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Tartine, s. f., tranche de pain recouverte de beurre, de confitures, etc.:tartine de beurre, de confitures;—ce mot est français.

Tasson.—Ce mot n'est pas français; ditestêtet mieuxtesson, débris de bouteille cassée, de pot cassé:il s'est blessé en marchant sur un tesson de bouteille.

2. Ne dites pastesson, pour désigner unblaireau. (Wall.)

Tatouage, s. m., action de tatouer, c'est-à-dire de barioler, peindre le corps de diverses couleurs, etc.: (oua, ouesont diphth.)—Ne prononcez pastatou-wage, tatou-wer.—Voyezoueetue.

Taupe, s. f.: prononceztôpe(ôlong).—Ause prononce toujoursôlong, excepté: 1odevant ungdur (gue) outo:augure(ogur),auguste(oguste),automne(otone);—2odevantst:caustique(costique),austère(ostère);—3odevantr:Laure(Lore),taure(tore);—maisvaurien(vaut rien) se prononcevôriain(ôlong).

Te Deum, s. m., cantique de l'Église qui commence par ces mots; au pluriel, desTe Deum.—L'Académie écritTe Deum, sans trait d'union et avec deux majuscules.—Prononcezté déomeet nonté dé-ïome.—V.i.

Tel et tel.—Ces adjectifs ainsi que le substantif qui les suit, s'emploient au singulier ou au pluriel, selon qu'on peut les faire précéder deunou dede:par telle et telle(par une telle et une telle)raison; il m'a dit telle et telle chose; avoir telle et telle qualité; à telles et telles(à de telles et de telles)conditions.

2. Ne dites pas:combien coûte un tel livre?—dites,combien coûte tel livreouce livre?

3. Ne dites pas:un homme tel qu'il soit, ne me fait pas peur; dites,un homme, quel qu'il soit, ne me fait pas peur.—Tela un sens positif et précis et gouverne l'indicatif:tel qu'il est, ce livre est à peine lisible.

Tèle, n'est pas français; dites,une écuelle, une terrine, et nonune tèle.

Tellement que.—Ne dites pas:il n'a point d'habits pour se couvrir, tellement qu'il est malheureux; il a fait des progrès étonnants, tellement qu'il est appliqué à l'étude;—dites,tellement il est malheureux, tant il est malheureux;—tellement il s'est appliqué à l'étude, tant il s'est appliqué à l'étude(en supprimant leque).

Témoin, à témoin.—Témoinest invariable au commencement d'une proposition:votre frère est un bon élève, témoin les prix qu'il remporte chaque année.—A témoinest invariable dans tous les cas, parce que, dans chaque expression,témoinest une abréviation de témoignage:je vous prends tous à témoin.—Partout ailleurs,témoinest substantif et par conséquent variable:les témoins ont comparu; je vous prends pour témoins, Messieurs.—Ce mot s'emploie aussi, sans changer de genre, en parlant d'une femme:cette femme est un bon témoin.

Tempe, s. f., la partie de la tête qui est depuis l'oreille jusqu'au front:la tempe droite; ne dites pasle templenila temple.

2. Ne dites pas non plus:les tempes de la tête; le mottempeindique assez qu'il s'agit de la tête; dites simplementles tempes.

Tempester, n'est pas français; il faut diretempêter, pester:tempêter contre quelqu'un; tempêter pour rien, à propos de rien; c'est un homme qui peste toujours contre l'autorité; il ne fait que pester.

Temporaire, Temporel, elle, adj.—Temporairesignifie momentané;—temporel, périssable:les biens de ce monde sont temporels;cette défense est sévère, mais elle n'est que temporaire.

Temps, s. m.—Lepne se prononce pas, mais c'est une faute que de le supprimer dans l'écriture, comme le font quelques personnes.

2. Ne dites pas d'une personne,qu'elle a bien le temps, pour signifier qu'elle est assez riche; dites,qu'elle est dans l'aisance, qu'elle a de la fortune.

3. Ne dites pas:en deux heures de temps, en trois mois de temps, en quatre années de temps; dites simplement,en deux heures, en trois mois, en quatre années.

4. Ne dites pas:j'ai tout le temps de faire mes devoirs, je ne suis pas si pressé; dites,j'ai le temps, j'ai encore le temps de..., j'ai assez de temps, il me reste assez de temps pour faire mes devoirs...(Wall.)

5. Ne dites pas:j'ai le temps long de voir arriver cette belle fête; j'ai le temps long, je m'ennuie;—dites,il me tarde, je me réjouis de voir arriver cette belle fête; le temps me paraît long, le temps m'est long, je m'ennuie. (Wall.)

6. Ne dites pas:j'ai vu le temps que les enfants avaient un grand respect pour leur parents; dites,j'ai vu le temps où les enfants...(Wall.)

7. Ne dites pas:dans le temps ce n'était pas comme ça; dites,autrefois, anciennement, jadis, selon que l'époque est plus ou moins éloignée. (Wall.)

8. Ne dites pas:je n'ai pas le temps pour étudier; dites,je n'ai pas le temps d'étudier. (Fland.)

9. On ditde temps en tempsetde temps à autre(quelquefois). (Acad.)

Ténacité, s. f., qualité de ce qui est tenace, opiniâtreté; ne dites pastenacité, quoiqu'on disetenace.

Tendant, est adjectif verbal, lorsqu'il signifiequi tend à; il est participe présent, lorsqu'on peut le remplacer par,étant fait pour:des discours tendants à prouver; une requête tendante à ce qu'il plaise à la cour; semer des libelles tendants à la sédition;—ces discours ne tendant point à éclaircir la matière, il convient...

Tendre, v. a.—On dit,tendre des filets,tendreoudresser un piège,tendreoudresser des embûches.

Tendreté, s. f., qualité de ce qui est tendre; il se dit seulement des viandes, des fruits, des légumes:la tendreté d'un gigot, d'un lièvre; la tendreté de ces légumes, de ces fruits.

Tendron, s. m., cartilages à l'extrémité de la poitrine de quelques animaux; on ditdes tendrons de veauet nondes tendons de veau.

Tendue, s. f., action de tendre des piéges, des filets:aller à la tendue; il se dit aussi de la place, de l'endroit où l'on a tendu des piéges, des toiles, des filets:ma tendue se trouve sur telle campagne.—On dit plus généralementtenderie, que quelques-uns écrivent abusivementtendrie.

Ténèbres, s. féminin pluriel:les ténèbres sont épaisses.

Tenir, v. a.—Ne dites pas,il faut tenir de soi; dites,il faut se respecter, avoir de la dignité; il faut garder son quant-à-soi. (Wall.)

2. Ne dites pas:cet homme ne se tient pas de soi; dites,... ne se respecte pas, ne conserve, ne garde pas sa dignité.

3. Ne dites pas,tenir sa tête droite, pour,se porter bien, conserver sa santé:—portez-vous bien, conservez votre santé, et non,tenezontâchez de tenir votre tête droite. (Fland.)

4. Ne dites pas d'une personne riche,qu'elle tient voiture; dites,qu'elle a équipageouqu'elle a un équipage.

5. Ne dites pas:cet homme a tenu des emplois considérables; dites,a occupé, a rempli...

6. Ne dites pas:cet acteur ne pourra tenir son rôle; dites,ne pourra remplirouconserver, garder, selon le sens.

7. Ne dites pas,il ne tient pas d'aller à la promenade; dites,il ne tient pas à aller à la promenade. (Wall.)

8. Ne dites pas:je n'ai pas besoin de mon chien, tenez-le avec; dites simplement,gardez-le.

9. Ne dites pas:on ne peut tenir les rossignols en hiver, le froid les fait périr; dites,on ne peut conserver les rossignols...

10. Ne dites pas:j'aime à tenir des lapins à la campagne; dites,j'aime à avoir, à soigner, à élever, à nourrir des lapins...(Wall.)

11. Ne dites pas:je ne me tiens pas à ce que tu dis, car tu mens; dites,je ne m'en tiens pasouje ne m'arrête pas à ce que tu dis...

Ténor, s. m., (et nonténore, mot italien): voix de taille, chanteur; au plurieldes ténors.—Taille, signifiantténor, n'est presque plus usité. (Acad.)

Tentatif, ive, adj.—Ne dites pas:ce fruit est tentatif; dites,ce fruit est appétissant.

Terme, s. m.—Ne dites pas:je ne sais pas s'il le disait à terme de plaisanterie; dites,en plaisantant, par plaisanterie.

2. Ne dites pas:à terme de plaisanter, il parle très-sérieusement; dites,au lieu deou bienloin de plaisanter...

Terre(àoupar).—Ne dites pas:Jean est tombé à terre de tout son long; dites,est tombé par terre...—Voyeztomber.

Terriblement, adv., signifie, dans le langage familier,extrêmement, excessivement:—il pleut, il neige extrêmement; gagner terriblement au jeu; perdre terriblement; manger terriblement; il étudie terriblement; il parle terriblement; il est terriblement ennuyeux. (Acad.)

Tertre, s. masculin, éminence de terre dans une plaine, colline, monticule:tertre couvert de gazon; prononcezter-treet nontertenitertere.

Testament, s. m.—Ancien Testament(avec deux majuscules et sans trait d'union), les livres saints qui ont précédé la naissance de J.-C.—Nouveau Testament(avec deux majuscules et sans trait d'union), les livres saints postérieurs à la naissance de J.-C.

Tétanos, s. m., convulsion permanente des muscles: prononceztétanôce.

Tétard, s. m., petit de la grenouille; prononceztétare.

Tête, s. f.; voyeztaie.

2. On ne dit pas,la tête d'un sanglier, d'un saumon, d'un brochet: on ditla hure.

3. Ne dites pas:je ne sais où donner la tête; dites,je ne sais où donner de la tête.

4.En faire à sa tête, n'en faire qu'à sa tête, c'est se conduire à sa guise, sans consulter personne, sans tenir compte de l'avis des autres. (Acad.)

5.Tête à tête, loc. adv., seul à seul:parler tête à tête: on l'écrit sans traits d'union.—Tête-à-tête, s. m., s'écrit avec des traits d'union, et alors il se dit d'une conversation, d'une entrevue seul à seul:un long tête-à-tête; de fréquents tête-à-tête.

6.En tête, s. masculin (style admin.), ce qui s'écrit en tête d'une lettre, d'un tableau:faire imprimer des en tête de lettres; écrire l'en tête d'un tableau: ce mot est invariable.

Tétièrede lit, partie du lit sur laquelle repose la tête: ce mot n'est pas français; il faut direchevet.

Texte, s. m., les propres paroles d'un auteur, etc.l'avocat a rapporté le texte de la loi.—Prononcez l'xet let:teks-teet nontexe. Prononcez également l'xdans ses dérivés,textuel, textuellement, etc.

Taler, s. m.:—voyezdaler.

Thé, s. m.—C'est à tort qu'on appelle ainsi toute herbe propre à faire de la tisane; il faut direherbe médicinale, herbe à tisane.

2.Thé, s. m., se dit de l'arbrisseau qui produit le thé et de l'infusion de thé; il se dit également d'une collation dans laquelle on sert du thé. (Acad.)—Mais ce mot n'est pas français, quand il s'agit de l'eau dans laquelle on a fait bouillir ou infuser de l'orge, de la réglisse, du chiendent ou autre substance, soit grain, soit racine, fleurs, feuilles, ou bois, pour en composerun breuvage, une boisson médicamenteuse:—dans cette acception, il faut dire tisane:tisane rafraîchissante; un verre de tisane; il ne boit que de la tisane. (Acad.)

Théâtre, s. m.: prononcezthé-â-treet nonthé-iâtrenithéâte, théâtère.

Théière, s. f.;thétièren'est pas français.

Théologie,théologien, théologal, théorie, théorème, etc.:—prononcezthé-oet nonthé-io.

Thésauriser, v. n., amasser de l'argent; ne dites pastrésoriser.

ThuiaouThuya, s. m., sorte d'arbrisseau toujours vert.

Ti, dans les syllabes entié, tier, tiers, tiez, tieu, tien, tion, etc., doit conserver sa prononciation propre: ainsi prononcezamiti-é, moiti-é, méti-er, cabareti-er, enti-er, volonti-ers, un ti-ers, vous acheti-ez, vous éti-ez, Mathi-eu, ti-en, ti-ens, questi-on, etc., et nonami-tchi-é, moitchi-é, métchi-er, cabarétchi-er, entchi-er, volontchi-ers, un tchi-ers, vouz achetchi-ez, vous étchi-ez, Matchi-eu, tchi-en, tchi-ens, questchi-on.—Les wallons sont exposés à remplacertipar un son qui équivaut plus au moins à leurch, tch(planchî, pochî, Macheu):—voyezdi.

Tic-tac, s. m. etTactique, s. f.—Ne confondez pas ces deux mots: le premier ne se dit que du bruit d'un balancier, d'un moulin:le tic-tac d'une montre.—Le second signifie la marche qu'on suit, les moyens qu'on emploie pour réussir dans quelque affaire:je vois votre tactique, c'est une vieille tactique.

Tiens, est quelquefois interjection:tiens!outiens, tiens, c'est étonnant.—Dans ce cas il serait ridicule de remplacertienspartenez, pour parler plus poliment, attendu qu'il ne s'agit nullement de l'impératif du verbetenir.

Tiers, erce.—Ne dites pas:le tiers de douze est de quatre; dites,est quatre.—Voyezti.

TiliasseouTignasse.—Ne dites pas:la chair de ce dindon est tiliasse; dites,est coriace(c'est-à-dire, résistante, difficile à broyer).

Timon, s. m.; voyezlimon.

Timoré, ée, adj., qui craint d'offenser Dieu ou qui porte très-loin le scrupule:conscience timorée.—Il ne se dit pas dans le sens detimide.

Tire-larigot: voyeztarlarigot.

Tirelire, petit vase, avec une fente en haut, par laquelle on fait entrer des pièces de monnaie qu'on veut amasser; ce mot est féminin:ma tirelire n'est pas remplie de napoléons.

Tirer, v. a.—Ne dites pas:le thé, le café a-t-il tiré?pour demander s'il est infusé; dites,le thé, le café est-il tiré?

2. Ne dites pas:mon voisin m'a tiré en justice; dites,m'a attrait en justice, m'a fait assigner en justice, m'a fait citer. (Fland.)

3. Ne dites pas:je vais tirer mon paletot, il fait très-chaud ici; dites,je vais ôter mon paletot...(Fland.)

4. Ne dites pas:tirez votre casquette, votre chapeau; dites,ôtez votre casquette, votre chapeauou simplement,découvrez-vous. (Fland.)

5. Ne dites pas:on lui a tiré une dent hier; dites,on lui a arraché une dent hier. (Fland.)

6. Ne dites pas:ce babillard m'a tiré en ridicule; dites,m'a tourné en ridicule. (Fland.)

7. Ne dites pas,il tire, pour faire entendre que le vent se glisse à travers quelque fente; dites,le vent souffleou bien,il y a un vent coulis; il vient un vent coulis par cette porte; je sens un vent coulis qui me donne sur l'épaule; les vents coulis sont dangereux.

8. Ne dites pas:cet enfant tire après son père; dites,ressemble à son père, a des traits de son père. (Wall.)

9. Ne dites pas:j'ai tiréouj'ai tiré bas deux lièvres; dites,j'ai abattuouj'ai tué deux lièvres. (Wall.)—Tirer un lièvre, c'est simplement tirer dessus, mais non letuer.

10. On dit très-bien,tirer sa révérence, dans le sens defaire sa révérence.

11. On dit de deux ennemis déclarés, qu'ils en sont aux couteaux tirés, à couteaux tiréset nonà couteaux tirer.

TisonnierouTire-braise, s. m., ustensile de fer recourbé vers le bout, et qui sert à attiser le feu, à tirer les braises, etc.—Le motfer, dans ce sens, est wallon.

Toast, s. m., proposition de boire à la santé de quelqu'un; au plurieltoasts. On prononce et quelques-uns écriventtoste. (Acad.)

2.Toaster, v. n., boire à la santé de quelqu'un: on prononce et on écrit ordinairementtoster.

Tohu-bohu, s. m., confusion, mélange ou conflit d'opinions, de système:c'est un véritable tohu-bohu.

Tôle, s. f., fer battu et réduit en feuilles ou plaques minces, dont on fait des poêles et d'autres ouvrages:tuyaux de grosse tôle.—Ce mot est féminin; prononceztôle(ôlong).

Tollé.—Mot emprunté du latin et qui n'est usité que dans des locutions comme celle-ci:crier tollé sur quelqu'un, c'est-à-dire, crier pour exciter l'indignation contre lui.—On prononce les deuxll.

Tombée, s. f.—Il ne s'emploie guère que dans cette locution:à la tombée de la nuit, au moment où le jour tombe, où la nuit approche. (Acad.)

Tomber, v. n.—La plupart des grammairiens disent que le participe de ce verbe ne se construit jamais avec l'auxiliaireavoir; cependant plusieurs bons auteurs présentent plusieurs exemples detombécombiné avecavoir; et l'Académie, de son côté, donnel'exemple suivant:les poètes disent que Vulcain a tombé du ciel pendant un jour entier.—Quoi qu'il en soit, nous pensons qu'il faut régulièrement le construire avecêtre; dites donc,je suis tombé, il est tombéet nonj'ai tombé, il a tombé.

2. Ne dites pas:ce malade est tombé hors de connaissanceousans connaissance; dites,ce malade a perdu connaissance.

3. Ne dites pas:prenez garde de ne pas tomber, pour recommander de ne pas tomber; dites,prenez garde de tomber.

4. Ne dites pas d'un jeune milicien,qu'il est tombé dedans; ditesqu'il a tiré un mauvais numéro; qu'il est désigné pour le service. (Wall.)

5.Tomber à terre, tomber par terre.—Ce qui touche à la terre,tombe par terre;—ce qui n'y touche pas,tombe à terre. Ainsi, un arbretombe par terre, et les fruitstombent à terre.

Tome, Volume.—Noms qu'on donne aux livres matériellement pris comme objets qui ont place dans les bibliothèques.—Letomeest une division ou une partie d'un ouvrage; untomeen suppose d'autres, c'est un commencement ou une suite.—Levolume, c'est tout ce qui est réuni dans une même brochure ou dans une même reliure; c'est un tout distinct. Quelquefois on fait mettre deux ou plusieurstomesen unvolume; c'est, par exemple, quand il n'y a qu'une table pour tout l'ouvrage; on peut même réunir ainsi des ouvrages différents, des opuscules qui aient peu ou point de rapports. Untomepeut à son tour être publié en deux ou plusieursvolumes.—En général, lestomesont quelque rapport au contenu, au lieu que lesvolumesne se considèrent qu'extrinsèquement, par rapport à la grosseur, au format, au nombre. (Lafaye)—Prononceztôme(ôlong).

Ton, adj. poss.—Mon, ton, son, suivis d'un mot commençant par une voyelle ou unehmuette, conservent leur prononciation naturelle et l'on ajoute une secondenpour faire la liaison:mon âme, ton ami, son onclese prononcentmon n'âme, ton n'ami, son n'oncleet nonmo-n'âme, to-n'ami, so-n'oncle.

2.Ton. s. m.—Ne dites pas:ce jeune homme se donne des tons, dites,fait l'important.

Torcher, v. a.—Ne dites pas:je me suis torché le pied; dites,je me suis foulé le pied.

Torrent, s. m., courant d'eau rapide: prononcez les deuxrr, ainsi que danstorrentiel, torrentueux, torréfier, torréfaction.

Tors, torse, adj., qui est tordu ou qui en a la figure:un cou tors, un fil tors, une jambe torse.

2. On dit populairementtorteau féminin, en parlant de ce qui est contourné, difforme:jambes tortes, bouche torte. (Acad.)

Tortoir, s. m., et mieuxGarrot, s. m., petite perche, bâton qu'on passe dans une corde, dans un lien quelconque, pour serrer quelque chose en tordant:serrez davantage le garrot de cette malle, de cette scie.

Tory, s. m., mot emprunté de l'anglais et qui désigne les partisans des prérogations royales ou les conservateurs; au plurieltorys. (Acad.)—Prononceztori, outôrià l'anglaise.

Toton, s. m., espèce de dé qui est traversé d'une petite cheville sur laquelle on le fait tourner, et qui est marqué de différentes lettres sur ses faces latérales:les totons sont ordinairement d'os ou d'ivoire.—Ne dites pastonton.

Touche, s. f.—Ne dites pas:écrivez sur votre ardoise avec votre touche; dites,avec votre crayon.—On ditcrayonetcrayon d'ardoise;—la toucheest un petit brin de bois, de baleine, etc., dont les enfants, qui apprennent à lire, se servent pourtoucherles lettres.

Toucher, v. a., en parlant de certains instrumentsde musique, signifiejouer:toucher la lyre, l'orgue, le piano; il touche le piano agréablement, délicatement.—C'est une faute de diretoucher du piano, toucher de l'orgue, etc.—Voyezjouer.

Touiller, v. a., mêler, brouiller:touiller des œufs.—Touillerfigure dans les dictionnaires comme terme populaire.

Toujours, adv.—Les Wallons emploient abusivementtoujoursdans le sens decependant, pourtant, néanmoins, malgré cela:—quoique le temps soit à la pluie, nous irons toujours(néanmoins)nous promener; mon professeur m'a fort bien expliqué ce problème, mais je sens que j'aurai toujours(pourtant)de la peine à en trouver la solution.

Tour, s. m.—On dit également,c'est à mon tour deouà, ou bienc'est mon tour deouà:c'est mon tour à vous aller voir; c'est mon tour, c'est à mon tour de monter la garde.—Voyeza, 6.

Tourelle, s. f., petite tour; ne dites pastourette.

Tourmenter, v. a.—Ne dites pas:Pierre me fait tourmenter, Paul m'a fait tourmenter, etc.; dites simplementPierre me tourmente, Paul m'a tourmenté, en supprimant le verbefaire, qui est ici de trop. (Wall.)—Voyezfaire, 10.

Tournement.—Ne dites pas,avoir des tournements de tête; dites avoirdes tournoiements de têteet mieux,avoir des vertiges.

Tournevis, s. m., instrument de fer ou d'acier pour serrer ou desserrer les vis: prononcez l'sainsi que dansvis.

Toursiveux, adj. (mot wallon), malicieux, astucieux:il est malicieux comme un vieux singe; homme astucieux.

Tous, plur. detout.—On fait sentir l'slorsquetousest pris substantivement ou qu'il est placé à la fin d'une phrase:il faut se faire tout à tous; tous l'ont vu; ils y étaient tous.

Tout, adj.—Ne dites pas,une fois pour tout; ditesune fois pour toutes(sous-entendules fois).

2.Tout, reste au masculin devant un nom de ville féminin:tout Liége en parle; tout Bruxelles l'admira; tout Rome fut consterné; tout Vienne apprit cette nouvelle fâcheuse; c'est-à-dire,tout le peuplede Liége, de Bruxelles, de Rome, de Vienne...

3. Ne dites pas, en terme de jeu,pour de bon, pour le bon, pour tout de bon, pour de rire; dites,pour rireettout de bon(c'est-à-dire sérieusement, entièrement, de bon jeu, pour quelque chose).

4. Ne dites pas,tout de long de la rivière, maistout du long...

5. Ne dites pas,tous les deux heures, tous les vingt-quatre heures; tous les trois semaines; dites,toutes les deux heures, toutes les vingt-quatre heures, toutes les trois semaines.

6. On dit également bien:ce n'est pas le toutouce n'est pas tout de bien réciter sa leçon, il faut encore la comprendre. (Acad.)

7. Ne dites pas,il m'a fait tout peur; dites,il m'a fait peur. (Wall.)

8. Ne dites pas:il est malade tout comme tout, il est sage tout comme tout; dites,il est fort malade, fort sage.

9. Ne dites pas:il est heureux comme tout, il est pauvre comme tout; dites,il est fort heureux, il est fort pauvre.

10. Ne dites pas:vous m'éclaboussez et vous me salissez tout; dites,... vous me salissez entièrement, tout à fait.

11.Tout à fait, est adverbe et ne peut par conséquent s'employer comme substantif;—ne dites donc pas:le nouveau propriétaire a changé tout à fait dans cette maison; dites,a changé tout.—Écrivez ce mot sans traits d'union. (Acad.)

12.Tout plein, beaucoup; cette expression est française:il y a tout plein de monde dans les rues;—j'ai tout plein de livres d'égarés; vous dites qu'il n'y a pas de boutiques dans cette rue, il y en a tout plein.

13.Tout de suiteetde suite: voyezsuite.

14.Toute sorte, toute espèce: voyezsorte.

15.Tous deux, tous les deux: voyezdeux.—On dit de mêmetous trois, tous quatreettous les trois, tous les quatre;—au-delà de ce dernier nombre jusqu'àdix, on supprime rarement l'article:tous les cinq, tous les six, tous les sept, etc.;—au-delà dedix, on l'emploie toujours:tous les seize, tous les vingt.

16.Tout à coup, tout d'un coup.—Tout à coup(sans traits d'union) signifiesoudainement, subitement:ce mal l'a pris tout à coup, comme il y pensait le moins. (Acad.)—Tout d'un coupsignifietout d'une fois, tout en même temps:il gagna mille écus tout d'un coup. (Acad.)

Toux, est un substantif féminin:j'ai la toux;—ne dites pastousse. (Wall.)

Tracassement, n'est pas français; ditestracas, tracasserie:il est dans le tracas du déménagement; il y a bien du tracas dans cette maison; il passe sa vie à faire des tracasseries.

Tracassier, ière, subst.—Celui, celle qui aime à tracasser. On l'emploie aussi adjectivement:une administration tracassière.

Traducteur, s., celui qui traduit d'une langue en une autre. Ce mot n'a pas, quoi qu'en disent certains grammairiens, de correspondant féminin:madame Dacier, traducteur d'Homère(et nontraductrice).

Trafic, s. m., négoce, commerce de marchandises: on prononce lec:trafike.

Trahir, trahison.—L'hest muette dans ces mots; prononceztra-ir, tra-isonet nontra-hir, tra-hison.

Train, s. m.—Faire du train, pour,faire du tapage, est français, mais populaire; cependant on ne dit pasmener du train:—voyezmener.

Traîner, être en langueur sans pouvoir se rétablir; ce mot est français:il y a longtemps qu'il traîne; il traînera encore quelque temps.—Prononceztrèneret nontrain-ner.

Traîtrise.—Ce mot n'est pas français: ditestrahison.

Tramontane, s. f.—Perdre la tramontane, c'est perdre la tête comme les matelots qui, perdant l'étoile polaire (tramontane), ne savent plus se diriger sur mer; ne dites pastrémontade.

Tranquille, adj., calme, paisible.—Prononceztrankileet nontranquille(llmouillées).—Prononcez de même une seulelnon mouillée danstranquillement, tranquillité, tranquilliser, tranquillisant.

2.Laissez-moi donc tranquille?est impoli, pour dire:n'en parlons plus, je vous prie; brisons là-dessus, s'il vous plaît; assez sur ce sujet, parlons d'autre chose, si vous le voulez bien, etc.

Trans, prép., dans la composition des mots, signifie au-delà, à travers;—l'sse fait sentir.

Transaction,transiger, transalpin, transitif, transition, transitoire:—prononcez l'sdouce:tranzaction, tranziger, tranzalpin, etc.

Transe.—Ne dites pas,sonner une transe, une agonie; ditessonner le glas, un glas funèbre. Remarquez qu'on ne pourrait pas dire: un tel est mort, on vient de sonnerson glas; dites, on vient de sonnerle glas(cloche funèbre), ou bien de sonnerson trépas, son décès.

Transir, v. a. et n., pénétrer, engourdir de froid:je suis transi de froid;—prononceztrancir, tranci, trancissementet nontranzir, tranzi, tranzissement.

Transit, s. m., faculté de faire passer des marchandises sans payer de droits d'entrée: prononceztranzite, et nontrancitenitranzi.

Translater, v. a., traduire d'une langue en une autre: ce mot est vieux (Acad.); on dit plus communément aujourd'huitraduire.

Transvider, verser une liqueur d'un vase dans un autre: ce mot n'est pas français; il faut diretransvaser.

Trappe.—Ce mot n'est pas français, dans le sens desouricière, ratière, taupière, etc., instrument dont on se sert pour prendre les souris, les rats, les taupes. (Wall.)

Travailler, v. a. et n.—Ne dites pas,il a travaillé longtemps après cet ouvrage; dites,... à cet ouvrage. (Fland.)

Travers.—A travers, au travers, loc. prép.—La première est toujours suivie d'un régime simple, et l'autre, de la prépositionde:à travers les champs, au travers des champs.—A traversdésigne un passage libre, tandis queau traversindique qu'il y a des obstacles à surmonter pour se frayer un passage:à travers la route,au travers des ennemis.—Mais l'Académie fait remarquer que cette distinction n'est pas toujours observée:on ne voyait le soleil qu'à travers les nuages, qu'au travers du brouillard.

Traverse, s. f.—Ne dites pasun chemin de travers, mais,un chemin de traverse, pour signifier un chemin particulier qui conduit à un lieu où ne mène pas le grand chemin ou qui est plus court que ce grand chemin.

Traverser, v. a.—On ne dit pastraverser un pont, maispasser un pontoutraverser la rivière:—traverser un pont, en effet, c'est passer du côté d'amont à celui d'aval, ou réciproquement, et non suivre le pont dans sa longueur.—Cette observation s'applique également aux rues, aux chemins, tandis qu'au contraire, une place peut être traversée dans tous les sens.

Trayer,triller, trayage, trillage, choisir ou l'action de choisir, entre plusieurs choses, les meilleures seulement: ces mots ne sont pas français; ditestrier, triage.—Chercher dehors, pourtrier, est un flandricisme.

Trébucher, est un verbe neutre qui ne peut pas s'employer pronominalement;se trébuchern'est pas plus français quese tomberouse marcher:—il ne peut pas faire un pas sans trébucher(et nonsans se trébucher.)

Trèfle, s. m., plante ou l'une des quatre couleurs du jeu de cartes; ce mot est masculin:voilà de beau trèfle; je joue du trèfle.—Prononceztrè-fleet nontrè-fenitrè-fèle.

Trémontade, n'est pas français: voyeztramontane.

Trente et un: prononceztrenté unet nontrenté iun;—prononcez de mêmevingt et un, quarante et un, etc.—Voyeznombre.

Très, ne se joint qu'à un adjectif, à un participe ou à un adverbe, et non à un substantif; on ne doit pas dire:j'ai très-faim, très-soif, très-raison, très-peur; il est très-matin, etc.; il faut dire,j'ai bien faim, fort soif, extrêmement, terriblement faim, soif, etc.

2. Remarquez quetrèsdoit toujours être joint, par un trait d'union, à l'adjectif, au participe ou à l'adverbe:très-riche, très-aimé, très-bien. (Acad.)

Trésoriser: voyezthésauriser.

Tressauter, n'est pas français; dites donc,ce coup de fusil ma fait tressailliret non,tressauter.

Tricheur,tricheuse, celui, celle qui triche, qui trompe au jeu:trichardn'est pas français.

Tricoises, s. f. pl., tenailles dont se servent les maréchaux pour ferrer et déferrer les chevaux. (Acad.) Dans les autres acceptions, ditestenailles. (Wall.)

Triennal, ale, adj., qui dure trois ans:période triennale;—prononcez les deuxnn,trien'nal.

Trimbaler, v. n., mener, conduire, faire courir, etc.; ce mot est trivial.

Trimer, v. n., marcher vite et avec fatigue; ce mot est très-populaire; dites,se tuer à marcher, à courir, à faire des courses.

Tringle, s. f., verge de fer: prononceztrin-gleet nontringuenitrin-guèle.

Trio, s. m., musique à trois parties; au pluriel,trios.

Tripotier, ière, s., celui, celle qui tripote, intrigant, intrigante:—tripoteurn'est pas français.

Triste, adj.—Un triste caractère, est un caractère avec lequel on ne peut pas vivre;un caractère triste, est celui qui est porté à la tristesse.

Triumvir, s. m., un des trois magistrats chargés de l'administration dans l'ancienne Rome:—prononceztriomevir; prononcez de mêmetriumviral, triumvirat. (Acad.)

Troc, s. m., échange de meubles, de nippes, de chevaux et autres choses semblables:faire un troc avec quelqu'un.—Prononceztroqueet nontro.

Trognon, s. m., le cœur, le milieu d'un fruit dont on a ôté tout ce qu'il y avait de meilleur à manger; il se dit principalement des poires et des pommes.—Le trognon d'un chou, un trognon de chou, est la tige d'un chou dont on a ôté les feuilles.—Ne dites pasrognondans ce sens.

Trois-pieds, n'est pas français; ditestrépied.

Trombone, s. m., espèce de grande trompette; on donne aussi ce nom à celui qui joue cet instrument: ce mot est masculin dans ces deux acceptions:le son du trombone est grave; le premier trombone de l'harmonie.

Trompette, est masculin, quand il désigne celui qui sonne de la trompette:le trompette de telle compagnie.—Il est féminin dans les autres acceptions.

Tronc, s. m.; boîte placée dans les églises pour recevoir les offrandes des personnes charitables: prononceztronet nontronke.—Le motbloc, employé pourtronc, n'est pas français.

Trône, s. m., siége royal: prononceztrône(ôlong) et nontrone(obref).

Trop, adv.—Ne dites pas,il est trop courageux que pour se rendre; dites,il est trop courageux pour se rendre.—On ne prononce lepdetropque pour faire la liaison devant une voyelle ou unehmuette:trop avare(ne dites pastro-z'avare).

Trotte, s. f., espace de chemin; ce mot figure dans le dictionnaire de l'Académie comme terme populaire:il y a une bonne trotte d'ici là.—Il est mieux de diretraite, course:il y a une bonne traite, une longue course d'ici là.

Trouée, s. f., ouverture, espace vide dans un bois, dans une haie, etc.; ce mot est français:il est facile de faire une trouée dans ce bois; dans cette haie il y a une trouée par où nous pourrons aisément passer.—Prononceztrou-é(élong) et nontrou-wénitrou-wéïe.—Voyezue,oue,ie,é, 2.

Troupe, s. f.—En parlant de quelqu'un qui est au service, dites:il est dans les troupeset non,dans la troupenià la troupe.

Trouver bon,trouver mauvais, approuver, désapprouver, etc., sont des expressions correctes. (Acad.)

Truand, ante, s., vaurien, vagabond, qui mendie par fainéantise:cet homme est un vrai truand.—Ce mot est substantif, et ne peut s'employer comme synonyme deparesseux, indolent; du reste, il est populaire et peu usité, dit l'Académie.—Prononceztru-andet nontru-want.—Voyezoue,ue.

Truc, s. m.Avoir le truc, avoir l'art, le secret, le talent, être habile, rusé:il a le truc, il s'en tirera bien.—Ce mot est populaire et sent un peu l'argot.

Truelle, s. f.—Unetruelleest un instrument demaçon; il ne faut pas employer ce mot comme synonyme depelle.—Prononceztru-elleet nontru-welle.

Truffe, s. f., légume très-savoureux et très-odoriférant; écrivez et prononceztruffeet nontruffle.

Trumeau, Glace.—La partie du mur comprise entre deux fenêtres se nommetrumeau; il se dit aussi des glaces, ordinairement hautes et étroites, qui se mettent entre deux fenêtres ou qui sont placées au-dessus d'une cheminée.

Tsar.Voyezczar.

Tu-autem, s. m., expression latine dont on se sert pour dire, le point essentiel, le nœud, la difficulté d'une affaire:c'est là le tu-autem.—On ne l'emploie pas au pluriel: prononceztu-autème.

Tuer,tueuretc.—Prononceztu-er, tu-eur, je tû, et nontu-wer, tu-weur, je tu-we.—Voyezoue,ue.

Tuile, s. f.—Ditesun toit couvert en tuilesoude tuileset nonun toit couvert en pannesoude pannes: ce dernier mot est flamand.—Prononceztu-ile, et nontou-ile.—Voyezui.

Tulle,s. m., sorte de tissu en réseau, très-fin; ce mot est masculin:du tulle brodé.

2.Tulle, pierre tendre, rouge, propre à marquer: ce mot est wallon et se rend en français par,craie rouge.

Tumulte, s. m., grand mouvement accompagné de bruit et de désordre; prononcez letfinal:tumulteet nontu-mule.—Voyezfinales, 2.ett.

Tuser, mot wallon qui signifie, penser, réfléchir, être absorbé par une idée;—il va sans dire qu'on ne peut pas l'employer en parlant français.

Tutti, terme de musique; prononcez les deuxtt, tut'ti.

Tuyau, s. m.: prononceztui-iauet nontu-iau.

Typhus, s. m., maladie contagieuse: prononceztyphuce.

Tyran, s. m.—On dit aussiune femme tyran domestique.

Tzar, s. m.: voyezczar.

Ubiquiste, s. m., docteur en Sorbonne non résident;—homme à qui les lieux sont indifférents, qui se trouve bien partout: prononcezubikuiste(la diphth.uise fait sentir) et nonubikisteniubikouisteniubikuisse;—prononcez de mêmeubiquitaire, ubiquité.

Ue, uer.—En général les wallons prononcent mal ces sortes de syllabes, en intercalant abusivement unwentre l'uet l'e, er; ainsiavenue, cohue, vendue, contribuedeviennentavenu-we, cohu-we, vendu-we, contribu-we; de mêmeattribuer, puer, continuer, se prononcentattribu-wer, pu-wer, continu-wer.—C'est là une faute grossière de prononciation:uedoit se prononcer simplementulong:avenû, cohû, vendû, contribû: en appuyant sur l'usuivi d'unemuet, on le distingue suffisamment d'ununon suivi d'uneet que l'on fait bref.

2. De même les syllabesuer, uet, ué, uez, ua, uan, uo, etc., doivent conserver leur prononciation naturelle et ne pas se transformer enu-wer, u-wé, u-wez, u-wet, u-wa, etc.: prononcez doncattribu-er, évalu-é, vous contribu-ez, mu-et, continu-ation, évalu-ation, du-oet nonattribu-wer, évalu-wé, vous contribu-wez, mu-wet, continu-wation, évalu-wation, du-wo.—Le défaut de prononciation que nous signalons, est extrêmement grossier, quoique pourtant il soit très-commun dans les provinces wallonnes; nous devons en dire autant du défaut suivant.

3. Les mêmes observations s'appliquent à la prononciation du latin: vous direz donctu-us, su-us, sensu-um, defectu-i, cu-i, tribu-o, tribu-i, etc., etnontu-wus, su-wus, sensu-wum, defectu-wi, cu-wi, tribu-wo, tribu-wi.

Uhlan, s. m.—L'uest aspiré; on écrit aussihulanethoulan(Acad.): espèce de lancier dans l'armée autrichienne.

Ui.—Généralement les wallons ne font aucune différence enuietouiet prononcent de la même manièreLouisetlui,Huyetoui,fouiretfuir; c'est un défaut dont il importe souverainement de se corriger.—Conservez donc à la diphthongueuison véritable sonui(u-i) et ne la métamorphosez pas gauchement enoui(ou-i), ce qui est tout différent.

Ultimatum, s. m., dernière condition d'un traité;, il n'a point de plur.—Prononcezultimatome.

Umble, s. m., poisson qui ressemble beaucoup à la truite: on prononceomble, mais on dit et l'on écrit communémentombre, ombre-chevalier.

Un, une, adj. num. card.—Il s'emploie souvent comme substantif, et alors il ne prend point d'sau pluriel:trois un de suite font cent onze.—Le masculinunse prononce à peu près comme s'il y avaiteunet le fémininunese prononceu-ne:un jardin, un héros, une table, etc.—Devant une voyelle ou unehmuette,unse prononce aussieun, mais on le joint par une autrenau mot suivant:un oiseau, un homme(eun-noi-seau, eun-nhomme et non pas,u-noiseau, u-nhomme).—Dans les locutionssur les une heure, vers les une heure, l'sde l'article pluriellesne doit point se joindre à l'adjectifune; on prononcesur lè une heure, vers lè une heure: la raison en est que cet article pluriel n'appartenant point au substantifune heure, mais à un substantif pluriel sous-entendu, tel queenvirons, moments, etc., il repousse le singulierune.

2.L'un et l'autre, l'un ou l'autre, etc., se prononcentl'eun-net l'autre, l'eun-nou l'autre, ou bien sans joindre l'naux motset, ou. Mais lorsquel'unestséparé del'autrepar d'autres mots que les conjonctionset, ouet que la prépositionà, l'ndel'unne se fait point sentir devant la voyelle du mot qui suit: ainsil'un est riche, l'autre est pauvre; l'un aime à lire, l'autre à jouer, ne se prononcent pointl'eu-nest riche, l'eu-naime à lire, etc.

3.Un chacun: voyezchacun.

4.Un.Ne dites pas:c'est un de Verviers; dites,c'est un Verviétois, c'est quelqu'un de Verviers.

5. Ne dites pas:monsieur Pierre est de ceux qui fut décoré; dites,un de ceux qui furent...

6.Un, premier.—On ditle premier janvier, le deux, le trois, le dix janvier; on dit de mêmeLéopold premier, Philippe deux, Philippe trois, Philippe cinq:—en vers cependant on peut direseconddans ce dernier cas:François second.

7. Ne dites pas:l'un jour ou l'autre, j'irai vous voir, dites,un de ces jours-ci...

8. Ne dites pas:l'un jour il est gai, l'autre jour il est triste; dites,un jour il est gai, l'autre jour il est triste.

9. Ne dites pas:j'ai vu un qui était original; dites,j'en ai vu un(s'il y a un substantif exprimé précédemment), ouj'ai vu un homme, j'ai vu quelqu'un...

10. Ne dites pas:je lui ai expédié un cinquante kilogrammes; ôtezunet dites,je lui ai expédié cinquante kilogrammes.

11. Ne dites pas:c'est un des plus éloquents prédicateurs que nous avons; dites,... que nous ayons.

12. Ne dites pas:il n'y en avait pas un qui comprenait; dites,... qui comprît.

13. Ne dites pas:l'un ou l'autre de mes amis vient me prendre; dites,un de mes amis vient me prendre.


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