Chapter 14

= What is your best experience with the Internet?

Getting pictures directly from space (Jupiter).

= And your worst experience?

Information overload. I get too much and I do not have the tools yet to get only what I want.

*Interview of August 30, 2000

= What has happened since our last interview?

The explosion of mobile technology. The mobile phone has become for many people, including me, the personal communicator which allows you to be anywhere anytime and still be reachable. But the mobile Internet is still a dream. The new services on mobile (GSM) phones are extremely primitive and expensive (WAP = Wait and Pay). See my article about Finland (in French).

= How do you see the growth of a multilingual Web?

Multilingualism has expanded greatly. Many e-commerce websites are multilingual now and there are companies that sell products which make localization possible (adaptation of websites to national markets).

= What do you think about e-books?

I have a hard time believing people would want to read from a screen. I much prefer myself to read and touch a real book.

= What is your definition of cyberspace?

Our virtual space. The area of digital information (bits, not atoms). It is a limited space when you think of the spectrum. It has to be administered well so all the earth's people can use it and benefit from it (eliminate the digital divide).

= And your definition of the information society?

The people who already use cyberspace in their daily lives to such an extent that it is hard to imagine living without it (the other side of the divide).

*Interview of July 8, 2001

= What has happened since our last interview?

All I can come up with is the tremendous change I am experiencing with having a "broadband" connection at home. To be connected at all times is so completelely different from dial-up.

I now receive e-mail as soon as it arrives, I can listen to my favorite radio stations wherever they are. I can listen to the news when I want to. Get the music I like all the time.

Today for instance, I heared the comments and saw the score board of Wimbledon tennis in real time. The only thing which is missing is good quality real time video. The bandwidth is too low for that.

I now have a wired and a wireless LAN (local area network) in my home. I can use my laptop anywhere in the house and outside, even at the neighbors and still being connected. With the same technology I am now able to use my wireless LAN card in my computer when I travel. For instance during my recent visit to Stockholm there was connectivity in the Hotel, the Conference center, the airport and even in the Irish Pub!

[FR] Henri Slettenhaar (Genève)

#Professeur en technologies de la communication à la Webster University

Henri Slettenhaar est spécialiste des technologies de la communication. En 1958, il rejoint le CERN (Laboratoire européen pour la physique des particules) pour travailler sur le premier ordinateur numérique, et il participe au développement des premiers réseaux numériques du CERN. Son expérience américaine débute en 1966 quand il rejoint pendant 18 mois une équipe du Stanford Linear Accelerator Center (SLAC) pour créer un numérisateur de film. De retour au SLAC en 1983, il conçoit un système numérique de contrôle qui sera utilisé pendant dix ans. Depuis près de vingt ans, il est professeur en technologies de l'information à la Webster University de Genève. Il est le directeur du nouveau programme de gestion des télécoms (Telecom Management Program) créé à l'automne 2000. Il est également consultant auprès de nombreux organismes.

En 1992, Henri Slettenhaar crée la Silicon Valley Association (SVA), une association suisse qui organise des voyages d'étude dans des pôles de haute technologie (Silicon Valley, San Francisco, Los Angeles, Finlande, etc.). Outre des visites de sociétés, start-up, universités et centres de recherche, ces voyages comprennent des conférences, présentations et discussions portant sur les nouvelles technologies de l'information (internet, multimédia, télécommunications, etc.), les derniers développements de la recherche et de ses applications, et les méthodes les plus récentes en matière de stratégie commerciale et de création d'entreprise.

[Entretien 21/12/1998 // Entretien 23/08/1999 // Entretien 30/08/2000 //Entretien 08/07/2001]

*Entretien du 21 décembre 1998 (entretien original en anglais)

= Quel est l'apport de l'internet dans votre vie professionnelle?

Je ne peux pas imaginer ma vie professionnelle sans l'internet. Cela fait vingt ans que j'utilise le courrier électronique. Les premières années, c'était le plus souvent pour communiquer avec mes collègues dans un secteur géographique très limité. Depuis l'explosion de l'internet et l'avènement du web, je communique principalement par courrier électronique, mes conférences sont en grande partie sur le web et mes cours ont tous un prolongement sur le web. En ce qui concerne les visites que j'organise dans la Silicon Valley, toutes les informations sont disponibles sur le web, et je ne pourrais pas organiser ces visites sans utiliser l'internet. De plus, l'internet est pour moi une fantastique base de données disponible en quelques clics de souris.

= Comment voyez-vous l'avenir?

Je vais encore renforcer l'utilisation de l'internet dans mes activités professionnelles. En ce qui concerne les langues, je suis enchanté qu'il existe maintenant tant de documents disponibles dans leur langue originale. Je préfère de beaucoup lire l'original avec difficulté plutôt qu'une traduction médiocre.

= Comment voyez-vous l'expansion du multilinguisme sur le web?

Je vois le multilinguisme comme un facteur fondamental. Les communautés locales présentes sur le web devraient en tout premier lieu utiliser leur langue pour diffuser des informations. Si elles veulent également présenter ces informations à la communauté mondiale, celles-ci doient être aussi disponibles en anglais. Je pense qu'il existe un réel besoin de sites bilingues.

*Entretien du 23 août 1999 (entretien original en anglais)

= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?

C'est un débat important et, comme par le passé, des solutions doivent être trouvées dans les nouvelles technologies.

= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?

A mon avis, il existe deux catégories sur le web. La première est la recherche globale dans le domaine des affaires et de l'information. Pour cela, la langue est d'abord l'anglais, avec des versions locales si nécessaire. La seconde, ce sont les informations locales de tous ordres dans les endroits les plus reculés. Si l'information est à destination d'une ethnie ou d'un groupe linguistique, elle doit d'abord être dans la langue de l'ethnie ou du groupe, avec peut-être un résumé en anglais. Nous avons vu récemment l'importance que pouvaient prendre ces sites locaux, par exemple au Kosovo ou en Turquie, pour n'évoquer que les événements les plus récents. Les gens ont pu obtenir des informations sur leurs proches grâce à ces sites.

= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?

La vision d'images venant directement de l'espace, et particulièrement deJupiter.

= Et votre pire souvenir?

La surcharge d'information. Je suis submergé par toutes ces informations et je ne dispose pas encore des outils qui me permettraient de ne trouver que ce que je cherche.

*Entretien du 30 août 2000 (entretien original en anglais)

= Quoi de neuf depuis notre dernier entretien?

L'explosion de la technologie du mobile. Le téléphone mobile est devenu pour beaucoup de gens, moi y compris, le moyen de communication personnel vous permettant d'être joignable à tout moment où que vous soyiez. Toutefois l'internet mobile est encore du domaine du rêve. Comme expliqué dans un article sur la téléphonie mobile en Finlande, les nouveaux services offerts par les téléphones GSM sont extrêmement primitifs et très chers, si bien que le Wap a reçu le sobriquet de "Wait And Pay".

= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure répartition des langues sur le web?

Le multilinguisme s'est beaucoup développé. De nombreux sites de commerce électronique sont maintenant multilingues, et il existe maintenant des sociétés qui vendent des produits permettant la localisation des sites (adaptation des sites aux marchés nationaux, ndlr).

= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?

J'ai difficulté à croire que les gens sont prêts à lire sur un écran. En ce qui me concerne, je préfère de beaucoup toucher et lire un vrai livre.

= Comment définissez-vous le cyberespace?

Le cyberespace est notre espace virtuel, à savoir l'espace de l'information numérique (constitué de bits, et non d'atomes). Si on considère son spectre, il s'agit d'un espace limité. Il doit être géré de telle façon que tous les habitants de la planète puissent l'utiliser et en bénéficier. Il faut donc éliminer la fracture numérique.

= Et la société de l'information?

La société de l'information est l'ensemble des personnes utilisant quotidiennement le cyberespace de manière intensive et qui n'envisageraient pas de vivre sans cela, à savoir les nantis, ceux qui sont du bon côté de la fracture numérique.

*Entretien du 8 juillet 2001 (entretien original en anglais)

= Quoi de neuf depuis notre dernier entretien?

Ce qui me vient à l'esprit est le changement considérable apporté par le fait que j'ai maintenant une connexion à débit rapide chez moi. Le fait d'être constamment connecté est totalement différent du fait de se connecter de temps à autre par la ligne téléphonique.

Je reçois maintenant mes messages dès leur arrivée dans ma messagerie. Je peux écouter mes stations radio préférées où qu'elles soient. Je peux écouter les actualités quand je veux. Et aussi écouter la musique que j'aime à longueur de journée.

Aujourd'hui par exemple j'ai suivi les commentaires et le score du championnat de tennis de Wimbledon en temps réel. La seule chose qui manque est une vidéo de bonne qualité en temps réel. La largeur de bande est encore insuffisante pour cela.

Mon domicile est maintenant équipé d'un réseau local avec et sans fil. Je peux utiliser mon ordinateur portable partout à l'intérieur et à l'extérieur de la maison, et même chez les voisins, tout en restant connecté. La même technologie me permet maintenant d'utiliser la carte de réseau local sans fil de mon ordinateur quand je voyage. Par exemple, lors de mon dernier voyage à Stockholm, je pouvais être connecté à l'hôtel, au centre de conférences, à l'aéroport et même au pub irlandais!

[EN] Murray Suid (Palo Alto, California)

#Writer, works for EDVantage Software, an Internet company specialized in educational software

Murray Suid lives in Palo Alto (California), in the heart of the Silicon Valley. He writes educational books (e.g., Ten-Minute Grammar Grabbers), books for kids (e.g., The Kids' How to Do Almost Everything Guide), multimedia scripts (e.g., The Writing Trek), and screenplays (e.g., Summer of the Flying Saucer — to be produced by Magma Films, Ireland).

[Interview 03/08/1998 // Interview 07/09/1999 // Interview 11/10/2000]

*Interview of September 7, 1998

= How did using the Internet change your professional life?

Professionally, the Internet has become my major research tool, largely — but not entirely — replacing the traditional library and even replacing person-to-person research. Now, instead of phoning people or interviewing them face to face, I do it via e-mail. Because of speed, it has also enabled me to collaborate with people at a distance, particularly on screenplays. (I've worked with two producers in Germany.) Also, digital correspondence is so easy to store and organize, I find that I have easy access to information exchanged this way. Thus, e-mailing facilitates keeping track of ideas and materials.

The Internet has increased my correspondence dramatically. Like most people, I find that e-mail works better than snail mail. My geographic range of correspondents has also increased — extending mainly to Europe. In the old days, I hardly ever did transatlantic pen-palling. I also find that e-mailing is so easy, I am able to find more time to assist other writers with their work — a kind of a virtual writing group. This isn't merely altruistic. I gain a lot when I give feedback. But before the Internet, doing so was more of an effort.

= How do you see the relationship between the print media and the Internet?

For one thing, the Internet serves other print media. My recently published book, The Kids' How to Do (Almost) Everything Guide, would probably not have been done prior to the invention of e-mail because it would have cost too much in money/time to locate the experts. So the Internet is a powerful research tool for writers of books, articles, etc.

Also, in a time of great change, many "facts" don't stay factual for long. In other words, many books go quickly out of date. But if a book can be web extended (living partly in cyberspace), then an author can easily update and correct it, whereas otherwise the author would have to wait a long time for the next edition, if indeed a next edition ever came out.

Also, in terms of marketing, the Web seems crucial, especially for small publishers that can't afford to place ads in major magazines and on the radio. Although large companies continue to have an advantage, in cyberspace small publishers can put up very competitive marketing efforts.

We think that paper books will be around for a while, because using them is habitual. Many readers like the feel of paper, and the heft of a book held in the hands or carried in a purse or backpack. I haven't yet used a digital book, and I think I might prefer one — because of ease of search, because of color, because of sound, etc. Obviously, multimedia books can be easily downloaded from the Web, and such books probably will dominate publishing in the future. Not yet though.

= How do you see the future?

I'm not very state-of-the-art so I'm not sure. I would like to have direct access to text — digitally read books in the Library of Congress, for example, just as now I can read back issues of many newspapers. Currently, while I can find out about books on-line, I need to get the books into my hands to use them. I would rather access them on-line and copy sections that I need for my work, whereas today I either have to photocopy relevant pages, or scan them in, etc.

I expect that soon I will use the Internet for video telephoning, and that will be a happy development.

I do not know if I will publish books on the Web — as opposed to publishing paper books. Probably that will happen when books become multimedia. (I currently am helping develop multimedia learning materials, and it's a form of teaching that I like a lot — blending text, movies, audio, graphics, and — when possible — interactivity).

*Interview of August 3, 1999

= What has happened since our 1998 interview?

In addition to "web extending" books, we are now web-extending our multimedia(CD-ROM) products — to update and enrich them.

= What do you think of the debate about copyright on the Web? What practical solutions do you have?

The secret, I think, is to create information packages that cannot be economically stolen. In other words, the product being sold needs to have more value than a copy. For example, it's currently easier and cheaper for someone to buy one of our books than to photocopy a book — in its entirety. So we try to design our books in a way that makes all the pages valuable, and not just a few pages.

We would like to sell our books online — in PDF format — but have not investigated ways to keep buyers from re-distributing the files. Maybe this is possible through encryption. But we don't know how to do it.

= What is your best experience with the Internet?

Meeting experts and authors who have contributed to our publishing ventures.

= And your worst experience?

Being insulted by a stranger — someone who assumed that I was bad without knowing anything about me.

*Interview of October 10, 2000

= What has happened since our last interview?

Our company — EDVantage Software — has become an Internet company instead of a multimedia (CD-ROM) company. We deliver educational material online to students and teachers.

= How much do you still work with paper?

Very little, though of course there are printouts, especially for meetings when we review manuscripts.

= Will there still be a place for paper in the future?

I hope not.

= What do you think about e-books?

I haven't used them.

= What is your definition of cyberspace?

Anywhere = Everywhere. The simplest example: My mailbox follows me wherever I go.

= And your definition of the information society?

A society in which ideas and knowledge are more important than things.

[FR] Murray Suid (Palo Alto, Californie)

#Ecrivain, travaille pour EDVantage Software, une société internet de logiciels éducatifs

Murray Suid vit à Palo Alto (Californie), une ville située au coeur de laSilicon Valley. Il est l'auteur de livres pédagogiques (par exemple Ten-MinuteGrammar Grabbers), de livres pour enfants (par exemple The Kids' How to DoAlmost Everything Guide), de réalisations multimédia (par exemple The WritingTrek) et de scénarios (par exemple Summer of the Flying Saucer - produit par lasociété irlandaise Magma Films en 2001).

[Entretien 07/09/1998 // Entretien 03/08/1999 // Entretien 11/10/2000]

*Entretien du 7 septembre 1998 (entretien original en anglais)

= Quel est l'apport de l'internet dans votre vie professionnelle?

L'internet est devenu mon principal instrument de recherche, et il a largement - mais pas complètement - remplacé la bibliothèque traditionnelle et la communication de personne à personne pour une recherche précise. A l'heure actuelle, au lieu de téléphoner ou d'aller interviewer les gens sur rendez-vous, je le fais par courrier électronique. Du fait de la rapidité inhérente à la messagerie électronique, j'ai pu collaborer à distance avec des gens, particulièrement pour des scénarios. J'ai par exemple travaillé avec deux producteurs allemands.

Cette correspondance est également facile à conserver et à organiser, et je peux donc aisément accéder à l'information échangée de cette façon. De plus, le fait d'utiliser le courrier électronique permet aussi de garder une trace des idées et des références documentaires. Ce type de courrier fonctionnant bien mieux que le courrier classique, l'internet m'a permis de beaucoup augmenter ma correspondance. De même le rayon géographique de mes correspondants s'est beaucoup étendu, surtout vers l'Europe. Auparavant, j'écrivais rarement à des correspondants situés hors des Etats-Unis. C'est également beaucoup plus facile, je prends nettement plus de temps qu'avant pour aider d'autres écrivains dans une sorte de groupe de travail virtuel. Ce n'est pas seulement une attitude altruiste, j'apprends beaucoup de ces échanges qui, avant l'internet, me demandaient beaucoup plus d'efforts.

= Comment voyez-vous la relation entre l'imprimé et l'internet?

Tout d'abord, l'internet est au service de l'imprimé. Je n'aurais jamais pu préparer mon dernier livre publié, The Kids' How to Do (Almost) Everything Guide, sans utiliser le courrier électronique parce que cela m'aurait coûté trop de temps et d'argent pour localiser les experts. L'internet est un outil de recherche majeur pour les auteurs de livres, d'articles, etc.

De même, à notre époque qui bouge si vite, de nombreuses données ne restent pas valables longtemps, si bien que le contenu des livres devient vite obsolète. Mais un livre peut avoir un prolongement sur le web - et donc vivre en partie dans le cyberespace. L'auteur peut ainsi aisément l'actualiser et le corriger, alors qu'auparavant il devait attendre longtemps jusqu'à l'édition suivante, quand il y en avait une.

En termes de marketing, le web devient également indispensable, particulièrement pour les petits éditeurs qui ne peuvent se permettre de publicité dans les principaux magazines ou émissions de radio. Bien que les grandes maisons d'édition aient toujours l'avantage, grâce au cyberespace les petits éditeurs peuvent mettre en place une stragégie de marketing efficace.

Les livres sur support papier seront encore disponibles pendant quelque temps, parce que nous avons l'habitude de ce support. De nombreux lecteurs aiment le toucher du papier, et le poids du livre dans les mains ou dans un sac. Je n'ai pas encore eu l'occasion d'utiliser un livre numérique, mais j'aimerais faire cette expérience, à cause de la facilité de recherche, des possibilités de couleur et de son envisagées à l'avenir, etc. De toute évidence les livres multimédia peuvent être facilement téléchargés à partir du web et, même si ce n'est pas encore le cas, de tels livres domineront à l'avenir le marché de l'édition.

= Comment voyez-vous l'avenir?

Je ne sais pas très bien, parce que ne suis pas très au fait des aspects techniques de l'internet. J'aimerais avoir directement accès à des oeuvres numériques de la Library of Congress, par exemple, de la même façon que les archives de journaux, que je lis maintenant en ligne. Pour le moment, je trouve bien des livres en ligne (en mode image, ndlr), mais j'ai besoin d'avoir une version imprimée pour les utiliser. Je préférerais avoir accès en ligne à une version en mode texte et copier les parties dont j'ai besoin pour mon travail, au lieu d'avoir à photocopier ou scanner les pages qui m'intéressent.

J'espère que l'internet proposera bientôt la téléphonie avec vidéo, ce serait un progrès vraiment appréciable.

Je ne sais pas si je publierai des livres sur le web, au lieu de les publier en version imprimée. J'utiliserai peut-être ce nouveau support si les livres deviennent multimédias. Pour le moment je participe au développement de matériel pédagogique multimédia. C'est un nouveau type de matériel qui me plaît beaucoup et qui permet l'interactivité entre des textes, des films, des documents audio et des graphiques tous reliés les uns aux autres.

*Entretien du 3 août 1999 (entretien original en anglais)

= Quoi de neuf depuis notre entretien de 1998?

En plus des livres complétés par un site web, je suis en train d'adopter la même formule pour mes oeuvres multimédia - qui sont sur CD-Rom - afin de les réactualiser et d'enrichir leur contenu.

= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?Quelles solutions pratiques suggérez-vous?

Je pense que la solution est de créer des unités d'information ne pouvant être volées. En d'autres termes, l'oeuvre qui est vendue doit avoir plus de valeur que sa copie. Par exemple, il est pour le moment plus facile et meilleur marché d'acheter un de mes livres que de le photocopier dans son intégralité. J'essaie donc de concevoir mes livres de telle façon que toutes les pages aient leur utilité, et non seulement quelques-unes.

J'aimerais vendre mes livres en ligne - au format PDF - mais je n'ai pas encore étudié la manière d'empêcher les acheteurs de redistribuer les fichiers. Ceci est peut-être possible par le cryptage. Mais je ne connais pas cette technique.

= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?

La rencontre avec des experts et des auteurs qui ont participé à mes projets de publications.

= Et votre pire souvenir?

Avoir été insulté par une personne que je ne connaissais pas, et qui avait très mauvaise opinion de moi alors qu'elle ne savait absolument rien à mon sujet.

*Entretien du 11 octobre 2000 (entretien original en anglais)

= Quoi de neuf depuis notre entretien de 1999?

EDVantage Software, notre société, est maintenant une société internet et non plus une société multimédia (CD-Rom). Nous procurons du matériel pédagogique en ligne aux étudiants et aux professeurs.

= Utilisez-vous encore beaucoup le papier?

Non, nous utilisons très peu de papier. Nous faisons cependant quelques impressions, surtout pour les réunions au cours desquelles nous discutons des manuscrits.

= Pensez-vous que le papier sera encore utilisé à l'avenir?

J'espère que non.

= Quel est votre sentiment sur le livre électronique?

Je n'ai pas encore eu l'occasion d'en utiliser un.

= Comment définissez-vous le cyberespace?

Il est n'importe où, c'est-à-dire partout. L'exemple le plus simple est ma boîte aux lettres électronique, qui me suit où que j'aille.

= Et la société de l'information?

Une société dans laquelle les idées et le savoir sont plus importants que les objets.

[EN] June Thompson (Hull, UK)

#Manager of the C&IT (Communications & Information Technology) Centre at theUniversity of Hull

Since its inception in 1989, the C&IT Centre has been based in the Language Institute at the University of Hull, United Kingdom, and aims to promote and encourage the use of computers in language learning and teaching. The Centre provides information on how computer assisted language learning (CALL) can be effectively integrated into existing courses and offers support for language lecturers who are using computers in their teaching (e.g. Internet Resources for Language Teachers and Learners).

Hosted by the C&IT Centre, EUROCALL is the European Association for Computer Assisted Language Learning. This association of language teaching professionals from Europe and worldwide aims to: promote the use of foreign languages within Europe; provide a European focus for all aspects of the use of technology for language learning; and enhance the quality, dissemination and efficiency of CALL (computer assisted language learning) materials. EUROCALL supported the creation of WELL (Web Enhanced Language Learning), which offer high-quality Web resources in 12 languages, selected and described by subject experts, plus information and examples on how to use them for teaching and learning.

*Interview of December 14, 1998

= How did using the Internet change your professional life?

The use of the Internet has brought an enormous new dimension to our work of supporting language teachers in their use of technology in teaching.

= How do you see the growth of a multilingual Web?

The Internet has the potential to increase the use of foreign languages, and our organisation certainly opposes any trend towards the dominance of English as the language of the Internet. An interesting paper on this topic was delivered by Madanmohan Rao at the WorldCALL Conference in Melbourne, July 1998.

I suspect that for some time to come, the use of Internet-related activities for languages will continue to develop alongside other technology-related activities (e.g. use of CDROMs - not all institutions have enough networked hardware). In the future I can envisage use of Internet playing a much larger part, but only if such activities are pedagogy-driven. Our organisation is closely associated with the WELL project which devotes itself to these issues.

[FR] June Thompson (Hull, Royaume-Uni)

#Directeur du C&IT (Communications & Information Technology) Centre, basé à l'Université de Hull

Depuis ses débuts en 1989, le C&IT Centre fait partie de l'Institut des langues de l'Université d'Hull (Royaume-Uni), et vise à promouvoir l'utilisation des ordinateurs dans l'apprentissage et l'enseignement des langues. Le Centre donne des informations sur la manière dont l'apprentissage des langues assisté par ordinateur peut être effectivement intégré à des cours existants en offrant un soutien aux professeurs qui utilisent l'informatique dans l'enseignement qu'ils dispensent (par exemple dans la rubrique: Internet Resources for Language Teachers and Learners).

Hébergé par le C&IT Centre, EUROCALL (European Association for Computer Assisted Language Learning) regroupe des professeurs de langues exerçant en Europe et dans le monde entier. L'association a pour but de promouvoir l'utilisation des langues étrangères en Europe, l'utilisation de la technologie pour l'apprentissage des langues à l'échelon européen, et l'élaboration et la diffusion d'un matériel de qualité. Un congrès annuel fait le point sur les recherches et les applications dans ce domaine.

EUROCALL a contribué à la création de WELL (Web Enhanced Language Learning). Destiné à l'enseignement supérieur au Royaume-Uni, ce programme vise à développer l'utilisation du web pour l'apprentissage des langues et à sensibiliser les professeurs sur les possibilités offertes par le web et les nouvelles technologies. Le site permet l'accès à des ressources web de qualité dans douze langues différentes. Sélectionnées et décrites par des experts, ces ressources sont complétées par des informations et des exemples sur la manière de les utiliser pour l'enseignement ou l'apprentissage d'une langue.

*Entretien du 14 décembre 1998 (entretien original en anglais)

= Quel a été l'apport de l'internet dans votre activité?

L'utilisation de l'internet a apporté une nouvelle dimension à notre tâche, qui consiste à aider les professeurs de langue à utiliser les nouvelles technologies dans ce domaine.

= Comment voyez-vous l'évolution vers un web multilingue?

Avec l'internet, on a la possibilité de davantage utiliser les langues étrangères, aussi notre organisation ne soutient absolument pas la suprématie de l'anglais en tant que langue de l'internet. A ce sujet, une intéressante conférence a été donnée par Madanmohan Rao à la Conférence WorldCALL de Melbourne en juillet 1998.

A mon avis, dans un avenir proche, l'utilisation de l'internet pour les langues va continuer à se développer en même temps que d'autres supports (par exemple l'utilisation de CD-Rom - certains établissements n'ont pas suffisamment de matériel informatique en réseau), dans le cadre d'activités à caractère pédagogique. Dans cette optique, notre organisme travaille étroitement avec le projet WELL (Web Enhanced Language Learning).

[FR] Jacques Trahand (Grenoble)

#Vice-président de l'Université Pierre Mendès France, chargé de l'enseignement à distance et des TICE (technologies de l'information et de la communication pour l'éducation)

*Entretien du 17 décembre 1999

= Pouvez-vous présenter le site web de votre université?

Ce site a été restructuré depuis 1996 pour éviter une trop grande hétérogénéité des présentations des différentes unités et équipes de notre université. Il vise entre autres à donner une meilleure information aux étudiants français et étrangers qui envisagent de venir étudier dans notre université.

= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?

Je suis vice-président chargé de l'enseignement à distance et des technologies de l'information et de la communication pour l'éducation. A ce titre je supervise le déploiement des technologies permettant d'améliorer les services aux étudiants (et donc aux enseignants, aux personnels administratifs et à tous les acteurs et partenaires).

= Dans quelle mesure l'internet a-t-il changé votre vie professionnelle?

Internet est un nouveau type de ressource utilisable pour chercher, produire et stocker des connaissances, à ce titre les activités de formation et de recherche ne peuvent l'ignorer. Ce nouveau média modifie les contraintes liées à l'espace (présentiel versus distant) et au temps (synchrone versus asynchrone).

= Comment voyez-vous l'avenir?

Il va falloir inventer et organiser les nouveaux métiers de la formation (éditeur, médiateur, tuteur, évaluateur…) et les faire prendre en compte dans les institutions de formation.

= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?

Ces problèmes me semblent voisins de ceux du photocopiage. Il faut développer un code de bons usages et tenter de le faire respecter.

[EN] Paul Treanor (Netherlands)

#Created on his personal website a section on the future of languages in Europe

Created in 1996, this website is divided into six sections: Net/cyberspace ideology; geopolitics/nationalism; the future of Europe; urban theory/planning; liberalism and ethics; and academic issues. For legal reasons, some pages with a high risk of legal action are only located at the duplicate website. In this way, if the second website is closed down the first can continue operating.

Paul Treanor also writes articles for Telopolis, a German online magazine.

[Interview 18/08/1998 // Interview 25/07/1999]

*Interview of August 18, 1998

= How do you see the growth of a multilingual Web?

You speak of the Web in the singular. As you may have read (on my website), I think "The Web" is a political, not a technological concept. A civilization is possible with extremely advanced computers, but no interconnection. The idea that there should be "one Web" comes from the liberal tradition of the single, open, preferably global market.

The Internet should simply be broken up in multiple Nets, and Europe should cut the links with the US and build a systematically incompatible net for Europe. (…) Remember that 15 years ago, everyone thought there would be one global TV station, CNN. Now there are French, German and Spanish global TV channels.

So the answer to your question is that the "one Web" will split up anyway — probably into these four components:

1. An internal US/Canadian anglophone Net, with many of the original characteristics

2. Separate national Nets, with limited outside links

3. A new global Net specifically to link the nets of category 2

4. Possibly a specific EU Net

As you can see, this structure parallels the existing geopolitical structure.All telecommunications infrastructure has followed similar patterns. (…)

Current EU policy pretends to be neutral in this way, but in fact it is supporting the growth of English as a contact language in EU communications policy.

*Interview of July 25, 1999

= What has happened since our 1998 interview?

The nature of the Internet has changed dramatically in the last two years. It is no longer possible to speak of idealistic social or political effects: the Net is entirely commercialised. I find this entirely predictable. I have always described the Internet as a liberal structure, a market of information. It is logical that it is now commercialised.

It is often said the Internet is now like television. Certainly the content is determined by market forces and is increasingly split into very large sites with huge quantities of information. In some ways, these are like television channels, but the metaphor is not completely accurate.

= How do you see the growth of a multilingual Web?

The future multilingualism of the Net will be determined by market forces. At present there's no political will to enforce multilingualism. But it is in the commercial interest of the content providers to have material in local languages. At least in Europe. For small languages in Africa, there is no market potential.

= What is your best experience with the Internet?

I have no illusions about the Internet. I can't remember any positive exception to that.

= And your worst experience?

The worst thing I have seen on the Internet recently is the way thousands of people added the logo of the Belgrade radio B92 to their websites, without asking what it was and what politics it represented. In fact it was already broadcasting from NATO (North Atlantic Treaty Organisation) aircraft. The campaign shows how easy it is to manipulate the new media scene…

[FR] Paul Treanor (Pays-Bas)

#Gère sur son site personnel une section consacrée à l'avenir des langues enEurope

Créé en 1996 par Paul Treanor, ce site web est divisé en six parties: idéologie de l'internet et du cyberespace, géopolitique et nationalisme, avenir de l'Europe, théorie et planification urbaines, libéralisme et éthique, et questions académiques. Certaines pages - dont le contenu prêtant à controverse pourrait donner lieu à des poursuites judiciaires - ne se trouvent que sur le site dupliqué. Ainsi, au cas où celui-ci serait fermé, le premier site se trouverait toujours disponible. Paul Treanor écrit également des articles pour le magazine en ligne allemand Telepolis.

[Entretien 18/08/1998 // Entretien 25/07/1999]

*Entretien du 18 août 1998 (entretien original en anglais)

= Comment voyez-vous l'expansion du multilinguisme sur le web?

Vous parlez du web au singulier. Comme vous l'avez sans doute lu (sur mon site, ndlr), je pense que "le web" est un concept politique, non technologique. Une civilisation est possible avec des ordinateurs très sophistiqués mais pas d'interconnexion. L'idée qu'il devrait exister "un web" est dérivée de la tradition libérale du marché unique ouvert, de préférence mondial.

L'internet devrait être tout simplement découpé en nets multiples, et l'Europe devrait couper ses liens avec les Etats-Unis et construire un autre Net spécifique et incompatible avec le premier. (…) Rappelez-vous qu'il y a quinze ans tout le monde pensait qu'il n'y aurait qu'un émetteur de télévision à l'échelle mondiale, CNN. Or il existe maintenant des chaînes de télévision nationales françaises, allemandes ou espagnoles.

La réponse à votre question est donc que l'entité "un web" sera de toute manière divisée, probablement en quatre parties:

1. un internet propre aux Etats-Unis et au Canada, avec nombre des caractéristiques actuelles;

2. des internets nationaux séparés, avec des liens limités avec l'extérieur;

3. un nouvel internet général pour relier entre eux les nets de la catégorie 2;

4. et peut-être un internet spécifique à l'Union européenne.

Comme vous le voyez, cette structure est parallèle à celle qui existe en géopolitique. Toute l'infrastructure des télécommunications a suivi des modèles similaires. (…)

La politique actuelle de l'Union européenne prétend être neutre, mais en fait elle soutient le développement de l'anglais comme langue de contact pour communiquer.

*Entretien du 25 juillet 1999 (entretien original en anglais)

= Quoi de neuf depuis notre premier entretien?

La nature de l'internet a profondément changé durant ces deux dernières années. Il n'est désormais plus possible de parler de manière idéaliste de son impact social ou politique: l'internet est devenu entièrement commercial, ce qui était aisément prévisible. Je l'ai toujours décrit comme une structure libérale et comme un marché de l'information. Cette main-mise du commerce est donc logique.

On dit souvent que l'internet s'apparente maintenant à la télévision. Son contenu est certainement déterminé par les forces du marché, et il consiste de plus en plus en un certain nombre de sites très volumineux qui proposent une quantité considérable d'informations. D'une certaine manière ceux-ci ressemblent à des chaînes de télévision, bien que cette métaphore ne soit pas tout à fait exacte.

= Comment voyez-vous l'évolution vers un web multilingue?

Le multilinguisme futur de l'internet est déterminé par les forces du marché. A présent il n'existe pas de volonté politique d'imposer le multilinguisme. Le fait d'avoir des informations dans plusieurs langues correspond à un intérêt commercial, au moins pour l'Europe. Par contre, pour les différentes langues de l'Afrique, il n'existe pas de potentiel économique.

= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?

Je ne me fais aucune illusion sur l'internet. Il ne me vient à l'esprit aucune exception à citer.

= Et votre pire souvenir?

La pire chose que j'aie vue récemment sur l'internet est le fait que des milliers de personnes aient ajouté le logo de la radio B92 de Belgrade sur leur site, sans se poser de questions sur la nature de cette radio ni sur la politique qu'elle représentait. En fait cette radio émettait déjà d'un avion de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord). La campagne menée montre combien il est facile de manipuler le public de ce nouveau médium.

[FR] Zina Tucsnak (Nancy)

#Ingénieur d'études en informatique à l'ATILF (Analyses et traitements informatiques du lexique français)

L'ATILF a développé des programmes de recherche sur la langue française, principalement son vocabulaire. Traitées par des systèmes informatiques spécifiques, les données (lexicales et textuelles) portent sur divers registres du français : langue littéraire (du 14e au 20e siècle), langue courante (écrite et parlée), langue scientifique et technique (terminologies), et régionalismes.

Les bases de données de l'ATILF comprennent notamment: (1) Frantext, un corpus à dominante littéraire constitué de textes français qui s'échelonnent du 16e au 20e siècle. Sur l'intégralité du corpus, il est possible d'effectuer des recherches simples ou complexes (base non catégorisée). Sur un sous-ensemble comportant des oeuvres en prose des 19e et 20e siècles, les recherches peuvent également être effectuées selon des critères syntaxiques (base catégorisée); (2) l'Encylopédie de Diderot et d'Alembert, en collaboration avec l'ARTFL (American and French Research on the Treasury of the French Language) de l'Université de Chicago. Il s'agit de la version internet de la première édition, à savoir 17 volumes de texte et 11 volumes de planches; (3) Dictionnaires d'autrefois (16e-19e siècles): Dictionnaires de l'Académie française, 1re (1694), 5e (1798), et 6e (1835) éditions, Dictionarium latinogallicum de Robert Estienne, Thresor de la langue françoyse (versions ancienne et moderne) de Jean Nicot, Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle; (4) le Catalogue critique des ressources textuelles sur internet (CCRTI), un ensemble de sites qui diffusent des ressources textuelles en ligne sur le web, sélectionnés en fonction de leur sérieux sur le plan du traitement éditorial et du traitement numérique des textes; (5) le Dictionnaire de l'Académie française, 8e édition (1932).

*Entretien du 23 octobre 2000

= Pouvez-vous présenter votre organisme?

Je fais partie du CNRS (Centre national de la recherche scientifique), plus précisément du département des Sciences de l'homme et de la société (SHS). L'ATILF (Analyses et traitements informatiques du lexique français) participe activement à la valorisation des innovations scientifiques et techniques et au rayonnement de la culture française à l'étranger.

= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?

Je suis ingénieure informaticienne. Mon travail s'articule autour de deux axes principaux: gérer des bases textuelles informatisées (Encyclopédie Diderot, Dictionnaires d'autrefois) et assurer l'administration des serveurs de notre laboratoire. Je gère plusieurs sites internet: Encyclopédie Diderot, Dictionnaires d'autrefois, Webcourrier et Ressources informatiques à l'INaLF.

= Comment voyez-vous l'avenir?

Je ne conçois pas l'avenir sans internet. C'est une évolution constante.

= Utilisez-vous encore des documents papier?

Non, pas personnellement. Les dictionnaires électroniques et autres e-books révolutionnent l'accès à la culture. En quelques clics, l'utilisateur peut trouver l'information recherchée.

= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?

L'e-book offre une combinaison d'opportunités: la digitalisation et l'internet. Les éditeurs apportent leur titres à tous les lecteurs du monde. C'est une nouvelle ère de la publication.

= Quelles sont vos suggestions pour un meilleur respect du droit d'auteur sur le web?

Le droit en informatique et en particulier le droit d'auteur sur la toile est une discipline de plus en plus développée et recherchée. Malgré quelques cas qui ont fait jurisprudence, le législateur n'est pas en mesure de solutionner toute la problématique actuelle. L'absence des frontières est un gros handicap.

= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure répartition des langues sur le web?

C'est un vaste problème. Le meilleur moyen sera l'application d'une loi par laquelle on va attribuer un "quota" à chaque langue. Mais est-ce que ce n'est pas une utopie de demander l'application d'une telle loi dans une société de consommation comme la nôtre?

= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure accessibilité du web aux aveugles et malvoyants?

Il faudrait fournir des alternatives équivalentes au contenu visuel et auditif: le texte peut être expédié directement à des synthétiseurs vocaux et à des générateurs de braille et peut être représenté sur du papier.La voix synthétique et le braille sont indispensables aux individus non voyants et mal entendants.

= Comment définissez-vous le cyberespace?

Je crois que, dans le cyberespace, l'information et la quantité de l'information sont gouvernées par des lois mathématiques. Mais les modèles mathématiques n'ont pas trouvé encore leur solution, un peu comme le mouvement perpétuel ou la quadrature du cercle.

= Et la société de l'information?

La société de l'information peut être définie comme un milieu dans lequel se développent la culture et la civilisation par l'intermédiaire de l'informatique, qui restera la base et la théorie de cette société.

= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?

Mon meilleur souvenir est lié à la mise en oeuvre d'un serveur qui permet la lecture de son courrier depuis n'importe quel ordinateur muni d'une connexion internet. Le principe d'un tel serveur existait déjà, surtout sur des grandes sites américains. Mais rien ne remplace la sensation du devoir accompli.

= Et votre pire souvenir?

Ce sont les CV bidons, publiés sur des pages personnelles. Surtout quand les auteurs s'appropient des réalisations ou des activités qu'ils n'effectuent pas. Mais cela ouvre un débat plus large sur la répression des fraudes sur internet.

[FR] François Vadrot (Paris)

#Fondateur et PDG de FTPress (French Touch Press), société de cyberpresse

[Entretien 20/05/2000 // Entretien 25/11/2000]

*Entretien du 20 mai 2000

= Pouvez-vous présenter FTPress?

FTPress (French Touch Press) est une société française de cyberpresse. Elle a donné naissance aux sites suivants:

- www.ftpress.com, le site de la société de presse "maîtresse", qui présente le concept, les produits, l'organisation… et les membres de l'équipe, sous forme de portraits très personnels;

- www.internetactu.com, le site d'Internet Actu, consacré à l'actualité d'internet et des nouvelles technologies, créé le 9 septembre 1999 sous cette forme-là (mais successeur de LMB Actu (Le Micro Bulletin Actu), qui se trouvait au sein de la Délégation aux systèmes d'information (DSI) du CNRS (Centre national de la recherche scientifique));

- www.pixelactu.com, le site de Pixel Actu, consacré à l'actualité de l'image numérique, créé le 31 janvier 2000;

- www.esanteactu.com, le site de eSanté Actu, consacré à l'actualité de la eSanté, à savoir le croisement de la santé (vue par les professionnels du secteur) et d'internet, lancé le 16 mai 2000;

- www.lafontaine.net, le site de Jean de la Fontaine, qui présente l'intégralité de son oeuvre, ainsi que plein de dessins, pastiches, enregistrements, et publie quotidiennement "La fable du jour";

- www.commissairetristan.com, le site des Aventures du Commissaire Tristan, le premier cyberpolar online (gratuit), coproduit par FTPress et AlloCiné, lancé à mi-juin 2000.

Les projets sont nombreux pour les prochains mois.

= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?

En (très) résumé, cela consiste à développer une société, FTPress, spécialisée dans la presse online (enfin pour l'instant, car tout bouge tellement vite que ce pourrait bien ne plus être le cas dans quelques mois). Le concept de FTPress est de réaliser des médias professionnels spécialisés chacun dans un secteur économique: la santé, l'automobile, l'image numérique, les ressources humaines, la logistique, etc. Chaque média traite de l'économie, de la technologie, des aspects politiques et sociaux, d'un secteur modifié par l'arrivée des nouvelles technologies et d'internet. Le premier a été Internet Actu, créé au CNRS en février 1996, suivi de Pixel Actu (février 2000), puis de eSanté Actu (mai 2000). Nous sommes partis de l'écrit, mais nous allons maintenant vers le multimédia, avec prochainement des émissions de télévision. FTPress réalise aussi des médias pour des tiers.

= Comment voyez-vous votre avenir professionnel?

Mon avenir professionnel, je le vois comme un présent professionnel. Si vous m'aviez posé cette question il y a deux ans, je vous aurais répondu qu'à force de travailler avec internet (en tant que directeur aux systèmes d'information du CNRS) et à propos d'internet (en tant que directeur de la publication LMB Actu), je rêvais de créer une entreprise internet. Mais je me demandais alors comment m'y prendre. Si vous me l'aviez posée il y a un an, je vous aurais répondu que j'avais fait le saut, que les dés étaient jetés, et que j'avais annoncé mon départ de l'administration… pour créer FTPress. Je ne pouvais plus supporter de rester où j'étais. Je devenais aigre. C'était créer mon entreprise ou bien… prendre une année sabbatique à ne rien faire. Et aujourd'hui je suis en plein dedans. J'ai l'impression de vivre les histoires que l'on lit dans la presse sur les start-ups. C'est dur à supporter physiquement, tant le développement est rapide. Alors, mon avenir, je le vois à la plage, sans internet, pour me reposer avec ma femme ;-)

= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?Quelles solutions pratiques suggérez-vous?

Ces débats sont fondés. Certaines personnes, souvent d'ailleurs celles qui ont le pouvoir donné par une institution d'appartenance, s'assoient sur le droit d'auteur, n'hésitant pas à apposer leur nom sur un texte écrit par un autre. Chez FTPress, nous appliquons grosso modo le principe de la GPL (general public licence, licence publique qui sert de fondement à Linux, ndlr) pour les logiciels libres. Nos textes sont reproductibles gratuitement dans la mesure où ce n'est pas fait dans des fins commerciales, et bien sûr sous réserve que la source soit mentionnée. Quant aux auteurs des dits textes, ils sont rémunérés normalement, avec un statut de journalistes, et également intéressés dans l'entreprise, par le jeu de bons de souscription (alias stock options). Cet intéressement aux résultats et à la valeur de l'entreprise complète la rémunération traditionnelle du journaliste pour un texte destiné à une publication déterminée. En contrepartie, FTPress ne paie plus les auteurs si le texte est revendu à un tiers (qui en fait un usage commercial). Je pense que c'est une solution à cette question dans le domaine de la presse. Mais c'est un problème complexe et varié, qui ne peut trouver une seule réponse.

= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?

Je ne sais pas répondre, sinon une banalité, comme: "chacun gardera son langage privilégié, avec l'anglais comme langue d'échange". Mais peut-on réellement penser que toute la population du monde va communiquer dans tous les sens? Peut-être? Via des systèmes de traduction instantanée, par écrit ou par oral? J'ai du mal à imaginer qu'on verra de sitôt des outils capables de translater les subtilités des modes de pensée propres à un pays: il faudrait pour lors traduire, non plus du langage, mais établir des passerelles de sensibilité. A moins que la mondialisation n'uniformise tout cela? En résumé, je pense que la bonne question est celle d'un internet multiculturel.

= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?

Quand nous avons franchi la barre des 10.000 abonnés à LMB Actu, début 1998.

= Et votre pire souvenir?

Une fois, quand nous avons écrit une bêtise dans Internet Actu, et que les messages incendiaires des abonnés ont commencé à arriver en trombe, dans les dix minutes suivant l'envoi. On a tous commencé à paniquer, car on venait de basculer LMB Actu dans le privé et la société FTPress ne reposait que sur le successeur, Internet Actu. Un désabonnement massif et c'en était fini de nous. Mais finalement, toutes ces réactions nous ont permis de démarrer la tribune des lecteurs, qui a été bien appréciée! Souvent, les erreurs ont du bon, du moment qu'on les avoue, et qu'on l'affiche ouvertement: ces échanges créent des liens entre les lecteurs et les auteurs.

*Entretien du 25 novembre 2000

= Quoi de neuf depuis notre dernier entretien?

Plein de choses! De nouveaux magazines (DRH Actu, NetLocal Actu, Automates intelligents dans quelques jours, Correspond@nces avec la Fondation la Poste, etc.), de la TV (avec un studio propre), un nouveau système d'information (ou de production) très puissant (Reef.com), le kiosque de presse (avec des partenaires presse externe, à commencer par Diora), etc.

= Utilisez-vous encore beaucoup de documents papier?

Ça n'a pas changé: j'imprime souvent nos propres publications pour les lire dans les transports en commun. Je n'ai pas beaucoup le temps de lire, hormis des romans.

= Le papier a-t-il encore de beaux jours devant lui?

Oui, il a encore de l'avenir, il y aura toujours du papier, ou si ce n'est pas le papier (matériau) que l'on connaît, ce sera un support souple, léger et fin comme lui (pour dans dix ans en principe).

= Quel est votre sentiment sur le livre électronique?

Ce n'est rien d'autre qu'un ordinateur portable dédié. Je ne vois pas bien pourquoi on se priverait des autres fonctions de l'ordinateur, quitte à transporter un écran.

= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure accessibilité du web aux aveugles et malvoyants?

Ne pas abuser des interfaces purement graphiques, et conserver une distribution en texte simple (il n'y a d'ailleurs pas que les aveugles qui apprécient).

= Comment définissez-vous le cyberespace?

Rien d'original… Je ne vois pas très bien quoi rajouter au sens des deux mots qui composent ce terme.

= Et la société de l'information?

Une société dont l'information est le moteur, dans tous les sens du terme.

[EN] François Vadrot (Paris)

#Founder, chairman and managing director of FTPress (French Touch Press), a cybermedia company

*Interview of May 20, 2000 (original interview in French)

= What is FTPress?

FTPress (French Touch Press) is a French cyberpress company. It has created the following websites:

— www.ftpress.com, which describes the concept, products and structure of the media company, and gives very informal portraits of the team members.

— www.internetactu.com, Internet Actu's website, which carries news about the Internet and new technology. It was launched on 9 September 1999 in its present form. It replaced LMB Actu (Le Micro Bulletin Actu - The Micro News Bulletin), published by the Information Systems Department (Délégation aux systèmes d'information (DSI)) at France's National Centre for Scientific Research (Centre national de la recherche scientifique (CNRS)).

— www.pixelactu.com, Pixel Actu's website, giving news about digital pictures, set up on 31 January 2000.

— www.esanteactu.com, eSanté Actu's website, with news about eHealth — the interface between health (as seen by professionals) and the Internet — launched on 16 May 2000.

- www.lafontaine.net, the website of Jean de la Fontaine (a 17th century French poet and writer, renowned for his Fables), containing all his works, as well as many drawings, pastiches and recordings. It also features a "Daily Fable".

- www.commissairetristan.com, the website of Superintendant Tristan's adventures (Les aventures du Commissaire Tristan), the first (free) online crime novel, co-produced by FTPress and AlloCiné and launched in mid-June 2000.

Many projects are planned in the next months.

= What exactly do you do professionally?

Very briefly, developing a company, FTPress, that specializes in the online press — for the moment, that is, because things are moving so fast that it might not be doing that any more in a few months time. The idea of FTPress is to create professional media, each specialized in an economic area, such as health, cars, digital pictures, human resources and logistics. Each medium deals with the economic, technological, political and social aspects of a sector being changed by the arrival of new technology and the Internet. The first one was Internet Actu, set up at France's National Centre for Scientific Research in February 1996, followed by Pixel Actu (February 2000) and eSanté Actu (May 2000). We began with written products, but we're now focusing on multimedia, including TV programmes in the near future. FTPress also sets up media for outside customers.

= How do you see your professional future?

I see my professional future as a professional "here and now." If you'd asked me that two years ago, I would have said that through working with the Internet (as head of information systems at the CNRS) and writing things about the Internet (as editor of LMB Actu), I was dreaming of creating an Internet start-up. But I was wondering how to do that. If you'd asked me the question a year ago, I would have answered that I'd made the jump, was all set and had told my bosses I was leaving, to go off and create FTPress. I just didn't want to stay where I was any more. I was becoming bitter. I wanted to start my own company or else take a year's sabbatical to do nothing. Today, I'm fully involved in the firm. I feel I'm living some of the stories we read in the press about start-ups. It's hard to do physically because it's all growing so fast. So I see my future on the beach, without the Internet, relaxing with my wife ;-)

= What do you think of the debate about copyright on the Web? What practical suggestions do you have?

It's a valid debate. Some people, often those hiding behind the authority of an institution that ought to respect copyright, don't respect it and have no qualms about putting their names to articles written by somebody else. At FTPress, we more or less follow the guidelines of the GPL (a public licence used as a basis by Linux for free software). Our material can be freely reproduced for non-commercial purposes, with the source mentioned of course. The authors of these articles are paid at a standard rate, have journalist status and are also given stock options in the company. This stake in the firm's activity and its value brings the journalist's pay up to the level for an article written for a given publication. But FTPress no longer pays authors extra if the article is sold to a third party for their own use. I think this is a solution to the problem as far as the press is concerned. But it's a complex issue with many aspects and no single answer.

= How do you see the growth of a multilingual Web?

I don't know how to answer that, except with a truism like "Everyone will keep their own language, with English as a language of exchange." But do we really believe all the world's people are going to communicate in every senses? Maybe. Through written or oral machine translation systems? It's hard to imagine having in the near future the means to translate nuances of thought unique to a given country. We'd have to translate more than the language, and set up bridges to convey feelings. Unless everthing is standardized by globalisation. So I think the real issue is a multicultural Internet.

= What is your best experience with the Internet?

When we passed the 10.000 subscribers' mark for LMB Actu, at the beginning of 1998.

= And your worst experience?

The time when we made a mistake in Internet Actu and angry messages from subscribers began pouring in just 10 minutes later. We all started panicking because LMB Actu had just gone private and FTPress, the new company, relied solely on its successor, Internet Actu. If we'd lost a lot of subscribers, we'd've been finished. But in the end, all the reaction allowed us to start a column for readers which was very popular. Mistakes often turn out to be beneficial, as soon as you admit them openly. These exchanges establish links between readers and authors.

[ES] François Vadrot (Paris)

#Creador, presidente y director general de FTPress (French Touch Press), una firma de ciberprensa

*Entrevista del 20 de mayo 2000 (entrevista original en francés)

= ¿Podría Ud. presentar FTPress?

FTPress (French Touch Press) es una firma francesa de ciberprensa. Creó los sitios siguientes:

- www.ftpress.com, el sitio de la sociedad de prensa principal, que presenta el concepto, los productos, la organización… y los miembros del equipo, en forma de retratos muy personales.

- www.internetactu.com, el sitio de Internet Actu, que presenta las noticias de Internet et de las nuevas tecnologías. Su forma actual fue creada el 9 de septiembre de 1999 y es el sucesor de LMB Actu (Le Micro Bulletin Actu) publicado por la Delegación para los Sistemas de Información (Délégation aux systèmes d'information (DSI)) del Centro Nacional de la Investigación Científica (Centre national de la recherche scientifique (CNRS)).

- www.pixelactu.com, el sitio de Pixel Actu, creado el 31 de enero de 2000, que presenta las noticias de la imagen digital.

- www.esanteactu.com, el sitio de eSanté Actu, creado el 16 de mayo de 2000, que presenta las noticias de la "eSalud", para saber el cruce de la salud (vista por los profesionales del sector) y del Internet.

- www.lafontaine.net, el sitio de Jean de la Fontaine (poeta y escritor francés del siglo 17, conocido por sus fábulas), que presenta su obra completa, con muchos dibujos, imitaciones, grabaciones, y publica cotidianamente "La fábula del día".

- www.commissairetristan.com, el sitio de las aventuras del Comisario Tristan (Les aventures du Commissaire Tristan), creado a mediados de junio de 2000. Coproducida por FTPress y AlloCiné, es la primera cibernovela policiaca (gratuita) en línea.


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