?...--Eh! sans doute, mon procureur: on m'arrête; n'est-ce pas un mendiant de moins?...
--Un riche bourgeois marchandait dernièrement, avec son fils, une carte de France dans la boutique d'un libraire. Le fils, voulant s'assurer de l'exactitude de cette carte, y cherchait Moscou, et témoignait à son père son étonnement de ne pas l'y trouver. «Comment, lui répondit celui-ci, peux-tu chercher cette ville sur la carte! Tu devrais bien savoir qu'elle a été brûlée.»
--Le duc de Pembroke nourrissait un nombre considérable de porcs à la terre de Wilthsire. Traversant sa basse-cour, il fut surpris de les voir rassemblés autour d'une auge et faisant un bruit affreux. La curiosité le porte à examiner quelle peut en être la cause; il s'approche et aperçoit dans l'auge une cuiller d'argent. Dans ce moment arrive la cuisinière, fort étonnée de tout ce bruit: «Sotte que vous êtes, lui dit Sa Seigneurie, ils ont raison de grogner, les pauvres animaux! vous ne leur avez donné qu'une cuiller pour eux tous.»
Indécis autant qu'incertain,Entre vos attraits et vos charmes,Du sort je brave le destinEt mêle mes pleurs à mes larmes.Mon coeur ne saurait être heureuxDans le veuvage de mon âme,Et je ne connais que mes feuxQui puissent égaler ma flamme.
Indécis autant qu'incertain,Entre vos attraits et vos charmes,Du sort je brave le destinEt mêle mes pleurs à mes larmes.Mon coeur ne saurait être heureuxDans le veuvage de mon âme,Et je ne connais que mes feuxQui puissent égaler ma flamme.
Indécis autant qu'incertain,
Entre vos attraits et vos charmes,
Du sort je brave le destin
Et mêle mes pleurs à mes larmes.
Mon coeur ne saurait être heureux
Dans le veuvage de mon âme,
Et je ne connais que mes feux
Qui puissent égaler ma flamme.
Dans un des arrondissements du Havre, un candidat ministériel venait d'être repoussé avec perte du collége électoral. Son perruquier, appelé pour lui faire la barbe, s'arrête tout à coup, l'examine avec attention, et lui déclare qu'il ne veut plus dorénavant le raser au même prix, attendu qu'il lui trouve la figure beaucoup plus longue que par le passé. Ce fonctionnaire allait se fâcher, lorsqu'il sentit qu'il valait mieux prendre du bon côté la plaisanterie du facétieux barbier: «Vous pouvez, lui répondit-il, me raser à bon marché, car on vient de me faire la queue pour rien.»
Un jour qu'il était nuit,Tout debout éveillé, je dormais dans mon lit,Quand la foudre en silencePar un éclair obscur m'annonça sa présence.Nul ne bouge, tout fuit;Le marbre épouvanté reste froid comme glace;Le muet ne dit mot, le sourd n'entend plus rien;Soudain la terre tourne, on n'en sent pas la trace;Le cerf devient craintif, et devançant le chienIl s'élance et bondit; quoiqu'il change de place,Bientôt il est le prix de celui qui le chasse.Mais ce muet fracasMe fit voir, en dormant, que je ne dormais pas.
Un jour qu'il était nuit,Tout debout éveillé, je dormais dans mon lit,Quand la foudre en silencePar un éclair obscur m'annonça sa présence.Nul ne bouge, tout fuit;Le marbre épouvanté reste froid comme glace;Le muet ne dit mot, le sourd n'entend plus rien;Soudain la terre tourne, on n'en sent pas la trace;Le cerf devient craintif, et devançant le chienIl s'élance et bondit; quoiqu'il change de place,Bientôt il est le prix de celui qui le chasse.Mais ce muet fracasMe fit voir, en dormant, que je ne dormais pas.
Un jour qu'il était nuit,
Tout debout éveillé, je dormais dans mon lit,
Quand la foudre en silence
Par un éclair obscur m'annonça sa présence.
Nul ne bouge, tout fuit;
Le marbre épouvanté reste froid comme glace;
Le muet ne dit mot, le sourd n'entend plus rien;
Soudain la terre tourne, on n'en sent pas la trace;
Le cerf devient craintif, et devançant le chien
Il s'élance et bondit; quoiqu'il change de place,
Bientôt il est le prix de celui qui le chasse.
Mais ce muet fracas
Me fit voir, en dormant, que je ne dormais pas.
Un Parisien qui se trouvait avec sa femme dans le convoi du chemin de fer, lors de l'épouvantable catastrophe du 8 mai 1842, se sauva par miracle; sa femme y resta et périt. Notre homme revint chez lui, mais il s'aperçut en rentrant qu'il avait perdu son parapluie; il alla sur-le-champ le réclamer à la préfecture de police.--On ne l'avait point retrouvé.--Quand il raconte cette histoire, il ne manque jamais de dire: «J'y ai perdu ma femme et mon parapluie; un parapluie tout neuf.»
--Un directeur de spectacle de province écrivait à son correspondant à Paris: «J'ai reçu par le bateau à vapeur la neige et la gelée que vous avez chargées pour moi. Elles sont très-fraîches; mais il manquait une aile à Zéphire, et le tonnerre ayant crevé en route, j'ai été forcé de le faire ressouder: les éclairs, les deux fleuves et la mer qu'on avait mis dans le panier de derrière la diligence, ont souffert de la chaleur. Notre père noble ayant fait un trou à la lune, je n'ai pu m'en servir. Envoyez-moi un torrent, car le mien a été brûlé: joignez, je vous prie, à l'envoi que vous me ferez, mon manteau et une forteresse. Je ne pourrai pas ouvrir avant huit jours, car mon petit amour a la coqueluche, mon jeune premier a la goutte, et ma duègne vient d'être vaccinée.»
Je vais vous dire ma façon de penser.--Dites-moi simplement votre pensée; je ne tiens pas à la façon.
Des économistes du dernier siècle vantaient dans une société la moderne philosophie.
--Quel bien a-t-elle donc fait?... demanda une dame.
--Les philosophes, Madame, répondit d'Alembert, ont abattu la forêt des préjugés.
--Je ne suis plus surprise, répliqua cette dame en riant, que vous nous débitiez tant de fagots.
Quelle est l'occupation qui commence par la fin?--Un repas.
Au commencement d'un grand festin, où tout le monde dévorait sans rien dire, un convive s'écria:--Que signifie ce silence?--Il annonce la faim du monde, répondit un autre.
Un musicien assez mal vêtu disait en parlant de sa voix, dont quelqu'un faisait l'éloge:--Il est vrai que j'en fais ce que je veux.--Ma foi, Monsieur, lui dit un plaisant, vous devriez bien vous en faire une culotte.
Un médecin anglais, se promenant un jour dans un jardin de M. Hamilton à Cobham, lui exprima son étonnement de la crue prodigieuse de ses arbres.--«Monsieur le docteur, reprit Hamilton, songez donc qu'ils n'ont pas autre chose à faire.»
Le Mariage du Poussin est le moins bon tableau des sept sacrements de ce peintre: Tant, il est vrai, disait l'abbé Desaleurs, qu'il est difficile de faire un bon mariage, même en peinture.
Un observateur froid demandait, à propos de la révolution de 1789: Qu'a-t-elle donc fait? Un autre lui répondit: Elle a beaucoup défait.
Un Gascon sur une rosse tremblante rencontra, près le Pont-Neuf, un seigneur qui montait un cheval magnifique:--Cadédis, lui dit-il, jé gage dix louis qué jé fais faire à mon bidet cé qué lé votre né féra pas.--Oui, je gage, dit le seigneur, en regardant d'un air de mépris le rossinante. Aussitôt le Gascon prend son cheval dans ses bras, et le jette dans la Seine; le gentilhomme fort étonné paya la gageure.
Un garçon boucher écrivait à son père: «Je profite avec empressement de l'occasion de la poste pour vous apprendre que j'ai un état. Dans un mois il y aura six semaines que je suis garçon boucher. Mon maître est très-content de moi; il m'a déjà fait tuer deux ou trois fois, et il me fera écorcher à Pâques.»
Pétition de Sans-Culottes du faubourg Saint-Antoine à l'Assemblée nationale:
Ah! que nous serions satisfaits,Si, toujours patriotes,Au lieu de faire des décrets,Vous faisiez des culottes.
Ah! que nous serions satisfaits,Si, toujours patriotes,Au lieu de faire des décrets,Vous faisiez des culottes.
Ah! que nous serions satisfaits,
Si, toujours patriotes,
Au lieu de faire des décrets,
Vous faisiez des culottes.
(Suivent les signatures.)
Un acteur des boulevards voyant, au Musée de l'artillerie, l'armure du roi François Ier, demanda à l'employé sous quel règne ce conquérant faisait ses exploits.
--Il faisait sous lui, répondit l'employé.
Le maréchal de... menait des dames à l'Opéra; mais toutes les loges avaient été retenues. Comme il en vit une remplie par un domestique qui la gardait pour un bourgeois, il obligea le domestique de sortir et fit entrer sa compagnie dans la loge. Le bourgeois arriva peu de temps après avec des dames, et fut piqué, comme on le pense bien, de cette violence. Force lui fut néanmoins de céder pour le moment; mais le lendemain, il fit assigner son rival devant le tribunal des maréchaux de France, et plaidant lui-même sa cause, dit: «Qu'il était bien malheureux d'être obligé de se plaindre de l'un d'entre eux, qui de sa vie n'avait pris que sa loge;» et demanda justice. Le président lui répondit: «Vous venez de vous lafaire.»
A une partie de thé chez mistress Thrale, au moment où la compagnie était engagée dans une conversation très-animée, la belle hôtesse, qui avait été faire son thé à l'office, oublia de mettre dans la théière la chose principale, c'est-à-dire du thé. Le docteur Johnson en fit l'observation le premier, et lui dit:--Mistress Thrale, il est possible que dans votre imagination vous croyez avoir été faire du thé, mais l'opinion de vos amis est que vous avez été faire de l'eau.
Un maquignon, vendant un cheval, dit à l'acheteur:--Monsieur, faites-le voir; je le garantis sans défaut.
Ce cheval se trouvant aveugle, l'acheteur voulut obliger le maquignon à le reprendre. Mais celui-ci soutint qu'il ne pouvait pas l'y contraindre, puisqu'il l'avait averti de son infirmité, en disant:--Faites-le voir; je le garantis sans défaut.
Un membre de l'Académie de Soissons en racontait un jour toutes les prérogatives; il finit par dire qu'elle était la fille aînée de l'Académie française. Voltaire, qui l'écoutait, lui dit:--Assurément, c'est une bonne fille; car elle n'a jamais fait parler d'elle.
C'est une scène du conseil de discipline de la ci-devant garde nationale.
Le président.--Voici un rapport qui annonce que vous avez manqué pour la troisième fois votre faction. Très-exact du reste, vous passez régulièrement une partie de la journée au poste; mais quand vient l'heure du dîner, vous disparaissez pour ne plus revenir. Avant-hier encore, cela vous est arrivé. Vous passez donc tout votre temps à table?
Jupin.--C'est vrai, mais en voici la raison. Avant-hier je suis allé dîner avec un ami, nous avons mangé des moules, et ça nous a fait enfler (rire). Dame! que voulez-vous, je ne suis pas faitaux moules(longue hilarité).
Le président.--Et l'avant-dernière fois, faut-il encore accuser les moules? Non, je crois qu'il faut accuser le vin de Champagne. Il paraît que vous l'aimez beaucoup, et en voici la preuve. C'est une lettre de vous adressée à votre commandant, que je vais soumettre à l'approbation du conseil. On verra qu'une lettre semblable n'est pas faite de sang-froid. Le sans-gêne de cette dépêche explique l'excuse maladroite d'un convive plus que joyeux qui déserte plutôt le poste que la salle du festin. (Ici M. le président fait passer sous les yeux du conseil la lettre adressée par le sieur Jupin. Nous transcrivons cette lettre qui, probablement à défaut d'autre papier, se trouve tracée sur un feuillet détaché de la carte du restaurant):
«Mon cher camarade et commandant duFricandeau à l'oseille.poste. Je suis retenu à dîner par un braveDindon aux truffes.de mes amis, et je vous prie de ne pas compter sur uneMauviette.faction que je dois, d'après l'ordre, monter ce soir auVol-au-vent.drapeau. Du reste je vous dirai que je meRiz de veau sauce tomate.corrigerai. Et buvant du Champagne à votre santé,je suis, mon cher,Turbot.votre fidèle camarade qui dépose à vosPieds de veau.genoux sa position de récalcitrant, tout en vous priantde compter sur uneMorue hollandaise.amélioration dans le service que je dois à laLimande.patrie.Signé:Jupin.»Merlan au gratin.
«Mon cher camarade et commandant duFricandeau à l'oseille.poste. Je suis retenu à dîner par un braveDindon aux truffes.de mes amis, et je vous prie de ne pas compter sur uneMauviette.faction que je dois, d'après l'ordre, monter ce soir auVol-au-vent.drapeau. Du reste je vous dirai que je meRiz de veau sauce tomate.corrigerai. Et buvant du Champagne à votre santé,je suis, mon cher,Turbot.votre fidèle camarade qui dépose à vosPieds de veau.genoux sa position de récalcitrant, tout en vous priantde compter sur uneMorue hollandaise.amélioration dans le service que je dois à laLimande.patrie.Signé:Jupin.»Merlan au gratin.
«Mon cher camarade et commandant du
Fricandeau à l'oseille.
poste. Je suis retenu à dîner par un brave
Dindon aux truffes.
de mes amis, et je vous prie de ne pas compter sur une
Mauviette.
faction que je dois, d'après l'ordre, monter ce soir au
Vol-au-vent.
drapeau. Du reste je vous dirai que je me
Riz de veau sauce tomate.
corrigerai. Et buvant du Champagne à votre santé,
je suis, mon cher,
Turbot.
votre fidèle camarade qui dépose à vos
Pieds de veau.
genoux sa position de récalcitrant, tout en vous priant
de compter sur une
Morue hollandaise.
amélioration dans le service que je dois à la
Limande.
patrie.
Signé:Jupin.»
Merlan au gratin.
Jupin est condamné à une garde hors de tour.
Mme de Pompadour avait un pied-à-terre près de Ménars-le-Château, où l'architecte Hupeau lui rendit visite un jour. Il était triste; il venait de terminer le pont d'Orléans, et mille bruits défavorables couraient sur la solidité de son oeuvre. Pour fermer la bouche aux médisances, il osa proposer à la favorite de traverser son pont dans son carrosse à six chevaux. Mme de Pompadour accepta, et, l'épreuve ayant réussi, on dut se taire; mais les bavards, ne pouvant plus parler, rimèrent l'épigramme que voici:
Censeurs de notre pont, vous dont l'impertinenceVa jusqu'à la témérité,Hupeau, par un seul fait, vous réduit au silence.Bien solide est son pont; ce jour il a portéLe plus lourd fardeau de la France.
Censeurs de notre pont, vous dont l'impertinenceVa jusqu'à la témérité,Hupeau, par un seul fait, vous réduit au silence.Bien solide est son pont; ce jour il a portéLe plus lourd fardeau de la France.
Censeurs de notre pont, vous dont l'impertinence
Va jusqu'à la témérité,
Hupeau, par un seul fait, vous réduit au silence.
Bien solide est son pont; ce jour il a porté
Le plus lourd fardeau de la France.
Mme de Pompadour lut l'épigramme; et, afin de ne plus repasser sur ce pont, elle fit changer la direction de la route.
On attribue à Boileau ce faible calembour. On lui disait qu'un homme dont il méprisait la fatuité était tombé malade.--Quelle fat alité! se serait écrié l'auteur de la satire contre l'équivoque.--Mais nous ne le croyons pas.
Un incendie dévora, en 1763, la salle de l'Opéra. Quelques heures après l'événement, une grande dame, rencontrant Sophie Arnould, lui dit d'un air effrayé: «Mademoiselle, racontez-moi ce qui s'est passé àcetteterrible incendie.--Madame, lui répondit l'actrice, tout ce que je puis vous dire, c'est qu'incendie est du masculin.»
On lisait un matin, dans leJournal du Havre, à l'articleAngleterre:
«A un repas diplomatique donné par lord Aberdeen, on distinguait entre autres mets, sur la table de l'illustre amphitryon, plusieurs plats deseringuesà la crème.»
La lecture de cet article nous laisse vraiment dans une affligeante incertitude.
Est-ce une excentricité gastronomique, ou bien une distraction typographique?
Dans tous les cas, le mal est maintenant sansremède.
Dans un livre où on louait les vertus d'une femme, l'auteur disait qu'elle occupait activement ses moments de loisir à tricoter. Le typographe mit unefà la place du premiert. Et comme à la nouvelle édition on voulut corriger la faute, cette fois on écrivit tripoter.
Si vous lisez dans l'épitapheDe Fabrice qu'il fut toujours homme de bien,C'est une faute d'orthographe;Passant, lisez homme de rien.Si vous lisez qu'il aima la justice,Qu'à tout le monde il l'a rendit,C'est une faute encor, je connaissais Fabrice:Passants, lisez qu'il l'a vendit.Lebrun.
Si vous lisez dans l'épitapheDe Fabrice qu'il fut toujours homme de bien,C'est une faute d'orthographe;Passant, lisez homme de rien.Si vous lisez qu'il aima la justice,Qu'à tout le monde il l'a rendit,C'est une faute encor, je connaissais Fabrice:Passants, lisez qu'il l'a vendit.Lebrun.
Si vous lisez dans l'épitaphe
De Fabrice qu'il fut toujours homme de bien,
C'est une faute d'orthographe;
Passant, lisez homme de rien.
Si vous lisez qu'il aima la justice,
Qu'à tout le monde il l'a rendit,
C'est une faute encor, je connaissais Fabrice:
Passants, lisez qu'il l'a vendit.
Lebrun.
Rameau, rendant visite à une belle dame, se lève tout à coup de sa chaise, prend un petit chien qu'elle avait sur ses genoux et le jette par la fenêtre. La dame épouvantée s'écrie:--Eh! que faites-vous, Monsieur!--Il aboie faux, répondit Rameau avec l'indignation d'un grand musicien dont l'oreille avait été déchirée.
Le marquis de Bièvre disait d'une dame boiteuse: «Voilà une femme qui a fait bien des faux pas.»
Le jour de la première fédération, 14 juillet 1790, il faisait très-chaud au Champ de Mars.--Ah! disait une dame, si une bonne fée pouvait nous envoyer des rafraîchissements.--Adressez-vous, lui dit quelqu'un, à la fée des rations.
Danières disait qu'une croisée s'appelle une fenêtre, parce que c'est elle qui dans une chambre le jourfait naître...
Lorsqu'on expulsa les étalages de vieilles ferrailles du quai de la Mégisserie, à Paris, on afficha ce distique:
Allez donc tous, vieux ferrailleurs,Vendre votre vieux fer ailleurs.
Allez donc tous, vieux ferrailleurs,Vendre votre vieux fer ailleurs.
Allez donc tous, vieux ferrailleurs,
Vendre votre vieux fer ailleurs.
Une dame disait qu'il n'y a pas de fêtes sans lendemain.--Pardon, lui dit quelqu'un, le faîte des grandeurs peut en avoir, mais le faîte d'une maison n'en a pas.
En quoi les bons livres ressemblent-ils à la galette?--En ce qu'ils sont feuilletés.
Dans une chanson de madame Constance Pipelet, il y a un couplet qui exprime élégamment les divers emplois du motfièvre.
Ah! qu'il est beau pour un grand coeurD'avoir la fièvre de la gloire!C'est par sa fièvre qu'un auteurS'inscrit au temple de Mémoire,On voit peu d'hommes ici basAvoir la fièvre du génie;Mais on en voit beaucoup, hélas!Nourrir la fièvre de l'envie.
Ah! qu'il est beau pour un grand coeurD'avoir la fièvre de la gloire!C'est par sa fièvre qu'un auteurS'inscrit au temple de Mémoire,On voit peu d'hommes ici basAvoir la fièvre du génie;Mais on en voit beaucoup, hélas!Nourrir la fièvre de l'envie.
Ah! qu'il est beau pour un grand coeur
D'avoir la fièvre de la gloire!
C'est par sa fièvre qu'un auteur
S'inscrit au temple de Mémoire,
On voit peu d'hommes ici bas
Avoir la fièvre du génie;
Mais on en voit beaucoup, hélas!
Nourrir la fièvre de l'envie.
A UNE JEUNE MERCIÈRE.
Air:J'ai vu partout dans mes voyages.
On vante de votre boutiqueL'ordre, la grâce et le bon goût;Pour attirer une pratique,Avec art vous parlez de tout.Vos manières sont si gentilles,Vous avez un si doux babil,Que pour bien vendre vos aiguilles,On dit que vous avez le fil.
On vante de votre boutiqueL'ordre, la grâce et le bon goût;Pour attirer une pratique,Avec art vous parlez de tout.Vos manières sont si gentilles,Vous avez un si doux babil,Que pour bien vendre vos aiguilles,On dit que vous avez le fil.
On vante de votre boutique
L'ordre, la grâce et le bon goût;
Pour attirer une pratique,
Avec art vous parlez de tout.
Vos manières sont si gentilles,
Vous avez un si doux babil,
Que pour bien vendre vos aiguilles,
On dit que vous avez le fil.
Nous empruntons aux journaux qui s'occupent des tribunaux la facétie qui suit; c'est une scène de la garde nationale, quand elle jouait au soldat:
Le capitaine rapporteur.--M. Troupeau!
Une femme se présente et dépose un énorme bouquet sur le bureau du président. (Surprise générale.)
Le président.--Qu'est-ce que cela signifie?
La femme.--Ça signifie, monsieur le président, que je suis la femme Troupeau, que mon mari m'a ordonné de vous apporter ça... il a dit que vous saviez bien ce que ça voulait dire.
Le président.--Mais pas le moins du monde. Il est fou, votre mari.
La femme Troupeau.--Ah! mon Dieu! c'est tout comme depuis qu'il a eu la bête d'idée de se fourrer dans une société d'horticulture... il ne parle plus qu'avec des fleurs... C'est stupide... mais en bonne épouse je dois flatter sa manie.
Le président, souriant.--Mais qu'est-ce que vous voulez que le tribunal comprenne...
La femme Troupeau.--Oh! je vas vous expliquer ça, moi. Depuis un an il ne cause pas autrement avec moi; j'ai bien été forcée de comprendre; voilà ce qu'il vous dit:La mauvequ'est dans le bouquet signifie qu'il vous parle avecsincérité..... et l'immortelle, l'estimequ'il a pour vous... Leseringaveut direle regretqu'il a d'être, parla fleur de sureau, malade; les sept branches deréséda, depuis le 7 du mois... ce qui a mis (églantier) obstacle à son (mouron) exactitude; (guimauve) cela soit dit sans (pissenlit) outrage, (oeillet d'Inde) déguisement et avec (giroflée) vérité... (Ici le rire qui s'est répandu dans la salle gagne le tribunal.)
Le président, souriant.--Qu'est-ce que vous venez nous raconter là... vous abusez des moments du conseil.
La femme Troupeau.--Dame! je vous explique son emblème à c't homme (nouveaux rires). Mon Dieu, il n'est pas malade du tout! c'est pour rester chez lui à cultiver ses fleurs. Qu'est-ce qui pourra donc le guérir de ça... j'y donnerais une fameuse récompense à celui-là... Figurez-vous, monsieur le président, que Troupeau me parle toujours ainsi. Tenez, par exemple: quand il veut que j'aille chercher le dîner, il m'envoie par la bonne une branche de cerfeuil, une gousse d'ail et une botte d'échalottes (rires bruyants.)
Au milieu de l'hilarité générale, le conseil de discipline passe outre et condamne Troupeau, garde national, à six heures de prison...
La femme Troupeau.--Vous ne pourriez pas lui en mettre vingt-quatre heures; ça m'obligerait bien. (Rires.)
Le président.--Dans quel but?
La femme Troupeau.--Eh! c'est que, voyez-vous, vingt-quatre de haricots ça pourrait bien le guérir un peu; dans tous les cas ça ne pourrait pas lui faire de mal.
Le président maintient la condamnation.
La femme Troupeau.--Allons, va pour six heures, ça lui fera peut-être du bien. Voilà cependant où conduit le fanatisme de l'horticulture. Tenez, monsieur le greffier, vous qui mettez en note les condamnations à la prison, acceptez cette fois, de ma part, cette branche de myosotis; ça veut dire:ne l'oubliez pas(longue hilarité.)
Un homme, se plaignant de la trahison d'un de ses amis, disait: «il manque à ce qu'il m'a cent fois promis.
--C'est justement, lui dit-on, parce qu'il vous l'a promis sans foi.»
Nathaniel Lee, auteur de plusieurs drames, et dont la nation anglaise n'a pas assez honoré la mémoire, finit ses jours à l'hôpital des fous, à Londres. Ce fut là qu'il composa, quoiqu'en démence, sa tragédie desReines rivales. Il y travaillait, une nuit, au clair de la lune. Un nuage léger en ayant tout à coup intercepté la lumière, il prononça d'un ton impérieux: «Jupiter! lève-toi et mouche la lune.» Le nuage s'épaississant, la lune disparut entièrement; alors il s'écria en éclatant de rire: «L'étourdi! je lui dis de la moucher et il l'éteint.»
A propos d'un décret de la révolution, qui supprimait les cloches pour en faire des sous:
Rendons grâce au puissant génieQui, voyant notre pénurie,Veut que l'on réduise en billonToute espèce de carillon:Dès longtemps en effet tout cloche,Les paiements vont cahin-caha;Sitôt qu'on en est réduit là,C'est le cas de fondre la cloche.
Rendons grâce au puissant génieQui, voyant notre pénurie,Veut que l'on réduise en billonToute espèce de carillon:Dès longtemps en effet tout cloche,Les paiements vont cahin-caha;Sitôt qu'on en est réduit là,C'est le cas de fondre la cloche.
Rendons grâce au puissant génie
Qui, voyant notre pénurie,
Veut que l'on réduise en billon
Toute espèce de carillon:
Dès longtemps en effet tout cloche,
Les paiements vont cahin-caha;
Sitôt qu'on en est réduit là,
C'est le cas de fondre la cloche.
Deux prédicateurs prêchaient dans la même église; celui qui prêchait le soir avait une voix très-forte. Quelqu'un dit que la différence entre le prédicateur du matin et celui du soir, c'était que le premier prêchait fort bien, et le second bien fort.
Potier est mort, disait un vaudevilliste, dans le café des Variétés; j'ai vu les tentures à sa porte; et voici Odry qui prétend que c'est une fausse nouvelle.--L'enterrera-t-on? dit Odry.--Assurément.--Eh bien! n'est-ce pas, comme je l'ai dit, une fosse nouvelle?
Lorsque les fous, ayant recouvré leur raison, quittent Bicêtre, qu'est-ce qu'ils sont!--Guéris.--Non, ce sont desfous remis.
A présent pièce de vingt sous (vieux style), autrefois nom de peuple porté par les conquérants des Gaules. Dans leSiége de Parisde M. le vicomte d'Arlincourt, ces deux vers furent mal compris:
Pour chasser de ces murs les farouches NormandsLe roi Charles s'avance avecvingt mille francs.
Pour chasser de ces murs les farouches NormandsLe roi Charles s'avance avecvingt mille francs.
Pour chasser de ces murs les farouches Normands
Le roi Charles s'avance avecvingt mille francs.
Un spectateur s'écria: «Ce n'est guère.»
Un duel, dont les conséquences ont pensé être funestes à l'un des combattants, prit dernièrement naissance dans la réplique suivante, à une question fort simple.
--Monsieur, en lisant le premier article du journal, n'avez-vous pas été frappé?...--Frappé, monsieur? que voulez-vous dire? Croyez-vous que je sois homme à me laisser frapper?
Comment les cochers sont-ils plus coiffeurs que les coiffeurs eux-mêmes?
--Parce qu'ils savent friser les bornes et raser les boutiques.
Un plaisant nommé Turbot, étant près de mourir de violentes coliques, son médecin demanda de l'huile et voulut lui en faire prendre pour calmer ses douleurs.
--Ah! docteur, lui dit le malade, remportez votre huile, car le pauvre Turbot est frit.
Des ambassadeurs hollandais à la cour de France étaient invités à dîner chez le ministre des finances. On servit, au dessert, du fromage de Hollande. Le ministre, en l'apercevant, dit à l'un des envoyés: «Voilà du fruit de votre pays.» L'ambassadeur tire de sa poche une poignée de ducats, les jette au milieu de la salle et dit: «Ces fruits-là en sont aussi.»
En 1789 les désordres dans les spectacles commençaient déjà à devenir habituels. Il arriva un soir, au Théâtre-Français, que le parti dit patriote se battit à coups de poings dans le parterre contre le parti aristocrate, à une représentation d'Iphigénie; et comme on supposait que les loges étaient remplies principalement de ces aristocrates, on jeta des pommes contre plusieurs. La duchesse de Biron, qui en reçut une sur la tête, l'envoya le lendemain à M. de La Fayette en lui écrivant: «Permettez, Monsieur, que je vous offre le premier fruit de la révolution qui soit venu jusqu'à moi.»
Une dame en visite disait à la dame du logis: «Prenez garde à votre robe, votre petite chiennefuit.
Pendant la guerre d'Orient, les journaux ont raconté l'anecdote que voici:
«Il y a quelques jours, à Valenciennes, une vieille femme demanda à un jeune homme qu'elle rencontra dans la rue où elle pourrait escompter un bon de 100 fr. sur le Trésor, que lui envoyait son fils, militaire en Crimée. A la lecture du billet, le monsieur pâlit légèrement. Cependant, il conduisit la dame au comptoir de MM. L. Dupont, Deparis et Cie. Tandis que le caissier payait la somme souscrite, M. S... donnait les marques de la plus vive émotion. Enfin, profitant du moment où la bonne dame, tout heureuse, serrait dans son sac les 100 fr. de son excellent fils, le jeune homme s'approche du caissier et lui dit, avec des larmes dans la voix (car il pleurait, le bon jeune homme):--La joie de cette femme ne vous fait-elle pas mal comme à moi, monsieur? Son fils vient d'être fusillé, et je ne sais comment apprendre cette nouvelle à la pauvre mère. Dites-la-lui, vous! Le caissier se récrie et refuse en faisant entendre quelques mots d'étonnement; puis se ravisant, il demande au jeune homme d'où il tient ce terrible malheur. Pour toute réponse, M. S... retourne le billet escompté, et montrant du doigt le nom du dernier endosseur, il dit:--Lisez, monsieur, lisez? Le caissier lut: Jean-Baptiste Gillot, fusilier au 27e de ligne.--Vous le voyez, monsieur: Jean-Baptiste Gillot,fusilier! Le pauvre garçon est bien mort!--Qu'on se figure, si l'on peut, le fou rire qui s'empara à ces mots et du caissier et de la caisse et de la banque. Les écus restèrent seuls insensibles.»