Chapter 19

Paver, v. a., couvrir le terrain, le sol d'un chemin, d'une rue, d'une cour, d'une écurie, d'une salle, etc., avec du grès, de la pierre dure, du caillou, du marbre, de la brique, etc.—(Acad.)

2. Il suit de là qu'on ne peut pas dire,mettre un pavé en planches; on doit dire,mettre un plancher ou planchéier;—on ne peut pas dire non plusun pavé en planches; dites unplancher.—Voyezparquetetplancher.

3. Ne dites pas non plus:paver en carreaux; ditescarreler.

Payant.—Ne dites pas,un mauvais payant, mais,un mauvais payeur, une mauvaise paye.

Paye, s. f., solde des gens de guerre, celui qui paie; prononcez l'y:pai-ïe;—l'Académie n'admet pas l'orthographepaiequi pourtant est reçue par plusieurs bons grammairiens.

2.Paye, s. f., débiteur; ce mot est français:c'est une bonne paye, une mauvaise paye; d'une mauvaise paye on tire ce qu'on peut. (Acad.)

Payement, s. m.: voyezpaiement.

Payeur, s. m., celui qui paie; le féminin correspondant estpayeuse.

Pays, s. m., région, contrée;—il s'emploie aussi populairement dans le sens decompatriote, et dans cette acception, on dit au fémininune payse:c'est mon pays, c'est un de mes pays; bonjour, pays; elle est allée avec une de ses payses.—Ce mot, dit l'Académie, est populaire.—Prononcezpéi.

2. Dites,du vin du payset nondu vin de pays: voyezcru.

Paysage, Paysan, anne; prononcezpé-izaje, péizan, péizane(et nonpéizan-ne).

Peau, s. f.—Ne dites pas:il est noir de peau, de cheveux, etc.; dites,il a la peau noire, les cheveux noirs.

Peccable, impeccable, adj., capable ou incapable de pécher;—peccadille, s. f., faute légère;peccante, adj. f., terme de médecine, qui pèche,humeur peccante;—peccata, s. m., se dit d'un âne dans les combats publics d'animaux;peccavi, s. m., contrition, repentir,un bon peccavi:—on prononce les deuxcdans tous ces mots.

Pécher, v. n., commettre un péché: prononcezpécher(éaigu);—pêcher, v. a., prendre du poisson etpêcher, s. m., arbre qui produit la pêche: prononcezpêcher(êouvert).—Il en est de même depéché, pécheuretpêcheur, pêche.

Pécule, s. m.,Pécune, s. f.—Le premier se dit du produit des épargnes d'une personne qui ne travaille pas pour son compte:il avait amassé un pécule.—Pécuneest un vieux mot qui signifie argent comptant:disette de pécune.

Pécunier, ière, adj., qui regarde l'argent, qui y a rapport; ce mot n'est pas français;—dites,pécuniaire:peine pécuniaire, intérêt pécuniaire.—Prononcezpécu-niaireet nonpécu-gniaire.—Voyezni.

Pédale, s. f., gros tuyau d'orgue qu'on fait jouer avec le pied:la pédaleet nonle pédale.

Peindre, v. a.,Peinturerv. a.—Le premier signifie, représenter les objets par les couleurs;—le second, peindre d'une seule couleur:peinturer une maison, un treillis:—peinturerétant peu usité (Acad.), on peut le remplacer parpeindre.

Peine, s. f.—On lui a ordonné celasur peine, sous peineouà peine de la vie:—de ces trois façons de parler,sous peineest la plus usitée et la meilleure; (Acad.)—sur peinenous paraît peu correct.

2.Avoir de la peine, avoir peine, devant un infinitif, demandent la prépositionà:il aura beaucoupde peineà(et nonde)gagner son procès; avoir de la peine à(et nonde)marcher; j'ai peine à(et nonde)voir clair dans tout ceci.

3. Ne dites pas:ce n'est pas les peinesoucela ne vaut pas les peines de vous déranger pour si peu; dites,ce n'est pas la peine, cela ne vaut pas la peine de...

4. Ne dites pas:donnez-vous la peine de vous asseoir; dites,veuillez vous asseoir, je vous prie de vous asseoir.—Prononcezpène(èbref) et nonpain-ne.

Peineux, euse, adj., veut dire qui a de la peine, qui est triste; mais il ne signifie nullement, dans le sens wallon,capot, confus, interdit, penaud, interdit, décontenancé.—Semaine peineuse, la semaine sainte. (Bescherelle).

Pelard(bois), chêne dont on a ôté l'écorce pour faire du tan (pelwaien wall.)

Peler, v. a. et n., ôter le poil, la peau; il ne double point l'l:ce velours se pèle.—Prononcezpeler(emuet) et nonpèler.—Voyezéplucher.

Pèlerin, ine, s.;pèlerinage, pèlerine, s. f. (vêtement de femme):—écrivez et prononcez ces mots avec un accentgraveet non un accentaigu(Acad.)—Ne dites pas non pluspèlèrin, pèlèrinage, pèlèrine, nipélérin, pélérinage, pélérin, maispèlerin, pèlerinage, pèlerine(le secondeest muet).

Pelle, s. f., ustensile de cuisine pour frire, fricasser; ce mot n'est pas français; ditespoêleet prononcezpoale.—Unepelle(prononcezpèle) est un instrument de fer ou de bois, large et plat à long manche:pelle de four, pelle à feu, pelle de jardin.

Pellicule, s. f. peau très-mince,il se forme une pellicule(ou mieuxpeau)sur le lait bouilli, sur l'encre;il y a dans un œuf deux pellicules, celle qui tapisse intérieurement la coque, et celle qui enveloppe le jaune.—On prononce les deuxll.

Pelure,s. f., peau, enveloppe de certains fruits, de certaines légumes:pelure de pomme, de poire;du vin couleur de pelure d'oignon.—Ne dites paspelate, pelote.—Voyezéplucher,écaler.

Pénal, ale, adj., qui assujettit a des peines; il n'a point de pluriel masculin; quelques grammairiens pourtant disentdes codes pénals.

Pénates, adj. et subst.:—les dieux pénatesou lespénates, demeure, habitation;—ce mot est masculin et ne s'emploie qu'au pluriel:je reverrai mes pénates chéris.

Pendant que, Tandis que.—Pendant quemarque simplement la simultanéité de deux événements, de deux choses:pendant que vous étiez en Espagne, j'étais en Italie.—Tandis quemarque non pas précisément la simultanéité de deux événements et de deux choses, mais une opposition, soit entre les temps que cette conjonction indique et un autre temps exprimé ou sous-entendu, soit entre deux actions qui se font simultanément:vous faites fort bien tandis que vous êtes jeune de travailler à vous instruire, quand vous serez vieux il ne sera plus temps;tandis que vous vous divertissez, je me consume dans le chagrin.

Pendre, v. a.—Ne dites pas:il était pendu après son père; dites,il était pendu au cou de son père, ou, selon le sens,il s'accrochait à son père.

Pendule, s., estmasculin, lorsqu'il signifie le poids suspendu qui, lorsqu'il est mis en mouvement, fait des oscillations régulières;—il estféminin, lorsqu'il désigne une petite horloge de salon:la pendule est arrêtée.

Pêne, s. m.—C'est le morceau de fer qui sort de la serrure et s'engage dans un crampon, (gâche) pour fermer une porte;le pêne de cette serrure est usé.—Voyezcliche.

Pensée, s. f., opération de l'intelligence:une pensée généreuse: prononcezpensée(élong) et nonpensé-ïe.—Voyezée,ie,ue,oue.

Penser, v. n.—Ne dites pas:j'ai d'autres choses à penser; dites,j'ai à penser à bien d'autres choses.

2. Ne dites pas:il n'a que lui à penser; dites,il n'a à penser qu'à lui.

Pensum, s. m., au plurielpensums, surcroît de travail qu'on exige d'un écolier pour le punir:on lui a donné pour pensum dix verbes à faire; il a eu trois pensums cette semaine.—Prononcezpinsome.

Pentacorde, s. m., lyre à cinq cordes;—pentagone, adj. et s. m., à cinq angles;—pentamètre, adj. et s. m., vers latin de cinq pieds;—pentandrie, s. f., classe de plantes;—pentapole, s. f., contrée qui a cinq villes principales;—pentateuque, s. m., nom collectif des cinq premiers livres de la Bible:—Pentse prononcepèntdans tous ces mots. (Acad.)

Pentecôte, s. f., fête chrétienne; prononcezpant'côte(ôlong).

Pépie, s. f., petite peau blanche qui vient au bout de la langue des oiseaux et les empêche de boire; ne dites paspépi, pipie.

Pepin, s. m., semence qui se trouve au centre de certains fruits:un pepin de pomme, de raisin, de groseille: écrivez et prononcezpepin(emuet) et nonpépin(Acad.);—plusieurs lexicographes écrivent néanmoinspépin.—Le nom proprePépins'écrit ordinairement avec un accent aigu.

Pépinière(et nonpepinière), s. f., plant de petits arbres:planter une pépinière.—Prononcezpépi-nièreet nonpépi-gnière.—Voyezni.

Pequet, s. m. (mot wall.), rameau de verdure qu'on attache à une maison pour annoncer qu'on y vend des boissons; en français, on ditbouchon:un bouchon de cabaret;—ce mot se dit quelquefois pour le cabaret lui-même:il n'y a dans ce village qu'un mauvais bouchon. (Acad.)

Percale, s. f.—Ne prononcez paspercaille, maispercaleet écrivezpercale, percaline;—on écrit aussi, mais moins bien,perkale, perkaline.

Perce-neige, petite plante à fleurs blanches qui fleurit en hiver;—ce mot est féminin:une perce-neige, des perce-neige.—Prononcezperce-neigeet nonperce-neiche.

Percepteur, Précepteur.—Unpercepteurest celui qui est chargé de recouvrer (depercevoir) les impôts, les deniers, les revenus; il n'a pas de correspondant féminin.—Unprécepteurest celui qui est chargé de l'instruction et de l'éducation d'un enfant, d'un jeune homme; ce mot n'a pas de correspondant féminin; il peut cependant se rapporter à un substantif féminin:les femmes sont les vrais précepteurs du bon ton et du bon goût.

Percer, v. a.—Ne dites pas:voilà une pipe bien percée; dites,bien culottée.

Percha(gutta): voyezgutta-percha.

Perclus, adj., impotent, qui a perdu l'usage d'une partie de ses membres:il est perclus de tous ses membres; cette femme est percluse d'un bras.—Le féminin estpercluseet nonperclue.

Perderai,perderais, barb.; écrivez et prononcezperdrai, perdrais.

Perdreau, s. m., jeune perdrix de l'année;—une perdrix(féminin) est une gallinacée qui a plus d'une année.

Père, s. m.,frère, etc.: prononcezpère, frère, prière, (èouvert) et nonpére, frére, priére.

Perfection,s. f.—Ne dites pas:il travaille à la perfection; il joue du piano à la perfection; dites,en perfection.

Péril, s. m., risque, danger: L'lest mouillée ainsi que danspérilleux, périlleusement.

Période, est masculin et féminin: il estféminin, lorsqu'il signifie une révolution qui se renouvelle régulièrement;—un circuit d'un nombre d'années déterminé;—une phrase composée de plusieurs membres.—Ilestmasculin, lorsqu'il se dit du plus haut point où une chose, une personne puisse arriver, est arrivé:Napoléon est arrivé au plus haut période de la grandeur; cet homme est au dernier période de la vie.—Il se dit aussi d'un espace de temps indéterminé:un long période de temps; dans un court période. (Acad.)—Prononcezpériodeet nonpériote.

Péripétie, s. f., dénouement du drame: prononcezpéripécie.

Périr, v. neutre.—Dans les temps composés, il prend l'auxiliaireavoir(Ac.); cependant quelques écrivains l'ont conjugué avecêtre:tous ceux qui étaient sur ce navire sont péris.—L'Académie ne se sert que de l'auxiliaireavoir.

2.Périrétant un verbe neutre, ne dites pas:ce sont les mauvaises fréquentations qui ont péri ce jeune homme; dites,ce sont... qui ont perdu...(Wall.)

Persan, ane, Perse.—Persese dit des habitants de l'ancienne Perse;—les habitants de la Perse moderne s'appellentPersans, ce qui n'empêche pas qu'on ne donne aussi la qualification dePersanaux anciens Perses.

Persécuter,persécution, persécuteur, persévérer, persévérance, persistance, persister:—dans tous ces mots, l'sétant précédée d'une consonne, se prononce dure, comme danssi, son, sa, ses.

Persil, s. m., plante potagère: prononcezperciet nonpercile.

Personne, s. f.—Ne dites pas:n'y a-t-il personne d'autre à la maison? personne d'autre que...; dites,n'y a-t-il pas d'autre personne? personne autre que...Voyezrien d'autre.

2. Ce mot est féminin, quand il désigne un individu déterminé et peut être remplacé parhomme, femme:deux personnes différentes me l'ont assuré; une personne, deux personnes; je ne connais aucune personne aussi heureuse que cette femme.

3. Il est masculin, quand il est pris d'une manière indéterminée:personne oserait-il le nier? je ne connais personne d'aussi heureux que cette femme.

Perspective, s. f., t. de peint.: écrivez et prononcezperspectiveet nonperspectife, perpective.

Persuader,persuasion: prononcez l'sdure puisqu'elle est précédée d'une consonne:perçuader, (l'aest bref)perçuasionet nonperzuader, perzuasion.

Perte,s. f.—Ne dites pas:j'ai fait de grandes dépenses à pure perte, mais,en pure perte.

Peser,pesant, pesanteur, peseur, peson:—prononcezpezer, pezant, pezanteur, etc. (emuet), et nonpèzer, pèzant, pèzanteur.

Pétale, s., chacune des pièces qui composent la corolle d'une fleur; ce mot est masculin:un pétale blanc.

PétaudouPetaud, s. m.—Ce mot n'est usité que dans cette locution:c'est la cour du roi Pétaud, c'est-à-dire, un lieu de confusion, de désordre où personne ne s'entend.

PétaudièreouPetaudière, s. f., lieu où chacun veut être maître, où il n'y a que désordre et confusion:cette classe est une vraie pétaudière.

Péter, v. n., se dit figurément de certaines choses qui font un bruit subit et éclatant:le bois de chêne pète dans le feu; le laurier et le sel, jetés dans le feu, pètent; cette boite, cette fusée, ce fusil, ce pistoletetc.,pètent bien; cette bouteille de vin mousseux a bien pété; une corde de son violon, de sa harpe vient de péter; ce vin fait péter les bouteilles. (Acad.)

2. Il signifie aussiéclater, faire explosion:son fusil, son pistolet lui a pété dans la main. (Acad.) Mais il ne faut pas l'employer dans le sensfêler, s'étoiler:il ne faut pas exposer ce vase à la gelée, il se fêlerait; un verre fêlé; carreau de vitre étoilé(fêlé en forme d'étoile);prenez garde que vos bouteilles ne s'étoilent.

3. Ne dites pas,des pommes de terre pétées, ditesdes pommes terre grillées.

4. On écrit et on prononcepéteret nonpèter; on ne redouble pas letdevantemuet:il pète, il pétera.

Petiller, v. n., éclater avec bruit; dans ce mot et danspetillant, petillement, lesllsont mouillées: plusieurs écrivent et prononcentpéau lieu depe.

Pétiole, s. masc., queue de feuilles;pétiolé, adj.; porté par un pétiole:—prononcezpéciole, péciolé.

Petit, Long.—N'employez paspetitpourcourt, nilongpourgrand; dites,cet habit est trop court, et nontrop petit;cette femme est grande, et noncette femme est longue.—Prononcezpetit(emuet) et nonpètit.

2. Unpetit homme, est un homme de petite taille;—unhomme petit, est un homme sans cœur, sans dignité, sans esprit.

3.Petit peu(un),un tout peu, un tant soit peu: ces locutions ne sont pas françaises; dites,un peu, très-peu, bien peu, tant soit peu, un tantinet.—Toutefois, dans la conversation, on admetpetit peucomme représentant mieux la petitesse de la quantité.

4.Petit à petit.—Il a fait sa fortune petit à petit.—Ne dites pasde petit à petit.

Petto(in), en secret, dans l'intérieur du cœur: prononcezine pet'to; les deuxttse prononcent.—Voyezin-petto.

Pétulant, te, adj., signifie remuant, vif, impétueux, brusque, et nonmutin, têtu;il est fort pétulant; il est d'un naturel pétulant, d'un caractère pétulant(remuant);—voyez le petit mutin(et nonpétulant).

Peu, adv.—Dans le langage familierun peuest quelquefois explétif et sert à adoucir l'impératif:dites-moi un peu; venez ici un peu, que je vous parle; voyons un peu comment vous vous y prendrez. (Acad.)—Les flamands doivent se garder de rendre ceun peu, parseulement, une fois.

2. Ne dites pasun peu du pain, maisun peu de pain.

Peuple, s. m., nation, populace: prononcezpeuple(eubref) et nonpeupe, peupèle.

Peur, s. f.,—N'employez pas ce mot dans le sens desoin, avoir soin:cet écolier a soin de ses livreset non,a peur de ses livres. (Wall.)

2. Ne dites pas:vous feriez peur les gens; dites,vous feriez peur aux gens.

3. Ne dites pas:vous m'avez fait prendre une peur; dites,vous m'avez fait peur.

Peut-être, adv.—Prononcezpeut-être(eubref) pour le distinguer de (cela)peut êtreoù l'euest long; ne dites paspeut-ête, peut-êtère.

Ph, se prononce commef:Philippe(fi-lipeet nonflipe);phare(fare),philosophie(filosofie).

Phébus, s. m., Apollon, le soleil (en style poét.), style obscur et empoulé:vous croyez avoir fait du sublime et ce n'est que du phébus.—Prononcezfébuce.

Phénix, s. m., oiseau fabuleux qui renaissait, dit-on, de ses cendres; personne unique ou rare dans son espèce:vous êtes le phénix des hôtes de ce bois.—Prononcezfénikceet nonfénik, fénice.

Phrase, s. f., assemblage de mots formant un sens:une belle phrase.—Prononcezfrâze(âlong) et nonfrâce.

Piailleur, euse, s., celui ou celle qui ne fait que piailler, crier continuellement par dépit ou par méchanceté:cet enfant est un piailleur.—Ne dites paspiaillard.

Piane-piane, adv., lentement, à pas comptés:marcher piane-piane: on ne prononce point lese.

PianoouForte-pianoouPiano-forte, s. m., instrument de musique à clavier: on prononcefortéetpiano(iabref et diphth.) et nonpî-anno, pi-âno.

2.Piano, s. m., adj. et adv., terme de musique, doux, doucement, avec douceur.—Le pluriel estpianos.

Piauler, v. n., se dit des enfants qui se plaignent en pleurant:cet enfant ne fait que piauler.

Pic, s. m. (prononcezpique).—Ce mot a plusieurs significations bien distinctes.—Lepicest un instrument de fer courbé et pointu vers le bout, et dont on se sert pour casser des morceaux de rocher et pour ouvrir la terre:il faut un pic pour ouvrir cette terre remplie de cailloux.

2.Pic, en terme de géographie, se dit des montagnes très-hautes:le pic de Ténériffe.

3.Picest un oiseau grimpeur qui perce l'écorce des arbres avec son bec, pour chercher des vers et des insectes.

4. Enfinpicest un terme de jeu de piquet.—Il ne faut pas le confondre avecpiquequi signifie une des couleurs du jeu de cartes, et est également masculin:il tourne du piqueoude piqueoupique.

Picorée, (la), a le même sens que le motmaraude; mais on ditaller à la picoréeet non pasen picorée, quoiqu'on disealler en maraudeplutôt quealler à la maraude.—Picoreur, s. m., qui va à la picorée: ce mot n'a pas de correspondant féminin.—V.maraude.

Picot.—Ne dites pas:cet enfant est tombé dans les picots; dites,dans les orties.

Pie, s. f., oiseau de la famille des corbeaux; prononcezpî(îlong) et nonpi-ïe.

2.Pie, adj., pieux; il n'est usité qu'avec le motœuvre, œuvre pie, c'est-à-dire, œuvre de charité faite en vue de plaire à Dieu.

Pièce, Place.—Ditesun appartement composé de quatre pièceset nonde quatre places: prononcezpièce(ègrave mais bref) et nonpiéce.

Pied, s. m.—Ne dites pas:j'ai voyagé, j'ai fait le chemin de pied, je suis venu de pied; ditesj'ai voyagé,... à pied.

2. On peut dire par hypallage:il n'avait point de souliers dans ses pieds, au lieu de:il n'avait point ses pieds dans des souliers. (Acad.)

3.Pied bot(botn'a pas de féminin), pied contrefait:avoir un pied bot:—il se dit également d'un homme qui a le pied contrefait:les deux frères sont pieds bots; ne dites paspied à boulenipitabole.

4.De plain-pied, locut. adv., sans monter ni descendre:on va dans cette chambre de plain-pied.—N'écrivez pasde-plein-piedet ne dites pasde plat pied.

5.Pied droit.—Ne dites pas,j'ai un pied droit pour mesurer; dites,... un pied de roi.

PiedsinteouPiedsente, n'est pas français; dites sentier.

Piége, s. m., embûche: prononcezpiège(èouvert) et nonpièche.—Voyeztendreetége.

Pierre, Pierrette.—Ne dites pasdes pierres d'abricot, des pierrettes de cerise, etc.; ditesdes noyaux d'abricot, de cerise.—On nommepierreune espèce de gravier qui se trouve dans certaines poires:ces poires ont beaucoup de pierres.—Voyeznoyauetamande.

2.Pierre d'achoppement, danger, obstacle; ne dites paspierre d'achoquement.

3. On écritun tailleur de pierreet nonun tailleur de pierres, homme qui taillela pierreet non le bois ni le fer; mais on diraun casseur de pierres, homme qui casseles pierres.

Piété, s. f., dévotion; ce mot n'a pas de pluriel.

Piètre, adj., mesquin, chétif et de nulle valeur dans son genre:un habit piètre, un piètre ouvrier; ne dites paspeutre.—Prononcezpiè-tre(pièdiphth.) et nonpiète, piètère.

Pieux, se, adj., qui a de la piété:—prononcezpi-eu(deux syll.) pour le distinguer depieu(pièce de bois pointue) qu'on prononcepieu(en une seule syll.)

Pile, s. f., se dit de celui des deux côtés d'une pièce de monnaie où sont empreintes les armes du souverain; le côté opposé se nommecroixoutête:n'avoir ni croix ni pile; jouons, jetons à croix-pile qui l'aura; que retenez-vous, croix ou pile?

2.Pile, s. f., soufflet, taloche: ce mot n'est pas français.

Piler, v. a., écraser, broyer; écrivez et prononcezpileret nonpiller(llmouillées).—Le vase de métal, de pierre, de faïence, etc., dans lequel on pile, se nommemortier:un mortier de cuivre sert d'enseigne à ce pharmacien.—Lepilonest l'instrument dont on se sert pour piler dans un mortier:un pilon de fer, de bois.

Pilotis, s. m., grosse pièce de bois pointue qu'on fait entrer en terre avec force pour asseoir les fondements d'un édifice, etc.; ne dites paspilote, qui signifie, celui qui gouverne un vaisseau:Amsterdam est bâti sur pilotiset non,... sur pilotes.

Pince, Pincette, s. f.—Pincese dit d'une sorte de longues tenailles dont on se sert pour remuer les grosses bûches dans une cheminée:il faut prendre cette bûche avec la pince.—Il se dit également dans plusieurs arts ou métiers, de certaines tenailles, les unes grosses, les autres petites, qui servent à différents usages:les taillandiers, les serruriers ont de grosses pinces pour tenir leur ouvrage, quand ils le mettent au feu; les horlogers, les arquebusiers ont de petites pinces pour prendre et placer les goupilles et autres pièces légères.—Pincesignifie aussi un barre de fer aplatie par un bout, et dont on se sert comme d'un levier:lever une grosse pierre avec une pince.

2.Pincette, s. f., et plus ordinairementpincettes(au plur.), ustensile de fer à deux branches égales, dont on se sert pour accommoder le feu:attiser le feu avec des pincettes. On dit aussitenaillesdans ce sens.—Il se dit encore d'un instrument de fer, dont on se sert pour s'arracher le poil:il se fait la barbe avec la pincette.—Il se dit également, dans plusieurs arts ou métiers, de petits instruments de fer à deux branches, dont on se sert pour prendre ou pour placercertains objets qu'on ne pourrait ni prendre ni placer facilement avec les doigts.—Ne dites pointépince, épincette.—Voyeztenaille.

Pinçon, Pincée, Pinson.—Pinçon, s. m., se dit de la marque qui reste sur la peau quand on a été pincé:je me suis fait un pinçon en fermant cette porte. Mais on ditavoir l'ongléeet nondes pinçons, lorsqu'on veut parler de certaines douleurs qu'on ressent au bout des doigts quand on y a eu fort froid:je ne puis pas écrire, j'ai l'onglée.—Pincée, s. f., se dit de ce qu'on peut prendre de certaines choses en les pinçant entre deux ou trois doigts:une pincée de sel.—Lepinson, s. m., est une sorte de petit oiseau:gai comme un pinson.—Voyezpensum.

Pipe, s. f.—Ditespipe bien culottée, et nonpipe bien percéenibien passée.

Piquanterie, n'est pas français: il faut direpicoterie, pour signifier des paroles malignes et de nature à blesser;picoterc'est faire des picoteries;il m'impatiente par des picoteries continuelles; il l'a picoté pendant toute la soirée.

Pique-assiettes, n'est pas français; ditespiqueur d'assiettes, piqueur de tableouécornifleur, pour désigner celui qui cherche à manger aux dépens d'autrui.

Piqûre, s. f., petite blessure que fait une chose ou un animal qui pique: écrivezpiqûre(avec un accent circonflexe) et nonpiqure.

Pire, Pis.—Pire, adj. comparatif demauvais, (plus mauvais); au superlatif on ditle pire(le plus mauvais).—Pis, adv. comparatif demal(plus mal); le superlatif estle pis.—Servez-vous depire, lorsque, en reversant le sens de la phrase, vous diriezmeilleur, et depis, si c'estmieuxque vous emploieriez:—tant pis(tant mieux);il va de mal en pis(en mieux);le pis(le mieux)que j'y trouve;il est bien pire(bien meilleur)qu'il n'était;de deux maux, il faut éviter le pire(le meilleur);ils sont pis que(mieux)jamais ensemble.

2. On ne dit pas:plus pire, plus pis, pas plus qu'on ne ditplus meilleur, plus mieux.

3. On ne fait sentir l'sdepisque devant une voyelle:au pis aller; qui pis est.

Piteux, euse, adj., qui excite la pitié,un spectacle piteux, une mine piteuse.—Ne dites paspitieux.

Pitié, s. f., compassion pour les peines d'autrui; ce mot ne s'emploie pas au pluriel.—On écritgrand'-pitiéougrande pitiédans cette locution:c'est grand'-pitiéougrande pitié. (Acad.)—Prononcezpiti-éet nonpit-chié.—Voyeztietdi.

Place, s. f.—On doit se servir du motpièce, lors qu'on parle des différentes parties d'une maison:son appartement est composée de tant de pièces(et nonde places);le salon est la plus belle pièce de la maison;la seconde pièce;la salleoula pièce à manger(et nonla place).

2, Ne dites pas,à la placeouen place d'étudier, il joue; dites,au lieu d'étudier, il joue.

3. Ne dites pas:Messieurs, mettez-vous à place; dites,en place.

Placer(se),—Ne dites pas:placez-vous, je vous prie; dites,asseyez-vous...

Placet, s. m., demande écrite à l'effet d'obtenir une grâce, une faveur du Roi; en parlant des ministres, des tribunaux, etc., on se sert du motpétition;—au pluriel,placets.—Prononcezplacè(èbref).

Plafonner, v. a.—Ne dites pasplafonner un mur, mais,plâtrer un mur: on ne plafonne que les plafonds.

Plaideur, s. m., celui qui est en procès; au féminin,plaideuse.

Plaidoyer, v. n.,Plaidoyeur, s. m., ne sont pas français; il faut direplaider, plaidailler, plaideur, plaidailleur.

Plain, aine, adj., plat, uni sans inégalité:pays plain; la bataille s'est donnée en plaine campagne; drap plain.

2.Plain-pied.—Voyezpied.

3.Plain-chant, s. m., le chant d'église:on a exécuté une messe en plain-chant.—Il n'a pas de pluriel.

Plaindre, v. a., signifie, entre autres acceptions, employer, donner avec répugnance, à regret, d'une manière insuffisante:il ne plaint ni son temps ni ses soins quand il s'agit de rendre service; il plaint le pain à ses domestiques; il plaint l'avoine à ses chevaux; il plaint jusqu'aux habits qu'il donne à ses enfants.—Il correspond assez bien au mot wallonmèskeûre; le motkeûrese rendrait également assez bien par,ne pas plaindre:je ne lui plains pas cette réprimande, il l'a bien méritée.

Plaine, s. f. campagne: prononcezplène(èlong) et nonplain-ne.

Plaire, v. n.—Ne dites pas:il faut bien plaire ses parents; dites,à ses parents.

2.Ce qui plaît, signifie ce qui est agréable;ce qu'il plaît, signifie ce que l'on veut.—Ne dites donc pas:je fais ce qui me plaît, pour faire entendre que vous n'avez pas d'ordre à recevoir; dites,je fais ce qu'il me plaît.—Au contraire, dites:les gens peu raisonnables sacrifient leurs intérêts à ce qui leur plaît; c'est-à-dire,à ce qui leur est agréable.

3. Ne dites pas:si vous plaît?pour engager quelqu'un à répéter ce qu'il vient de dire; dites,s'il vous plaîtouplaît-il, oupardon, je n'ai pas entendu, je n'ai pas compris.

4.Se plaire, suivi d'un infinitif, demande la prépositionà:il se plaît à étudier, à chasser.

Plaisant, ante, adj., agréable, qui plaît:je ne trouve pas plaisant que vous vous occupiez de moi. Il est peu usité dans ce sens, et il ne s'emploie que dans des phrases négatives.

2. Il signifie plus ordinairement, qui divertit, qui fait rire:il nous a fait un conte plaisant; c'est le plus plaisant homme du monde; il a des manières tout à fait plaisantes; histoire plaisante et récréative.—Ne dites donc pas d'un hommequ'il est plaisant, pour faire entendrequ'il est aimable.

3.Plaisantse dit aussi, par une sorte de mépris, et pour signifier, impertinent; ridicule: en ce sens, il précède toujours le substantif:c'est un plaisant homme, un plaisant visage; il a un plaisant habit; je vous trouve plaisant de vouloir...

Plaisir, s. m.—Ou ditavoir du plaisir, avoir plaisir, y avoir du plaisir à,—etavoir le plaisir, faire plaisir de:—vous aurez du plaisir à(et nonde)causer avec lui;j'ai plaisir à travailler avec lui;—vous me ferez plaisir de(nonà)parler ainsi.—Prononcezplésireet nonplèsir, niplési.

Plan, s. m.—Ne dites pas:jeter son plan sur quelqu'un, sur quelque chose; dites,jeter son plomb, son dévolu:il a jeté son plomb sur cet emploi, jeter un dévolu, son dévolu sur quelqu'un, sur quelque chose.

Planchéier, v. a., garnir de planches, faire un plancher:j'ai fait planchéier mon cabinet de bois, (et nonde planches)de sapin.—Ne dites pasplancheterniplancher.

Plancher, s. m.—On appelle ainsi les planches et les poutres qui séparent deux étages ou qui sont placées sur l'aire du rez-de-chaussée:il est tombé sur le plancher; peindre les solives d'un plancher; suspendre quelque chose au plancher;—mais il ne faut pas dire, monterau plancher, l'escalierdu plancher, au lieu de monterà l'étage, l'escalierde l'étage.—Si la maison a plusieurs étages, on dit monterau premier, au second, etc.—Voyezpavé.

Plane, s. f., outil tranchant et à deux poignées pour aplanir, rendre unis des morceaux de bois des planches.

Planisphère, carte où les deux moitiés du globe céleste ou du globe terrestre sont représentées; ce mot est masculin:la mappemonde est un planisphère terrestre.

Plantoir, s. m., outil de bois, pointu et quelquefois ferré par le bout, dont les jardiniers se servent pour faire dans la terre les trous où ils veulent mettre des plantes ou des graines:un bon plantoir.—Une plantoiren'est pas français.

Planure, s. f., bois que l'on retranche des pièces que l'on plane:se chauffer avec des planures.

Plaquer, dans le sens d'adhérer fortement, de coller, n'est pas français:ce papier est collé(et nonplaqué)sur du carton;ces deux feuillets sont collés(et nonplaqués).

Plat, ate, adj.—Le plat paysest le village par rapport à la ville;—un pays platest la plaine par rapport aux montagnes.

Platine, s., or blanc, est masculin:le platine a été découvert en Amérique.—Dans toutes les autres acceptions, il est féminin:la platine d'un fusil, la platine d'une serrure.—Plusieurs personnes se servent à tort de ce mot pour indiquer un petit chandelier de cuisine; il faut direbougeoir.

Plâtre, s. masculin:du plâtre.

Platrier, s. m., celui qui prépare le plâtre ou qui le vend; ne dites pasplâtreur.

Plein, eine, adj.—Tout plein, sert quelquefois d'adverbe de quantité, et alors, il signifiebeaucoup:on trouve tout plein de gens qui pensent...; il y a tout plein de monde dans les rues; j'ai tout plein de livres d'égarés; vous dites qu'il n'y a pas de boutique dans cette rue, il y en a tout plein.—Il est très familier. (Acad.)

2.Pleinest invariable, lorsqu'il est séparé de son substantif par un adjectif possessif:il a plein ses poches d'argent.—Il s'accorde avec son substantif, quand il n'en est pas séparé:il donne de l'argent à pleines mains; il en a les poches pleines.

Pléis, poisson.—Ce mot n'est pas français; il vient apparemment du flamandpladys; il faut direplie.

Pléonasme vicieux, surabondance de mots qui rendent le discours diffus ou incorrect; nous en donnerons quelques exemples (prononcezplé-onas-meet nonpléïonasme, pléoname).

2.Arrière.—Les grecs épouvantés reculent en arrière: on ne peut pas reculeren avant;arrièreest donc de trop.

3.Allumer la lumière; dires allumer la bougie, la chandelle, etc.; on ne peutallumer la lumière; cependant, on peut direallumer le feuoudu feu.

4.Assez.—Vos raisons sont assez suffisantes; l'idée exprimée par le motassezest déjà renfermée dans le motsuffisant.

5.Aujourd'hui.—Le jour d'aujourd'hui les enfants sont peu soumis.—Jour et aujourd'huiexpriment la même idée.

6.Beaucoup.—Ce discours est rempli de beaucoup de citations.Il ne pourrait pas être rempli depeude citations;beaucoupest donc superflu.

7.Borne.—Cicéron a étendu les bornes et les limites de la science.Ces deux mots exprimant la même idée, l'un des deux suffit.

8.Brillant.—Un brillant éclat:brillantest de trop, car toutéclatest brillant.

9.Charlemagne.—Magne(du latinmagnus) veut direCharles-le-Grand; ne dites donc pasCharlemagne-le-Grand, quoique pourtant on puisse direle grand Charlemagne, ce mot étant dans ce cas considéré simplement comme un nom propre.

10.En.—Les vainqueurs étaient au nombre de vingt mille, dont il n'y en eut pas un seul de tué.Retranchezenou bien dites:dont il n'y eut pas un seul de tué.

11.Inanimé.—Un cadavre inanimé: y a-t-il des cadavresanimésouvivants?


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