BOCHE (s'en donner une), manger avec excès.
BOCHU, bossu.P.
BOIRE (à), cidre. Ex.: Veux-tu du vin, de la bière, etc.?—Non, je veuxà boire.
BOIS (couteau de), eustache.
BOISE, gros morceau de bois, poutre.H.-N. P.
BOISETTES, menues branches que les pauvres gens ramassent dans les bois et forets. On dit en parlant d'un petit feu: C'est un feu d'prête, un tison et deuxboisettes.
BOISSON, cidre auquel on à ajouté de l'eau.H.-N.
BON-JOUR, communion pascale. Ex.: Il fera demain sonbon-jour.P.
BONNEMENT? est-ce vrai?
BOQUET, pommier qui n'a pas été greffé.P.
BOQUILLON, bûcheron.P.
BORDILLER, être près de. Ex.: Il doitbordiller60 ans, c'est-à-dire avoir près de 60 ans.
BOS, bois.P.
BOSCO, bossu (mot injurieux).P. B.-N.
BOSSIAU, boisseau, mesure pour les grains. On appelleboisseau rezcelui qu'on emplit jusqu'au bord, etboisseau comble, celui dans lequel on verse autant de grain qu'il en peut contenir. Cette distinction était connue au moyen-âge. Voici les anciens boisseaux en usage dans le pays de Bray, en prenant pour base le pot d'Arques, qui vaut en litre 1,824; Argueil, 18 pots 1/25; Aumale, 11 ¾; Blangy et Gaillefontaine, 12; Foucarmont, 11 ¼; Gournay et Saint-Saens, 18; Grandcourt, 11; Neufchâtel, 12 ¼.
BOTTER. On dit de la boue et surtout de la neige, qu'ellebotte, quand elle s'attache à la semelle des chaussures.H.-N.
BOUCAN, bruit, dispute.P.
BOUCAN (chercher, engendrer), susciter une querelle.
BOUCANE, maison de chétive apparence. Ce mot vient deboucan, bordel. C'est à cause de la mauvaise acception de ce dernier mot qu'un cordelier de Dijon, nomméBoucan, changea son nom et se fit appeler Beauchamp.
BOUCANER, quereller. Se dit aussi d'un fumeur qui aspire beaucoup de fumée à la fois.
BOUCAR, bocal, carafe à mettre du cidre ou des fruits à l'eau-de-vie, tels que cerises, cacis, etc.
BOUCHE (être sur sa), être porté à la gourmandise.
BOUCHEROT, boucher qui vend de la viande de mauvaise qualité.
BOUCHIE, bouchée.
BOUCHIE (manger une), prendre un léger repas.
BOUDINÉE, totalité de boudin provenant d'un porc.
BOUFFÉE, accès de rage ou de colère.
BOUFFER, bouder.
BOUFFI (hareng), hareng qui a séjourné peu de temps dans la saumure.P.
BOUFRE! juron.H.-N.
BOUGONNER, gronder entre ses dents.
BOUGRE! juron fréquent parmi les gens de la campagne qui ajoutent souvent le mot sacré. Cette expression vient peut-être debulgarus, en conservant à l'usa prononciation.
BOUGRE (bon, mauvais), comme on dit: Bon diable, bon enfant.
BOUILLON, pluie.
BOUIS (dimanche du), dimanche des Rameaux; ainsi nommé, parce qu'on porte à la main dubouisbénit.
BOUJOU! bonjour! On emploie aussi ce mot substantivement pour désigner la visière d'une casquette.
BOULE, pâte renfermant des pommes ou des poires cuites au four.
BOULE (perdre la), radoter, devenir fou.
BOULOCHE. Voy.Boule.
BOUQUER. En parlant des abeilles qui se groupent à labouquede la ruche, avant d'essaimer.
BOUQUETS, nom générique par lequel on désigne toute espèce de fleurs cultivées dans un jardin.
BOUQUET-D'HIVER, bouquet de fausses fleurs.H.-N.
BOURBE, boue.
BOURE, femelle du canard.H.-N. B.-N.
BOURIQUE, âne.H.-N.
BOURILLER, faire des bourées.
BOUROTER (se), marcher lentement comme uneboure.H.-N.
BOURSICOT, bourse.P.
BOUSA, BOUSE, BOUSÉE, Excréments de la vache.
BOUSIN, grand bruit, tapage.P.
BOUSTIFAILLE, bonne chère.P.
BOUT DE CHAMP (à tout bout de), a chaque instant.P.
BOUT D'HOMME, petit homme.P.
BOUT EN BOUT (tout de), entièrement.P.
BOUT-RABATTU, croupe, toit qui se prolonge au-delà du bâtiment, sans support partant du sol.H.-N.
BOUTER, mettre,B.-N. P.
BOYERS, boues des rues.
BRACHE, brasse.P.
BRACHIE, brassée. Comme on le voit, le mot patois se rapproche davantage de son origine,brachium.
BRADER, vendre à trop bas prix.P.
BRAIES, culottes.P. B.-N.
BRAILLER, s'habiller avec prétention, porter des vêtements au-dessus de son état de fortune.
BRANDI (tout), tout entier.
BRANDILLER, remuer de côté et d'autre.
BRANLER, remuer.H.-N.
BRANNER, branler, remuer.
BRANQUE, branche.P.
BRAQUE (personne), vive et irréfléchie.P. B.-N.
BRASSER, faire, agir. Se prend souvent en mauvaise part.P.
BRAVE, bon, probe. S'emploie aussi comme synonyme deendimanché.
BRÊLÉE, mélange d'orge et d'avoine qu'en sème au printemps.P.
BRÊLES, Voy.Braies.
BRÈQUE, ouverture.P.
BRÈQUE-DENTS, personne à laquelle il manque des dents.B.-N.
BREUILLES, intestins d'animal.H.-N.
BRICOLE, espèce de licou qu'on met aux vaches pour les empêcher de brouter les arbres.
BRICOLER, aller de côté et d'autre; entreprendre plusieurs ouvrages et n'en finir aucun.
BRIÈRES, bruyères,H.-N.
BRIMBALLER, sonner les cloches sans goût et sans mesure.
BRIMBORIONS, bagatelles, petits morceaux du rubans, soieries, etc.
BRIN, pas du tout. Ex.: Il n'abrind'esprit.
BRINCHE, brins de bouleau dont on fait des balais.
BRINGAND, brigand.
BRINOTER, manger peu et sans faim.
BRIOCHE (manger de la), vendre à des conditions moins avantageuses que celles qu'on avait d'abord refusées.H.-N.
BRIT, bruit.
BRONGNES, tétins de truie.
BROQUE-A-Z'YEUX (ne voir), être dans une obscurité complète.H.-N.
BROSQUINS, brodequins.
BROSSE (ça fait), c'est une espérance déçue.B.-N. P.
BROSSEE, rossée.
BROSSER, donner unebrossée.P.
BROU, guy.H.-N.
BROUACHINAGE, bruine, pluie fine.
BROUACHINER, bruiner.
BROUAS (enfant), qui a la figure sale.
BROUEE, écume, mousse.
BROUER, mousser.
BROUET, épidémie. Ex.: Les enfants sont malades;c'est un brouet qui court.
BROUILLARDER, bruiner.
BROUIR, aller trop vite.H.-N.
BROUSTILLES, menu bois qu'on recueille dans les forêts. Un acte de 1330 parle d'une terreoù il croist des bissons et brostilles(Études sur la condition, etc., par M. L. Delisle, page 278).
BRU, nouvelle mariée.
BRUCHER, broncher.H.-N.
BRULE-FER, mauvais forgeron.
BRULE-GUEULE, pipe dont le chalumeau est très-court.
BRUMAN, nouveau marié, homme de la bru.B.-N.En anglais,man, signifie homme.
BU (homme), ivre.B.-N. P.
BUÉE, vapeur qui s'échappe d'un liquide en ébullition.
BUETTE, petite ouverture dans une muraille on une couverture.
BUHOT, corne de bœuf que les faucheurs placent à leur ceinture et dans laquelle ils mettent du grès écrasé, de l'eau et la pierre à affiler. Il n'est plus guère en usage.
BUQUER, frapper. Un jour deux enfants répondaient à une basse messe. Après leDomine, non sum dignus, au moment où les servants présentaient déjà chacun sa burette au célébrant, une personne se présente pour communier. L'un des enfants donne le voile de communion, et l'autre prend une burette de chaque main et se met à dire leConfiteor. Mais, arrivé aumeâ culpâ, un embarras se présente: comment se frapper la poitrine? Alors, ouvrant les bras et avançant le ventre vers son camarade:Buque su m'panche!lui dit-il,buque su m'panche!
BUQUETTE, courte-paille.P.
BUTIN, mobilier de peu d'importance.H.-N.
BUTTE, bouchon qui sert à un jeu qu'on appellela butte. Ou dit aussijouer au bouchon.
BUTTÉE, argent placé sur labutte.
BUVABLE, potable.
CABAS, meuble grossier et de grande dimension. Ex.: Que ferez-vous de cecabasde buffet?B.-N.
CABEUIL, crasse produite par la graisse et l'huile qu'on met entre l'essieu et la roue d'une voiture.
CABOCHARD, entêté.H.-N.
CABOCHE, tête dure.H.-N. P.
CABROUET, espèce de petite charrette sans ridelles.
CACA (faire), du latincacare.
CACHARD (cheval), paresseux.B.-N.
CACHE, CHASSE, bout de ficelle qu'on met à l'extrémité du fouet et qui sert à le faire claquer.
CACHE (vache en), vache en chaleur.
CACHE-MONNÉE, garçon meunier qui parcourt les villages pour recueillir lesmonnées.
CACHE-MOUTE. V.Cache-monnée.
CACHER, CHASSER, faire marcher un animal devant soi, à coups de fouet ou de bâton.
CACHES (n'être pas au bout de ses), avoir encore beaucoup à faire ou à souffrir.P.
CACHEUX, chasseur.Cache-moute.
CACHOIRE (coup de), dernier verre de liqueur qu'on offre à ses convives au moment où ils partent.
CADESSIME, catéchisme.
CADET, homme sans gène et sans peur.
CADRER, s'entendre bien avec une personne, être en rapport comme le cadre et la gravure. Ex.: Ces deux hommescadrentbien ensemble.
CAFIGNONS, corne qui termine les pieds des vaches, chèvres, porcs, etc.
CAFOURET, petit appartement sale, dans un grenier ou ailleurs.H.-N.
CAFUTER, éloigner, renvoyer, chasser un animal.
CAGE (mettre en), mettre en prison.
CAGNE (vache), de couleur gris-clair.
CAGNOLE, tête; espèce decarcanpour les jeunes porcs.
CAHOTS, secousses que les voitures éprouvent dans les chemins raboteux.
CAHOTTEMENT, cahotage.
CAHOUETTE, petite corneille.
CAHUTTE, mauvais logement, taudis.P.
CAILLARD, caille trop jeune pour être tuée.
CAILLE (vache). V.Cagne.
CAINE, chaîne.P.
CAIRE, chaise.
CALBOTER (faire), laisser bouillir le lait jusqu'à ce qu'il soit caillé.
CALÉ (bien), habillé richement et avec goût.B.-N.
CALÉE, portée d'une chienne, d'une chatte, etc.
CALEMANDE, ancienne étoffe qui servait à faire des jupes; la chaîne était de laine et la trame de fil.H.-N.
CALENGER, marchander.B.-N. P.
CALER. Se dit d'une chatte qui fait ses petits; on le dit aussi des lapins, des chiens, etc. D'après M. A. de Poilly, ce mot viendrait du greckalià, un nid.P.
CALER BAS, céder, fuir.P.
CALEUSER, se livrer à la paresse.
CALEUSETÉ, paresse.
CALEUX, paresseux. Selon M. A. Le Prevost, ce mot provient de ce que les personnes indolentes étant sédentaires, finissent par avoir les fesses caleuses comme les singes.H. N.
CALIBERDAS (faire un), tomber avec grand bruit.
CALIÈVRE, genevrier.
CALIMACHON, limace.
CALIMACHON-A-HOTTE, limaçon à coquille.
CALIN, lieu où les vachescalinent.
CALINE, chaleur étouffante à l'approche de l'orage.
CALINER. Se dit des animaux qui se reposent à l'ombre dans les grandes chaleurs; vient decalor.
CALIPETTE, petit bonnet rond que les femmes mettent le matin et la nuit.P.
CALIT, mauvais lit qui se place dans les écuries et les étables pour les domestiques. Ce mot nous paraît signifierlit à cats, en ce sens que les chats vont souvent s'y coucher pendant le jour.P.
CALOGE, loge à chien.
CALOTTE, soufflet.
CALOTTES (donner une paire de), souffleter sur les deux joues.
CAMAILLER (se). Se dit des enfants qui se culbutent en jouant.
CAMPAGNE, plaine.
CAMPÉE (personne bien), d'une belle taille et qui se tient bien.H.-N.
CAMPS, champs.
CANCHELER, chanceler.P.
CANCHON, chanson, espèce de pâtisserie; pâte qui renferme des pommes hachées.
CANEÇON, caleçon.P.
CANEVIS, chenevis.
CANICHE. Voy.Caloge.
CANNE, cruche dans laquelle on tire du cidre pour le repas. En anglais,can.
CANNÉE, ce que peut contenir unecanne.B.-N.
CANNER, pleurer fort. Vient peut-être de ce que l'enfant, en pleurant ainsi, imite un peu le cri du canard ou celui du chien,canis, qui hurle.
CANNETTE, petitecanne.
CANT (de), de coté, incliné. Voy.Acanté.B.-N.
CANTINETTE, criocère; espèce de caléoptère qu'on trouve fréquemment sur les feuilles du lis, auquel les savants ont donné l'épithètemerdigera, afin d'indiquer que ce petit chanteur, qui amuse tant les enfants, fut d'abord un vers enveloppé de ses excréments; précaution de la nature, sans laquelle la larve du pauvre insecte fût devenue la proie des oiseaux. Ce mot semble venir decantitare, chanter souvent, ou decantilena, chansonnette.
CANVERSER, renverser en partie. Ex.: Prends garde de fairecanverserle plat.H.-N.
CANVRE, chanvre.
CAPET, chapeau. Dernièrement un bon paysan prenait place dans un des wagons du chemin de fer de Dieppe à Rouen. Au moment où la locomotive commençait à s'ébranler, notre homme mit la tête à la portière pour dire un dernier adieu à la personne qui l'avait accompagné.Hais! charretier! charretier! arrêtez donc!s'écria-t-il tout-à-coup;man capet, man capet que l'vent vient d'm'enlever.... Et b.... n'arrêtera pas, va!En effet, le charretier n'arrêta pas, et le paysan dut continuer son voyage sanscapet.
CAPITAINE-J'ORDONNE. Sobriquet qu'on donne à un maître ou contre-maître qui s'enorgueillit de son autorité. Le premier qui le porta fut le vice-amiral Lhermite, de Caen, au moment où il commandait la frégate de l'amiral Villarez-Joyeuse, à la mémorable action connue dans la marine sous le nom deGrand-Combat, et livrée le 1erjuin 1793. Différentes circonstances ayant rapport aux ordres qu'il fut obligé de transmettre, lui valurent le surnom assez burlesque deCapitaine-j'Ordonne(Revue de Rouen, t. IV, p. 92).
CAPOT ou CAPOTE, espèce de mante de camelot, à l'usage des femmes. On ne la porte presque plus.
CAPUCHIN, capucin.P.
CAPPE, cuiret qui retient labatteet lemaintientduflais. Jean de Garlande mentionne ainsi les parties du fléau:Flagellorum partes sunt manutentum, virga et cappa(Dictionnaire, noxlvj, p. 598).
CARAS, bergers. Ainsi dénommés parce qu'ils ont longtemps conservé la réputation de sorciers,caragi.B.-N.
CARBON, charbon; du latincarbo.P.
CARBONNIER, charbonnier.P.
CARCAILLOT, appeau pour appeler les cailles.
CARCAN, appareil en bois qu'on met au cou des cochons pour les empêcher de passer à travers les haies.
CARDON, chardon. Ce mot se rapproche plus que le mot français de son origine,cardo.P.
CARÉE, charrée.P.
CARÉSI, poires à brasser.
CARRETTE, charrette.
CARIAGE, charrol.
CARNAGE, charogne. Ce mot s'emploie aussi en mauvaise part. Ex.: Va-t-en, vieuxcarnage!
CARON, charron.
CARONGNE. V.Carnage.P.
CARPENTER, charpenter.P.
CARPENTIER, charpentier.
CARPIE, charpie.P.
CARPLEUSE, chenille. Vient du latincarnis pilosa, chair velue; en anglais,caterpilar.B.-N.
CARRE, coin, angle saillant d'une table ou autre meuble. Ce mot devrait peut-être s'écrire quarre, pourquarne, dequaternus; c'est l'un des quatre angles d'une carré qu'on appelle en françaiscarne.
CARRIAGE (chemin de), chemin où l'on passe en voiture.
CARRIAU, carreau de vitre; espace carre où l'on plante des légumes; maladie des enfants, dont quelques personnes prétendent guérir le malade en lui posant la main sur l'estomac. Ceux qui se livrent à cette pratique, dans le pays de Bray, se disent descendre de la famille de saint Martin. Aussi, chaque fois qu'on faittoucherun enfant, ne manque-t-on jamais de faire dire à son intention une messe en l'honneur de saint Martin, de Tours (Voir notreEssai sur le canton de Neufchâtel, page 7).
CARTRIE. Voy.Chartrie.
CARIER, charrier.
CARIER, grosse toile sur laquelle on place les cendres pour la lessive.
CARTI, corps d'un chariot ou d'une charrette sans ridelles.P.
CARTIER (faire), diriger les chevaux de manière à ce que les roues de la voiture ne suivent pas les ornières.
CARTRIE, lieu où l'on rentre les charrettes et autres voitures pour les mettre à l'abri de la pluie.P.
CARUE, charrue.P.
CAS, chaud, chaleur.
CAS QUE (en), au cas que, si.
CASAQUIN, camisole sans manches.
CASSE, espèce de caisse dans laquelle les domestiques placent leur linge et leurs vêtements.
CASSENOIX, nom généralement donné à la sistelle.
CASSETTE, ustensile en bois qui sert à retenir la crême dans les terrines, tandis qu'on laisse écouler le petit lait.
CASSINE, petite maison ancienne et incommode.P.
CASSIS, fossé pratiqué pour l'écoulement des eaux pluviales.
CASSISSIER, arbrisseau qui produit le cacis.
CASTEROLLE, casserole.H.-N. P.
CASTILLE, querelle, dispute.B.-N. P.
CAT, chat. Ce nom s'écrit ainsi dans plusieurs langues.P.
CATAIGNE, châtaigne.P.
CATAINIER, châtaignier.
CATAPLASSE, cataplasme.H.-N.
CATAU, fille de mauvaise vie.
CATÉCHISSE, catéchisme.
CATET (aller au), aller à Neufchâtel.
CAT-HOUANT, chat-huant.
CATOUILLER, chatouiller.
CATREUX, mauvais couteau, homme qui châtre les porcs.
CAUCHE-PIED, chausse-pied.
CAUCHER, chausser.P.
CAUCHES, chausses, bas.P.
CAUCHONS, chaussons.P.
CAUCHURES, chaussures.P.
CAUD, chaud.P.
CAUDET, un peu chaud, tiède.
CAUDIER, Voy.Lessive.
CAUDIÈRE, chaudière.P.
CAUDRON (jeu de), Collin-Maillard.
CAUDRONNÉE, ce que peut contenir une chaudière.
CAUFFER, chauffer.P.
CAUFOURNIER, chaufournier.
CAUSETTE, causerie familière.P. H.-N.
CAVÉE, chemin creux.P. H.-N.
CAYEU, moules. Ainsi nommées, parce qu'on en tire de très-bonnes du pays qui porte ce nom (Somme).
CÉLÉBRALE (fièvre), fièvre cérébrale.
CELLE FIN (à), afin que.
CELLES (les), celles.
CENSÉMENT, pour ainsi dire.
CENTAURE (voix de), voix de Stentor.
CENTINE, centime.
CERNE, cercle. Ce mot est surtout employé pour indiquer le cercle formé autour de la lune dans les temps brumeux.H.-N.
CERTAIN (un), assez grand. Ex.: C'est un homme d'un certainâge.H.-N.
CERTIFIS, salsifis.H.-N.
CÉS, ces.
CEUX (les), ceux.
CEUX-CHITE, ceux-ci, celles-ci.
CHA, ça, ce, ceci, cela.
CHABOT, sabot.P.
CHABOTER, faire du bruit en marchant comme si l'on avait des sabots.P.
CHABOTIER, sabotier.
CHABOULER, pousser rudement.H.-N.
CHACHAS, merle lytorne.
CHACUN (un), chacun.
CHA DÉPEND, peut-être.
CHAIRCUITIER, charcutier. Le mot patois se rapproche plus de la signification étymologique: marchand dechair cuite.
CHAMBE, chambre.
CHAMPART (blé), froment mêlé d'un peu de seigle.
CHAMPIGNON, pomme à cidre, tardive, très-bonne. Lui aurait-on donné ce nom parce qu'elle donne un excellent cidre, mousseux comme le vin de Champagne?
CHANGLE, sangle.
CHANGLÉ (être), perdre beaucoup au jeu.
CHANPLEURE et CHANPLURE, robinet, et non chantepleure, dans le sens attaché à ce mot.
CHANTIAU, chanteau, morceau de pain bénit qu'on offre à celui qui doit le rendre à sa paroisse le dimanche suivant. En Picardie, on nommecantieuun morceau de gâteau qu'une nouvelle mariée envoie à celle des jeunes filles du village qu'elle croit devoir se marier la première après elle (Glossaire du patios picard, par M. l'abbé Corblet).
CHAPIAU, chapeau.
CHARLOT, Charles.
CHARTRIE, lieu où l'on place les charrettes et autres instruments aratoires.
CHATIAU, château.
CHAUFETTE, chaufferette.
CHAVATE, savate.P.
CHAVETIER, savetier.P.
CHÉ, chair.
CHEIGNEUX, tablier de femme. Du latincingere, ceindre.
CHÉLER, celer, cacher.P.
CHÉLIER, cellier.
CHENELLES, fruits de l'épine blanche.H.-N.Les dictionnaires donnent le nom decenelleau fruit du houx.
CHENU (du), quelque chose de très-bon ou très-beau.P.
CHERCHER SON PAIN, mendier.H.-N.
CHERFEUIL, cerfeuil.P.
CHERFOUIR, cerfouir.
CHERVIAU, cerveau.
CHÉS, ces.
CH'EST, c'est.
CH'EST SELON, peut-être, ce n'est pas certain.
CHEUX, chez, ceux.P.
CHEUX-CHITE, ceux-ci, celles-ci.
CHEUX-LÀ, ceux-là, celles-là.
CHEVILLE, mesure de 12 pouces cubes, qui sert pour les bols de charpente. V.Marque.
CHIBOT, ognon dont les tiges sont encore vertes.
CHIBOULER, marcher sans précaution et renverser ce qu'on trouve sur son passage. En parlant d'un homme ivre, on dit aussi de sa démarche qu'il sechiboule.
CHICON, gros morceau de pain.P.
CHICOTER, marchander, importuner.
CHICOTIN, blague ou petit sac de peau, en forme de valise, dans lequel les fumeurs placent leur tabac.
CHIEN DE TERRE, larve du hanneton.
CHIFFONNER L'ESPRIT, inquiéter, contrarier.
CHIGNOLE, dévidoir.
CHIGNON, cheveux naturels et souvent postiches que les femmes font bouffer entre les deux ailes de leurpierrot.
CHIMETIÈRE, cimetière.
CHINGE, singe.
CHINQ, cinq.P.
CHINQUANTE, cinquante.
CHION, petite branche dont on se sert pour faire avancer les animaux ou corriger les enfants.P.
CHIONNER, frapper avec unchion.P.
CHIPOTER, chicaner en marchandant.P.
CHIPOTEUX, quichipote.P.
CHIPOTIER, VoyezChipoteux.P.
CHIPPER, pousser en cépée.
CHIQUE, gros morceau de pain ou de viande.
CHIQUER, manger beaucoup.
CHIQUET. Voy.Chique. Ces deux mots ont un grand rapport avec le verbedéchiqueter, faire deschiquets.
CHIRE, cire.P.
CHIRE-POIX,poixqui sert aux cordonniers à cirer leur fil.
CHIROT, sirop.
CHIROTER (faire), faire bouillir jusqu'à consistance de sirop.
CHIROTEUX, liquide épais comme du sirop.
CHITE, ici.
CHITRON, citron.P.
CHITROUILLE, citrouille.P.
CHIVIÈRE, civière.P.
CHOCHONNER. Se dit de deux petits cultivateurs qui réunissent leurs chevaux pour cultiver leurs terres.H.-N.
CHOMER, manquer de.H.-N.
CHOPEINE, chopine, mesure qui contient un peu moins d'un litre.P.V.PotetVelte.
CHOPER, heurter un caillou ou autre obstacle en marchant.
CHOQUER, trinquer, heurter les verres.B.-N.
CHORBER, broncher. Voy.Choper.
CHOU! CHOU! cri par lequel on chasse les poules et autres volailles.
CHOULE, fête populaire qui se tient, pendant le carême, dans les communes rurales; on y vend des noix, des gâteaux, du pain d'épice, etc. Ce nom vient d'un ancien jeu auquel on se livrait le jour du mardi-gras, et qui consistait à s'emparer d'une balle,la choule, pour l'emporter à un endroit convenu (Dictionnaire du patois normand, par M. M. du Méril, au motSoule). Le jeu de lachoule, qu'on appelle aussichole,cheole,sole,soule, etc., est encore en usage dans quelques localités de la Somme et du Pas-de-Calais. «C'est, dit M. l'abbé Corblet, une espèce de ballon rempli de son qu'on place sur la limite de deux villages, et que les habitants des deux communes poussent à coups de pied. La victoire appartient à ceux qui parviennent à le garder sur leur territoire (Glossaire du patois picard, au motChole).» Ce jeu était fort en vogue au XIIIesiècle et se terminait ordinairement par un banquet. Mais, comme ce banquet était assez souvent la cause de graves accidents, il fut interdit, en 1369, par Charles V. Selon les uns, le motchouleousouledériverait du celtiquehehaul, soleil; selon les autres, il viendrait de l'islandaissull, mêlée. Comme à Valogne, on donne à ce jeu le nom desavatte, parce qu'on joue avec le pied; nous croyons, avec M. Corblet, qu'il pourrait avoir de grands rapports avec le mot latinsolea, sandales, ousolum, plante du pied.
CHOULER, remuer, faire avancer. Ex.: Je ne puischoûlerce mauvais cheval.
CHOUQUE, souche, extrémité inférieure d'un arbre.B.-N.
CHOUQUET, bloc de bois sur lequel on coupe du bois, de la viande, etc.
CHU, ce.P.
CHUCRE, sucre.
CHUINTER, suinter.
CH'VA, cheval.
CIBOT, Voy.Chibot.
CIDE, cidre.
CIERGE DORMANT, gros cierge qu'on porte aux enterrements et que l'on place, à l'église, auprès du banc du défunt, après l'inhumation.
CISIAU, ciseau.
CISIAUX, ciseaux.
CITADELLE, grosse poire qu'on mange cuite ou en confitures.
CLAIRAUD, clairet.H.-N.
CLAIRE-VOIE, espèce de grille ou de balustrade.
CLAIRONNER, reluire.
CLAIRTÉ, clarté,H.-N.
CLAMPIN, qui marche difficilement; poltron.H.-N. P.
CLAPER, branler dans le manche. On dit aussi d'un homme maigre ou malade: Ilclapedans ses habits.
CLAPOT, petite lessive que les pauvres gens font chaque semaine.H.-N.
CLAPOTER, faire unclapot. Se dit aussi des enfants qui se salissent, en se jouant dans unvarpot.
CLAQUE-DENTS (trembler à), grelotter de froid.
CLAQUES, espèce de chaussures de femme.
CLAQUET, digitale pourprée. On lui a sans doute donné ce nom parce que les enfants s'amusent à faireclaquerles fleurs en frappant dessus, après les avoir remplies d'air.H.-N.
CLATRI, couché, caché dans l'herbe.
CLATRIR (se). En parlant d'un lièvre ou autre animal qui se couche dans l'herbe, de manière à s'effacer.
CLAVETTE, mauvaise langue. On dit en parlant d'une femme bavarde: Quelleclavette!
CLÉ (avoir perdu la), avoir la diarrhée.
CLÉ DES CHAMPS (prendre la), s'enfuir.
CLERGEAU, petit clerc, enfant de chœur.
CLICHER, frapper rudement une personne ou un animal.
CLIGNER, fermer un œil.H.-N
CLIMUCHETTE, cligne-musette.B.-N.
CLINCAILLER, quincaillier.H.-N.
CLIPSI, sauce trop claire.
CLIQUETER, agiter lescliquettesou lacliquette.
CLIQUETTE, clenche. En congédiant une personne à laquelle on défend de revenir, on lui dit: Tu peux baiser lacliquettede la porte.
CLIQUETTES, clochettes des frères de charité. Ce nom est très-commun dans les chartes des XVIeet XVIIesiècles.
CLONGNE, quenouille à filer. D'après quelques étymologistes, ce mot serait dérivé decolonne.
CLOPINER, boiter.
CLOPIN-CLOPANT, tant bien que mal.
CLOQUE, cloche.
CLOQUETEUX, celui qui marche en tête de la procession, en agitant lescloquettes.
CLOQUETTES, clochettes. On donne aussi ce nom à la plupart des fleurs campaniformes.
CLOU, furoncle.
CLOUPPER, glousser; cri de la poule qui demande à couver ou qui appelle ses poussins.
C'MENT, comment.
CO, chat; coq.P.
COCAR, œuf (terme enfantin.)
COCASSE, plaisant et ridicule.P.
COCHON, cloporte.
COCHONNAILLE, chair de porc, charcuterie.P.
COCHONNER, mettre bas; en parlant de la truie.
COCHONNER (se), s'enivrer au point de se vautrer dans la boue comme uncochon.
COCO, chaussure; œuf; expression enfantine. Autrefois les marchands d'œufs se nommaientcoconniers.B.-N.
CODAQUER. Se dit du cri de la poule quand elle vient de pondre ou quand elle est effrayée. En Picardie, on le dit du coq qui chante.P.
CO-D'INNE, coq d'Inde, dindon.
COEUR JEUN (à), à jeun.H. N.
COEUR DE JOUR (à), continuellement, du matin au soir.H.-N.
COEURU, courageux.B.-N.
COFFIN, cornet de papier. Vient peut-être du latincophinus, corbeille.B.-N. P.
COGNER, frapper fort.P.
COLAS, Nicolas.
COLÉREUX, colérique, porté à la colère.
COLIDOR, corridor.
COLLE, mensonge. En vieil anglais,collsignifiaittrompeur.B.-N. P.
COLLETER (se), se prendre au collet pour éprouver ses forces.H.-N.
COMBLE, longue corde dont on se sert pour maintenir les gerbes chargées sur une voiture.
COMME-CHI, COMME-CHA, ni bien, ni mal.
C'MENT, comme. Ex.: Il est bonc'mentson père.
COMME TOUT, beaucoup, extrêmement.P. B.-N.
COMPAS DANS L'OEIL (avoir le), avoir le coup-d'œil juste.
COMPTES (rendre ses), vomir.
CONDOS, accident de terrein entre deux pièces de terre; ce qui forme une petite élévation en forme de rideau.
CONFESSEUX, confesseur. Mot qui, soit dit en passant, semblerait mieux convenir au pénitent qu'à celui qui entend sa confession.
CONSÉQUENT, adjectif employé, même par des personnes qui ont reçu de l'instruction, comme synonyme de considérable, tandis qu'on ne devrait s'en servir que pour marquer une induction tirée d'un principe. Ainsi, au lieu de dire: Cet homme fait des affaires conséquentes, il faut direconsidérables. L'adjectifconséquentne peut être mis en usage que dans des phrases semblables à celle qui suit: Le philosophe doit être conséquent avec ses principes.
CONSOMMÉ, consumé, Ex.: Tout a étéconsommédans l'incendie.
CONTEPET, rapporteur de nouvelles, babillard qui raconte les choses de la moindre importance pour faire punir ses compagnons.
CONTRAIRE (bien du), bien au contraire.
CONTRE (tout), tout près.B.-N. P.
COPIN, dindon. On a dit que l'origine de ce nom venait de ce que le père Copin, jésuite, avait importé le premier dindon d'Amérique en France, vers 1670.
COPIN (grand), terme de mépris.
COPINIER, celui qui garde lescopinsdans les champs.
COQ, coquelicot.H.-N.
COQ, menthe des jardins.
COQ (chanter le). Se dit d'une poule qui imite le chant du coq; alors elle ne pond plus et on la tue.H.-N.
COQUENNE, espèce de viorne qu'on cultive dans les jardins sous le nom de boule-de-neige. On se sert des rejetons pour en faire des colliers qui, dit-on, préservent les jeunes chiens de la maladie. Selon M. L. Delisle, l'érable aurait été quelquefois appelécoquêne(Etudes sur la condition de la classe agricole, page 353).
COQUERON, petitcoquet.
COQUET, petite veillote; petit coq.
CORAPRENANT, crêpes. Se dit pourcarême-prenantparce qu'on en fait beaucoup à l'approche du carême.
CORDE, mesure de bois à brûler formant à peu près deux stères.
CORDER, mettre en corde.
CORDES EN BRANLENT (les), pour dire qu'une chose va arriver. Ex.: Il n'est pas encore deux heures, maisles cordes en branlent.H.-N.
CORE, encore.P.
CORET, encrier de corne.
CORNAILLES, pommes à cidre, précoces, de mauvaise qualité.
CORNAILLES, nom par lequel on désigne toute espèce de corneilles et de corbeaux.
CORNICHON, espèce de pomme de terre qui a la forme des petits concombres qu'on fait confire dans le vinaigre. On emploie aussi ce mot, en mauvaise part, en parlant d'une personne. Ex.: C'est uncornichon.
CORNOITE, espèce d'échaudé formé d'une pâte tressée et très-légère.
CORPORANCE, corpulence.
CORSELET, corset.H.-N.
CORSET, jupe.H.-N.
COS, cou.
COS (n'être pas lourd à), être souffrant et chétif.
COS (tirer du), vomir.
COSSART, colza.H.-N.
COSSU, homme riche, opulent.P.
COTENT, content.H.-N.
COTRET (huile de), coups de bâton. Ex.: Donnez-lui de l'huile de cotret, s'il va mal.
COUANNE, couenne.H.-N.
COUCHETTES, langes.
COUCOU, expression employée quand on éteint une chandelle ou une lampe.
COUCOU (bran de), gomme qui découle du merisier. Les enfants s'imaginent que c'est l'excrément du coucou.
COUDRE, coudrier.
COUINCHE, homme rusé, qui manque de franchise.
COULAGE, détournements, soustractions, dissipations qui se font dans une maison, par défaut de soin et de surveillance.H.-N.
COULANT D'EAU, fossé servant à l'écoulement des eaux.H.-N.
COULAS, Nicolas.
COULEUX, filtre en crin ou en toile claire qui sert à passer le lait quand on vient de le traire.
COUP (à), en temps opportun.B.-N.
COUP (donner un), causer une surprise pénible.H.-N.
COUP-D'A-CHEVAL, verre d'eau-de-vie qu'on prend au moment de monter à cheval.
COUPLET, cime d'un arbre, faîte d'un édifice.B.-N. P.
COUR, enclos dans lequel se trouvent les bâtiments et les bestiaux d'une ferme.H.-N.
COURAIE, intestins d'un animal; ce qui comprend le cœur, le foie, les poumons, etc.
COUREUX, porc qui vit en liberté en attendant qu'on l'engraisse pour la boucherie.H.-N.
COURIACHE, coriace, fort, vigoureux.P.
COURIAS, Voy.Couriache.
COURIETTE, lanière de cuir qui sert de cordon aux souliers ou qui se trouve à la poignée d'un bâton de voyage.
COURIR. Se dit d'un vase qui laisse échapper le liquide.H.-N.
COURS DE VENTRE, diarrhée.
COURTE BOTTE, petit homme. Guillaume-le-Conquérant avait donné lui-même ce sobriquet à son fils Robert.H.-N.
COUTEAU (pommes à), pommes de dessert.
COUTE QUI COUTE, coûte que coûte.
COUTET, couteau.
COUTEUX, dispendieux; irritable, d'une humeur difficile.H.-N.
COUTIAU, couteau,P.
COUTIAUX, rayons de cire et de miel formés par les abeilles.
COUTRE, bedeau.
COUTURIER, tailleur.H.-N.
CRACHE, crasse, graisse.P.
CRACHÉ (tout), d'une parfaite ressemblance. En parlant d'un portrait bien exécuté, on dira du sujet qu'il représente:C'est lui tout craché.
CRACHINAGE, pluie fine.B.-N.
CRACHINER. Se dit d'une pluie fine qui tombe avec peu d'abondance.
CRACHOTTER, cracher fréquemment.
CRAIRE, croire.
CRAMILLIE, crémaillière.
CRAN, entaille.
CRANE, bon, beau. Ex.: Voilà decrânebière.
CRANE, fier.B.-N.
CRANE (faire son), faire l'important.
CRANQUE, crampe.
CRAPE, salissure.
CRAPEUX, sale.P.
CRAPOUD, crapaud.
CRAPU (homme), trapu.
CRAQUER, mentir.B.-N.
CRAQUEUR, menteur.
CRASSETTE, pomme à cidre.P.
CRAVACHONNIER, prunier non greffé.
CRAVACHONS, prunes sauvages.
CRÉMILLIE, crémaillière.
CRÉMILLIE (pendre la), donner à dîner à ses amis quand on habite une nouvelle maison.
CREMILLON, petitecrémillie.
CRÉPETTES, pâte très-délayée, composée de farine, d'œufs et de lait, qu'on fait cuire dans une poêle, à l'époque des Rois et du mardi-gras.
CRÈQUES, fruits de l'épine noire.
CRESSANE (poires de), poires de crassane.
CRÊTELER. Se dit d'une femme qui parle haut et crie comme une poule.
CRÉTIR, frissonner.H.-N.
CRÉTON, résidu du suif quand il est fondu et pressé; c'est une excellente nourriture pour les chiens.
CRÉVÉ, fatigué, épuisé par le travail. S'emploie encore comme synonyme demort, en parlant des animaux. On s'en sert aussi, en mauvaise part, en parlant des personnes. Ex.: Il estcrévécomme un chien.
CRÉVER, mourir.
CRÉVON, chevron.H.-N.
CRI, chercher, quérir. Ex.: Allezcridu pain.
CRIGNIACHE, chevelure mal soignée.B.-N.
CRIGNES, mauvaises herbes qui s'accrochent aux dents des herses.
CRIQUET, grillon.
CRISTÈRE, clystère.
CROCHE, crosse.
CROCHER (se), se donner le bras en promenade.
CROCHUIRE, rendre une chose crochue.H.-N.
CROCS. On désigne sous ce nom les dents des chiens, chats, loups, renards, etc.
CROTE, croûte.
CRUCHE, croissance, en parlant d'un enfant. Ex.: Il a fait sacruchetrop vite.
CRUE. Voy.Cruche.
C'T', cet, cette, devant une voyelle.
C'TE, cette, devant une consonne.
C'T'ÉLA, celle-là.
C'T'ILA, celui-là.
C'T'ICHITE, celui-ci, celle-ci.
ÇU, ce.
CUIROT, morceau de cuir qui supporte le battant des cloches.
CULAS, bâtiments où l'on engrange les gerbes de blé, d'avoine, etc. Ce mot se trouve dans un acte de 1395 (Notes sur les communes de l'Eure, par M. A. Le Prevost, p. 97).
CULEUVRE, couleuvre.H.-N.
CULOT, cul d'un enfant; ce qui reste de tabac au fond de la pipe.
CULOTTE (faire une), gagner sans interruption trois parties de domino, de cartes.
CULOTTE (avoir, se donner une), se soûler.
CULOTTES (mes), ma culotte, quand il ne s'agit que d'une seule.
CURAI, curé.
CURAI (monsieur le), nom qu'on donne à tout ecclésiastique revêtu d'une soutane.
CURIOSITAI, curiosité.
D', de.P.
DADA, cheval; expression enfantine.
DALE, évier, lien où on lave la vaisselle et d'où l'eau s'écoule par un trou pratiqué dans la muraille.P. B.-N.
DALOT, petit conduit pour l'écoulement des eaux.H.-N.
DAMAGE (c'est), c'est fâcheux.
DAME, femme de qualité ou qui affecte des manières hautaines. Ex.: Elle fait ladame.
DAN-DAN (aller au). Se dit aux petits enfants pour signifier: Aller aux offices de l'Eglise. C'est une onomatopée formée par allusion au son des cloches.
DANSPAROU, ou, à quel point, à quelle place. Ex.:Dansparouas-tu fauché?
DARDILLON, aiguillon d'une boucle.
DAUBÉE, volée de coups de bâton.B.-N.
DAUBER, donner unedaubée.
DAUDINER (se), se dandiner.
DÉBAGOULER, vomir.H.-N.
DÉBALLER (se), se décourager.
DÉBARRAS, cessation d'embarras. Ex.: Il est parti, c'est un bondébarraspour moi.H.-N. P.
DÉBAUCHER (se), se décourager.H.-N.
DÉBATISER (se), se donner beaucoup de peine pour faire croire ou comprendre une chose.
DÉBERNÊQUER, démonter, renverser, tirer d'un mauvais pas.B.-N.
DÉBILLER, déshabiller.P.
DÉBISTRAC, en mauvais état.
DÉBINE (être dans la), être à moitié ruiné.P. B.-N.
DÉBITER DU BOIS, le scier, le préparer pour la charpente, la menuiserie, etc.H.-N.
DÉBLAI (bon). Voy.Débarras.P.
DÉBLOUGUER, déboucler.
DÉBOULER, quitter son gîte. Ex.: Il m'adébouléun lièvre aux pieds.B.-N.
DÉBRICOLER, ôter la bricole d'une vache.H.-N.
DÉBUQUER, partir, sortir.
DÉCAINER, déchaîner.P.
DÉCALIFOTER, ôter une noix ou autre fruit de son enveloppe.
DÉCANILLER, décamper, fuir comme un chien.B.-N. P.
DÉCARCANER, ôter lecarcand'un cochon.H.-N.
DÉCARÊMER (se), prendre un bon repas après le carême.P.
DÉCARPILLER, séparer, démêler.P.
DÉCAUCHER, déchausser. Se dit aussi des chevaux qui perdent leurs dents de lait.
DÉCESSER (ne pas), ne pas cesser. Ex.: Il nedécessede pleurer.P. H.-N.
DÉCLAQUER, tomber rudement; parler sans ménagement.P.
DÉCOCTION, maladie.H.-N.
DÉCOMMANDER, contremander.
DÉCOMPOTER, changer le temps de l'engrais des terres et le mode des semences.P.
DÉCONFORTER (se), s'affliger outre mesure.P.
DÉCRAMPIR (se), se délasser.P.
DÉCRAPÉ, nettoyé. Se dit aussi d'un enfant malheureux qui prend des habitudes de propreté.
DÉCRAPER, nettoyer.P.
DÉCROUER, tomber ou faire tomber de haut.B.-N.
DÉDRAGUER, délayer, réduire en marmelade.
DÉCULOTTER (se), se dit d'un homme qui se sépare de biens d'avec sa femme pour éviter la poursuite des créanciers. L'épouse administre alors en son nom, et les créanciers n'ont plus aucun recours. Souvent cette formalité n'est pas exempte de fraude, et c'est ordinairement l'art légal de ne point payer ses dettes.
DÉFAIRES, habits qui ne servent plus et qu'on donne aux malheureux.H.-N.
DÉFAITE (animal de), facile à vendre.H.-N.
DÉFECTIF (enfant ou animal), dissimulé, qui a des défauts.H.-N.
DÉFICELER, délier ce qui est lié par une ficelle.
DÉFILOQUÉ (vêtement), usé, éraillé, qui montre la corde ou le fil.H.-N.
DÉFOURRURES, gerbées qui ont été épluchées par les moutons.
DÉFRISÉ, contrarié.P.
DÉFULER, décoiffer.H.-N. P.
DÉFUNT, feu. Ex.:Défuntson père.
DEGAINE, tournure, manières. Se prend toujours en mauvaise part.P.
DÉGANCER, tirer de l'argent de sa bourse.
DÉGANER, se moquer de quelqu'un en imitant ses actes ou ses paroles.
DÉGELÉE, rossée.P.
DÉGUEULER, vomir.
DÉGOBILLER, vomir, rendre lesgobesqu'on a prises.P.
DÉGOISER, parler vite et longtemps.P.
DÉGOMMÉ, destitué.
DÉCOTER, voler.
DÉGOULER, vomir.H.-N.
DEGOUTINS, eau qui tombe d'une couverture.
DÉGRIER, dégringoler, glisser.
DÉGROULER, crouler, tomber.B.-N. H.-N.
DÉGUISER (se), se masquer au temps du carnaval.
DEHOQUER, décrocher.P.
DÉHOUSILLER (se), sortir d'un lieu.
DÉJEUNER-DINANT, déjeuner qui se fait tard et sert de dîner.
DÉJOUQUER, déjucher. On l'emploie aussi comme synonyme defaire leverun paresseux qui est au lit.
DÉKERPILLER. Voy.Décarpiller.
DEL', de la.P.
DÉLACHER, délacer.P.
DÉLICOTÉ, débarrassé de son licou.P. H.-N.
DÉLOQUETÉ, déguenillé.P.
DÉLURÉ, vif, hardi. Ex.: C'est un enfantdélurépour son âge.B.-N. P.
DEMANDER APRÈS QUELQU'UN, demander quelqu'un.
DÉMAQUER, vomir.P.
DÉMARER, partir, sortir.B.-N. P. H.-N.
DEMAUNE, demi-aune.
DÉMENCE (tomber en), tomber en ruines.B.-N.
DEMENTER DE (se), s'occuper de.H.-N.
DÉMENTIBULER, démonter, casser.P.
DÉMETTRE UN MEMBRE (se), se luxer.H.-N.
DEMEURE, habitation sans dépendances, où il y a seulement une ou deux pièces pourdemeurer.
DEMEURÉ, paralysé.H.-N.
DEMIANNE, demi-aune.
DEMIARD, quart dechopine.H.-N.
DEMI-GROS, quatre muids. Les aubergistes de Dieppe ont l'habitude d'acheter leur cidre audemi-gros; et, en dépit de toutes les lois sur les nouvelles mesures, ils ne consentent à se livrer dans le pays de Bray que dans des pièces frauduleuses qu'ils nommenttierçons.
DEMI-HEURE, douze heures et demie.H.-N.
DEMION, deuxdemiards.H.-N.
DEMOISELLE, petite viellote de blé ou autres céréales.B.-N.
DÉMONTER, impatienter.P.
DÉMUCHER, découvrir.P.
DÉNOQUER (se), se développer; en parlant des enfants qui grandissent.H.-N.
DÉPATICHER, défricher unpâtispour le mettre en culture.
DÉPENDEUX D'ANDOUILLES (grand), homme mince et grand, se tenant mal.P.
DÉPENSE, lieu où l'on serre le laitage.P.
DÉPERSUADER, dissuader.
DÉPIAUCER, écorcher.
DÉPICHER, démonter, détruire, découdre. Ex.:Dépichezcette redingote pour en faire un habit-veste.H.-N.
DÉPITER, défier.B.-N.
DÉPORTER DE SA PAROLE (se), se dédire.P.
DÉPOTER, tirer le cidre que contient un tonneau.P. H.-N.
DÉPOTEUX, grossechanpleureen cuivre qui sert à tirer le cidre dans des seaux.
DÉPOTEYER, tirer du cidre d'un tonneau pour le mettre dans un autre. Vient probablement de l'ancien usage de tirer le cidre ou le vin dans un pot pour l'emporter.
DÉRACHINER, déraciner.
DÉRAIN, dernier.P. B.-N.
DÉRAQUER, tirer d'un bourbier, d'un mauvais pas.H.-N.
DERLINDER, agiter une clochette.
DERRIÈRE (en), en cachette.P.
DERRIÈRE (faire du), dépenser en secret, tromper ses maîtres.
DÉRUNNÉ, atteint de diarrhée.
DÉS, des.
DÉSAILLÉS (habits), hardes usées.H.-N.
DÉSARGENTÉ (être), n'avoir plus d'argent.P.
DESCENTE, hernie.H.-N.
DÉSHABILLER. Voy.Dépiaucer.
DÉSIGNALEMENT, signalement.H.-N.
DÉSORCELÉ, désensorcelé.
DESSAISONNER, changer l'assolement d'une pièce de terre.H.-N.
DESSAQUER, faire sortir d'un lieu.
DESSAQUETER (se), quitter une place.P.
DESSAQUETER, tirer d'un sac.
DESSOLER. Voy.Dessaisonner.
DESSOULER, cesser d'être soûl.H.-N.
DESSOUS (personne en), dissimulée.
DESSOUS (sens dessus), renversé, en désordre.
DÉTEINDRE, éteindre.P.
DÉTENTION D'URINE, rétention d'urine.H.-N.
DÉTEURDRE, détordre.
DÉTOMBIR (faire), mettre chauffer un liquide jusqu'à ce qu'il soit tiède.
DÉTOURBER, déranger, interrompre. Du latindisturbare.
DÉTRIER, trier, choisir.P.Ce mot vient peut être du latintrahere de, tirer de.
DEUILER, souffrir, languir.H.-N.Du latindolere.
DEUSSE, deux.P.
DEUX-SOU (un), pièce de dix centimes.
DEVALLER, descendre.P.
DEVANCHER, devancer.P.
DEVANT QUE, avant que.P.
DEVENIR (bien ou mal se), se développer. En parlant d'un enfant ou d'un animal.B.-N.
DÉVISAGER, regarder quelqu'un fixement, d'une manière importune.H.-N.
D'HEURE, de bonne heure. Ex.: Il n'est pas d'heure, c'est-à-dire: Il est tard.
DIA, mot dont les charretiers se servent pour faire aller les chevaux à gauche; c'est le contraire dehuot.P.Un docteur a prétendu que Balaam s'était servi du motdia, pour faire avancer son ânesse qui s'appelaitLogos. Comme la pauvre bête se mit alors à parler à son maître, qui la maltraitait, notre docteur a été assez heureux pour trouver là l'étymologie du motDialogue,discours à deux.
DIABLE (bon ou mauvais), bon ou mauvais garçon.
DIABLE (bran de),assa fetida. Ainsi nommé à cause de sa mauvaise odeur.
DIANTRE! diable!
DIEU PLAIT (si), s'il plaît à Dieu.
DIGONNER, importuner, travailler lentement.P. H.-N.
DIGUER, piquer.B.-N.
DIGUET, bâton pointu, long de 50 à 60 centimètres, qui sert à ramasser le blé pour l'engerber.
DINDE (un), une dinde.
DINDE (grande), femme de haute taille; terme de mépris.P.
DINDOT, dindon.
DIO, Voy.Dia.
DIOT, idiot, simple.H.-N.
DIOTISE, bêtise, simplicité.H.-N.
DISCOMPTE, escompte.H.-N.
DISCOMPTER, escompter.H.-N.