H

Gelée, Gelure, s. f.—Ne dites pas:j'ai des geléesoudes gelures aux pieds, mais,j'ai des engelures aux pieds: prononcezgeler, geléeet nongèler, gèlée.

Geler: voyezengeler.

Gémeaux: voyezjumeau.

Général, s. et adj.: prononcezgénéralet nongènèralnigènèrâl.

Génie.—Officier de géniesignifie, officier qui a du génie;officier du géniese dit d'un officier qui appartient au corps nomméle génie: on peut donc être officierdu géniesans être officierde génieet vice-versâ.—Prononcezgénî(îlong) et nongéniïe.

Genièvre, s. m., boisson: prononcezgeniè-vreet nongenièfenigenèvre.

Genre des mots.—Nous donnons la liste des mots dont le genre peut paraître douteux et de ceux auxquels on donne souvent un genre contraire à l'usage.

2. Nomsmasculinsauxquels on donne quelquefois, par erreur, le genreféminin:

3. Nomsfémininsque, par erreur, on fait quelquefoismasculins:

Pour les substantifs qui, d'après leurs différentes acceptions ou leurs divers genres, ont des genres doubles, voyez leDictionnaire.

4.Genre, s. m.—Ne dites pas:cette plaisanterie, cette manière de parler est de bon, de mauvais genre; dites,de bon, de mauvais goût; de bon, de mauvais ton.

5. Ne dites pas:homme de bon genre, femme de mauvais genre; dites,homme du bon ton, femme dumauvais ton.—On dit aussi:homme qui sait bien le monde, qui sait bien son monde, homme du grand monde.

6. Ne dites pas:être vêtu dans le bon genre; dites,avec goût, à la mode, à la dernière mode.—Prononcezjan-reet nonjâ-re.

Gens.—Gens, veut au féminin les adjectifs qui le précèdent, et au masculin ceux qui le suivent:de dangereuses gens, des gens dangereux; quelles gens! de telles gens sont à plaindre; je m'accommode de certaines gens, mais non de toutes gens.—Exceptions: Les adjectifstel, quel, certain, maints, tout, se mettent au masculin:—1oquand l'adjectif qui les suit n'a qu'une seule terminaison pour les deux genres:quels braves gens! certains honnêtes gens; maints jeunes gens; tous les jeunes gens.—2oQuand le substantifgensest suivi d'un ou de plusieurs mots qui restreignent sa signification:quels gens adroits! certains gens d'affaires; tous les gens sensés; tous gens bien connus; tous ces gens-là; tous les gens de loi, d'église, etc.—3oQuand ils ne sont pas suivis immédiatement de leur substantif:quels sont ces gens-là? tels sont les gens que vous fréquentez.—Lequelsuit la même règle:lesquels de ces bonnes gens voulez-vous récompenser?—Quant aux participes passés, ils se mettent toujours au masculin:instruits par l'expérience, les vieilles gens sont ordinairement prudents; ce sont les meilleures gens que j'aie jamais vus. (M. l'abbéPéters,Grammaire.)

2. On prononcegean, devant une consonne ou unehaspirée ou lorsquegensest seul ou à la fin d'une phrase:gens peureux, gens hardis. Devant une voyelle ou unehmuette, prononcezgeanze:gens instruits, gens habiles.—Ce mot n'a pas de singulier; en vers, dans les genres légers,gents'emploie pourrace:la gent trotte-menu(les souris),la gent marécageuse(les grenouilles). (Lafontaine.)

Gentil, adj.—L'lne se prononce que devant une voyelle et dans les mots composés, et il prend alors le son mouilléun gentil(genti)garçon;un gentil(gentille)enfant;la gentillesse(gentiliesse);un gentilhomme(gentiliome);gentilhommerie(gentiliomerie).

2. Ungentilhommeest un homme de naissance noble; un hommegentilest un homme d'un commerce agréable, de manières affables.

3. Au pluriel, l'lne se prononce pas:de gentils(gentis)enfants,des gentilshommes(gentisomes);les gentils(genti), c'est-à-dire, les payens, les idolâtres.

4. Au féminin,gentille, lesllsont également mouillées:une gentille fille.

5.Gentilsignifie joli, agréable, gracieux et nonlaborieux, actif:ce bijou est gentil; des manières gentilles; une chanson fort gentille; faire le gentil(l'agréable).

Gentleman, s. m., titre en Angleterre: prononcezdgenn'tlemène.

Geôlier, Geôle, Geôlage: l'oest long, et l'ene se fait pas sentir:jôlier, jôle, jôlage.

Géranium, s. m., plante: prononcezgéraniome.

Germains, Consanguins, Utérins.—Des frèresgermainssont enfants du même père et de la même mère;—des frèresconsanguinssont enfants du même père, mais de différentes mères;—des frèresutérinssont enfants de la même mère, mais de pères différents.

Gérofle, s. f.;girofleest plus usité:des clous de girofle.—Prononcez lefle.

Gestion, s. f., action de gérer: prononcezges'thionen faisant sentir l'set letcomme dans gesticuler; ne dites pasgécion.

Gibelotte.—On dit unegibelotte de lapin; le motcivetse dit proprement du ragoût fait de chair de lièvre.

GifleetGiflersont français, mais populaires; dites,tape, claque, soufflet, taloche. Il faut en dire autant decalotte.—Au lieu degifleret decalotter, ditestaper, claquer, souffleter:je vous taperai; elle soufflette son enfant pour les moindres choses.

Gigier, n'est pas français; ditesgésier, pour signifier le second ventre de certains oiseaux qui se nourrissent de graines.

Gigot, s. m.: letne se prononce pas.—C'est mal s'exprimer que de dire ungigot de mouton, car le mot gigot signifie à lui seul une cuisse de mouton; dites simplement ungigot.

2. On ne dit pasune gigue de mouton, mais on dit unegigue de chevreuil.

3. Ce mot n'est pas français dans le sens de mauvaise monnaie.

Gingembre, s. m., racine des Indes qui a un goût de poivre; écrivez et prononcezgingembreet nongingenvre.

Gironnée, capacité du giron, n'est pas français.

Gisant,gisons, gisez, gisent, gisait, gisement, etc.—Quelques-uns doublent l's, et quoiqu'il en soit, on doit prononcer l'sdure comme si elle était double:son cadavre gisait(gissait)dans son sang.

Gît.—Ci-gît, formule ordinaire par laquelle on commence les épitaphes; l'Académie ne dit pas si, lorsqu'il est question de plusieurs personnes, on doit direci-gisent; nous pensons que la grammaire l'exige.

Gîte.—Ce mot est masculin:chercher un gîte.

Glaire, humeur visqueuse, est féminin:glaires teintes de sang.

Glissoire, Glissade, Glissement.—Beaucoup de personnes, et surtout les écoliers, confondent ces trois mots.—Uneglissoireest un chemin frayé sur la glace pour glisser en jouant; uneglissadese dit de l'actionde glisser involontairement; unglissementse dit de l'action de glisser: ce dernier mot est peu usité.—Glisse, dans le sens deglissoire, n'est pas français.

Gloire.—Ne dites pas:je me fais gloire d'être votre ami; je m'en fais gloire; dites,je fais gloire d'être votre ami; j'en fais gloire.—Cependant on dit quelquefoisse faire une gloire de quelque chose. (Acad.)

Gloriette, dans le sens de berceau, de cabinet de verdure, est français. (Bescherelle, Poitevin).

Glorieux, plein de vanité, de bonne opinion de lui-même, est français:il a du mérite, mais il est un peu glorieux; il est sot et glorieux; c'est un esprit glorieux. Il s'emploie quelquefois substantivement dans un sens analogue:les glorieux se font haïr; c'est un glorieux, c'est une petite glorieuse. (Acad.)

Gne, Gn.—Prononcezensei-gner, enseigne-ment, dési-gner, dési-gnation, dai-gner, i-gnorant, i-gnorer, a-gneau, ma-gnifique, etc., et nonenseign'ner, enseign'nement, désign'ner, désign'nation, daign'ner, ign'norant, ign'norer, agn'neau, magn'nifique.—Les flamands, de leur côté, doivent éviter dans la prononciation de ces mots de séparer legde l'net de donner au premier le son d'unhou bien le son guttural de leurg:i-gnorant, ma-gnifique, etc., et nonih-norant, mah-nifiqueniigh'-norant, magh-nifique.

Godaille, s. f., mauvaise boisson, mauvais vin;godailler, boire avec excès;—ces mots sont français mais populaires:c'est un ivrogne, il ne fait que godailler.

Goëlette, s. f., bâtiment léger; prononcezgoèlette(oèdiphth.)

Golza, s. m., plante oléagineuse; écrivez et prononcezcolzaet nongolza. Voyezchausson.

Gomme, s. f.; prononcez l'obref comme danshomme:gommeet nongô-me.

Goulée, correspond àgueuleet ne se dit guère qu'en parlant des animaux:brebis qui bêle perd sa goulée.—En parlant des personnes, on doit se servir du motbouchée:une bouchée de pain.

Goulus(pois), pois que l'on mange avec la cosse; ne dites paspois gourmands.

Gourmet, s. m., celui qui sait bien connaître et goûter les vins, les mets;gourmeurn'est pas français.

Goût.s. m.—Ne dites pas:j'ai du goût de sortir, j'ai du goût de pleurer; dites,j'ai envie de pleurer, de sortir.

2. Ne dites pas:cela est-il à votre goût?dites,cela est-il de votre goût?

Goûter.—On ditgoûter un mets, goûter d'un metsetgoûter à un mets.—On goûteun metspour savoir s'il est bon ou mauvais; on goûted'un metsquand on en mange comme aliment; on goûteà un metspour savoir s'il y manque quelque chose et dans le dessein d'ajouter ce qui y manque. Dites,j'ai goûté ce vin-là et je l'ai trouvé bon;j'ai mangé du rôti, mais je n'ai pas goûté du lièvre;le cuisinier a goûté dix fois à cette sauce avant de la servir.

2. Ne dites pas comme on entend dire tous les jours:ce beurre ne me goûte pas; ce rôti m'a bien goûté; cela me goûte, cela ne me goûte pas, pour exprimer que quelque chose est ou n'est pas de votre goût. Il est clair en effet que les personnes seules, et non les choses inanimées, peuvent goûter, c'est-à-dire exercer le sens du goût. Dites donc:cela est de mon goûtet noncela me goûte;—j'ai trouvé ce rôti bon, excellentet nonce rôti m'a bien goûté;—ce beurre est bon, a un bon goût, est de mon goûtet nonce beurre me goûte;—cela me semble bon, cela me plaît, cela a un bon goût, cela est de mon goût, et noncela me goûte.

3. Ne dites pas, comme on dit en flamand:cela goûte bon; dites,cela est d'un bon goût.

4. Ne dites pas:j'avais goût de sortir; dites... envie de sortir.

Goutte.—Ne dites pas:mon frère ressemble à mon père comme deux gouttes d'eau; dites,mon père et mon frère se ressemblent comme deux gouttes d'eau(se ressemblent).

2.Goutte, employé adverbialement pour donner plus de force à la négation, ne se dit que dans,ne voir goutte, n'entendre goutte:il fait bien obscur ici, je ne vois goutte, je n'y vois goutte; c'est un homme qui ne voit goutte dans ses affaires; je n'entends goutte(je ne comprends rien)à ce qu'il dit; cette affaire est fort embrouillée, je n'y entends goutte. (Acad.)—Ne dites,je n'y vois goutte, que lorsque le pronomyse rapporte à un objet dont on vient de parler, comme dans notre premier exemple oùyse rapporte àchambre; c'est donc une faute de direje n'y vois goutte, pour exprimer simplement que vous avez la vue mauvaise, sans vouloir faire entendre que vous ne voyez rien dans une chambre, dans un livre, ou tout autre objet déjà exprimé.

3. Ne dites pas:la marmite goutte, pour exprimer que l'eau s'en échappe par une fente; ditesla marmite fuit.

4. Ne dites pas:avoir les gouttes, maisavoir la goutte; voyezfièvre.

5. Prononcezoûlong dansgoûter, goûte, dégoûter, dégoûtant, etoubref dansgoutter, goutte, dégoutter, dégouttant.

Goutter, dans le sens de tomber goutte à goutte, n'est pas français; ditesdégoutter:il pleuvait il n'y a qu'un moment, les toits dégouttent encore(et nongouttent);quand il pleut sur le curé, il dégoutte sur le vicaire(et nonil goutte).

2. Ne dites pas:il goutte, il commence à goutter, en parlant de la pluie: dites,il tombe des gouttes d'eau, il commence à pleuvoir.

Gouttière, ne signifie pas,eau de pluie, mais uncanalpar où l'eau s'écoule des toits; ne dites donc pasun seau de gouttière, maisun seau d'eau de pluie.

Gouverne, dans le sens de direction, est français:je vous dis cela pour votre gouverne.

Gozette.—Ne dites pas:ce boulanger fait de bonnes gozettes; dites,ce boulanger fait de bons chaussons. (Wall.) Voyezchausson.

Grâce.—Avoir bonne grâce, avoir mauvaise grâce, devant un infinitif, demandent la prépositionà:il a bonne grâce, mauvaise grâce à faire(et nonde faire)telle chose.

Gracier, v. act., remettre la peine à un criminel, est français; on l'emploie souvent au passif:il a été gracié. (Acad.)

Gracieux, euse, adj.—N'écrivez pasgrâcieuxmaisgracieuxet prononcezabref;—il en est de même des motsdisgracieux, gracier, graciable, gracieuseté, etc. Maisaest long dans:grâce, disgrâce, les trois Grâces, le Havre-de-Grâce, Grâce-Montegnée.

Gradué, s. m., celui qui a pris des degrés dans une des facultés de théologie, de droit, de médecine, des lettres. On dit:c'est un gradué; les gradués de l'université.—Prononcezgradu-é, gradu-el, gradu-eret nongradu-wé, gradu-wel, gradu-wer.

Grain, se dit du fruit et de la semence du froment, de l'épeautre, du seigle, de l'avoine, de l'orge, etc. Mais se serait une faute de l'employer pour désigner les froments, les seigles, l'épeautre en herbe et de dire:les grains sont beaux; scier les grains; du grain en gerbe; dites,les blés, les froments, etc.,sont beaux; scier les blés, les froments, etc.;du blé en gerbe.—Bléest un terme générique qui se dit de toutes les plantes qui produisent le grain dont on fait le pain.

Grammaire.—L'Académie ne dit pas que les deuxmse prononcent, et les personnes qui parlent bienn'en font entendre qu'une seule dans ce mot et dansgrammairien(gra-mairien),grammatical(gra-matical)grammaticalement(gra-maticalement),grammatiste(gra-matiste).—Prononcez doncgra-maireet nongram'maire, nigran-mairecomme dansgrand'mère, ce qui serait excessivement ridicule:une grand'mère qui fait des fautes de grammaire. Voyezmm.

Grand.—L'adjectif féminingrand'est toujours invariable.—On ditgrand'chère(il n'a pas de pluriel).—Grand'chose, grand'croix; le pluriel estgrands-croix(Acad. au mot croix).—Grand'garde; le pluriel estgrand'gardes.—Grand'faim: il n'a pas de pluriel.—Grand'mère; le pluriel estgrand'mères.—Grand'messe: on peut dire aussigrande messe; le pluriel estgrand'messes.—Grand'oncle: prononcezgrantoncle; le pluriel estgrands-oncles.—Grand'peine(à), difficilement.—Grand'père: le pluriel estgrands-pères.—Grand'peur.—Grand'pitié.—Grand'soif.—Grand'tante; le pluriel estgrand'tantes.—Grand'routene se trouve pas dans les dictionnaires.

2.Un grand hommeest un homme d'un grand génie;un homme grandest un homme de grande taille.—Une grande dameest une dame de haute condition;une dame grande, une dame de haute stature. Mais on dit:un grand homme noir, une grande dame blonde.Un homme à l'air grand, dont la physionomie annonce de la noblesse d'âme;un homme du grand air, qui vit à la manière des grands seigneurs. (SouliceetSardou.)

3.Grande armée: ne prononcez pasgran-tarmée, maisgran-d'armée, commedarmedansgendarme.—Mais au masculin devant une voyelle ou unehmuette, cedfinal a le son det:grand(t)homme, grand(t)arbre.

4.Grand'chose, s. fém.—On dit:il n'a pas fait grand'chose de beau, de bon, c'est-à-dire,grand'chose de ce qui est beau, de ce qui est bon.—Ne dites pasgrande chose.—Voyezchose.

Grandeur, s. f.—Il ne faut pas employer ce mot comme synonyme degloire:la gloire(et nonla grandeur)le perdra; faire une chose par nécessité et non par gloire.

Grandir, v. n., se conjugue avecavoirou avecêtre, selon que le sens permet de poser l'une ou l'autre des deux questions:qu'a-t-il faitouque lui est-il arrivé?—cet enfant a bien grandi en peu de temps;vous êtes bien grandi.—Voyezvieillir.

Granit, s. m., pierre dure: prononcezgranite.

Gras, asse, adj.—Ne dites pas:il fait gras, maisil fait chaud, l'air est étouffant.

Grasseyer, v. n., parler gras: écrivez et prononcezgrasseyer,grasseyementet nongracier, graciement.

Gratis, adv., sans frais: prononcezgrâtice.

Gratte, n'est pas français; il faut direégratignure, marque:se faire une égratignure.

Gratter, signifie frotter, râcler et ne doit pas s'employer pourégratigner:le chat l'a égratigné; s'il ne mord, il égratigne. Mais on dira:le chat gratte à la porte; gratter une muraille; se gratter l'oreille en signe d'embarras.

Gratuit, Gratuitement: prononcezgratuit, gratuitement(abref) et nongratu-wit, gratu-witement.

Grave, adj., pesant, sérieux: prononcezgrâ-ve(âlong) et nongrâ-fe.

2.Grave(il), du verbe graver: prononcezgra-ve(abref).

Greffe, s., petite branche pour greffer, estféminin: une belle greffe de pommier.—Greffe, lieu d'un tribunal où sont déposées les minutes des jugements, des arrêts, etc., estmasculin:les pièces sont au greffe.

2.Greffe, petit brin de bois, de baleine, etc., dont les enfants qui apprennent à lire, touchent les lettres qu'ils veulent épeler; ce mot est wallon;—en français on dittouche.

Grelot, Grelotter: prononcez,grelot, grelotter(emuet) et nongrèlot, grèlotter.

Grenade.—Ne nommez pas ainsi les petites écrevisses de mer qu'on colporte aux estaminets; dites,chevretteet mieuxcrevette.

Grenier: écrivez et prononcezgrenier(emuet) et nongrèniernigregnier.—Ditesau grenieret nonsur le grenier.

Grenouille, s. f.: prononcezgrenouille(emuet etllmouillées) et nongrènouille.

Grésil, s. m., menue gelée: prononcezgrésile.

GrèveouGravelle, gros sable mêlé de fort petits cailloux, de fort petites pierres, sont des barbarismes qu'il faut rendre pargravier:il n'y a pas de terre franche en cet endroit-là, ce n'est que du gravier.—Grève, s. f., signifie proprement un lieu plat et uni, couvert de gravier, de sable, le long de la mer ou d'une grande rivière:les vagues se déploient sur la grève; la grève était couverte de débris.—La Grèvese dit, à Paris, d'une place publique qui est située sur le bord de la Seine et où l'on faisait autrefois les exécutions.

Gribouillette, s. f., jeu d'enfants; on ditjeter une chose à la gribouillette, c'est-à-dire la jeter au milieu d'une troupe d'enfants qui cherchent à s'en saisir.

Grière.—Ne dites pas:du fromage de grière, mais du fromage deGruyère(ville de Suisse).

Grièveté, s. f., énormité: prononcezgrièv'téet nongrièf'té.

Griffer, v. n.—Ne dites pas:le chat m'a griffé; dites,le chat m'a égratigné.—Griffersignifie, prendre avec la griffe:les oiseaux qui griffent sont le perroquet, etc.

Griffon.—Ne dites pas ungriffon, pour indiquer une écriture mal formée qu'on lit difficilement; ditesun griffonnage.

Grignon, est le côté jaune et doré de la croûte du pain; ne dites pasgrignotnigrignotte.

Gril, Grille.—Lesllde ces mots sont mouillées,cependantgril, dans le langage familier, se prononcegri. (Acad.)—Le gril(masculin) est un ustensile de cuisine sur lequel on fait rôtir de la viande, du poisson, etc.:mettre du boudin sur le gril.—La grilleest formée de plusieurs barreaux de bois ou de fer se traversant les uns les autres pour empêcher qu'on ne passe par une fenêtre, par une ouverture;—grillesignifie aussi des barres de fer sur lesquelles on place le charbon dans un fourneau, dans un poêle au-dessus du cendrier.

Grillon, espèce de cigale à chant monotone; ne dites pascriquillonnicriquion, crition.

Gringalet, s. m., homme faible, débile, sans force; ce mot est français:ce n'est qu'un gringalet.

Grippe, s. f.—Prendre quelqu'un en grippe, ouse prendre de grippe contre quelqu'un, se prévenir défavorablement contre lui, sans pouvoir rendre raison de sa prévention.—Ces deux locutions sont françaises; la première était seule admise autrefois.

Gripper, attraper, saisir subitement; ce mot est français:ce chat a grippé un morceau de viande; il a grippé la souris à la sortie du trou; on lui a grippé sa bourse; on dit aussigriffer.

Grogner, v. n., gronder, gourmander, murmurer, réprimander; ce mot est français:il ne cesse de grogner après moi.

Grognon, adj., qui grogne actuellement ou qui a l'habitude de grogner; les vrais mots sontgrogneuretgrognard; mais le motgrognonest aujourd'hui fort usité et admis par l'Académie comme un adjectif des deux genres. Voyezgroin.

Groin, museau du cochon, ne dites pasgrognon.

Gros.—Donner gros, valoir gros, sont des expressions triviales et qu'il faut éviter d'employer; dites donc:cette charge doit lui valoir, lui rapporter beaucoupet non,cette charge doit lui valoir gros. Dites encore:je donnerais beaucoup pour avoir de l'instruction, et non,je donnerais gros...

Grossier,impoli, rustique: voyezrustique.

Groom, s. m., petit laquais; prononcezgroûme.

Grouiller, Grouillement:le ventre lui grouille; grouillement des intestins: ne dites pas,grouler, groulement.

Gruger, dans le sens de tromper, n'est pas français.

Gruyère(fromage de).—Gruyèreest une petite ville de Suisse d'où ce fromage a tiré son nom. Ne dites pasfromage de Gruèrenide Grière.

GuetGuësont sonores à la fin des mots, mais ces deux terminaisons ne comprennent que les cinq masculinsaigu, ambigu, contigu, exigu, zagu, les six fémininsaiguë, ambiguë, ciguë, contiguë, exiguë, besaiguëoubesaguë, et le verbej'arguë.—L'Académie met le tréma sur l'eet non sur l'u.

2.Guest également sonore, et fait diphthongue avec la voyelle suivante dansaiguilleet ses dérivés,aiguillonet ses dérivés,aiguillade(mais nonaiguillat, terme d'histoire naturelle),aiguiser, aiguisement, ambiguïté, contiguïté, exiguïté, arguez, nous arguons, vous arguez, etc.—Ajoutezconsanguinité, sanguinification(mais nonsanguin, sanguinaire, sanguinolent, sanguinequi ont l'umuet et où l'on ne fait entendre qu'ungdur),inextinguible, linguiste, linguistique, onguiculé, Guise(nom propre).—Il faut prendre garde cependant de prononcer dans ces motsguicommegoui; on évitera ce défaut en s'exerçant d'abord à appuyer fortement sur l'uet à le séparer en quelque sorte de la voyelle suivante; plus tard on rétablira la diphthongue.

3. Dans tous les autres mots,gua la valeur d'ungdur et l'une se fait pas sentir:anguille, guérir, gui, guignon, guichet, guise, etc.

Guenille, Guenipe.—Uneguenilleest un haillon, un chiffon;—uneguenipeouguincheest une femmemalpropre:cet homme ne porte que des guenilles;cette femme est une franche guenipe.—Prononcezguenille, (llmouillées),guenipe(emuet) et nonguènille, guè-nipe.

Guère, ouGuères, adv.—On n'écritguères(s) que dans les vers, lorsqu'il est nécessaire à la rime ou à la mesure.

2.Guèreest toujours accompagné de la négation; dites donc:il ne s'en est guère fallu, et non,il s'en est guère fallu.—Quoique l'on dise:il s'en faut de beaucoup, on ne peut pas dire pourtant:il ne s'en faut de guère: dites,il ne s'en faut guère.

Guêtre, s. f., sorte de chaussure qui couvre la jambe: prononcezguê-treet nonguette; ditesse guêtrer, mettre des guêtres, et nonse guetter.

Guette.—Ne dites pas:ce chien est de bonne guette, maisde bon guet.

Gueule, s. f., la bouche de certains quadrupèdes carnassiers et de plusieurs poissons. On dit lagueuled'un chien, d'un loup, d'un lion, d'un crocodile, d'un requin, etc.—Lagueuleest une grande bouche d'animal carnassier, armée de fortes dents: voyezbouche.—Prononcezgueuleet nongueuille.

Gueuler, Gueulard, termes bas; ditescriailler, criailleur.

Gueusard, coquin, est populaire. (Acad.)

Gueux, adj., nécessiteux, indigent, mendiant; il signifie quelquefois aussi coquin, fripon:ne vous fiez pas à cet homme-là, c'est un gueux.

Gui, s. m., plante parasite qui naît sur les branches de certains arbres, du poirier, du pommier, de l'aubépine, du chêne, du peuplier, etc.:le gui donne de la glu.—Prononcezghi(gdur) et nongu-i: voyezgu.

Guide, celui qui guide, qui conduit, est masculin;—guide, rêne, est féminin:la guide du côté droit.—Prononcezghi-deet nongu-idenighi-te; mais dansle Guide, nom de peintre,guifait dipthongue.

Guignonnant, adj.:perdre cinq parties de suite, c'est guignonnant(c'est du guignon, du malheur, c'est contrariant). Ce mot figure dans les dictionnaires et est d'un fréquent usage au jeu.—Ne dites pas:guignon guignolant, maisguignon guignonnant.

Guinée, s. f., monnaie d'Angleterre, pièce de 25 francs: prononcezghinéeet nongu-inée.

Gutta-percha, gomme résineuse: prononcezgutta-perka; ce mot est féminin:de la gutta-percha. (Poitevin).

Guttural, adj., qui appartient au gosier: on prononce les deuxt.

H.—L'hest muette ou aspirée. Elle estmuette, quand elle ne se prononce pas, comme dansl'homme, l'histoire, adhérer, inhumer, qu'on prononce comme s'il y avaitl'omme, l'istoire, adérer, inumer. Elle estaspirée, quand elle se prononce un peu du gosier, comme dansle héros, la haine, les hiboux.—Cependant on peut aussi ne pas faire sentir l'haspirée et dire:le éros, la aine, les iboux. Cette prononciation est préférable, mais il faut éviter dans ce cas de faire l'élisionde la voyelle ou laliaisonde la consonne qui la précède avec la voyelle qui la suit: ainsi vous ne direz pasl'éros, l'aine, lè-ziboux, maisle éros, la aine, lè iboux.—L'usage seul peut servir de guide pour distinguer ces deux sortes d'h; dans le doute, il faut avoir soin de recourir au dictionnaire; cette recommandation est d'autant plus importante, surtout pour les étrangers, que l'erreur ici prêterait souverainement au ridicule.—Dans notreDictionnaire, l'astérisque * indique que l'hestaspirée.

Habile, adj.—Il régit la prépositionàdevant un infinitif et les prépositionsenoudansdevant un nom:habile à manier le pinceau; habile dans les affaires, habile en affaires.

2.Habile, signifie capable, intelligent, adroit, savant:un ouvrier habile, un avocat habile, un habile général; on le dit quelquefois en mauvaise part:il est habile à tromper; c'est un habile fripon.—Habilesignifie aussi, en terme de jurisprudence, qui est capable ou qui a droit de faire une chose:être habile à succéder.

3.Habilese dit aussi populairement pourdiligent, expéditif:ce copiste est habile, il aura bientôt écrit ce mémoire. (Acad.)

4. Maishabile(ouhabïe, abïe) ne peut jamais s'employer adverbialement dans le sens devite:accourez habile; allez habile; habile! habile!dites,accourez vite; allez vite; vite! vite!(Wall.) Prononcezabileet nonabille(llmouillées).

HabiletéetHabilité.—Il ne faut pas confondre ces deux mots; l'habiletéest la qualité de ce qui est habile, le talent, le savoir, la capacité, l'intelligence.—Habilitén'est guère en usage que comme terme de jurisprudence et dans cette locution,habilité à succéder(aptitude à). (Acad.)

Habillerde neuf: voyezneuf.

Habit.—Ce mot indique plus spécialement un vêtement d'homme; en parlant d'une femme, employez le motvêtement, robe, jupe, etc.:maman a mis sa plus belle robe, et non,son plus bel habit.

2.Un nouvel habit, est un habit différent de celui que l'on vient de quitter;un habit nouveauest un habit de nouvelle mode.

*Hache.—L'hest aspirée ainsi que dans tous les mots dérivés,hacher, hachette, hachis, etc.—Prononcezha-cheet nonhage.

*Haie, s. f., clôture d'épines, de ronces, etc.; prononcezhaî(aîlong) et nonhai-ïe.

*Haïe, interj., cri pour animer les chevaux: prononcezha-î(deux syll.)

*Haine,haïr, haïssable, haineux.—Dites,je hais, tu hais, il hait, hais(impératif) et non,je haïs, tu haïs, il haït, haïs.—Partout ailleurs écrivez et prononcezha-ïr, ha-ï, ha-ïssais, etc.

*HaireetHère.—Haire, s. féminin, est une espèce de petite chemise rude que l'on met sur la peau par esprit de mortification:revêtir la haire et le cilice.

2.Hère, s. masculin, se dit par dérision d'un homme sans considération, sans fortune, sans mérite; on ne l'emploie guère que dans la locution:pauvre hère; c'est un pauvre hère. (Acad.)

Hakcelle, n'est pas français; ditespaille hachée(à l'aide duhache-paille).

Haleine, Alène.—L'haleineest le souffle de la respiration; l'alèneest un instrument de cordonnier.

*Haleter, être hors d'haleine.

*Halo, s. m., cercle lumineux autour des astres.

*Halte, s. f. et interj.—Prononcezhalteet nonhale.

*Hamac, s. m., lit suspendu dans les navires: prononcezhamaque.

Hameçon, s. masculin, crochet pour prendre les poissons; l'hest muette:prendre du poisson à l'hameçon.

*Han, s. m., terme populaire pour exprimer le bruit sourd que fait un homme qui frappe un coup avec effort.

*Hanche, s. f., partie du corps où tient la cuisse; prononcezhan-cheet nonhan-ge.

*Hanneton, s. m.:—l'hest aspirée:les enfants font la guerre aux hannetons.

*Happelopin, est un mot français qui signifie valet fripon et gourmand.


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