D

Coup.—Ne dites pas:cet homme a fait les cent coups(locution populaire); dites,a fait mille folies, mille excès.

2.Boire un coup d'eau, un coup de vin; au coup de midi, au coup de trois heures, sont des expressions françaises.

Couper, v. a.—Ne dites pas:le vent, la grêle, la neige coupent le visage; dites,... cinglent le visage.

Couperose, s. f., vitriol; ne dites pascomperose.

Couple, est féminin, lorsqu'il signifie simplement le nombredeux, sans idée d'union, d'assortiment, d'assemblage:une couple d'œufs, une couple de pigeons, une couple de serviettes.—Il estmasculin1oquand il désigne le mâle et la femelle:un couple de pigeons suffit pour peupler une volière; 2oquand il désigne des êtres animés, unis par un sentiment ou pour toute autre cause qui les rend propres à agir de concert:un couple d'amis; un couple de fripons; un beau couple de chiens. (Acad.)—Prononcezcou-pleet noncoupe, coupèle.

Courant.—On doit dire,le cinq, le six, le dix du courant. Ici on ne pourrait pas supprimer l'article, parce que le motmoisest sous-entendu; c'est comme si l'on disaitle cinq, le six, le dix du mois courant.

Courrier, s. m., se dit de la totalité des lettres qu'on écrit ou qu'on reçoit par un seul ordinaire:lire son courrier, faire son courrier.

(Bescherelle, Poitevin).

Courroie, lien de cuir, est féminin; n'écrivez pascorroi.—Prononcezcourroîet noncourroiïe.

Cours, s. m., flux, course, étude; prononcezcour(oulong) même devant une voyelle et noncource.

2. Ne dites pas:il donne un cours d'italien; le professeur donne son cours; dites,il fait un cours, il fait son cours.—Mais on dit,donner des leçons, (quand il s'agit de leçons particulières): voyezleçon.

Court, e, adj.—Ne dites pas:je suis à court d'argent; le prédicateur est resté à court; dites,je suis court d'argent; le prédicateur est resté court.

Coûter.—Ne dites pas,coûte qui coûte, mais,coûte que coûteouquoi qu'il en coûte; prononcezcoûter(oûlong) et noncouter(oubref).

2.Coûter gros:—cela doit vous coûter gros, ce n'est pas le Pérou, sont des expressions populaires dont il faut éviter l'emploi; dites,coûter beaucoup, bel et bon.

3. Ne dites pas:les leçons de mon fils me coûtent dans les cent francs par mois; dites,à peu près cent francs par mois; me reviennent à près de cent francs par mois. Voyezcher.

Coutil, s. m., toile forte; prononcezcoutiet noncoutile.

Couturière.—Tailleuseest un mot provincial qui n'est pas admis par l'Académie.

Couvent, s. m. Ne dites pas:elle est entrée dans le couvent à 18 ans, dites,au couvent, comme on ditentrer au servicepour se faire soldat.Entrer dans le couvent, c'est y aller pour le visiter, pour y voir quelqu'un.

Couvertpourcouvercle;Couvertepourcouverture, malle, mallette.—On ne dit point lecouvert, mais lecouvercled'une tabatière, d'une cafetière, d'un vase quelconque; on ne dit pas lacouverte, mais lacouvertured'un lit, d'une chaise, d'un livre (ce qui sert à couvrir le lit, la chaise, le livre).

2. On ne dit pointla couverted'un écolier, maisla malleet mieuxla mallettepour désigner le sac, ordinairement en cuir, où il renferme ses livres et ses papiers et qu'il porte suspendu à son dos à l'aide d'une courroie.

Couvi, adjectif, qui ne s'emploie qu'aumasculin; il se dit, d'un œuf à demi couvé ou gâté pour avoir été gardé trop longtemps:un œuf couvi, des œufs couvis. Prononcezcouviet noncouvice.

Crabe, poisson qui ressemble à une écrevisse et dont on mange la chair; ce mot est masculin:un gros crabe. Prononcezcrâbe(âlong).

Crachat, s. m., dans le sens de décoration, est de mauvais ton.

Craie, s. f.: prononcezcraî(aîlong) et noncraiïe.

Craindre, v. a.—Ne dites pas:je crains qu'il tombe; dites,je crains qu'il ne tombe.

Crainte.—Ne dites pas:je n'irai pas, crainte d'être entraîné; dites,de crainte d'être entraîné.

Cran, s. m., entaille qu'on fait à un corps dur pour accrocher ou arrêter quelque chose:craner, faire un cran.—Ne dites pascrain, crèner.

Crâne, s. m., tapageur, homme qui fait le rodomont:c'est un crâne, faire le crâne; on l'emploie quelquefois adjectivement:il est crâne, il a l'air crâne: ce mot est très-familier. (Acad.) C'est à tort que les wallons donnent à ce mot d'autres acceptions.

2.Crane(mot wallon), se rend parrobinet(et nonrobin.)

Crapaud.—Dans certaines localités, on a assez l'habitude de donner aux enfants le nom de ce sale animal; il faut employer un des mots suivants:marmot, mioche, marmouset, etc.

Crapule, s. f., débauche, habitude grossière, excès dans le boire et le manger; il se dit quelquefois et par extension de ceux qui vivent dans la crapule:n'allez pas avec ces libertins, c'est de la crapule. (Acad.) Mais ce mot ne peut pas s'employer pourpetit peuple, lie du peuple, populace, gens sans éducation, gens de rien.

Craque,craquer, craqueur, craquerie, menterie, se vanter, hâbler, hâbleur, hâblerie; ces mots, à l'exception decraquer, figurent dans le dictionnaire de l'Académie, mais ils sont de mauvais goût.

Crasser, se Crasser, figurent dans les dictionnaires; maiscrasserse dit surtout des armes à feu; vous direz donc:cet enfant encrasse ses habits, plutôt que,... crasse...

Crasseux, pourladre, très-avare, est familier;crasserie, avarice sordide, n'est pas français; dites,crasseet mieuxladrerie.

Créancier, Débiteur.—Lecréancierest celui à qui on doit;—le débiteurest celui qui doit.

Créer, v. a.—Prononcezcré-eret noncré-ier; prononcez de mêmecréateur, créature, création; agréable, agréer, fléau, géant, Gédéon, néant, Léopold, Napoléon, récréer, réel, réellement, suppléer, théâtre, etc.

Crème, s. f.: voyezchrême.

Crémer, Écrémer.—Crémerest un verbe neutre et signifie se couvrir de crème; il ne se dit que du lait:en été le lait crème plus qu'en hiver.Écrémerest un verbe actif qui signifie ôter la crème de dessus le lait:allez écrémer le lait, du lait.

Crêpe, subst., est masculin et féminin; il est masculin, lorsqu'il signifie un morceau d'étoffe noire et claire qu'on porte en signe de deuil:il porte un crêpe à son chapeau. Il est féminin, lorsqu'il signifie une pâte qu'on fait cuire en l'étendant sur la poêle; il correspond assez bien au mot wallonbouquetteet au mot flamandstruif.

CrésaneouCreusane, espèce de poire; ditescrassaneet noncreusanenicrésane.

Cresson à la noix, n'est pas français; dites,cresson alénois.

Crête(de), c'est-à-dire, sur le côté le moins large, n'est pas français; ditesde champ:mettre de champ, poser de champ des briques, des pierres, des solives.

Crétin, s. m., habitant goîtreux des Alpes, sourd, muet et idiot, et au figuré, homme stupide; ce mot n'a pas de féminin; écrivez et prononcezcrétin, crétinismeet noncretin, cretinismenicrètin, crètinisme.

Crever, v. neutre, signifie parfoismourir; en ce sens il ne se dit que des animaux:ce chien avala du poison et il en creva. (Acad.)

Cric,s. m., machine à lever; prononcezcri.

Cric-Crac, interj., bruit d'une fracture: prononcezcrike-crake.

Crier, terme générique dont on se sert pour exprimer le cri particulier de chaque animal; il est ridicule de dire:ce chien, ce chat, ces grenouilles, ces corbeaux ne font que crier: les animaux ont chacun un cri particulier, et ce cri a un terme propre qui le désigne et qu'il importe de bien connaître.

2.Crier après quelqu'un; dites,appeler quelqu'un.

3. Ne dites pas:mon professeur m'a crié; dites,... grondé, réprimandé.

4.Crier sur quelqu'un; on dit:crier contre quelqu'un.—Prononcezcri-eret noncri-ier.

Croc, s. m., instrument pour accrocher: prononcezcrô; communément lecfinal ne se prononce point (Acad.);—croc-en-jambe, tour de lutte; prononcezcrokanjambe.—Voyezc final.

Croche-pied: voyezcloche-pied.

Croire, v. a.—Ne dites pas:ne croyez pas à cet homme, il vous trompe; dites,ne croyez pas cet homme;croire à quelqu'un, c'est croire à son existence:croire aux revenants.

2. Ne dites pas:j'ai n'y crois rien; dites,je n'en crois rien.

3. Ne dites pas:j'ai cru être malade; mais,j'ai pensé, j'ai failli être malade.

Croisée, Fenêtre.—L'Académie définit ainsi le motcroisée: fenêtre, ouverture qu'on laisse dans le mur d'un bâtiment pour donner du jour à l'intérieur et qui est quelquefois divisée par un montant et par une ou plusieurs traverses.—Il se prend aussi pour le châssis vitré (la fenêtre proprement dite) qui sert à fermer cette ouverture. Les gens de bonne compagnie disent toujoursfenêtre, à moins qu'ils ne veuillent parler d'une ancienne espèce de fenêtre à montants et à traverses en maçonnerie ou en bois.

Croître, v. n.—Écrivezje croîs, tu croîs, il croît(accent circonfl. pour distinguer ces personnes des personnes correspondantes du prés. de l'ind. decroire);nous croissons, etc.; passé déf.,je crûs, tu crûs, il crût, (nous crûmes, vous crûtes),ils crûrent(accent circ. pour la même raison); fut.,je croîtrai, tu croîtras, etc. (accent circ. à toutes les personnes de même qu'au cond.);je croîtrais, etc.; part. passé,crû, crûe.

Croix, s. f.—Ne dites pasfaire une croix, pourfaire le signe de la croix; voyezpile.

Crolle, ne se trouve pas dans les dictionnaires; il faut dire,boucle, anneau, cheveux frisés:une boucle de cheveux; friser à boucles; être frisé par anneaux.—Crollern'est pas français non plus; dites,boucler, friser, crêper.

2.Crollene s'emploie pas non plus pourcopeau(éclat, morceau de bois que la hache, le rabot, etc., font tomber du bois):gros copeaux, menus copeaux; brûler des copeaux; le motcrolle, dans cette acception, est flamand.

CronouCromp, pourtortu, courbé, arqué, voûté, de traversetcrombain, pourbancal, bancroche, ne sont pas français, mais flamands.

Croque-noix, Croque-noisettes, ne sont pas français; dites,casse-noix, casse-noisettes.

Croquer, v. a., ne s'emploie pas dans le sens d'offenser, depiquer, piquer au vif.

Croup, s. m., maladie, espèce d'angine; prononcezcroupe.

Croustillant.—Ne dites pas:cette pâtisserie est croustillante; dites,est croquante.

2. N'employez pas non plus ce mot pourplaisant, drôle:des contes croustillants; dites,croustilleux; ce dernier mot est familier et signifie plaisant, libre, graveleux. (Acad.)

Croûte, s. f., en style d'atelier, se dit des tableaux sans valeur:ce peintre ne fait que des croûtes.—Mais il ne s'applique pas aux personnes; ne dites donc pas:ce peintre n'est qu'une croûte.

Cru, s. m., terroir où quelque chose croît; il n'est guère usité qu'en parlant des produits agricoles et surtout du vin:ces foins, ces denrées sont de mon cru; du vin de mon cru, de son cru, de votre cru; ce vin-là est d'un bon cru.—Vin du cruse dit du vin fait avec le raisin recueilli dans l'endroit même où on le consomme:nous voulûmes goûter du vin du cru; il faut se défier du vin du cru; on peut dire égalementdu vin du pays(et nonde pays).

Crucifix, s. m.; prononcezcrucifiet noncrus'fi.

Cruel, elle,Cruauté; prononcezcru-el, cru-autéet noncru-wel, cru-wauté.

2.Un cruel enfantest un enfant insupportable;un enfant cruelest un enfant porté à la cruauté.

Ct.—Ces deux consonnes finales se prononcent danstact, exact, contact, correct, direct, infect, abject, strict; mais il y a exception pouramict, districtet pour toutes les terminaisonspect, tels querespect, aspect, suspect, circonspect, etc.; prononcezami, distrik, respèk, aspèk, suspèk, etc.—Bien qu'on entende souvent direrespè, aspè, suspè, pourrespèk, etc., cette prononciation n'est pas généralement admise par les grammairiens. (Hennebert.)

Cueillir, v. a., détacher de la tige; ne dites pas,cueiller; prononcezkeuillir.

Cuiller, s.féminin; on prononce et quelques-uns écriventcuillère. (Acad.)

Cuire, v. a.—Oncuitles aliments et l'on faitbouillirles liquides; ne dites donc pasl'eau est cuite; faites cuire le lait; dites,l'eau a bouilli, est bouillante; faites bouillir le lait.

Cul, s. m., derrière d'une charrette, d'un tombereau:mettez cela au cul de la charrette; mettre une charrette à cul(les timons en l'air).—On ne prononce point l'let quelques-uns la suppriment dans l'écriture; prononcez de mêmecul-de-jatte(estropié),cul-de-lampe(ornement d'architecture),cul-de-sac(impasse).

2.Cul de chandellepourbout de chandelleethocheculpourhochequeue(oiseau), ne sont pas français:hochequeueest masculin.

Culotte.—On peut dire indifféremmentune culotte, des culottes, une paire de culottes; il n'en est pas de même du motpantalon, qui dans ce sens ne s'emploie qu'au singulier:j'ai mis un pantalon neufet non,des pantalons neufs.

Cumulet, n'est pas français dans le sens deculbute; dites donc,faire des culbuteset non,des cumulets.

Curée, dans le sens decharogne, n'est pas français.

Curer, Écurer.—Curer, c'est nettoyer quelque chose de creux:curer un fossé, un égoût, un étang, etc.—Écurer, c'est nettoyer avec du sablon ou quelque chose de semblable:écurer la vaissette.—Voyezrécureur.

Curieux.—Ne dites pas:il est si curieux pour sa toilette, pour les livres; dites,il a tant de soin de sa toilette; il aime tant les livres.

Ne dites pas:je suis curieux comment cela tournera; dites,je suis curieux de voir, de savoir comment cela tournera.

CutéeouCuitée, la quantité de pains qu'on fait cuire à la fois dans un four; ces mots ne sont pas français; dites,cuiteoufournée.

Cutter, s. m., petit navire de guerre; on prononce et plusieurs écriventcotré.

Cuvelle, n'est pas français; dites,cuve, cuvier, cuveau, cuvette.—Lacuveest un vaisseau de grande dimension; lecuvier, est la cuve où l'on fait la lessive;lecuveau, est une petite cuve; lacuvette, est un vase dont on se sert pour se laver les mains; prononcezcuveet noncufe.

Czar, souverain,Czarine, impératrice de Russie; prononcezCzar, Czarine; quelques-uns écrivent et disent,tzar. (Acad.)

D.—C'est à tort que l'on prononce souvent leddes syllabes endecomme unt:timite, timitement, raite, ronte, corte, humite, Enéite, au lieu detimi-de, timi-de-ment, rai-de, ron-de, cor-de, humi-de, Enéi-de. Cependant à la fin d'un adjectif, suivi immédiatement de son substantif commençant par une voyelle ou unehmuette,da le son det:un grand ignorant, la grande armée; prononcezgran-t-ignorant, la gran-te-armée. Il en est de même, lorsque cette lettre est à la fin d'un verbe suivi deil, elle:répond-il, entend-elle? (répon-t-il, enten-t-elle.)

2. On ne prononce pas ledfinal dans les adjectifs qui ne sont pas suivis immédiatement de leur substantif.Un abîme profond effraie(profon effraie). On ne le prononce pas non plus dans les substantifs, même lorsqu'ils sont suivis de leur adjectif: on dira doncun froid(froi)excessif,un bord(bor)escarpé, sans aucune liaison. Mais il faut excepter ledfinal dans les locutions suivantes:de pied en cap, de fond en comble, où ledprend le son det.

3. Prononcez les deuxddansaddition, additionnel, additionner, adducteur, adductionetreddition.

4.D'à moi, d'à toi, d'à lui, etc.; les personnes peu instruites disent seules:ce livre est d'à moi, d'à toi, d'à lui, etc.; il faut dire,ce livre est à moi, à toi, à lui, etc.

D'abord que, ne peut pas s'employer pour,puisqueouaussitôt que; ne dites donc pas:d'abord que je suis innocent, je ne dois pas être puni; d'abord que vous aurez fini vos devoirs, vous apprendez vos leçons; dites,puisque je suis innocent...; aussitôt, dès que vous aurez fini vos devoirs...(Wall.)

Dada, est un terme enfantin qui signifiecheval; mais il ne faut pas le confondre avecdadais, dandin, qui veulent direniais:c'est un grand dadais, un vrai dandin.

Dahlia, s. m., plante d'ornement; prononcezdalia.

Daigner, ne doit jamais être suivi de la prépositionde; ainsi ne dites pas:daignez de m'accorder votre protection, mais,daignez m'accorder...—Prononcezdai-gneret nondai-gne-ner; il en est de même dedédaigner, enseigner, etc. Voyezgne.

Daim,s. m., bête fauve qui tient le milieu entre le cerf et le chevreuil; la femelle s'appelledaine, que l'on prononcedine.

Daler, Thaler, Taler, s. m., monnaie d'Allemagne; prononcezdalère, thalère, talère; on dit plus souventthalerquetaleroudaler.

Damas, ville de Syrie; prononcezDamâce;damas, s. m., étoffe, fruit, acier; prononcezdamâ.

Dame: voyezmonsieuretépoux.

Damner, Damnation, Damnable; prononcezdâner, dânation, dânable, en supprimant l'met en allongeant l'a: voyezcondamner.

Danger.—Ne dites pas:il n'y a pas de danger que j'aille jouer, car mes parents me l'ont défendu; dites,je me garderai bien; je n'ai garde; je ne veux pas aller jouer;—ne pouvoir mal, dans ce sens, est également un wallonisme.

Dangereuxetdangereusement, employés pourprobable, vraisemblableetprobablement,vraisemblablement, apparemment, sont de véritables barbarismes.Ainsi ne dites pas:cela est bien dangereux; cela arrivera dangereusement demain; mais dites,cela est bien probable, vraisemblable; cela arrivera probablement, vraisemblablement demain—Prononcezdanj'reuxet nondanchereuxnidangéreux, dangèreux; item,dangereusement.

Dank.—C'est une expression qu'il faut laisser aux flamands, puisque nous pouvons diremerci.

Dans.—Ne dites pas:j'ai beaucoup voyagé dans les flamands, dans les wallons; dites,chez les flamands, chez les wallons, oudans le pays flamand, dans le pays wallon.

2. Ne dites pas:je vais m'asseoir dans le soleil; je me promène dans le soleil; il est agréable de se réchauffer dans le soleil; mais dites,je vais m'asseoir au soleil; je me promène au soleil; il est agréable de se réchauffer au soleil.

3. Ne dites pas:je suis dans un grand mal de tête; dites,j'ai un grand mal de tête.

4. Ne dites pas:s'il était dans mon pouvoiroudans ma puissance de vous rendre service; mais dites,s'il était en mon pouvoir, en ma puissance...

5. Ne dites pas:il a fait ce voyage dans deux heures; dites,en deux heures.

6. Ne dites pas:il y a dans les quarante ans; dites,il y a à peu prèsouenviron quarante ans. (Wall.)

7. Ne dites pas:cela coûte dans les trois cents francs; dites,environ, à peu près trois cents francs. (Wall.)

8. Ne dites pas:je me trouvais dans la place Saint-Lambert; dites,sur la place...(Fland.)

9. Ne dites pas:j'étais dans la fenêtre, dans la pluie; dites,à la fenêtre, à la pluie; on dit,se tenir, se mettre à la fenêtre, à la pluie, au vent.

10. Ne dites pas:je serai, j'irai dans l'hôtel d'Angleterre à 4 heures; dites,à l'hôtel d'Angleterre...

11. Ne dites pas:l'un dans l'autre; mais,l'un portant l'autre:les différents vols qu'on m'a faits, m'ont causé, l'un portant l'autre, une perte de mille francs. (Wall.)

Dante, célèbre poète italien, auteur de laDivine Comédie: on ditDante, et nonle Dante; mais on ditle Tasseet nonTasse.

Dartre, s. f., maladie de peau; écrivez et prononcezdar-tre, et nondar-tenidar-tère.

Date(époque),dater, datif.—Gardez-vous bien de marquer l'ad'un accent circonflexe:une vieille date(et nondâte);ce décret est daté de telle ville(et nondâté). On prononce pourtantdâte, (âlong).—Ne confondez pasdate, époque, avecdatte, fruit dudattier.

Davantage, adv. (et non d'avantage), s'emploie toujours sans complément; ainsi on ne dira pas:il a davantage de livres; il en a davantage que son frère; mais il faudra dire:il a plus de livres; il en a plus que son frère.

2. Il ne faut pas le confondre avecplus: celui-ci s'emploie pour exprimer directement une comparaison:votre sœur est plus âgée que vous; mais on dira fort bien:elle a vingt ans, vous en avez davantage.Davantagene doit pas non plus être suivi d'un adjectif; on ne doit pas dire:il est davantage âgé, davantage estimé; il faut direplus âgé, plus estimé.

3. Les grammairiens prétendent quedavantagene doit jamais être suivi de la prépositiondeni de la conjonctionque. Cette règle est vraie, sideouqueforment, avec ce qui les suit, uncomplémentde l'adverbedavantage:il a davantage de livres; il en a davantage que son frère. Mais sideouqueet les mots qui suivent, sont un complément duverbede la proposition, il n'y a point de faute à les placer aprèsdavantage. Ainsi la phrase suivante est correcte:ne nous étonnons donc pas et ne nous effrayons pas davantage des reproches que nous avons encourus: dans cette phrase,des reprochessont le complément des verbesétonnonseteffrayons.

4. Les bons grammairiens condamnent l'emploi dedavantagedans le sens dele plus; ne dites donc pas:de tous les jeux celui des barres est celui qui me plaît davantage: ditesle plus. En général,davantagene doit se placer que là où le sens permet l'emploi des locutions équivalentes àde plus, en outre, de surcroîtet toutes les fois qu'il n'a pas de complément.—VoyezSouliceetSardou,Dictionnaire, etc.

De, syllabe muette, dans le corps ou au commencement d'un mot; doit se prononcerdeet nonne:command'-ment, man-d'-ment, ma-d'-moiselle, len-d'-main, je lui ai d'-mandé; panier d'-noix, etc., et noncomman-n'-ment, man-n'-ment, ma-n'-moiselle, len-n'main; je lui ai n'-mandé; panier n'noix, à moins toutefois qu'on ne veuille faire sentir l'ededeet prononcer:comman-de-ment, ma-de-moiselle; je lui ai de-mandé, j'irai de-main, lendemain, etc.—Prononcez de mêmead-mettre, ad-ministrer, ad-mission, ad-ministration, etc.

2. Ne dites pas:j'ai rêvé de la nuit, du jour, dites:j'ai rêvé la nuit, le jour.

3. Faut-il dire:quel est le plus habile de cet homme-ci ou de celui-là?ou bien:quel est le plus habile, cet homme-ci ou celui-là?L'Académie adopte la première orthographe; elle ne partage donc pas l'opinion des grammairiens qui supprimentde.

4. Dites:le livre de mon frère, la maison de mon cousin, et non,le livre à mon frèreoud'à mon frère;la maison à mon cousinoud'à mon cousin.

5. On dit,le deux janvier, le trois février, etc., etle deux de janvier, le trois de février, etc. (Acad.) Cependant la première manière de s'exprimer nous paraît plus usitée.

6. Ne dites pas:il est le quart de huit heures; dites,il est huit heures moins un quart. Voyezquart.

7. Ne dites pas:mon frère est le 5ede 36 dans sa classe; dites,... sur 36...

8. Ne dites pas:d'un coup de massue il cassa la tête de son ami; dites,il cassa la tête à son ami.

9. Ne dites pas:cela ne me fait de rien, ne m'est de rien; dites,cela ne me fait rien, ne m'est rien.

10. Ne dites pas:j'y penserai de la nuit, j'y travaillerai du matin, du jour; dites,... pendant la nuit, dans la matinée, pendant la journée.

11. La particulede, devant les noms propres de noblesse, s'écrit avec un petitdet non avec leDmajuscule:de Montmorency, de Ligne, d'Oultremont, d'Orléans. On écritDeavec une majuscule, lorsque ces noms ne sont pas nobles, alors même qu'on sépare la particule du nom.

12. Après les verbesespérer, souhaiter, désirer, on peut exprimer ou sous-entendre la prépositiondedevant l'infinitif:j'espère réussiroude réussir;je désire alleroud'aller avec vous, etc.—Compter, dans le sens de,se proposer, croire, ne prend point la prépositiondedevant un infinitif; ainsi vous direz:il compte partir demainet nonde partir. (Acad.)

13. Dans la conversation et le style familier,dese supprime souvent après les prépositionshors, près, vis-à-vis, lorsqu'elles sont suivies d'un nom de chose:il est logé hors la barrière, il demeure près la porte Saint-Antoine, vis-à-vis l'église. (Acad.) Mais devant un nom de personne ou un pronom, on doit employerde:il était près de Paul, vis-à-vis de vous, et nonprès Paul, vis-à-vis vous.

14. L'emploi de la prépositiondeest vicieux dans cette phrase:la moitié de huit est de quatre; dites,est quatre.

15. On peut exprimer ou sous-entendre la prépositiondedevant un infinitif aprèsc'est... que, mieux... que, plutôt que: ainsi vous pouvez dire:c'est quelque chose que faireouque de faire un beau rêve;il vaut mieux étudier que deouque jouer;plutôt que deouque m'exposer à une correction, je préfère faire mes devoirs. Néanmoins l'usage général est d'exprimer la prépositionde.

16.Il ne fait que sortir, signifie, il sort à chaque instant;il ne fait que de sortir, veut dire, il vient de sortir.

17. L'usage permet également de dire:on dirait un fou, eton dirait d'un fou.

18. Ne dites pas:si j'étais toi, si j'étais lui, si j'étais vous; si j'étais à la place de, etc.,je ferais telle chose; mais dites,si j'étais que de toi, de lui, etc., et mieux,si j'étais de toi, de lui, etc.

19. On emploie ordinairement la prépositionde, devant un participe passé précédé d'un adjectif numéral ou d'un nom collectif; on dit:il y eut cent hommes de tués et un grand nombre de femmes de blessées, plutôt que:il y eut cent hommes tués et un grand nombre de femmes blessées;—mais on doit la supprimer devant un adjectif qualificatif:dans cette ville il n'y a pas quatre monuments remarquables. Cependant lorsque le nom qui précède le participe ou l'adjectif, est représenté par le pronomen, on exprime la préposition:sur mille hommes, il y en eut cent de tués; parmi tant de monuments, il n'y en a pas un de remarquable.

Débâcle, rupture et descente de glaces, est féminin; prononcezdébâ-cle.

Déballer.—Ne dites pas:ce marchand est déballé à l'hôtel de l'Europe; dites,... a déballé, car il n'a déballé que ses marchandises, et il ne s'est pas déballé lui-même.

Débine, s. f.—Être dans la débine, c'est-à-dire, dans la gêne; cette expression est triviale et même tout-à-fait populaire. Voyezblaguer.

Débiser.—Ne dites pas:j'ai les mains et les lèvres toutes débisées; dites,toutes gercées par la bise, par la gelée, par le froid; le froid gerce les lèvres, les mains.

Débit, s. m., vente, trafic; letne se prononce pas.—Ne dites pas:vendre en gros et en débit; dites,... en détail.

Débiteur, qui doit, fait au féminindébitrice.

Débours, argent qu'on a avancé pour le compte de quelqu'un; ce mot a vieilli; ditesdéboursés(au plur.) et nondébourses. (Acad.)

Décaméron, s. m., ouvrage contenant le récit des événements de dix jours; prononcezdécamérone.

Décanat, Doyenné.—Ledécanatest la dignité du doyen:ce curé a été promu à un décanat. Ledoyennéest le pays qui ressortit à un doyen:le doyenné de Sprimont se compose de vingt paroisses.

Décéder, v. n., prend le verbeêtredans ses temps composés. Ce mot n'est guère usité, dit l'Académie, qu'en termes de jurisprudence et d'administration, et en parlant des personnes; il s'emploie aussi au participe passé dans les inscriptions; dans tout autre cas on se sert du verbemourir. Ces observations s'appliquent également au substantifdécès.

Décemment, adv., d'une manière décente; prononcezdéçaman; prononcez de même,apparemment, prudemment, négligemment.

Décemvir, s. m., l'un des dix magistrats de Rome; prononcezdécèm'vir, décèm'virat.

Décennal, adj., qui dure dix ans: prononcezdécèn'nal.

Décesser, n'est plus en usage; il faut direcesser, discontinuer.

Décider, devant un infinitif, demande la prépositionà:cette raison m'a décidé à partir(et nondepartir);je me suis décidé à rester. Cependant lorsqu'il signifie, prendre une résolution, déterminer ce que l'on doit faire, il prendde:nous nous décidâmes de partir sur-le-champ.

Décime(pièce de dix centimes),centime, cents, sontmasculins:un décime, un centime, un cents. Voyezcentimeetcents.

Déclicher, est un mot wallon: dites,lever la clenche, le loquet.

Décombres, débris, est un substantifmasculinpluriel sans singulier:il faut faire enlever ces décombres.

Décommander, révoquer un ordre, n'est pas français; ditescontremander.

Décorum, s. m., bienséance; il n'est guère usité que dans ces phrases:garder, observer le décorum, garder les bienséances;blesser le décorum, choquer les bienséances; prononcezdécorome; il n'a point de pluriel.

Découcher(se), n'est pas français; ditesse lever.—Découcher, v. n. et a., signifie, coucher hors de chez soi, ou être cause que quelqu'un quitte le lit où il couche:depuis huit jours, il a découché trois fois; le maître de la maison m'avait offert son lit, mais je n'ai pas voulu le découcher.

Décrémerle lait, ôter la crème de dessus le lait; ce mot n'est pas français; il faut direécrémer. Voyezchrêmeetcrémer.

Décret, s. m., loi, ordonnance; prononcezdécrèet nondecrè.

Décrottoir, s. m., est une lame de fer destinée à décrotter la chaussure;décrottoire, s. féminin, est une brosse ronde pour décrotter la chaussure.

Dedans, adv. de lieu, ne prend pas de complément; ainsi ne dites pas,dedans la maison, dedans ma chambre, mais,dans la maison, dans ma chambre.

2.Donner dedans, c'est se laisser tromper comme un sot;mettre quelqu'un dedans, c'est le tromper: ces locutions sont populaires. (Acad.)

DéfaufileretDéfiler, (défaire un tissu fil à fil) ne sont pas français; diteséfaufilereteffiler.

Déficeler, ôter la ficelle, n'est pas français.

Déficit, s. m., ce qui manque; prononcezdéficite. Quoique l'Académie dise qu'il est invariable au pluriel, nous pensons quedéficit, qui a un accent sur l'e, est un mot tout-à-fait français, et qu'il doit par conséquent être soumis aux règles de la grammaire; ainsi nous écririons plutôtdes déficits, avec unesque sanss.

Défier, v. actif:je l'en défieet non,je lui en défie.

Définitive(en), loc. adv., en résumé; ne dites pas et ne prononcez pasen définitif.

Dégommer, v. a., dans le sens de destituer, ruiner, déconsidérer, est français, mais il est populaire.

Dégouttant, signifie qui dégoutte:ce linge n'est pas sec, il est encore tout dégouttant. Ne confondez pas ce mot avecdégoûtant, qui donne du dégoût:malpropreté dégoûtante; prononcezoûlong dansdégoûtantetoubref dansdégouttant.

Dégrafer, détacher une agrafe; ne dites pasdésagrafer.

Dégriffer, n'est pas français; c'estégratignerqu'il faut dire.

Déguisé.—Ce mot ne s'emploie pas comme substantif; ne dites donc pas:j'ai vu plus de trente déguisés pendant le carnaval; dites,plus de trente masques.

2. Ne dites pas:la petite vérole l'a déguisé; dites,l'a défiguré.—Déguisersignifie masquer, travestir.

Déhonté, adj., éhonté; ce mot, rejeté par quelques grammairiens, est admis par l'Académie:un homme déhonté, une femme déhontée.

Dehors, adv. de lieu, opposé àdedans, commehorsest opposé àdans;dehorsdoit toujours être employé sans complément:restez dedans, j'irai dehors.

2. Il est ridicule de mettredehorsaprès les verbesboire, aller, tomber, etc.; ainsi ne dites pas:buvez votre verre dehors; le feu va dehors; la bouteille est dehors; dites tout simplement,buvez, videz votre verre; le feu s'éteint; la bouteille est vide.

3. Ne dites pas non plus:je sais ma leçon dehors; dites,je sais ma leçon par cœur. (Fland.)

4. Ne dites pas:quelques historiens racontent qu'il tomba autrefois des pluies de sang dehors le ciel; dites,qu'il tomba du ciel...(Fland.)

5. Ne dites pas:on a sonné dehors que le pain est baissé; dites,on a annoncé au son de la clochette que...(Fland.)

6. Ne dites pas:il m'a donné cela dehors; j'ai eu ma carte dehors(t. de jeu de cartes); dites,il m'a donné cela; j'ai eu ma carte(en retranchantdehors). (Fland.)—Prononcezdehorset nondéhors.

Déjà, adv.: prononcezdéjà(éfermé) et nondejànidèjà.

Déjeter.—Ce verbe ne s'emploie que pronominalement et signifie se courber, se contourner:le bois de cette table s'est déjeté; sa colonne vertébrale s'est un peu déjetée.

2. Mais il ne faut pas l'employer dans le sens de bouleverser, déranger, mettre en désordre, bousculer, agiter, secouer:bouleverser tout dans une chambre; on a bousculé mes livres; nous fûmes horriblement bousculés dans la foule.Se déjeterne doit pas non plus s'employer au lieu de,se débattre, s'agiter:se débattre comme un possédé; un oiseau qui se débat quand on le tient; ce malade s'agite continuellement.—Prononcezdéj'teret nondéch'ter.

Déjeuner, Dîner, Souper, Goûter.—Ces verbes veulent la prépositiondedevant le nom de la chose dont on déjeune, dîne, soupe, etc.:déjeuner de chocolat, dîner de cotelettes, souper de fruits. Cependant on peut aussi employeravec:il déjeune tous les matins avec du chocolat; déjeuner avec du beurre et des radis. (Acad. aux motsmatinetradis.) Nous ferons remarquer du reste que de bons écrivains n'ont pas craint de diredéjeuner avec, etc., devant le nom de la chose mangée.

2. Il est à remarquer que l'udedéjeuner, s. ou v., n'est pas marqué d'un accent circonflexe, quoiqu'il soit formé de la particuledeet du verbejeûner. Prononcezdéjeuneret nond'jeuner.

Délabrement, s. m., état délabré; l'aest long de même que dansencadrementet dans tous les autres mots où se retrouvent les syllabesabre, adre, avre. Voyezabre.

Délibérer, v. a.—Ne dites pas:ce soldat est délibéré du service; dites,est quitte, délivré, libéré du service.

DéliceetOrguesont masculins au singulier et féminins au pluriel:un grand délice, de grandes délices; un bon orgue, de bonnes orgues. Cependant ils sont masculins au pluriel lorsque dans une même phrase, ils s'emploient au singulier et au pluriel:un de mes plus grands délices était d'étudier; cet orgue est un des meilleurs que j'aie entendus et un des plus beaux que j'aie jamais vus.

DélogeretDécoucher.—Délogersignifie quitter le logement, décamper;découcherveut dire, coucher hors de chez soi:il déloge à la fin du mois; je vous ferai bien déloger de là; depuis huit jours il a découché trois fois. Voyezdécoucher.

Demain.—On peut diredemain au matin et demain matin; mais cette dernière locution est préférable. (Acad.)

Demander, v. a.—Demander excuseest une expression incorrecte; dites,je vous fais, je vous offre, je vous présente mes excuses.

2. Ne dites pas:mon maître vous demande de venir; dites,vous prie de veniroud'aller le trouver.

3. Ne dites pas:demander après quelqu'unouaprès quelque chose; mais,demander quelqu'un, demander quelque chose.

4. Aprèsdemander, il fautqueet nonà ce que:je demande qu'on répare mon honneur, et non,à ce qu'on répare....


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