Laisse(je, tu, il), du verbelaisser, a l'ailong;—il est bref danslaisse, s. f., corde pour mener les chiens.
2. Ne dites pasmener les chiens à la laisse, mais,en laisse.
Laisser, pourfaire, est un flandricisme; ne dites pas:je me suis laissé faire un habit; j'ai laissé relier mon manuel; je me suis laissé saigner, etc.; dites,je me suis fait faire un habit; j'ai fait relier mon manuel; je me suis fait saigner.
2. Ne dites pas:laisser la porte sur la serrure; dites,laisser la porte à demi-ferméeouentrou'verte.
3. Ne dites pas:laissez-nous allerpourallons, partons. (Fland.)
4. Ne dites pas:je me suis laissé à dire; dites,j'ai cédéouje me suis rendu, j'ai accédé, acquiescé à ses instances, à ses sollicitations, à sa demande. (Wall.)
5. Ne dites pas:je me suis laissé dire: il ne s'agit pas ici d'une permission à donner; dites simplement,on m'a dit.
6. On dit indifféremment,ne pas laisser deoune pas laisser que de:il ne faut pas laisser d'aller toujours votre chemin; il est pauvre, mais il ne laisse pas que d'être honnête homme; la seconde expression est pourtant moins usitée que la première.
Lait, s. m.—Prononcezlè(èbref).—Ne dites pas:une carpe à lait, mais,une carpe à laiteouà laitance(substance blanche et molle ressemblant à du lait caillé).
2. Ne dites pas:il est blanc comme un lait; dites,il est blanc comme laitoucomme du lait. Voyezjais,geaietjaune.
3.Lait de beurreoubabeurre(et nonlait battu), espèce de petit lait qui reste dans la baratte après qu'on a fait le beurre.
4.Petit-laitoulait clair, sérosité ou liquide qui se sépare du lait lorsqu'il se caille:prenez un verre de petit-lait pour vous rafraîchir.
5.Lait coupé, lait dans lequel on a mis une portion d'un autre liquide:lait coupé avec du bouillon.
6.Lait de poule, jaune d'œuf délayé dans de l'eau chaude avec du sucre.
Laitière, s. f., femme qui fait le métier de vendre du lait; ne dites pas,femme au lait.—Prononcezlaiti-èreet nonlaitchi-ère. Voyeztietdi.
Lamperon, Lampion.—Lelamperonest le petit tuyau ou la languette qui tient la mèche, (le coton) dans une lampe.—Lelampionest un vaisseau de verre, de terre ou de fer blanc que l'on place dans une lanterne ou dont on se sert pour faire des illuminations.
Lancées, Lançures, Lancements, ne sont pas français; dites,élancements:j'ai des élancements dans la tête, au doigt.—Voyez le mot suivant.
Lancer, faire ressentir dans quelque partie du corps une douleur vive et aiguë avec agitation; ditesélanceret nonlancer:la tête m'élance, le doigt m'élance.
Lande, Lente, s. f.—Unelandeest une grande étendue de terre inculte et stérile:les Ardennes et la Campine sont pleines de landes.—Unelenteest l'œuf d'où sortent les poux et qui s'attachent aux cheveux des enfants et des personnes malpropres (ne dites paslende).—Voyezfange.
Landier, s. m., gros chenet de fer qui sert à la cuisine pour élever le bois autour de l'âtre et le faire brûler plus facilement.—Ne dites pasandier.
Landwehr, s. f., garde civique en Allemagne: prononcezland'vère.
Lange, Linge, s. m.—Lelangeest le morceau de linge dont on enveloppe les enfants au berceau;—lelingese dit de toute toile mise en œuvre selon les différents usages auxquels on veut l'employer.—Prononcezlan-ge, lin-ge, et nonlan-che, lin-che.
Langue fumée.—Ne dites paslangue enfumée.—Prononcezlan-gueet nonlan-ke; prononcez de mêmebague, harangue, figue, etc.
Lanterne magique, s. f., instrument d'optique; ne dites paslanterne magie.
Lapis, s. m., pierre précieuse; on dit aussilapis-lazuli; prononcezlapice-ladzuli.
Lapisse, s. m., mot wallon,eau de son, eau blanche:il faut donner de l'eau de son à ce cheval pour le rafraîchir.
Lapoter, mot wallon, boire en tirant avec la langue comme le chien; en français,laper:ce chien fait du bruit en lapant.
Laps, s. m., espace de temps; prononcez lepet l's, lap'se.
Laque, s. f., ne se dit pas dans le sens de cire à cacheter; ditesun bâton de cire à cacheteret non,un bâton de laque.—Lalaqueest une sorte de gomme résine:la laque sert à composer des vernis.—Ce mot est masculin quand on veut parler du vernis de Chine ou des meubles qui en sont recouverts:le beau laque de la Chine.
Lard(bacon de), mot wallon; ditesune flèche de lard.
Large, Long, Haut.—Ces adjectifs peuvent s'employer substantivement au lieu delargeur, longueur, hauteur:ce tableau a six pieds de haut sur quatre de large; ces rideaux ont six aunes de long.—Mais vous ne pouvez pas dire:cette chambre est six pieds longue, large, haute; dites, estlongue, large, haute de six pieds, oua six pieds de long, de large, de haut.
2.Au large, au long et au large, du long et du large, en long et en large, sont des locutions adverbiales.
3.Large(à grand), est une locution wallonne; diteslargement, grandement, amplement:il a été payé largement; il leur donna amplement à manger.
4. Ne dites pas non plus:il regarda tout large, pour signifier,il fut étonné, surpris, stupéfait, stupéfié.—(Wall.) Prononcezlargeet nonlarche.
Larynx, s. m., partie supérieure de la trachée-artère, principal instrument de la voix:—prononcezlaraink-ce.
Las, interj., hélas; il est du style naïf et familier. (Acad.) Prononcezlâce.
Las, lasse, adj., fatigué, ennuyé, dégoûté; l'aest long au masculin et au féminin et le masculin se prononcelâet nonlâceau singulier et au pluriel:je suis si las(lâ),nous sommes si las(lâ et nonlâce).
Lasser, v. a., fatiguer, causer de la fatigue, ennuyer, dégoûter.—Se lasserrégit la prép.àou la prép.de: la prép.à, lorsqu'il est pris dans le sens defatiguer, et la prép.de, lorsqu'il a le sensd'ennuyer, dégoûter:on se lasse plus à rester debout qu'à marcher;on se lasse d'entendre toujours les mêmes plaintes.
Latrines, s. f. pluriel sans singulier, lieu où l'on satisfait à ses besoins naturels.
Latte, s. f., morceau de bois refendu selon son fil, long, mince, étroit, que l'on attache avec des clous sur leschevronspour porter la tuile, ou dans l'intérieur des bâtiments, sur la charpente pour recevoir l'enduit de plâtre des plafonds et des cloisons:une botte de lattes; clouer des lattes; un grenier lambrissé sous des lattes.
Latter, v. a., garnir de lattes:—il faut latter et contrelatter cette cloison; il s'emploie aussi absolument:latter à claire-voie; latter à lattes jointives.—Lattis, s. m., ouvrage de lattes:couvrir un lattis avec des tuiles.—Prononcezlatiet nonlatice.
Laudanum, s. m., préparation d'opium; prononcezlôdanome.—Ne dites pasde l'eau d'ânon.
Laudes, s. f. pl., partie de l'office: prononcezlô-deet nonlô-te.
Lauréole, s. f., plante dont les feuilles ressemblent à celles du laurier; ne dites paslaurelleet prononcezlo-réole.
Laurier.—Prononcezlo-rieret nonlô-rier.
LavancheetLavange, s. f., se disent quelquefois pouravalanche. (Acad.)
Lavande, s. f., plante aromatique, labiée, portant de petites fleurs bleues qui viennent par épi:eau de lavande; mettre de la lavande dans du linge.—Ne prononcez paslavante.
Lavandier, Lavandière.—Unlavandierest un officier, dans certaines cours, chargé de veiller au blanchissage du linge.—Unelavandièreest une femme qui lave le linge; ce mot est peu usité, on dit plus souvent dans ce sensblanchisseur, euse, lessiveur, euse, et quelquefoislaveur, laveuse:laveuse de linge.
Lavasse, s. f., pluie, subite, abondante et impétueuse:il vint tout à-coup une grande lavasse.—Mais on ne peut pas dire:il pleut à lavasse.
2.Lavassesignifie encore, vin, bière, bouillon, sauce, tisane où l'on a mis trop d'eau:ce n'est que de la lavasse.—On dit aussipiquettedans le même sens, maislapetten'est pas français.
Laver, ne peut pas s'employer dans le sensd'arroser, d'irriguer.
2.Laver, s'emploie quelquefois absolument et alors il signifie se laver les mains avant le repas:ne voulez-vous pas laver. (Acad.) Dans toute autre acception, il faut exprimer la partie du corps qu'on lave:se laver les mains, la figure, les pieds, etc.
3. On ne dit pas:laver ses mains, sa figure, etc., maisse laver les mains, la figure.
Lavette, s. f., petit morceau de linge dont on se sert pour laver la vaisselle.
Lavier, Lévier, ne sont pas français; ditesévier, pour signifier une pierre en forme de table et légèrementcreusée sur laquelle on lave la vaisselle, et qui a un trou pour l'écoulement des eaux:jeter les eaux par l'évier; cette cuisine a un évier.—On dit aussipierre d'évieretpierre à laver.
Lavis, s. m.,Lavure, s. f.—Lavisest un terme de peinture et signifie la manière de colorier un dessin avec de l'encre de chine, du bistre, etc.—Prononcezlavi.—Lavureest l'eau qui a servi à laver la vaisselle, les écuelles et n'est guère usité que dans cette locution:lavure de vaisselle, d'écuelles.—Lavure de vaissellese dit aussi, familièrement, d'un bouillon, d'un potage fade et insipide où il y a trop d'eau.
Lazzarone.s. m., nom que l'on donne aux dernières classes du peuple napolitain; on dit au pluriellazzaroni.—Prononcez,lad'zaroné, lad'zaroni; lezitalien équivaut àds, dz.
Lazzi, s. m., mot italien qui signifie, action, mouvement, geste bouffon dans la représentation des comédies:les lazzi d'Arlequin.—Il se dit, par extension, de mauvaises plaisanteries et de bouffonneries faites ailleurs qu'au théâtre:il s'en est tiré par des lazzi. L'Académie dit que quelques-uns écrivent au pluriellazzis, mais dans les exemples qu'elle donne du pluriel, elle écritlazzisanss.—Prononcezl'ad'zi.
Le, art. et pron.—Prononcezleet nonlè.
2.Le, la, les, employés comme régimes directs, ne doivent jamais s'omettre ni en vers ni en prose. Ce serait donc une faute de dire:je lui avais bien dit; donnez-lui; je ne suis pas ingrat, je lui rendrai bien; au lieu de:je le lui avais bien dit; donnez-le-lui; je le lui rendrai bien.
3. Cette règle est également applicable au pronomen. Ne dites donc pas:j'aurai plus de complaisance qu'ils n'ont; c'est là, soyez certain, la cause de son refus. Dites,qu'ils n'en ont; soyez-en certain.
4. Les phrases suivantes sont également incorrectes:prêtez-moi-le, montrez-nous-les, donnez-moi-le, etc. Ici il faut placer le régime direct le premier:prêtez-le-moi; montrez-les-nous; donnez-le-moi.
5.Les, Des, Mes, Tes, Ses.—Prononcezlè, dè, mè, tè, sè, et nonlé, dé, mé, té, sé.
6.Lé, s. m., largeur d'une étoffe entre deuxlisières:un lé de drap. Écrivez et prononcezléet nonlènilit.
Leçon, s. f.—Ne dites pas:je prends des leçons à un habile professeur; dites,je prends des leçons d'un habile professeur.
2. On dit très-bien,donner, prendre des leçons de musique, de dessin, d'histoire, etc. (Acad.);—maisdonner leçon de grec, de latin, etc., ne nous paraît pas assez correct; il faut dire,donner des leçons de ...—Donner, prendre des leçons, se dit des leçons particulières; mais quand il s'agit de leçons ou de cours publics, on ditfaire un cours(et nondonner un cours),faire une leçon, faire des leçons.—Prononcezleçonet nonlèçon.
Lecteur,lectrice,Liseur,liseuse.—Lalecteurest en général celui qui lit, ou dont le métier est de lire à haute voix devant une ou plusieurs personnes ou une communauté;c'est un bon lecteur, c'est une excellente lectrice; lecteur du roi, lectrice de la reine.—-Leliseurest celui qui aime à lire, qui ne fait que lire, qui lit beaucoup et longtemps, qui lit avec passion; leliseurest un lecteur passionné:c'est un grand liseur, une grande liseuse de romans. Il est familier.
Légataire, subst. des deux genres,Testateur,testatrice.—Légataire, est celui, celle à qui on fait un legs;—testateur, testatrice, est celui, celle qui fait un testament.—Voyezdépositaire,signataire,locataire.
Léger,légère, adj., qui pèse peu, agile, volage; prononcezlégéet nonl'génilegé, lègé, légère(au masc.), quoique Rousseau et Voltaire l'aient fait rimer avecairetcher.
Législateur,législatrice,Légiste.—Légiste, qui connaît ou qui étudie les lois;—législateur, celui qui donne des lois à un peuple:Moïse fut le législateur des Hébreux.
Législation, Législature.—Législationest le droit de faire des lois:en Belgique, la législation appartient au Roi et aux deux Chambres;—il se dit aussi du corps même des lois:réformer la législation;—il se dit encore de la science, de la connaissance des lois:il est habile en législation.—Lalégislature, ce sont les trois pouvoirs qui concourent à la confection des lois:la législature vient de décider une grande question.—Il s'emploie souvent dans le sens d'assemblée législative:législature nombreuse, complète.—Il se dit encore de la période de temps qui s'écoule depuis l'installation d'une assemblée législative, jusqu'à l'expiration de ses pouvoirs:pendant la première, la seconde législature.
Legs, s. m., ce qui est légué; prononcezlèet nonlègue.
Légume, est masculin:de bons légumeset nonde bonnes légumes.
Lendemain.—Du jour au lendemain;—quoi qu'en disent certains grammairiens, cette expression est très-correcte et fort usitée.—Prononcezlen-de-mainet nonlan-ne-main.—Voyezcommandement.
Lent à, Long à, se disent indifféremment l'un pour l'autre; cependantlent à, longtemps à, nous semblent préférables àlong à:ces messieurs sont bien lents à venir, sont longtemps à venir.
Lente, s. f.: voyezlande.
Lesquels, Desquels: prononcezlèquèl, dèquèl, et nonlès'quel, dès'quelnilèquéle, dèquéle.
Lest, s. m., poids au fond du navire; prononcezless'teet nonlesse.
Leste, adj. des deux genres, léger, inconsidéré: prononcezless'teet nonlesse.
Lettre, s. f.—De quel genre sont les lettres de l'alphabet?—Si l'on adopte l'appellation moderne, elles sont toutes du masculin; unbe, unde, unpe, unre, unse;—si l'on adopte, au contraire, l'appellation ancienne et usuelle (c'est celle que nous avons nous-même adoptée dans notreDictionnaire), il faut consulter le son final de la lettre: elle sera féminine si ce son final lui-même est féminin, c'est-à-dire, s'il est censé se terminer par unemuet: unef, uneh, unel, unem, uner, unes, unex, parce qu'on prononceeffe, hache, elle, emme, enne, erre,esse, ikse.—Elles sont du masculin lorsque le son final est grave ou est censé se terminer par une voyelle autre que l'emuet: unb, unc, und, ung, unj, unk, unp, unq, unt, unv, w, qui se prononcentbé, cé, dé, gé, ji, ka, pé, ku, té, vé.
2.Lettre, s. f.—Ne dites pas,mettre des mots par lettres alphabétiques, mais,par ordre alphabétique; en effet, toutes les lettres sont alphabétiques.
3. Ne dites pas,le porteur de lettres, mais,le facteur.—Prononcezlet-treet nonlet-tenilettère.
Leur.—Ne dites pas:ils étaient leur deux, leur trois; dites,ils étaient deux, troisoueux deux, eux trois, elles deux, elles trois; comme on dit,nous étions nous deux, vous étiez vous trois, et nonnous étions nos deux, vous étiez vos trois.
2.Leur, signifiantd'eux, d'elles, veut être devant son substantif; dites en parlant de deux frères ou deux cousins:je suis leur parent, c'est-à-dire,le parent d'eux, et non,je leur suis parent, qui signifierait,je suis parent à eux, ce qui n'est pas français.
3.Leur, pronom, s'écrit sans s: ne dites donc pas,je leurs z'ai dit; dites,je leur ai dit.
Levain, s. m.,Alevin, s. m.—Lelevainest une pâte aigrie qui, mêlée à la pâte dont on veut faire le pain, la fait lever et fermenter;—l'alevin, c'est dumenu poisson pour peupler un étang, un vivier; dites donc,j'ai mis de l'alevin dans mon réservoir, et non pasdu levain.
Levée, s. f.—Ne dites pas:il est capot, il n'a pas fait un seul levé; dites,une seule levée.
Lever, v. ac., fait au futurje lèverai, tu lèveras, etc., et au conditionnel,je lèverais, tu lèverais, etc., et nonje leverai, tu leveras; je leverais, tu leverais.
2. Ne dites pas:j'ai levé cet enfant, pour dire, que vous êtes son parrain; dites,j'ai tenu cet enfant sur les fonts, ouje suis le parrain de cet enfant.
3. On dit très-bien, dans le sens de percevoir, recueillir, rassembler, ramasser, emporter:lever les fruits d'une terre; lever les impôts, des impôts; on lève annuellement tant de millions sur ce royaume; on lève un droit sur cette denrée;—on a dit de même autrefois,lever les rentes seigneuriales, la dîme.
4. Mais en parlant d'une somme d'argent, il faut diretoucheret nonlever:il a touché ses appointements(et nonlevé);je lui ai fait toucher telle somme(et nonlever);toucher de l'argent(et nonlever). (Acad.)—(Wall.)—Prononcezleveret nonlèver.
Lever-Dieu, s. m., le moment de la messe où le prêtre élève la sainte hostie; au plur.,lever-Dieu; ne dites pasDieu-levé.
Levier: voyezévier.
Lèvre, s. f.: prononcezlèvre, et nonlè-fenilé-vère.
Levûre, s. f.—Ce substantif ne peut se mettre au pluriel que dans les cas où il s'agirait de différentes espèces de levûres. Il n'est pas plus correct de dire,acheter des levûres, mettre des levûres dans la pâte, que de direacheter des levains, mettre des levains; il faut dire,acheter de la levûre, mettre de la levûre. Prononcez et écrivezlevûre(accent circonflexe) et nonlèvure.
Lexique, s. m., dictionnaire; il se dit particulièrement des dictionnaires grecs;—prononcezlek-cique, et nonlek-zique; prononcez de même ses dérivés,lexicologie, lexicographie, etc.
Lez, adv., vieux mot signifiant à côté, proche de:la Tombe lez-Tournai.—C'est à tort que l'on remplacelezparlesoudes:Plessis-les-Tours; il faudrait dire,Plessis-lez-Tours.—Prononcezléet nonlè, nilèze.
Liaisons affectées.—La conversation demande plus de laisser-aller et un certain négligé que ne comporte pas le discours soutenu. Il faut donc éviter, en parlant, de multiplier les liaisons; il faut même s'attacher à les omettre le plus possible, surtout celles desset destet surtout encore celles qui présenteraient, dans le même mot ou dans deux mots qui se suivent, la répétition des mêmes consonnes ou des mêmes sons,—c'est ainsi que les personnes de bon ton ne diront jamais:il est onze heures z'et un quart, onze heures z'et demie; deux heures z'et demie; elles diront avec beaucoup plus de naturelil est onze heures et un quart, etc., en supprimant la liaison.—«Lier les mots avec affectation dans les discours fut de tout temps le propre de la pédanterie; c'est un défaut de maître d'écriture.» (Francis Wey).
Liard, s. m.—Ne dites pas:je n'ai plus de petits liards; dites,je n'ai plus de petite monnaie.—Prononcezliar(en une seule syllabe) et nonli-arnili-iar.
Libelle, écrit injurieux, diffamatoire, est masculin:un libelle violent.
Libelliste, s. m., auteur de libelle; prononcezlibel'liste; et nonlibèlistenilibel'lisse.
Liber, s. m., troisième partie de l'écorce; prononcezlibère.
Libera, s. m., prière pour les morts; prononcezlibéra.
Libéral,libéralité, libérer.—Prononcezlibéral, libéralité, libérer, et non,libèral, libèralité, libèrer.
Librairie, Mairie, Seigneurie.—Diteslibrai-rie, mai-rie, seigneu-rie, et nonlibrai-rerie, mai-rerie, seigneu-rerie.
Libre, adj.: prononcezli-breet nonli-pre, li-pe, libère.
Licence, s. f., grade que l'on prend dans les facultés dethéologie(et autrefois dans celles de droit et de médecine); c'est le degré entre le baccalauréat (le grade de bachelier) et le doctorat:la licence en théologie, en droit canon;—le licenciéest celui qui a pris le grade de la licence:monsieur N. est licencié en théologie.
Licet, s. m., permission; prononcezlicète.
Lichefrite, s. f., ustensile de cuisine qui reçoit la graisse et le jus de viandes qu'on fait rôtir; dites,la lèchefrite.
Lichen, s. m., plante parasite qui croît sur les troncs d'arbres, sur les rochers, sur les murs; prononcezlikène. (Acad.)
LicolouLicou, s. m., lien de cuir ou de crin qu'on met autour du cou des chevaux pour les attacher à l'auge, au ratelier.—Licoln'est employé qu'en poésie et devant une voyelle, pour éviter l'hiatus;—licoufait au pluriellicous.
Lier, v.,Lien, s. m.: prononcezli-é, li-in, et nonli-ié, li-iin.
2. Ne dites pas:lier les dents; dites,agacer les dents.
Lierre, s. m., plante; prononcezlière(ièdiphth.)
Liesse, s. f., joie; prononcezli-èce;—ce mot est vieux, dit l'Académie.
Lieu.—Les locutions,donner lieu, trouver lieu, avoir lieu, y avoir lieu, demandent la prépositionàdevant un substantif et la prépositiondedevant un infinitif:je n'ai pas donné lieu à votre colère;j'ai lieu de(et nonà)me plaindre de vous.
Lieu-dit.—Cette expression prend le trait d'union toutes les fois qu'elle ne peut pas se remplacer par les motslieu nommé; ainsi il faut écrire:cette pièce de terre est située à lieu dit(nommé)derrière-la-ville; tandis que vous écrirez:cette parcelle est située à tel lieu-dit.
Lieue, s. f.: voyezheure.
Ligature, s. f.—Ne dites pas:la ligature d'un livre, mais,la reliure d'un livre.
Ligne, s. f.—Ne dites pas:une étoffe à ligne, mais,une étoffe rayée.
2. Ne dites pas:peignez cet enfant, et faites-lui sa ligne sur le côté, dites,sa raie.—Laraieest un trait tiré de long avec une plume, un crayon, etc.; il se dit aussi d'une certaine séparation de cheveux qui se fait naturellement ou avec le peigne sur le haut de la tête. (Acad.)
Ligner.—Ne dites pas:ligner du papier(tirer des lignes); dites,règler du papier; cahier règlé.
Ligneul, s. m.,ligneux, adj. et subst.—Leligneulest un fil enduit de poix dont se servent les cordonniers;ligneuxsignifie qui a la nature ou la consistance du bois:la coque de la noix est ligneuse: prononcezli-gneuxet nonligh-neux(gdur).
Lilas, s. m., arbuste, fleur: prononcezlilà.
Limace, s. f., ouLimas, s. m.; mollusquerampant, sans coquille, de forme allongée, à quatre tentacules, et ordinairement rougeâtre.—Limaçon, s. m., diffère de la limace et du limas en ce qu'il porte une coquille; ne dites pas:ce jardin est rempli de limaçons; dites,de limaces;—les wallons sont exposés à confondre ces mots.
Limon, Timon.—Lelimonest une des deux pièces de devant d'une charrette ou d'un cabriolet entre lesquelles se place le cheval;—letimonest la pièce de bois de devant d'un carrosse, d'un chariot, des deux côtés de laquelle on attelle les chevaux.
Linceul, s. m.—Prononcez ce mot comme il est écrit,linceulet nonlinceuille(lmouillée);—il ne se dit que du drap de toile dont on se sert pour ensevelir les morts.—Ne dites donc pas:mettez des linceuls au lit de monsieur; dites,mettez des draps au lit...Dans cette acception on ditdrapet quelquefoisdrap de lit.
Linéaire, adj., qui a rapport aux lignes; prononcezliné-aireet nonliné-iairenilignéaire.
Linger, ère, s., celui, celle qui fait commerce de toile, qui vend, qui fait du linge, qui travaille en linge.—Ce mot ne s'emploie pas dans le sens de blanchisseuse, lavandière, laveur, euse, repasseuse.
Lingerie, s. f.—On ditun magasin de lingerieet nonde lingeries.
Lingual, ale, adj., qui a rapport à la langue; prononcezlingoual.—Le masculinlingualn'a pas de pluriel.
Linguistique, s. f., science des langues;linguiste, qui s'occupe de la linguistique;—prononcezlingu-ïs-tique, lingu-ïste(uidiphth.) et nonlingouistique, lingouistenilinghistique, linghisse.
Linteau, Liteau.—Lelinteauest une pièce de bois, de pierre ou même de fer en travers, au-dessus d'une porte ou d'une fenêtre pour maintenir la maçonnerie;—leliteauest une petite pièce de bois couchée sur une autre; en terme de chasse, c'est le lieu où le loup se repose pendant le jour; c'est aussi une raie rouge ou bleue sur du linge de table, et dans cette acception on ne l'emploie guère qu'au pluriel:serviette à liteaux(et nonà linteaux).
Lion,lionne, lionceau.—Plusieurs auteurs disent queionest diphthongue; nous ne saurions nous ranger à cette opinion; et nous continuerons a prononcer, comme on le fait généralement:li-on, li-onne, li-on-ceau.
Lippe, s. f., la lèvre d'en bas, lorsqu'elle est trop grosse ou trop avancée:avoir une grosse lippe, une vilaine lippe; ce mot est familier.
Lippée, s. f., bouchée et repas;—dans ce dernier cas, il est toujours accompagné defranche:une franche lippée.
Lippu, ue, adj., qui a une grosse lèvre:les nègres sont lippus; ce mot est familier.—Il s'emploie plus ordinairement comme substantif:c'est un gros lippu. (Acad.)
Liquéfaction, s. f., action de liquéfier; prononcezliku-éfactionet nonlikouéfactionnilikéfaction.
Liquide,liqueur, liquoriste, liquéfier, liquider, liquidateur:—prononcezlikide, likeur, likoriste, likéfier, likider, likidateur.
Lire.—Ne dites pas:j'ai lu hors d'un livre, hors du journal; dites,j'ai lu dans un livre, dans un journal. (Fland.)
2. Ne dites pas non plus:j'ai lu sur la gazette, j'ai lu sur le journal, sur la feuille, etc.; dites,j'ai lu dans la gazette, dans le journal, dans la feuille, dans la revue, dans l'almanach, dans lesouaux annonces du journal, etc. (Wall.)
Lis(et nonlys), s. m., plante bulbeuse qui porte des fleurs à six pétales; prononcezlicemême devant une consonne,lis(lisse)blanc, lis(lisse)bleu, etc.
2.Fleur de lis, terme d'armoiries:écu semé de fleurs de lis; dans ce cas on prononcelisans faire sentir l's.
3. Poétiquement,les lisse disait autrefois de la France:l'empire des lis, le trône des lis; dans ce sens on prononcelice.
Liseré, s. m., petite bordure faite sur une étoffe ou à un habit, un gilet, avec un ruban uni ou brodé; ne dites pasliseret.
Liseur.—Voyezlecteur.
Lisé-je, dormé-je, grossier barbarisme; dites,est-ce que je lis, est-ce que je dors?
Lisse, adj. des deux genres, uni, poli:une étoffe lisse, du papier lisse.
Lit de camp, Lit de sangles.—Le lit de campest un petit lit dont le bois se démonte de manière qu'on peut le transporter facilement; il se dit aussi d'une espèce de couchette formée de planches inclinées, qui sert de lit dans un corps de garde.—Le lit de sanglesest un lit fait de sangles, et quelquefois d'un morceau de coutil attaché à deux longues pièces de bois soutenues par des pieds ou jambages qui se croisent.—Comme on le voit, c'est à tort que l'on désigne, parlit de camp, unlit de sangles.
Litanies, s. f. pl., prière faite en l'honneur de Dieu, de la Ste-Vierge et des saints, et composée d'une série d'invocations; dans ce sens il ne s'emploie pas au singulier:les litanies de tous les saints, de belles litanies.—Litanie, au singulier, se dit d'une énumération longue et ennuyeuse:il nous a fait une longue litanie de ses peines, de ses plaintes.
Liteau: voyezlinteau.
Litre, s., unité de mesure de capacité, est masculin:un litre de bière; prononcezli-treet nonlite, litère.
Littéral, ale, adj., qui est selon la lettre, conformé à la lettre:traduction littérale.—L'Académie ne donne point de pluriel masculin; Trévoux, Laveaux, Fabre, l'abbé d'Olivet et Boinvillers disent,des commentaires littéraux.
Livrance, Livrement, action de livrer une chose vendue, ne sont pas français; il faut direlivraison:j'ai fait une livraison de six pièces de toile; je dois faire demain une livraison à tel correspondant.
Livre, ancienne mesure remplacée aujourd'hui par le franc, est féminin:une livre tournois.
2.Livre.—On ditun livre de prièreset nonun livre à prières. (Acad.)—Prononcezlivreet nonlifenilivère. Voyezlireetprière.
Llmouillées: voyezl.
Llama, et mieuxlama, s. m., quadrupède ruminant du Pérou; l'Académie dit qu'on mouille les deuxlldansllama.
Llation, Llaire, finales où lesllsont rarement mouillées.
Locataire, Propriétaire.—Lelocataireest celui qui tient à loyer une maison, un jardin, etc.; lepropriétaireest celui à qui appartient l'objet loué. Prononcezlocatère, propriétèreet nonlocatére, propriétére.
Locatis, s. m., mauvais cheval de louage; prononcezlocatice.
Loch, s. m., instrument pour mesurer la vitesse du navire; prononcezloke.
Locomotive, s. f., remorqueur des chemins de fer; prononcezlocomoti-veet nonlocomoti-fe.
Lof, s. m., t. de marine, le côté que le navire présente au vent:ce vaisseau va au lof; venir au lof.—Lofer, signifie venir au lof.
Loger, v. neutre dans le sens d'habiter, de demeurer dans une maison.—Il estactif, dans le sens de donner le logement à quelqu'un.—Avec le pron. personnel,se logersignifie, prendre un logement, disposer un logement.
Logeur,logeuse, celui ou celle qui tient des chambres garnies pour les ouvriers et les gens de la classe pauvre; il ne se dit pas de la personne qui loge dans ces chambres garnies.
Logis, s. m.—Ne dites pas:j'ai été demander à logis dans cet hôtel; dites,j'ai été demander à logeroule logement dans cet hôtel.
2. Ne dites pas non plus:je suis au logis dans cette auberge; dites,je loge dans cette auberge.—Prononcezlogiet nonlogice.
3. Ne dites pas:estaminet et logement; dites,logis: lelogisest une maison où on loge;logementse dit dulieu où on loge et plus particulièrement du domicile habituel, du lieu où l'on habite ordinairement.—Prononcezlo-jemanet nonlo-cheman.
Loin.—La locution,bien loin s'en faut, n'est pas française; il faut dire,tant s'en faut, loin de là:vous me demandez si j'ai gagné au jeu, tant s'en faut qu'au contraire.
2. Deloin à loin, se dit de la distance:ces arbres sont plantés de loin à loin;—de loin en loin, se dit du temps:il ne nous vient voir que de loin en loin. Cependant, dans le langage ordinaire, on ne tient pas toujours compte de cette différence et l'on emploie une locution pour l'autre.—Prononcezloain(oindiphth.) et nonloan.
Long, adj., ne se dit pas de la taille; ne dites pas:cet homme est long; dites,cet homme est grandoude grande taille. (Fland.)
2.Long, pourlent, tardif, se dit très-bien:dépêchez, que vous êtes long; il est long à tout ce qu'il fait; les vieillards sont longs en tout; ces arbres sont longs à pousser, à croître.—Mais il ne peut pas s'employer pourloin:il y a loin d'ici à Rome, et non,il y a long...
3. Ne dites pas:les fruits verts rendentoufont les dents longues; j'ai mangé du fruit vert, j'ai les dents longues; dites,les fruits verts agacent les dents, j'ai les dents agacées.—Avoir les dents longues, bien longues, signifie être affamé après avoir été longtemps sans manger. (Wall.)
4. Ne dites pas:j'ai le temps long; j'ai le temps long de le voir arriver; dites,le temps me paraît long, je m'ennuie, je suis impatient, il me tarde de le voir arriver; il me dure de...
5.Prendre le plus long, son plus long, c'est aller en quelque lieu par le plus long chemin:vous êtes venu ici par telle rue, vous avez pris le plus long; c'est le plus long de beaucoup; c'est votre plus long.—Il signifieaussi, figurément, se servir des moyens les moins propres à faire réussir promptement ce qu'on a entrepris.
6.Le long, tout le long, tout du long, au long, tout le long de, tout du long de, locutions adverbiales; ne dites pastout de long.
Longtemps, adv., s'écrit en un mot et sans trait d'union.
2. Ne dites pas:il est longtempsoudéjà longtemps arrivé; dites,il est arrivé depuis longtemps, ou,il y a longtemps, déjà longtemps qu'il est arrivé;—ne dites pas:il demeure longtemps à Bruxelles; je suis ici longtemps; dites,il demeure depuis longtemps à Bruxelles; je suis ici depuis longtemps, ou bien,il y a longtemps qu'il demeure..., que je suis ici. (Fland.)
Loquace, Loquacité: prononcezlokouace, lokouacité, et non,lokace, lokaciténilokuace, lokuacité.
Loque, s. f., pièce, morceau d'une étoffe, d'une toile usée et déchirée:cet habit s'en va en loques, est en loques, tombe en loques.
2.Loque, s. f., chiffon: ce mot est français. (Acad.)
Loquèle, s. f., langage trivial; prononcezlokuèle(uèdiphth.) et nonlokouèle.
Loquet, s. m., espèce de serrure mobile qui sert à fermer une porte, une malle, une valise, etc., au moyen d'un anneau passé soit dans un autre anneau, soit dans deux pitons;—ce mot n'est pas français dans ce sens, il faut direcadenas(ne prononcez pascannenas). (Wall.)—Voyezcliche.
Loquetière, s. f., clef qui sert à ouvrir plusieurs serrures; ce mot n'est pas français; ditespasse-partout.
Loquier, n'est pas français; diteschiffonnier.
Lord, s. m., titre d'honneur usité en Angleterre; ledne se prononce pas.
Lors,dès lors, pour lors, lors de, alors; prononcezlore, alore, et nonlorce, alorce.
Lorsque, conj.—On prononce l's,lors'que;—ne prononcez paslorsequenilorsèque.—L'ene s'élide que devantil, ils, elle, elles, on, un, une:lorsque Alexandre(et nonlorsqu'Alexandre)pénétra dans l'Inde.
Los, s. m., louange (vieux langage): prononcezloce.
Losange.—L'Académie fait ce mot du genre féminin; cependant dans tous les traités de géométrie, on ditun losange, et tous les professeurs le font du masculin.—On écrit aussi mais plus rarementlozange.
Lot, s. m., objet qui échoit à chacun des numéros gagnants à une loterie; ne dites donc pas:j'ai pris dix lots à cette loterie; dites,j'ai pris dix numéros, dix billets.—Ne dites pas non plus:j'ai pris dix actions. (Fland.)
Louche, s. f., se dit dans beaucoup de villes du Nord de la France et en Belgique, pour désigner une grande cuiller à long manche avec laquelle on sert le potage, la soupe:douze couverts et la louche. (Bescherelle,Poitevin,Complémentdu Dict. de l'Acad.)—On peut dire égalementcuiller à soupeetgrande cuiller.
Louer, Loueur, Louange, etc.: prononcez comme c'est écrit; gardez-vous de prononcerlou-wer, lou-weur, lou-wange.
Louette(la), morceau de chair à l'entrée du gosier: ditesla luette; prononcezlu-etteet nonlu-wette:il a la luette gonfléeet nonl'alouettenila louette.
Loueur, euse, s., celui, celle qui fait métier de donner quelque chose à louage:un loueur de chevaux, de voitures, de vigilantes, de chambres garnies; loueuse de chaises, dans une église.—Louageur, euse, n'est pas français.
Lourdise, Lourderie, faute grossière contre le bon sens ou la bienséance; ces mots ont la même signification, maislourdisevieillit (Acad.):il a fait une étrange lourderie.