Chapter 11

= What is your definition of cyberspace?

Cyberspace to me is the distance that is bridged when individuals use technology to connect, either by sharing information or chatting. To say that one exists in cyberspace is really to say that he has eliminated distance as a barrier to connecting with people and ideas.

= And your definition of the information society?

The information society to me is the tangible form of Jung's collective consciousness. Most of the information resides in the subconsciousness but browsing technology has made the information more retrievable which in turn allows us greater self knowledge both as individuals and as human beings.

= What is your best experience with the Internet?

My best experience with the Internet is using e-mail to stay in touch with friends.

= And your worst experience?

My worst experience was learning how to use it before technology surpassed my ineptitude.

[FR] Tim McKenna (Genève)

#Ecrivain, s'interroge sur la notion complexe de "vérité" dans un monde en mutation constante

*Entretien du 17 octobre 2000 (entretien original en anglais)

= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?

J'enseigne les mathématiques. En ce moment, je suis en disponibilité pour préparer une maîtrise en gestion des télécommunications.

= En quoi consiste exactement votre activité liée à l'internet?

J'utilise l'internet principalement comme outil de recherche.

= Comment voyez-vous l'avenir?

J'aimerais que l'internet devienne davantage un outil d'accès à l'information et aux médias non contrôlé par les multinationales.

= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?

Le droit d'auteur est une question difficile. Le détenteur de la propriété intellectuelle pense que ce qu'il a créé lui appartient. Quant au client, il achète un morceau de plastique (dans le cas d'un CD) ou un ensemble de pages brochées (dans le cas d'un livre). Les commerçants n'ont pas encore réussi à faire comprendre au client la notion de propriété intellectuelle. Le consommateur ne pense pas de manière très abstraite. Quand il télécharge des chansons par exemple, c'est simplement pour les écouter, non pour les posséder. L'industrie musicale et le monde de l'édition doivent trouver des solutions pour que le consommateur prenne en considération la question du copyright lors de ces téléchargements.

= Comment voyez-vous l'évolution vers un web multilingue?

Quand la qualité des logiciels sera suffisante pour que les gens puissent discuter sur le web en temps réel dans différentes langues, nous verrons tout un monde s'ouvrir à nous. Les scientifiques, les hommes politiques, les hommes d'affaires et bien d'autres groupes seront à même de communiquer immédiatement entre eux sans l'intermédiaire de médiateurs ou traducteurs.

= Utilisez-vous encore beaucoup de documents papier?

Le papier joue encore un rôle vital dans ma vie. Pour moi, la lecture est une question de fierté culturelle. J'ai des origines irlandaises (Tim est américain, ndlr). Pour paraphraser Thomas Cahil, en Irlande la spiritualité a toujours été étroitement liée à l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Ne pas pouvoir lire sur le papier me manquerait, et la lecture à l'écran est trop fatigante pour les yeux.

= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?

Je ne pense pas que le livre numérique séduise vraiment les amoureux des livres. Si l'internet est un excellent moyen d'information, les livres ne se bornent pas à cela. Ceux qui aiment les livres ont une relation personnelle avec eux. Ils les relisent, notent leurs commentaires sur les pages, s'entretiennent avec eux. Tout comme le cybersexe ne remplacera jamais le fait d'aimer une femme, le livre numérique ne remplacera jamais la lecture d'un beau texte en version imprimée.

= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure accessibilité du web aux aveugles et malvoyants?

Les concepteurs de logiciels doivent développer des logiciels activés par la voix, en ayant à l'esprit les aveugles en ce qui concerne la qualité, et l'ensemble des utilisateurs en ce qui concerne la rentabilité. Ceci est bien préférable que de limiter l'utilisation d'une technologie à la communauté des aveugles. Il existe d'innombrables exemples de technologies développées à l'origine pour des personnes ayant une déficience donnée et qui ont été profitables à tous.

= Comment définissez-vous le cyberespace?

Pour moi, le cyberespace est l'ensemble des liens existant entre les individus utilisant la technologie pour communiquer entre eux, soit pour partager des informations, soit pour discuter. Dire qu'une personne existe dans le cyberespace revient à dire qu'elle a éliminé la distance en tant que barrière empêchant de relier personnes et idées.

= Et la société de l'information?

Je considère la société de l'information comme la forme tangible de la conscience collective de Jung. L'information réside essentiellement dans notre subconscient mais, grâce à l'existence de navigateurs, l'information est désormais plus facile à récupérer. Cette information favorise une meilleure connaissance de nous-mêmes en tant qu'individus et en tant qu'êtres humains.

= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?

L'utilisation du courrier électronique pour rester en contact avec mes amis.

= Et votre pire souvenir?

Apprendre à utiliser l'internet, avant que la technologie n'apporte les améliorations me permettant de ne plus me préoccuper de mon inaptitude dans ce domaine.

[FR] Pierre Magnenat (Lausanne)

#Responsable de la cellule "gestion et prospective" du centre informatique de l'Université de Lausanne

*Entretien du 27 octobre 2000

= Pouvez-vous vous présenter?

Mathématicien de formation, je me suis ensuite orienté vers la recherche en astrophysique à l'Observatoire de Genève, domaine dans lequel j'ai obtenu mon doctorat en 1982. Le sujet en était l'étude de la stabilité des orbites dans des modèles numériques de galaxies, ce qui m'a conduit à développer un usage intense de l'informatique, et m'a peu à peu dirigé totalement vers cette branche encore neuve à l'époque. En 1985, j'ai accordé mes actes à mes préférences et suis parti travailler chez un constructeur informatique. J'ai rejoint l'Université de Lausanne en 1990 pour occuper le poste où je suis encore.

= Pouvez-vous décrire l'activité de votre organisme?

L'Université de Lausanne est une université généraliste fondée en 1537 (théologie, droit, lettres, sciences sociales, HEC (hautes études commerciales), sciences (maths, physique, chimie, biologie, sciences de la terre, pharmacie) et médecine. Elle comprend environ 10.000 étudiants et 2.200 chercheurs.

= Pouvez-vous décrire son site web?

Dès le début du web, un premier site a été créé par le personnel du centre informatique (en 1995). Chaque faculté, section ou institut s'y est mis par la suite, sans réelle unité et cohérence. Par la suite, certaines règles d'édition ont été établies, et le site remanié à plusieurs reprises avec l'aide de graphistes et d'une personne en charge de fédérer les informations. Nous avons été la première université suisse (voire européenne?) à permettre l'immatriculation des nouveaux étudiants par le web. Depuis, les applications administratives (ressources humaines, finances, grades, etc.) sont les unes après les autres adaptées à un usage par le web. Pour le futur proche, nous étudions la mise en place d'un portail dont l'accès sera personnalisé et adapté aux tâches et désirs de chacun, étudiants, personnel ou visiteur. Il permettra également un accès authentifié aux applications administratives.

= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?

Je dirige la centrale d'achats informatiques de l'université. A ce titre, je définis des normes techniques, je procède aux appels d'offres et gère l'entretien du parc, ainsi que les contrats de licences de logiciels. Je suis également responsable de l'établissement et de la gestion des budgets informatiques centraux. Une bonne part de mon activité est ainsi liée à des aspects de prospective et de veille technologique.

= En quoi consiste exactement votre activité liée à l'internet?

Bien avant l'arrivée du web, internet était déjà un outil essentiel à mon activité: courrier électronique, information par Usenet News puis gopher. Chaque développement nouveau de l'internet nous a permis de mettre en place des outils facilitant la vie de nos utilisateurs (listes de prix et configurations, formulaires de commandes, inventaires en ligne, etc.) tout comme la nôtre (contacts fournisseurs, informations techniques, etc.). Par ailleurs, cet usage a déteint dès le début sur mes activités personnelles (IRC, news, etc.), pour aboutir à un usage fréquent du commerce électronique et de la bourse en ligne.

= Comment voyez-vous l'avenir?

L'usage de l'internet va encore s'intensifier, tout comme ses aspects intranet au sein de notre institution. En particulier, l'apparition des "campus virtuels" proposant des enseignements à distance et/ou collaboratifs va bouleverser l'usage que l'on en fait jusqu'à maintenant, exigeant des bandes passantes considérablement plus grandes. La téléconférence, déjà mise en place par ATM (asynchronous transfer mode) entre les universités de Lausanne et Genève, va également s'étendre, exigeant elle aussi des moyens considérables et très sécurisés (par exemple pour les diagnostics médicaux à distance, voire la téléchirurgie).

= Utilisez-vous encore beaucoup de documents papier?

Oui, hélas. Nous continuons à devoir imprimer beaucoup de choses, ne serait-ce que pour des raisons administratives. Par contre, pour tout ce qui est information, je ne la prends plus que sur internet.

= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?

Comme pour toute nouvelle technologie, je m'y mettrai avec joie dès que son usage sera plus pratique et/ou agréable que la méthode traditionnelle. Il faut donc un support léger et petit, avec un écran parfaitement stable et précis. Il faudra de plus qu'il nous procure des avantages: possibilité de copier/coller des passages sur son poste de travail, accès à des bases de données bibliographiques, etc. Tant que c'est moins agréable qu'un livre, et sans avantage notable, je reste au livre. C'est comme pour l'agenda/PDA (personal digital assistant): je ne me suis pas encore résolu à passer au Palm, car mon vieux time-system est encore beaucoup plus pratique et rapide. Lors d'une séance de groupe où nous devons convenir d'une prochaine réunion, je suis toujours le premier à pouvoir dire si telle date me convient, alors que mes collègues "palmés" en sont encore à tapoter au stylet pour trouver la bonne page…

= Quelles sont vos suggestions pour un meilleur respect du droit d'auteur sur le web?

Je n'ai pas de suggestion, mais plutôt une interrogation: que cherche-t-on par là? Les évènements récents dans le monde musical ont montré que de grosses entreprises prennent prétexte du droit d'auteur pour en fait protéger leur profit. Je ne me fais aucune illusion sur la probabilité qu'a et aura un auteur peu médiatisé, dans un pays autre que les Etats-Unis, de recevoir des royalties sur un texte ou une musique diffusés sur le web, même si des dispositifs de mesure sophistiqués sont mis en place. Par ailleurs, ces dispositifs existent, permettant donc théoriquement un contrôle, alors que ça n'est pas le cas sur les photocopieurs ou les enregistreurs de cassettes. A cet égard, le web n'amène donc pas vraiment de problème supplémentaire.

= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure répartition des langues sur le web?

La seule solution que je vois serait qu'un effort majeur et global soit entrepris pour développer des traducteurs automatiques. Je ne pense pas qu'une quelconque incitation ou autre quota pourrait empêcher la domination totale de l'anglais. Cet effort pourrait - et devrait - être initié au niveau des états, et disposer des moyens suffisants pour aboutir. Concernant le français, il existe un groupement de pays francophones dont des délégués se réunissent régulièrement. Le résultat de ces réunions ne m'est jamais apparu clairement; l'économie réalisée en supprimant un ou deux de ces raouts permettrait peut-être de financer le projet…

= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure accessibilité du web aux aveugles et malvoyants?

Pas vraiment d'idée particulière autre que ce qui existe déjà, comme les synthétiseurs vocaux.

= Comment définissez-vous le cyberespace?

L'ensemble des ressources et acteurs connectés et accessibles à un moment donné.

= Et la société de l'information?

Un mot à la mode, qui ne veut rien dire. Une société est par essence communicative, et donc caractérisée par des échanges d'informations. Les seules choses qui ont changé, c'est la quantité et la vitesse de ces échanges.

= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?

Lorsqu'en 1995, je me suis retrouvé à mon premier GT (Get Together) en Californie, une party à laquelle participaient plus de cinquante personnes que je n'avais jamais vues, mais que je connaissais déjà bien pour avoir "chatté" avec elles pendant deux ans sur IRC (Internet relay chat).

= Et votre pire souvenir?

Lorsque je me suis fait avoir par une fausse information concernant une société dont je possédais des actions. C'est un mauvais souvenir mais une bonne leçon.

[FR] Xavier Malbreil (Ariège, Midi-Pyrénées)

#Auteur multimédia, créateur du site www.0m1.com, modérateur de la liste e-critures

Auteur multimédia, Xavier Malbreil est le créateur du site www.0m1.com et le modérateur de la liste e-critures. Son roman Je ne me souviens pas très bien est une expérience d'écriture mise en ligne en temps réel. Par ailleurs, certains des ouvrages de Xavier Malbreil sont publiés par les éditions www.manuscrit.com: Des corps amoureux dans quelques récits, recueil de quinze nouvelles autour des nouvelles limites du corps amoureux, et Les prisonniers de l'internet, épisode I et II, début d'une saga "jeunesse" sur l'imaginaire lié à l'internet.

* Entretien du 28 mars 2001

= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?

Je fais plusieurs métiers de plume comme: traducteur, rédacteur publicitaire, concepteur de sites internet.

= En quoi consiste exactement votre activité liée à l'internet?

Je suis modérateur de la liste e-critures. Webmaster du site www.0m1.com.Intervenant sur le site www.e-critures.org. Créateur de plusieurs sites.

= Les possibilités offertes par l'hyperlien ont-elles changé votre mode d'écriture?

Oui: j'ai développé une écriture hypertextuelle spécifique sur mon site www.0m1.com dans les rubriques "10 poèmes en 4 dimensions" et "Formes libres flottant sur les ondes".

Non: mon écriture traditionnelle (roman, nouvelles) n'a pas été modifiée par l'hyperlien.

= Comment voyez-vous l'avenir?

J'ai plusieurs projets en cours de développement destinés à l'internet. Concernant l'avenir de l'internet, je le crois illimité. Il ne faut pas confondre les gamelles que se prennent certaines start-up trop gourmandes, ou dont l'objectif était mal défini, et la réalité du net. Mettre des gens éloignés en contact, leur permettre d'intéragir, et que chacun, s'il le désire, devienne son propre fournisseur de contenu, c'est une révolution dont nous n'avons pas encore pris toute la mesure.

= Utilisez-vous encore beaucoup de documents papier?

Dans mon travail d'écriture traditionnelle, je me sers du papier comme d'une étape intermédiaire. En imprimant ce que j'ai tapé sur l'ordinateur, je visualise mieux (mets à distance) le premier jet, afin de mieux le retravailler. Puis retour sur écran, et re-impression sur papier, autant de fois qu'il le faut.

= Les jours du papier sont-ils comptés?

Il y a beaucoup de choses qui pourront se passer du papier, comme les annuaires, les guides, etc…

Le livre-papier reste encore un objet désirable (oui, il faut mettre en avant ce concept d'avoir du désir pour un livre et toujours se poser la question "depuis combien de temps n'ai-je pas eu du désir pour un livre?"). Par contre, ce qui a été créé pour et par ordinateur ne gagnera rien à être transféré sur papier. Il ne sert à rien d'opposer les deux médias. On élève toujours des chevaux, même si la voiture rend des services plus performants. Feuilleter un livre, c'est une impression physique, dans laquelle la performance n'a rien à voir.

Explorer ludiquement un écran, c'est une joie également.

= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?

Pour l'instant, je trouve ça moche, et peu pratique. Nous n'en sommes qu'au début. L'argument selon lequel on pourrait disposer de plusieurs livres simultanément me semble un peu fallacieux. Quand on est un lecteur, on veut lire UN livre et pas trente-six à la fois. Ce livre, on l'a choisi, on le désire. Quand on en veut un autre, on en prend un autre. Il y a le cas des expéditions lointaines. Oui… mais est-ce vraiment un argument? Il ne faut pas se laisser prendre aux arguments des vendeurs de gadgets électroniques.

= Quel est votre avis sur les débats relatifs au respect du droit d'auteur sur le web?

Il y a deux choses.

Le web ne doit pas être un espace de non-droit, et c'est un principe qui doit s'appliquer à tout, et notamment au droit d'auteur. Toute utilisation commerciale d'une oeuvre doit ouvrir droit à rétribution.

Mais également, le web est un lieu de partage. Echanger entre amis des passages d'un texte qui vous a plu, comme on peut recopier des passages d'un livre particulièrement apprécié, pour le faire aimer, cela ne peut faire que du bien aux oeuvres, et aux auteurs. La littérature souffre surtout de ne pas être diffusée. Tout ce qui peut concourir à la faire sortir de son ghetto sera positif.

= Comment définissez-vous le cyberespace?

Une interconnexion de tous, partout. Avec le libre accès à des banques de données, pour insuffler également du contenu dans les échanges interpersonnels.

= Et la société de l'information?

La circulation de l'information en temps réel. La connaissance immédiate. L'oubli immédiat. L'espace saturé d'ondes nous entourant, et nous, corps humains, devenant peu à peu un simple creux laissé par les ondes, une simple interconnexion. Corps humains devenant instants de l'information.

= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?

Une rencontre amoureuse. La rencontre de plusieurs communautés d'écrivains.

= Et votre pire souvenir?

Au tout début, ne pas avoir maîtrisé les codes de communication liés à l'internet. M'être laissé entraîner dans des polémiques vaines.

[FR] Alain Marchiset (Paris)

#Président du Syndicat de la librairie ancienne et moderne (SLAM)

En France, le SLAM (Syndicat de la librairie ancienne et moderne) est le seul syndicat professionnel des libraires de livres anciens, livres illustrés, autographes et gravures. Créé en 1914, il regroupe aujourd'hui quelque 220 membres.

[Entretien 07/07/2000 // Entretien 11/06/2001]

*Entretien du 7 juillet 2000

= En quoi consiste le site web du SLAM?

L'Association des libraires de livres anciens - le Syndicat national de la librairie ancienne et moderne (SLAM) - avait déjà créé un premier site internet il y a trois ans, mais ce site ne nous appartenait pas et la conception en était un peu statique. Ce nouveau site plus moderne de conception a été ouvert il y a un an.

Il intègre une architecture de type "base de données", et donc un véritable moteur de recherche, qui permet de faire des recherches spécifiques (auteur, titre, éditeur, et bientôt sujet) dans les catalogues en ligne des différents libraires. Le site contient l'annuaire des libraires avec leurs spécialités, des catalogues en ligne de livres anciens avec illustrations, un petit guide du livre ancien avec des conseils et les termes techniques employés par les professionnels, et aussi un service de recherche de livres rares.

De plus l'Association organise chaque année en novembre une foire virtuelle du livre ancien sur le site, et en mai une véritable foire internationale du livre ancien qui a lieu à Paris et dont le catalogue officiel est visible aussi sur le site. Le SLAM est membre de la Ligue internationale de la librairie ancienne (LILA), qui est une fédération d'associations professionnelles de libraires de 28 pays dans le monde.

= En quoi consiste exactement votre activité liée à l'internet?

Les libraires membres proposent sur le site du SLAM des livres anciens que l'on peut commander directement par courrier électronique et régler par carte de crédit. Les livres sont expédiés dans le monde entier.

= Comment voyez-vous l'avenir?

Les libraires de livres anciens vendaient déjà par correspondance depuis très longtemps au moyen de catalogues imprimés adressés régulièrement à leurs clients. Ce nouveau moyen de vente n'a donc pas été pour nous vraiment révolutionnaire, étant donné que le principe de la vente par correspondance était déjà maîtrisé par ces libraires. C'est simplement une adaptation dans la forme de présentation des catalogues de vente qui a été ainsi réalisée. Dans l'ensemble la profession envisage assez sereinement ce nouveau moyen de vente.

= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?

Ce problème ne nous concerne guère étant donné que nous vendons surtout des livres anciens et donc des textes qui sont dans le domaine public.

= Et en ce qui concerne un internet multilingue?

Notre site internet est déjà bilingue anglais-français. Bien entendu l'anglais semble incontournable, mais nous essayons aussi de maintenir le français autant que possible.

= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?

Notre étonnement initial face aux premières ventes réalisées. Nous avions en effet du mal à imaginer des personnes pianotant sur un clavier pour faire leurs achats.

= Et votre pire souvenir?

Tous les messages publicitaires dont nous sommes inondés.

*Entretien du 11 juin 2001

= Quoi de neuf depuis notre premier entretien?

Après une expérience de près de cinq années sur le net, je pense que la révolution électronique annoncée est moins évidente que prévue, et sans doute plus "virtuelle" que réelle pour le moment. Les nouvelles technologies n'ont pas actuellement révolutionné le commerce du livre ancien. Nous assistons surtout à une série de faillites, de rachats et de concentrations de sociétés de services (principalement américaines) autour du commerce en ligne du livre, chacun essayant d'avoir le monopole, ce qui bien entendu est dangereux à la fois pour les libraires et pour les clients qui risquent à la longue de ne plus avoir de choix concurrentiel possible. Les associations professionnelles de libraires des 29 pays fédérées autour de la Ligue internationale de la librairie ancienne (LILA) ont décidé de réagir et de se regrouper autour d'un gigantesque moteur de recherche mondial sous l'égide de la LILA, à partir du site www.ilab-lila.com. Cette fédération représente un potentiel de 2.000 libraires indépendants dans le monde, mais offrant des garanties de sécurité et de respect de règles commerciales strictes. Ce nouveau moteur de recherche de la LILA (en anglais ILAB) en pleine expansion est déjà référencé par AddAll.com et Bookfinder.com. Voilà donc pour les nouveautés et les dernières orientations stratégiques qui semblent se dessiner sur la toile…

[ES] Maria Victoria Marinetti (Annecy, Francia)

#Profesora de español para empresas, y traductora

Maria Victoria Marinetti, de nacionalidad mexicana y francesa, es doctora en ingeniería. Es profesora de español especializado en todo tipo de empresas, y traductora.

[Entrevista 25/08/1999 // Entrevista 11/08/2001]

*Entrevista del 25 de agosto de 1999

= ¿Cuáles son los cambios obtenidos por Internet en su vida profesional y personal?

Tengo un acceso a una gran cantidad de información a nivel mundial, por lo tanto es muy interesante. Tengo también la oportunidad de poder transmitir y recibir cartas, fotos, etc., es un "va y viene" de información constante.

Por medio de Internet puedo realizar traducciones de todo tipo, del francés al español y viceversa, así como también enviar y recibir correcciones al respecto. Dentro del área técnica o química, propongo ayuda y consejos técnicos, así como información para la exportación de equipos de alta tecnología hacia México u otro país de América Latina.

Hay un interés comercial, se pueden hacer varias operaciones, pero…, a veces dudamos en hacerlo por la poca seriedad y seguridad que hay en la forma de pago. Hay muchos abusos en la parte comercial, venden cosas que no existen realmente, lo que yo llamo un robo, es por eso que la gente no confia mucho en el uso comercial.

= ¿Qué piensa Ud. de los debates con respecto a los derechos de autor en la Red?

Pienso que el problema que existe es que la ley fue sobrepasada por la tecnología, no existe ninguna posibilidad de protección a nivel legal y jurídico; lo que sugiero es hacer una legislación en Internet.

= ¿Cómo ve Ud. la evolución hacia un Internet multilingüe?

Es muy importante poder comunicar con el Net en diferentes lenguas, es más bien obligatorio, porque la información la tenemos a nivel mundial, ¿por qué no podríamos tenerla en el idioma que hablamos o que deseamos? ¿Es contradictorio no?

= ¿Cuál es su mejor recuerdo relacionado con Internet?

Poder comunicar con mi familia y amigos en otros continentes.

= ¿Y su peor recuerdo?

A veces no funciona, es lento, impreciso, la información es enorme y poco estructurada y lo peor es que es muy caro (en Francia).

*Entrevista del 11 de Agosto de 2001

= ¿Algo nuevo desde nuestra primera entrevista?

Desde nuestra primera entrevista, el uso del internet ha aumentado tanto en mi vida familiar como en mi vida profesional. Por el net, puedo comunicar y hacer intercambios con mi familia en México y en Estados Unidos, asi como con mis amigos en todo el mundo.

El internet es un medio de comunicación rápido, fiable y agradable.

Sin embargo, en el uso del internet como herramienta de teletrabajo, pocas empresas están equipadas y experimentadas para utilizar en el trabajo de todos los días los intercambios de datos, sobre todo usando la voz y la imagen (por ejemplo, para la formación o enseñanza vía el net, o en conferencias entre varias personas vía el net).

Por mi parte, encuentro este problema porque deseo hacer la "teleformación" o "tele-enseñanza" del idioma español, utilizando la voz y la imagen, pero mis clientes en las empresas francesas o suizas no están acostumbrados a utilizar fácilmente estos nuevos medios de comunicación, a pesar de su carácter práctico (ningún desplazamiento a hacer) y a pesar de la fiabilidad que no deja de aumentar en estos nuevos medios de comunicación por el internet.

En conclusión, queda todavía mucho trabajo por hacer de parte de las compañías de consejo en informática para familiarizar a las empresas con el uso de las nuevas tecnologías ligadas a la transferencia de datos con voz e imagen vía el internet.

En cuanto a la búsqueda de una información precisa (técnica, jurídica o ligada a un campo en particular), los motores de búsqueda dan raramente respuestas pertinentes. Por lo tanto, de una manera general, el problema del internet es que sigue siendo difícil de obtener una respuesta precisa a una pregunta precisa.

[FR] Maria Victoria Marinetti (Annecy)

#Professeur d'espagnol en entreprise et traductrice

Maria Victoria Marinetti, de nationalités mexicaine et française, est docteur en ingénierie. Elle est professeur d'espagnol dans plusieurs entreprises du bassin annécien, et traductrice.

[Entretien 25/08/1999 // Entretien 11/08/2001]

*Entretien du 25 août 1999

= Quel est l'apport de l'internet dans votre activité?

J'ai accès à un nombre important d'informations au niveau mondial, ce qui est très intéressant pour moi. J'ai également la possibilité de transmettre ou de recevoir des fichiers, des lettres, des photos, etc., dans un va-et-vient d'information constant.

L'internet me permet de recevoir ou d'envoyer des traductions générales ou techniques du français vers l'espagnol et vice versa, ainsi que des textes espagnols corrigés. Dans le domaine technique ou chimique, je propose une aide technique, ainsi que des informations sur l'exportation d'équipes de haute technologie vers le Mexique ou d'autres pays d'Amérique latine.

L'internet me donne également la possibilité de faire des opérations commerciales en ligne, même si j'hésite parfois à cause du peu de sécurité offert par ce type de paiement. Les abus sont nombreux, on vend des choses qui n'existent pas - je considère cela comme du vol - c'est la raison pour laquelle les gens ne sont pas très confiants dans ce type de commerce.

= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?

Je pense que le droit est maintenant dépassé par la technologie, et qu'il n'y a pas de protection possible au niveau juridique. Il serait souhaitable de créer une véritable législation de l'internet.

= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?

Il est très important de pouvoir communiquer en différentes langues. Je dirais même que c'est obligatoire, car l'information donnée sur le net est à destination du monde entier, alors pourquoi ne l'aurions-nous pas dans notre propre langue ou dans la langue que nous souhaitons lire? Information mondiale, mais pas de vaste choix dans les langues, ce serait contradictoire, pas vrai?

= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?

Le fait que je puisse communiquer avec ma famille et mes amis partout dans le monde.

= Et votre pire souvenir?

Quelquefois ça ne marche pas, c'est lent, imprécis, l'information est énorme et peu structurée, et en plus c'est très cher (en France, nldr).

*Entretien du 11 août 2001

= Quoi de neuf depuis notre premier entretien?

Depuis notre premier entretien, j'utilise beaucoup l'internet pour des échanges avec ma famille du Mexique et mes amis d'un peu partout dans le monde, c'est un outil de communication rapide, agréable et fantastique pour moi.

Par contre, dans l'utilisation d'internet comme outil de télétravail, très peu d'entreprises ont le matériel et l'expérience nécessaires pour utiliser les échanges de données dans le travail de tous les jours, notamment pour la voix et l'image (par exemple pour la formation via le net ou pour des conférences à plusieurs via le net).

Pour ma part, je rencontre ce problème car je souhaite faire de la téléformation en langue espagnole, en utilisant la voix et l'image, et mes entreprises clientes ne sont pas habituées à utiliser facilement ces moyens de communication malgré leur caractère pratique (pas de déplacements à faire) et malgré la fiabilité accrue de ces nouveaux moyens de communication par l'internet.

En conclusion, les sociétés de conseil informatique ont encore beaucoup à faire pour familiariser les entreprises à l'utilisation des nouvelles technologies liées aux transferts de données par l'internet.

En ce qui concerne la recherche d'une information précise (technique, juridique ou liée à un domaine particulier), les moteurs de recherche donnent très rarement des réponses pertinentes. D'une manière générale, le problème reste donc qu'il est très difficile d'obtenir une réponse précise à une question précise.

[EN] Michael Martin (Berkeley, California)

#Founder and president of Travlang, a site dedicated both to travel and languages

Michael Martin created a Foreign Languages for Travelers section on his university website in 1994 when he was a physics student in New York. A year later, after its dizzying growth, he launched Travlang, a site that quickly became a major portal for travel and languages and won a best travel site award in 1997. Martin, now an experimental physics researcher at the Lawrence Berkeley National Laboratory in California, sold it to GourmetMarket.com in February 1999, who sold it to iiGroup in January 2000. By July 2000, the site was pulling in two million visitors a month.

Travlang has two main sections. Foreign Languages for Travelers allows you to learn 70 different languages on the Web. Translating Dictionaries links to free dictionaries in Afrikaans, Czech, Danish, Dutch, Esperanto, Finnish, French, Frisian, German, Hungarian, Italian, Latin, Norwegian, Portuguese, Spanish and Swedish. You can also book your hotel, car or plane ticket, look up exchange rates and browse 7,000 other language and travel sites.

*Interview of August 25, 1998

= How did using the Internet change your professional life?

Well, certainly we've made a little business of our website! The Internet is really a great tool for communicating with people you wouldn't have the opportunity to interact with otherwise. I truly enjoy the global collaboration that has made our Foreign Languages for Travelers pages possible.

= How do you see the growth of a multilingual Web?

I think the Web is an ideal place to bring different cultures and people together, and that includes being multilingual. Our Travlang site is so popular because of this, and people desire to feel in touch with other parts of the world.

I think computerized full-text translations will become more common, enabling a lot of basic communications with even more people. This will also help bring the Internet more completely to the non-English speaking world.

[FR] Michael Martin (Berkeley, Californie)

#Créateur et président de Travlang, un site consacré aux voyages et aux langues

En 1994, alors qu'il est étudiant en physique, Michael Martin crée une rubrique intitulée Foreign Languages for Travelers sur le site de son université à New York. Cette rubrique s'étoffe rapidement et rencontre un grand succès. L'année suivante, il décide de créer Travlang, devenu depuis un site majeur dans le domaine des voyages et des langues, et nommé meilleur site de voyages en 1997. Michael C. Martin est maintenant chercheur en physique au Lawrence Berkeley National Laboratory (Californie), et il continue d'actualiser son site. Travlang est acquis en février 1999 par GourmetMarket.com, puis racheté en janvier 2000 par iiGroup. En juillet 2000, le site atteint les 2 millions de visiteurs par mois.

Les deux principales rubriques de Travlang sont: a) Foreign Languages for Travelers, qui donne la possibilité d'apprendre 70 langues différentes sur le web, et b) Translating Dictionaries, qui donne accès à des dictionnaires gratuits dans diverses langues (afrikaans, allemand, danois, espagnol, espéranto, finnois, français, frison, hollandais, hongrois, italien, latin, norvégien, portugais, suédois et tchèque). On peut aussi réserver son hôtel, sa voiture ou son billet d'avion, connaître les taux de change, consulter une rubrique de 7.000 liens vers d'autres sites de langues et de voyages, etc.

*Entretien du 25 août 1998 (entretien original en anglais)

= Quel est l'apport de l'internet dans votre activité?

Et bien, nous avons fait de Travlang une petite société! L'internet est vraiment un outil important pour communiquer avec des gens avec lesquels vous n'auriez pas l'occasion de dialoguer autrement. J'apprécie vraiment la collaboration générale qui a rendu possibles les pages de Foreign Languages for Travelers.

= Comment voyez-vous l'expansion du multilinguisme sur le web?

Je pense que le web est un endroit idéal pour rapprocher les cultures et les personnes, et ceci inclut le multilinguisme. Notre site Travlang est très populaire pour cette raison, car les gens aiment être en contact avec d'autres parties du monde.

A mon avis, la traduction informatique intégrale va devenir monnaie courante, et elle permettra de communiquer à la base avec davantage de gens. Ceci aidera aussi à amener davantage l'internet au monde non anglophone.

[FR] Emmanuel Ménard (Paris)

#Directeur des publications de CyLibris, maison d'édition littéraire en ligne

Cet entretien expose en détail la procédure éditoriale de CyLibris, en complément de la présentation de CyLibris par Olivier Gainon, son fondateur et gérant.

*Entretien du 19 février 2001

= Pouvez-vous décrire en détail la procédure éditoriale de CyLibris?

Si la démarche de commercialisation et de fabrication de CyLibris tranche nettement avec le modèle couramment appliqué dans l'édition française, notre procédure éditoriale est en revanche beaucoup plus classique. Tout au moins dans ses principes, sinon dans sa mise en oeuvre.

Rappelons tout d'abord que la ligne éditoriale de CyLibris repose sur deux axes forts:

(a) Tout d'abord, la découverte, la publication et la promotion de "jeunes auteurs". La notion de "jeune auteur" ne fait bien sûr pas appel à l'état civil, mais désigne plutôt des écrivains qui font leurs premières armes, soit qu'il s'agisse de premières oeuvres, soit qu'ils n'aient jusqu'alors pas été publiés. Naturellement, ce choix littéraire n'a rien d'exclusif; en effet, un auteur déjà publié chez nous et qui souhaite nous proposer un second texte est le bienvenu (Jean Pailler en littérature générale, Jérôme Touzalin en théâtre, Philippe Ward en fantastique pour ne citer que quelques exemples) de même qu'un auteur "reconnu" et déjà édité par ailleurs qui désire travailler avec nous (à titre d'exemple, à nouveau, on peut citer Philippe Raulet, Eyet-Chékib Djaziri ou Jean Millemann entre autres).

(b) Ensuite, étant affranchi d'un certain nombre de contraintes strictement économico-commerciales du fait de son modèle original, CyLibris s'est donné comme vocation de s'intéresser à des textes atypiques, inclassables, hors normes. C'est ainsi que notre catalogue compte aujourd'hui des exemples:

- de mélange des genres (La Table d'Hadès, policier fantastique, ou La Toile (prix 1999 de la Société des gens de lettres), roman policier et de science-fiction, mais aussi réflexion socio-technologique sur l'internet),

- de textes originaux dans leur forme (Racontez!, suite d'hilarantes fausses rédactions, Bruits de Chute, succession de monologues acides ou drôles ou encore Le Style Mode d'Emploi, sur le modèle des Exercices de Style de Queneau),

- de genres délaissés ou peu répandus (Artahé, exemple de "fantastique à la française" résolument démarqué du modèle américain ou La Zone du Dehors, science-fiction politique et philosophique),

- de textes violents et résolument "anti-commerciaux" (comme Journal de l'Apocalypse, récemment racheté et republié par les éditions Baleine, ou Nux Vomica).

On verra par la suite l'impact de cette politique éditoriale sur le fonctionnement pratique de CyLibris.

Le trajet d'un manuscrit envoyé chez CyLibris est le suivant:

(a) La première lecture est assurée par notre comité de lecture, regroupant une quinzaine de lecteurs aux goûts aussi variés que possible. Cette première lecture, éventuellement suivie d'une seconde en cas d'hésitation du lecteur, donne lieu soit à un refus (signifié par lettre et systématiquement argumenté), soit à un premier accord à valider par le directeur des publications. Il nous faut signaler ici les critères d'évaluation du comité de lecture, car elles tranchent ouvertement avec ceux qui sont appliqués dans certaines autres structures. Dès la création de CyLibris, nous avons affiché notre volonté d'être en phase avec l'attente du lectorat, et cela a eu deux conséquences notables: tout d'abord, notre comité de lecture est constitué de lecteurs non professionnels et n'appartenant pas au monde de l' édition, tant nous semblait patent le hiatus entre l'offre des éditeurs et l'attente du public; ensuite, la "règle du jeu" instituée a été de valider ou non le manuscrit en fonction du plaisir pris à sa lecture, sans s'embarrasser des paramètres plus ou moins ésotériques du monde de l'édition, d'ailleurs entourés d'un épais mystère qui ne peuvent que susciter interrogations voire suspicion. Il est à signaler que compte tenu de notre intérêt pour les premières oeuvres, un manuscrit imparfait mais qui nous semble receler un potentiel est généralement accepté, dans l'optique d'un retravail dont il sera question plus loin. Le taux d'acceptation de CyLibris à ce stade oscille entre 2 et 5% selon les périodes, pour une moyenne de moins de 1% dans l'édition.

(b) Le manuscrit ayant passé cette première étape est ensuite validé par le directeur des publications en fonction de sa cohérence avec la ligne éditoriale de CyLibris, et de la somme de retravail nécessaire.

(c) Une fois cette validation obtenue, l'auteur est contacté pour la contractualisation de sa publication. Le contrat d'édition proposé est conforme aux usages de la profession, avec des droits d'auteurs de 10% du prix de vente HT de l'ouvrage. Toutefois, compte tenu du procédé de fabrication de nos livres, le contrat est exempt des conditions habituelles de retirage, qui sont remplacées par une durée fixée de propriété des droits intellectuels.

(d) C'est ensuite que commence la partie la plus intéressante sans doute du processus, à savoir la collaboration avec l'auteur pour retravailler le manuscrit et l'amener à un niveau de qualité conforme aux attentes des deux parties. Cette étape est bien sûr d'une durée variable, entre des oeuvres qui ont été publiées quasiment en l'état, et d'autres dont la maturation a duré jusqu'à un an et demi (notre liberté vis-à-vis du système des offices de mise en place fait qu'il ne s'agit pas d'un problème notable), ce qui aboutit à des délais de publication différents d'un ouvrage à l'autre. Ce retravail, susceptible de porter sur le fond ou la forme, est mené par l' auteur avec un directeur de collection (pour le policier / suspense, le théâtre, le fantastique et la science-fiction) ou un directeur de publication (dans le cas de la "littérature générale").

(e) Lorsque le texte définitif a été obtenu, il reste à réunir et constituer les outils de présentation et de promotion de l'oeuvre:

- résumé (pour le site internet et pour la quatrième de couverture),

- première de couverture,

- argumentaire à destination des points de commercialisation,

- argumentaire figurant sur le site à destination des internautes,

- extraits (trois au total) représentatifs de l'oeuvre, en libre disposition sur le site.

Cette étape est menée conjointement par l'auteur et l'équipe éditoriale.

(f) La promotion se fait de façon classique (par la presse spécialisée et les supports adaptés à l'oeuvre (exemple des romans historiques ou de la littérature de genre) mais aussi à travers l'internet (listes de discussion, sites partenaires). Ce point fait d'ailleurs l'objet, avec la constitution et l'extension d'un réseau de distribution plus vaste, des projets de développements majeurs de CyLibris en 2001.

[EN] Yoshi Mikami (Fujisawa, Japan)

#Creator of The Languages of the World by Computers and the Internet, and co-author of The Multilingual Web Guide

Set up in December 1995 by Yoshi Mikami, The Languages of the World by Computers and the Internet (known as Logos Home Page or Kotoba Home Page) gives for each language a brief history, its features, writing system and character set and keyboard for computer and Internet processing.

Yoshi Mikami is also the co-author (with Kenji Sekine and Nobutoshi Kohara) ofThe Multilingual Web Guide, first published in Japanese in August 1997 (O'ReillyJapan, ISBN 4-900900-23-0), and translated into English, French and German.

*Interview of December 17, 1998

= What is your experience with languages?

My native tongue is Japanese. Because I had my graduate education in the US and worked in the computer business, I became bilingual in Japanese and American English. I was always interested in languages and different cultures, so I learned some Russian, French and Chinese along the way. In late 1995, I created on the Web The Languages of the World by Computers and the Internet and tried to summarize there the brief history, linguistic and phonetic features, writing system and computer processing aspects for each of the six major languages of the world, in English and Japanese. As I gained more experience, I invited my two associates to help me write a book on viewing, understanding and creating multilingual web pages, which was published in August 1997 as The Multilingual Web Guide, in a Japanese edition, the world's first book on such a subject.

= How do you see the growth of a multilingual Web?

Thousands of years ago, in Egypt, China and elsewhere, people were more concerned about communicating their laws and thoughts not in just one language, but in several. In our modern world, most nation states have each adopted one language for their own use. I predict greater use of different languages and multilingual pages on the Internet, not a simple gravitation to American English, and also more creative use of multilingual computer translation. 99% of the websites created in Japan are written in Japanese.

[FR] Yoshi Mikami (Fujisawa, Japon)

#Créateur de The Languages of the World by Computers and the Internet et co-auteur de Pour un web multilingue

Créé en décembre 1995 par Yoshi Mikami, le site "The Languages of the World by Computers and the Internet", communément appelé "Logos Home Page" ou "Kotoba Home Page", donne, pour chaque langue, un bref historique, les caractéristiques, le système d'écriture, le jeu de caractères et la configuration du clavier pour l'utilisation de l'ordinateur et de l'internet dans la langue donnée.

Yoshi est également co-auteur (avec Kenji Sekine et Nobutoshi Kohara) de Pour un web multilingue, paru en japonais, anglais, allemand et français (Paris, Editions O'Reilly, septembre 1998, ISBN 2-84177-055-9).

*Entretien du 17 décembre 1998 (entretien original en anglais)

= Quelle est votre expérience dans le domaine des langues?

Ma langue maternelle est le japonais. Comme j'ai suivi mes études de troisième cycle aux Etats-Unis et que j'ai travaillé dans l'informatique, je suis devenu bilingue japonais/anglais américain. J'ai toujours été intéressé par différentes langues et cultures, aussi j'ai appris le russe, le français et le chinois dans la foulée. A la fin de 1995, j'ai créé sur le web le site "The Languages of the World by Computers and the Internet" et j'ai tenté de donner - en anglais et en japonais - un bref historique de toutes ces langues, ainsi que les caractéristiques propres à chaque langue et à sa phonétique. Suite à l'expérience acquise, j'ai invité mes deux associés à écrire un livre sur la conception, la création et la présentation de pages web multilingues, livre qui fut publié en août 1997 sous le titre : The Multilingual Web Guide (édition japonaise, et traduit ensuite en allemand, anglais et français, ndlr), le premier livre au monde sur un tel sujet.

= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?

Il y a des milliers d'années de cela, en Egypte, en Chine et ailleurs, les gens étaient plus sensibles au fait de communiquer leurs lois et leurs réflexions non seulement dans une langue mais dans plusieurs. Dans notre monde moderne, chaque état a adopté plus ou moins une seule langue de communication. A mon avis, l'internet verra l'utilisation plus grande de langues différentes et de pages multilingues (et pas seulement une gravitation autour de l'anglais américain) et un usage plus créatif de la traduction informatique multilingue. 99% des sites web créés au Japon sont en japonais!

[FR] Jacky Minier (Orléans)

#Créateur de Diamedit, site de promotion d'inédits artistiques et littéraires

"Conçu dès 1997, le site Diamedit (Delta Industries Arts Media) vit le jour l'année suivante, quand son grand frère - le portail historique Royalement Vôtre - fut vraiment lancé, explique Jacky Minier, son créateur. "Le présent a maintenant rattrapé l'histoire, et le nombre sans cesse croissant de nouveaux écrivains sur le web m'a amené à promouvoir beaucoup plus cette année l'édition littéraire. Consacré uniquement aux inédits artistiques et littéraires, Diamedit prend aujourd'hui toute sa dimension. La qualité des auteurs sévèrement sélectionnés pour leur indiscutable talent et leur originalité, la sobriété des écrans, les corrections effectuées, la présentation professionnelle, tout est tourné vers la mise en valeur des textes proposés. Cela apporte à ce site une empreinte de sérieux rarement trouvée ailleurs."

Outre Diamedit, site de promotion d'inédits artistiques et littéraires, Jacky Minier gère Royalement Vôtre, site de promotion des patrimoines historiques régionaux, et Beau Céans, une initiative d'internautes pour une vie nouvelle.

*Entretien du 10 octobre 2000

= Pouvez-vous décrire Diamedit?

J'ai imaginé ce site d'édition virtuelle il y a maintenant plusieurs années, à l'aube de l'ère internautique francophone. A l'époque, il n'y avait aucun site de ce genre sur la toile à l'exception du site québécois Editel de Pierre François Gagnon. J'avais alors écrit un roman et quelques nouvelles que j'aurais aimé publier mais, le système français d'édition classique papier étant ce qu'il est, frileux et à la remorque de l'Audimat, il est devenu de plus en plus difficile de faire connaître son travail lorsqu'on n'est pas déjà connu médiatiquement. J'ai donc imaginé d'utiliser le web pour faire la promotion d'auteurs inconnus qui, comme moi, avaient envie d'être lus. Diamedit est fait pour les inédits. Rien que des inédits. Pour encourager avant tout la création.

= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?

Je suis, comme beaucoup de pionniers du net sans doute, autodidacte et multiforme. A la fois informaticien, écrivain, auteur de contenus, webmestre, graphiste au besoin, lecteur, correcteur pour les tapuscrits des autres, et commercial, tout à la fois.

Mon activité est donc un mélange de ces diverses facettes. Toutefois, de plus en plus, je suis amené à me consacrer davantage à la promotion de mes sites que j'avais jusque-là tendance à négliger un peu, et j'envisage de déléguer largement la sélection des tapuscrits aux auteurs eux-mêmes, qui coopteraient ainsi entre eux les nouveaux venus. De cette manière, le cercle grandissant de passionnés de l'écriture devrait maintenir de lui-même un niveau de qualité suffisant pour conserver ou amplifier l'attrait que Diamedit exerce sur ses lecteurs.

= Comment voyez-vous l'avenir?

Souriant. Je le vois très souriant. Je crois que le plus dur est fait et que le savoir-faire cumulé depuis les années de débroussaillage verra bientôt la valorisation de ces efforts. Le nombre des branchés francophones augmente très vite maintenant et, même si en France on a encore beaucoup de retard sur les Amériques, on a aussi quelques atouts spécifiques. En matière de créativité notamment. C'est pile poil le créneau de Diamedit. De plus, je me sens moins seul maintenant qu'il y a seulement deux ans. Des confrères sérieux ont fait leur apparition dans le domaine de la publication d'inédits. Tant mieux! Plus on sera et plus l'expression artistique et créatrice prendra son envol. En la matière, la concurrence n'est à craindre que si on ne maintient pas le niveau d'excellence. Il ne faut pas publier n'importe quoi si on veut que les visiteurs comme les auteurs s'y retrouvent.

= Utilisez-vous encore des documents papier?

Oui, j'en utilise quand même, bien sûr. La lecture directe à l'écran est encore assez vite fatigante pour de nombreuses paires d'yeux, même avec l'amélioration des capacités d'affichage des moniteurs et les lissages de polices d'écran. Et puis, pour un roman par exemple, rien n'en vaut la lecture dans un bon fauteuil au coin de sa cheminée…

= Les jours du papier sont-ils comptés?

Le livre papier a encore de beaux jours devant lui. Mais l'accès par le net à toutes ces offres inédites est une nouvelle richesse, inimaginable il y a quelques années, tant pour les lecteurs que pour les auteurs. Ça permet de sélectionner beaucoup plus tranquillement que dans une librairie (à condition que l'oeuvre y soit éditée) et surtout d'accéder à des ouvrages qui n'auraient jamais été publiés autrement. Selon moi, le papier n'est pas l'ennemi du net en matière de littérature. Il en est le prolongement et l'aboutissement. En fait, le net peut être considéré comme un formidable moyen de promotion et de relance de la lecture, par les découvertes qu'il permet de faire. Mais c'est maintenant l'internaute lui-même qui décide de ce qu'il veut lire. Il choisit, il imprime, et il lit tranquillement dans son fauteuil au coin de sa cheminée…

= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?

L'e-book est sans aucun doute un support extraordinaire. Il aura son rôle à jouer dans la diffusion des oeuvres ou des journaux électroniques, mais il ne remplacera jamais le véritable bouquin papier de papa. Il le complétera. A mon sens, il menace beaucoup plus la presse que la librairie. Ce sera certainement un outil de substitution formidable pour les scolaires, étudiants, etc., qui auront beaucoup moins lourd à transporter dans leurs sacs que les tonnes de manuels actuels. Mais quant au plaisir de lire dessus des ouvrages de nature littéraire, poésies, romans, récits, SF, BD, etc., je n'y crois pas dans l'immédiat. Il faudra encore attendre quelques améliorations techniques au plan de l'ergonomie et surtout des changements de comportements humains. Et ça, c'est l'affaire d'au moins une à deux générations. Voyez la monnaie électronique: on ne paie pas encore son boulanger ou ses cigarettes avec sa carte de crédit et on a toujours besoin d'un peu de monnaie dans sa poche, en plus de sa carte Visa. L'achat d'un livre n'est pas un acte purement intellectuel, c'est aussi un acte de sensualité que ne comblera jamais un e-book. Naturellement, l'édition classique devra en tenir compte sur le plan marketing pour se différencier davantage, mais je crois que l'utilisation des deux types de supports sera bien distincte. Le téléphone n'a pas tué le courrier, la radio n'a pas tué la presse, la télévision n'a pas tué la radio ni le cinéma… Il y a de la place pour tout, simplement, ça oblige à chaque fois à une adaptation et à un regain de créativité. Et c'est tant mieux!

= Quelles sont vos suggestions pour un meilleur respect du droit d'auteur sur le web?

Le problème est simple. La solution l'est aussi. Avant l'invention du net, les contrats d'édition ne tenaient pas compte de ce nouveau support, et pour cause. Cette nouvelle interface fait craindre aux éditeurs la perte de sources de profits par les risques de copies pirates. Mais quel est ce risque? Est-il réel? Ce n'est pas un risque de "manque à gagner", c'est une opportunité de promotion. La plupart des gens qui accèdent à une oeuvre de manière illégale sont des lecteurs ou auditeurs qui n'auraient sans doute jamais acheté l'oeuvre en question, parfois même n'en auraient jamais entendu parler! Le simple fait qu'ils aient l'opportunité de la lire (ou de l'écouter en MP3) - et de la faire lire ou écouter à leurs amis - constitue de la promotion gratuite, du bouche à oreille qui participe de la découverte et de la promotion des artistes. Les grandes maisons de logiciels le savent bien, qui distribuent leurs programmes entiers, gratuitement pour une période limitée. Ceux qui peuvent les acheter les achètent, ceux qui ne peuvent pas les utilisent quand même et leur font de la publicité quand le produit est bon. (Quand le produit n'est pas bon, ils ne l'auraient pas acheté de toute manière!) Alors, où est le problème? Le seul problème réside dans les prix prohibitifs pratiqués par les sociétés d'édition, dans les marges commerciales de produits qui n'ont plus rien à voir avec la création artistique ou les droits d'auteurs, mais relèvent de marketing, de parts de marché, de ratios comptables et de marges de profits. Certains artistes l'ont d'ailleurs parfaitement compris qui mettent leurs oeuvres directement sur le net.

En matière d'édition numérique, il suffit de créer des droits spécifiques, distincts des droits relatifs aux éditions ordinaires sur support papier. Le tatouage des oeuvres lors de l'impression personnelle est un excellent moyen de limiter la diffusion d'impressions excessives. En même temps, permettre cette impression pour utilisation personnelle est aussi un excellent moyen de promotion de l'auteur et de son oeuvre. Même si c'est un exemplaire gratuit. Et quand cet auteur (ou artiste) deviendra très connu, les mêmes éditeurs papier qui le boudent se jetteront dessus pour le publier alors qu'ils auraient à peine lu son manuscrit auparavant!

= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure répartition des langues sur le web?

Je ne sais pas pour les autres langues mais, pour le français, il est certain que quand nous aurons atteint la proportion américaine de foyers connectés (50%), nous pourrons espérer une plus grande représentativité sur le web. Pour l'instant, heureusement qu'il y a les Québécois et les Belges pour maintenir la présence de la langue française. C'est tout de même un comble.

Si je devais donner un conseil (mais conseiller qui, quel organisme?), je suggérerais de porter davantage d'attention à la qualité des contenus. La France a de tous temps été un pays de culture et d'invention, d'imagination. Même dans les secteurs où nous n'avons pas été pionniers comme en informatique, nous avons de belles réussites. Soyons aussi performants dans l'expression de la culture, dans la mise en valeur de notre patrimoine, historique, scientifique, littéraire, etc.

Si nous pouvons mettre en ligne les multiples facettes de la richesse culturelle qui a fait notre civilisation, nul doute que le tourisme internautique vers les contenus français serait amplifié et la présence française plus opérante. C'est une des voies dans laquelle j'essaie, avec Royalement Vôtre, de créer une attraction.

= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure accessibilité du web aux aveugles et malvoyants?

Il faut distinguer malvoyants et aveugles. Pour les malvoyants jusqu'à un certain degré, il est assez simple de prévoir des moyens de grossissement des caractères et des illustrations. Pour les aveugles, c'est une toute autre affaire. Il faut envisager des fichiers vocaux qui permettront à ces derniers d'accéder aux contenus des pages enregistrés oralement. Un simple avertissement sonore à l'entrée du site demanderait au handicapé visuel de frapper une touche et de lancer ainsi le "son" de la page. C'est une chose très facile à réaliser avec la technologie RealAudio ou autre.

= Comment définissez-vous le cyberespace?

C'est un espace de liberté pour l'imaginaire, une dimension inexplorée de la planète, une jungle et un paradis tout à la fois, où tout est possible même si tout n'est pas permis par l'éthique, où le contenu du portefeuille des intervenants n'a aucun rapport direct avec la valeur des contenus des sites. C'est avant tout une vaste agora, une place publique où l'on s'informe et où l'on informe.

Ça peut être également une place de foires et marchés, mais l'argent n'y a cours que très accessoirement, même si la possibilité de vendre en ligne est réelle et ne doit pas être négligée ni méprisée. Il n'y est pas la seule valeur de référence, contrairement au monde réel et, même dans les cas très médiatiques de start-up multimillionnaires, le rapport à l'argent n'est qu'une conséquence, la matérialisation d'espérances financières, très vite sanctionnée en cas d'ambitions excessives comme on le voit régulièrement sur le site Vakooler: Ki Vakooler aujourd'hui? (Qui va couler aujourd'hui?), après les envolées lyriques et délirantes des premiers temps.

A terme, je pense que le cyberespace restera un lieu beaucoup plus convivial que la société réelle.

= Et la société de l'information?

La société de l'information amène un recadrage des hiérarchies dans les rapports qui s'établissent entre les gens, de manière beaucoup plus naturelle, à partir des discussions en forums notamment. Dans la vie réelle, on est souvent influencé, voire impressionné, par les titres ou la largeur du bureau d'un interlocuteur "installé" dans le système. Sur le net, seuls comptent le sens contenu dans le propos et la manière de l'exprimer. On distingue très vite les véritables intelligences raffinées des clowns ou autres mythomanes. Une forme de pédagogie conviviale, non intentionnelle et surtout non magistrale, s'en dégage généralement qui profite au visiteur lambda, lequel parfois apporte aussi sa propre expérience. Tout ça laisse augurer d'une créativité multiforme, dans un bouillonnement commun à des milliers de cerveaux reliés fonctionnant à la manière d'une fourmilière. C'est non seulement un véritable moyen d'échange du savoir, mais de surcroît un moyen de l'augmenter en quantité, de l'approfondir, de l'intégrer entre différentes disciplines. Le net va rendre les gens plus intelligents en favorisant leur plus grande convivialité, en cassant les départements et domaines réservés de certains mandarins. Mais il est clair qu'il faudra aussi faire attention aux dérives que cette liberté implique.

= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?

L'écriture d'une pièce de théâtre "carabinée" (genre chansons de carabins ;c)) en 1.300 alexandrins, avec un ami rencontré sur le net sans jamais l'avoir rencontré de visu. En symbiose complète avec un parfait inconnu, et une grande jubilation éprouvée à cette écriture à quatre mains.

= Et votre pire souvenir?

Les consommations téléphoniques des débuts, avant que je ne sois câblé, ou quelques engueulades sur certains forums avec des paranos.

[FR] Jean-Philippe Mouton (Paris)

#Fondateur et gérant de la société d'ingénierie Isayas

Fondateur et gérant de la société d'ingénierie Isayas, Jean-Philippe Mouton, 27 ans, a reçu son diplôme d'ingénieur en hautes études industrielles (HEI) en 1997.

[Entretien 25/01/2001 // Entretien 04/05/2001]

*Entretien du 25 janvier 2001

= Pouvez-vous décrire l'activité d'Isayas?

Isayas étend son activité selon trois pôles:

1/ Gestion de deux sites portails:

Monbebe.net, "un site pour apprendre à être parents", qui est un site francophone à vocation communautaire, né en 1998. Il propose aux jeunes parents un partage d'expérience, par l'intermédiare de listes de discussion, de listes de diffusion… Les articles et photos présents sur le site sont envoyés par les internautes, qui sont principalement français et canadiens.

Theozik.com, "le site mondial des méthodes musicales", qui propose aux internautes musiciens d'apprendre la musique online. Le site, en cours d'élaboration, met en ligne des partitions associées à des extraits sonores pour la basse, la guitare et la batterie. Les exercices sont organisés par niveaux et par styles. Différents services complètent le site : annuaires, petites annonces, liste de diffusion, forum de discussion…

2/ Conseil & Conception & Réalisation de systèmes d'information:

Etudes techniques et intégration de systèmes d'information client/serveur, web, mobiles.

3/ Accompagnement des entreprises dans leurs démarches internet:


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