E

5.Demander, suivi d'un infinitif, régit les prépositionsàetde, suivant le sens: la prép.à, lorsque l'action, exprimée par chacun des deux verbes est faite par la même personne:il demande à entrer; Philoclès demanda au roi à se retirer.—La prép.de, dans le cas contraire:je vous demande de m'écouter.

Déméfier(se), barb.; dites,se défierouse méfier.

Démêler, v. a.—On ne dit pas,démêler les cartes, mais,mêleroubattre les cartes.

Demeurer, prendavoirquand il signifie: 1ohabiter:il a demeuré trois ans à Bruxelles; il demeure dans telle rue(plutôt que,il reste); 2otarder:il a demeuré longtemps en chemin; 3oemployer plus ou moins de temps à quelque chose:il n'a demeuré qu'une heure à faire cela.—Resterprend égalementavoirdans le sens deséjourner:il a resté deux jours à Lyon. (Acad.) Dans tout autre sens,demeureretresterprennent l'auxiliaireêtre:il est demeuré, il est resté mille hommes sur la place; elle est demeurée, elle est restée court, seule, veuve, etc.

Demi, ie, placé devant un substantif, reste invariable:une demi-heure, des demi bouteilles; il reste également invariable lorsqu'il entre dans la composition d'un mot:des demi-heures, des demi-lunes, des demi-tons, des demi-dieux, des demi-frères.—Placé après son substantif, il en prend le genre, mais il s'écrit toujours au singulier:deux kilo et demi, deux livres et demie.—Demi, demies'emploient substantivement, le premier pour désignerune moitié d'unité, le second pour signifierdemi-heure:quatre demis valent deux unités; cette pendule sonne les heures et les demies. (Acad.) Prononcezdemiet nondéminidèmi.

2.Deux heures et demie, deux heures et un quart; ne faites pas la liaison de l'sfinale du motheuresavec le mot suivant. Voyezliaisons affectées.

Demi-frère, s. m., celui qui n'est frère que du côté paternel ou du côté maternel; les expressionsfrère germain, frère consanguinetfrère utérinne sont guère usitées qu'en jurisprudence. (Acad.)

Démission, s. f.—Ne dites-pas:dès que j'aurai ma démission, je me retirerai à la campagne; dites,dès que j'aurai ma retraite, ma pension...Ladémissionest l'acte par lequel on se démet d'une dignité, d'un emploi:démission volontaire, démission forcée; donner sa démission.

2. N'employez pas non plus le motdémission, dans le sens dedestitution, qui est la privationforcéed'une charge, d'un emploi, etc.:prononcer la destitution d'un fonctionnaire.

Demoiselle.—Une dame, faisant allusion à ses jeunes années, dit ordinairement:quand j'étais demoiselle; il serait mieux de remplacerdemoisellepar le motfille; mais il est encore mieux de direavant mon mariage, ou d'employer quelque tour analogue à celui-là. Voyezmonsieuretépoux.

2. Ne dites pas:comment se porte votre demoiselle(en parlant à son père ou à sa mère)? dites,comment se porte mademoiselle votre filleoumademoiselle N.?Il en est de même des motsdame, madame, quand on s'adresse au mari.

Denier, s. m., petite monnaie; ne dites pasdernier à Dieu, maisdenier à Dieu: prononcezde-niéet nondé-niénidegnier.—Voyezni.

Dénouement, dénouer, déjouer, jouer, etc.; prononcezdénoû-ment, dénou-er, déjou-er, jou-er, et nondénou-we-ment, denou-wer, déjou-wer, jou-wer.

Dent, s. féminin:une dent, de belles dents.

2. On dit très-bien d'un enfant,qu'il fait ses dents, qu'il fait des dents, pour signifier que les dents lui viennent. (Acad.)

3. Ne dites pas:j'ai les dents longues quand je mange du fruit vert; dites,j'ai les dents agacées, quand...ou bien,ces fruits m'agacent les dents...Voyezlong.

4. Ne dites pas:se laisser tirer une dent; dites,se faire arracher une dent. (Fl.)—Prononcezdanet nondante.

Dentelle, disposition des dents, n'est pas français; ditesdenture.

Denture, s. f., ordre dans lequel les dents sont rangées; ce mot est français:ce jeune homme à une belle denture.

Dépareiller, Déparier.—Dépareiller, c'est ôter ou perdre une ou plusieurs choses pareilles; un ouvrage estdépareillépar un seul volume égaré ou perdu, même quand on a remplacé ce volume, s'il n'est pas en tout semblable aux autres.Déparier, c'est ôter l'une des deux choses qui font la paire:déparier des gants, des souliers; déparier des pigeons, c'est séparer le mâle de la femelle. Il en est de même deappareilleretapparier.

Déparler, cesser de parler, ne s'emploie qu'avec la négative; on ne doit donc pas dire:il déparle, mais on dit,il ne déparle pas(il ne cesse pas de parler.)

Dépêcher(se), devant un infinitif, veut la prépositionde:dépêchez-vous de partir(et nonà partir).

2. Gardez-vous de dire:dépêchez-vous vite; dites simplementdépêchez-vous.

Dépendre, doit être suivi de la prépositiondeet non deà:cela ne dépend que de vous, et non,cela ne dépend qu'à vous. (Fland.)

Dépenses.—Ne dites pas;il a fait beaucoup de dépenses autour de sa maison; dites,à sa maison.

Dépenseur, n'est pas français; ditesdépensier.

Dépersuader, n'est pas français; ditesdissuader, déconseiller.

Déplorable, adj., se dit des choses:un événement déplorable; et quelquefois des personnes dans le style soutenu:une famille déplorable. (Acad.)

Dépositaire, subst. des deux genres, celui ou celle à qui on confie un dépôt;déposantest celui qui confie le dépôt. Prononcezdépô(ôlong) et nondépo(obref). Voyezlégataire.

De profundis, s. m.; prononcezde profondice.

Depuis, prép. et adv.—Ne dites pas:il nous arriva hier plusieurs accidents, depuis que nous fûmes sortis; dites,après que nous...

2. Ne dites pas non plus:depuis Liége jusqu'à Huy il y a six lieues; dites,de Liége à Huy....Depuisindique un certain espace de temps et non la distance.

3. Prononcezdepui(uidiphthongue) et nondépuinidepoui; prononcez de même, jesuis, jepuis, lui, aujourd'hui, ensuite, puissant, puits, Huy, etc. Voyezui.

Déranger, dans le sens de déranger la santé, indisposer, incommoder, est français, quoi qu'en disent certains grammairiens:j'ai mangé hier un peu plus qu'à l'ordinaire, et cela m'a dérangé. (Acad.)

Dernier, ière; prononcezder-nieret nonder-gnier.

2.La dernière année de sa vie, est l'année où il est mort;l'année dernière, est l'an qui vient de s'écouler. Voy.ni.

Derrière.—Ne dites pas:il me loue en ma présence, et, derrière moiouen arrière, il me déchire; dites,en mon absence, quand je suis absent, il me déchire; ou bien,par derrière il me déchire.

2. Ne dites pas:il est caché par derrière la porte; dites,... derrière la porte.

3. Ne dites pas non plus:il loge par derrière; dites,... sur le derrière.

Des, Les, Mes, Tes, Ses.—Prononcezdè, lè, mè, tè, sè, et nondé, lé, mé, té, sé.

Descendre, v. a. ou n., se conjugue avec l'auxiliaireavoiret avec l'auxiliaireêtre, selon que l'on considère l'action ou le résultat, ou selon que l'on peut répondre à l'une où à l'autre de ces questions:qu'a-t-il fait?—où est-il? qu'est-il devenu?il a descendu(qu'a-t-il fait?)la montagne au galop;votre père est-il en haut? non, il est descendu(où est-il?);j'ai descendu(qu'ai-je fait?)l'escalier en moins d'une minute;il y a plus de dix minutes que je suis descendu(où suis-je, que suis-je devenu?).

2. Ne dites pas,descendre en bas, monter en haut; dites simplementdescendre, monter: il est clair en effet qu'on ne peut pasdescendre en hautnimonter en bas; voyezhaut. Prononcezdècen-dreet nond'cendre.

Désagrafer, n'est pas français; ditesdégrafer.

Déshonnête, Malhonnête, adj.—Ces mots n'ont pas la même signification:une action déshonnêteest une action contraire à la pureté;une action malhonnêteest contraire à la civilité, à la bonne foi, à la droiture.

Désir, s. m.: prononcezdésiret nondesirnid'sir; il en est de même dedésirer, désireux.

Désirer, v. a.—Désirer de faireoudésirer faire.—On doit le faire suivre de la prépositionde, lorsqu'il exprime un désir dont l'accomplissement est incertain, difficile ou indépendant de la volonté:désirer de réussir; il y a longtemps que je désirais de vous rencontrer; je désirerais bien d'en être débarrassé. (Acad.)—Quand, au contraire, ce verbe exprime un désir dont l'accomplissement est certain ou facile et plus ou moins dépendant de la volonté, il s'emploie sans la prépositionde:je désire le voir; il désire vous parler. (Acad.)

2. Nous ferons remarquer que l'on emploie l'infinitif quand le verbe régi se rapporte au sujet du verbedésirer, et que l'on se sert dequeavec le subjonctif, quand il ne s'y rapporte pas:je désire partir;je désire que vous partiez. (Laveaux).

3. Prononcezdésireret nondesirernidèsirer: anciennement on écrivait néanmoinsdesir, desirer, desireux, desirable, et l'Académie dit que plusieurs écrivent et prononcent de la sorte, mais dans tous les exemples qu'elle donne elle écritdésir, désirer, désireux, désirable.

Désister.—Ce verbe est essentiellement pronominal; on doit direse désisteret nondésister de quelque chose;se désister d'un procès. Ce serait une faute tout aussi grave d'employer ce verbe dans le sens decesser, discontinuer.

Dès lors: prononcezdès loret nondès lorse.

DesseinetDessin.—Écrivez sansedevant l'i, quand il s'agit du travail d'un dessinateur:dessin, d'où vient le motdessiner.

Dessert, s. m. et nondesserf, ce qu'on sert à la fin d'un repas: prononcezdessère.

Desserte, s. f., ce qui reste d'un repas, ce qu'on a ôté de dessus la table.—Ce mot se dit aussi des fonctions attachées au service d'une cure, d'une chapelle:le prêtre chargé de la desserte de cette chapelle.

Dessous, Dedans, sont des adverbes commededans, dehors, auparavant; d'où il suit qu'ils ne peuvent être suivis d'un complément; vous ne direz donc pas,dessous la table; dessus le bureau, mais,sous la table, sur le bureau.—Prononcezdeçu, deçouet nondéçu, déçounidèçu, dèçou.

2. Cependantdessus, dessouss'emploient comme prépositions: 1olorsqu'ils sont liés par une des conjonctionset, ni, ou:j'ai cherché inutilement dessus et dessous le lit; (Acad.) 2olorsqu'ils sont précédés d'une autre préposition:ôtez cela de dessous moi.

3.Dessous de tasse.—Cette expression n'est pas française; il faut diresoucoupe.

Dessus, adv.—Ne dites pas:la roue lui a passé dessus; dites,lui a passé sur le corps, comme on dit,le boulet lui a passé bien près de la tête; le coup lui a passé sous les bras, entre les jambes. Voyezsens.

De suiteetTout de suite.—Ne confondez pas ces deux expressions:de suitesignifie ce qui se fait l'un après l'autre sans interruption:il ne saurait dire deux mots de suite;—tout de suite, ce qui a lieu sans délai, sur-le-champ:il faut que les enfants obéissent tout de suite. Prononcezde suite(uidiphthongue) et nonde souite.

2. Ne dites pastoute de suitepourtout de suite.—Voyezsuite.

Déteindre, v. a., faire perdre la couleur à quelque chose:le vinaigre déteint les étoffes; le soleil déteint toutes les couleurs. Ce verbe est également pronominal:cette étoffe se déteint.

2. Il s'emploie aussi neutralement pourse déteindre:cette étoffe déteint beaucoup; ces cravates déteignent sur le linge. (Acad.)

Détritus, s. m., débris de formation naturelle:détritus de végétaux, prononcezdétrituce.

Dettes.—Ne dites pas:je suis dans vos dettes, nije suis sur vos dettes; dites,j'ai une dette à vous payer, je vous dois quelque chose, je suis votre débiteur.

Deux, adj.—Ne dites pas:nous sommes à deux, nous étions à trois: dites simplement,nous sommes deux, nous étions trois.

2. Ne dites pas non plus:ils étaient leurs trois; ils sont leurs deux; dites,ils étaient trois, ils sont deux;—celeursest un grossier wallonisme.

3. Ne dites pas non plus:deux et deux sont quatre, mais,font quatre.

4.Tous deuxettous les deux.—L'Académie, d'accord avec les bons grammairiens et les auteurs les plus corrects, ne trouve aucune différence entre ces deux expressions, et en autorise indifféremment l'emploi: ainsi lorsqu'on veut exprimer l'idée de simultanéité, il vaut mieux employer le motensemble:Pierre et Paul iront ensemble à la chasse, que de recourir à cette locutiontous deux. Prononcezdeûet nondeuce.

Deuxième, Second: voyezsecond.

Devancer, v. a.: prononcezdevanceret nondévancernidèvancer.

Devant.—Ne dites pas:le jour de devant, mais,la veille; nile jour d'après, mais,le lendemain.

2.Devantindique généralement le lieu, la place;avantindique plus spécialement le temps:retirez-vous, ne vous placez pas devant moi;laissez-le courir, j'arriverai pourtant avant lui.

3. Ne dites pas:faites vos devoirs devant d'aller jouer, mais,avant d'aller jouer.

Devanture, quoi qu'en disent quelques grammairiens, se dit de la face antérieure et de la façade d'une maison:la devanture d'une maison. (Acad.)

Devenir, ne peut pas s'employer pourvenir; ne dites donc pas:je deviens de la ville, mais,je viens de la ville: prononcez (je)devienset nondéviensnidèviens.

Deviner, v. a.: prononcezdeviner, devinet nondéviner, dévin.

Devinette, n'est pas français; ditesénigme, rébus:pourriez-vous deviner cette énigme, ce rébus.

Devis, s. m., propos, état d'architecture: prononcezdevi.

Dévoiement: prononcezdévoamentsans faire sentir l'eni uny, et nondévoyement.

Devoir, s. m.—Ne dites pas,rendre le dernier devoir à un mort; dites,les derniers devoirs.

2.Devoir, v.—Beaucoup de personnes disent:j'ai dû rire, sans vouloir indiquer par là qu'elles ont été forcées de rire; dites simplement:j'ai ri, je n'ai pu m'empêcher de rire, c'était risible.

3. Les locutions wallonnes,il ne devrait pas, il ne pourrait pas valoir, se traduisent par,il ne faudrait pas, il ne serait pas à désirer, il ne ferait pas beau voir.

4. Ne dites pas:nous allons devoir partir; dites,nous partirons bientôt, nous allons partir; nous serons bientôt obligés de partir; il faudra que nous partions.

5. Ne dites pas,nous de-ve-rions, vous de-ve-riez, mais,nous de-vrions, vous de-vriez.

Dévouement, Dévouer: prononcezdévoûment, dévou-er, je me dévoû, et nondévou-wement, dévou-wer, je me dévou-we.

Dey, s. m., gouverneur de Tunis et ancien gouverneur d'Alger: prononcezdèet nondeye.

Di.—Prononcezdiet nongi, tgi, en donnant àdiun son à peu près équivalent augwallon ou italien:Dieu, diamant, diamètre, diable, vous demandiez, mendier, mendiant, etc.—Voyezti.

Dia, cri des charretiers pour faire tourner les chevaux à gauche.—Voyezhue.

Diable, s. m., démon: prononcezdiâble,iâdiphthongue longue et nondiable, nidiape. Le féminindiablesseest un terme d'injure qui se dit ordinairement d'une femme méchante et acariâtre; il s'emploie aussi dans le sens de,bon diable, bonne diablesse; pauvre diable, pauvre diablesse; méchant diable, méchante diablesse; grand diable, grande diablesse.

2. Dites,faire le diable à quatreet non,en quatre.

Diacre, s. m., clerc promu au diaconat: prononcezdia-cre(ibref) et nondiâcrenidiaque; il en est de même desous-diacre.

Diagnostic, s. m., connaissance des symptômes d'une maladie; prononcezdiagh'nostik(gdur).

Dialecte, s. m., idiome particulier dérivé de la langue nationale; prononcezdialek-teet nondialek.

Dicace, Ducace, ne sont pas français; diteskermesse, fête.

Dictamen, s. m., sentiment de la conscience; prononcezdiktamène.

Diction, Dictionnaire.Prononcezdikcion, dikcionèreet nondikchon, dikchonnère; il en est de même de tous les mots terminés ention, tier, tié:accusation, formation, cabaretier, amitié, et nonaccusachon, formachon, cabarecher, amiché(chdes wallons, équivalant àtchou aucdes italiens).

Dièse, s. m., signe pour hausser la note d'un demi-ton; prononcezdiè-zeet nondiè-ce.

Dieu: prononcezDieu(en appuyant surdi) et nonDjieunichieu(chwallon).—Voyezdi.

Différer, dans le sens dedisconvenir, n'est pas français; dites donc,je n'en disconviens pas; disconvenez-vous du fait?et non,je n'en diffère pas; différez-vous du fait?

2. Dans le sens de,remettre à un autre temps, il régit la prép.dedevant un infinitif:ne différez pas de partir.

Difficile.—Ne dites pas:j'ai difficile, j'ai facile d'apprendre par cœur; tu as bien facile, tu as bien difficile; dites,j'éprouve, tu éprouves, j'ai, tu as de la difficulté, de la facilité pour...ou bien,j'apprends difficilement, malaisément, avec peine, avec difficulté, facilement, aisément, avec facilité; dites encore, (au lieu detu as bien facile, bien difficile)c'est bien facile, bien aisé, bien difficile, mal aisé: cette locution, qui se rencontre fréquemment chez les wallons, est tout-à-fait vicieuse.

2. Ne dites pas non plus:il fait facile, ilfait difficile de marcher; dites,on a de la peine, on éprouve de la difficulté à marcher; on marche avec peine, difficilement; ou bien,on marche facilement, aisément, sans peine; il est facile, difficile de, etc.

3. Ne dites pas non plus:ces livres sont difficilesoufaciles à se procurer; dites,il est difficile, facile de se procurer ces livres.

4. Quandfacile à, difficile à, aisé à, bon à, sont suivis d'un infinitif, ce dernier a un sens passif:ce livre est difficile à lire, c'est-à-dire,à être lu; ainsi ces adjectifs, dans ce sens, ne peuvent régir un verbe pronominal.

5.Être difficile à vivre, c'est-à-dire, être d'un caractère difficile, d'un commerce difficile, avec qui il est difficile de vivre, est une locution correcte, quoi qu'en disent certains grammairiens, plus orthodoxes que l'Académie.

Digestion, s. f., coction dans l'estomac; prononcezdigess'thionet nondigécion, digession, dijection.

2. On dit,ces aliments sont digestibles, faciles à digérer, ouindigestes, difficiles à digérer.Digesteetdigestifdans le sens dedigestiblene sont pas français.

Digne, adj.—Dans une phrase affirmative, il se dit également du bien et du mal:il est digne de récompense, il est digne de châtiment; mais dans une phrase négative, il ne se dit que du bien:il n'est pas digne de votre amitié. On ne dira donc pas:il n'est pas digne du supplice; il faut se servir d'une autre tournure de phrase, par exemple:il ne mérite pas le supplice.—Indignene se dit non plus que du bien:il est indigne d'être puni, serait une faute.

2. Prononcezdigne(et nondine),di-gnement, di-gnité, indi-gner, indi-gnement, et nondign'-nement, dign'-nité, indign'-ner, indign'-nement. Voyezgn.

Diligence.—On dit,aller, être dans laouen diligence, et non,sur la diligence, à moins qu'il ne soit question de l'impériale; prononcezdiligence, et nondéligence.

Diminuer.—Ne dites pas,les grains, les vins diminuent, pour signifier qu'ils sont à la baisse; dites,le prix des grains, des vins diminue, baisse. Voyezaugmenter.

Diminutif.—Évitez d'ajouter le motpetità un diminutif:une petite barquette, une petite statuette, un petit saumonet; dites simplement,une barquette, une statuette, un saumonet, à moins que vous ne vouliez insister sur les petites dimensions de cettestatuette, etc.; ainsiune petite statuetteest une statue doublement petite.

Dînatoire, adj.—Ce mot ne figure pas dans l'Académie et n'est usité que dans l'expression suivante,déjeuner dînatoire, déjeuner qui tient lieu de dîner; on dit mieux dans ce sens,déjeuner-dîner. (Acad.)

Dînerdeetavec: voyezdéjeuner.

2.Dîner, dînée, dîné(avant, après-dînée, etc.): voyezaprès.

Diocèse, s. m., pays administré par un évêque; prononcezdiocè-ze, et nondiocè-ce.

Diplôme, s. m., charte, acte public; prononcezdiplôme(ôlong).

Dire, v. a.—On rencontre trop souvent de ces impitoyables parleurs qui vous assomment à chaque phrase de leurs éternelsdis-je, dit-il, qui dit, qu'il dit; c'est une faute qu'il faut éviter avec d'autant plus de soin, qu'elle n'est propre qu'à rendre ridicule celui qui en a contracté l'habitude.

2.Direne s'emploie pas dans le sens depromettre; il faut donc condamner les locutions flamandes:je lui ai dit de venir, il m'a dit de venir; remplacez-les parje lui ai promis de venir; il m'a promis de venir; ou bien,je lui ai dit que je viendrai, etc.

3. Ne dites pas:je me suis laissé à dire; cette locution n'a pas le sens que les wallons y attachent; dites,j'ai cédé; j'ai cédé aux instances.

4.Direetredire, font à la 2ep. pl. du prés. de l'ind.,vous dites, vous redites; tous les autres composés font,vous médisez, vous contredisez, etc.

Direct, Indirect: prononcezdirek-te, indirek-te.

Directement, adv.—Ne dites pas:ce remède m'a guéri directement; dites,sur le-champ.

Disciple: voyezélève.

Discompte.—Ce mot n'est pas français; c'estescomptequ'il faut dire. On emploie aussi à tort le motdiscomptepour signifier lebon poids.

Disconvenir, se conjugue toujours avec l'auxiliaireêtre:il n'en est pas disconvenu.

Discord, adj., qui n'est point d'accord:instrument discord; il n'a pas de féminin.

Disert, adj., qui parle bien et aisément; prononcezdizère.

Disparution.—Ce mot n'est pas français; dites,disparition, apparition; mais il faut direcomparution.

Dispos, adj., léger, agile; il ne se dit que des personnes:un homme gaillard et dispos; cet adjectif n'a pas de féminin.

Disposer, v. a.—Ne dites pas:j'ai disposé sur vous 1000 francs; dites,de 1000 francs.

Disputer(se), dans le sens dese quereller, s'emploie rarement; ne dites donc pas:ces enfants se disputent sans cesse; dites plutôt,ces enfants se querellent sans cesse, oudisputent sans cesse.

2. Ne dites pas:son père le dispute toujours; dites,le gronde, le querelle toujours.

Distiller,distillerie, distillateur, distillation: lesllne se mouillent pas et l'on n'en prononce qu'une.

Distinct, te, adj.—Prononcezdistink'teet nondistinke, nidistin.

District, s. m., juridiction; prononcezdistrik, sans faire sentir letfinal.

Dit.—Lorsque ce participe est placé immédiatement après un article ou un adjectif possessif, il ne forme avec lui qu'un seul mot:ledit lieu, ladite maison, mondit seigneur, sondit procès-verbal.

2. Ne dites pas:franchement dit, il a raison; dites,à franchement parler, il a raison; franchement, il a raison.

Divers, adj., différent; au masculin, prononcezdivèreet nondiverce.

Divin, adj., placé devant un mot qui commence par une voyelle ou unehmuette, se prononce comme le féminindivine:divin auteur, divin oracle.

DivisetIndivissont invariables: posséderpar divis, par indivis; l'sne se prononce pas.

Dix.—Prononcezdicequand il est isolé;dize, devant une voyelle ou unehmuette;di, devant un mot commençant par une consonne ou unehaspirée:dix, dix héros, dix personnes, dix hommes.

Dixième, adj.—Prononcezdizième, vingtièmeet nondizièm-me, vingtièm-me.

Docte, adj., savant.—Prononcezdok-teet nondok.

Docteur, s. m., se dit quelquefois absolument pourmédecin:consultez votre docteur. Ce sens est familier, et le motmédecinoudocteur en médecine, selon le sens, est préférable. (Acad.)

Doge, s. m., chef de la république de Venise; on ditdogaressepour la femme dudoge; prononcezdogeet nondoche.

Dogme, s. m., vérité de foi; prononcezdogh-me(gdur) et nondome, nidoghenidoh'me.

Doigt, s. m.—Prononcezdoa; on ne fait pas sentir legnon plus dansdoigter, doigtier.

2. Ne dites pas:j'ai un mauvais doigt, un doigt blanc; dites,j'ai mal à un doigt, j'ai un panaris.

Dompter, Dompteur, Domptable.—Dans ces mots, lepne se prononce pas; ditesdonter, donteur, etc.; mais dansindompté, indomptable, on fait sentir lep, et l'mse prononce commen. (Acad.) Voyezp.

Don, s. m.—Ne dites pas:don par M. N.; dites,don de M. N., oudonné par M. N., et mieux,offert par M. N.

Donc, conj., par conséquent.—Leca le son dek, lorsquedoncest au commencement ou à la fin d'une phrase, ou lorsqu'il est suivi d'un mot commençant par une voyelle ou unehmuette:votre frère vous aime, donc(donke)vous devez l'aimer; allons, venez donc; votre frère est donc(donke)arrivé. Hors ces trois cas, on ne fait pas sentir lec:votre frère est donc(don)sorti.

Donner.—Ne dites pas,donnez-moi-z'en, maisdonnez-m'en.

2. Ne dites pas:donner le dernier, pouradministrer l'extrême-onction. (Fland.)

3. Ne dites pas:je me suis donné à connaître, mais,je me suis fait connaître. (Wall.)

4. Ne dites pas non plus:cet homme m'a donné dessottises, mais plutôt,m'a dit des sottises, et mieux,m'a dit des injures.

5. Ne dites pas:j'ai été le dernier au concours, mais je n'en donne rien; dites,ça m'est égal, ça m'est indifférent. (Fland.)

6. Ne dites pas:donner des caresses; dites,faire des caresses.

7. Ne dites pas:donner leçon de musique, d'allemand, etc.; dites,donner des leçons de musique...

8. Ne dites pas:donner le bonjour, le bonsoir; dites,souhaiter le bonjour, le bonsoir.

Dont, pron. rel.—Ne dites pas:la ville dont je viens, mais,la ville d'où je viens:dontexprime simplement la relation;d'oùse dit du lieu.

2. Ne dites pas:les livres que j'ai besoin, mais,les livres dont j'ai besoin. Prononcezdonet nondonte.

Dormir, ne s'emploie pas pourcoucher; ne dites pas:j'ai dormi chez mon frère, mais,j'ai couché chez mon frère; dites de même,nous avons couché ensemble, et non,nous avons dormi ensemble; mais vous direz bien:je me suis couché sur l'herbe et j'y ai dormi:dormirsignifie être dans le sommeil.

Dortoir, Abattoir, Lavoir.—Ces mots s'écrivent sansefinal, tandis qu'il doit figurer dansréfectoire, conservatoire, laboratoire, baignoire.

Dos, s. m., partie postérieure; prononcezdô.

2. Ne dites pas:lier les mains derrière le dos, ce qui serait un contresens; dites,lier les mains au dos.

Dôse, petite pustule qui vient sur la peau, est un mot wallon; dites,pustule, bube, cloche, élevure, ampoule:—avoir des élevures sur la peau; la morsure du cousin produit une bube, une ampoule.

Dot, s. f., bien apporté en mariage:une dot considérable; prononcezdote.

Douairière, s. f., veuve qui jouit d'un douaire; prononcezdouèrière; quelques-uns prononcentdouarière.

Douanier, s. m., commis de la douane; prononcezdouanié, et nondoua-gnié. Voyezni.

Double.—Faire double, c'est-à-dire faire toutes les mains aux cartes; dites mieux,faire capot, faire la vole. Prononcez,dou-bleet nondoupenidoubèle.

Douche, est une effusion d'eau d'un lieu élevé sur une partie malade; n'employez pas ce mot pourchaudron, grande chaudière, cuveau.

Douter.—Ne dites pas:je doute si vous gagnerez votre procès: dites,je doute que vous gagniez votre procès.

Douzaine.—On ditune douzaine, une huitaine, une dizaine, une vingtaine, une centaine, mais on ne dit pasune troisaine, une cinquaine, une sixaine, une septaine, une onzaine, etc.

Douze heures.—Ditesmidiouminuit, selon qu'il s'agit du jour ou de la nuit. Prononcezdou-zeet nondou-ce.

Doxal, n'est pas français; ditesjubé.

Doyen, s. m.: prononcezdoa-i-inet nondo-i-innidoa-in.

Drachme, s. f., monnaie, poids; prononcezdraghme(gdur); quelques-uns l'écrivent ainsi.

Dragon, s. m. tache qui vient sur la prunelle des hommes et des chevaux:avoir un dragon dans l'œil; ce mot est français: voyeztaie.

2.Dragon, pourcerf-volant, n'est pas français.

Drap.—Ne dites pas,un drap de mains; dites,un essuie-mains.—Ne dites pas non plus,un drap d'enfant; ditesune couche.

Drève.—Ce mot est flamand; dites,une avenue, une allée d'arbres:l'avenue du château.

Dringuelle, mot flamand, qu'il faut rendre par une des expressions suivantes:pourboire, épingle, pot-de-vin.—Lesépingles(au plur.), se disent de la libéralité que l'on donne aux femmes:voilà pour les épingles desfilles; ce sont les épingles de madame;—lepourboirese donne aux hommes, domestiques, commissionnaires, cochers;—le pot-de-vinest ce qui se donne par manière de présent au-delà du prix qui a été convenu pour un marché;le pourboirese donne aux personnes d'un rang inférieur;le pot-de-vinse donne à des personnes d'une position plus élevée.

Drogman, s. m., interprète dans les pays orientaux; prononcezdrogh'manet nondrogh'mane: (gdur).

Droguer, v. n., attendre, se morfondre:il m'a fait droguer pendant deux heures; ce terme est populaire; dites préférablement,attendre, se morfondre, faire le pied de grue;—croquer le marmotest familier.

Droit.—Ne dites pas:cette femme marche droite à son but; dites,droit à son but;droitest ici adverbe, et dans ce cas,marcher droitsignifiemarcher en droite ligne, directement, par le plus court chemin.

Néanmoins, si vous voulez parler de la tenue, du maintien, vous direz,cette femme marche droite(a une bonne tenue, ne se tient pas courbée).

En d'autres mots,droitest adverbe quand il modifie un verbe:marchez droit devant vous, mesdames, et vous arriverez bientôt; il est adjectif, quand il modifie un sujet ou un complément:marchez droite, mademoiselle, et tenez votre bougie plus droite.

Drôle.—Bien des personnes se trompent dans l'emploi de ce mot:drôle, (adjectif) gaillard, plaisant, original:cet homme est bien drôle; c'est un drôle d'homme, un drôle de corps; avoir une tournure drôle, une drôle de tournure; voilà qui est drôle; un conte fort drôle. (Acad.)

2.Drôles'emploie aussi comme substantif masculin, et se dit d'un homme, d'un enfant, lorsqu'on leur attribue quelque qualité dont il faut plus ou moins se défier, ou qu'on leur impute quelque chose dont on est contrarié, mécontent, etc.:c'est un drôle bien rusé; c'est un petit drôle bien éveillé; je surpris le drôle au moment où...; ah! monsieur le drôle, vous osez...(Acad.)

3. Il se dit dans un sens tout à fait injurieux, d'un polisson, d'un mauvais sujet, d'un homme qu'on méprise:c'est un drôle, un petit drôle, qui se fait chasser de partout; vous êtes un drôle, un grand drôle. Ce mot est toujours pris en mauvaise part commesubstantif, et il est familier dans ces trois acceptions (Acad.)

4. Prononcezdrôle(ôlong) et nondrole(obref).

Drôlement, adv., d'une manière drôle; prononcez et écrivezdrôlement(ôlong) et nondrôledement; prononcez égalementolong dansdrôlerie, drôlesse, drôlatique.

Druide, s. m., prêtre gaulois; prononcezdruide(uidiphth.) et nondru-widenidruite.

DucasseouDucace, n'est pas français; dites,fête, kermesseet voyezce dernier mot.

Duègne, s. f., gouvernante; prononcezduègne(gnemouillé) et nonduène, du-ègne, du-wègne.

Dupe, s. f.—Ce mot est toujours du féminin, quoiqu'on puisse l'appliquer à des noms du genre masculin:cet homme a été la dupe de son bon cœur; cette femme a été la dupe de sa bonne foi.

Dur, e, adj.—Cela me tombe dur, pourcela m'est dur, m'est pénible, me contrarie, est un flandricisme.

2. Ne dites pas:il est si dur avec ses domestiques; dites,... envers ses domestiquesouà l'égard de ses domestiques.

Durant.—Cette préposition se place quelquefois après le mot qu'elle régit:il a six mille francs de pension sa vie durant(et nondurante);six ans durant(et nondurants).

2.Durant que, n'est pas français; ditespendant queoutandis que, selon le sens.

Dussai-je, n'est pas français; écrivez et prononcezdussé-je, puisqu'on ditque je dusse, que tu dusses.

Duumvir, s. m., magistrat romain; prononcezduom'vir; itemduumvirat.

E.—L'emuet doit conserver son son naturel dans la prononciation; c'est donc une faute grossière de le prononcer comme unèouvert; dites,petit, peser, peler, lever, le livre, brevet, cerise, demander, etc., et nonpètit, pèser, pèler, lèver, lè livre, brèvet, cèrise, dèmander, etc.

2. L'éfermé, suivi d'unemuet, se prononce très-long; il faut donc bien se garder d'intercaler dans la prononciation uniou unyentre l'éet l'e:fumée, aimée, blâmée, levée, etc.; prononcezfumé, aimé, blâmé, levé(étrès-long pour le distinguer d'unéisolé ou du masculin, par exemple,fumé, aimé, etc.); mais ne prononcez pas:fuméïe, aiméïe, blâméïe, levéïe.

3.Epourai, dans le verbe faire et ses composés; quoiqu'on écrive très-bienje ferai, je ferais, écrivez cependant,faisant, nous faisons, je faisais, bienfaisant, bienfaisance, et prononcez cetaicomme unemuet.

Eau, s. f.—Avoir l'eau, est une locution vicieuse; dites,être hydropique, avoir une hydropisie; prononcezô(ôlong en serrant les lèvres et nono,oouvert, en desserrant les lèvres.)

Ébène, s.—Ce mot est féminin:ébène grise; prononcezébèneet nonébin-ne.

Ébouler(s'),Écrouler(s').—La terre s'éboule; les murailles et les bâtiments s'écroulent; ne dites donc pas:la terre s'écroula sous nos pieds; dites,s'éboula...

Écaille.—Ne dites pas:les écailles d'un pot, d'un vase(brisé); dites,les têts.

2. Ne dites pas:des écailles de noix; desécailles d'œufs, de pois, de fèves: dites,des écales de noix, d'œufs. Dites au contraire desécailleset non desécalesde poissons.—Brouest synonyme d'écale;caledans ce sens n'est pas français.


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