Q

Promenoir, Promenade.—Lapromenadeest l'action de se promener;—lepromenoirest le lieu où l'on se promène.—Prononcezpromenade, promenoir(emuet) et nonpromènade, promènoir.

Promettre, v. a.—Ne dites pas,je vous promets que j'y suis allé; dites,je vous assureouje vous certifie que...—Voyezcompter.

Prompt,prompte, promptement, promptitude:—on ne prononce pas le secondpdans ces mots:pront, pronte, prontement, prontitude. (Acad.)

Prône, s. masculin, instruction pendant la messe paroissiale: faites l'ôlong ainsi que dansprôner.

Prononciation.—Pour arriver à se former une bonne prononciation, il importe, entre autres choses, aux wallons comme aux flamands, de donner à chaque lettre son véritable son ou sa juste valeur. Nous nous contenterons ici de dire un mot des lettresdouceset des lettresfortes: on pourra s'en faire une idée exacte par le tableau suivant.

L'important, avons-nous dit, est de conserver à chaque lettre sa valeur naturelle, et de ne pas faire des douces des fortes et réciproquement: que deviendrale motgrive, par exemple, si vous prononcezgriffe? il deviendra tout à fait méconnaissable. Or, les wallons et les flamands, en ceci, pèchent précisément par les défauts contraires: les wallons tendent à faire fortes toutes les douces, tandis que les flamands sont exposés à adoucir toutes les fortes: ainsiune grivechez un wallon deviendraune griffe; et chez un flamandune griffedeviendraune grive.—Dans la liaison des mots c'est une faute commune aux flamands d'adoucir les fortes:mon père est allé(est d'allé)à Verviers; donc il n'ira pas chez vous(donc gu'il n'ira pas) etc.

2.Prononciation d'un jugement:—Cette expression est vicieuse;—il faut direprononcé:le prononcé du jugement aura lieu samedi prochain.

Pronostic, s. m., conjecture, jugement sur ce qui doit arriver:ce médecin fait ordinairement des pronostics fort justes:—On écrivait anciennementprognostic.—Prononcezprognostique.

Proportionné,proportionnément, proportionnel, proportionnellement.—Ces deux derniers sont des termes de mathématiques et ne se disent qu'en parlant des quantités, des grandeurs, des nombres:quantités proportionnelles; échelle proportionnelle; réduire proportionnellement un grand dessin à un petit;—la récompense fut proportionnée au service;il n'a pas été récompensé proportionnément(et nonproportionnellement)à son mérite.—Tise prononce commecidans ces mots et dansproportionné, proportion, proportionalité.

Propre, adj.—Il a un sens différent selon qu'il est placé devant ou après le substantif:mon propre habitindique l'habit qui m'appartient; il n'est pas question ici de propreté mais depropriété.—Mon habit propre, indique l'état depropretéde celui-ci.—Les propres termes d'une lettresont les mêmes mots, sans y rienchanger, rapportés fidèlement;—des termes propressont des termes qui expriment nettement la pensée, et conformément aux règles de la langue.

2. Lorsquepropresignifie,bien net, bien lavé, bien nettoyé, etc., il se met après son substantif:apportez-moi une assiette propre; voici un verre propre, vous avez des mains propres.—Lorsqu'il signifie,qui appartient en propre, dont on est possesseur, il se place ordinairement devant le substantif:vous avez mes propres gants; il a été blessé par son propre cheval.

3. Ne dites pas,vous êtes si propre avec cette robe; dites,vous êtes si bien avec cette robe. (Wall.)

4. Ne dites pas,c'est du propre que vous avez fait là; dites,c'est une belle affaire, une jolie équipée, un beau tour, une belle besogne, selon le sens.

5. Ne dites pas,c'est du proprepourcela est mal, nije suis proprepour signifier, que vous avez reçu un malencontre.—Prononcezpro-preet nonpro-penipro-père.

Prorata(au), à proportion, à raison de:au prorata de sa fortune;—ne dites pasà prorata.

Proroger, Prolonger(prorogation, prolongation).—Proroger, v. a., c'est prolonger le temps qui avait été pris, qui avait été donné pour quelque chose:on a prorogé le délai qu'on lui avait accordé; dans cette acception, il a à peu près le même sens queprolonger.—Proroger, en terme de législation politique, signifie suspendre les séances des Chambres par un acte de l'autorité royale, et en remettre la continuation à un certain jour:le roi a prorogé les Chambres jusqu'au premier mars.

2.Prolonger, v. a., veut dire, faire durer plus longtemps, rendre de plus longue durée:prolonger la guerre, prolonger sa vie.—Voyezprolongation, prolongement.

Prose, s. f., discours non assujetti à la mesure, tout ce qui n'est pas vers: prononcezprô-ze(ôlong) et nonpro-zeniprô-ce.

Prospectus, s. m., programme qui annonce d'avance le sujet, le prix, le format d'un livre ou le but, les conditions d'un établissement nouveau: prononcezpros'pektuce.

Proue, s. f., partie de l'avant du vaisseau, par opposition à lapoupe: prononcezproû(oûlong) et nonprou-we.

Prouesse, s. f., action de valeur: prononcezprou-esseet nonprou-wesse.

Prune, Pruneau.—Prunese dit du fruit frais du prunier;—pruneause dit de la prune séchée au four:une compote aux pruneaux.

Prusse,prussien, Russie, russe:—l'uest bref dans ces mots; c'est donc une faute de prononcerPrû-ce, prû-cien, Rû-cie, rû-ce.

Psaume, (et nonpseaume),psautier, psalmiste: prononcez lepet nonsaume, sautier, salmiste.

Pseudonyme, s. m., qui a un faux nom: ouvragepseudonyme;le pseudonyme de cet ouvrage est M. Pierre.—Prononcez lep.

Psychologie, s. f., traité philosophique de l'âme;psychologique, psychologiste:—prononcez lepet lecha le son dek.

Puer, s'emploie ordinairement sans régime:cette viande pue;—mais il s'emploie quelquefois avec un régime:cette chambre pue le musc, et nonaprès le musc, comme on dit en flamand.—Prononcezpu-er, il pû, nous pu-ons, etc., et nonpu-wer, il pu-we, nous pu-wons.

Puîné,puînée, adj., qui est né depuis un de ses frères ou une de ses sœurs:c'est mon frère puîné;—on l'emploie aussi substantivement comme synonyme decadet:c'est mon puîné.—Cependant, dans laconversation, l'on se sert plus ordinairement du nom decadet. (Acad.)

Puis, adv., signifie ensuite.—Ne dites donc pas:il va dîner, puis ensuite il se rendra chez vous; c'est comme si vous disiezensuite ensuite il se rendra chez vous.—Prononcezpuis(uidiphth.) et nonpou-is; prononcez de mêmepuits, puisard, puissant, puissance, puîné, puisque, etc.

Puissant, adj.—Ce mot ne signifie nigrosnigras; ainsi ne dites pasun homme puissant, une femme puissantepour désignerun homme grosougras, corpulent, etc.

Punch(et nonépunch), s. m., sorte de liqueur: prononcezponcheet nonpunche.

Purésie: voyezpleurésie.

Purgatoire, s. m.: ne dites paspurcatoire.

Purge, s. f., est peu usité; employez de préférencepurgatif, purgation, médecine:prendre un purgatif, une purgation, une médecine.

Pusillanime, adj., lâche;pusillanimité, s. f., manque de courage:—on prononce les deuxllsans les mouiller et l'sa le son dez.

Q.—On prononcekusuivant l'appellation ancienne et usuelle, etke, suivant l'appellation moderne.—Qne s'écrit jamais sans être suivi d'unu, si ce n'est dans quelques mots où il est final,coq, cinq. Les deux lettresquse prononcent comme s'il n'y avait qu'un simplek, excepté dans les mots que nous indiquerons ci-après.

Qua, se prononce commecouadans les mots suivants:quadragénaire, quadragésimal, quadragésime, quadrangulaire, quadratrice, quadrifide, quadriflore,quadrilobé, quadrivalve, quadrige, quadrilatère, quadrinome,quadrumane, quadrupède, quadruple, quadrupler, quakerouquacre, quanquam(mfinale),quartidi, quartile, in-quarto, quaternaire, quatuor, quartz, quartzeux.

2.Qua, se prononce commekadans les mots suivants:quadran(oucadran),quadrat, quadratin, quadrature, quadre(oucadre),quadrille, quai, qualité, quanquan(oucancan),quand, quant, quantité, quart, quarteron, quasi, quaterne, quatrain, quatre, quatre-vingt, quatrième, quarante.

Quadran, s. m., horloge solaire: prononcezcadran; on écrit plus souventcadran.

Quadrature, s. f., en terme de géométrie et d'astronomie, prononcezcoua;—en terme d'horlogerie, prononcezka. (Acad.)

Quadre, s. m., bordure de bois, etc., autour d'un tableau: prononcez,cadreet noncatenicadère.—On écrit plus communémentcadre.

Quadrille, s., jeu, danse à quatre; ce mot est ordinairementmasculin, dit l'Académie,danser un quadrille: prononcezkadrille, en mouillant lesll.—Il estféminin, lorsqu'il signifie une troupe de chevaliers du même parti dans un carrousel:la première quadrille était magnifiquement vêtue.

QuakerouQuacre, s. m., secte religieuse en Angleterre et aux États-Unis;—on prononcecoa-cre;—le féminin estquakeresse.

Quand, Quant.—Quand, adv., signifie lorsque, dans le temps que, dans quel temps:quand Dieu créa le monde en six jours; j'irai vous trouver, mais je ne puis vous dire quand.—Il est aussi conjonction, et alors il signifie, encore que, quoique, alors même que:quand je le voudrais, je ne le pourrais pas; en ce sens, il veut le verbe suivant au conditionnel.—Devant une voyelle leddequandse prononce commet:quand ilvoudra.—Prononcezcanet nonkan-tedevant une consonne:quand même.

2.Quant, adv., est toujours suivi de la prépositionà, et signifieà l'égard de, pour ce qui est de:quant à lui, il fera ce qu'il voudra; quant à ce qui est de moi;—quant à, suivi demoiou desoi, se prend aussi substantivement:tenir son quant-à-moi, son quant-à-soi; se tenir sur son quant-à-moi, sur son quant-à-soi, prendre un air réservé et fier, ne répondre qu'avec circonspection.—On dit égalementse mettre sur son quant-à-moi, sur son quant-à-soi, faire le suffisant, le hautain.

3. Ne dites pas,quant au restepourau reste. (Wall.)

4. Ne dites pas,j'y serai quand vous; dites,en même temps que vous, aussitôt que vous.

5. Ne dites pas,quand je suis guéri, j'irai vous voir; dites,quand je serai guéri...(Fland.)

6.Quant, ne doit pas s'employer pourquantième:quel quantième(et nonle quantnile combien, nile quantième)du mois avons-nous? il a reçu des nouvelles toutes fraîches, mais je ne sais pas de quel quantième elles sont;de quel quantième(et nondu quantnidu combien, nidu quantième)vous a-t-il écrit?montre à quantièmes.—Voyezcombien.

Quanquam, s. m. (on prononcecouan'couame), harangue latine que prononçait un écolier à l'ouverture de certaines thèses de philosophie ou de théologie.

Quanquan, s. m., terme corrompu du latinquanquam:—on prononce et l'on écrit ordinairementcancan; il se dit populairement, surtout au pluriel, des bavardages dans lesquels il entre de la médisance:ces bruits ne sont que des cancans;—il signifie aussi faire beaucoup de bruit d'une chose qui n'en vaut pas la peine:faire des cancans, de grands cancans.

Quantes, adj. f. pl., n'est usité que dans ces locutions familières:toutes et quantes fois queoutoutes fois et quantes que:—je vous prêterai des livres toutes et quantes fois que vous voudrez; je vous accompagnerai chez lui toutes fois et quantes qu'il vous plaira:—il a vieilli. (Acad.)

Quantième: ne dites pasquantrième;—voyezquantetcombien.

Quarré,quarrément, se quarrer, quarrure:—on écrit ordinairementcarré, carrément, se carrer, carrure.

Quart.—Ne dites pas:il est le quart avant quatre heures, il est le quart pour quatre heures; dites, il esttrois heures trois quartsouil est quatre heures moins un quart. (Acad.)

2. Ne dites pas non plus:il est le quart après deux heures; dites,il est deux heures et un quartouil est deux heures un quart(mais nondeux heures et quart). (Acad.)

Quarteron, s. m., quatre onces, quart d'un cent, prononcez mais n'écrivez pascartron.

Quartier, s. m.—Rien de plus commun que de voir affiché:quartier à louer; il faut direappartement à louer; chambreouchambres à louer, car une maison ne se divise pas enquartiers, mais enappartements.

2. On dit très-bienles quartiers d'une ville.

3.Quartierse dit aussi de ce qui se paie de trois mois en trois mois pour les loyers, pensions, rentes, gages, etc.:il doit deux quartiers de son loyer; le prix de la pension se paie par quartiers(trimestres).

4. Ne dites pas:les soldats sont rentrés au quartier; dites,... à la caserne.

Quarto(in), un ouvragein-quarto, prononcezain-couarto.—Voyezin-douze.

Quasiment.—Ce mot n'est plus en usage; dites,presque, quasi:—il est presque minuit; il n'arrive quasi jamais à temps.

Quasimodo, s. f., le dimanche après Pâques; on prononcekasimodoetcouasimodo.

Quatre, adj. num.—Entre quatre yeux, en tête à tête:je lui dirai cela entre quatre yeux. Selon l'Académie, on prononce,ordinairement, par euphonie,entre quatre-z-yeux;—quoi qu'il en soit, la prononciationentre quatre yeuxnous paraît préférable.—Voyezœil.

2.Se mettre en quatre, c'est s'employer de tout son pouvoir pour rendre service:c'est un homme qui se met en quatre pour ses amis. (Acad.)

3.Comme quatre, veut dire beaucoup, excessivement:il crie, il fait du bruit comme quatre; il mange, il boit comme quatre; un œuf gros comme quatre; il a de l'esprit comme quatre. (Acad.)—Prononcezqua-treet nonquateniqua-tere.

Quatre-vingts.—On écritquatre-vingts hommes, etquatre-vingt-un, quatre-vingt-deux, etc.,hommes;—Voyezcent.

Quatrième, adj. num.: on prononcekatrième(îlong) et nonkatri-aim-me.

Que, se prononce commekedansque, quenouille, querelle, quereller, quel, quelque, quelqu'un, quérir, question, queue.—Il se prononce commecue(et noncoue) dansquérimonie, questeur, questure.

2. Ne dites pas:j'ai plus que trente ans; dites,j'ai plus de trente ans.

3. Ne dites pas,vous avez mis l'habit que vous êtes si bien avec; dites,avec lequel vous êtes si bien.

4. Ne dites pas:c'est la fenêtre qu'il y a des carreaux cassés; dites,où il y a..., dans laquelle il y a...

5. Ne dites pas:de la manière qu'il agit, de la manière qu'il parle; donnez-lui ce qu'il a besoin;—que, pronom relatif est toujours régime direct, et ne peut par conséquent s'employer qu'avec des verbes actifs; dites donc:de la manière dont il agit, de la manière dont il parle; donnez-lui ce dont il a besoin.

6. Ne dites pas:je vais vous dire qu'est-ce que c'est; dites,ce que c'est.

7. Ne dites pas,qu'est-ce qui vous a parlé; dites,qui est-ce qui vous a parlé?

8. Ne dites pas,qu'est-ce qui vous appelle, maisqui est-ce qui vous appelle.

9. Ne dites pas:que veut-on dire, la chose est ainsi; dites,qu'y faire la chose est ainsi. (Fland.)

10. Ne dites pas:que vous n'ayez pas été trompé, est étrange: dites,que..., cela est étrange.

11. Ne dites pas:la plume que vous écrivez, que vous écrivez si bien avec; dites,la plume avec laquelle vous écrivez...: on n'écrit pas une plume, mais, avec une plume. (Wall.)

12. Ne dites pas:quel beau temps qu'il fait; quel beau discours qu'il a prononcé; dites,quel beau temps il fait, quel beau discours il a prononcé. (Wall.)

13. Ne dites pas:il fait tant de sottises; il arrange si mal ses affaires que ce n'est pas pour dire; dites,qu'on ne saurait l'exprimer, qu'on ne peut s'en faire une idée, ou bien prenez une autre tournure, mais,ce n'est pas pour dire, n'est pas supportable.

Quelque, Quelqu'un, Quelquefois:—prononcez toujours l'let nonquéque, quéqu'un, quéquefois; prononcez égalementquèlque, quèlqu'un, quèlquefoiset nonquélque, quélqu'un, quélquefois.

2. Ne dites pas:Oh! Monsieur, c'était quelque chose; dites,c'était beau, rare, magnifique. (Fland.)

Quelqu'un(un).—Ce pléonasme, admis autrefois, ne l'est plus du tout aujourd'hui; il faut dire simplementquelqu'un:—quelqu'un(et nonun quelqu'un)me l'a dit.

2.Quelqu'un, une, substantif., signifiantun, une entre plusieurs:nous attendons des hommes, il en viendra quelqu'un(un);plusieurs femmes m'ont promis de venir, nous en aurons quelqu'une(une).—Quelqu'unpris absolument s'emploie pour deux genres, et signifie une personne:quelqu'un m'a dit; j'attends ici quelqu'un.—C'est pourquoiquelqu'une m'a dit, j'attends ici quelqu'une, ne sont point des locutions françaises.—Au pluriel, on dit absolument;quelques-uns assurent le contraire; mais on ne dirait pas, en employantquelques-unscomme régime du verbe:je connais quelques-uns; il faut dire avec le pronomen,j'en connais quelques-uns; et dans le cas,quelques-unsn'est point pris absolument, il se rapporte avec un substantif énoncé auparavant et dont le pronomenrappelle l'idée.

Quelque chose, est masculin lorsqu'il signifie une chose:j'ai appris quelque chose de bon; il est féminin lorsqu'il signifie, quelle soit la chose ou quelle que fût la chose:quelque chose qu'il m'ait dite, je n'ai pas confiance en lui.—Voyezchose.

Quelquefois, ne peut pas s'employer pourpeut-êtreoupar hasard:Jean n'est pas encore de retour. Il est peut-être(et nonquelquefois)malade;si par hasard le maître vous voyait, vous seriez puni, et non,si quelquefois le maître.

Quenouille, s. f., canne pour filer: prononcezkenouille(emuet etllmouillées) et nonquènouilleniquenoule.

Querelle, Quereller:—prononcezkerèle, kerèler, krèle, krèler, et nonkèrelle, kèrèllernikérelle, et encore moinskarèle, karler.

Questeur, Questure:—prononcezcuesteur, cuestureet nonkesteur, kesturenicouesteur, couesture.

Question, s. f., demande, proposition, torture:—prononcezkess'thionet nonkécion; prononcez de mêmequestionner.

Qu'est-ce qui, se dit des choses etqui est-ce qui, des personnes: ne dites donc pas,qu'est-ce qui m'a appelé, maisqui est-ce qui m'a appelé.

Queue, s. f.: prononcezkeû(eûlong) et nonkeu-we.

2. On dit laqueued'une poêle, d'une casserole; lemanched'un balai, d'une pelle; lesmanchesoumancheronsd'une charrue; destiges, desfanes, et non desqueuesde pommes de terre, de navets, de carottes, de panais, de betteraves, etc.

Qui, se prononce commekidansqui, quiconque, quidam(kidan),quillage, quille, quiller, quilliette, quillier, quinquina(kinkina),quitte, quitter, quiproquo.

2. Il se prononce commecui(et noncoui) dansquia(à),quibus, quiescent, quiet, quiétisme, quiétiste, quiétude, quindécagone, quindécemvir(cuindécem'vir),quinquagénaire(cuincouagénère),quinquagésime(cuinquouagésime),quinque(cuincué),quinquennal(cuincuenn'nal),quinquennium(cuincuèn'niome),quinquenove(cuinkenove),quinquerce(cuincuerce),quinquerème(cuincuérème),quintetto(cuintèt'to),quintetti(cuintèt'ti),quintidi, quintil, quintuple, quintupler, quitus(cuituce).

3. Ne dites pas:c'est moi qui a, c'est moi qui est;c'est vous qui ont, c'est vous qui sont;c'est nous qui ont, c'est nous qui sont:—quidoit toujours s'accorder en genre, en nombre et en personne avec son antécédent; dites donc,c'est moi qui ai, qui suis;c'est vous qui avez, qui êtes;c'est nous qui avons, qui sommes, etc.

4. Ne dites pas:c'est à vous à qui je parle; est-ce à moi à qui vous en voulez; dites,c'est à vous que je parle; est-ce à moi que vous en voulez?

5. Ne dites pas:parlez à tout qui vous voudrez; dites,parlez à qui vous voudrez, à tous ceux que vous voudrez. (Wall.)

6.A qui, de qui.—Qui, précédé d'une préposition, ne peut se dire que des personnes; on le remplace parlequel, laquelle, quand il s'agit des choses: dites donc,l'étude à laquelle(et nonà qui)je consacre mon temps;le cheval sur lequel(et nonsur qui)je suis monté.

Quia(à), terme usité seulement dans ces phrases proverbiales:être à quia, mettre à quia, c'est-à-dire, être réduit ou réduire quelqu'un à ne pouvoir répondre; prononcezcuia(abref) et noncouianikiia.

Quibus, s. m., terme populaire qui n'est guère usité que dans cette phrase:avoir du quibus, avoir de l'argent, être riche: prononcezcuibuceet noncouibucenikibuce.

Quiconque, pron. indif., est masculin dans le sens général:quiconque est capable de mentir, est indigne d'être compté au nombre des hommes.—Employé pour désigner une femme, il est féminin:mesdames, quiconque de vous sera assez hardie pour médire de moi, je l'en ferai repentir. (Acad.)

Quidam, s. m., désigne les personnes dont on ignore ou dont on n'exprime pas le nom;je fus accosté par un certain quidam, un quidam de mauvaise mine; le fémininquidanen'est usité qu'en terme de palais.—Prononcezkidan.

Quiet,quiétisme, quiétiste: prononcezcuiet, cuiétisme, cuiétiste, et noncouiniki.

Quille, s. f.—Ditesjouer aux quilleset nonaux guilles.

Quincaille, Quincaillerie, Quincaillier:—on écrit aussi, mais moins souvent,clincaille, clincaillerie, clincaillier.

2. Le motquincailleriene s'emploie qu'au singulier:marchand de quincaillerie.—Prononcezkincaille, etc.

Quine, s. m., ne se dit pas pour désigner le jeu duloto: dites doncjouer au lotoet nonà la quine.—Quinese dit au loto de cinq numéros gagnant ensemble sur la même ligne horizontale ou de même couleur;j'ai un quine(il est masculin).

Quinine, s. féminin (de la quinine),quinquina, s. m. (on dit aussiquina):—prononcezkinine, kinkina, kina.

Quinquagénaire, adj. et subst., qui est âgé de cinquante ans: prononcezcuincouagénère.

Quinquagésime, s. f., ledimanche de la Quinquagésime;—prononcezcuincouagézimeet nonkinkagézime.

Quinquennal, ale, adj., qui dure cinq ans; le pluriel estquinquennaux:—prononcezcuincuèn'nalet nonkinkèn'nal.

Quint, adj., ne s'emploie guère que dans ces dénonciations, et pour signifiercinquièmede nom:—Charles-Quint, empereur;Sixte-Quint, pape.

Quintousse.—Ce mot n'est pas français; il faut le rendre parcoqueluche:cet enfant souffre beaucoup de la coqueluche.

Quintuple, adj., cinq fois autant;quintupler:—prononcezcuintuple, cuintupler, et nonkintuple, kintuplernicouintuple, couintupe, cointupèle, etc.

Quinze, adj. num.—On ditd'aujourd'hui, de demain, d'hier en quinzeet non,aujourd'hui, demain, hier en quinze. (Acad.)

2. Ne dites pas:cela est arrivé aujourd'hui, demain, hier en quinze; ditescela est arrivé il y a aujourd'hui, il y aura demain, il y a eu hier quinze jours. (Fland.)—Voyezhuit.—Prononcezkin-zeet nonkince.

Quiproquo, s. m., méprise, malentendu:il a fait un quiproquo.—L'Académie écrit au plurieldes quiproquo; nous ne voyons pas ce qui empêche décriredes quiproquos: le mot n'a plus la forme ni la prononciation latine, il est donc tout-à-fait français: voyezmalentendu.—Prononcezkiprokô(ôlong.)

Quitte, adj.; le pluriel estquittes:nous sommes quittes.—Quittesignifie qui est délivré, débarrassé de quelque chose; il suit de là qu'on estquittede quelque chose de mauvais, de gênant, de fâcheux, comme d'une fièvre, d'un procès, etc.; mais on ne peut pas dire que l'on est quitte de quelque chose auquel on était attaché ou que l'on regardait comme un bien; ne dites donc pas,il est quitte de sa bourse, de son chapeau, de sa place, de ses parents, etc.; dites,il a perdu, on lui a volé sa bourse, son chapeau, etc.

2. Ne dites pas,je suis quitte avec vous, mais,... envers vous.

Quitter, v. a., dans le sens detenir quitte, a pour régime direct le nom de la personne et pour régime indirect le nom de la chose:donnez-moi la moitié de ce que vous me devez et je vous quitte du reste(et nonle reste);je vous quitte de tout ce que vous me devez(et nontout ce que);je vous quitte des intérêts et du principal; je vous en quitte. (Acad.)

2. Ne dites pas:je connais un moyen de quitter les taches de graisse; dites,... d'enlever, d'ôter, d'effacer les taches de graisse. (Fland.)

3. Ne dites pas:c'est là que nous avions quitté, reprenons notre conversation; dites,c'est là que nous en étions restés...(Fland.)

4. Ne dites pas:quittez la table, ôtez la table, pourdesservir.

5. On dit très-bien,quitter son habit, sa robe, ses souliers, etc., dans le sens d'ôter quelque chose de dessus soi, de s'en dépouiller, de s'en débarrasser. (Acad.)

Quoi, pron.—Ne dites pas:je ne sais quoi faire, quoi dire, quoi répondre, quoi penser, etc.; dites,je ne sais que faire, que dire, que répondre, que penser.

2. Ne dites pasde quoipourquoi: on vous fait une question que vous ne comprenez pas, et pour vous la faire répéter vous dites,quoi?(et nonde quoi), c'est-à-dire, que dites-vous, qu'avez-vous dit?

3.Il a de quoi, ils ont de quoi, locution triviale; dites,il est riche, il a de l'argent, il est dans l'aisance, etc.—Voyezfortuné,moyen,moyenné.

4. Ne dites pas,à quoi monte le budget; dites,à combien...

Quoique, conj.—Quoique, en un mot, veut direencore que:quoique vous ayez raison, je ne puis pourtant pas vous approuver entièrement,—quoi que, en deux mots, veut direquelque chose que;quoi que vous fassiez, vous ne réussirez pas.

2. Ne dites pas,quoique ça, maismalgré çaet mieuxmalgré cela:—malgré cela, je lui pardonne.—Voyezmalgré.

3. Ne dites pas,quoiqu'il fait beau, je reste à la maison, dites,quoiqu'il fasse beau... Quoiquegouverne toujours le subjonctif.

Quote, adj.:—il n'est usité que dans cette expressionquote-part, qui ne s'emploie pas au pluriel:il doit payer tant pour sa quote-part.—Prononcezkote-part.

Rr.—Les deuxrse font entendre dans les mots qui commencent, 1oparerr, commeerrer, erreur, erronéet autres dérivés; 2oparirr, commeirraisonnable, irrasatiable, irrécusable, irrégulier, irréligion, irritabilité, etc.; 3oparhorr, commehorreur, horrible, horripilationet aussiabhorrer.

2. Les deuxrse prononcent également, 1odans les futurs et les conditionnels des verbesmourir, acquérir, requérir, courir, et les dérivés; 2odansaberration, concurrence, concurrent, corroder, corrosion, erratique, erre, errhin, errement, interrègne, inénarrable, myrrhis, narration, narrateur, narratif, narré, narrer, occurrence, terreur, terrible, torrentet le verbeerrerà l'infinitif et au participe.—Les deuxrse prononcent dans les noms propresBurrhus, Pyrrha, Pyrrhon, Pirrhus, Verrès, etc., et dans les mots dérivéspyrrhique, pyrrhonien, etc. (Hennebert.)

Rabattu.—Ne dites pas,c'est du rabattupourc'est du rebattu, c'est du rebâché.

Raccroc, s. m., coup imprévu du jeu:il s'est sauvé par raccroc: prononcezracrô(ôlong).

Raccuser.—Ce mot n'est pas français pour signifierredire par méchanceté, ce qu'on a vu ou entendu; il faut direrapporter, rapporteur, dénoncer, dénonciateur:—c'est lui qui nous a rapportés; les enfants sont rapporteurs.

Rachever, n'est pas français: ditesachever.

Raclée, s. f., volée de coups:recevoir une bonne raclée; ce terme est populaire.

Racoudre, n'est pas français: ditesrecoudre:—votre manche est décousue, faites-la recoudre; s'il s'agit de raccommodage, ditesraccommoder.

Racquitter.—Ce verbe est français:il avait beaucoup perdu, mais j'ai pris son jeu et je l'ai racquitté; il avait perdu tout son argent, mais il s'est racquitté; essayez de vous racquitter; vous vous racquitterez une autre fois.

Radis, s. m., légume:—l'sne se prononce pas.

Rafistoler, n'est pas français; ditesréparer, raccommoder, rarranger, retoucher.

Rafle, s. f., terme de jeu, enlever tout sans rien laisser;—au jeu des dés,raflese dit quand les dés amènent chacun le même point:j'ai fait rafle de quatre.—Prononcezra-fleet nonrafenirafèle.

Rafraîchir.—Dans le sens de faire un repas, de boire un coup, etc.; il ne s'emploie que pronominalement:nous sommes allés nous rafraîchir à tel hôtel(et nonrafraîchir).

Rahausse, ce qui sert à hausser; diteshausse:mettre une hausse à des souliers, à des bottes; mettre des hausses aux pieds d'une table, d'une armoire.

Raide,raidir, raideur, raidillon:—on écrit aussiroide, roidir, roideur, roidillon.—En conversation, dit l'Académie, et quelquefois dans le discours soutenu, on prononcerède, rèdir, rèdeur, rèdillon. Il résulte de cette observation que l'on peut aussi prononcerroide(roade),roidir(roadir),roideur, roidillon, mais seulement dans le discours soutenu.

Raie, s. f.; voyezligne.

Raiguiser, n'est pas français; il faut direaiguiserouaiguiser de nouveau, selon le sens:allez aiguiser votre couteau; faites-le aiguiser de nouveau:—voyezaiguiser.

Rail, s. m. pl.,rails, barre, barreau:raille.

Raillerie(entendre).—Voyezentendre.

Rail-way, s. m., chemin de fer: prononcezrail-wai.

Raison, s. f.—Ce mot ne s'emploie pas dans le sens dequerelle, différend, démêlé;—ne dites donc pas:j'ai eu des raisons avec lui; dites,j'ai eu une querelle, un différend avec lui.—Mais on dit fort bien,conter ses raisons à quelqu'un, c'est-à-dire, l'instruire de ses affaires, de ses intérêts, lui explique les motifs de la conduite qu'on a tenue.

Raisonnable, adj.—Quelques personnes emploient à tort le motraisonnablepourmoyen, et le crieur d'une petite ville du Hainaut terminait de la manière suivante l'annonce d'une vente de porcs:il y en a des grands, des petits et des raisonnables. (Omnibus montois.)

RajaouRajah, s. m., prince indou: prononcezraja.

Rallargir, mot wallon: ditesrélargir:il est obligé de faire rélargir tous ses habits.

Rallonge, Rallonger.—Ces mots sont français:mettre une rallonge à une robe, à une table; rallonger une jupe, une table.—On dit aussi dans le même sensallonge, allonger.

Ramonasse, mot d'origine flamande qu'il faut rendre en français par les motsrave, raifortouradis, selon le sens.

Ramponeau, s. m., terme de cuisine; ce mot n'est pas français; ditesfiltre à café.

Rance, dans le sens decrêpe, est un mot wallon:il a mis un crêpe à son chapeau.

Rancuneux, euse, adj. qui garde rancune: ce mot n'est pas français: ditesrancunier, ière.

Ranger(se),de, signifie se mettre de:—se ranger à, veut dire adopter:se ranger du parti, du côté de quelqu'un;se ranger à l'avis(et nonde l'avis)de quelqu'un.

Râpe, s. f.,Râper, v. a.: l'âest long comme danspâté.

Rapêcher, retirer de l'eau: ce mot est wallon; ditesrepêcher:il était tombé au fond de la rivière, on l'a repêché à demi-mort.

Raphaël, n. pr.—PrononcezRaphaèleet nonRapha-yèle.

Rapiécer, Rapiéceter, Rapétasser.—Rapiécer, c'est raccommoder en mettant une pièce ou des pièces;—rapiéceter, c'est remettre sans cesse de nouvelles pièces;—rapétasser, c'est raccommoder grossièrement de vieilles hardes.

Rappeler(se): on dit,se rappeler quelque choseet nonde quelque chose:—je me le rappelleet nonje m'en rappelle.—Il est toutefois d'usage de dire:je me rappelle d'avoir vu, d'avoir fait, d'avoir écrit. (Acad.), c'est-à-dire, je me rappellele faitd'avoir vu, d'avoir fait, etc.

2.Rappeler(en), ne dites pas:j'ai été condamné, mais je vais en rappeler; dites,je vais en appeler, je vais en appel, je vais interjeter appel.

Rapport, s. m.—Ne dites pas:il m'en veut à rapport de vous, ou bien,à rapport que je suis riche; dites,il m'en veut à cause de vous, ou bienparce que je suis riche. (Wall.)

2. Ne dites pas,il dit cela par rapport à vous; dites,il dit cela à cause de vous, ouà votre adresse, selon le sens.

3. Ne dites pas:je ne suis pas venu à l'école, à rapport que j'ai été malade; dites,parce que j'ai été malade.

4. Ne dites pas:sur le rapport de la conduite, je n'ai que de bons renseignements à donner de mon domestique; dites,sous le rapport...

Rapt, s. m., enlèvement par violence; on prononce lepet let, (rapte).

Rare, adj.—Dites,il est rare que je le fasse, que nous le fassionset non,que je le fais, que nous le faisons.

Ras, ase, adj., qui a le poil coupé jusqu'à la peau ou qui a le poil fort court, etc.—On ditau ras de l'eau, à ras l'eau, c'est-à-dire, presque au niveau de l'eau:cette embarcation est à ras l'eau:—on dit aussià rase terre, c'est-à-dire, à fleur de terre, de niveau avec le sol environnant:dans la cour est un puits dont la margelle est à rase terre.

2. Ne dites pas,mesurer à rase; dites,mesurer à rase mesure.—Prononcezrazeau masculin comme au féminin.

Rasibus, prép., tout près:la balle lui passa rasibus du front.—Prononcezrasibuce.

RassercirouRassercer.—Ce mot n'est pas français; ditesrentraire, s'il s'agit de l'action de coudre ensemble deux morceaux d'étoffe sans que la couture paraisse;—ditesravauder, pour signifier, raccommoder de méchantes hardes à l'aiguille, sans pièces:ravauder des bas, une veste; aiguille à ravauder.

Ratatouille, s. f., ragoût grossier, composé ordinairement de viande et de légumes:quelle ratatouille nous servez-vous donc là? ce traiteur ne donne que de la ratatouille. (Bescherelle.)

Râteau,Râteler, Râtelier, etc.—Prononcez l'âcomme danspâté:un râteau à dents de fer; râteler des foins, des avoines, manger à plus d'un râtelier.

Rattaquer.—Ne dites pas:il a rattaqué à Bruxelles; dites,il a appelé..., il a interjeté appel à Bruxelles.

Rattendre, n'est pas français; dites donc,attendez-moi, attendez un peuet nonrattendez-moi; rattendez un peu.

2. Ne dites pas,on a rattendu un homme dans le bois; dites,on a attaqué...


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