Il n’est point rare de rencontrer sur les routes des bandes de dix ou quinze paysans turcs, grands gaillards bien découplés, marchant d’un pas délibéré, sans autre bagage qu’une petite sacoche renfermant quelques croûtes de pain, une poignée de riz ou de maïs, un concombre ; retenu par une courroie pend sous leur aisselle gauche un petit étui de cuir dans lequel se trouvent les quelques papiers qui peuvent constituer leur état civil ou la demi-douzaine de piastres qui représente tout leur avoir ; un long bâton à la main ils s’avancent en chantant des mélopées sur un rythme doux et plaintif ; souvent l’un d’eux marche en tête et accompagne ces chants en tirant des accords stridents d’une guitare à trois cordes de cuivre.
Voyez-les passer. Ils n’ont l’air ni heureux, ni malheureux. Ils semblent indifférents à ce qui les environne. Et cependant leurs vêtements en lambeaux, tout maculés de boue et couverts de poussière, attestent une route poursuivie déjà longue. Nul ne se plaint toutefois.
Ce sont là desrédifs. Ce sont les recrues qui vont à Stamboul rejoindre leur régiment. Et quelquefois ces gens qui défilent ainsi devant vous, sans fatigue apparente, arrivent du fond de la Turquie d’Asie ! ils sont déjà depuis près de deux mois en route !
Nul chef ne les conduit, ne les surveille en cas de désertion. A quoi bon, d’ailleurs ? Lemoukhtarde leur village leur a donné un jour l’ordre de partir, il leur a dit que le Sultan les réclamait pour les incorporer dans ses régiments. Ils sont partis, sans plus se soucier de ce que l’on ferait d’eux.C’était écrit !Donc, en avant ! Et ils arriveront tous, soyez-en sûr, fidèlement, au jour dit, — au prix de quelles privations et de quelles fatigues ! — à l’échelle où un bateau les attend qui les transportera pêle-mêle à Stamboul.
Voilà le premier apprentissage du jeune soldat turc. Quand il arrive au corps il est déjà aguerri.
Aussi cela fait-il de vaillantes troupes. Les Russes ont été d’ailleurs à même de s’en apercevoir dans la dernière guerre.
Je retrouve à ce sujet, dans mes notes, un article paru dans un journal de Péra il y a deux années. C’est un parallèle original entre le soldat turc et nos troupes indigènes d’Algérie. L’auteur, M. G. B., ne m’en voudra pas, je l’espère, si je lui cède ici la place. Mais le caractère du soldat turc est tracé dans ces lignes trop fidèlement, et par un observateur trop éclairé, pour que je prive mes lecteurs de ce petit morceau de choix ; tous ceux d’ailleurs qui ont été à même de voir de près un régiment ottoman, reconnaîtront l’absolue fidélité des traits indiqués.
« La guerre franco-allemande a immortalisé les turcos pour leur bravoure sur le champ de bataille. Ils ont été distingués dans une armée dont la vaillance est passée en proverbe. La puissance qui combattait contre ces régiments d’Afrique a rendu elle-même justice à la valeur de ces soldats d’apparence chétive, aux formes grêles, mais dont la valeur n’a pas de bornes, soit dans l’attaque, soit dans la défense.» On n’a jamais parlé du soldat turc ; cependant il diffère peu du soldat africain, et ce peu paraît être en faveur du premier. Il est certain que si, en 1870, le maréchal de Mac-Mahon avait eu sous ses ordres des régiments turcs, ceux-ci se seraient comportés tout comme les régiments de turcos et auraient cueilli les mêmes lauriers.» Il y a plus, le soldat turc, moralement parlant, a une supériorité incontestable sur le combattant africain : c’est celle résultant de l’avantage qu’il possède de se battre pour son propre pays, tandis que le second se bat pour son pays d’adoption.» Examinons les avantages matériels que le troupier ottoman possède sur le turco.» Le soldat africain, soit par l’effet de la discipline, soit comme conséquence de sa propre nature, est homme de précaution.» Rien ne manque à son équipement lorsqu’il se rend en campagne. Ceux qui ont pu voir défiler les régiments arabes dirigés sur Reichsoffen ou Wissembourg ont pu constater ce fait. Un turco en expédition se pourvoit même des objets les moins indispensables sur le champ de guerre, tels que rasoir, cuvette, savon pour se raser la tête : flageolet, guitare ou autres instruments nationaux pour tuer le temps pendant les nuits d’insomnie. Quelques-uns vont jusqu’à emmener avec eux des animaux domestiques, tels que perroquets, chats, chiens, etc.» Nous nous souvenons d’avoir vu en 1870, parmi les régiments arabes dirigés vers la frontière franco-allemande, plus d’un turco portant — outre le sac réglementaire, la tente de campement, une couverture de laine et le fusil avec la baïonnette — deux paires de souliers de rechange, une paire de bottes suspendues derrière le sac et se balançant de concert avec deux énormes marmites en fer, une cuvette à barbe en cuivre avec une bande de cuir tanné servant à aiguiser les rasoirs, une guitare dont le manche démesurément long menaçait le ciel, un gros morceau de bois gras pour aider à allumer les feux, et dominant le tout, une cage dans laquelle était renfermé le plus beau perroquet que l’on puisse voir et qui semblait vouloir diriger le régiment pas les cris de : « guide à gauche ! par file à droite ! » etc.» Il est évident que le turco ne se séparant jamais de ces objets plus ou moins nécessaires souffre peu ou point du déplacement qu’il subit en campagne. Le poids même de tant de bibelots entassés les uns sur les autres avec un désordre pittoresque que font tolérer les habitudes africaines, ne semble pas peser sur le dos qui les transporte à des centaines de kilomètres.» Rien de tout cela chez le soldat turc. Il part en campagne comme il se rendrait chez lui en congé, ne se souciant de rien, ne prévoyant aucun cas de privation. Quant à la question de nourriture, à défaut de ration, le turco se contente parfaitement d’un chien tourné à la broche en guise de mouton rôti et d’un chat sauté à la graisse en place de civet de lièvre tandis qu’il faut plusieurs journées de jeûne au soldat turc avant qu’il ait recours à ces mets extraordinaires. Ce dernier résiste donc mieux à la faim et ne se rebiffe nullement lorsqu’on le met au régime de l’orge, du maïs ou du seigle en grains.» Pour ce qui est de l’action au feu elle est identique chez le soldat turc comme chez le soldat arabe. Tous deux se jettent dans la mêlée avec la conviction profonde de n’être tués que si le sort les désigne d’avance. Il est difficile de résister à leur élan, si on n’obéit point aux mêmes convictions. Les Allemands en ont eu la preuve en 1870. Les Serbes viennent de renouveler l’expérience dans la dernière guerre. Le général Tchernaïeff, forcé de rendre justice à la bravoure du soldat turc, aurait dit qu’avec 500 mille hommes de cette troupe il bouleverserait l’Europe, comme le prince Frédéric-Charles avait dit, en voyant défiler les 15,000 prisonniers, derniers débris d’une armée de 30 mille combattants qui avaient tenu tête à 170 mille hommes : Honneur au courage malheureux.» Ce qu’il y a de plus remarquable chez le soldat turc régulier ou volontaire, c’est l’ardeur avec laquelle il se rend au combat.» Une guerre éclate. Ceux qui sont sous les armes sont dirigés vers la frontière, ceux qui se trouvent chez eux s’enrôlent comme volontaires. Il n’y a aucune nécessité de faire appel à l’élan patriotique. Du reste, les moyens manquent, et personne n’y songe.» Pas de journaux publiant des articles à sensation dans le but d’exciter l’enthousiasme guerrier. Pas d’autels pour les enrôlements volontaires. Pas de proclamations. Pas despeach.» Chaque département, chaque ville, chaque hameau, prévenus plus ou moins tard par un bruit qui circule vaguement dans le pays, envoient leur contingent de défenseurs. Chacun prend son sac et se dirige vers la capitale, où le chemin à prendre pour se trouver en présence de l’ennemi lui sera indiqué.» Nul ne connaît les motifs qui ont pu amener la guerre. On ne s’en inquiète même pas. On ignore si elle a été ou non provoquée par le pays même, si elle se fait à tort ou à raison. Pas de commentaires. Pas de conjectures. La guerre existe, c’est un fait, cela suffit.» Très peu de soldats connaissent la valeur militaire et quelquefois jusqu’au nom du chef auquel ils doivent obéir, la position ou l’importance du pays qu’ils doivent combattre. Aux yeux du soldat turc tous ces détails sont des questions secondaires qui n’ont aucune importance.» Pour lui le devoir est simple. Il consiste uniquement à ne pas reculer devant l’ennemi et à se battre le mieux possible.» L’idée d’un avancement n’entre pas dans son esprit. S’il tombe, c’est obscurément, son nom ne sera pas inscrit sur un monument commémoratif. S’il survit, il ne compte ni sur les honneurs, ni sur les distinctions.» Ne connaissant que son devoir, toujours prêt à se sacrifier pour sa foi et son pays, d’habitudes sobres, le soldat turc, tel qu’il est, représente le véritable élément de défense. Il ne se fait aucune illusion sur sa carrière et se voue à la mort du jour où il s’engage sous les drapeaux.» Dès ce moment, parents, amis, rien n’existe plus pour lui ; il attend l’heure désignée pour payer sa dette, et, cette heure sonnée, il ne recule pas.» De pareils soldats, bien armés, bien équipés et bien commandés, feraient des prodiges de valeur dans une guerre de conquête ; mais où ils seraient encore plus vaillants, c’est dans la défense du sol national ; là, autant de combattants, autant de héros ! »
« La guerre franco-allemande a immortalisé les turcos pour leur bravoure sur le champ de bataille. Ils ont été distingués dans une armée dont la vaillance est passée en proverbe. La puissance qui combattait contre ces régiments d’Afrique a rendu elle-même justice à la valeur de ces soldats d’apparence chétive, aux formes grêles, mais dont la valeur n’a pas de bornes, soit dans l’attaque, soit dans la défense.
» On n’a jamais parlé du soldat turc ; cependant il diffère peu du soldat africain, et ce peu paraît être en faveur du premier. Il est certain que si, en 1870, le maréchal de Mac-Mahon avait eu sous ses ordres des régiments turcs, ceux-ci se seraient comportés tout comme les régiments de turcos et auraient cueilli les mêmes lauriers.
» Il y a plus, le soldat turc, moralement parlant, a une supériorité incontestable sur le combattant africain : c’est celle résultant de l’avantage qu’il possède de se battre pour son propre pays, tandis que le second se bat pour son pays d’adoption.
» Examinons les avantages matériels que le troupier ottoman possède sur le turco.
» Le soldat africain, soit par l’effet de la discipline, soit comme conséquence de sa propre nature, est homme de précaution.
» Rien ne manque à son équipement lorsqu’il se rend en campagne. Ceux qui ont pu voir défiler les régiments arabes dirigés sur Reichsoffen ou Wissembourg ont pu constater ce fait. Un turco en expédition se pourvoit même des objets les moins indispensables sur le champ de guerre, tels que rasoir, cuvette, savon pour se raser la tête : flageolet, guitare ou autres instruments nationaux pour tuer le temps pendant les nuits d’insomnie. Quelques-uns vont jusqu’à emmener avec eux des animaux domestiques, tels que perroquets, chats, chiens, etc.
» Nous nous souvenons d’avoir vu en 1870, parmi les régiments arabes dirigés vers la frontière franco-allemande, plus d’un turco portant — outre le sac réglementaire, la tente de campement, une couverture de laine et le fusil avec la baïonnette — deux paires de souliers de rechange, une paire de bottes suspendues derrière le sac et se balançant de concert avec deux énormes marmites en fer, une cuvette à barbe en cuivre avec une bande de cuir tanné servant à aiguiser les rasoirs, une guitare dont le manche démesurément long menaçait le ciel, un gros morceau de bois gras pour aider à allumer les feux, et dominant le tout, une cage dans laquelle était renfermé le plus beau perroquet que l’on puisse voir et qui semblait vouloir diriger le régiment pas les cris de : « guide à gauche ! par file à droite ! » etc.
» Il est évident que le turco ne se séparant jamais de ces objets plus ou moins nécessaires souffre peu ou point du déplacement qu’il subit en campagne. Le poids même de tant de bibelots entassés les uns sur les autres avec un désordre pittoresque que font tolérer les habitudes africaines, ne semble pas peser sur le dos qui les transporte à des centaines de kilomètres.
» Rien de tout cela chez le soldat turc. Il part en campagne comme il se rendrait chez lui en congé, ne se souciant de rien, ne prévoyant aucun cas de privation. Quant à la question de nourriture, à défaut de ration, le turco se contente parfaitement d’un chien tourné à la broche en guise de mouton rôti et d’un chat sauté à la graisse en place de civet de lièvre tandis qu’il faut plusieurs journées de jeûne au soldat turc avant qu’il ait recours à ces mets extraordinaires. Ce dernier résiste donc mieux à la faim et ne se rebiffe nullement lorsqu’on le met au régime de l’orge, du maïs ou du seigle en grains.
» Pour ce qui est de l’action au feu elle est identique chez le soldat turc comme chez le soldat arabe. Tous deux se jettent dans la mêlée avec la conviction profonde de n’être tués que si le sort les désigne d’avance. Il est difficile de résister à leur élan, si on n’obéit point aux mêmes convictions. Les Allemands en ont eu la preuve en 1870. Les Serbes viennent de renouveler l’expérience dans la dernière guerre. Le général Tchernaïeff, forcé de rendre justice à la bravoure du soldat turc, aurait dit qu’avec 500 mille hommes de cette troupe il bouleverserait l’Europe, comme le prince Frédéric-Charles avait dit, en voyant défiler les 15,000 prisonniers, derniers débris d’une armée de 30 mille combattants qui avaient tenu tête à 170 mille hommes : Honneur au courage malheureux.
» Ce qu’il y a de plus remarquable chez le soldat turc régulier ou volontaire, c’est l’ardeur avec laquelle il se rend au combat.
» Une guerre éclate. Ceux qui sont sous les armes sont dirigés vers la frontière, ceux qui se trouvent chez eux s’enrôlent comme volontaires. Il n’y a aucune nécessité de faire appel à l’élan patriotique. Du reste, les moyens manquent, et personne n’y songe.
» Pas de journaux publiant des articles à sensation dans le but d’exciter l’enthousiasme guerrier. Pas d’autels pour les enrôlements volontaires. Pas de proclamations. Pas despeach.
» Chaque département, chaque ville, chaque hameau, prévenus plus ou moins tard par un bruit qui circule vaguement dans le pays, envoient leur contingent de défenseurs. Chacun prend son sac et se dirige vers la capitale, où le chemin à prendre pour se trouver en présence de l’ennemi lui sera indiqué.
» Nul ne connaît les motifs qui ont pu amener la guerre. On ne s’en inquiète même pas. On ignore si elle a été ou non provoquée par le pays même, si elle se fait à tort ou à raison. Pas de commentaires. Pas de conjectures. La guerre existe, c’est un fait, cela suffit.
» Très peu de soldats connaissent la valeur militaire et quelquefois jusqu’au nom du chef auquel ils doivent obéir, la position ou l’importance du pays qu’ils doivent combattre. Aux yeux du soldat turc tous ces détails sont des questions secondaires qui n’ont aucune importance.
» Pour lui le devoir est simple. Il consiste uniquement à ne pas reculer devant l’ennemi et à se battre le mieux possible.
» L’idée d’un avancement n’entre pas dans son esprit. S’il tombe, c’est obscurément, son nom ne sera pas inscrit sur un monument commémoratif. S’il survit, il ne compte ni sur les honneurs, ni sur les distinctions.
» Ne connaissant que son devoir, toujours prêt à se sacrifier pour sa foi et son pays, d’habitudes sobres, le soldat turc, tel qu’il est, représente le véritable élément de défense. Il ne se fait aucune illusion sur sa carrière et se voue à la mort du jour où il s’engage sous les drapeaux.
» Dès ce moment, parents, amis, rien n’existe plus pour lui ; il attend l’heure désignée pour payer sa dette, et, cette heure sonnée, il ne recule pas.
» De pareils soldats, bien armés, bien équipés et bien commandés, feraient des prodiges de valeur dans une guerre de conquête ; mais où ils seraient encore plus vaillants, c’est dans la défense du sol national ; là, autant de combattants, autant de héros ! »
Je n’ai pas une ligne à retrancher de ce très fidèle portrait du soldat turc.
Pourquoi faut-il, hélas ! que j’aie à ajouter ceci :
C’est le 28 mai dernier que les officiers allemands chargés de la réorganisation de l’armée turque sont arrivés à Varna et se sont embarqués tout de suite pour Constantinople, où ils ont été, le 1erjuin, présentés au Sultan par M. de Hirschfeld, conseiller de l’ambassade allemande en Turquie.
Le Sultan avait revêtu pour la circonstance le grand cordon de l’Aigle noir et la grande croix de l’Aigle rouge. Il remercia l’empereur Guillaume d’avoir bien voulu lui envoyer les officiers présents et exprima l’espoir que ceux-ci rendraient de grands services à l’armée turque. Il ajouta que ce résultat lui était garanti par la supériorité des officiers prussiens et le choix fait par l’empereur en personne.
Le colonel de Kæhler répondit au nom de son souverain, et le Sultan le chargea de télégraphier à l’empereur d’Allemagne ses sentiments de reconnaissance.
L’entretien porta ensuite sur les réformes à opérer dans l’armée, et le Sultan assura aux officiers qu’ils auraient toujours accès au palais et jouiraient de sa protection spéciale.
Il fut un temps, hélas ! qui n’est pas encore très éloigné, où l’influence française prédominait dans les conseils de la Sublime Porte, où nos officiers étaient bien reçus, écoutés, où nous aurions pu avec un peu d’habileté et d’énergie obtenir pour nous-mêmes cette mission que l’Allemagne vient d’enlever haut la main, et alors, assurant notre influence sur le soldat turc si brave et si facilement maniable, affermir solidement par cela même notre prépondérance sur la nation tout entière[6].
[6]« Le soldat turc a de grandes vertus militaires. Le jour où on lui donnerait pour le commander des officiers instruits et sensibles au point d’honneur, il pourrait étonner encore le monde. Ce qui manque à l’armée ottomane ce ne sont pas les soldats, ce ne sont même pas les généraux, c’est l’officier subalterne. »Amiral Jurien de la Gravière.La Marine d’aujourd’hui.
[6]« Le soldat turc a de grandes vertus militaires. Le jour où on lui donnerait pour le commander des officiers instruits et sensibles au point d’honneur, il pourrait étonner encore le monde. Ce qui manque à l’armée ottomane ce ne sont pas les soldats, ce ne sont même pas les généraux, c’est l’officier subalterne. »
Amiral Jurien de la Gravière.La Marine d’aujourd’hui.
Pourquoi faut-il que l’impéritie de quelques diplomates, — plus préoccupés de leurs intérêts personnels et de leur avenir, que soucieux de l’honneur et du prestige de la patrie, — nous ait fait non seulement perdre ce que nous avions depuis longtemps acquis d’influence dans le Levant, mais nous ait de plus laissé abandonner à ceux qui furent nos ennemis, — et qui le seront peut-être demain, — le soin d’organiser, sur le mode prussien, les armées de notre alliée par tradition et par intérêt ?