Chapter 20

12.Mon, ma, mes, ton, ta, tes, son, sa, ses.—J'ai mal à mon pied, tu as mal à ta tête; il a mal à son bras: est-ce qu'on peut avoir mal au pied, à la tête, au bras d'un autre?

13.Malgré.—Il fut forcé malgré lui de partir; c'est toujoursmalgré soiqu'on estforcé.

14.Mutuellement.—Il faut s'entr'aider mutuellement: ce dernier mot n'ajoute rien au sens.—Il en est de même del'un l'autre, les uns les autresemployés dans ce sens.

15.Orageux.—Une tempête orageuse: il n'y a point de tempête sans orage.

16.De part et d'autre.—Cet entretien se termina par des plaintes réciproques de part et d'autres: ces derniers mots sont superflus, carréciproqueetde part et d'autresignifient la même chose.

17.Partout.—Il y a des sots tout partout: le dernier mot rend à lui seul toute la pensée; supprimeztout.

18.Petit.—Un petit monticule, une petite maisonnette, une petite barquette, un petit peu: l'idée depetitest marquée parmonticule, maisonnette, barquetteetpeu; donc le motpetitest de trop.

19.Puis.—Il va dîner, puis ensuite il ira chez nous; puissignifie déjàensuite.

20.Seulement.—Pour faire trembler les révoltés, le roi n'aurait seulement qu'à se montrer:seulementest de trop, car l'idée qu'il exprime est rendue parne... que.

21.Temps.—Une heure de temps, un jour, une semaine, un mois, une année de temps:—les heures, les jours, etc., ne mesurent pas autre chose que letemps.

22.Vite.—Dépêchez-vous vite; peut-on se dépêcherlentement?

23.Voyons voir: répétition barbare.

24.Nous entrâmes dans la maison où nous y trouvâmes des amis: retranchezyou bien dites:et nous y trouvâmes des amis.

Pleurésie, s. f., maladie: ne dites pasplurésienipurésie.

Pleurs, s. masculin, sans singulier, larmes:des pleurs amers.—Bossuet a dit dans le style élevé, en parlant de l'enfer:là règne un pleur éternel; mais ici le motpleurparaît être pris dans un sens figuré, pourpeine, douleur.

Pleuviner, pour désigner une pluie fine qui tombe, n'est pas français; ditesbruineroupluviner:il commence à bruiner, à pluviner.—Bruinerest préférable.

Pleuvoir, fait au participe passéplu:il y a longtemps qu'il n'ait plu(et nonpleu),—L'Académie ne donne pas de participe présent.

Pli, s. m., terme du jeu de cartes;—ne dites pas,j'ai fait deux, trois, six plis; dites,j'ai fait deux, trois, six levées.

Plier, Ployer, v. a.—Voici ce que dit le Dictionnaire de l'Académie:—plier, mettre en un ou plusieurs doubles et avec un certain ordre:plier du linge, plier des habits, des hardes, des draps de lit, des serviettes; pliez votre serviette, plier une lettre, etc.—Pliersignifie aussi courber, fléchir:plier de l'osier, plier des branches, des branches d'arbre, des branches de vigne pour en faire un berceau, plier les genoux.

2.Pliers'emploie figurément, et signifie, assujétir, soumettre, faire céder, s'accoutumer:il faudra plier ce jeune homme à la bonne règle; plier son esprit, son humeur aux volontés, aux désirs d'autrui.—Il est aussi neutre, et signifie devenir courbé:un roseau, un bâton, une houssine, une baguette qui plie; la planche pliait sous lui.—Figurément, plier sous le poids des affaires, sous le poids des années; plier sous l'autorité, sous les ordres de quelqu'un.

3.Ployerveut dire, fléchir, courber:ployer une branche d'arbre; ployer le genou en marchant.—Il signifie quelquefois, arranger une chose en la pliant, en lamettant en rouleau, en paquet, etc.ployez votre marchandise; ployez votre serviette; ployez vos habits.

Ployers'emploie comme actif, comme neutre et avec le pronom personnel dans presque toutes les acceptions du verbeplier, mais seulementen poésieetdans le style élevé;—dansle langage ordinaire, on se sert deployer. (Acad.)

Ploter, v. a., battre, maltraiter; écrivezpeloteret prononcezploter:on l'a bien peloté; il a été bien peloté dans cette conversation, dans cette dispute.

Pluie, s. f., eau qui tombe des nuages: prononcezpluî(uidiphth.) et nonpluiïe, niplouî.

Plume, s. f.:—c'est une belle plume, pour,il a une écriture, n'est pas français.

Pluriel, elle, adj. et subst.—Quelques-uns, dit l'Académie, écriventplurier, et la plupart prononcentplurié;—nous pensons que cette forme et cette prononciation sont surannées, et qu'il faut aujourd'hui écrire et prononcerpluriel(plurièle, èbref).

Plus, adv. de comp.—Prononcezpluet nonplusse: l'scependant se prononce dans:je dis plus, il a pluset dansplus-que-parfait.

2. Il a le même sens quedavantage, mais on ne peut pas l'employer pourdavantage: voyezce mot.

3.Plus d'à demi, plus d'à moitié: ces locutions sont préférables à celles-ci:plus qu'à demi, plus qu'à moitié.

4. Ne dites pas:il a plus que vingt ans; il a dépensé plus que cent francs; dites,il a plus de vingt ans; il a dépensé plus de cent francs.

5. Ne dites pas:il est plus sage, il est moins sage comme vous; dites,que vous.

6. Ne dites pas:plus pauvre est-on, plus est-ce qu'on veut briller; plus que je le connais, plus que je l'estime; dites,plus pauvre est-on, plus veut-on briller; plus je le connais, plus je l'estime.

7. Ne dites pas:je n'ai plus vu ce monsieur, pour signifier que vous le voyez pour la première fois; dites,je ne l'ai pas encore vu, je ne l'ai jamais vu.

8.Plus pire, plus meilleur, plus pis, plus mieux, sont des locutions barbares.

9.Pluscomparé àmieux; voyezce dernier mot.

10.Plus tôtetplutôt.—Plus tôt, en deux mots, a rapport au temps et est opposé àplus tard:il est arrivé plus tôt (plus tard) que vous.—Plutôt, en un mot, éveille une idée de choix, de préférence:plutôt mourir que de me déshonorer; c'est-à-dire, je préfère, j'aime mieux mourir que...

Poche, s. f.—Ne dites pas:j'ai ce papier en poche; dites,dans ma poche; mettre, serrer, fourrer quelque chose dans sa poche, dans ses poches.—Mettre en poche, (figuré et famil.) c'estmettre en réserveet appliquer à son profit un argent qu'on a reçu pour une autre destination.

Poêle, a plusieurs significations:—poêle, s.masculin(et nonpoèlenipoële), drap mortuaire qui recouvre le cercueil; voile qui recouvre la tête des mariés; sorte de dais.—Poêleoupoile, s.masculin(et nonpoèlenipoële), sorte de fourneau de terre ou de fonte ou de tôle, par le moyen duquel on échauffe des chambres, des serres, etc.—Poêle, s.féminin(et nonpoèlenipoële), ustensile de cuisine à longue queue pour frire, fricasser;—poêlon, petite poêle:—dans toutes ces diverses acceptions, prononcezpoale, poalon, poalieret nonpèlenipoèle.

Poêlier, s. m. (et nonpoëlier), artisan qui fait des poêles: prononcezpoalieret nonpoèlier.

Poème, s. m., ouvrage en vers;—poète:—l'eest grave dans ces mots; l'oet l'èforment deux syllabes de même que pour les dérivéspoésie, poétereau, poétesse, poétique, poétiser, etc.

2. On doit se garder d'intercaler, dans la prononciation, unientre l'oet l'e; ne dites donc pas,po-ïème, po-ïète, po-ïésie, po-ïétique, etc.

Poète, s. m., celui qui cultive la poésie; au féminin,poétesse, mais il est peu usité et l'on dit plus volontiersune femme poète.

Poigner, n'est pas français; il faut diretoucher, manier, prendre dans la main:—regardez cela, mais n'y touchez pas; ne touchez pas cela; manier un drap pour voir s'il est doux, s'il est fin.—Empoignerest français.

Poignet,poignant, poignée, poignard:—prononcezpoagnet, poagnant, poagnée, poagnardet nonpognet, pognant, pognée, pognard.

Poil, s. m.—On ne dit pas unpoil, mais bien ungrainde tabac, d'avoine, de poudre à canon;—unbrind'herbe, de fil, de soie, de paille;—unfloconde neige:la grêle n'a pas laissé dans ce pré un brin d'herbe; le seigle et le froment ont déjà poussé de beaux brins; ces pauvres n'ont pas un brin de paille pour se coucher.

2.Poil(mort).—Il faut traduire parpoil follet, si l'on veut désigner ces poils rares et légers qui viennent avant la barbe;duvets'emploie aussi dans cette acception, surtout en poésie;—et parduvet, si l'on veut parler des poils qui poussent aux jeunes oiseaux avant les plumes:ce jeune homme n'a encore que le poil follet; le poil follet commence à lui pousser; ces petits moineaux ont encore leur duvet.—Prononcezpoaleet nonpoèle.

Poindre, v. n., n'est usité qu'à l'infinitif et au futur; il se dit proprement du jour qui commence à paraître, et de plantes qui commencent à pousser:à peine le jour commençait à poindre; je partirai dès que le jour poindra; dès que les herbes commencent à poindre; le poil commence à lui poindre au menton.

2. Ne dites paspointerdans ce sens:j'ai vu poindre(et nonpointer)le jour.

3. Prononcezpoindreet nonpoandrenipoin-te, poindère.

Point(à).—Cette locution est française et signifie,à propos;il était ruiné, il a recueilli une grande succession, cela lui est venu bien à point;—vous arrivez à point, bien à point;—tout vient à point à qui peut attendre.

Point, Pas.—Ne dites pas:il y a six mois que je ne l'ai pas vu; dites,il y a six mois que je ne l'ai vu.

2. Ne dites pas:ont-ils pas fait telle chose; viendra-t-il pas aujourd'hui?dites,n'ont-ils pas fait telle chose; ne viendra-t-il pas aujourd'hui?—Voyezpas.

3.Peu ou point, ni peu ni point:—Ces locutions sont françaises: la première signifiepresque pointet la seconde,point du tout:—il a peu ou point de santé; il n'a d'esprit ni peu ni point.

4. Prononcezpoint(en faisant sentir l'incomme danspin) et nonpoant.

Pointilleux, euse, celui qui aime à pointiller, à contester:vous êtes bien pointilleux;—ne dites paspointilleur.

PoireauetPorreau, s. m.—Ces deux mots sont reçus, maisporreauparaît moins usité (Acad.):—cependant commeporreauest plus en usage en Belgique quepoireau, nous pensons qu'il faut lui donner la préférence, au moins dans la conversation: c'est une plante potagère du genre des oignons:une soupe aux porreaux.

2.Poireausignifie aussi une excroissance qui vient sur la peau, particulièrement aux mains:il a les mains pleines de poireaux;—il se dit dans le même sens, en parlant des chevaux et des chiens:un cheval qui a des poireaux aux jambes; un petit chien qui a des poireaux aux joues.—On dit aussiverruedans ce sens.—Poireau: prononcezpoareau.

Pois goulus, pois que l'on mange avec la cosse; ne dites paspois gourmands.

Poivrier, Poivrière.—Lepoivrierest un arbrisseau qui produit le poivre; il se dit aussi, d'un vase, d'une boîte où l'on conserve le poivre;—lapoivrièreest un ustensile de table de la forme d'une salière dans lequel on met le poivre;—il se dit aussi d'un petit vase en forme de poire dont l'extrémité est percée d'un petit trou et que l'on secoue pour saupoudrer de poivre divers aliments.

Polder, s. m., au pl.,polders, vastes plaines de la Belgique qui sont protégées par les digues: prononcezpol-dre.

Polichinelle, s. m., sorte de marionnette; ne dites pasporichinellenipourichinelle.

Polir, v. a.—Ne dites paspolir, dans le sens de repasser du linge:voilà des chemises bien repassées, et nonbien polies;—il faut dire égalementrepasseuseet nonpolisseuse.

Pollen, s. m. poussière fécondante des fleurs: prononcezpol'lène, en faisant sentir les deuxllet l'n.

Pommeau: voyezclicheetbouton.

Ponctuer,ponctuation, ponctuel, ponctualitéetc.:—prononcez leccomme unk.

Pontonnier, s. m., celui qui reçoit le droit exigé pour le passage d'une rivière, soit sur un pont, soit dans un bac.—Prononcezponto-nieret nonponto-gnier.

PoquesetPoquettes: ces mots ne sont pas français;—il faut direpetite vérole:mon frère a eu la petite véroleet non,les poques, les poquettes.

Porc, s. m., cochon:—lecne se fait pas sentir devant une consonne:du porc frais(por).

Porc-épic, s. m., quadrupède dont le corps est hérissé de piquants; au pluriel,porcs-épic:—prononcezporképikau pluriel comme au singulier.

Portant, te, ne s'emploie qu'avec les adverbesbienetmal:mon frère est bien portant, ma sœur est mal portante(se porte bien, se porte mal).

2.L'un portant l'autre, pourl'un parmi l'autre: voyezparmi.

Ported'une agraffe(la), est une espèce de petit anneau où l'on fait entrer le crochet d'une agraffe et qui sert à la retenir.—Ne dites pasœillet.

Porteballe, s. m., s'écrit sans trait d'union et en un seul mot.—Il se dit d'un marchand ambulant qui porte sur son dos une balle de marchandises; au plurieldes porteballes:—ne dites pasporte-panier.

Porte-cigare, s. m., espèce de chalumet au bout duquel on adapte un cigare;—étui pour renfermer plusieurs cigares;—au pluriel, desporte-cigaredans la première acception, etporte-cigaresau singulier et au pluriel, dans la seconde;—dans ce cas, nous préférerions le motétui à cigares; on éviterait ainsi l'équivoque.

Portefaix, Portefeuille, Portemanteau, s'écrivent sans trait d'union et en un seul mot.

Porter, s. m., espèce de bière anglaise: prononcezportère.

Porteur de lettres, ne se dit pas; ditesfacteur.

Portion, Potion.—Portionsignifiepart, partie:les héritiers ont partagé tout le bien du défunt en quatre portions; garçon, servez-moi une portion de fraises.—Potionne désigne qu'un remède liquide:une potion calmanteet nonune portion calmante.—Prononcezporcion, pôcion(ôlong).

Possible, adj.—Il est possible que, est-il possible que, veut le subjonctif:il est possible que je gagne(et nonque je gagnerai)le gros lot;est-il possible que vous vous laissiez(et nonque vous vous laisserez)toujours entraîner par vos camarades.

2.Possibleest invariable, comme attribut d'une proposition elliptique, lorsqu'il est précédé des motsplus, moins, le plus, le moins:ils ne songent qu'à payer le moins d'impôts possible, c'est-à-dire, qu'il lui est possible.

3. Ne dites pas:cela peut être possible; c'est un pléonasme vicieux; dites simplement:cela est possible.

4. Prononcezpossi-bleet nonpossipe, possibèle.

Poste, s. f.: prononcezpos-teet nonposse.

2. Ne dites pas d'un domestique qu'il est dans un bonposte; dites qu'il est dans une bonnecondition.

3.Papier de posten'est pas admis par l'Académie, qui ditpapier à lettres.

Post-scriptum, s. m., ce qui est ajouté à une lettre, ordinairement après la signature: on l'indique par ces deux lettres:P. S.—Au pluriel despost-scriptum. (Acad.) Prononcezposs'-scriptome.

Posture, s. f., signifie la position du corps, mais il n'est pas synonyme destatue:il y a des statues dans son jardin(et nondes postures).

Pot, s. m., vase de terre ou de métal: prononcezpô(ôlong); l'odevient bref danspot-à-l'eau, pot-au-lait, pot-au-feu.

2. Ce mot, suivi de la prépositionà, marque la destination dupot; et lorsqu'il est suivi de la prépositionde, il indique l'usage actuel du vase:pot-à-l'eau, pot-au-lait, pot à fleurs, etc., vases propres à mettre de l'eau, du lait, des fleurs;—pot d'eau, pot de lait, pot de fleurs, vase qui contient maintenant de l'eau, du lait, des fleurs.

3. Ne dites pas:mettez au potouà la potte, pour,mettez au jeu, faites l'enjeu.

4. Ne dites pas,il est bête comme un pot; en effet, un pot ne peut être ni bête ni intelligent; dites,il est bête comme une oie;—cependant on peut dire d'une personne de peu d'intelligence,qu'elle est bouchée comme un pot.

5. On dit également bien,il est sourd comme un pot(et noncomme une porte).

Potable, adj., qui peut se boire, qu'on peut boire sans répugnance:eau potable, ce vin est déjà potable;—prononcezpotable, et nonpotapenipotabèle.—Voyezbuvable.

Potassium, s. m., nouveau métal: prononcezpotaciome.

Pot-au-feu, s. m., s'écrit avec des traits d'union;—au pluriel, despot-au-feu. (Acad.)—Ce mot signifie la quantité de viande destinée à être mise dans le pot:mettre un pot-au-feu, trois pot-au-feu; unpot-au-feu de trois livres de viande, de trois livres.—Pot-au-feune se dit pas dubouilli.

Pot-de-vin, s. m., sorte de présent qui se fait en sus du prix convenu pour un marché; au plurieldes pots-de-vin:on lui donne mille francs pour le pot-de-vin.—Voyezdringuelle.

Pot pourri, s. m., s'écrit sans trait d'union.

Poteau(d'eau), petit amas d'eau formé par la pluie, etc., dans les parties creuses des chemins;—ce mot n'est pas français; rendez-le parflaqueoumare(laflaqueest plus petite que lamare):il y a des flaques d'eau dans ce chemin; dans ce village on abreuve les bestiaux à une mare, à la mare.

Potée, s. f., ce qui est contenu dans un pot, ce que peut contenir un pot:une potée d'eau, une potée de bouillon, une potée de lait.

2.Une potée d'enfants, c'est un grand nombre d'enfants;—éveillé comme une potée de souris, se dit d'un enfant fort vif, fort remuant et fort gai. (Acad.)—Plusieurs lexicographes disentéveillé comme une portée de souris.

3. On ne dit pas,une potée de fleursou simplementune potée; le mot français estpot de fleurs.

4.Potéene se dit pas non plus en français pourquart de pinte.

Potiquet, n'est pas français; ditespetit pot.

Potiron, s. m., espèce de citrouille ronde:manger du potiron;—ne dites paspoturon.

Potte, n'est pas français; il faut direfossettepour désigner un petit creux que les enfants font en terre pour y jeter et y faire entrer des noix, des billes, des noyaux, etc.:jouer à la fossette.

Pouce, s. m., le plus gros et le plus court des doigts de la main.

2. On peut dire, mangerun morceau sur le pouce, c'est-à-dire,à la hâte;—l'Académie donne cet exemple:manger, déjeuner sur le pouce, (à la hâte, sans prendre le temps de s'asseoir).—c'est donc à tort que certains grammairiens condamnent la première locution.

3. Ne dites pasle pouce du pied: ditesle gros orteilou simplementl'orteil.

Pouding, s. m., sorte de mets anglais composé de différents ingrédients: prononcezpoudingue.

Poudre, s. f., se dit de divers médicaments, simples ou composés, qui sont sous la forme de poudre; ce mot est féminin:poudre purgative; une poudre d'une grande vertu.

Poulain, s. m., jeune cheval: le féminin correspondant estpouliche;—on disait autrefoispoulaineoupouline.

Poule, s. f.; ne dites paspouille.

Pouls, s. m., battement des artères: prononcezpouet nonpoulenipouce.

Poumonie, s. f., maladie de poumons;poumonique, qui en est atteint;—ces mots ne sont pas français: ditespulmonie, pulmonique.

Poupard, s. m., enfant au maillot, gros enfant: ne dites paspapard.—On dit aussipoupon, pouponne.

Poupée, s. f., jouet de petites filles; ne dites paspoupe, pope.

Pour, prép.—Ne dites pas:qui est-ce, qu'est-ce pour un homme, pour une musique, pour un arbre,pour une fleur?dites simplementqui est-ceouquel est cet homme, quelle est cette musique, quel est cet arbre, quelle est cette fleur?

2. Ne dites pas:pour à l'égard de votre frère; dites,pour votre frèreouà l'égard de votre frère.

3. Ne dites pas:le vin est fait pour boire; dites,pour être bu.—Avecpour, évitez les verbes actifs pris dans un sens passif.

4. Ne dites pas:pour quant à moi; dites,pour moiouquant à moi.

5. Ne dites pas:s'il est puni, c'est pour lui, car il l'a bien mérité; dites,s'il est puni, tant pis pour lui...

6. Ne dites pas:c'est un long travail, j'en ai pour moi trois mois; dites,j'en ai pour trois mois.

7. Ne dites pas:tout est trop cher, ce n'est plus pour vivre; dites,il n'y a plus moyen de vivre. (Fland.)

8. Ne dites pas,le dites-vous pour de bon; dites,tout de bon.

9. Ne dites pas,il dort pour quatre; dites,il dort comme quatre. (Fland.)

10. Ne dites pas,je n'oserais le faire, c'est bon vousoupour vous; dites,c'est bon à vous.

Pourboire, s. m.: voyezdringuelle.

Pourpre, s. m., couleur rouge foncée: prononcezpour-preet nonpourpenipourpère.

2.Pourpre, maladie dangereuse, est masculin:il a la maladie du pourpre.

Pourquoi.—Ne dites pas:Dieu est juste, c'est pourquoi que nous devons l'aimer; dites,c'est pourquoi nous devons l'aimer. (Wall.)

2. Ne dites pas:pourquoi est-ce que vous faites cela; pourquoi est-ce que c'est que vous faites cela?—dites,pourquoi faites-vous cela?

Poursuivre, v. a., fait au part. passépoursuiviet nonpoursui:il m'a poursuivi pendant une heure;—la même observation s'applique au verbesuivre.

Pourvu que, loc. conj.: voyezparmi que.

Pousser, v. a. et n.—On dit très-bien,les arbres commencent à pousser; ces fleurs poussent déjà, pour signifier un accroissement qui se produit dans les arbres et dans les plantes.—On dit également,les arbres commencent à pousser des boutons, des feuilles;—maispousser, dans ce dernier sens, ne s'emploie pas comme verbe neutre;—il faut dire,les arbres poussent des boutons, des feuilles, etc., ou bien,les arbres verdissent.

Poussière, s. f.—Ne dites pas,j'ai une poussière dans l'œil; dites,j'ai un grain de poussièreouj'ai de la poussière dans l'œil.

2.Poudreux, couvert de poussière, dans le langage ordinaire, est infiniment préférable àpoussiéreux:—pousseuxn'est pas français.

Poussin, Poulet.—Poussin, petit poulet nouvellement éclos:une poule qui appelle, quirassemble ses poussins.—Pouletse dit du petit d'une poule, plus âgé et plus fort que lepoussin:manger du poulet; élever, engraisser des poulets.

Poutre, s., grosse pièce de bois équarri qui soutient les solives d'un plancher; ce mot est féminin:la poutre est cassée.—Prononcezpou-treet nonpoutenipoutère.

Poutrelle, s. f., petite poutre: dans ce bâtiment il ne faut que des poutrelles.

Pouvoir, v. n.—Il ne peut mal de tomber, de négliger ses devoirs(Wall.): voyezmal.

2. Ne dites pas:le verre est cassé, je n'en peux rien; ditesje n'y puis rien, ce n'est pas ma faute;—on dit encore:on l'accuse fort injustement de telle chose, il n'en peut mais.

3. Ne dites pas,cet homme peut contre la boisson(Flandr.); dites,cet homme sait supporter la boisson. (Flandr.)

4. Ne dites pas:cette dépense n'est pas trop forte pour lui, il peut là contre; dites,il peut la faire sans se gêner. (Fland.)

5.Pouvoir,savoir.—On ne saurait, on ne peut.—On ne sauraitparaît plus propre à marquer l'impuissance morale où l'on est de faire une chose;—on ne peut, semble marquer plus précisément et avec plus d'énergie l'impossibilité de la chose en elle même. Ce qu'on ne saurait faireest trop difficile; ce qu'on ne peut faireest impossible:on ne saurait bien servir deux maîtres;on ne peut pas obéir en même temps à deux ordres opposés.

Précepteur, s. m.: voyezPercepteur.

Prêcher, v. a.—Ne dites pas,prêcher par exemple; dites,prêcher d'exemple.

Prédire, v. a., se conjugue commemédire:—indic. prés.,vous prédisez; impér.,prédisez.

2. Ne dites pas:tableau appartenant à M. X. prédit; dites,à M. X. cité plus haut, déjà nommé;—susdit, susditese dit aussi, surtout dans le style de pratique.

Préférer, v. a.—On ditpréférer faireetpréférer de faire.

2. Lorsqu'il est suivi de deux infinitifs mis en opposition, il faut direpréférer de... plutôt que de....:—il préféra de mourir plutôt que de se rendre lâchement.

Prélire, v. a., t. d'imprim.: ne dites pas,la vente se fera aux conditions à prélire; dites, auxconditions indiquées plus haut, ci-dessus mentionnées.

Premier, ière, adj. num. ord.—Prononcezpremier(emuet) et nonprémier, prèmier, promier: prononcez de mêmepremièrement.

Premièrement, adv.—N'employez paspremièrementpourtout à l'heure, il n'y a pas longtemps: dites donc:il est arrivé tout à l'heureet nonil arrive premièrement;—je venais de dîner quand vous êtes entré, et non,je dînais premièrement quand vous êtes entré;—ilvient de partiret nonil part premièrement;—Caïn a rougi le premierouest le premier qui ait rougi la terre du sang humain, et nonCaïn a premièrement rougi la terre. (Fland.)

2. Ne dites pas:dînons premièrement, nous verrons ensuite; dites,dînons d'abord...

Prendre, v. a.—Prendre sa main, prendre son pied, sont des expressions ridicules et qui n'ont pas de sens;—au lieu de dire,je prends ma main et je lui donne un soufflet; dites simplement,je lui donne un soufflet.

2. Ne dites pas,ne prenez pas mauvais que je vous contredise; dites,ne trouvez pas mauvais...(Fland.)

3. Ne dites pas,prenez attention à ce que vous faites; dites,faites attention...—Voyezattention. (Fland.)

4. Ne dites pas,prendre confiance en quelque chose; dites,mettre sa confiance en quelque chose.

5. Ne dites pas,l'idée lui a pris de sortir; dites,l'idée lui est venue de sortir.

6. Ne dites pas,prendre bon, pourtrouver bonouprendre en bonne part. (Fland.)

7. Ne dites pas au cond.:nous prenderions, vous prenderiez; dites,nous prendrions, vous prendriez.

Preneur, Bailleur, en style de notaire, font au fémininpreneuseetbailleresse; ditesbailleresse de fondset nonbailleuse de fonds.

PrenkerouPrinquère, est un mot du flamand vulgaire; rendez-le parhanneton(haspirée).

Près deetPrêt à—Près de, loc. prép., signifiesur le point de:les beaux jours sont près de finir.—Prêt àest un adjectif qui veut diredisposé à, et qui s'accorde avec le mot qu'il modifie:l'ignorant est toujours prêt à s'admirer.—Ainsiprès de la mortetprêt à la mort, ne présentent pas le même sens:—le premier signifievoisinde la mort et le secondpréparéà mourir.

2.Près de, auprès de, au prix de: voyezprix.

Presbyte, adj. et s.: voyezmyope.

Prescience, s. f., connaissance de l'avenir: prononcezpress'cianceet nonpré-ciance.

Préséance, s. f., droit de prendre place avant quelqu'un dans une solennité:—prononcez l'sdure,précéance.

Président à la cour, etPrésident de la cour.—Unprésident à la courest un président d'une chambre de la cour; lepremierprésident d'une cour d'appel ou de cassation a seul le droit au titre deprésident de la cour.

Présider, occuper la première place dans une assemblée, s'emploie avec ou sans la prépositionà:présider une compagnie, présider l'assemblée, ouprésider à une compagnie, présider à l'assemblée.—On dit de mêmeprésider un concoursetprésider à un concours. (Acad.)

Presque, adv.:—L'ene s'élide que danspresqu'île:un ouvrage presque achevé(et nonpresqu'achevé),—cependant l'edevant une voyelle s'élide dans la prononciation.

Pressez-vous vite,hâtez-vous vite, dépêchez-vous vite, sont des pléonasmes vicieux; dites simplement,pressez-vous, hâtez-vous, dépêchez-vous.

Présupposer,présupposition: l'sest dure dans ces mots.

Prêt à: voyezprès de.

Pretantaine, s. f.—Courir la pretantaine, courir çà et là sans sujet:—ne dites pasprétentainenipertaintaine.

Prétendûment, adv.—Ce mot est hors d'usage; il faut le remplacer par le participeprétendu, dueousoi-disant:on a vérifié la pièce prétendue fausseet nonprétendûment fausse;un tel, soi-disant docteur.

Prétendre.—Prétendre la première place, c'est l'exiger comme un droit; etprétendre à la première place, c'est y aspirer, c'est travailler à l'obtenir.

Prêter, Emprunter.—Il ne faut pas confondre ces deux mots:—prêter, c'estdonnerquelque chose à quelqu'un, lequel s'engage à vous le rendre:j'ai prêté de l'argent à mon frère pour le mettre à même de payer ses dettes;—emprunter, au contraire, c'estrecevoirquelque chose de quelqu'un en s'engageant à le lui rendre:j'ai emprunté de l'argent à mon frère pour payer mes dettes;—en un mot, celui qui prête,donneet celui qui emprunte,reçoit.—Il en est de même des substantifsprêtetemprunt.—Plusieurs wallons emploient abusivementprêterpouremprunter.

Prétexte, s. m., raison apparente dont on se sert pour cacher le vrai motif: prononcezpréteks-te(en faisant sentir l'xet letfinal) et nonprétekseniprétèke.

Prêtre, s. m.;—le féminin correspondantprêtressen'est usité qu'en parlant du culte des faux dieux:—prononcezprê-treet nonprê-teniprê-tère.

Preuve, s. f., ce qui établit la vérité: prononcezpreu-ve(eubref) et nonpreu-fenipreû-ve.

Prévenir, v. a., instruire, avertir quelqu'un d'une chose par avance;—on peut dire,prévenir quelqu'un d'une choseou bienprévenir quelqu'une qu'une chose est, a étéousera:il m'a fait prévenir de son arrivée; je vous préviens que vous aurez demain une visite qui vous surprendra. (Acad.) Voyezinformer.

2.Prévenir d'avance, est un pléonasme vicieux:il m'a fait prévenir de son arrivéeet nonil m'a fait prévenir d'avance.

Prévisant, mot wallon, qui regarde de trop près à quelque chose; qui est trop exact, trop ménager;—traduisez-le parregardant:il ne faut pas être si regardant, trop regardant; vous êtes trop regardant.

Prévoir, v. a., se conjugue comme voir, excepté au futur et au conditionnel, où il fait,je prévoirai, tu prévoiras, etc.,je prévoirais, tu prévoirais, etc.

2.Prévoir d'avance, est un pléonasme vicieux, carprévoirsignifie par lui-même,voir d'avance.

Prévôt,prévôtal, prévôtalement: l'oest bref dans ces trois mots.

Prie-Dieu, s. m., sorte de pupitre devant lequel on s'agenouille pour faire ses prières; au pluriel desprie-Dieu.—Ne dites pasprié-Dieuet prononcezprî-Dieu(îlong) et nonpri-ïe-Dieu.

Prier, v. n.: prononcezpri-eret nonpri-ier.

2. Ne dites pas:je vous prie le bon jour, le bon soir; dites,je vous souhaite le bon jour, le bon soir.

3. On dit,prier quelqu'un d'une choseoude faire quelque chose. (Acad.)

Prière, s. f.—On ditun livre de prièreset nonun livre à prières. (Acad.)—Voyezlivre.

Prieur, s. m., dignité ecclésiastique; l'iest long ainsi que dansprieure, prieuré.

Primatie, s. f., dignité du primat: prononcezprimacie;—primatial, prononcezprimacial.

Primeur, s. f., se dit ausingulierde la première saison des fruits et des légumes:les fraises, les pois sont chers dans la primeur, dans leur primeur.—Il se dit aussi en parlant du vin:certains vins sont bons dans la primeur, c'est-à-dire, sont bons à boire aussitôt après la vendange.—Primeurs, au pluriel, se dit des fruits et des légumes précoces:on a servi des primeurs.

Priser, v. n., prendre du tabac,—priseur, qui prend du tabac, sont des mots français.

Prix, s. m.—Ne dites pas:ce marchand vend à des prix civils; dites,à des prix modiquesouà juste prix.

2.Au prix de, auprès de, près de.—Auprès deetau prix des'emploient pour marquer la différence qu'il ya entre deux objets comparés:la terre n'est qu'un point auprès du reste de l'univers; qu'est-ce que cette vie au prix de l'éternité!—Au prix dedoit être préféré, quand il s'agit de la valeur de deux objets:qu'est-ce que la science au prix de la vertu? ce service n'est rien au prix de celui qu'il m'avait rendu. (Acad.)—Près dene s'emploie plus pourauprès de, au prix de: le vers suivant a donc cessé d'être correct:pour vous régler sur eux, que sont-ils près de vous?(Rac.)—Aujourd'hui on dirait:que sont-ils auprèsouau prix de vous.

Prochain, aine, adj.—Ne dites pas:j'irai vous voir lundi qui vient, la semaine qui vient, etc.; dites,lundi prochain, la semaine prochaine. (Wall.)

2.Prochain, s. m., chaque homme en particulier et tous les hommes en général:il faut aimer son prochain comme soi-même.—Il ne s'emploie pas au pluriel.

Proche, voisin, est adjectif, adverbe et substantif:les maisons proches de la rivière sont sujettes aux inondations;les maisons qui sont proche(près)de la rivière;je demeure ici proche(près).

2.Proche, précédé du verbeêtreest adjectif ou préposition:ces maisons sont prochesouproche de la ville; mais précédé d'un autre verbe, il est toujours préposition:les maisons que l'on construit proche de la ville.

3.Proches, au pluriel, est substantif et signifie les parents:c'est un de mes proches;—voyezparent.

4.Proche, contigu.—Deux objets sontcontigus, lorsqu'ils se touchent immédiatement, lorsqu'il y a entre eux un contact véritable:ces deux maisons sont contiguës, c'est-à-dire qu'elles se touchent et ne sont séparées par quoi que ce soit.—Au contraire, ces deux maisons peuvent être proches l'une de l'autre, quoique étant séparées par une ou plusieurs maisons, jardin, place, etc.

Procurer, v. a.—Ne dites pas,il s'est procuré d'une chambre, d'un domestique; dites,il s'est procuré une chambre, un domestique. (Fland.)

Professeur, s. m., n'a pas de correspondant féminin; on ditmaîtresse:maîtresse de musique, de dessin, d'anglais.

Profession: voyezmétier.

Proficiat, n'est guère usité que dans cette locution:souhaiter à quelqu'un un bon proficiat, c'est-à-dire, lui souhaiter une bonne réussite;—il s'emploie quelquefois seul et signifie alors,je vous fais compliment, je vous félicite:—votre devoir est très-bien fait, proficiat!—Prononcezproficiateet nonproféciate.

Profil, s. m., trait d'un objet vu de côté: prononcezprofile(lnon mouillée).

Profit, s. m., petit instrument de métal qui sert à brûler les chandelles jusqu'au bout; ce mot n'est pas français; il faut direbinetoubrûle-tout.

Profiter, est un verbe neutre; ne dites donc pas,je n'ai rien profité, mais,je n'ai profité de rien. (Fland.)

2. Ne dites pas,j'ai profité cent francs dans cette soirée; dites,j'ai gagné cent francs...(Fland.)

3. Ne dites pas,je profite beaucoup de lui; dites,avec luioudans sa fréquentation. (Fland.)

Profondis(de):—voyezde profundis.

Prolongation, Prolongement.—Prolongationsignifiele tempsqu'on ajoute à la durée fixe de quelque chose:prolongation de congé, de terme.—Prolongementveut dire l'extension, la continuation de quelque portiond'étendue, d'espace:prolongement d'un mur, d'un chemin. Voyezproroger.

Promener, v. n.—Ne dites pas:je vais promener, coucher, baigner, etc.; dites,je vais me promener, me coucher, me baigner.

2. Cependant on peut dire, en sous-entendantse, je l'ai envoyé promener. (Acad.)—Prononcezpromener(emuet) et nonpromèner.


Back to IndexNext