O

O, on. Ex.:One sait plus à qui se fier.P.

O, où, Ex.:Ovoulez-vous allez?

O (il), il a.P.

OBLIER, oublier.

OBSERVER, faire observer. Ex.: Je vousobservequ'il était soir.

OCLE. Voy.Noque.

OCORE, encore.

ŒILLÈRE (dent), dent canine supérieure qui se trouve sous l'œil.H.-N.

OGNON, poire précoce.

OIN, oui; dans un sens ironique.P.

OIR, oie mâle.

OIRESSE, oie femelle.

OL', on le, Ex.: Est-ce vrai comme ol' dit?

ONCHE, once.P.

ONGUES, ongles.P.

ONNI, uni.

ONZIN, amas de gerbes au nombre de onze, sur lesquelles la onzième servait, dit-on, à payer la dîme. Aujourd'hui on ne réunit les gerbes que par lots de dix, sous le nom dedizeau.

O Q'C'ET, quelque part;où que c'est. Ex. Je l'ai miso q'c'et, mais je ne le trouve pas.

ORANGE (eau de fleur d'), eau de fleurs d'oranger.

OREILLE, partie mobile de la petite charrue, qui se place auprès du soc et se change de côté, à chaque raie, pour élargir le sillon. La grande charrue a deuxoreillesqui sont immobiles et qu'on désigne sous le nom depetiteetgrande oreille.

ORGERI, champ où l'on a récolté de l'orge.

ORILLER, oreiller.

ORMOIRE, armoire.P.

ORTILLER, frotter avec des orties.

ORTILLONS, doigts des pieds; diminutif d'orteil.

ORVÈRE, orvet.H.-N.

OS, vous. Ex.:Osêtes bien curieux.P.

OSCUR, obscur.P.

OSIAU, oiseau.

OSIÈRE, osier.

OU, que. Ex.: C'est làoùje demeure.

OUAICHE (que je), que j'aille. Ex.: Il faut que jeouaicheau bois.

OUÊTCHE? où est-ce?

OUI (pourcha), oui; formule très-affirmative.H.-N.

OUICHE! Exclamation dont on se sert pour témoigner qu'on a froid.

OU Q'C'EST? où est-ce?

OURDON, largeur de grain que le faucheur abat à chaque javelle.

OUTARDES (aller aux), chasse aux oiseaux qui se fait de différentes manières, pendant les nuits obscures de l'hiver, à l'aide d'une lanterne.

OUTEUX. Voy.Auteux.

OUVRIER (jour), jour ouvrable.

PAFFE! Exclamation de celui qui voit donner ou recevoir un soufflet.

PAGIE, pan de muraille.B.-N.

PAIE! Expression dont on se sert pour exciter un chien à manger ce qu'on lui présente. Ex.:Paie, Médor! Paie! Paie!

PALER, parler.

PALETTE, pelle à feu.

PALIER, lieu ou l'on dépose les assiettes. Voy.Ménager.

PAIN-M'NIT, pain bénit.

PAMPHILE, espèce de jeu de cartes; nom qu'on donne au valet d'atout, à ce jeu.

PAN, pain.P.

PANCHE, panse.P.

PANCHÉE (s'en donner une), manger avec excès.

PANCHU, qui a une grandepanche.

PANÉE, pan d'un habit.H.-N.

PANTALONS (mes), mon pantalon; a moins qu'on ne parle de plusieurs.

PAPIN, bouillie pour les enfants.P.Ce mot vient du latinpappare.

PAQUE-FLEURIE, dimanche des Rameaux. Le nom dePâque-Fleurieest sans doute un souvenir de l'usage où l'on était jadis de joncher de verdure et de fleurs, en ce jour, les rues par lesquelles devait passer la procession.

PAQUER, faire ses pâques.

PARAI, muraille; deparies.

PAR-APRÈS, après, ensuite.B.-N.P.

PARAPHE (une), un paraphe.

PARCIE, repas qu'on donne aux moissonneurs après les travaux de la moisson; ordinairement on y boit àtire-larigo.B.-N.

PARDIÉ! espèce de juron;par Die, par Dieu. C'est lepor Diosdes Espagnols, et leper Diodes Italiens. Les anciens Normands juraient aussi par Dieu, en se servant de l'expression anglaise:by God(Revue de Rouen, 1839, page 14).

PARÉ (cidre), bon à boire.

PAR-ENSONS, par-dessus. Ex.: Jette-moi ton couteaupar-ensonsla haie.

PARER UNE POMME, peler une pomme ou un autre fruit.

PARÉSINER, se dit de celui dont la main tremble.

PARFINIR, donner la dernière main à un ouvrage.B.-N.

PARINAGE. C'est ainsi qu'on appelle le parrain et la marraine qui accompagnent l'enfant qu'on porte à l'église pour recevoir le baptême.P.

PARIURE, pari.

PARLER (se). En parlant de jeunes gens qui se font la cour pour se marier, on dit:Ils se parlent.H.-N.

PARLER (se), parler avec affectation.H.-N.Les deux verbes suivants ont la même signification.

PARLOCHER (se).

PARLORER (se).

PARMI (le), le milieu. Ex.: Mets ta carte dansle parmidu jeu.

PARTAGEUX, qui demande le partage des biens.P.

PAS? n'est-ce pas?

PAS-DE-CAT, lierre terrestre. On lui a sans doute donné ce nom à cause de la forme de ses feuilles.

PAS-DE-CAT, espèce de gaffe à trois dents, attachée au bout d'une corde, qui sert à retirer les seaux qui tombent dans un puits.

PAS-MOINS, néanmoins.P.

PASSAGE. Voy.Passeux.

PASSAGÈRE (rue), passante.P.H.-N.B.-N.

PASSÉ-DE-CHALEUR, très-échauffé.H.-N.

PASSEUX, espèce de barrière immobile qui sépare les herbages, et qu'il faut franchir quand on suit les sentiers qui traversent fréquemment les prairies et bouveries du pays de Bray.

PASSÉE-D'OUT. Voy.Parcie.H.-N.

PASSE-POMME, espèce de pigeon d'été.

PAS-VRAI? n'est-ce pas vrai?

PATACLAS, grand bruit. On rapporte qu'un bon curé, voulant donner à ses paroissiens une idée du bouleversement du dernier jour du monde, commença ainsi: «Si tous les arbres étaient réunis en un seul arbre, ça ferait un bien grand arbre; si toutes les mares ne formaient qu'une mare, ça ferait une bien grande mare; si l'arbre tombait dans la mare, quelpataclas, mes frères!...»

PATALON, pantalon.

PATAR, grosdeux sous. Lepatarétait une ancienne pièce de monnaie qui fut frappée sous Louis XII; d'un côté, on voyait deux fleurs de lis sur la même ligne, et au-dessous, un P et une croix; de l'autre côté, une croix à branches égales, placée sur un P. On a voulu voir dans ces P l'initiale du motpatar; mais ce doit être celle deprovincia(Univers pittoresque, France, tome X, page 372). M. l'abbé Corblet parle d'unpatardu Brabant, de la valeur de quinze deniers tournois, qui offre la figure de saint Pierre sur une de ses faces.P.

PATÈRE (un), une patère.

PATIS. Voy.Larris.P.

PATOUF (gros), gros lourdaud.

PATRAQUES, paperasses.

PATRÈS (envoyerad), faire mourir.P.

PATRON (faire son), tomber dans la neige ou dans la boue.

PAURE, pauvre; employé adjectivement devant une consonne.P.Ex.: C'est unpauremalheureux.

PAUVERTE, pauvreté.P.

PAUVRESSE, mendiante.

PAYS, PAYSE, compatiote.P.

PECUNE, argent, monnaie. P.

PEDRIX, perdrix.

PEINE DE VIVRE (prendre), en parlant de personnes qui travaillent et sont économes.

PEINTRE, espèce de limace qui se rencontre dans les caves et laisse sur son passage une matière gluante quipeintsa route.

PELARD, bois de chêne dont on a enlevé l'écorce.H.-N.

PÊLE, poêle à frire.

PELÉE, ce qu'on peut porter sur une pelle.

PELETTE, pelle à feu.

PELLUCHE, pelle en fer.

PÉLOT, palet.

PENDRE QUE DE (ne), rester à faire. Ex.: La table est servie, il nepend que dedîner.H.-N.

PENSER, faillir. Ex.: Il apensétomber.H.-N.

PÉPÈRE, vieillard.P.

PÉPIN-FAVART, pomme à couteau; espèce de calville.

PÊQUE, pêche.

PÉQUENCER, bavarder.

PÉQUENCIER, PÉCANCIÈRE, quipéquence.

PÊQUER, pêcher, aller à la pêche.

PÊQUER, marcher sur, dans.

PERCHER, percer.P.

PERDU (sentir le), être sur le point de perdre.

PÉRETTE, jeune fille folâtre.

PÉRI, péril.

PERQUE, perche.

PERSIN, persil.P.

PÉSACHIS, nom sous lequel on désigne les semailles et récoltes de pois, vesce et lentilles.

PÉSAS, tiges de pois ou de vesce liées en bottes après le battage.

PÉSERI, champ où l'on a récolté des pois.

PESOUT, homme grossier et sans intelligence.

PESTER, être contrarié.

PET! paix! pour imposer un silence absolu.

PÉTIÈRE, ouverture qui se trouvait au haut de la culotte, par-derrière, avant qu'on fit usage de bretelles; cette ouverture était plus on moins serrée à l'aide d'un cordon ou d'une boucle. Nous n'oublierons jamais, en entendant prononcer le mot depétière, l'embarras et l'agitation d'un brave homme que nous avons connu, dans la culotte duquel un mauvais plaisant avait introduit une grenouille, par lapétière.

PÉTIOT, PÉTIOTE, petit, petite.

PETITS! PETITS! PETITS! cri pour appeler les poules.

PÉTOCHER, en parlant des enfants qui font du bruit en marchant.

PÉTONNIÈRE, bout de sureau dans lequel les enfants introduisent deux balles de filasse, dont l'une chasse l'autre par la pression de l'air; ce qui produit un bruit semblable à une légère détonation.

PÉTOTS, petits pieds.

PETRIR (auge à) V.Mêt.

PEU (un petit), très-peu.

PEU (un tant soit), excessivement peu, si peu que ce soit.

PEUPLE, peuplier.H.-N. P.

PHYSIQUE (beau), belle physionomie.

PIAFFE, coquetterie.H.-N.

PIAFFER, mettre de la recherche dans sa toilette.

PIAFFEUX, PIAFFEUSE, coquet, coquette.H.-N.

PIAI, pied. Dans un acte de 1356, il est question d'unespasce de trois piez à pié main. Au siècle précédent, on rencontre encore cette mesure sous le nom depedes manuales, pedes ad manum. «Quoique cette expression figure dans un assez grand nombre de textes, dit M. L. Delisle, le sens n'en est pas encore déterminé avec certitude» (Etudes, etc., p. 530). Nous croyons que lepied-mainest une mesure approximative encore très en usage, parmi les ouvriers de la campagne, quand il s'agit d'opérations qui ne demandent pas une grande exactitude dans les appréciations. On prend un bâton de petite grosseur, plus ou moins long, selon l'étendue de l'objet qu'on veut mesurer; on le place horizontalement devant soi, en le tenant dans ses deux mains, les doigts fermés en dessous; on éloigne ensuite les mains l'une de l'autre jusqu'à ce que les deux pouces, allongés contre le bâton, se touchent par le bout; alors on obtient lepied-main, c'est-à-dire que la longueur du bâton renfermée dans les mains représente à peu près un pied.

PIAN-PIAN, lentement.P.

PIANE-PIANE (aller), marcher doucement; de l'italienpiano.

PIANT, PIANTE, personne malpropre, qui sent mauvais.

PIARD (cheval), blanc et noir comme certaines vaches; couleur de lapie.

PIAU, peau.P.

PIAUCER, écorcher, enlever lapiaud'un animal. On dit aussi: Fairepiaucerun animal par un chien, pour signifier: le faire mordre, lui faire arracher la peau.

PIAULARD, pleurnicheur.P.

PIAULER, pleurnicher.P.Se dit aussi du gloussement de la dinde.

PIÈCHE, pièce.

PIÈCHE, aucun. Ex.: Combien as-tu de chapeaux?—Pièche.

PIEDSENTE,sentierpar lequel on passe àpied.

PIERROT, coiffure de femme, dont le fond est très-élevé et chargé de plis, ainsi que les deux espèces d'ailes qui se prolongent sur les épaules.

PIÉTAIN, tumeur qui se forme dans la bifurcation du pied des moutons.P.

PIF, gros et long nez.B.-N. P.

PIGEON, pomme a manger.

PIGNÉ (bien, mal), bien ou mal ajusté, habillé.

PIGNER, peigner.

PIGNOCHE, cheville.B.-N.

PILAGE, brassage.

PILE (donner une), donner une rossée.B.-N. P.

PILER, brasser les pommes.B.-N.

PILER SUR, marcher sur. Ex.: Vous mepilez surle pied.H.-N.

PILON. Voy.Grageux.

PIMPERNELLE, pimprenelle.P.

PINCHARD, pinson.

PINCHER, pincer.

PINCHES, PINCHETTES, pincettes.

PINGEON, pigeon.P.

PINGRE, avare.P.

PIONE, pivoine.P.

PIOS! PIOS! PIOS! cri pour appeler les porcs.

PINOS! PINOS! PINOS! cri pour appeler les dindons.

PIOT, PIOTE, enfant, petit, petite.P.

PIPET, fétu à l'aide duquel on aspire un liquide.B.-N.

PIPIE, pépie.

PIPIE (avoir la), avoir soif.

PIQUETS, mouillettes.

PIRE (aussi), aussi mauvais.B.-N.

PIRE (avoir du), être le plus faible dans une lutte.

PIS, puits où l'on puise de l'eau.

PIS, mamelle de vache, de cheval, etc.B.-N.

PISSON, urine.

PLACHE, place.P.

PLACHER, placer.

PLACHEUX, offrant des places où il n'y a rien. Ex.: Ce blé estplacheux.

PLAIDEUX, plaideur. Ce mot est d'un usage fréquent dans le pays de Bray, comme dans le reste de la Normandie. Cependant nous n'en sommes plus au temps de Jacques de Camprond qui composa, en 1597, lePsautier du Plaideur, dédié au Parlement de Rouen. Un vrai Normand ne mourait pas en ce temps-là sans avoir eu un ou plusieurs procès, et le livre du curé d'Avranches était leVade mecumde l'époque. Pour comprendre l'esprit processif de nos bons aïeux, il suffit de se rappelerle grand prochez meu par un nid de pie, sur lequel le Parlement de Normandie eut à se prononcer en 1629. Pendant que les avocats déployaient leur inépuisable faconde, lespetits piardsfaisaient défaut aux parties et les mettaient d'accord, en abandonnant le nid. Aujourd'hui, on plaide moins souvent qu'autrefois; cependant on assure qu'on rencontre encore çà et là de vraisplaideuxaussi familiarisés avec le pétitoire, le possessoire, le déclinatoire, le récursoire, etc., qu'un vieil huissier. C'est peut-être par allusion à cet esprit de chicane qu'on a dit que:en Normandie,si l'on jette un nouveau-né contre une glace,il trouvera moyen de s'y accrocher.

PLAISI (au), au revoir; auplaisirde vous revoir.P.

PLANCHE DU PIED, plante du pied.H.-N.

PLANCHÉ (lieu), planchéié.

PLANQUE, planche.P.

PLANQUETTE, planche placée sur un petit ruisseau pour servir de pont.P.

PLATÉE, ce que contient un plat.

PLATE-FORME, sablière.H.-N.

PLATINE, langue sans frein. Ex.: Quelleplatine!

PLAUDE, BLAUDE, blouse. Il n'y a pas encore longtemps qu'on désignait sous le nom deplaude, une espèce de longue redingote en toile grise que portaient les vieillards peu aisés. Il doit exister beaucoup de rapport entre ce vêtement et leblialtdu XIesiècle, dont il est question dans lachanson de Roland.

PLAUDER. Voy.Piaucer.

PLEIN (tout), beaucoup. Ex.: Il atout pleinde chagrin.P. B.-N.

PLEU-PLEU, pie-vert; ainsi nommé par onomatopée.

PLEUVER, pleuvoir.

PLEUVERE. V.Pleu-Pleu.

PLI, levée de cartes.P.

PLION, pièce de bois qui sert à maintenir le coutre d'une charrue dans la position nécessaire; on change leplionde côté, à chaque sillon. Ce mot est aussi très-usité dans le sens deployon.

PLOTER (se), se jouer ou se battre à coups de pelotes de neige.

PLOUTRE, pêne d'une serrure.

PLOYON, bâton pliant qui sert pour les couvertures en paille.P.Voy.Plion.

PLUCOTER, se dit des volailles qui cherchent, qui épluchent les grains perdus devant les granges.

POUAC! pouah!

POCHER, espèce de jeu de pair ou non, où l'on gagne des noix et du pain d'épice aux fêtes de villages, surtout auxChoules.

POGNE (avoir une bonne), serrer fort avec la main; du latinpugnus, poing.

POGNIE, poignée.

POIGNÉE (dernière). A la fin de la moisson, on réserve une poignée de blé à laquelle on en ajoute une autre artistement tressée et un bouquet. Alors les moissonneurs vont inviter la maîtresse de la ferme à venir les aiderà finir à blé; et, quand on est arrivé au lieu où ladernière poignéea été préparée, on danse une ronde et l'on vide une bouteille de gros cidre, en mangeant une galette. Ensuite, on présente une faucille enrubannée à la fermière, et, au moment où elle s'avance pour scier la riche poignée, les moissonneurs s'arment de fusils qu'ils avaient cachés sous les javelles, et une première décharge a lieu. Mais parfois la dernière poignée n'est pas facile à couper, et chacun dit son mot:Voilà du blé qui est bien dur....La faucille ne coupe pas....Madame ne sait pas son métier....Le moidoux ne se ferait pas vite de ce pas-là....Il y a du sorcier....Allons, courage!Enfin, la maîtresse se redresse et paraît renoncer au succès, lorsqu'un vieux grognard s'avance:Pardon! la maîtresse;m'est avis qu'il a poussé là quelque chose depuis tantôt.... Et il retire une branche qu'il avait fourrée au milieu de la poignée de blé. On danse une nouvelle ronde; on vide une seconde bouteille; on fait encore une décharge, et l'on regagne la ferme, où un bon dîner est préparé, ainsi qu'une récompense pour les bonnes gens qui ont offert ladernière poigneé. Pendant le reste de la journée, les moissonneurs n'ont d'autre occupation que de tirer des coups de fusil, manger et surtout boire. Un jeune garçon, interrogé sur le plaisir qu'il avait eu dans une des circonstances que nous venons de décrire, répondit:On a eu du bon temps, mais on était crévé pour verser à boire.

POIRES DE TERRE, topinambours.H.-N.

POIRIONS, verrues.

POISON (vieille)! Terme injurieux.

POLON, Napoléon.

POLYTE, Hippolyte.

POMMAGE (bon, mauvais), bonne ou mauvaise nature de pommes dans un herbage.B.-N.

POMMEROLES, primevères.B.-N.

POMON, poumon.H.-N.

POMONIQUE, pulmonique.

PONCHET, coquelicot.

PONNU, pondu.

POPOT, POPOTE, petit garçon, petite fille, poupée.

POR, pour.P.

PORÉSINE, poix-résine.

PORETTE, jeunes poireaux à repiquer.H.-N.

PORIONS. Voy.Poirions.P.

PORQUER, qui garde les porcs.

PORTRAIT (tirer en), faire le portrait, peindre.H.-N.

PORSUIRE, poursuivre.P.

PORTE-COS, espèce de joug qui sert aux servantes de ferme a porter des seaux.

PORTEUX DE LETTRES, facteur rural de la poste.H.-N.

POT, ancienne mesure qui contient deuxchopeines.

POT, pièce de charpente qui supporte les sommiers.H.-N.

POTAYE, potée.

POTICHE, cuisine de pauvres gens.H.-N.

POTIN, bavardage inutile.

POTINER, faire des remontrances à contre-temps.

POTINIER, POTINIÈRE, quipotine.

POTUIT, porte d'une cour, placée entre deuxpôtset surmontée d'une petite couverture par laquelle on ne passe qu'à pied.

POU, pour.

POUANT, faiseur d'embarras. P. Malpropre.

POUCHE, petit sac.

POUCHINÉE, couvée d'une poule.

POUCHINIÈRE (la), les pléiades.

POUILLARD, vaurien. B.-N. Perdreau trop jeune pour être tué.

POULAIN. On nomme ainsi ce qui s'échappe d'un œuf cuit dans les cendres, quand la chaleur fait crever la coque.

POULE-D'INDE, dinde.

POULET-D'INDE, dindon.

POULIER, poulailler.

POULINÉE, fiente des poules.H.-N.

POULIOT, pièce de bois mobile placée à l'extrémité postérieure d'un chariot ou d'une charrette, sur laquelle s'enroule laliache.

POULOT, jeune enfant; depullus. Dans le grec moderne, on emploie encore, dans la forme patronymique, l'expressionpoulo, quand on veut joindre le nom individuel du fils à celui du père. C'est commemac, en Écosse;o, en Irlande;ap, dans le pays de Galles;fitz,son,en, en anglais;vitch, dans les langues russes;ez, en espagnol;oglou, en turc. etc. (EncyclopédieduXIXesiècle, vol. 33me, p. 230).B.-N. P.

POUQUE. Voy.Pouche.

POUQUETTE, poche, petitepouche.

POUQUETTE (faire), mettre en cachette des fruits ou autre chose à sa poche, quand on n'a plus faim.

POURCACHER, en parlant des animaux qui poursuivent les autres pour les empêcher de manger.

POURLÉQUER (se), se lécher les lèvres après avoir mangé quelque chose de bon.P.

POURPE (le), suette militaire.

POURVANE, ration d'avoine ou de son qu'on donne aux chevaux et aux vaches.H.-N.

POUSSE-POUSSE, jeu d'enfant. Les deux joueurs ont chacun une épingle qu'ils poussent l'une contre l'autre, jusqu'à ce que l'une des deux reste sur l'autre; alors celle du dessous devient la propriété du gagnant.

PRÊCHEUX, prédicateur.P.

PREMIER QUE (au), jusqu'à ce que.

PRÈS, près de, près du. Ex.: Il demeureprèsl'église,prèsle boulevart, etc.

PRESSEUX, pressoir; lieu où l'onpileet où l'on presse les pommes.

PRÈT (attraper son), lever un fardeau trop lourd et gagner une hernie. En parlant d'une fille de conduite équivoque, qui se trouve enceinte.

PRÈTE, prêtre.

PRÉTINTAILLES, petits grelots qu'on attache au collier des chevaux des rouliers et de ceux qui conduisent les diligences.

PRINS, PRINSE, pris, prise.P.On dit qu'une fille estprinse, quand elle est enceinte.

PRINSE, prise de tabac.

PRINSSEUX. Voy.Presseux.

PRIVÉ, lieu d'aisance.

PRIVÉ (animal), apprivoisé.P.

PTIOT. Voy.Piot.P.

PU, plus.

PUCHE, puce.

PUCHER, puiser. Ex.:Puchezde l'eau dans le seau.P.

PUCHOT, lieu où l'on puise de l'eau dans une mare.

PUCHOT, altise; espèce de caléoptère qui vit sur le colza et les pois, auxquels il cause un grand tort.H.-N.

PUFINE, excrément humain.

PUISSANT (homme), gros et gras.H.-N. P.

PURE, peur.

PURÉE (porter la), être grondé, pour un autre, sans l'avoir mérité.

PURER, presser dans ses mains un linge mouillé pour le faire égoutter; des groseilles pour en obtenir le jus.H.-N.

PURGE, purgation.

PUS, plus.

PUTEAU, mare qui reçoit l'égoût du fumier. On dit aussiputet.

PUTIER, homme débauché.

Q'MENCHER, commencer.

Q'MIN, chemin. Le motqueminétait très-usité au moyen-âge.

Q'MINAYE, cheminée.

QUANTES (toutes fois et), quand on voudra.H.-N.

QUART-D'HEURE (pour le), pour le moment.H.-N.

QUARTE, quart du boisseau.

QUART-MOINS DE, quinze minutes avant l'heure. Ex.: Il est lequart-moinsde dix heures, c'est-à-dire neuf heures quarante-cinq minutes.H.-N.

QUARTRON, le quart d'un cent, ou plutôt vingt-six, selon l'usage consacré. Pour les fruits, lequartrons'étend même jusqu'à trente-deux.

QUASIMENT, presque; du latinquasi.B.-N. P.

QUATE, quatre.

QUATRE FERS D'UN QUIEN (ne pas valoir les), ne valoir rien. Ex.: Il ne vaut pas lesquatre fers d'un quien.

QUATRE-VINGT-DIX-NEUF COUPS (avoir fait les), avoir mené une vie aventureuse et déréglée.

QUÉ? qu'est-ce? Ex.:Qué quodites?

QUENAILLE, canaille.H.-N.On emploie aussi cette expression en bonne part, en parlant aux enfants. Ex.: Embrasse-moi,quenaille.

QUÊNE, chêne.P.

QUENOT, petit chien.

QUÊNOT, petit chêne.

QUENOTTER, mettre bas; en parlant d'une chienne.

QUETOU, cochon.

QUETOUS! QUETOUS! QUETOUS! cri pour appeler les porcs.H.-N.

QUEUE DE LEU (à la), l'un derrière l'autre.

QUEUQUE, quelque.

QUEUQU'UN (un), quelqu'un.

QUÈVRE, chèvre.

QUÉVRON, chevron.

QUI, qu'il, qu'ils.

QUIACHE, excréments des oiseaux; scorie du charbon de terre.

QUIARD. Voy.Berneux.

QUIEN, chien.

QUIEN DE FEU, chenet.

QUIEN DE TERRE. VoyezMans.

QUIEU? quel, quelle?

QUIOLE, diarrhée.

QUIOT, QUIOTE. Voy.Piot.

QUO, que vous. Ex.: Je croisquomentez.

QUO. Employé dans les phrases interrogatives, pour suppléer à l'inversion. Ex.: Oùquoz'allez? D'où quo venez?H.-N.

Q'VA, Q'VAS, cheval, chevaux.

Q'VEUX, cheveux.

Q'VILLE, cheville.

RABÊTIR, rendre stupide.P.

RABIENNER, réconcilier.

RABISTOQUER, raccommoder de vieux habits et de vieux meubles.P.

RACACHER, ramener les bestiaux à l'étable.P.

RACAILLE, mauvais bestiaux, mauvaises gens. Nous croyons voir un grand rapprochement entre ce mot et le terme de méprisraca, dont il est parlé dans l'Evangile, et qui était en usage du temps de J.-C. Le motraca, ou plutôtreca, vient de l'hébreuRIK, et signifie à peu près:tête légère. Aussi le Sauveur déclare-t-il que celui qui adressera cette injure à son frère, sera seulement cité devant le conseil, tandis que celui qui lui dira:Vous êtes fou, méritera l'enfer.

RACCOLER, entraîner quelqu'un avec soi.

RACCROC (par), après coup.

RACHINNE, racine.

RACLÉE, volée de coups de bâton.P.

RACOIN, recoin.

RACCOURCHIR, rendre plus court.

RACCROCHER. Voy.Raccoler.

RACCROCHER (se), se dédommager d'une perte, en gagnant d'un autre côté.

RADOUBLER, revenir sur ses pas.B.-N.

RADRECHER, RADRESSER, recommencer, réussir dans une entreprise où l'on avait échoué d'abord.H.-N.

RAFISTOLER, raccommoder grossièrement.H.-N. P.

RAFOURÉE, portion de fourrages qu'on donne aux bestiaux pour un repas.

RAFOURER, donner à manger aux vaches et aux moutons dans l'étable.P.

RAFULER, coiffer.P.Donner un soufflet.

RAGACHE, qui parle sans cesse et veut toujours avoir raison.H.-N.

RAGUISER, aiguiser.P.

RAIE, sillon de charrue.

RAILE DU DOS, épine dorsale.

RAILER, rayer, faire des raies sur quelque chose.

RAILETTE, milieu des cheveux sépares en natte sur le front.

RAINCHÉE, rossée.

RAINE, grenouille; derana.B.-N. P.

RAISONNER, répondre mal à une personne qui vous fait une remontrance ou vous reprend.

RAISONS (avoir des), être abondant en paroles. Avoir des altercations.

R'ALLER, aller de nouveau.H.-N.Jer'vais, jer'allais, j'air'été, jer'irai, etc.

RALLONGE, allonge.

RAMARRER, rejoindre par un nœud les deux bouts d'une corde.

RAMBOURG, très-grosse pomme à couteau. Ces pommes ont commencé à être connues à Rambures (Somme). Charles Etienne en a peut-être fait un éloge un peu exagéré dans sonSeminarium.

RAMENDER, se vendre moins cher, aller mieux; en parlant d'un malade.B.-N.

RAMENDEVER, rappeler; même signification que le vieux verbe françaisramentevoir.

RAMOUCHELER, mettre de nouveau enmouchet.

RAMOUDRE, ramoner. Aiguiser un tranchant.

RAMOULEUX, ramoneur. Émouleur.

RAMUCRIR, rendremucre.

RAN, bélier,P. B.-N.

RANCER, avoir la respiration gênée et bruyante.

RANCANGNÉ; se dit d'une personne qui regarde en dessous et dont la figure n'a rien d'attrayant.

RANDIR, rôder, tourner autour.P.

RANDON, babil ennuyeux, revenant sans cesse sur le même sujet.H.-N.

RANDONNER, rôder, aller et venir dans un endroit. Bouillir trop longtemps.B.-N.

RANDONNAGE, action derandonner.P.

RANDOUILLER; en parlant d'un mets qui reste trop longtemps sur le feu.

RANQUEUX, animal de rebut, qui se devient mal.

RAPARILLER, rappareiller.

RAPENSER (se), se souvenir.

RAPIAMUS (faire), enlever tout; du latinrapere, enlever.P.

RAPINEUX, qui vit de rapines.P.

RAPOUSSER, rendre ce que l'on avait reçu.

RAPPORT A, à cause de. Le T ne se fait pas sentir. Ex.: Nous dinerons à deux heuresrappor àvous.H.-N.

RAPSAUDER, dire des rapsodies.P.

RAPTI, tiges de colza, dont on a enlevé la graine.

RAS-DE-TERRE (à), à rez-terre.

RASEUX, rasoir.

RASIÈRE, demi-hectolitre; mesure pour les pommes et les grains.B.-N.

RASSIÈRE, rasseoir.

RASSIR, rasseoir.P.

RASSOTER, raffoler.P.

RATATINÉ (homme), gros et de petite taille.

RATATOUILLE, fricassée grossière.P.

RAT-BAILLOT, lérol.

RATELAGE, ce qu'on ramasse dans un champ ou une prairie, à l'aide d'un rateau, quand la récolte est recueillie.

RATELLE, grand rateau qui sert à recueillir les épis échappés aux moissonneurs.

RAT-LÉROT. VoyezRat-Baillot.

RATIER, qui fait métier de détruire les rats.

RATIRER, attirer chez soi.

RATISER, attiser.

RATON. Voy.Coraprenant. M. l'abbé Corblet cite une étymologie bizarre de ce nom, extraite d'un manuscrit de la bibliothèque de l'Arsenal: «L'an 893, Dodilo, évêque, alla, accompagné des religieux de Saint-Vaast, jusqu'à Beauvais où avait été transporté le corps de Saint-Vaast, seize ans auparavant, pour le ravage des Normands, et fut rapporté à Arras par l'evêque, avec affluence de peuple, lequel montra grand signe d'allégresse et de dévotion, remerciant Dieu qui leur avait rendu ce précieux trésor sain et entier. Ce fut alors que le peuple, en réjouissance, inventa une espèce de pâte composée d'œufs, de lait et de pain dont ils se regalèrent, ce que depuis lors on a continué de faire tous les ans, le jour de la fête du saint, dans ladite abbaye et dans la plus grande partie du peuple, même jusqu'aujourd'hui, ce que l'on a nommératon, parce que le peuple, allant au-devant du saint, s'écriait:le raton? le raton?voulant dire:l'a-t-on retrouvé?»

RATOURS, détours.P.

RATTRAPER (se). Voy.Se raccrocher.H.-N.

RATRUCHE, ratissoire.

RATRUCHER, ratisser.

RAVALEMENT, portion de muraille qui dépasse le plancher du grenier.H.-N.

RAVEINDRE, rejoindre. Retirer d'un trou, d'une rivière, d'un mauvais pas, etc.P.

RAVEUGLER TOUT, renverser tout, en cherchant dans une armoire ou ailleurs.

RAVIGOTER, restaurer, faire revivre.

RAVISER, apercevoir.P.

RAVISER (se), revenir sur une détermination.P.

RAVOIR, posséder une seconde fois.H.-N. P.Ex.: Jer'ai, jer'avais, j'air'u, jer'érai, etc.

RAYER (se), tracer des lignes au crayon sur le papier, pour les suivre en écrivant.

R'COMMANCHER, recommencer.

RECHEVEUX, grand cuvier qu'on place sous le canal de lafaiselle, pour recevoir le cidre nouvellement brassé.

RE. Cette syllabe, au commencement des mots, se prononce ordinairement commeer. Ex.:Ervenirpourrevenir,erpospourrepos.P.

RÉBABARATIF (air), air rébarbatif.

REBIFFER (se), se révolter contre.P.

REBLINDER, recommencer.

REBOUQUER, reculer, renoncer à; le plus souvent, ne plus pouvoir manger.H.-N. B.-N.

REBOURS (à la), à rebours.

REBOURS (cheval), cheval qu'on ne peut faire avancer, même à l'aide des coups de fouet les mieux appliqués.

REBOUTEUX, homme qui reboute les os fracturés et soigne les luxations.H.-N. P.

REBROQUER, réparer un mauvais vêtement ou une mauvaise couverture en paille.P.

RÉBROUER, renvoyer rudement.P.

REBULET, produit du blé qui tient le milieu entre la farine et le son.

REBUS (chemins), raffermis après la pluie.

RÉCART (mettre au), mettre au rebut.

RÉCAUFFER, réchauffer.P.

RECAUSER DE, reparler de.H.-N.

RÉCENT (homme), qui n'est pas ivre.P. H.-N.

RECHINCHER, revendeur.

RECHIPPER, pousser de nouveau en cépée.H.-N.

RÉCONFORTER, donner des forces, du courage.

RÉCOPILLE (tout). VoyezCraché(tout).

RECOUPES. Voy.Rebulet.

RÉCOQUILLER, rendre la santé.

RECOUVRIR LA SANTÉ, recouvrer.

RECTA, exactement.P.

RÉCURER, écurer.H.-N.

RÈDE, vite.P.

RÉDILLON, sentier escarpé.H.-N.

REFAIRE, attraper, tromper.P. B.-N.

RÉFORCHER, engager à manger.H.-N.

REFOUIR, fouir une seconde fois.P.

RÉGALER, payer la goutte. Ex.:Régalez-vous aujourd'hui?

REGARDANT (homme), parcimonieux.H.-N. P.

RÉGENCE, petit pain fait au levain de bière.H.-N.

REGLER, avoir la respiration gênée et faire du bruit en respirant.

RÉGLISSE (du), de la réglisse.

RÉGNON (dire son), en parlant du léger bruit produit par le chat avant de s'endormir.

REGOURER. Voy.Gourer.

RÉGUISER, aiguiser.

REIDERIE, engouement pour certaines choses.P.

REIDEUX, qui a desreideries.P.

REJOINDRE, se venger. Ex.: Tu m'as nui, mais je terejoindrai.P.

RÉJOUI, gai.P.

RELANNER, rosser; signifie peut-être frapper avec unelanière.

RELEVÉE, après-midi.H.-N.

RELEVER, faire ses relevailles.P.

RELEVER UN ACTE, en prendre une expédition.B.-N.

RELICHÉE, rossée.

RELICHER, rosser.

RELIÉE, rossée.

RELIER, rosser.

RELIPPER, boire la part d'un autre.

RELUQUER, regarder longtemps ou plusieurs fois une personne avec inconvenance, ou un objet pour le voler.

REMBARER, riposter avec énergie.P.

REMBRAILER, donner suite à une fête, le lendemain ou le jour de l'octave; signifie peut-être remettre sesbraiesde fête.

REMBRAILER (se), remettre ses braies, ses pantalons.

REMETTEUX. V.Rebouteux.

RÉMINER, réfléchir, chercher dans son souvenir; du latinreminiscere.

REMIRER, regarder avec attention.P.

REMONTÉE, après-midi.P.

REMONTER, reprendre son travail après midi.P.

REMOTTER, former une motte de terre au pied de certaines plantes, telles que la pomme de terre.

RÉMOUDRE, aiguiser sur une meule.

REMPIÉTER, refaire le pied d'un bas.P.

REMPLUMER (se), se remettre bien dans ses affaires; regagner au jeu ce qu'on avait perdu.P.

REMUQUE (sentir le); se dit d'un vase ou d'un objet qui porte certaine odeur désagréable, semblable à ce qu'on appelleodeur de fût,de tonneau.

RENAFLER, respirer bruyamment par le nez; s'emploie surtout en parlant des chevaux qui sont effrayés.

RENALLER, (se), s'en aller de nouveau.

RENARÉ (être), trouvé plus rusé que soi.

RENCHARGER, recommander.

RENCHIN (faire un), faire un circuit et revenir à son point de départ.

RENELLE, ruelle d'un lit.

RENFILER, affiler.B.-N.

RENFOURRÉE. V.Rafourée.

RENFOURER. V.Rafourer.

RENFRAICHIR, rafraîchir.H.-N.

RAFRAICHISSEMENT, rafraichissement.H.-N.

RENGAINER SON COMPLIMENT, être obligé de renoncer à un projet, à un ouvrage qu'on allait entreprendre.

RENHAITER, exciter, encourager.

RENIFLER, aspirer par les narines; faire remonter l'humeur qui les remplît, pour éviter de se moucher.H.-N.

RENMESSER, faire dire une messe d'actions de grâces, le lendemain de son mariage.

RENOUVEAU (le), le printemps.P.

RENOUVIAU (au), au printemps.

RENTIQUÉES (avoir des), des répliques, des reparties.

RENVOIS (avoir des), avoir des rapports.

RÉPARER (se), en parlant du temps qui passe au beau après la pluie.

REPASSEUX, émouleur.

RÉPER, avoir desrépets.P.

RÉPET, rot.

RÉPONNU, répondu.H.-N.

REPIMPÉ, qui a fait toilette.

RÉPRIMANDABLE, répréhensible.

RÊQUE, d'un goût apre.

RÊQUE (air), air revêche.

RÊQUER, abattre les dernières pommes d'un arbre.

RÊQUET, petite gaule qui sert àrêquer.

RÉQUILLONS, restes.

REQUINQUÉ, paré, en toilette.

REQUIR, requérir.

RESAQUER, tirer de nouveau une personne d'un mauvais pas, un objet du lieu où on l'avait mis.

RÉSIPÈLE, érysipèle.

RESPECT (sauf, sous votre). Formule fréquemment employée quand on parle des animaux ou de choses immondes à une personne au-dessus de soi. Ex.: Je viens de vendre des cochons,sauf votre respect.H.-N.

RESERRE, serre de jardin, lieu où l'on retire divers objets.

RESSOURDRE, réveiller, activer, relever; du latinresurgere.B.-N.

RESSUER, en parlant des murs quand ils se couvrent d'humidité.

RESSUYÉS (chemins). Voy.Rebus.

RESTER A, avoir son domicile. Ex.: Ilresteà Paris.

RETAPÉ, en toilette.B.-N.

RETAPER (se), faire toilette.P.

RÉTOQUER (se), faire de nouveaux efforts pour soulever un poids. Se montrerrétoquet.

RÉTOQUET, petit homme qui parle beaucoup et n'aime céder à personne.P.

R'ÊTRE, être de nouveau. Ex.: Ilr'estparti.H.-N.

RETRUC (avoir du), avoir plus d'un expédient à son service.

RÉTU, qui jouit d'une bonne santé.

REUE, roue.P.

REUE (faire l'), en parlant d'une vache, et surtout d'un taureau qui menace de ses cornes en mugissant.

REULIÈRE, ornière; trace profonde de lareue.

RÉUNIR A, avec, et. Le verbeRÉUNIRne doit jamais être suivi deAni deAVEC; ainsi il ne faut pas dire:réunir la prudenceAla hardiesse, maisréunir la prudenceETla hardiesse.

REVENEZ-Y (goût de), mets ou boisson dont le goût flatte.

REVERTÉRIS (avoir un), changer de résolution.

REVOIN, regain.

RHABILLER, habiller de nouveau. Parler mal de quelqu'un.P.Piquer la meule d'un moulin.

RHEUME, rhume. On a passablement disserté sur l'étymologie de ce mot. M. Labourt le fait venir du celtiquerum, qui signifie:réunion,agglomération en général, en ce sens que le rhume provient d'un amas, d'une aggrégation d'humeurs sur la poitrine. M. l'abbé Dartois repousse cette origine, parce qu'elle repose sur une étymologie philosophique peu en rapport avec l'habitude de procéder du peuple, qui juge ordinairement par la cause et les effets, et jamais d'une manière insaisissable aux sens. Pour le peuple,la rheumeest unrefroidissement; et c'est, en effet, par des mots qui ont cette signification que cette maladie est désignée en hollandais, en anglais, etc. Puis, l'espagnol, le portugais, le catalan, etc., ont une expression tout-à-fait en rapport avec le grecreûma. D'où le savant chanoine de Besançon conclut, avec M. A. de Poilly, que la racine de rheume vient du grec (Voir leGlossaire du patois picard, par M. l'abbé Corblet, p. 598 et suiv.).P.

RIBAMBELLE, multitude.H.-N.

RIBLE. Voy.Halitre.

RIDEAU. Voy.Condos.

RIDIAUX, rideaux.

RIFLE, morceau de bois qui se place au bout duhanse, et dont les faucheurs se servent pour aiguiser leur faux.

RIFLER, se servir durifle. Effleurer.

RIGOLET, rigole.

RIGOLISSE, réglisse.

RIKIKI (un coup de), un verre de liqueur.P.

RIMÉE, gelée blanche; frimas.P.

RIMER, gelerblanc.

RINCHÉE, volée de coups.P.

RINCHER LA LESSIVE, laver, aigayer le linge, avant de le tordre.

RINCHETTE, verre d'eau-de-vie qu'on prend après le café.

RINCHURETTE, verre d'eau-de-vie qui vient après larinchette.

RINGOLISSE, réglisse.P.

RIO, petite raie, poisson.

RIO, petite rigole dans laquelle on plante des pois, des fèves, etc.P.

RIOCHER, rire en se moquant.

RIOCHEUX, quirioche.

RIOTEUX, instrument de jardinage qui sert à faire desrios.

RIQUIQUI (famille de), composée d'un grand nombre de membres.

RISQUE-A-LA-RISQUE, à tout hasard. Au moment de dire la messe, un prêtre n'avait, pour lui répondre, qu'un enfant peu en mesure de le faire. Le prêtre commence:Introibo ad altare Dei. Pas de réponse! Il recommence:Introibo, etc.—Risque-à-la-risque, répond le serrant:ET CUM SPIRITU TUO.

RISQUEUX, douteux, périlleux.

RISQUIPÈTE (œufs à la), œufs à la coque, cuits dans les cendres,à la risque qu'ils pettent.

RITELET, roitelet.

ROBIN, taureau.H.-N.En Bourgogne, on donne ce nom aux béliers.

ROBINIÈRE (vache), qui tourmente les autres et est impropre à la reproduction.

ROGATONS (marchand de), qui vend des objets de peu de valeur, des jouets d'enfants.H.-N.

ROGNONNEMENT, action de rognonner.

ROGNONNER, murmurer entre ses dents.H.-N.

ROGUE, réunion des œufs du poisson.

ROGUE (poisson), poisson femelle qui n'a pas encore frayé.P.

ROMATIQUE, rhumatisme.—Qué qu'ch'est que c'te plante-là, demandait dernièrement un enfant au curé de sa paroisse, eu lui montrant une touffe d'hysope?—C'est une plante aromatique...—Une plante à romatiques? Ah! donnez-m'en unne branque pou papa qu'en souffre tant!

RONCHAILLES, lieu où il y a beaucoup de ronces.

RONCHES, ronces.

RONDINS, bois à brûler qui n'est pas encore fendu.

RONGE (revenir au), goût des aliments qui revient et se fait sentir d'une manière incommode après le repas.

ROQUES, mottes de terre qui se trouvent dans les terres labourées.P.

ROQUET, pomme à cidre tardive; bonne espèce.

ROS, roue.

ROS (faire la). Voy.Reue(faire la).

ROSETTE, rose. On rapporte qu'un congénère de ce mot,Roselle, a donné lieu à un des plus beaux vers de Malherbe, quand il adressa à un de ses amis, qui venait de perdre sa jeune fille, le quatrain suivant, que tout le monde connaît:


Back to IndexNext