La couverture du réseau autour de la surface du globe resserre les liens entre les individus distants et inconnus (c'est un peu notre cas lors de cet échange). Ce qui n'est pas simple puisque nous sommes placés devant des situations nouvelles: ni vraiment spectateurs, ni vraiment auteurs, ni vraiment lecteurs, ni vraiment interacteurs. Ces situations créent des nouvelles postures de rencontre, des postures de "spectacture" ou de "lectacture" (Jean-Louis Weissberg). Les notions de lieu, d'espace, de temps, d'actualité sont requestionnées à travers ce médium qui n'offre plus guère de distance à l'événement mais se situe comme aucun autre dans le présent en train de se faire.
L'écart peut être mince entre l'envoi et la réponse, parfois immédiat (cas de la génération de textes). Mais ce qui frappe et se trouve repérable ne doit pas masquer les aspects encore mal définis tels que les changements radicaux qui s'opèrent sur le plan symbolique, représentationnel, imaginaire et plus simplement sur notre mode de relation aux autres. "Plus de proximité" ne crée pas plus d'engagement dans la relation, de même "plus de liens" ne créent pas plus de liaisons, ou encore "plus de tuyaux" ne créent pas plus de partage.
Je rêve d'un internet où nous pourrions écrire à plusieurs sur le même dispositif, une sorte de lieu d'atelier d'écritures permanent et qui autoriserait l'écriture personnelle (c'est en voie d'exister), son partage avec d'autres auteurs, leur mise en relation dans un tissage d'hypertextes et un espace commun de notes et de commentaires sur le travail qui se crée. Je rêve encore d'un internet gratuit pour tous et partout, avec toute l'utopie que cela représente. Internet est jeune mais a déjà ses mythologies, ainsi Xanadu devait être cette cité merveilleuse ou tout le savoir du monde y serait lisible en toutes les langues. Loin d'être au bout de ce rêve, internet tient tout de même quelques-unes de ces promesses.
= Les possibilités offertes par l'hypertexte ont-elles changé votre mode d'écriture?
Non - parce qu'écrire est de toute façon une affaire très intime, un mode de relation qu'on entretient avec son monde, ses proches et son lointain, ses mythes et fantasmes, son quotidien et enfin, appendus à l'espace du langage, celui de sa langue d'origine. Pour toutes ces raisons, je ne pense pas que l'hypertexte change fondamentalement sa manière d'écrire, qu'on procède par touches, par impressions, associations, quel que soit le support d'inscription, je crois que l'essentiel se passe un peu à notre insu.
Oui - parce que l'hypertexte permet sans doute de commencer l'acte d'écriture plus tôt: devançant l'activité de lecture (associations, bifurcations, sauts de paragraphes) jusque dans l'acte d'écrire. L'écriture (significatif avec des logiciels comme StorySpace) devient peut-être plus modulaire. On ne vise plus tant la longue horizontalité du récit mais la mise en espace de ses fragments, autonomes. Et le travail devient celui d'un tissage des unités entre elles. L'autre aspect lié à la modularité est la possibilité d'écritures croisées, à plusieurs auteurs. Peut-être s'agit-il d'ailleurs d'une méta-écriture, qui met en relation les unités de sens (paragraphes ou phrases) entre elles.
= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?Quelles solutions pratiques suggérez-vous?
Le droit de l'auteur est celui d'un individu et celui de son oeuvre. L'individu a le droit de disposer d'une garantie, celle que son oeuvre ne soit pas pillée et/ou (pire?) détournée ou morcelée. La notion d'oeuvre est complexe, mais si l'on accepte celle d'une production originale et personnelle comme ensemble cohérent qui fait sens et système pour proposer un regard singulier - celui d'un auteur - ce droit doit pouvoir être garanti.
Sans même évoquer les aspects financiers (royalties, etc.) qui sont bien réels, un standard comme XML devrait pouvoir garantir l'indexation des oeuvres, des artistes, et une signature numérique attachée à leurs productions en ligne.
Un autre standard d'autentification - de type PNG (portable network graphics) pour l'image - devrait pouvoir permettre d'attribuer une clé numérique infalsifiable à une production. Un exemple significatif: les éditions numériques 00h00.com ont édité un roman interactif, Apparitions inquiétantes, né sur le web (donc en HTML) mais vendu au format Acrobat PDF qui permet de conditionner son ouverture par un mot de passe donné lors de l'achat en ligne du roman.
On peut aisément imaginer que, si le WWW Consortium ne propose pas de système d'authentification numérique des pages web, éditeurs et auteurs vont se tourner vers des produits éditoriaux plus repérés (livre, cédérom) et pour lesquels existe un circuit de distribution.
On peut imaginer qu'un auteur puisse faire enregistrer ses logiciels de création auprès d'un organisme et obtienne en échange une clef numérique (signature individuelle) qui soit automatiquement apposée dans ses fichiers. Une autre solution consisterait en un dépôt - type SACEM (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) ou SCAM (Société civile des auteurs multimédia) ou SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques) ou SESAM (Gestion des droits des auteurs dans l'univers multimédia) - qui fasse antériorité, mais c'est une solution de protection et non pas un procédé de signature…
Peut-être existe-t-il une question prélable cachée dans celle-ci: ne faut-il pas à l'heure du numérique, et en regard de ce que Julia Kristeva a appelé l'intertextualité, redéfinir la notion et le terme d'auteur?
= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue? Quelles solutions pratiques suggérez-vous?
Les systèmes d'exploitation se dotent peu à peu des kits de langues et bientôt peut-être de polices de caractères Unicode à même de représenter toutes les langues du monde; reste que chaque application, du traitement de texte au navigateur web, emboîte ce pas.
Les difficultés sont immenses: notre clavier avec ses ± 250 touches avoue ses manques dès lors qu'il faille saisir des Katakana ou Hiragana japonais, pire encore avec la langue chinoise.
La grande variété des systèmes d'écritures de par le monde et le nombre de leurs signes font barrage. Mais les écueils culturels ne sont pas moins importants, liés aux codes et modalités de représentation propres à chaque culture ou ethnie.
L'anglais s'impose sans doute parce qu'il est devenu la langue commerciale d'échange généralisée; il semble important que toutes les langues puissent continuer à être représentées parce que chacune d'elle est porteuse d'une vision "singulière" du monde.
La traduction simultanée (proposée par AltaVista par exemple) ou les versions multilingues d'un même contenu me semblent aujourd'hui les meilleures réponses au danger de pensée unique que représenterait une seule langue d'échange.
Peut-être appartient-il aux éditeurs des systèmes d'exploitation (ou de navigateurs?) de proposer des solutions de traduction partielle, avec toutes les limites connues des systèmes automatiques de traduction…
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
Je n'ai pas de souvenir unique mais plutôt des événements marquants: avoir pu contacter et converser par e-mail avec des inconnus dont j'avais lu les travaux, avoir vu des travaux d'amis publiés en livre alors qu'ils étaient écrits initialement et après qu'ils aient existé d'abord pour le web, avoir échangé des vidéos et des photos de famille à l'autre bout du monde en quelques secondes. Quelques instants fugaces de babillard avec des Canadiens perdus dans les grands froids.
= Et votre pire souvenir?
- L'arrivée de ce qu'on appelle l'e-business, pas l'arrivée du commerce qui est une activité respectable (activité naturelle d'échange qui crée du lien), mais celle du discours, du vocabulaire et de l'état d'esprit qui l'accompagne: rentabilité, business plan, parts de marché, agressivité… et de toute l'économie faite de flan, d'effets d'annonce et dont le paroxysme s'est appelé Nasdaq. - La mise à mort de Mygale par un système et sa récupération par un des acteurs du marché a montré que la communauté de partage et d'intérêt avait elle aussi un prix (élevé) en fonction de son potentiel d'acheteurs.
*Entretien du 14 novembre 2000
= Utilisez-vous encore beaucoup de documents papier?
C'est toujours une question, une frustration, cette impossibilité du papier à entrer dans la machine! Les dispositifs d'annotation informatique sont pourtant loin d'égaler ceux, analogiques, de la lecture papier: post-it, pages cornées, notes en marge, photocopies commentées, agrandies, modifiées, partagées… que j'utilise - comme beaucoup - en nombre. Tous ces procédés sont des bricolages, les morceaux de papier pris sur des nappes au déjeuner, dans les pages "notes" des agendas, mais ils sont la base d'un processus de mémorisation, d'appropriation personnelle. (Voir pour s'en convaincre la gestion archaïque des signets sur les deux navigateurs les plus modernes. Il faut aller voir des navigateurs de recherche comme Nestor de Romain Zeiliger pour voir pris en compte l'annotation comme processus cognitif et la représentation spatiale comme mode d'organisation des données complexes.) C'est là la question la moins bien prise en compte dans les dispositifs numériques où la mémoire prise en compte est celle de la machine et du logiciel, pas celle de nos cheminements intimes.
= Les jours du papier sont-ils comptés?
Les "outils numériques" deviendront peut-être peu à peu les objets banals de notre quotidien; en attendant ce(s) jour(s), la souplesse des usages du papier n'a pas encore son pareil, je crois. Les débuts des années 80 avaient annoncé la mort du support papier: son usage - et sa consommation - se sont vus multipliés. Le papier semble devoir être encore la surface-support de confort pour la lecture séquentielle, mais pour l'écriture numérique ? On peut se poser la question, l'évolution lente mais inexorable des pratiques - et des outils d'écriture - entraîne forcément la lecture vers l'ailleurs des dispositifs interactifs. La tendance qui s'amorce sur le web - mais est-ce que cela dépassera le stade de tendance? - est la double écriture (et donc la double lecture) proposée. De plus en plus de sites sont faits pour satisfaire une expérience interactive mais proposent aussi leurs contenus "de fond" sous forme de fichiers Acrobat, donc mis en forme, designés pour l'impression individuelle sur papier. Une écriture interactive génère ses systèmes, dispositifs, mises en relation, en espaces, en interaction… et ses appareils de lecture. Les nouvelles oeuvres se lisent sur un micro-ordinateur - connecté ou non - pensons à la spécificité des Machines à écrire de Antoine Denize, de Puppet Motel de Laurie Anderson, de Ceremony of Innocence de Peter Gabriel/Nick Bantock. Mais on peut aussi penser - et espérer - que J.M.G. Le Clézio continuera de nous enchanter avec ses récits sur papier.
= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?
Ce n'est qu'un sentiment, je ne possède personnellement pas ce genre d'appareil, ni de PDA (personal digital assistant) non plus même si j'en ai eu de nombreuses fois entre les mains avec un mélange d'envie et de gêne. Il me semble que le "fait" technologique de l'appareil nuit à une lecture un peu "engagée". Je lis mes livres un peu partout, ils tombent parfois de mes mains et de mon lit, j'en ai oublié dans le train, ils me suivent dans le bus, le métro, le train, en vacances, sur la plage ou à la montagne. Ils sont autonomes, je peux les prêter, les donner, je les biffe, corne, annote, bref je les lis. Avec une infinie lenteur. Je me roule dans leurs plis. Il faudrait peut-être pouvoir plier ces livres électroniques, ou qu'ils soient incassables? Mais la question est peut-être qu'ils ne peuvent ni ne doivent remplacer le livre papier bâti dans un système matériel et économique cohérent. Peut-être ont-ils une place à part à prendre? En devenant les supports de l'hyperlecture peut-être?
= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure accessibilité du web aux aveugles et malvoyants?
Jakob Nielsen évoque dans La Conception de sites web - l'art de la simplicité (Campus Press, 2000) un système vocal basé sur la lecture de balises HTML ou XML capables d'interfacer un synthétiseur vocal qui paraît convaincant. La WAI (Web Accessibility Initiative) du W3C (World Wide Web Consortium) a publié, le 5 mai 1999, la première version des directives (téléchargeables) pour un accès web aux personnes handicapées, accessible en français.
= Comment définissez-vous le cyberespace?
Ce pourrait-être quelque chose comme l'ensemble électrique mouvant, le système invisible mais cohérent des êtres humains sensibles et des interfaces intelligentes dont les activités sont tout ou en partie réglées, conditionnées ou co-régulées à travers leurs machines connectées ensemble. Peut-être plus simplement: la virtualisation sensible et numérique de l'inconscient collectif… mais là je ne parle plus sous contrôle. :=)
= Et la société de l'information?
La nôtre, je pense? L'américano-nord-européenne. A la Bourse, les annonces ont des effets mesurables en millions de dollars ou d'euros et déclenchent des impacts économiques et humains parfois très violents: rachats, ventes, hausses et baisses des valeurs, licenciements. C'est une société où la valeur absolue est l'information et son contrôle, et la valeur relative l'humain. Et là , il n'y a plus de "parole sous contrôle" mais une question de lecture, donc d'engagement.
[EN] Kushal Dave (Yale)
#Student at Yale University
*Interview of September 1, 1998
= How do you see the relationship between the print media and the Internet?
This is still being worked out, of course. So far, all I've been able to see is that electronic media undermines the print form in two ways:
a) providing completely alternative presses that draw attention away from the previous strongholds, and
b) forcing the print publications to spend resources trying to counteract this trend. Both forms of media critique one another and proclaim their superiority. Print media operates under a self-important sense of credibility. And the electronic media operates under a belief that they are the only purveyors of unbiased truth.
There are issues of niche and finance that need to be resolved. The Internet is certainly a more accessible and convenient medium, and thus it would be better in the long run if the strengths of the print media could be brought online without the extensive costs and copyright concerns that are concomitant. As the transition is made, the neat thing is a growing accountability for previously relatively unreproachable edifices. For example, we already see e-mail addresses after articles in publications, allowing readers to pester authors directly. Discussion forums on virtually all major electronic publications show that future is providing not just one person's opinion but interaction with those of others as well. Their primary job is the provision of background information. Also, the detailed statistics can be gleaned about interest in an advertisement or in content itself will force greater adaptability and a questioning of previous beliefs gained from focus groups. This means more finely honed content for the individual, as quantity and customizability grows.
= How did using the Internet change your life?
The Internet has certainly been a distraction. ;) But beyond that, an immeasurable amount of both trivial and pertinent information has been gleaned in casual browsing sessions.
= How do you see the future?
In my personal future, I'd like to get a B.S., M.S., and M.Eng, working in the industry for a while before moving on to write about the medium for some reputable publication.
The future of the Internet in general I see as becoming more popular and yet more fraught with conflict over the growth of commercialism and the perception that the Net's devolutionary spirit has been undermined. There will also be a need to deal with a glut of information - already we see Internet search engines reinventing themselves to try to provide a more optimal and efficient portal.
[FR] Kushal Dave (Yale)
#Etudiant à l'Université de Yale
*Entretien du 1er septembre 1998 (entretien original en anglais)
= Comment voyez-vous la relation entre l'imprimé et l'internet?
Ce sont bien sûr des relations en pleine mutation. Ce que j'ai pu voir jusqu'à présent, c'est que les médias électroniques sont en train de saper les médias imprimés de deux façons:
a) en favorisant la création de maisons d'édition alternatives qui permettent de se libérer de la main-mise des grandes maisons d'édition,
b) en forçant les publications imprimées à trouver les moyens nécessaires pour contrecarrer cette tendance. Ces deux groupes de médias se critiquent l'un l'autre et proclament chacun leur supériorité. Les médias de l'imprimé jouent la carte de la crédibilité, alors que les médias électroniques pensent qu'ils sont les seuls pourvoyeurs d'une vérité impartiale.
Il y a donc un problème de "créneau" à trouver, ainsi il existe aussi un problème financier. Internet est certainement un médium plus accessible et plus pratique. A long terme il serait préférable qu'il puisse bénéficier du savoir-faire de l'imprimé, sans les coûts élevés et les problèmes de copyright. Pendant la période de transition, il serait également souhaitable que les maisons d'édition traditionnelles prennent progressivement en compte ce nouveau médium. Dans les publications imprimées, on voit par exemple maintenant des adresses électroniques à la suite des articles, ce qui permet aux lecteurs de contacter directement les auteurs. Des forums de discussion présents dans pratiquement toutes les grandes publications électroniques montrent qu'à l'avenir nous n'aurons plus seulement l'opinion d'une personne, mais les opinions de plusieurs personnes, et leur interaction entre elles. Le but de ces forums est de procurer des informations supplémentaires en arrière-plan. De même, on peut glaner des statistiques détaillées sur l'indice de consultation de l'information ou des annonces, ce qui permettra à la publication de s'adapter et de s'interroger sur ses objectifs. Le lecteur aura ainsi un contenu plus ciblé, plus riche et davantage sur mesure.
= Que représente l'internet pour vous?
D'abord un moyen de distraction. ;) Et puis une énorme quantité d'informations banales ou intéressantes glanées en surfant sans but précis.
= Comment voyez-vous l'avenir?
J'aimerais préparer une licence et une maîtrise en sciences, puis travailler dans l'industrie pendant quelque temps avant d'écrire sur internet dans une publication connue.
Quant à l'avenir d'internet en général, je pense que ce médium va se populariser, tout en étant en prise avec le développement d'un réseau commercial qui va contrecarrer l'esprit convivial du début. On aura également affaire à une surabondance d'information, et les moteurs de recherche sont déjà en train d'évoluer afin de proposer des portails offrant un meilleur service.
[FR] Cynthia Delisle (Montréal)
#Consultante au CEVEIL (Centre d'expertise et de veille inforoutes et langues)
[Entretien conjoint avec Guy Bertrand. Voir: Guy Bertrand.]
[EN] Cynthia Delisle (Montreal)
#Consultant at the CEVEIL (Centre d'expertise et de veille inforoutes et langues- Centre for Assessment and Monitoring of Information Highways and Languages)
[Joint Interview with Guy Bertrand. See: Guy Bertrand.]
[FR] Emilie Devriendt (Paris)
#Elève professeur à l'Ecole normale supérieure de Paris et doctorante à l'Université de Paris 4-Sorbonne
Elève professeur à l'Ecole normale supérieure (ENS) de Paris et doctorante à l'Université de Paris 4-Sorbonne, Emilie Devriendt anime le séminaire "Outils informatiques pour l'analyse textuelle" de l'ENS pendant l'année universitaire 2001-2002.
*Entretien du 27 juin 2001
= En quoi consiste exactement votre activité?
Le fait d'être étudiante me permet d'emprunter librement les chemins de traverse qu'il me tente d'explorer: psychologie cognitive, ingénierie linguistique, internet sont autant de domaines qui m'intriguent et qui me permettent d'adopter des points de vue différents sur le monde de la recherche et des études littéraires où j'ai été principalement formée.
Mes travaux de recherche ont pour objet la culture écrite (literacy) et les représentations linguistiques du seizième siècle français. Mon activité liée à l'informatique et à internet s'inscrit en grande partie dans une réflexion sur l'histoire des techniques intellectuelles. Elle intervient aussi dans mes recherches.
= En quoi consiste exactement votre activité liée à l'internet?
Je suis avant tout une grande utilisatrice d'internet, pour mes recherches essentiellement. Je compte aussi poursuivre une activité entamée depuis peu (en collaboration avec Russon Wooldridge, professeur à l'Université de Toronto), qui concerne la publication de ressources littéraires en ligne, notamment pour le seizième siècle français.
D'autre part, le prosélytisme en matière d'outils informatiques pour la recherche littéraire me semble indispensable. Ce qui me préoccupe aujourd'hui: la diffusion de logiciels (d'analyse textuelle par exemple) menée parallèlement à une réflexion méthodologique sur leur utilisation. Un séminaire devrait se mettre en place à l'Ecole normale supérieure l'an prochain sur ces thèmes.
= Comment voyez-vous l'avenir?
L'avenir me semble prometteur en matière de publications de ressources en ligne, même si, en France tout au moins, bon nombre de résistances, inhérentes aux systèmes universitaire et éditorial, ne risquent pas de céder du jour au lendemain (dans dix-vingt ans, peut-être?). Ce qui me donne confiance, malgré tout, c'est la conviction de la nécessité pratique d'internet. J'ai du mal à croire qu'à terme, un chercheur puisse se passer de cette gigantesque bibliothèque, de ce formidable outil. Ce qui ne veut pas dire que les nouvelles pratiques de recherche liées à internet ne doivent pas être réfléchies, mesurées à l'aune de méthodologies plus traditionnelles, bien au contraire. Il y a une histoire de l'"outillage", du travail intellectuel, où internet devrait avoir sa place.
= Utilisez-vous encore beaucoup de documents papier?
Oui, beaucoup.
= Les jours du papier sont-ils comptés?
Je suis loin de penser que le numérique doive ou puisse remplacer le papier, tout au moins dans l'état actuel des technologies liées à internet. On a beau parler d'une "ère de l'immatériel", d'une "virtualisation" du réel etc., je reste persuadée que la trace écrite telle que le papier nous en permet la perception et la conservation (relative si l'on veut, mais fortement historicisée), n'a pas diminué, et n'est pas en passe de se voir remplacée par des séquences invisibles de 0 et de 1. La pérennité du support numérique me semble bien plus problématique que celle du papier: en termes techniques (et économiques) d'une part, en termes de politiques de conservation d'autre part. Par exemple, l'institution d'un dépôt légal sur le web pose d'immenses problèmes (concernant la quantité comme la nature des publications).
= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?
S'il doit s'agir d'un ordinateur portable légèrement "relooké", mais présentant moins de fonctionnalités que ce dernier, je n'en vois pas l'intérêt. Tel qu'il existe, l'e-book est relativement lourd, l'écran peu confortable à mes yeux, et il consomme trop d'énergie pour fonctionner véritablement en autonomie. A cela s'ajoute le prix scandaleusement élevé, à la fois de l'objet même et des contenus téléchargeables; sans parler de l'incompatibilité des formats constructeur, et des "formats" maison d'édition.
J'ai pourtant eu l'occasion de voir un concept particulièrement astucieux, vraiment pratique et peu coûteux, qui me semble être pour l'heure le support de lecture électronique le plus intéressant : celui du "baladeur de textes" ou @folio (conçu par Pierre Schweitzer, ndlr), en cours de développement à l'Ecole nationale supérieure des arts et industries de Strasbourg. Bien évidemment, les préoccupations de ses concepteurs sont à l'opposé de celles des "gros" concurrents qu'on connaît, en France ou ailleurs: aucune visée éditoriale monopolistique chez eux, puisque c'est le contenu du web (dans l'idéal gratuit) que l'on télécharge.
= Comment définissez-vous la société de l'information?
Pour moi, comme j'ai eu l'occasion de le dire ailleurs, le syntagme "société de l'information" est plus une formule (journalistique, politique) à la mode depuis plusieurs années, qu'une véritable notion. Cette formule tend communément je crois, à désigner une nouvelle "ère" socio-économique, post-industrielle, qui transformerait les relations sociales du fait de la diffusion généralisée des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC). Personnellement, je n'adhère pas à cette vision des choses. Si la diffusion croissante des NTIC est indéniable et constitue un phénomène socio-économique propre à l'époque contemporaine, je ne crois pas qu'il faille y voir la marque de l'avènement d'une nouvelle société "de l'information".
La formule "société de l'information" est construite sur le modèle terminologique (socio-économique) de la "société industrielle". Mais le parallèle est trompeur: "société de l'information" met l'accent sur un contenu, alors que "société industrielle" désigne l'infrastructure économique de cette société. L'information en tant que produit (industriel ou service) apparaît peut-être plus complexe que, par exemple, les produits alimentaires, mais cette complexité ne suffit pas à définir l'avènement dont il est question.
D'autant plus que l'emploi inconditionnel de la formule a contribué à faire de l'information un terme passe-partout, très éloigné même de sa théorisation mathématique (Shannon), de sa signification informatique initiale. Elle traduit uniquement une idéologie du progrès électronique mise en place dans les années 1950 et véhiculée ensuite par nos gouvernements et la plupart de nos journalistes, qui définissent fallacieusement le développement des NTIC comme un "nécessaire" vecteur de progrès social. Quelques analystes (sociologues et historiens des techniques comme Mattelart, Lacroix, Guichard, Wolton) ont très bien montré cela.
[FR] Bruno Didier (Paris)
#Webmestre de la bibliothèque de l'Institut Pasteur
L'Institut Pasteur est une fondation privée dont la mission est de contribuer à la prévention et au traitement des maladies, en priorité infectieuses, par la recherche, l'enseignement, et des actions de santé publique.
*Entretien du 10 août 1999
= En quoi consiste le site web que vous avez créé?
Le site web de la bibliothèque de l'Institut Pasteur a pour vocation principale de servir la communauté pasteurienne. Il est le support d'applications devenues indispensables à la fonction documentaire dans un organisme de cette taille: bases de données bibliographiques, catalogue, commande de documents et bien entendu accès à des périodiques en ligne (un peu plus d'une centaine actuellement). C'est également une vitrine pour nos différents services, en interne mais aussi dans toute la France et à l'étranger. Il tient notamment une place importante dans la coopération documentaire avec les instituts du réseau Pasteur à travers le monde. Enfin j'essaie d'en faire une passerelle adaptée à nos besoins pour la découverte et l'utilisation d'internet. Il existe dans sa forme actuelle depuis 1996 et son audience augmente régulièrement.
= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?
Je développe et maintiens les pages du serveur, ce qui s'accompagne d'une activité de veille régulière. Par ailleurs je suis responsable de la formation des usagers, ce qui se ressent dans mes pages. Le web est un excellent support pour la formation, et la plupart des réflexions actuelles sur la formation des usagers intègrent cet outil.
= Dans quelle mesure l'internet a-t-il changé votre vie professionnelle?
C'est à la fois dans nos rapports avec l'information et avec les usagers que les changements ont eu lieu. Nous devenons de plus en plus des médiateurs, et peut-être un peu moins des conservateurs. Mon activité actuelle est typique de cette nouvelle situation: d'une part dégager des chemins d'accès rapides à l'information et mettre en place des moyens de communication efficaces, d'autre part former les utilisateurs à ces nouveaux outils.
= Comment voyez-vous l'avenir?
Je crois que l'avenir de notre métier passe par la coopération et l'exploitation des ressources communes. C'est un vieux projet certainement, mais finalement c'est la première fois qu'on dispose enfin des moyens de le mettre en place.
En ce qui concerne mon propre avenir professionnel, j'espère surtout qu'internet me permettra un jour de travailler à domicile, au moins partiellement. Ce qui m'éviterait 2 heures 30 de transport par jour…
= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?
Je ne suis pas ces débats. Mais je pense qu'on va avoir du mal à maintenir l'esprit communautaire qui était à la base de l'existence d'internet.
= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?
Je vois cela tout à fait positivement. Internet n'est une propriété ni nationale, ni linguistique. C'est un vecteur de culture, et le premier support de la culture, c'est la langue. Plus il y a de langues représentées dans leur diversité, plus il y aura de cultures sur internet. Je ne pense pas qu'il faille justement céder à la tentation systématique de traduire ses pages dans une langue plus ou moins universelle. Les échanges culturels passent par la volonté de se mettre à la portée de celui vers qui on souhaite aller. Et cet effort passe par l'appréhension de sa langue. Bien entendu c'est très utopique comme propos. Concrètement, lorsque je fais de la veille, je peste dès que je rencontre des sites norvégiens ou brésiliens sans un minimum d'anglais.
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
Le jour où j'ai gagné une boîte de chocolats suisses sur le site de Health On the Net (ne vous précipitez pas, le jeu n'existe plus…).
= Et votre pire souvenir?
Les dérives du courrier électronique: des mal élevés qui profitent de la distance ou d'un certain anonymat pour dire des choses pas très gentilles, ou adopter des attitudes franchement puériles, avec, hélas, des conséquences qui ne sont pas toujours celles d'un monde d'enfant… Par exemple, une personne a un jour profité de ce que je lui avait fait copie d'un message, pensant que le sujet l'intéresserait, pour intervenir entre mon interlocuteur et moi, et me discréditer.
[EN] Bruno Didier (Paris)
#Webmaster of the Pasteur Institute Library
"The Pasteur Institutes (…) are exceptional observatories for studying infectious and parasite-borne diseases. They are wedded to the solving of practical public health problems, and hence carry out research programmes which are highly original because of the complementary nature of the investigations carried out: clinical research, epidemiological surveys and basic research work. Just a few examples from the long list of major topics of the Institutes are: malaria, tuberculosis, AIDS, yellow fever, dengue and poliomyelitis." (extract of the website)
* Interview of August 10, 1999 (original interview in French)
= Can you tell us about the website you've created?
The main aim of the Pasteur Institute Library website is to serve the Institute itself and its associated bodies. It supports applications that have became essential in such a big organization: bibliographic databases, cataloging, ordering of documents and of course access to online periodicals (presently more than 100). It's also a window for our different departments, at the Institute but also elsewhere in France and abroad. It plays a big part in documentation exchanges with the institutes in the worldwide Pasteur network. I'm trying to make it an interlink adapted to our needs for exploration and use of the Internet. The website has existed in its present form since 1996 and its audience is steadily increasing.
= What exactly is your professional activity?
I build and maintain the web pages and monitor them regularly. I'm also responsible for training users, which you can see from my pages. The Web's an excellent place for training and it's included in most ongoing discussion about that.
= How did using the Internet change your professional life?
Our relationship with both the information and the users is what changes. We're increasingly becoming mediators, and perhaps to a lesser extent "curators". My present activity is typical of this new situation: I'm working to provide quick access to information and to create effective means of communication, but I also train people to use these new tools.
= How do you see the future?
I think the future of our job is tied to cooperation and use of common resources. It's certainly an old project, but it's really the first time we've had the means to set it up.
As for my professional future, I especially hope the Internet will eventually allow me to work from home, at least part of the time. It would avoid two and a half hours of travelling every day…
= What do you think of the debate about copyright on the Web?
I haven't followed these discussions. But I think it's going to be hard to maintain the community spirit which was the basis of the Internet in the beginning.
= How do you see the growth of a multilingual Web?
I think a multilingual Web's a very positive thing. The Internet doesn't belong to any one nation or language. It's a vehicle for culture, and the first vector of culture is language. The more languages there are on the Net, the more cultures will be represented there. I don't think we should give in to the kneejerk temptation to translate web pages into a largely universal language. Cultural exchanges will only be real if we're prepared to meet with the other culture in a genuine way. And this effort involves understanding the other culture's language. This is very idealistic of course. In practice, when I'm monitoring, I curse Norwegian or Brazilian websites where there's isn't any English.
= What is your best experience with the Internet?
The day I won a box of Swiss chocolates on the Health On the Net site. But don't rush to this site, the game doesn't exist any more.
= And your worst experience?
The abuse of e-mail: bad-mannered people take advantage of the distance and relative anonymity to say not very nice things and take really juvenile attitudes with, alas, consequences which are not always the kind you find in a children's world. For example, I once forwarded an email to somebody I thought would be interested in the subject and the person wrote directly to the original sender and discredited me.
[ES] Bruno Didier (Paris)
#Webmaster de la Biblioteca del Instituto Pasteur
Los Institutos Pasteur son observatorios excepcionales para el estudio de enfermedades infecciosas y parasitarias. Encargados de resolver problemas prácticos de salud pública, siguen programas de investigación cuya originalidad está en el complemento de dichas investigaciones: investigaciones clÃnicas, encuestas epidémicas e investigación fundamental. Entre los temas prioritarios de estos Institutos - aunque la la lista está lejos de ser enhaustiva - se encuentran: el paludismo, la tuberculosis, el sida, la fiebre amarilla, el dengue y la poliomielitis.
*Entrevista del 10 de Agosto de 1999 (entrevista original en francés)
= ¿Puede Ud. describir el sitio web que creó?
La vocación principal del sitio web de la biblioteca del Instituto Pasteur es de ayudar a la comunidad Pasteur. Es el soporte de aplicaciones indispensables a la función documentaria en un organismo de esta dimensión: bases de datos bibliográficos, catálogo, pedido de documentos y por supuesto acceso a periódicos en lÃnea (actualmente más de 100). Es también un "aparador" para nuestros diferentes servicios de forma interna, pero también en todo Francia y en el extranjero. Tiene un lugar importante en la cooperación documentaria con los institutos de la red Pasteur en todo el mundo. Por último, trato de hacer de este sitio una pasaje adaptado a nuestras necesidades para la iniciación y el uso de Internet. El sitio existe en su forma actual desde 1996 y su auditorio aumenta regularmente.
= ¿En que consiste exactamente su actividad profesional?
Desarrollo y mantengo las páginas del sitio web, lo que se acompaña de una actividad de vigilancia regular. Por otra parte soy responsable de la instrucción de los usuarios, lo que se ve en mis páginas… La Red es un excelente soporte para la enseñanza, y la mayorÃa de las formaciones de usuarios utiliza ahora este instrumento.
= ¿Cuáles son los cambios obtenidos por Internet en su vida profesional?
Los cambios sucedieron a la vez en nuestras relaciones con la información y con los usuarios. Nos volvemos cada vez más mediadores, y quizás un poco menos conservadores. Mi actividad actual es tÃpica de esta nueva situación: por una parte despejar caminos de acceso rápidos para la información e instalar medios de comunicación eficaces, por otra parte enseñar a los usuarios el uso de estos instrumentos nuevos.
= ¿Cómo ve Ud. el futuro?
Creo que el futuro de nuestro trabajo pasa por la cooperación y la explotación de recursos comunes. Es sin duda un viejo proyecto, pero finalmente es la primera vez que tenemos los medios de ponerlo en práctica.
En lo que concierne a mi futuro profesional, espero sobre todo que Internet me permitirá un dÃa de poder trabajar a domicilio, al menos parcialmente, lo que me evitarÃa dos horas y media de transportes per dÃa…
= ¿Qué piensa Ud. de los debates con respecto a los derechos de autor en la Red?
No sigo estos debates. Pero pienso que será difÃcil mantener el espÃritu comunitario que se encontraba al principio de la existencia de Internet.
= ¿Cómo ve Ud. la evolución hacia un Internet multilingüe?
La veo muy positivamente. Internet no es una propiedad ni nacional ni lingüÃstica. Es un vector de cultura, y el primer soporte de la cultura es la lengua. Mientras más lenguas sean representadas en toda su diversidad, más culturas serán representadas en Internet. No pienso que tengamos que ceder a la tentación sistemática de traducir sus páginas en una lengua más o menos universal. Los intercambios culturales pasan por la voluntad de ponerse al alcance de la persona que queremos encontrar. Y este esfuerzo pasa por la aprehensión de su lengua. Por supuesto mis palabras son muy utópicas. Concretamente, cuando hago mi actividad de vigilancia en la Red, echo pestes contra sitios noruegos o brasileños que no dan ninguna información, por más mÃnima que sea en inglés…
= ¿Cuál es su mejor recuerdo relacionado con Internet?
El dÃa en que gané una caja de chocolates suizos en el sitio de Health On theNet (no se precipite ud. sobre el sitio, el juego ya no existe…).
= ¿Y su peor recuerdo?
Las desviaciones del correo electrónico: personas mal educadas que se aprovechan de la distancia o de un cierto anonimato para decir cosas desagradables, o adoptar actitudes realmente pueriles, con consecuencias que, desgraciadamente, no son siempre las de un mundo de niños… Por ejemplo, un dÃa, una persona aprovechó de qué le envié la copia de un mensaje - porque yo pensaba que le interesarÃa el tema - para intervenir entre mi correspendiente y yo, con el objeto de desacreditarme.
[DE] Bruno Didier (Paris)
#Webmaster der Bibliothek des Instituts Pasteur
Die Institute Pasteur sind außergewöhnliche Beobachtungsposten, an denen infektiöse und parasitäre Krankheiten studiert werden. Die Institute, welche bestrebt sind, konkrete Probleme aus dem öffentlichen Gesundheitswesen zu lösen, verfolgen Forschungsprogramme, die in ihrer Vielfalt aussergewöhnlich sind: klinische Forschung, epidemiologische Untersuchungen und Grundlagenforschung. Die Forschungsschwerpunkte in diesen Instituten: Malaria, Tuberkulose, AIDS, Gelbfieber, Dengue-Fieber und Kinderlähmung (die Liste ist bei weitem nicht vollständig).
*Interview vom 10. August 1999 (Originaltext in französisch - übersetzt auf deutsch von Monika Wechsler)
= Können Sie Ihre Webseite beschreiben?
Die Webseite der Bibliothek des Instituts Pasteur ist vor allem eine Serviceleistung für die MitarbeiterInnen und ForscherInnen des Instituts Pasteur. Die Seite bietet den Zugang zu den modernen dokumentarischen und bibliothekarischen Hilfsmitteln an, die heute für eine Institution in dieser Grösse unentbehrlich geworden sind: bibliographische Datenbanken, Bibliothekskatalog, Dokumentbestellung und vor allem der Zugang zu den Volltexten von über 100 elektronischen Zeitschriften. Die Webseite ist gleichzeitig auch ein Schaufenster unserer verschiedenen Dienstleistungen auf dem Campus des Instituts, aber auch in ganz Frankreich und im Ausland. Weiter dient sie vor allem der Kooperation im dokumentarischen Bereich mit anderen Instituten des weltweiten Pasteurnetzes. Schließlich versuche ich aus unserer Homepage einen an unsere Bedürfnisse angepassten Ausgangspunkt zur Entdeckung und zur Anwendung des Internets zu schaffen. Die Webseite besteht in ihrer jetzigen Form seit 1996 und ihre Benutzerzahl wächst stetig.
= Können Sie Ihr Berufsleben beschreiben?
Ich entwickle und unterhalte die Seiten des Servers. Weiter bin ich für die Ausbildung der BenutzerInnen verantwortlich, was man auch auf meinen Seiten spürt… Das Web ist für die Ausbildung eine hervorragende Unterstützung, und heute beziehen die meisten der Überlegungen bezüglich der Ausbildung der BenutzerInnen dieses Instrument mit ein.
= In welchem Ausmaß hat das Internet Ihr Berufsleben verändert?
Wir werden je länger je mehr Vermittler und vielleicht etwas weniger Konservatoren. Meine jetzige Berufstätigkeit ist für diese neue Situation typisch: zum einen den Weg für einen schnellen Zugang zur Information bereiten und wirksame Kommunikationsmittel schaffen. Zum anderen die BenutzerInnen in der Anwendung dieser neuen Werkzeuge schulen.
= Wie beurteilen Sie die Zukunft?
Ich glaube, daß die Zukunft unseres Berufes durch die Zusammenarbeit und durch die Nutzung der gemeinschaftlichen Ressourcen bestimmt werden wird. Dies ist zwar ein altes Projekt, aber zum ersten mal werden jetzt endlich die Mittel dafür zur Verfügung gestellt.
Was mein persönliches Berufsleben betrifft, so hoffe ich vor allem, daß das Internet mir eines Tages erlauben wird, zu Hause zu arbeiten, wenigstens teilweise. Das würde mir pro Tag zweieinhalb Stunden Arbeitsweg ersparen…
= Was halten Sie von den Diskussionen über das Autorenrecht im Web?
Ich verfolge diese Diskussionen nicht. Aber ich glaube, es wird schwer werden, den Gemeinschaftssinn aufrechtzuhalten, welcher ja die Grundlage der Entstehung des Internets war.
= Wie beurteilen Sie die Entwicklung in Richtung eines multilingualen Internets?
Ich begrüße diese Entwicklung auf jeden Fall. Das Internet ist weder ein nationales noch ein sprachliches Eigentum. Es ist ein Kulturvermittler, und die erste Stütze der Kultur ist die Sprache. Je mehr Sprachen in ihrer Vielfalt repräsentiert sind, desto mehr Kulturen wird es im Internet geben. Ich glaube nicht, daß man unbedingt der Versuchung nachgeben muß, seine Seiten systematisch in eine mehr oder weniger universelle Sprache zu übersetzen. Der Kulturaustausch basiert auf der Bereitwilligkeit, sich demjenigen anzupassen, zu dem man gehen möchte.Und dies geschieht durch die Kenntnis seiner Sprache. Natürlich ist dies als Vorschlag sehr utopisch. Konkret gesagt, sobald ich beim recherchieren im Web auf eine norwegische oder brasilianische Seite treffe ohne englische Erklärungen, beginne ich zu schimpfen.
= Welches ist Ihr bestes Erlebnis im Internet?
Der Tag, an dem ich auf der Seite von Health on the Net eine Schachtel Schweizer Pralines gewonnen habe (stürzen Sie sich nicht darauf, das Spiel existiert nicht mehr…).
= Und Ihr schlechtestes Erlebnis?
Die schlechten Nebenerscheinungen der elektronischen Post: schlecht erzogene Menschen, die von der Distanz oder von einer gewissen Anonymität profitieren um nicht sehr nette Sachen zu sagen oder um eine wirklich kindische Haltung einzunehmen mit Konsequenzen, die nicht immer aus einer kindlichen Welt stammen… Zum Beispiel habe ich einmal einer Person eine Kopie einer E-mail geschickt, da ich dachte, sie interessiere sich für das Thema. Sie benutzte meine Mitteilung in der Art und Weise, um sich zwischen meinen Verhandlungspartner und mich zu stellen und mich zu diskreditieren.
[FR] Catherine Domain (Paris)
#Créatrice de la librairie Ulysse, la plus ancienne librairie de voyage au monde
Située au coeur de Paris, dans l'île Saint-Louis, la librairie Ulysse est la plus ancienne librairie de voyage au monde, avec plus de 20.000 livres neufs et anciens, cartes et revues sur tous les pays et pour tous les voyages. Elle a été créée en 1971 par Catherine Domain, membre du SLAM (Syndicat national de la librairie ancienne et moderne), du Club des explorateurs et du Club international des grands voyageurs, et fondatrice du Cargo Club (un club de rencontre pour les passionnés de la mer) et du Club Ulysse des petites îles du monde.
Catherine Domain a visité à ce jour 141 pays et les voyages la tenaillent toujours. En 1998, elle a exploré à la voile les îles du Kiribati et les Marshall, au milieu du Pacifique. En 1999, en tant que membre du jury du Prix du livre insulaire, elle a fait une escale à Ouessant, puis elle a fait le tour de la Sardaigne à la voile en septembre. En l'an 2000, toujours à la voile, elle a visité la Croatie pendant un mois. Comme elle était de nouveau membre du jury du Prix du livre insulaire, elle a refait escale à Ouessant et aussi à l'île de Sein.
*Entretien du 10 novembre 2000
= En quoi consiste votre site web?
Mon site (créé en 1999, ndlr) est embryonnaire et en construction, il se veut à l'image de ma librairie, un lieu de rencontre avant d'être un lieu commercial. Il sera toujours en perpétuel devenir!
= Dans quelle mesure l'internet a-t-il changé votre vie professionnelle?
Internet me prend la tête, me bouffe mon temps et ne me rapporte presque rien mais cela ne m'ennuie pas… Pour qu'internet marche, il faut ne faire que ça ou avoir des "esclaves". Je ne veux ni l'un ni l'autre. Je n'ai pas une âme de patron mais d'artisan, et j'attrape vite la bougeote et mal aux yeux.
= Comment voyez-vous l'avenir?
Extrêmement mal, internet tue les librairies spécialisées. En attendant d'être dévorée, je l'utilise comme un moyen d'attirer les clients chez moi, et aussi de trouver des livres pour que ceux qui n'ont pas encore internet chez eux! Mais j'ai peu d'espoir…
= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?
J'avoue être plus concernée par l'OMC (Organisation mondiale du commerce) que par les droits d'auteur.
= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?
Est-ce qu'il n'est pas multilingue? Je vois qu'il va tuer aussi la langue française et bien d'autres (suppression des accents, négligence due à la rapidité, etc.).
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
Un dialogue quotidien avec ma soeur qui habite Sri Lanka et mes potes mexicains, américains, anglais, sud-africains, etc., car j'ai beaucoup voyagé, longtemps et partout.
= Et votre pire souvenir?
Ma première année ordinateur-internet: une longue souffrance technique!
[EN] Catherine Domain (Paris)
#Founder of the Ulysses Bookstore (Librairie Ulysse), the oldest travel bookstore in the world
Located in central Paris, on the Ile Saint-Louis in the middle of the riverSeine, Librairie Ulysse is the oldest travel bookstore in the world and has morethan 20,000 books, maps and magazines, out of print and new, including some inEnglish, about all countries and all kinds of travel. It was set up in 1971 byCatherine Domain, a member of the French National Union of Antiquarian andModern Bookstores (Syndicat national de la librairie ancienne et moderne(SLAM)), the Explorers' Club (Club des Explorateurs) and the International Clubof Long-Distance Travelers (Club international des grands voyageurs).
Catherine has travelled all over the world for many years, visiting 136 countries, and she is still on the move. In 1998 she went sailing in Kiribati and the Marshall Islands in the the Pacific. In 1999, as a judge in the Island Book Prize (Prix du livre insulaire) contest, she visited the French island of Ushant. She also sailed around Sardinia in September.
*Interview of December 4, 1999
= Can you tell us about your website?
My site is still pretty basic and under construction. Like my bookstore, it's a place to meet people before being a place of business.
= How did using the Internet change your professional life?
The Internet is a pain in the neck, takes a lot of my time and I earn hardly any money from it, but that doesn't worry me…
= How do you see the future?
I'm very pessimistic, because it's killing off specialist bookstores.
= What do you think of the debate about copyright on the Web?
I must say I'm more concerned about the WTO (World Trade Organization) than about copyright.
= How do you see the growth of a multilingual Web?
Isn't it already multilingual? I think it's going to kill the French language as well as many others.
= What is your best experience with the Internet?
A daily chat with my sister who lives in Sri Lanka and the friends I have in Mexico, the USA, the UK, South Africa etc., because I've travelled a lot, for long periods all over the world.
= And your worst experience?
My first year with a computer and the Internet. It was one long technical agony!
[ES] Catherine Domain (Paris)
#Creadora de la librerÃa Ulysse, la más antigua librerÃa de viaje en el mundo
Situada en el corazón de ParÃs, en la Isla Saint-Louis rodeada por el Sena, la librerÃa Ulysse es la más antigua librerÃa de viaje en el mundo. Contiene más de 20.000 libros, cartas y revistas - nuevos y antiguos - sobre todos los paises y todos los viajes.
Esta librerÃa fue creada en 1971 por Catherine Domain, miembro del Sindicato nacional francés de la librerÃa antigua y moderna (Syndicat national de la librairie ancienne et moderne (SLAM)), del Club de los exploradores (Club des explorateurs) y del Club internacional de los grandes viajadores (Club international des grands voyageurs).
Catherine ha visitado 136 paÃses y continúa con su pasión de viajar. En 1998 exploró en velero las Islas del Kiribati y las Marshall, en medio del PacÃfico. En 1999, como miembro del jurado del Premio del libro insular (Prix du livre insulaire), hizo escala en Ouessant y, en septiembre, dio la vuelta en velero a la Isla de Cerdeña.
*Entrevista del 4 de diciembre de 1999
= ¿Puede Ud. presentar su sitio web?
Mi sitio está todavÃa en estado embrionario y en construcción, quiero que sea como mi librerÃa, un lugar de encuentro antes de ser un lugar comercial.
= ¿Cuáles son los cambios obtenidos por Internet en su vida profesional?
Internet me pone los pelos de punta, toma mi tiempo y no me da ningún beneficio, pero esto no me molesta…
= ¿Cómo ve Ud. el futuro?
Extremadamente mal, Internet mata las librerÃas especializadas.
= ¿Qué piensa Ud. de los debates con respecto a los derechos de autor en la Red?
Reconozco que a mà me concierne más la OMC (Organización Mundial del Comercio) que los derechos de autor.
= ¿Cómo ve Ud. la evolución hacia un Internet multilingüe?
¿No es todavÃa multilingüe? Veo que va a matar también la lengua francesa y muchas otras.
= ¿Cuál es su mejor recuerdo relacionado con Internet?
Un diálogo cotidiano con mi hermana que vive en Sri Lanka y con mis amigos mexicanos, americanos, ingleses, sudafricanos, etc., porque viajé mucho, durante mucho tiempo y por todas partes.
= ¿Y su peor recuerdo?
Mi primer año computadora-Internet: un largo sufrimiento técnico!
[EN] Helen Dry (Michigan)
#Moderator of The Linguist List
The website of The Linguist List gives an extensive series of links on linguistic resources: the profession (conferences, linguistic associations, programs, etc.); research and research support (papers, dissertation abstracts, projects, bibliographies, topics, texts); publications; pedagogy; language resources (languages, language families, dictionaries, regional information); and computer support (fonts and software).
The Linguist List is moderated by Helen Dry (Eastern Michigan University),Anthony Aristar (Wayne State University) and Andrew Carnie (University ofArizona). Helen Dry, who is interviewed here, is a professor of linguistics atEastern Michigan University. Her major research interests are linguisticstylistics, corpus linguistics, pragmatics, and discourse analysis.
[Interview 18/08/1998 // Interview 26/07/1999]
*Interview of August 18, 1998
= Is The Linguist List multilingual?
The Linguist List, which I moderate, has a policy of posting in any language, since it is a list for linguists. However, we discourage posting the same message in several languages, simply because of the burden extra messages put on our editorial staff. (We are not a bounce-back list, but a moderated one. So each message is organized into an issue with like messages by our student editors before it is posted.) Our experience has been that almost everyone chooses to post in English. But we do link to a translation facility that will present our pages in any of 5 languages; so a subscriber need not read Linguist in English unless s/he wishes to. We also try to have at least one student editor who is genuinely multilingual, so that readers can correspond with us in languages other than English.
*Interview of July 26, 1999
= What has happened since our last interview?
We are beginning to collect some primary data. For example, we have searchable databases of dissertation abstracts relevant to linguistics, of information on graduate and undergraduate linguistics programs, and of professional information about individual linguists. The dissertation abstracts collection is, to my knowledge, the only freely available electronic compilation in existence.
[FR] Helen Dry (Michigan)
#Modératrice de The Linguist List
Le site de la Linguist List donne une série complète de liens sur la profession de linguiste (conférences, associations linguistiques, programmes, etc.), la recherche (articles, résumés de mémoires, projets, bibliographies, dossiers, textes), les publications, la pédagogie, les ressources linguistiques (langues, familles linguistiques, dictionnaires, information régionale) et les ressources informatiques (polices de caractères et logiciels).
La Linguist List est modérée par Helen Dry (Eastern Michigan University), Anthony Aristar (Wayne State University) et Andrew Carnie (University of Arizona). Helen Dry, qui est interviewée ici, est professeur de linguistique à la Eastern Michigan University. Ses principaux domaines de recherche sont la stylistique linguistique, la linguistique de corpus, la pragmatique et l'analyse du discours.
[Entretien 18/08/1998 // Entretien 26/07/1999]
*Entretien du 18 août 1998 (entretien original en anglais)
= La Linguist List est-elle multilingue?
La Linguist List, que je modère, a pour politique d'accepter les informations dans toutes les langues, puisque c'est une liste pour linguistes. Nous ne souhaitons cependant pas que le message soit publié dans plusieurs langues, tout simplement à cause de la surcharge de travail que cela représenterait pour notre personnel de rédaction (nous ne sommes pas une liste fourre-tout, mais une liste modérée: avant d'être publié, chaque message est classé par nos étudiants-rédacteurs dans une section comprenant des messages du même type). Notre expérience nous montre que pratiquement tout le monde choisit de publier en anglais. Mais nous relions ces informations à un système de traduction qui présente nos pages dans cinq langues différentes. Ainsi un abonné ne lit Linguist en anglais que s'il le souhaite. Nous essayons aussi d'avoir au moins un étudiant-éditeur qui soit réellement multilingue, afin que les lecteurs puissent correspondre avec nous dans d'autres langues que l'anglais.
*Entretien du 26 juillet 1999 (entretien original en anglais)
= Quoi de neuf depuis notre premier entretien?
Nous commençons maintenant à rassembler un grand nombre de données. Nous gérons plusieurs bases de données avec moteur de recherche: résumés de thèses de linguistique, informations sur les programmes universitaires de linguistique, informations professionnelles sur les linguistes, etc. A ma connaissance, le fichier des résumés de thèses est la seule compilation électronique qui soit disponible gratuitement sur l'internet.
[EN] Bill Dunlap (Paris & San Francisco)
#Founder of Global Reach, a methodology for companies to expand their Internet presence through a multilingual website
Founder of Global Reach, Bill Dunlap specialized in international online marketing and e-commerce among mainly American companies. Global Reach is a methodology for companies to expand their Internet presence into a more international framework. This includes translating a website into other languages and actively promoting it, to increase local website traffic from countries by a promotional campaign.
Bill Dunlap, an MIT (Massachusetts Institute of Technology) graduate, has made a life of bringing high-tech products and services to the international markets. When the microcomputer industry was in its early stages in the early 1980s, he set up a company to export popular Apple and PC software to top European markets. This led to a thorough familiarity with the European PC distribution business, and he worked then as AST Research's first European sales manager. Further opportunity brought him into Compaq Computer's newly established Paris office, where he became Compaq's first sales manager in France. He continued with Compaq afterwards at their European headquarters in Munich and managed Scandinavian sales.
Since the mid-1980s, Bill Dunlap has developed the international marketing consultancy Euro-Marketing Associates from Paris and San Francisco. In 1995, Euro-Marketing Associates was restructured into a virtual consultancy called Global Reach, a group of top online marketers throughout the world. The goal is to promote clients' websites in each targeted country, thus attracting more online traffic: more traffic, more sales.
[Interview 11/12/1998 // Interview 23/07/1999]
*Interview of December 11, 1998
= How did using the Internet change your professional life?
Since 1981, when my professional life started, I've been involved with bringing American companies to Europe. This is very much an issue of language, since the products and their marketing have to be in the languages of Europe in order for them to be visible here. Since the Web became popular in 1995 or so, I've turned these activities to their online dimension, and have come to champion European e-commerce among my fellow American compatriates. Most lately at Internet World in New York, I spoke about European e-commerce and how to use a Website to address the various markets in Europe.
= What is the purpose of the Global Reach program?
Promoting your Web site is at least as important as creating it, if not more important. You should be prepared to spend at least as much time and money in promoting your Web site as you did in creating it in the first place. With the Global Reach program, you can have it promoted in countries where English is not spoken, and achieve a wider audience… and more sales. There are many good reasons for taking the online international market seriously. Global Reach is a means for you to extend your Web site to many countries, speak to online visitors in their own language and reach online markets there.
= How do you see the growth of a multilingual Web?
There are so few people in the U.S. interested in communicating in many languages — most Americans are still under the delusion that the rest of the world speaks English. However, here in Europe (I'm writing from France), the countries are small enough so that an international perspective has been necessary for centuries.
*Interview of July 23, 1999
= What practical suggestions do you have for the development of a multilingual website?
After a website's home page is available in several languages, the next step is the development of content in each language. A webmaster will notice which languages draw more visitors (and sales) than others, and these are the places to start in a multilingual Web promotion campaign. At the same time, it is always good to increase the number of languages available on a website: just a home page translated into other languages would do for a start, before it becomes obvious that more should be done to develop a certain language branch on a website.
= What is your best experience with the Internet?
Working in tandem with hundreds of people, without any pressure. It's a great life.
= And your worst experience?
Several times, I've published an online forum, in which several insulting individuals started sending nasty mail to the forum. It went out to hundreds of people, and then they started sending nasty mail back. It had a snowball effect, and I remember waking up one morning with over 4,000 messages to download. What a mess!
[FR] Bill Dunlap (Paris & San Francisco)
#Fondateur de Global Reach, société qui favorise le marketing international en ligne
Fondateur de Global Reach, Bill Dunlap est spécialiste du marketing en ligne et du commerce électronique international. Sa clientèle est essentiellement américaine. Global Reach est une méthode permettant aux sociétés d'étendre leur présence sur l'internet en leur donnant une audience internationale, ce qui comprend la traduction de leur site web dans d'autres langues, la promotion active de leur site et l'accroissement de la fréquentation locale au moyen de campagnes promotionnelles.
Diplômé du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Bill Dunlap a toujours consacré son activité professionnelle à trouver des marchés internationaux pour des produits et services liés à la haute technologie. A l'apparition de l'industrie informatique au début des années 80, il crée une société afin d'exporter sur le marché européen les logiciels pour PC et Apple, ce qui lui fait connaître les principaux marchés de distribution de PC en Europe et l'amène à devenir le premier directeur commercial de AST Research. Il est ensuite le premier directeur commercial au nouveau siège parisien de Compaq Computer, puis il poursuit son activité au siège européen de Compaq à Munich en tant que directeur commercial pour la Scandinavie.
En 1985, Bill Dunlap crée Euro-Marketing Associates, une société internationale de consultation en marketing basée à Paris et à San Francisco. En 1995, il restructure cette société en une société de consultation en ligne dénommée Global Reach, qui regroupe des consultants internationaux de premier plan, le but étant de promouvoir les sites web de leurs clients dans chaque pays choisi, afin d'attirer plus de visiteurs, et donc d'augmenter les ventes.
[Entretien 11/12/1998 // Entretien 23/07/1999]
*Entretien du 11 décembre 1998 (entretien original en anglais)
= Quel est l'apport de l'internet dans votre activité?
Depuis 1981, début de mon activité professionnelle, j'ai été impliqué dans la venue de sociétés américaines en Europe. Ceci est pour beaucoup un problème de langue, puisque leurs informations commerciales doivent être disponibles dans les langues européennes pour être prises en compte ici, en Europe. Comme le web est devenu populaire en 1995, j'ai donné à ces activités une dimension "en ligne", et j'en suis venu à promouvoir le cybercommerce européen auprès de mes compatriotes américains. Récemment, lors de l'Internet World à New York, j'ai parlé du cybercommerce européen et de la manière d'utiliser un site web pour toucher les différents marchés d'Europe.