Infaisable, adj., non faisable: prononcezinfesableet noninfaisableniinfèsable.
Infect, adj., puant, corrompu: prononcezinfecteet noninfèke.
Infectation.—Ne dites pas:c'est une infectationen parlant de mauvaise odeur; dites,c'est une infection(infect, infecter, infection).
Infecter, Infester.—Infecter(infect), c'est corrompre ou incommoder par communication de quelque chose de puant, de contagieux ou de venimeux:ces égoûts infectent la ville de leurs émanations délétères; il nous infecte de son haleine; le choléra a infecté toute la province; il infecta le pays de sa pernicieuse doctrine. (Acad.)—Infester, c'est ravager tourmenter par des actes fréquents de violence et de brigandage:les pirates infestaient toutes les côtes; le pays était infesté par des brigands.
Infinité, employé seul ou avec un pluriel veut le verbe au pluriel:une infinité sont d'avis; une infinité de personnes ont péri. Mais si ce mot est suivi d'un collectif singulier, le verbe se met au singulier:une infinité de monde est venue le voir; une infinité de peuple a pris les armes. Précédé deen, il régit le pluriel:il y en a une infinité qui disent(sous-entendude gens).—Cette remarque est applicable aux collectifs partitifs et aux adverbes de quantité,un grand nombre, une foule, peu, beaucoup, toute sorte, toute espèce; ainsi l'on dira:toute sorte de monde est venu;toute sorte de personnes sont venues.
Inflammation: ne dites pasenflammation.
Informer.—On informequelqu'un de quelque chose; ne dites donc pas:j'informe que, mais,je vous informe de..., j'informe le public de...—Informerne peut jamais être suivi deque, par la raison que la proposition qui suit cequetiendrait lieu de régime direct d'informer, ce qui ne serait pas correct (oninforme quelqu'un dequelque chose). Dites doncj'ai l'honneur de vous informer de tel fait, de telle circonstance, et non,j'ai l'honneur de vous informer que, phrase vicieuse adoptée à tort par nos administrations.—Si l'on ne peut pas remplacer lequepardesuivi d'un substantif, il faut remplacerinformerpar un autre verbe, tels queannoncer, faire savoir, donner avis, porter à la connaissance, etc. Voyezprévenir.
Ingrédient, s. m., partie d'un mélange; prononcezingrédianet noningrédiain.
Inhérent,inhérence: prononcezinéran, inérence.—Adhérent, incohérent, incohérence; prononcezadéran, incoéran, incoérance.
Inhibition, s. f., défense: prononcezinibition.
Inhumer(enterrer),inhumation(action d'enterrer),inhumain, inhumanité; prononcezinumer, inumation, inumain, inumanité.
Initial, ale, adj.—L'Académie ne donne point d'exemple du plur. masc.—Dumarsais, Beauzée, Boinvilliers et quelques autres grammairiens, disentinitials.—Prononcezinicial, inicier, iniciation(initier, initiation).
Inlisible, Illisible.—L'Académie admet ces deux mots comme parfaitement synonymes; mais l'usage a consacré le dernier:écriture illisible.—Quelques grammairiens pourtant s'ingénient à établir une différence entre ces deux mots:illisible, se dirait de l'écriture qu'on ne peut pas lire;manuscrit illisible;—inlisiblese dirait d'un ouvrage ennuyeux à lire, d'un style fatiguant:ce poème est inlisible.—Nous croyons que généralement on ne tient pas compte de cette nuance et queillisibleest à peu près exclusivement usité.
Inn, au commencement des mots: les deuxnnse font sentir excepté dansinnocentet ses dérivés.
Innocent, dans le sens de, qui a l'esprit faible, borné, est français:c'est un innocent, un grand innocent; vous faites l'innocent. (Acad.)
Innommé, adj., sans nom: prononcezine'noméet nonain-nomé.
Innover(introduire des nouveautés),innovation: prononcez les deuxnn.
In-octavo, s. et adj.: prononcezine-octavo. Voyezin-douze.
Inonder, Inondation: ne prononcez qu'unenet ne dites pasin'-nonder, in'-nondation.
In-partibus(on sous-entendinfidelium), se dit de celui qui a un titre d'évêché dans un pays occupé par les infidèles:évêque in-partibus:—prononcezine-partibuce.
In-petto, adv., dans l'intérieur du cœur, en secret:cardinal nommé in-petto; prononcez les deuxtt, ine pet'to.
In-plano, s. m., se dit du format d'un livre où la feuille imprimée ne contient qu'une page de chaque côté: prononcezine-plano.
Insatiable, adj., qu'on ne peut rassasier: prononcezinçaciableet noninçathiable, niinçaziable.—On dit aussiirrassatiable, mais ce mot est peu usité.
Insçu(à l'): on écrit plus souvent et mieuxinsu.
Insecte, petit animal articulé, est masculin:un chétif insecte.—Prononcezinsek-teet noninsèke.
Insigne,insister, insurgé, insurrection, insipide, insulter: prononcez l'sdure comme dansinsenséet non commezdansdésirer.
Insipide, adj., qui n'a nul goût, nulle saveur.—C'est une faute d'employerinsipide, dans le sens desciant, ennuyeux, importun, insupportable, impatientant, et de dire,voilà des enfants bien insipides, au lieu de,bien ennuyeux, bien insupportables, bien impatientants, etc.
Instinct, s. m., esprit des animaux; prononcezinstin, et noninstinke.
Institut, s. m., établissement où l'on enseigne une ou plusieurs sciences, un ou plusieurs arts; ce mot n'est pas français dans ce sens et ne figure dans aucun dictionnaire; ditesécole de commerce, école de médecine, école normale, école militaire, etc.—Il faut en dire autant deinstitut d'enseignement; dites,école, collége, pensionnat, maison d'éducation, selon le sens.—Cependant le motinstitution, pour signifier un établissement destiné à l'instruction et à l'éducation de la jeunesse, est aujourd'hui consacré par l'usage et figure dans de bons dictionnaires:institution de jeunes gens, institution de demoiselles, chef d'institution.
Instrument: voyezjouer.
Insulter.—Insulter quelqu'un, c'est l'outrager de faits ou de paroles:il l'a insulté publiquement.—Insulter à, c'est manquer à ce qu'on doit aux personnes ou aux choses:il ne faut pas insulter aux malheureux; il ne faut pas insulter à leur misère.
Intact, adj., auquel on n'a pas touché: prononcezintak-teet nonintake.
Intellect, s. m., intelligence: prononcezintel-lek-te;—intellect, intellectuel, intelligence, intelligent, intelligible, intelligiblement: dans tous ces mots on fait sentir les deuxll.
Intention.—Ne dites pas,je suis d'intention; mais,j'ai l'intention de faire telle chose.
Interdire, se conjugue commemédire:vous interdisezet nonvous interdites.
Intérêt, s. m.—Ne dites pas:ce domestique est sur les intérêts de son maître; dites,ce domestique soigne les intérêts, a à cœur les intérêts de son maître.
Intérim, s. m., entretemps: prononcezain-térimeet nonine-térime; il ne s'emploie pas au pluriel.
Interjeter, v. a.—Il ne double point letdevant unemuet, commejeter:ils interjètent appel de ce jugement.
Interligne, est masculin, excepté lorsqu'il se dit des lames de métal que, dans les imprimeries, on place entre les lignes pour les séparer et les maintenir:écrire dans un interligne;la largeur d'une interligne.
Interpeller, Interpellation, requérir, sommer, action de...: prononcez les deuxll.
Interrègne, s. m., intervalle de deux règnes: prononcez les deuxrr.
Interroger,interrogation, interrompre, interruption, interrupteur:—dans ces mots et leurs dérivés, on ne prononce qu'uner.
Interstice, intervalle de temps; ce mot est masculin:les interstices sont remplis.
Intervalle, est masculin:ce fou a de bons intervalles.
Introït, s. masculin, prière au commencement de la messe: prononcezaintro-iteet noninetroïteniintro-iït.
Intrus, participe passé du verbe inusitéintrure, qui est introduit contre le droit dans quelque dignité ecclésiastique; prononcezaintruet nonintruce; le féminin estintruse.—Il est adjectif et substantif.
Invectiver, dire des choses injurieuses, est un verbe neutre; on ne doit donc pas direinvectiver quelqu'un, mais,invectiver contre quelqu'uncomme on ditinvectiver contre le vice.
Inventaire, pour signifier ce plateau d'osier que portent devant elles les marchandes de fruits, de légumes, de poissons, etc.; ce mot n'est pas français; il faut direéventaire(s. m.): voyezce mot.
Inventeur, fait au féminininventrice.
Inviter, suivi d'un infinitif, demande la prépositionà:il m'a invité à dîner. (Acad.)
Invoquer, Évoquer.—Onévoqueles morts;—onn'invoqueque Dieu, les saints, les vivants, les choses inanimées.
Ipécacuana, s. m., racine brune ou grise; ne dites pasipicacuana.
Irai.-Ne dites pas:j'irai z'à Stavelot demain, maisj'irai à...; la terminaisonaisappartient à l'imp. de l'ind. et au condit. prés. et non au futur simple.
Iris, arc-en-ciel, plante, est masculin; on l'a fait autrefois du féminin.—Iris, personnage mythologique (messagère de Junon), est féminin.—Prononceziricedans les deux cas.
Irr, au commencement des mots:—on fait sentir les deuxrr:ir'riter, ir'résistible, ir'récusable, ir'ruption, etc.
Irruption, s. f.: voyezéruption.
Isle, s. f.,islot, s. m.; écrivez et prononcezîle, îlot.
Isme, Iste, à la fin des mots.—Prononcez distinctement l'set l'mainsi que l'set let:catéchis-me, schis-me, barbaris-me, wallonnis-meet noncatéchisse, schisse, barbarisse, etc., nicatéchim-se, schim-se, barbarim-se.—Prononcez de mêmecatéchis-te, calvinis-te, résis-te, persis-te, Baptis-te, et noncatéchisse, calvinisse, etc.—Voyezfinales.
Israël.—PrononcezIs'ra-èleet nonIs'raïèleniI-zraèle, Isra-éle(éfermé).
Isthme, s. masculin, langue de terre entre deux mers; prononcezis'me.—Isthmique, prononcezis'mique.
Italianisme, Italicisme, Italisme, idiotisme de la langue italienne; ces trois mots sont français, maisitalicismeest préférable.—Prononcezitalicis-meet nonitalcisseniitalicim-se: voyezidiotisme.
Item, adv., de plus: prononcezitème. Voyezibidem, idem.
Ivoire, est masculin:cet ivoire est bien blanc.
Ivraie, s. f., mauvaise herbe: prononcezivrai(ailong) et noni'vrai-ïe.
Ivre, adj.—Ne dites pas:il s'est fait ivre, pouril s'est enivré; cela signifierait,il a feint d'être ivre.
2.Ivre-mortetmort-ivre, font au fémininivre-morte, morte-ivre, et au plurielivres-morts, morts-ivres, ivres-mortes, mortes-ivres.
Ivresse, s. f., se dit au pluriel dans le sens depassions:le réveil suit de près vos trompeuses ivresses. (J.-B. Rousseau.)
2. Il peut également s'employer au pluriel dans le sens propre, d'après Laveaux, pour signifier des états d'ivresse particuliers et distingués les uns des autres:dans ses fréquentes ivresses, il ne connaît plus personne.
Ivrogne, adj. et s. m.—Le féminin correspondant estivrognesse.
J.—Jene doit pas se prononcerche;où suis-je, que dis-je, j'ai jeté, se déjeter, etc., et non,où vais-che, que dis-che, j'ai cheté, se décheter. (Wall.)
Jaconas, s. m., espèce de mousseline:une robe de jaconas; l'sne se prononce pas.—Jaconaden'est pas français.
Jadis, adv., autrefois.—Il s'emploie quelquefois adjectivement avec le mottemps:les bonnes gens du temps jadis; cela était bon au temps jadis: cet emploi est familier. (Acad.)—Prononcezjadice.
Jais, s. m., bitume d'un noir luisant.—Ne dites pas:cela est noir comme un geai, mais,comme jaisoucomme du jais.—Voyezgeai,jauneetlait.—Prononcezjè(long).
Jalouser.—Ce verbe est actif et il faut dire:ce marchand jalouse ses concurrents(et noncontre, ousur ses concurrents);les gens du même métier se jalousent entre eux(et nonjalousent l'un contre l'autre, l'un sur l'autre).
Jalousie.—Gardez-vous bien d'écrire ou de prononcerjalouserie.
Jamais.—Prononcezjamaiset nonjamain.
Jambe.—Ne dites pas:mettre la jambe à quelqu'un pour le faire tomber; dites,donner le croc-en-jambe à quelqu'un...—Lecdecrocse prononce fortement; prononcezjambeet nonjampe.
Jambonneau, s. m., petit jambon:jambonnetn'est pas français.
Jarreté, qui a les jambes de derrière tournées en dedans et si peu ouvertes que les jarrets se touchent presque en marchant:je ne veux point de ce mulet, il est jarreté.—Ne dites pointjarreteuxnijerreteux.
Jauger, mesurer un vase pour voir s'il est de la mesure dont il doit être; ne dites nijauchernigauger.
Jaune.—Ne dites pas:il est jaune comme un safran, mais,comme safranoucomme du safran.
2. Ne dites pas:ces poires sont jaunes, mais,sont mûres.
Je.—Lorsqu'on élide l'e, il faut se garder de prononcerjecommeche:il faut que je fasse mes devoirset non,que ch'fasse mes devoirs.
Jésus.—VoyezantechristetChrist.
Jet d'eau, eau qui jaillit d'un tuyau; ne dites pasjeu d'eau, qui est français, mais qui a un sens plus particulier.
2.Jet, dans le sens delevure, n'est pas français.
Jeter.—Ne prononcez pas lejplacé devant unemuet comme unche:je l'ai jeté(jetéet nonch'té)par la fenêtre; nousjetons(et non nousch'tons),vous jetez(et nonvous ch'tez),je jetterai(et nonje ch'terai).—Il en est de même du substantifjetéeet des dérivés dejeter.—Voyezje.
Jeu, s. m.—Ne dites pas:je ne puis plus jouer qu'un jeu; dites,je ne puis plus jouer qu'une partie.
Jeune, peu âgé: prononcezjeune(eubref);—jeûne, abstinence, prononcezjeûne(eûlong);—prononcez de mêmejeûner, jeûneur, déjeuner(déjeuners'écrit sans accent circonflexe.)
2. Quand l'adjectifjeuneest précédé de l'article, on ne peut pas le placer indifféremment devant ou après le substantif:le jeune Plinesignifie que Pline n'est pas âgé, tandis quePline-le-Jeunese dit pour le distinguer dePline-l'Ancien.
3. On ditjeune hommeau singulier etjeunes gensau pluriel; quand il s'agit de filles, on dit mieux aujourd'huijeune personne, jeunes personnesquejeune fille, jeunes filles.
4. Ne dites pas,un vieux jeune homme, pour désigner un homme d'un certain âge qui vit dans le célibat; dites,un vieux garçon, un vieux célibataire; dites de mêmeune vieille fille, une vieille demoiselle:—célibatairene se dit pas des femmes.
5. Ne dites pas:du fromage jeune, du beurre jeune; dites,du fromage, du beurre frais, nouveau.
6.Jeune, employé comme substantif, ne peut pas se dire d'un animal nouvellement né; il faut se servir du motpetitdans cette acception:les petits(et nonles jeunes)d'une chatte, d'un pigeon, d'un corbeau.—Cependant en parlant de grives, de perdrix, par exemple, on pourrait dire:les jeunes sont tendres et délicates, tandis que les vieilles sont plus coriaces.—Icijeuneest pris comme adjectif et est opposé àvieux.
Jeunesse, s. f.—Ne dites pas:laissez rire ces jeunesses, c'est leur âge; dites,laissez rire ces jeunes gens, ou bien,ces jeunes personnes, selon le cas.
Joailler, s. m., qui fabrique et vend des joyaux; ne dites pasjouailler:—jouailler, c'est jouer petit jeu.
Jockey, s. m., mot anglais.—Prononcezjokè.
Joint, te:ci-joint: voyezci-inclus, au motinclus.
Jointée, s. f., autant que les deux mains rapprochées peuvent contenir:une jointée d'orge, une jointée d'avoine.
Joli, Beau.—Joli, offre l'idée de quelque chose de gentil, qui plaît;beause dit de ce qui est grand, de ce qui inspire de l'admiration.—D'où il suit quejoline peut pas se dire d'une composition large et sérieuse ou d'une scène grandiose de la nature; ne dites donc pas:Athalie est une jolie tragédie; la mer, le lever du soleil est une jolie chose, etc.; dites,Athalie est une belle tragédie... Mais vous direz très-bien:Perrault a écrit de jolis contes; Lafontaine a fait de jolies fables, etc.
2. Ne dites pas:voilà un joli enterrement;—jolien effet exclut toute idée de tristesse, de douleur; dites,un bel enterrement.
Joliment, adv., se dit dans un langage très-familier pourbeaucoup, extrêmement:il l'a joliment puni; vous vous êtes joliment trompé. (Acad.)—Beaucoup de personnes font un étrange abus de ce mot et disent par exemple:il a joliment neigé, j'ai joliment dormi, j'ai joliment faim, etc. Nous pensons qu'il faut rejeter ces sortes de locutions.
Jouer.—Ne dites pas,jouer avec les cartesnijouer une carte, mais,jouer aux cartes. (Flandr.)—Voyezjeu.
2. Ne dites pas d'un musicien:il joue si bien sur le piano, sur le violon, etc.; mais,il joue si bien du piano, du violon.
3. Ne dites pas:jouer banqueroute, maisfaire banqueroute. (Flandr.)
4. Ne dites pas:jouer dans la tête, en parlant d'idées, de chimères, de ce qu'on appelle faire des châteaux en Espagne; dites,passer par la tête:—ce sont de vaines idées qui vous passent par la tête.
5.Jouer, est un mot générique qui se ditde tous les instruments de musique, et dans cette acception il estneutre et doit être accompagné de la prépositionde:jouer de l'orgue, du piano, du violon, etc.
6. Onbatla caisse, le tambour, les timbales.—Ondonnedu cor.—Onsonnedu cor et de la trompette.—Onpincela harpe, la guitare, le luth, le téorbe.—Ontouchel'orgue, le piano, l'harmonium.
7. Prononcezjou-eret nonjou-wer;je joue, (je joû,oûlong), et nonjou-we;je jou-ais, et nonje jou-wais;je jouerai(je joûrai,oûlong), et nonje jou-we-rai, etc.—Prononcez de mêmejou-eur, et nonjou-weur.
Jouereau, s. m., qui joue mal à quelque jeu ou qui hasarde peu au jeu; prononcezjoûrau.
Joueur de tours, se dit aussi bien quefaiseur de tours.
Joug, s. m.—Prononcezjougue, en faisant sentir legmême devant une consonne:un joug pesant, un joug honteux, un joug honorable.
Jouir.—On jouit de quelque chosed'agréable, d'avantageux;—ne dites donc pas: iljouit d'une mauvaise santé, d'une mauvaise réputation; dites,il a une mauvaise santé, une mauvaise réputation.
2. Prononcez:jou-ir, je jou-is, je jou-issais, jou-issanceet nonjou-wir, je jou-wis, je jou-wissais, jou-wissance.
Jour.—Faire son bonjour, faire ses dévotions, sont des locutions françaises. (Acad.)
2. On dit,jour ouvrable, jour ouvrier, et nonjour d'ouvrier.
3. Ne dites pas:c'est mon jour aujourd'hui, demain; dites,c'est ma fête aujourd'hui, demain. (Flandr.)
4. Ne dites pas:cela est arrivé un jour au matin, un jour au soir; dites,... un matin, un soir.
5. On dit indifféremment:vivre au jour le jouretvivre au jour la journée, c'est-à-dire, s'inquiéter peu du lendemain, être sans prévoyance. (Acad.)
6. Ne dites pas:au jour d'aujourd'hui l'instruction est bien répandue; dites,aujourd'huiouà présentouau siècle où nous sommes, ou bien, selon le sens,à l'heure qu'il est, l'instruction est bien répandue.
7. Ne dites pas:quel jour avons-nous?dites,quel jour est-il, quel jour sommes-nous, quel jour est-ce aujourd'hui?
8. Ne dites pas:jour bien employé, mal employé; dites,journée bien employée...—La journéeest lejourpar rapport à la manière dont il s'est passé.
9.Jour civil, espace de vingt-quatre heures qui se prend de minuit à minuit.—Jour naturel, temps qui s'écoule entre le lever et le coucher du soleil.—Jour astronomique, espace de vingt-quatre heures solaires moyennes, d'un midi à l'autre.—Jours complémentaires, dans le calendrier républicain, se disait des cinq ou six jours que l'on comptait à la fin de l'année, pour compléter le nombre de trois cent soixante-cinq ou de trois cent soixante-six jours, les mois de ce calendrier n'étant chacun que de trente jours.
10.Jours gras, les derniers jours du carnaval qui sont le jeudi, le dimanche, le lundi et le mardi.
11. Les noms des jours de la semaine s'écrivent sans majuscules:dimanche, lundi, mardi, etc.—Voyezcalendrier républicain.
Jourd'hui, le jour actuel, appartient au vieux langage; il ne s'employait qu'avecleouce.—Ce jourd'huiest encore usité au palais.
Journal.—Ne dites pas:j'ai lu cette nouvelle sur le journal, sur la gazette, etc., mais,dans le journal, dans la gazette, comme on dit,j'ai lu dans tel livre.
Journellement, tous les jours, chaque jour:il étudie journellement cinq heures consécutives.—Journalièrementn'est pas français.
Jubé, s. m., espèce de tribune élevée dans une église; ne dites pasdoxalnitoxal.
Juge.—Prononcezju-ge, je ju-ge, je ju-gerai, jugementet nonju-che, je ju-che, je ju-cherai, ju-chement.
Juger, v. a. et n.—Ne dites pas:il juge toutousur tout à tort et à travers; dites,il juge de toutouil tranche sur tout...
2.Juger quelqu'unouquelque chose, c'est décider commejugeouarbitre, ou bien exprimerd'une manière tranchante, une opinion, un avis:juger un procès(commejuge);jugez-nous(commearbitre),je vous prie;vous jugez(décidez sur le mérite de)cet homme trop sévèrement.
3.Juger de, c'est avoir, énoncer une opinion; cette forme est plus vague et surtout moins pédantesque:juger sainement des choses; juger de la pièce par l'échantillon; il ne faut pas juger des gens sur l'apparence. (Belgicismes, parM. J. Benoit.)
Juif, fait au fémininjuiveet nonjuifressenijuivresse.—Faites sentir l'fdejuifau singulier et au pluriel; prononcezju-if, ju-ive, et nonjou-if, joui-ve(uidiphth. et nonoui).
Juillet.—Prononcezju-illet(uidiphth.) et nonjou-illet, niju-let, julette: on mouille lesll.
Juin.—Prononcezju-in(uidiphth.) et nonjeun, junnijou-in.
Jujube, est féminin:de la jujube.—Prononcezjuju-beet nonjuju-pe.
Jumeau, Jumelle, se dit de deux ou de plusieurs enfants nés ensemble.—Ne le confondez pas avecgémeau, subst. masculin, qui n'est usité qu'au plurielGémeaux, pour signifier l'un des douze signes du zodiaque.
Junte, s. f., nom que l'on donne à différents conseils en Espagne et en Portugal:la junte du commerce. Prononcezjonte.
Jurer, se dit pourblasphémer;jurementse dit également dans le sens deblasphème, imprécation, exécration. (Acad.)
Jury, Juré, Juriste.—Lejuryest le corps, la réunion des jurés;—lejuréest un membre du jury;—lejuristeest celui qui écrit sur des matières de droit.—Quelques-uns écriventjuri, dit l'Académie, qui cependant a adoptéjury.—Beaucoup de personnes confondent les deux motsjuryetjuré.
Jus, s. m.—Ne dites pas:cet enfant tousse, il faut lui donner du jus; dites,... du jus de réglisse.
Jusque, prép., exige toujours à sa suite une préposition avec son complément:jusque dans les enfers, jusque par-dessus la tête, jusqu'à nouvel ordre.
2. On écrit quelquefoisjusquesavec unesà la fin, lorsque ce mot est suivi d'un autre mot commençant par une voyelle; alors on fait sentir la liaison entrejusqueset le mot suivant:jusques au ciel, jusques à quand.
3.Jusque, suivi delà, adverbe, prend toujours un trait d'union:ils en vinrent jusque-là, et nonjusqu'à-làqui n'est pas français.
4. On ditjusqu'à hier, jusqu'à demain, jusqu'à midi, jusqu'à Paris, jusqu'à Namur, et non pasjusque Paris, jusque Namur.—On peut direjusqu'aujourd'huietjusqu'à aujourd'hui, mais le premier est préférable.—Prononcezjusque(emuet) et nonjusquè.
Juste.—Comme de justeest une expression aussi vicieuse que le seraientcomme de vrai, comme de faux; ditescomme de raison, comme il est juste.
2. Ne dites pas:il est sept heures justes; dites,il est sept heures précises.—Mais on dira bien:il est arrivé juste à l'heure du dîner;juste, est ici adverbe et signifiejustement, exactement. Prononcezjus-teet nonjusse.
Justement.—Dites,ce chasseur tire juste; peser juste; cela entre juste; chanter juste; il a deviné juste; il raisonne juste, etc., et nonjustement.
2.Justementsignifieavec justice:il a été condamné justement.
3. Il signifie aussi la même chose queprécisément:je suis arrivé justement quand on se mettait à table.
4. Ne dites pas:vous venez à propos, il est justement arrivé; dites,il vient d'arriver, il ne fait que d'arriver.—Voyezfaire.
Kakatoès, s. m., sorte de perroquet huppé: prononcezkakatoua. (Acad.)
Karat, s. m.: on écrit plus souventcarat.
Keepsake, s. m., souvenir (mot anglais): prononcezkip'sèke.
KermesseouKarmesse, s. f., nom qu'on donne en Belgique et en Hollande aux fêtes annuelles communales ou paroissiales. (Acad.)
2.Ducaceoudicacese dit également pourkermessedans ces pays; mais ce mot n'a pas été adopté par l'Académie, attendu qu'il n'est qu'une corruption du motdédicace, lequel ne se dit que de cérémonies ou de fêtes religieuses.
Kilogramme.—On dit souvent par abréviation, dans le commerce:kilo, cinquante kilos. (Acad.)
2. Quoi qu'en dise l'Académie, le plurielkilosest un véritable barbarisme, car il n'est pas permis de mettre la marque du pluriel à une abréviation, à la moitié d'un mot: on doit donc écrirecinquante kilo, ou mieuxcinquante kilog.et mieux encorecinquante kilogrammes.—Ne dites paskulonitilopourkilo.
Kinine, s. f.: on écrit plus souventquinine.
Kiosque, s. m., pavillon de jardin: prononcezkios-queet nonkiosse.
Kip-kap, mot flamand: ditesmou de veau.
Kirsch-wasser(ou simplementkirsch), eau-de-vie de cerises: prononcezkirche-ouaceur(eurbref),kirche.
Knout, s. m., supplice du fouet en Russie: prononcezknoute.
Koekebak, mot flamand estropié, par lequel on désigne souvent descrêpes(bouquettesen wallon).
Kopeck, s. m., monnaie russe d'environ quatre centimes; on écrit aussicopeck.—Prononcezkopèke.
Koran, s. m.: on écrit plus souventCoran: voyezAlcoran.
Kreutzer, s. m., monnaie allemande: prononcezkreutzère; quelques-uns prononcentkrètche.
Kyrie-eleison, s. m., prononcezki-ri-é-éleis-sone, et nonki-ri-é-élei-zone.
L.—Il y a deux sortes d'l: l'lsimple et l'lmouillée.—L'lsimple est celle qui ne fait entendre qu'une seule articulation, qu'elle soit simple en effet comme dansbal, bel, fil, col, nul, etc., ou double comme dansballe, bulle, ville, molle, collége, etc.—L'lmouillée, dont la prononciation est particulière à la langue française, est presque toujours indiquée par la présence d'unidevant cette consonne; elle se prononce alors, non d'après sa valeur ordinaire, mais avec une sorte de mollesse, en faisant entendre uniaprès elle, indépendamment de celui qui la précède réellement; ainsibillard, piller, tilleul, bouillon, mouiller, ailleurs, bouteille, cueille, meilleur, etc., se prononcent comme s'il y avaitbiliard, pilier, tilieul, boulion, moulier, alieurs, bouteillie, cueillie, melieur.—Plusieurs grammairiens prétendent qu'il faut prononcer à la manière des wallons et du peuple de Paris:biïard, piïer, tiïeul, bouiïon, aiïeurs, bouteiïe, cueiïe, meiïeur,mouiïer, etc., en supprimant entièrement l'let en la remplaçant par deuxiou par uny.—Nous pensons que la première prononciation est plus généralement reçue dans notre pays. Au reste, cette question étant très-controversée, chacun peut adopter telle prononciation qu'il lui semblera bon.—Nous ajouterons pourtant que bon nombre de grammairiens recommandent la première prononciation dans le discours soutenu et la seconde dans la conversation ordinaire.
2.Lfinale est mouillée dans les mots suivants:avril, babil, cil, fenil, grésil, gril, miloumilletetpéril. (Acad.)—Elle ne se prononce pas dans:baril, chenil, fournil, fusil, outil, persil, sourcil, coutil, courtil, gentil(voyezce mot),gril(dans le langage familier),nombril, soûl, cul-de-jatte, cul-de-lampe, cul-de-sac. (Acad.)—Llefinales se mouillent dans les mots suivants:aiguille, anguille, bille, cocomille, cédille, charmille, cheville, coquille, esquille, étrille, famille, faucille, fille, goupille, grille, guenille, lentille, pacotille, pastille, quille, roquille, vétille, vrille, etc.
La.—Le pronomleest invariable et s'emploie toujours au masculin quand il tient la place d'un adjectif:Madame, êtes-vous malade? je le suis(et nonje la suis);Mesdames, êtes-vous contentes de ce discours? nous le sommes(et nonnous les sommes).—Mais si l'adjectif est précédé d'un article,le, la, less'accordent avec lui en genre et en nombre, parce qu'alors l'adjectif devient substantif:Madame, êtes-vous la malade dont on m'a parlé? je la suis(et nonje le suis);Mesdames, êtes-vous les parentes de Monsieur? nous les sommes(et nonnous le sommes).—De même, en s'adressant à des hommes, vous direz:êtes-vous soldats, médecins, avocats, Messieurs?—nous le sommes: (ces subst. sont pris ici adjectivement).—Mais vous direz:êtes-vous les soldats de Sébastopol, Messieurs?—Nous les sommes: (le subst. ici est un véritable substantif).
2.Là(avec un accent grave pour le distinguer de l'articlela) etCi, adv. dém., se mettent souvent à la suite des pronoms démonstratifs, et dans ce cas, on doit mettre un trait d'union entrelàetciet les mots qui les précèdent:celui-ci, celui-là, ce temps-là, cet homme-là.
3. Il s'emploie quelquefois par une sorte de redondance, et pour donner plus de force à la phrase, et dans ce cas, il ne faut pas de trait d'union:c'est là du courage; c'est là ce que vous auriez dû faire.
4. Ne dites pas:c'est là où je l'ai vu; dites,c'est là que je l'ai vu.
5. Ne dites pas:vous êtes venu chez moi, je n'étais pas là; dites,je n'y étais pas, je n'étais pas à la maison, j'étais absent.
6.De là, sans trait d'union, signifie de ce lieu-là, de ce point-là, de ce sujet-là, de cette chose-là;de là à la ville il y a cinq cents pas; tirez-vous de là; de là sont venues les guerres civiles.
7.Delà, prép., s'écrit en un seul mot, c'est-à-dire, sans trait d'union entredeetlà:delà la rivière, delà les monts; il est de delà les monts, par delà le cap de Bonne-Espérance.—Dans ces derniers cas, toutefois, on dit de préférenceau delà des monts, au delà du cap de Bonne-Espérance.
8.Deçàetdelà, de côté et d'autre:j'ai perdu ma bourse, je l'ai cherchée deçà et delà; il était à cheval, jambe deçà, jambe delà, c'est-à-dire à califourchon.
9.En delà, signifie plus loin.
10.Par-ci, par-là, jusque-là, s'écrivent avec un trait d'union.
11.La, la, sans accent grave, locution familière, espèce d'interjection:la, la, ne pleurez plus; la, la, en voilà assez.—La, la(sans accent grave); adv.:a-t-il bien travaillé? la, la,—c'est-à-dire, médiocrement.
12.La, s. m., note de musique: prononcezlâ(along).
Le, La, art.—1oL'articlelane se met que devant les noms des femmes célèbres par leurs crimes.—2oCe tour que les français emploient rarement parce qu'il n'est pas honnête, est plus ordinaire dans la langue italienne:Le Tasse, la Pansarosa, la Ristori.
2. Ne dites pas:il a pris son enfant sur le bras et l'a emporté; dites,sur son bras.
3. Ne dites pas:l'un jour il travaille et l'autre il ne fait rien; dites,un jour il travaille...
4. Ne dites pas:l'un ou l'autre de mes parents vient me chercher; dites,un de mes parents, quelqu'un de mes parents vient...
5. Ne dites pas:parler le français, l'allemand; dites,parler français, allemand.
6. Ne dites pas:tout alla comme je désirais; dites,comme je le désirais.
7. Écrivez et prononcez:je l'ai vu, vous l'avez reçu, etc., et nonje l'lai vu, vous l'l'avez reçu.
8.Ledit, ladite, etc.: voyezdit.
Labarum, s. m., étendard de Constantin; prononcezlabarome.
Labour, s. m.—ne dites pas,des chevaux de labourage, mais,des chevaux de labour.
Laboureur, s. m., celui qui par état laboure la terre; ce mot n'a pas de correspondant féminin.
Lac, s. m., ne se dit que d'une grande étendue d'eau, et ne peut pas s'employer comme synonyme demare, deflaque:dans ce village on abreuve les bestiaux à une mare; il y a des flaques d'eau dans ce chemin.—Il est à remarquer qu'uneflaqueest moins grande qu'unemare; c'est plutôt ce qu'on désigne, en wallon, sous le nom depotai.—Prononcezlakeau sing. et au pluriel.
Lacer, serrer avec un lacet;—délacer, enlacer, laceure, lacet: tous ces mots s'écrivent avec unc.
Lâche,lâcher, lâcheté, lâchement: prononcez l'âlong.
Lâcher, v. a.—D'après l'Académie, il faut dire:lâcher de l'eau(uriner) et nonlâcher l'eaucomme on le dit vulgairement.
Lacs, s. m., cordon délié, nœud coulant pour prendre divers oiseaux ou le gibier; au figuré, piége, embarras;—l'orthographe de ce mot est la même au singulier qu'au pluriel:—prononcezlâ.
Lacune, s. f., vide, interruption; ne le confondez pas aveclagune, petit lac, flaque d'eau.
Ladre, subst., avare, au fémininladresse. (Acad.)
Lady, s. f., titre que l'on donne en Angleterre aux femmes et aux filles de personnes titrées; au plurielladys. Prononcezlédi. (Acad.)
Lai, Laie, adj., laïque:frère lai, moine lai, c'est-à-dire, qui n'est point destiné à la prêtrise; on se sert aussi de ce mot comme substantif. Prononcezlè, son bref, comme danslaid(désagréable.)
Laïc: voyezlaïque.
Laideron, s. f., jeune fille ou jeune femme laide; l'Académie n'admet point la formelaideronne:c'est une petite laideronet nonlaideronne.
Laineux, Lanugineux.—Laineuxse dit des moutons et des étoffes qui ont beaucoup de laine; il se dit aussi des plantes ou parties de plantes qui sont couvertes de poils imitant la laine;—lanugineuxne se dit que des parties des plantes, feuilles, fruits, tiges, etc., qui sont couvertes d'une espèce de duvet semblable à la laine ou au coton.
2. Quoique la laine ne paraisse guèremangeable, on trouve cependant dans l'Académie le dicton:se laisser manger la laine sur le dos; ce qui signifie, souffrir tout, ne pas savoir se défendre.—Prononcezlaine(lène),laineux(lèneux) et nonlain-ne, lain-neux.
Laïque, adj. des deux genres; quelques-uns écriventlaïcau masculin (Acad.);—il est aussi substantif masculin;—il se dit d'une personne qui n'appartient pas au clergé.