Chapter 2

Allocation, Allocution, Allodial, Allodialité, Alluvion, Allusion: dans tous ces mots, prononcez les deuxll.

Allonge, dans le sens d'élan, d'escousse, n'est pas français; ne dites pasj'ai pris mon allonge pour sauter; dites:mon élan, mon escousse.

Allonger(s').—Ne dites pas:les jours s'allongent; dites:les jours croissent.

Allumer.—Ne dites pas:allumez la lumière, le feu; dites:allumez la bougie, la lampe; faites du feu.

2.Allumer, dans le sens d'éclairer, n'est pas français. (Wall.)

Almanachest masculin et se prononcealmana. Ne dites pasarmanachoualmanak; ne dites pas non plusune almanach placante; dites:un almanach de comptoir.

Aloès, s. m.—Prononcezaloèce.

Alorspourensuite:alorsest un adverbe de temps qui signifie:à cette époque, dans ce temps-là, comme quand on dit:il était autrefois bien riche; alors il se voyait entouré de flatteurs; dans ce temps-là ou alors, nous étions heureux. Mais on emploie abusivementalorspourensuite, puis, après, après cela, en disant par exemple:nous dinâmes, alors nous prîmes le café, alors nous nous promenâmes; il faut dire:ensuite nous prîmes le café, ensuite....Dites encore:nous avons été à la messe, ensuite nous sommes venus déjeuner, puis nous sommes partis, etc., et non:alors, alors....Prononcezaloret nonalorse.

Alouette, s. f., oiseau.—Ne confondez pas ce mot avecluette, morceau de chair saillant placé à l'entrée du gosier:il a la luette enflée; remettre la luette: et non:il a l'alouette, etc.—Voyezoue.

Amadou, subst. masculin:votre amadou n'est pas secet nonvotre amadou n'est pas sèche.—Ne dites pasamadoue.

Amancher.—Ne dites pas:amancher un balai; ditesemmancher un balai.

Amande: voyeznoixetnoyaux.

Amateur, s. m.—L'Académie ne reconnaît point de féminin à ce mot. Beaucoup de personnes, à l'imitation de J.-J. Rousseau, disentamatrice.

Amblève, rivière de Belgique, qui prend sa source en Prusse et se jette dans l'Ourthe. On doit écrireAmblèveet nonEmblève: 1oparce qu'on prononce invariablementAmblèveet nonImblève; 2oparce que l'afigure dans le mot latinAmblaviaet dans le motAmelqui en est le nom allemand; 3oparce que le motAmblèvevient du germainAmbla, aune (arbre) etAhva, eau (rivière des aunes).—Il nous paraît donc tout-à-fait impossible de justifier la seconde orthographe (Emblève).

Amelette, pouromeletteouamulette, n'est pas français.

Amer, s., boisson, est masculin:cet amer n'est pas violent: écrivezameret prononcezamère.

Ami, s. m.—On ne dit pasêtre ami avec quelqu'un, maisde quelqu'un:je suis l'ami de PierreouPierre est mon ami; je suis son ami, il est mon ami.

Amical, ale, adj., n'a point de pluriel masculin (Acad.); quelques grammairiens disentamicals; Boiste et Boinvilliers disentamicaux: nous préférerions cette dernière forme, si le pluriel d'amical devenait nécessaire. (SouliceetSardou).

Amict, s. masculin, sorte de linge bénit dont le prêtre se couvre les épaules: prononcezamiet nonemikeniamik-te.

Amitié, s. f.—Prononcezamiti-éet nonami-tchi-é.—Voyezti.

Amitieux.—Ce mot n'est pas français; remplacez-le parcarressant, aimant, aimable, affectueux;cet enfant est fort carressant.

Amment, se prononceamanet nonan-man:apparamment, constamment, précipitamment.—Il en est de même deemment:récemment, prudemment.

Amen: prononcezamène.

Amnistie, s. f.,Armistice, s. m.—L'amnistieest un pardon accordé par le souverain.—L'armisticeest une suspension d'armes: on faisait autrefois ce dernier mot du féminin.

Amont, s. m.Aval, s. m.—Amont est le côté (d'en haut) d'où vient la rivière; il est opposé à l'aval, côté vers lequel descend la rivière:ces bateaux viennent d'amont(descendent);ils viennent d'aval(ils montent).

Amourest masculin:l'amour des mères est le plus généreux de tous les amours; sculpter, peindre de petits amours.—Dans le sens de passion, il est ordinairement masculin au singulier et féminin au pluriel:un fol amour, de folles amours; et, par extension:mon pays, mon premier amour, mes plus chères amours.

Amouracher; ne dites pas:enmouracher.

An, s. m., année: ne dites pasà la nouvel an; dites:au nouvel anouà la nouvelle année.

Ancêtres, subs. m. pl., ayeux, n'a pas de singulier: prononcezancê-treset nonancèteniancè-tère.

Anche, s. féminin, tuyau pour pousser l'air dans les instruments à vent:une anche de clarinette.—Prononcezancheet nonange.

Anchois, s. masculin:de bons anchois.

Ancienne, fém. deancien; prononcezancièneet non:ancien-ne.

Andain, s. m., rangée de foin qu'un faucheur coupe à la fois.

Andante, t. de musique: prononcezandantéet nonandante.

Aneest masculin et faitânesseau féminin:A laver la tête d'un âne on perd sa lessive.

Ange, s. masculin, esprit céleste:l'ange gardien; prononcez:an-ge, et nonan-che, et appuyez fortement sur leg.

Angelus, s. m.—Ne dites pas:sonner les angelus; dites:sonner l'angelus: ce mot ne se prend pas au pluriel et se prononceangeluce.

Angora, s. m., chat; ne dites pasangola.

Anguille, s. f., poisson: prononcezanghille, en mouillant lesl, et sans faire sentir l'u: voyezgu.

Anis, s. m., plante, graine, dragées: prononcezaniet nonanizes.—Ditesanisetteet nonanispour désigner la boisson qui porte ce nom.

Annales, s. f. plur.—Faites sentir les deuxn,an-nales, ainsi que dans les mots suivants:annal, annaliste, annate, Anna(subst. pr.),annexe, Annibal, annihiler, annoter, annuaire, annuel, annuité.

Année, s. f.—Prononceza-né,élong, et nonan-nénia-néïe: voyezé,ieetan.

Anniversaire, cérémonie qui se fait le même jour chaque année, est un substantif masculin:le second anniversaire; un anniversaire solennel.

Annoté, part.—Ne dites pas:tous les articles de mon magasin sont annotés en chiffres connus; dites,sont marqués.

AnobliretEnnoblir.—Anoblir, c'est rendre noble en donnant un titre de noblesse:le roi l'avait anobli.Ennoblir, c'est élever, donner de la noblesse:ces sentiments vous ennoblissent; les beaux arts ennoblissent une langue.—Ennoblir, prononcezan-nobliret nona-noblir.

Anonyme, qui est sans nom:ouvrage anonyme;pseudonyme, qui a un faux nom:le pseudonyme de cet ouvrage est N.(c'est-à-dire N. est un nom faux, il n'en est pas le véritable auteur).

Antechrist, s. m., en un seul mot: prononcezantecri;—Christ, PrononcezChris-te;—Jésus-Christ, prononcezJésucri.

Antichambreestféminincommechambre:une belle antichambre.

Anticipativement: ce mot n'est pas français; dites donc,la rétribution est de 100 frs. par an, payable d'avanceoupar avance et par trimestre, et non,payable anticipativement.

Antiqueest opposé àmoderne;—ancienànouveau;—vieuxàneuf:dans une chapelle antique on voyait d'anciens règlements écrits sur de vieux parchemins.

Ao, Aon, Aou.—L'aest bref dans ces trois combinaisons:cacao, chaos, Lycaon, Phaon, Pharaon.—L'oest nul dansCraon(ville),faon, Laon(ville),paon; lisez doncCran, fan, Lan, pan. Il en est de même des dérivésfaonner, paonne, paonneau, paonnier, Laonais, Craonaisqu'il faut prononcerfaner, pane, paneau, panier, Lanais, Cranais.—C'est l'aqui s'élide dansaoriste(voyezce mot),août, aoûteron, curaçao, Saône(rivière),Saonais, Saint-Laon(ville),saoul, saouler(on écrit généralement aujourd'huisoûl, souler)taon(insecte); on prononce doncoriste(quelques-uns prononcentaoristeetsaône),oût, oûteron, sône, curaço, Sonais, Saint-Lon, sou, souler, ton.—L'aet l'ose prononcent dansaorte, aortiqueet dansaoûté, participe passé du verbeaoûter(qui ne s'emploie plus guère qu'à ce temps): pron.aorte, aortique, aoûté. (Hennebert).

Août, s. m., huitième mois de l'année: voyezao, aon, aou.

Apercevoir, v. a., s'écrit avec un seulp.

Apothicairene se dit plus aujourd'hui; on ditpharmacien.

Apparution, Disparution: écrivez et prononcez,apparition, disparition;—cependant on ditcomparution, action de comparaître en justice.

AppasouPas, dans le sens demarche, dedegréd'un escalier, deseuild'une porte, n'est pas français.

Appel, s. m.—Ditesappeau, en parlant des instruments avec lesquels on imite le chant des oiseaux.

Appeler.—Ditesappelerd'un jugement et non:rappeler.

Appendice, s. m.: on prononceap'paindiceet nonapandice.

Applantern'est pas français: ne dites donc pas:cette prairie est applantée d'arbres; dites:plantée d'arbres, garnie d'arbres.

Applaudir, v. a. et n.—Applaudir quelqu'unouquelque chose, c'est, 1obattre des mains en signe d'approbation:on a vivement applaudi le poète; on a surtout applaudi le dernier vers; 2olouer:chacun l'a applaudi d'une si bonne action; on ne peut qu'applaudir un pareil trait. (Acad.)

2.Applaudir à quelqu'unouà quelque chose, c'est l'approuver:s'il faisait cette bonne action, tout le monde lui applaudirait; j'applaudis à votre bonne conduite.

Appliquer, v. a.—Ne dites pas:une amende de cinq francs est appliquée à tout membre qui, etc.; dites,est infligée.

Appointements, s. m. pluriel:ses appointements(et nonson appointement)sont de 2000 frs.: voyezgage.

Apprendre.—Ne dites pas:ma sœur s'est apprise elle-même à broder; dites:ma sœur a appris d'elle-même à broder.

2. On dit très-bienj'apprends la musique(j'enseigne)à cet enfant. (Acad.)

3. Ne dites pas:j'ai appris cela auprès de lui; ditesde lui.

Apportezvotre ami, votre frère, pouramenez votre ami, votre frère, est un flandricisme.

Apprenti, s. m., et nonapprentif, fait au fémininapprentieet nonapprentiseniapprentisse, apprentive.

Apprêt, s. m., préparatif: prononcezaprè.

Apprêter, v. a. et n. Ne dites pas:cela prête à rire, pour signifier que telle chose rend ridicule, donne à rire, donne une occasion de rire; dites:cela apprête à rire; si vous faites telle chose, vous apprêterez à rire à tout le monde. (Acad.)

Après.—Ne dites pas:on demande après vous; chercher après quelqu'un; dites:on vous demande, chercher quelqu'un.

2. On dit très-bien:courir, attendre après quelqu'un. (Acad.) Avis à certains grammairiens qui condamnent ces expressions.

3. Ne dites pas:il est en colère, il est fâché après vous, mais... contre vous;—il est occupé après ce travail, mais... à ce travail.

4. Ne dites pas:mettez les chevaux après la voiture; dites,mettez les chevaux à la voiture.

5. Ne dites pas:la clef est après la porte, dites,la clef est à la porte. (Fland.)

6.Par aprèsn'est pas français; dites simplementaprès.

Après-dînée, Après-soupéesont des subst.fémininset s'emploient de préférence àaprès-dîné, après-dîner, ouaprès-soupé, après-souperqui sont du masculin. Le pluriel estaprès-dînées, après-soupées; l'Académie ne donne pas le plur. deaprès-midi.Après-midiest également duféminin, quoique plusieurs le fassent dumasculin. (Acad.)

Aquatique, Aquarelle, Aquatile, Aquarium, Aqua-viva, Aquador, Aquariens, Aqua-tinta: prononcezakouatique, akouarelle, akouatile; etc. Voyezqu.

Aqueduc, s. m., canal pour conduire l'eau: prononcezakeducet nonakéduc, akèduc.

A quia, loc. adv.—Être, mettre à quia, être réduit, réduire quelqu'un à ne pouvoir répondre:cet élève a été dix fois à quia pendant la classe: prononcezakuiaet nona kouia. Voyezqu.

Aquilin, Aquilon: prononcezakilin, akilon. Voyezqu.

AretArr, au commencement des mots, sont brefs:arrondissement, prononcezarondissement, et nonârondissement;arroser,a-roseret nonâroser.

Arbalète, s. f.—On dit unearbalèteet unarbalétrier.

Arborer, dans le sens ded'arbres plantés, n'est pas français: ainsi ne dites pas,une prairie bien arborée; ditesune prairie bien garnie d'arbres.

Arc, s. m.,Arc de triomphe, s. m., (sans traits d'union), prononcezarke.—Arc-boutant, arc-bouter, arc-doubleau; prononcezarboutant, arbouter, ardoubleau.Arc-en-cielse prononcearkenciel, même au pluriel, qui s'écritarcs-en-ciel. (Acad.) Voyezc final.

Archaïsme, s. m.—Mot antique, tour de phrase suranné;—archange, s. m.;—archéologie, s. f., science des monuments de l'antiquité;—archéologique, adj.;—archéologue, s. m.;—archétype, s. m., terme didactique, original, patron, modèle;—archiépiscopal, ale, adj.;—archiépiscopat, s. m.;—archontat, s. m., dignité de l'archonte;—archonte, s. m., titre des principaux magistrats grecs, surtout à Athènes.—Dans tous ces motschse prononce commek; partout ailleursarchouarchise prononce comme lechfrançais, dansfranchise, chemise, etc.

Archal(fil d'), prononcez l'l.—Ne dites pasdu fil d'archatou d'aréchal, maisdu fil d'archal.

Archelle, n'est pas français; c'estosierqu'il faut dire.

Ardoisier, s. m.: celui qui possède ou qui exploite une carrière d'ardoises; ne dites pasardoisierpour désigner un ouvrier couvreur; mais ditescouvreur en ardoise, comme on ditcouvreur en chaume, en tuile.

Are, est un subst.masculin:un are de terre.

AreetArre, ont l'agrave dans les substantifs de deux syllabes dont l'an'est point initial;gare, barre, gare, tare, etc.—Ajoutez l'adjectifrare, le verbeje narreet tous les dérivés, à l'exception denarratif, narration, narrateur. L'aest moyen danslares, mare, phare, tiare; il est bref dans les dérivésbarrique, barricade, barricader. (Hennebert.)

Arêt.—Ne dites pas:j'ai manqué d'avaler une arêt(de poisson); ditesune arête.

Argot, s. m.—Ne confondez pasargotavecergot:argotest le jargon des filous qui n'est intelligible qu'entre eux;ergotest cette corne molle que les chevaux porte entre les jambes;ergotsignifie encore une sorte de petit ongle pointu qui se trouve aux pieds de certains animaux:les ergots d'un coq.—Ne dites pas:cet homme est bien argoté, mais,cet homme est intelligent, instruit, rusé, entend bien ses intérêts, selon le sens.

Argus, s. m., espion domestique; prononcezarguce.—Voyezs finale.

Arlequin.—Ne dites pasharlequin. (haspirée.)

Armes, s. f. pl.—Ne dites pas:la garnison est sur les armes; ditesla garnison est sous les armes. (Wall.)

Armistice, s. m.: voyezamnistie.

Armoireest du féminin:une belle et grande armoire: les wallons font souvent ce mot du masculin.

Arrérages, s. m. pl., revenus arriérés; écrivez et prononcezarrérageset nonarriérages.

Arrhes, s. f. pl., argent donné pour assurer l'exécution d'un marché verbal; le moterrhespourarrhesn'est pas français. Voyezrh.

Arrière, interj.—Écrivez et prononcezarrièreet nonerrière.

En arrière de.—C'est une faute de dire:Ne faites pas en arrière de lui, ce que vous n'oseriez faire devant lui; dites:ne faites pas hors de sa présence ce que...Mais on peut dire:il me loue en ma présence et me déchire en arrière. (Acad.)

2. Ne dites pas:mettez-vous arrière de moi; dites:éloignez-vous, retirez-vous de moi.

3. Ne dites pas:ils sont retournés en arrière, mais:ils s'en sont retournés, ils ont rebroussé chemin.

Arrondir, Arroser: prononcez,arondir, aroser.

Arsenic, s. m.—Prononcezarsenik. (Acad.) Devant une consonne on ne prononce pas lec:l'arseni se volatilise au feu.

Artillerie, Artilleur: mouillez lesll.

Artiste, s. m. et f.—Ce mot s'emploie abusivement aujourd'hui comme synonyme deacteur, actrice;ce ténor est un grand acteuret nonun grand artiste. Voyezt.

Asfinal.—L'aest long dans les mots terminés enasau singulier:amas, bas, cas, compas, coutelas, damas, échalas, frimas, gras, lilas, ramas, repas, tas, trépas, etc., ainsi que dans leurs dérivésamasser, basse, casser, compasser, grasse, etc. Pour quelques mots de cette classe, l'as'est fort adouci dans le langage à la mode: ainsi pourananas, bras, cabas, cadenas, chasselas, cervelas, embarras, fracas, matelas, tracas, taffetas, verglas.—L'aest encore long dans les noms propresLucas, Thomas, comme dans ceux où l'sfinale se prononce:Agésilas, Damas, Epaminondas, Stanislas, Vaugelas, etc. (Hennebert.)

As, subst. masculin, carte, poids, monnaie: prononcezâce;les as sont égauxet nonégales.

Ascension, s. f., action de monter, fête: prononcezas'sension(prononcez les 2sdures).

AseetAze, à la fin des mots, ont l'along, pourvu que l'on y retrouve l'sdouce ou lez:base, case, gaze, évase, écrase, phrase, etc., ainsi que leurs dérivésbaser, caser, gazer, etc.; il en est de même des noms propresAnastase, Caucase, Métastase, Pégase, etc.

Asion, Assion, Ation(les trois terminaisons en) sont toujours graves, d'après quelques grammairiens: prononcezpersuâsion, pâssion, nâtion, etc. Cette règle, qui comprend un grand nombre de mots (1193), ne souffrirait aucune exception. Elle serait même applicable aux dérivés oùionse change enio; ainsipâssionné, nâtional, etc.; mais lorsqueiondisparaît entièrement,comme dansdominateur, natif, persuadé, etc., l'aredeviendrait doux (bref).—(Hennebert.)

D'un autre côté, de bons grammairiens, et en grand nombre, prétendent que l'ades terminaisonsasion, assion, ationesttoujours bref. Nous pensons donc que l'une et l'autre prononciation sont bonnes; cependant, comme l'usage, à peu près général en Belgique, paraît être de faire ces sortes d'abrefs, nous admettrions plus volontiers la seconde prononciation, et nous croyons même, qu'à peine de s'exposer à se singulariser, il faut l'adopter, au moins dans notre pays.—Il va sans dire qu'on doit prononcer nettementacionet nonachon, achion, etc.; il en est de même des finales enition, sion, etc.:transition, session.

Asme, Aspe, Asque(terminaisons en): faites sentir l'set l'm:cataplas-me, spas-me, enthousias-me, asth-me(as-me),jas-pe, cas-que, etc., et noncataplasse, spasse, enthousiasse, asse, jasse, casse, nicataplam-se, enthousiam-se, am-se, nicataplame, spame, enthousiame, etc. Il en est de même des terminaisons enisme:catéchisme, schisme, barbarisme.

Aspect, s. m.—Prononcezaspek; prononcez de mêmerespect, suspect(respèk, suspek);abjectse prononceabjekte. Voyezct.

Aspergès, s. m., goupillon, prononcezaspergèce.

Aspic, s. m., petit serpent venimeux: prononcezaspiket nonaspi. Voyezc finaletbroc.

Aspiral, pourla spiraleou le ressortspiralest une faute grossière; vous direz donc:la spirale de cette montre est casséeet nonl'aspiral.

Aspirer.—On ditaspirer à quelque choseet nonaprès quelque chose;il aspire aux honneurset nonaprès les honneurs.

Assassiner, Assassin, Assassinat:—prononcezassaciner, assacin, assacinatet nonassaziner, assazin, assazinat, niazaziner, azazin, azazinat.

2.Assassineur, pourassassin, n'est pas français.

Asseoir, v. a.—Indicatif présent:je m'assieds, tu t'assieds, il s'assied, nous nous asseyons, vous vous asseyez, ils s'asseyent; imparf.:je m'asseyais, etc.; fut.:je m'assiérai, etc.;je m'assiérais; assieds-toi, etc.;que je m'asseye, etc.;s'asseyant, etc. L'Académie reconnaît aussi pour bonne la conjugaison suivante:Je m'assois, tu t'assois, il s'assoit, nous nous assoyons, vous vous assoyez, ils s'assoient; je m'assoyais, etc.;je m'assoirai, etc.;je m'assoirais, etc.;assois-toi, assoyons-nous, assoyez-vous; que je m'assoie, etc.;s'assoyant.—Il s'ensuit que l'expressionassoyez-vousest très-française.

Assez, doit toujours être placé devant le mot qu'il modifie; ne dites donc pas:j'ai mangé assez, j'ai du papier assez, je suis malheureux assez; dites:j'ai assez mangé, j'ai assez de papier, je suis assez malheureux. (Wall.)

2. Ne dites pas:il a eu assez avec cela; dites:il a eu assez de celaouil en a eu assez.

3. Ne dites pas:il a été assez sot de se fâcher; dites:pour se fâcher. (Wall.)

4.Assez capable pourn'est pas français; ditescapable de.Assezne va pas bien aveccapable, excepté quand cet adjectif n'est suivi de rien et qu'il est employé pourhabile, intelligent, etc.: ainsi l'on dit:il est assez capable, c'est-à-direassez habile.

5. On ne dit pas non pluscapable pour, maiscapable de;il est capable de tenir tête à trois hommes.

6.Assez suffisant, poursuffisant, est un pléonasme ridicule, ne dites donc pas:ce repas est assez suffisant pour dix personnes; le motsuffisantrend tout à fait l'idée;assezest de trop; ditesce repas est suffisant.

Assiette à soupe, signifie assiette propre à contenir de la soupe;assiette de soupesignifie une assiette qui contient actuellement de la soupe; il en est de même deverre à vin, pot à fleur, etc., etverre de vin, pot de fleur.—Prononceza-cietteet nonachetteniagette.

Assis.—Ne dites pas:soyez assis, maisasseyez-vousouassoyez-vous; ne dites pas non plusse mettre assispours'asseoir.

Assistersignifiedonner quelques secours, secourir, par exemple, à un mendiant; mais il ne se dit pas dans le sensd'aider quelqu'un à faire quelque chose; vous ne direz donc pas:assistez-moi à porter ce fardeau, maisaidez-moi à...

Assomption, s. f., fête catholique: prononcez lep, assomp'cionet nonassom'-cion.

Assujettir, Assujettissement: prononcezas'sujétir, as'sujétissement.

Assurer, v. a.—Assurer une chose à quelqu'un, c'est affirmer, certifier cette chose:il leur assura que le fait était vrai. Vous ne direz donc pas:je les ai assurés que mon père était malade, maisje leur ai assuré...—Assurer quelqu'un d'une chose, c'est engager quelqu'un à regarder cette chose comme certaine, à y croire;assurez-le de mon respect, de mon dévouement; vous pouvez l'assurer que je prendrai en mains ses intérêts.

2.S'assurer, avec les prépos.dans, en, signifie établir sa confiance:il faut s'assurer en Dieu; malheur à celui qui ne s'assure que dans ses richesses. (Acad.)

3.S'assurer de quelqu'un, c'est s'assurer de sa protection, de son suffrage; il signifie aussi arrêter, emprisonner:assurez-vous de cet homme.

4.S'assurer d'une chose, c'est s'en procurer la certitude ou simplement se procurer cette chose, s'en rendre maître.

Astérisque(étoile qui indique un renvoi) estmasculinet se prononceastériskeet nonastérisse:un astérisque indique un renvoi. Voyezt final.

Asthme, s. m., maladie de poitrine, courte haleine: prononcezasmeet nonamse;—asthmatique, prononcezasmatique. Voyezasme.

At(terminaison en): voyeztfinal.

Ation(terminaison en): voyezasion.

Atlas, s. m.: prononcezatlâce:le mont Atlas, un atlas de géographie. V.s finale.

Atmosphèreest un subst.féminin:atmosphère chargée de vapeurs.

Atome, s. m. (osans accent circonflexe), corpuscule: prononcezatôme(ôlong).

Atteindre, v. a.—Si le complément de ce verbe est un nom de personne, ce complément est toujours direct:atteindre son ennemi; atteindre ceux qui marchent devant; il osait se flatter d'atteindre Racine.—Si c'est un nom de chose, le complément est direct ou indirect, suivant le sens du verbe.—1oAtteindre, signifiant parvenir à un terme dont on était plus ou moins éloigné:nous atteindrons ce village dans la nuit; nous partîmes en même temps, mais j'atteignis le but avant lui; et au figuré:nous atteignons enfin le terme de nos souffrances; atteindre l'âge de raison; atteindre son but, réussir dans ce que l'on s'est proposé.—2oAtteindre, signifiant toucher à une chose assez éloignée pour qu'on ne puisse y arriversans effort:atteindre au plancher; atteindre au but; et au figuré:atteindre à la perfection; atteindre au sublime.

Atteinte, s. f.—Ne dites pasune atteinte d'apoplexie, maisune attaque d'apoplexie.

Attelée, s. f., n'est pas français; ditesun attelage:il lui manque un cheval à son attelage.

Atteler, v. a.—Ne dites pas:il faut atteler le chien; ditesil faut attacher... Attelersignifie attacher à une voiture.

Attendre après quelqu'unse dit très-bien. (Acad.)

Attention, s. f.—Ditesavoir, faire, prêter attention, et nonprendre, donner attention. (Fland.)

Au.—Aua le son deobref devant la lettrer: j'aurai, tusauras, ilaura, noussaurons, aurore, Aurillac, Centaure, Laure, etc.; prononcez j'orai, tusoras, ilora, noussorons, orore, Orillac, Centore, Lore. Il n'y a point d'exception à cette règle:vauriense prononcevôrien, parce que ce mot doit être pris pour une contraction devaut rien;Beaurevoir, Beauregard, Maurepas, et autres noms propres semblables, n'ont aussi l'aulong que pour une raison analogue.—Aua le son deobref au commencement des mots devantgguttural ou la syllabeto:augmenter, augurer, augural, autographe, autocrate, autorité, autoriser, Auguste, etc.—Il en est de même devant l'articulation composéest:austral, austère, austérité, holocauste, causticité, caustique, Austerlitz, Austrasie, etc.—Enfin il est encore bref, par exception, dans les mots suivants:auberge, aubergiste, audace, audience, aulique, aumône, auspice, autel, authentique, auxiliaire, cauchemar, cauchois, fauteuil, glauber, mauvais, mauviette, naufrage, paupière, rauque, épaulette(mais nonépaule); ajoutons les noms propresSainte-Aulaire, Ausche, Auvergne, Caulaincourt, Paul, Waux-Hall; les dérivés suivent la même prononciation.—Pourceaugnaca aussi l'aubref. (Hennebert.)

Aubergeest duféminin:une bonne auberge.

AucunetNulse mettent au pluriel: 1olorsqu'ils sont joints à un nom qui n'a pas de singulier:aucuns frais, nuls frais; 2olorsque le substantif auquel ils sont joints, a, au pluriel, une signification particulière:on ne lui a rendu aucuns devoirs, c'est-à-dire, on ne lui a faitaucunes funérailles;vous n'avez aucuns soins, nuls soins pour vos parents, c'est-à-dire pointd'attentionspour eux;ce domestique ne reçoit aucuns gages, nuls gages, c.-à-d., ce domestique ne gagne aucun salaire, n'a pointde gages.—Aucuns, d'aucunss'emploient dans le style naïf et badin pourquelques-uns:aucuns ou d'aucuns croient que je l'ai fait de propos délibéré. (Acad.)

Augmenter.Ne dites pas:les grains, les vins augmentent tous les jours, pour exprimer qu'ils sont à la hausse; dites:le prix des grains, des vins, augmente, s'élève, etc. Voyezdiminuer.

Aujourd'hui.—On peut dire:on a remis l'affaire à aujourd'hui; jusqu'aujourd'huioujusqu'à aujourd'hui. (Acad.) Prononcezaujourd'huiet nonaujourd'houiniaujord'hui.

Aumône, s. f. Prononcezômône(les deuxôlongs). Plusieurs grammairiens prononcentomône(le 1erobref).

Aune, arbre (quelques-uns écriventaulne), est dumasculin;aune, mesure, est duféminin.

Auparavantest adverbe: il ne peut donc avoir de régime commeavant, qui est préposition. Ne dites donc pas:auparavant de partir; je suis arrivé auparavant les autres, mais,avant de partir; je suis arrivé avant les autres. Mais vous direz très-bien:il avait reçu auparavant des lettres de son père; je suis arrivé longtemps auparavant, parce qu'ici il est adverbe.

Auprès de, Au prix de, Près de: voyezprix.

2. Ne dites pas:je demeure auprès de la place St-Lambert; dites... près de la place St-Lambert.

Auspice, présage, protection, est du masculin;j'ai commencé sous d'heureux auspices: prononcezospice(obref).

Aussi... Comme, pouraussi... que:cette maison-ci est pour le moins aussi belle comme la vôtre; dites:aussi belle que la vôtre. (Fland.)

2.Aussi pas.—Vous n'êtes pas riche et moi aussi pas; je ne l'ai pas fait aussi; dites:ni moi non plus; je ne l'ai pas fait non plus. (Fland.)

Aussitôt, adv.: Ne dites pas:il est parti aussitôt vous; je partirai aussitôt la diligence arrivée, votre lettre reçue; dites:il est parti aussitôt que vous; je partirai dès que la diligence sera arrivée, dès que j'aurai reçu votre lettreouaussitôt après l'arrivée de la diligence, après la réception de votre lettre.

Automneest du masc. et du fém., mais plus souvent du masculin:un automne sec; prononcezotone; mais dansautom-nal, faites sentir l'm.

Autour, prép.: voyezalentour.

Autre.—Rien d'autreest une locution vicieuse; dites:rien autre, rien autre chose, pas autre chose.

2. Monsieur est-il ici?—Oui.—N'y a-t-ilpersonne d'autre? c'est encore une mauvaise locution; dites:n'y a-t-il point d'autre personne, personne autre, nul autre, aucun autre.

3. Ne dites pas non plus:quelqu'un d'autre, quelque chose d'autre; dites:quelque autre, quelque autre chose; adressez-vous à quelque autre personneouà quelque autre;—c'est autre chose que j'exige.

4. Ne dites pas:je l'ai trouvé tout autre que je pensais; dites... que je ne pensais.

5.Nous autres, vous autres. En espagnol,nousetvoussont toujours suivis deautres, même dans la conjugaison:nous autres aimons; vous autres aimez; nous autres parlerons, vous autres parlerez, etc. Il en est à peu près de même en wallon où l'on fait également, surtout dans certains dialectes, un trop fréquent usage de ces expressions. Le génie de la langue française n'autorise l'usage de ces expressions que dans des cas assez rares, et seulement lorsqu'on veut exprimer une opposition à d'autres personnes dont on vient de parler, ou insister particulièrement sur les motsnous, vous:Je m'en vais me promener; vous autres, vous irez étudier;nos professeurs nous ont recommandé de bien étudier; nous autres(les élèves paresseux),nous préférons de nous amuser;les anciens ont cru que le soleil tournait autour de la terre; nous autres, nous croyons que c'est la terre qui tourne autour du soleil.—Les Wallons ne sauraient trop se mettre en garde contre l'usage impropre ou vicieux de ces locutions.

Auxiliaire, s. m., prononcezokcilière, (obref) et nonaugziliaire.

2. Plusieurs verbes prennent tantôtavoiret tantôtêtre, selon qu'ils expriment principalement uneactionou principalement unétat, en d'autres termes, selon que l'on peut faire les questions:qu'a-t-il fait?ou bienqu'est-il devenu, qu'est-il, où est-il maintenant?Ainsi on dit avecavoiret avecêtre:sa fortune a augmenté rapidementetsa fortune est augmentée du double;—le prix du pain a encore baissé hieretle prix du pain est baissé;—la fièvre a cessé à minuitetla fièvre est cessée depuis hier;—le vent a changé tout à coupetle vent est changé;—les eaux ont crû rapidementetles eaux sont crues;—ce billet a échu hieretce billet est échu depuis hier;—sa maladie a beaucoup empiré en peu de tempsetsa maladie est bien empirée;—son bail a expiré à la St-Jeanetson bail est expiré;—cet enfant a bien grandi en un anetcet enfant est bien grandi;—le baromètre a monté lentementetle baromètre est monté;—il a monté quatre fois à sa chambre pendant la journéeetil est monté à sa chambre depuis une heure;—son fusil a parti tout à coup(Acad.) etil est parti pour Paris;—la procession a passé dans notre rueetla procession est passée depuis une heure;—il a sorti mais il vient de rentrer(Acad.) etil est sorti mais il va rentrer;—les poètes disent que Vulcain a tombé du Ciel pendant un jour entier(Acad.) etelle releva son enfant qui était tombé.—Les exemples que nous citons ici de l'Académie, ne sont pas à imiter, attendu qu'ils nous paraissent être de véritables exceptions.—On construit également avecavoirouêtreles verbescamper, débarquer, décroître, dégénérer, diminuer, échouer, embellir, enlaidir, grossir, hausser, vieillir, etc.

Avant, Devant.—Avant, se dit du temps:je suis parti avant vous;—devantse dit du lieu, de la situation:placez-vous devant votre condisciple, devant cette porte.

2. Ne dites pas:avant que je parte, j'irai vous voir; dites:avant de partir...

3.Avant que, d'après l'Académie, n'est jamais suivi de la négative:j'irai le voir, avant qu'il parte; sauvons-nous avant que l'orage vienne; et nonavant qu'il ne parte, avant que l'orage ne vienne.

4. Ne dites pas:avant que faisiez-vous; ditesauparavant, autrefois, avant cette époque, etc.:avant, étant préposition, doit toujours être suivi d'un complément.

Avant de, Avant que de.—On ditavant deouavant que de:avant de venir, ouavant que de venir, (Acad.);les athlètes se frottaient d'huile, avant que de lutter. (Id.) Ajoutons pourtant queavant deest préférable, et queavant que denous paraît suranné.

Avant-hier.—Beaucoup de personnes prononcent mal ce mot: l'hd'hierétant muette, on doit faire sonner let, et prononceravan-t-hier, et nonavan-hier, encore moinsavan-z-hier; prononcez de mêmedès hier, (dè zière); cependant dans la conversation on peut dire avan-hier.

Avec, est une préposition qui demande un régime; c'est donc une faute de dire:Je m'en vais à Liége, venez avec; dites:venez avec moi.—Cependant l'Académie admet dans le langage familieravecsans régime:il prit mon manteau et partit avec.

2. C'est encore à tort que l'on donne àavecle sens deaussi; ne dites donc pas:mon frère a bien réussi dans ses concours et moi avec; dites:et moi aussi. (Wall.)

3.Avecne peut pas non plus s'employer pourde: ne dites pas:que puis-je faire avec ces livres; dites:de ces livres. (Wall.)

4. Ne dites pas:avec qui parliez-vous?dites:à qui parliez-vous?(Wall.)

5. Ne dites pas:j'ai eu une maladie de cœur, j'ai beaucoup souffert avec; dites:j'en ai beaucoup souffert.


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