[1]Cette Introduction est extraite de notreHistoire de la science politique dans ses rapports avec la morale(2 vol. in-8o, 3eédition, 1887). Notre éditeur, M. Félix Alcan, a bien voulu nous autoriser à la publier.[2]Machiavel, auteur duPrinceet desDiscours sur Tite-Live(xvesiècle).[3]Grotius (xviiesiècle), auteur duTraité du droit de la paix et de la guerre.—Bodin (xviesiècle),de la République.[4]LesLettres persanessont de 1721; lesConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadencesont de 1734; l'Esprit des loisde 1748. (Voir Louis Vian,Montesquieu, sa vie et ses œuvres d'après des documents nouveaux et inédits.—Caro, laFin duxviiiesiècle, vol. I, c. 2.)[5]Lettrexxxviii.[6]Lettrexxix.[7]Lettrexcii.[8]Lettrexcviii.[9]Lettrecxvii.[10]Lettrexcviii.[11]Lettrecix.[12]Voir la lettrecxxivtout entière: «Ordonnons... que tout laboureur ayant cinq enfants retranchera journellement la cinquième partie du pain qu'il leur donne,» etc.[13]Lettrecii.[14]Lettrecv.[15]Lettrecii.[16]Lettrelxxxix. On voit par ce passage que Montesquieu ne distinguait pas encore, comme il l'a fait plus tard, l'honneur et la vertu. Ce passage suffit à montrer ce qu'il y a d'artificiel dans sa théorie des trois principes. L'origine de la théorie de l'honneur, comme principe monarchique, se trouve dans la lettre suivante,xc.[17]Considérations,viii.[18]Considérations,viii.[19]Ibid.,xi.[20]Ibid.,ix.[21]Considérations,xiii.[22]L'Esprit des loisparut à Genève, sans date (2 vol. in-4o); mais la critique est d'accord pour en fixer la date en 1748. L'ouvrage contient 14 cartons exigés par la censure; M. Vian (Hist. de Montesquieu, sa vie et ses œuvres, Paris, 1877) a relevé sur deux exemplaires qui subsistent, le texte primitif. Les changements sont de peu d'importance d'ailleurs.[23]Voy. Barthélemy Saint-Hilaire,Introductionà sa traduction de laPolitiqued'Aristote.—«Le droit politique est encore à naître, dit J.-J. Rousseau (Émile, l. II). Le seul moderne en état de créer cette grande science eût été Montesquieu; mais il n'eut garde de traiter des principes des droits politiques; il se contenta de traiter des droits positifs des gouvernements établis.»[24]Espr. des lois, l. I, c.iii. La même doctrine est exprimée dans lesLettres persanes: «La justice est un rapport de convenance qui se trouve réellement entre deux choses: ce rapport est toujours le même... Quand il n'y aurait pas de Dieu, nous devrions toujours aimer la justice... Voilà ce qui m'a fait penser que la justice est éternelle et ne dépend pas des conventions humaines.»[25]Esprit des lois, l. I, c.iii.[26]Aug. Comte (Cours de philosophie positive, t. IV, 47eleçon) a bien vu le grand mérite de Montesquieu, et le considère comme le vrai créateur de la science sociale.[27]Spinoza, philosophe duxviiesiècle qui soutenait le fatalisme, c'est-à-dire la doctrine de la nécessité universelle.[28]«Quelle apparence qu'une cause inintelligente ait donné naissance à des êtres intelligents?»[29]Cet intéressant et instructif ouvrage est de 1796.[30]L. I, c.ii.[31]L. II, c.i.[32]L. III, c.ii.[33]L. II, c.ii.[34]Espr. des lois, l. II, c.ii. «Le peuple est admirable pour choisir ceux à qui il doit confier une partie de son autorité. Il n'a qu'à se déterminer par des choses qu'il ne peut ignorer et des faits qui tombent sous les sens. Il sait très bien qu'un homme a été souvent à la guerre, qu'il y a eu tels ou tels succès: il est donc très capable d'élire un général...»[35]Esprit des lois, l. III, c.iii.[36]L. II, c.iii.[37]L. III, c.iv.[38]Avertissement.[39]Esp. des lois, l. II, c.iv.[40]L. III, c.viet l. IV, c.ii.[41]L. II, c.v, et l. V, c.xiv,xv.[42]L. III, c.ix.[43]L. VIII, c.i.[44]L. VIII, c.ii,iii,iv.[45]L. VIII.[46]Ib., c.ii.[47]L. VIII, c.v.[48]L. VIII, c.vietvii.[49]L. VIII, c.x.[50]Voltaire, Comment. sur l'Esprit des lois,iv.[51]Esprit des lois, l. III, c.vi.[52]Nous avons vu que, dans lesLettres persanes(voir plus haut), Montesquieu confondait encore l'honneur et la vertu, et leur attribuait un rôle égal dans les républiques; mais en même temps il était frappé du rôle que jouait en France l'amour de la gloire et le point d'honneur. C'est cette vue particulière très juste dont il a fait, plus tard, un principe systématique passablement arbitraire.[53]Sur le principe de l'honneur dans les monarchies, voyez surtout liv. III, ch.vietvii; liv. IV, ch.ii; liv. V, ch.ix, et liv. VIII, ch.vietvii.[54]Platon,Rép., l. IX,ἡ μὲν ἀριστοκρατία ἀρίστη, ἡ δὲ τυραννὶς κακίστη. Voir t. I, p. 143.[55]Aug.,de Civit. Dei, liv. IV, c.v.[56]Lois de Manou, l. VII, 8.[57]L. V, c.xiv.[58]Esp. des lois, l. II et l. V.[59]Montesquieu ne pense qu'aux républiques anciennes; on ne voit pas pourquoi le mérite ne serait pas considéré dans les démocraties (voir lesNotes).[60]L. II, c.x.[61]Ib.[62]Ib.[63]L. V. c.xi.[64]L. VIII, c.vi.[65]L. VIII, c.viii.[66]L. VIII, c.viii.[67]L. XI, c.xx.[68]Voir la lettre à M. l'auditeur Bertolini, qui avait fait honneur à Montesquieu d'avoir révélé aux Anglais eux-mêmes la beauté de leur gouvernement. Montesquieu récuse cet éloge, qui n'en est pas moins vrai.[69]L. VI, c.iii.[70]L. XI, c.vi.[71]L. XI, c.vi.[72]Cette ingénieuse et exacte explication d'un passage obscur, très important dans le système de Montesquieu, a été donnée par l'auteur d'un Mémoire couronné par l'Institut sur laSéparation des pouvoirs(voir le rapport de M. Aucoc sur le concours relatif à laSéparation des pouvoirs, extrait desComptes rendus de l'Académie des sciences morales et politiques, 1879).[73]L. VI, c.ixet c.xii. ComparezLettres persanes, lettrelxxx.[74]L. VI, c.xvii.[75]L. XV, c.ii.[76]L. XV, c.i.[77]L. X, c.v.[78]L. XXV, c.ix.[79]L. XXV, c.xiii.[80]Voy. notreHistoire de la science politique, l. III, c.iv.[81]Depuis que ces pages ont été écrites, on sait que l'esclavage a été aboli aux États-Unis, et le servage en Russie: nouvelles conquêtes des publicistes duxviiiesiècle.[82]L. XXIII, c.xxix.[83]C'est là un principe bien dangereux, dont Montesquieu ne voyait pas toutes les conséquences.[84]Par exemple nous avons déjà dit que Tracy commence dès le premier livre par une chicane de mots sur la définition du motloi. Les lois ne sont pas, comme le dit Montesquieu, lesrapportsnécessaires qui dérivent de la nature, de la nature des choses; une loi n'est pas un rapport, et un rapport n'est pas une loi. Dans le livre II à la division des gouvernements de Montesquieu: république, monarchie, despotisme, il en substitue une tout abstraite et difficile à suivre dans la pratique: 1oles gouvernements fondés sur les droits généraux des hommes; 2oceux qui se prétendent fondés sur des droits particuliers. Il écarte dans le livre III les trois principes admis par Montesquieu: la vertu, l'honneur et la crainte, et il en substitue un seul d'un caractère tout abstrait, la raison. De là ces règles abstraites; les gouvernements fondés sur la raison peuvent seuls développer l'instruction publique; les gouvernements fondés sur la raison n'ont qu'à laisser agir la nature, etc. On approuvera davantage ce principe trop peu connu jusqu'alors des publicistes: l'effet du luxe est d'employer le travail d'une manière inutile et nuisible.—Le chapitre le plus important du livre de Tracy est celui où il combat les opinions de Montesquieu sur la monarchie constitutionnelle, et substitue ses idées propres, qui sont à peu près celles qui avaient été réalisées dans la constitution de l'an III; mais dans une note supplémentaire, publiée sous la Restauration, il paraît désavouer ces idées. On peut dire encore que la critique des idées économiques de Montesquieu est généralement judicieuse. En résumé l'ouvrage de Tracy fait penser. Il est surtout très important comme étant le résumé des idées politiques de l'école idéologique.[85]Ouvrage de Dufresny, dans lequel leSiamoisjoue un rôle analogue à celui duPersandans lesLettres persanes.[86]Lettres persanes,xi,xii,xiii,xiv.[87]Allusion au parti janséniste et aux miracles du diacre Pâris.[88]Philosophe grec.[89]Les notes explicatives (commençant par la lettre C) et les commentaires sont à la fin du volume, débutantici. Les notes suivantes commençant par la lettre M sont de Montesquieu lui-même.[M1]Ludibria ventis[C3].[M2]Bis patriæ cecidere manus[C4].[M3]Ed io anche son pittore.[M4]«La loi, dit Plutarque, est la reine de tous mortels et immortels.» Au traitéQu'il est requis qu'un prince soit savant.[M5]Témoin le sauvage qui fut trouvé dans les forêts deHanover, et que l'on vit en Angleterre sous le règne de George Ier.[M6]In præfat. lib. de Cive.[M7]Déclamationsxviietxviii.[M8]Libanius donne lui-même la raison de cette loi. «C'était, dit-il, pour empêcher que les secrets de la république ne fussent divulgués.»[M9]Voyez lesConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, chap.ix.[M10]Pages 691 et 692, édition de Wechelius, de l'an 1596.[M11]Liv. Ier.[M12]Liv. IV, art. 15 et suiv.[M13]Voyez dans lesConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, chap.ix, comment cet esprit de Servius Tullius se conserva dans la république.[M14]Denys d'Halicarnasse,Éloge d'Isocrate, p. 97, t. II, édition de Wechelius.—Pollux, liv. VIII, ch.x, art. 130.[M15]Voyez l'oraison de Démosthène, deFalsa Legat, et l'oraison contre Timarque.[M16]On tirait même pour chaque place deux billets: l'un, qui donnait la place; l'autre, qui nommait celui qui devait succéder, en cas que le premier fût rejeté.[M17]Liv. Ieret III desLois.[M18]Elles s'appelaientlois tabulaires. On donnait à chaque citoyen deux tables: la première, marquée d'un A, pour direantiquo; l'autre, d'un U et d'un R,uti rogas.[M19]Athènes, on levait les mains.[M20]Comme à Venise.[M21]Les trente tyrans d'Athènes voulurent que les suffrages des aréopagites fussent publics, pour les diriger à leur fantaisie. (Lysias,Orat. contra Agorat., cap.viii.)[M22]Voy. Denys d'Halicarnasse, l. IV et IX.[M23]Voy. M. Addison,Voyages d'Italie, p. 16.[M24]Ils le furent d'abord par les consuls.[M25]C'est ce qui renversa la république romaine. Voyez lesConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence.[M26]Voyages de Tournefort.[M27]A Lucques, les magistrats ne sont établis que pour deux mois.[M28]Diodore, liv. XVIII, p. 691, édition de Rhodoman.[M29]Au contraire, les Anglais ont rendu plus légal le pouvoir des seigneurs spirituels et temporels, et ont augmenté celui des communes. (Volt.)[M30]Ferdinand, roi d'Aragon, se fit grand maître des ordres; et cela seul altéra la constitution.[M31]Les rois d'Orient ont toujours des vizirs, dit M. Chardin.[M32]Cette distinction est très importante, et j'en tirerai bien des conséquences: elle est la clef d'une infinité de lois.[M33]Cromwell.[M34]Plutarque,Périclès.—Platon,Critias.[M35]Il s'y trouva vingt et un mille citoyens, dix mille étrangers, quatre cent mille esclaves. Voyez Athénée, liv. VI.[M36]Elle avait vingt mille citoyens. Voyez Démosthène,in Aristog.[M37]Ils avaient fait une loi pour punir de mort celui qui proposerait de convertir aux usages de la guerre l'argent destiné pour les théâtres.[M38]Cette guerre dura trois ans.[M39]Les crimes publics y pourront être punis, parce que c'est l'affaire de tous; les crimes particuliers n'y seront pas punis, parce que l'affaire de tous est de ne les pas punir.[M40]Je parle ici de la vertu publique, qui est la vertu morale, dans le sens qu'elle se dirige au bien général; fort peu des vertus morales particulières, et point du tout de cette vertu qui a du rapport aux vérités révélées. On verra bien ceci au liv. V, ch.ii.[M41]Entendez ceci dans le sens de la note précédente.[M42]Ce mothomme de bienne s'entend ici que dans un sens politique.[M43]Voyez Perry, page 447.[M44]Comme il arrive souvent dans l'aristocratie militaire.[M45]Ricault,de l'Empire Ottoman.[M46]Voyez l'histoire de cette révolution, par le P. Ducerceau.[M47]Son gouvernement était militaire; ce qui est une des espèces du gouvernement despotique.[M48]Voyez Chardin.[M49]Cet ordre fut révoqué par un nouvel édit, rapporté fort au long dans le livre d'Esther, et dont voici la principale disposition:Unde eas litteras, quas sub nomine nostro ille (Aman) direxerat, sciatis esse irritas.(Ch.xvi, vers. 7.)[M50]Voyez Chardin.[M51]Voyez l'Histoire de d'Aubigné.[M52]On dit ici ce qui est, et non pas ce qui doit être: l'honneur est un préjugé que la religion travaille tantôt à détruire, tantôt à régler.[M53]Politiq., liv. I.[M54]Philopœmen contraignit les Lacédémoniens d'abandonner la manière de nourrir leurs enfants, sachant bien que, sans cela, ils auraient toujours une âme grande et le cœur haut. (Plut.,Vie de Philopœmen. Voyez Tite-Live, liv. XXXVIII.)[M55]Elle défendit pendant trois ans ses lois et sa liberté (Voyez les liv. XCVIII, XCIX et C de Tite-Live, dans l'Epitomede Florus). Elle fit plus de résistance que les plus grands rois.[M56]Florus, liv. I, chap.xvi.[M57]In fece Romuli.(Cicéron)[M58]Les Indiens du Paraguay ne dépendent point d'un seigneur particulier, ne paient qu'un cinquième des tributs, et ont des armes à feu pour se défendre.[M59]Plutarque,Demandes des choses grecques.[M60]«Est-il bien vrai qu'en nommant un commissaire entendu pour trafiquer au nom de la ville avec ces étrangers, les Épidamniens aient eu le maintien des mœurs pour objet? Cette institution n'est-elle pas l'effet d'un esprit de monopole?» (Note deVoltaire.)[M61]Mais elle ôte l'émulation des commerçants et fait périr le commerce. (Éditeur anonymede 1764.)[M62]Comme étaient les villes de la Grèce.[M63]Hist.,lib. IV, cap.xxetxxi.[M64]De Repub., lib. IV.[M65]Liv. VIII, ch.v.[M66]Vie de Pélopidas.[M67]Liv. Ier.[M68]Platon, liv. IV desLois, dit que les préfectures de la musique et de la gymnastique sont les plus importants emplois de la cité; et, dans saRépublique, liv. III: «Damon vous dira, dit-il, quels sont les sons capables de faire naître la bassesse de l'âme, l'insolence et les vertus contraires.»[M69]Liv. V,Dits mémorables.—Voyez lesÉconomiquesde Xénophon, ch.iv, § 2 et 3. (p.)[M70]Politiq., liv. III, ch.iv.[M71]«Diophante, dit Aristote,Politiq., ch.vii, établit autrefois à Athènes que les artisans seraient esclaves du public.»[M72]Περίοικοι, c'est-à-dire hommes affectés à la maison. C'étaient nos gens de mainmorte: attachés à la glèbe, exclus de la milice et des assemblées, et, du reste, jouissant de tous leurs autres droits civils.[M73]Ce mot vient deπένομαι, être dans l'indigence, dans la peine. Leur condition était la même que celle des Périéciens.[M74]Aussi Platon et Aristote veulent-ils que les esclaves cultivent les terres.Lois, liv. VII;Politiq., liv. VII, chap.x. Il est vrai que l'agriculture n'était pas partout exercée par des esclaves: au contraire, comme dit Aristote, les meilleures républiques étaient celles où les citoyens s'y attachaient. Mais cela n'arriva que par la corruption des anciens gouvernements, devenus démocratiques; car, dans les premiers temps, les villes de Grèce vivaient dans l'aristocratie.[M75]Cauponatio.[M76]Liv. II.[M77]Aristote,Politiq., liv. X.[M78]Aristote,Politiq., liv. VIII, ch.iii.[M79]Aristote dit que les enfants des Lacédémoniens, qui commençaient ces exercices dès l'âge le plus tendre, en contractaient trop de férocité. (Politiq., liv. VIII, chap.iv.)[M80]«Je ne prétends point faire des critiques grammaticales à un homme de génie; mais j'aurais souhaité qu'un écrivain si spirituel et si mâle se fût servi d'une autre expression que celle dejouir de la frugalité. J'aurais désiré bien davantage qu'il n'eût point dit qu'Alcibiade fut admiré de l'univers, pour s'être conformé dans Lacédémone à la sobriété des Spartiates. Il ne faut point, à mon avis, prodiguer ainsi les applaudissements de l'univers. Alcibiade était un simple citoyen, riche, ambitieux, vain, débauché, insolent, d'un caractère versatile. Je ne vois rien d'admirable à faire quelque temps mauvais chère avec les Lacédémoniens, lorsqu'il est condamné dans Athènes par un peuple plus vain, plus insolent et plus léger que lui, sottement superstitieux, jaloux, inconstant, passant chaque jour de la témérité à la consternation, digne enfin de l'opprobre dans lequel il croupit lâchement depuis tant de siècle. Je vois dans Alcibiade un brave étourdi qui ne mérite certainement pas l'admiration de l'univers, pour avoir corrompu la femme d'Agis, son hôte et son protecteur; pour s'être fait chasser de Sparte; pour s'être réduit à mendier un nouvel asile chez un satrape de Perse, et pour y périr entre les bras d'une courtisane. Plutarque et Montesquieu ne m'en imposent point: j'admire trop Caton et Marc-Aurèle pour admirer Alcibiade.» (Note deVolt.)[M81]Plut.,Vie de Solon.[M82]Ibid.[M83]Philolaüs de Corinthe établit à Athènes (lisezà Thèbes) que le nombre de portions de terre et celui des hérédités serait toujours le même. (Arist.,Politiq., liv. II, ch.vii.)[M84]Républ., liv. VIII.[M85]Cornélius Nepos,Prof.—Cet usage était des premiers temps. Aussi Abraham dit-il de Sara: «Elle est ma sœur, fille de mon père, et non de ma mère.» Les mêmes raisons avaient fait établir une même loi chez différents peuples.[M86]De specialibus legibus quæ pertinent ad præcepta Decalogi.[M87]Liv. X.[M88]Athenis dimidium licet, Alexandriæ totum.(Sénèque,de Morte Claudii.)[M89]Platon fait une pareille loi, liv. XI desLois.[M90]Aristote,Politique, liv. II, ch.vii.[M91]Solon fit quatre classes: la première, de ceux qui avaient cinq cents mines de revenu, tant en grains qu'en fruits liquides; la seconde, de ceux qui en avaient trois cents et pouvaient entretenir un cheval; la troisième, de ceux qui n'en avaient que deux cents; la quatrième, de tous ceux qui vivaient de leurs bras. (Plut.,Vie de Solon.)[M92]Solon exclut des charges tous ceux du quatrième cens.[M93]Ils demandaient une plus grande portion de la terre conquise. (Plut.,OEuvres morales. Dits notables des anciens rois et capitaines.)[M94]On y doit borner beaucoup les dots des femmes.[M95]Les magistrats y étaient annuels, et les sénateurs pour la vie.[M96]«Lycurgue, dit Xénophon (de Republ. Laced.), voulut qu'on élût les sénateurs parmi les vieillards, pour qu'ils ne se négligeassent pas, même à la fin de la vie: et, en les établissant juges du courage des jeunes gens, il a rendu la vieillesse de ceux-là plus honorable que la force de ceux-ci.»[M97]L'aréopage lui-même était soumis à la censure.[M98]République de Lacédémone.[M99]On peut voir dans l'histoire romaine avec quel avantage pour la république on se servit de cette puissance. Je ne parlerai que du temps de la plus grande corruption. Aulus Fulvius s'était mis en chemin pour aller trouver Catilina; son père le rappela, et le fit mourir. (Salluste,de Bello Catil.) Plusieurs autres citoyens firent de même. (Dion., liv. XXXVII.)[M100]De nos jours, les Vénitiens, qui, à bien des égards, se sont conduits très sagement, décidèrent, sur une dispute entre un noble vénitien et un gentilhomme de terre ferme pour une préséance dans une église, que, hors de Venise, un noble vénitien n'avait point de prééminence sur un autre citoyen.[M101]Elle fut mise par les décemvirs dans les deux dernières tables. Voyez Denys d'Halicarnasse, liv. X.[M102]Comme dans quelques aristocraties de nos jours. Rien n'affaiblit tant l'État.[M103]Voyez, dans Strabon, liv. XIV, comment les Rhodiens se conduisirent à cet égard.[M104]Amelot de la Houssaye,du Gouvernement de Venise, partie III.—La loiClaudiadéfendait aux sénateurs d'avoir en mer aucun vaisseau qui tînt plus de quarante muids. (Tite-Live, liv. XXI.)[M105]Les délateurs y jettent leurs billets.[M106]Voyez Tite-Live, liv. XLIX. Un censeur ne pouvait pas même être troublé par un censeur: chacun faisait sa note, sans prendre l'avis de son collègue; et quand on fit autrement, la censure fut, pour ainsi dire, renversée.[M107]A Athènes, les logistes, qui faisaient rendre compte à tous les magistrats, ne rendaient point compte eux-mêmes.[M108]Cela est ainsi établi à Venise. (Amelot de la Houssaye, p. 30 et 31.)[M109]Il semble que l'objet de quelques aristocraties soit moins de maintenir l'État que ce qu'elles appellent leur noblesse.[M110]Elle ne le permet qu'au peuple. Voyez la loi troisième, au codede Comm. de Mercatoribus, qui est pleine de bon sens.[M111]Testament politique.[M112]Barbaris cunctatio servilis; statim exequi regium videtur.(Tacite,Annal., liv. V, § 32.) «Pour les barbares, la temporisation est quelque chose de servile: obéir vite leur paraît royal.»[M113]Livre III desLois.[M114]Voyez ci-dessus la première note du liv. II, chap.iv[C35].[M115]Mémoires du cardinal de Retz, et autres histoires.[M116]Testament politique.[M117]Lettres édifiantes, recueil II, p. 315.[M118]Selon M. Chardin, il n'y a point de conseil d'État en Perse.[M119]Voyez Ricaut,État de l'Empire Ottoman, p. 196.[M120]Voyez, sur les successions des Turcs,Lacédémone ancienne et moderne. Voyez aussi Ricaut,de l'Empire Ottoman.[M121]Recueil des Voyages qui ont servi à l'établissement de la Compagnie des Indes, tome 1er.—La loi de Pégu est moins cruelle: si l'on a des enfants, le roi ne succède qu'aux deux tiers. (Ibid., t. III, p. 1.)[M122]Voyez les différentes constitutions, surtout celle de 1722.[M123]Voyez Justin.[M124]Voyez le livre desLois dans leur rapport avec la nature du climat.[M125]La Guilletière,Lacédémone ancienne et nouvelle, p. 463.[M126]Il en est de même des atermoiements dans les banqueroutes de bonne foi.[M127]Elle ne fut établie que par la loiJulia,de Cessione bonorum. On évitait la prison, et la cession ignominieuse des biens.[M128]Il me semble qu'on aimait trop les confiscations dans la république d'Athènes.[M129]Authent.Bona damnatorum.Cod. de Bon. Proscript. seu Damn.[M130]Liv. V, chap.iii.[M131]Ut esse Phœbi dulcius lumen solet jamjam cadentis...«La lumière du soleil couchant paraît plus douce.»[M132]«En Perse, dit Chardin, on ne demande rien qu'un présent à la main. Les plus pauvres et les plus misérables ne paraissent devant les grands, et devant personne à qui ils demandent quelque grâce, qu'en leur offrant quelque chose; et tout est reçu, même chez les premiers seigneurs du pays, du fruit, des poulets, un agneau. Chacun donne ce qui est le plus sous sa main et de sa profession; et ceux qui n'ont point de profession donnent de l'argent. C'est un honneur que de recevoir ces sortes de présents. On les fait en public, et même on prend le temps qu'il y a le plus de compagnie. Cette coutume est universellement pratiquée dans tout l'Orient, et c'est peut-être une des plus anciennes du monde.» (Description de la Perse, ch.xi.)—Je crois que cette coutume était établie chez les régules Lombards, Ostrogoths, Wisigoths, Bourguignons, Francs. Mais comment faisaient les pauvres qui demandaient justice? Les rois de Pologne ont continué jusqu'à nos jours à recevoir des présents. Joinville convient que saint Louis en recevait quelquefois. Il lui dit un jour, avec sa naïveté ordinaire, au sortir d'une audience particulière que le roi avait accordée à l'abbé de Cluny: «N'est-il pas vrai, sire, que les deux beaux chevaux que ce moine vous a donnés ont un peu prolongé la conversation?» (Note deVolt.)[M133]Recueil des voyages qui ont servi à l'établissement de la Compagnie des Indes, t. I, p. 80.[M134]Liv. XII desLois.[M135]Leg.VI. § 2,Dig. ad leg. Jul. repet.[M136]Munuscula.[M137]Platon, dans saRépublique, liv. VIII, met ces refus au nombre des marques de la corruption de la république. Dans sesLois, liv. VI, il veut qu'on les punisse par une amende. A Venise, on les punit par l'exil.[M138]Victor-Amédée.[M139]Quelques centurions ayant appelé au peuple, pour demander l'emploi qu'ils avaient eu: «Il est juste, mes compagnons, dit un centurion, que vous regardiez comme honorables tous les postes où vous défendrez la république.» (Tite-Live, liv. XLII.)—Ce qui se fit à Rome lors de la guerre de Persée, ce qui s'est fait à Gênes dans la dernière révolution, se serait fait en pareil cas dans les monarchies. Nous pourrions en rapporter une multitude d'exemples pris chez nous-mêmes, non parmi de simples officiers, mais parmi les plus grands généraux. (D).[M140]Ne imperium ad optimos nobilium transferretur, senatum militia vetuit Gallienus; etiam adire exercitum.(Aurelius Victor,de Viris illustribus.) «De peur que l'empire ne tombât entre les mains des principaux des nobles, l'empereur Gallien interdit au Sénat le service militaire, et même l'accès des armées.»[M141]Auguste ôta aux sénateurs, proconsuls et gouverneurs le droit de porter les armes. (Dion., liv. LIII.)—Auguste n'ôta ce droit qu'aux sénateurs devenus proconsuls; car les propréteurs, lieutenants de l'empereur, étaient gouverneurs des provinces dans lesquelles ils étaient envoyés, et y avaient le commandement des armées. (Crév.)[M142]Constantin. Voyez Zosime, liv. II.[M143]Ammien Marcellin, liv. XXVI.Et civilia more veterum et bella recturo.[M144]Fragments tirés desAmbassades de Constantin Porphyrogénète.[M145]République, liv. VIII.
[1]Cette Introduction est extraite de notreHistoire de la science politique dans ses rapports avec la morale(2 vol. in-8o, 3eédition, 1887). Notre éditeur, M. Félix Alcan, a bien voulu nous autoriser à la publier.[2]Machiavel, auteur duPrinceet desDiscours sur Tite-Live(xvesiècle).[3]Grotius (xviiesiècle), auteur duTraité du droit de la paix et de la guerre.—Bodin (xviesiècle),de la République.[4]LesLettres persanessont de 1721; lesConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadencesont de 1734; l'Esprit des loisde 1748. (Voir Louis Vian,Montesquieu, sa vie et ses œuvres d'après des documents nouveaux et inédits.—Caro, laFin duxviiiesiècle, vol. I, c. 2.)[5]Lettrexxxviii.[6]Lettrexxix.[7]Lettrexcii.[8]Lettrexcviii.[9]Lettrecxvii.[10]Lettrexcviii.[11]Lettrecix.[12]Voir la lettrecxxivtout entière: «Ordonnons... que tout laboureur ayant cinq enfants retranchera journellement la cinquième partie du pain qu'il leur donne,» etc.[13]Lettrecii.[14]Lettrecv.[15]Lettrecii.[16]Lettrelxxxix. On voit par ce passage que Montesquieu ne distinguait pas encore, comme il l'a fait plus tard, l'honneur et la vertu. Ce passage suffit à montrer ce qu'il y a d'artificiel dans sa théorie des trois principes. L'origine de la théorie de l'honneur, comme principe monarchique, se trouve dans la lettre suivante,xc.[17]Considérations,viii.[18]Considérations,viii.[19]Ibid.,xi.[20]Ibid.,ix.[21]Considérations,xiii.[22]L'Esprit des loisparut à Genève, sans date (2 vol. in-4o); mais la critique est d'accord pour en fixer la date en 1748. L'ouvrage contient 14 cartons exigés par la censure; M. Vian (Hist. de Montesquieu, sa vie et ses œuvres, Paris, 1877) a relevé sur deux exemplaires qui subsistent, le texte primitif. Les changements sont de peu d'importance d'ailleurs.[23]Voy. Barthélemy Saint-Hilaire,Introductionà sa traduction de laPolitiqued'Aristote.—«Le droit politique est encore à naître, dit J.-J. Rousseau (Émile, l. II). Le seul moderne en état de créer cette grande science eût été Montesquieu; mais il n'eut garde de traiter des principes des droits politiques; il se contenta de traiter des droits positifs des gouvernements établis.»[24]Espr. des lois, l. I, c.iii. La même doctrine est exprimée dans lesLettres persanes: «La justice est un rapport de convenance qui se trouve réellement entre deux choses: ce rapport est toujours le même... Quand il n'y aurait pas de Dieu, nous devrions toujours aimer la justice... Voilà ce qui m'a fait penser que la justice est éternelle et ne dépend pas des conventions humaines.»[25]Esprit des lois, l. I, c.iii.[26]Aug. Comte (Cours de philosophie positive, t. IV, 47eleçon) a bien vu le grand mérite de Montesquieu, et le considère comme le vrai créateur de la science sociale.[27]Spinoza, philosophe duxviiesiècle qui soutenait le fatalisme, c'est-à-dire la doctrine de la nécessité universelle.[28]«Quelle apparence qu'une cause inintelligente ait donné naissance à des êtres intelligents?»[29]Cet intéressant et instructif ouvrage est de 1796.[30]L. I, c.ii.[31]L. II, c.i.[32]L. III, c.ii.[33]L. II, c.ii.[34]Espr. des lois, l. II, c.ii. «Le peuple est admirable pour choisir ceux à qui il doit confier une partie de son autorité. Il n'a qu'à se déterminer par des choses qu'il ne peut ignorer et des faits qui tombent sous les sens. Il sait très bien qu'un homme a été souvent à la guerre, qu'il y a eu tels ou tels succès: il est donc très capable d'élire un général...»[35]Esprit des lois, l. III, c.iii.[36]L. II, c.iii.[37]L. III, c.iv.[38]Avertissement.[39]Esp. des lois, l. II, c.iv.[40]L. III, c.viet l. IV, c.ii.[41]L. II, c.v, et l. V, c.xiv,xv.[42]L. III, c.ix.[43]L. VIII, c.i.[44]L. VIII, c.ii,iii,iv.[45]L. VIII.[46]Ib., c.ii.[47]L. VIII, c.v.[48]L. VIII, c.vietvii.[49]L. VIII, c.x.[50]Voltaire, Comment. sur l'Esprit des lois,iv.[51]Esprit des lois, l. III, c.vi.[52]Nous avons vu que, dans lesLettres persanes(voir plus haut), Montesquieu confondait encore l'honneur et la vertu, et leur attribuait un rôle égal dans les républiques; mais en même temps il était frappé du rôle que jouait en France l'amour de la gloire et le point d'honneur. C'est cette vue particulière très juste dont il a fait, plus tard, un principe systématique passablement arbitraire.[53]Sur le principe de l'honneur dans les monarchies, voyez surtout liv. III, ch.vietvii; liv. IV, ch.ii; liv. V, ch.ix, et liv. VIII, ch.vietvii.[54]Platon,Rép., l. IX,ἡ μὲν ἀριστοκρατία ἀρίστη, ἡ δὲ τυραννὶς κακίστη. Voir t. I, p. 143.[55]Aug.,de Civit. Dei, liv. IV, c.v.[56]Lois de Manou, l. VII, 8.[57]L. V, c.xiv.[58]Esp. des lois, l. II et l. V.[59]Montesquieu ne pense qu'aux républiques anciennes; on ne voit pas pourquoi le mérite ne serait pas considéré dans les démocraties (voir lesNotes).[60]L. II, c.x.[61]Ib.[62]Ib.[63]L. V. c.xi.[64]L. VIII, c.vi.[65]L. VIII, c.viii.[66]L. VIII, c.viii.[67]L. XI, c.xx.[68]Voir la lettre à M. l'auditeur Bertolini, qui avait fait honneur à Montesquieu d'avoir révélé aux Anglais eux-mêmes la beauté de leur gouvernement. Montesquieu récuse cet éloge, qui n'en est pas moins vrai.[69]L. VI, c.iii.[70]L. XI, c.vi.[71]L. XI, c.vi.[72]Cette ingénieuse et exacte explication d'un passage obscur, très important dans le système de Montesquieu, a été donnée par l'auteur d'un Mémoire couronné par l'Institut sur laSéparation des pouvoirs(voir le rapport de M. Aucoc sur le concours relatif à laSéparation des pouvoirs, extrait desComptes rendus de l'Académie des sciences morales et politiques, 1879).[73]L. VI, c.ixet c.xii. ComparezLettres persanes, lettrelxxx.[74]L. VI, c.xvii.[75]L. XV, c.ii.[76]L. XV, c.i.[77]L. X, c.v.[78]L. XXV, c.ix.[79]L. XXV, c.xiii.[80]Voy. notreHistoire de la science politique, l. III, c.iv.[81]Depuis que ces pages ont été écrites, on sait que l'esclavage a été aboli aux États-Unis, et le servage en Russie: nouvelles conquêtes des publicistes duxviiiesiècle.[82]L. XXIII, c.xxix.[83]C'est là un principe bien dangereux, dont Montesquieu ne voyait pas toutes les conséquences.[84]Par exemple nous avons déjà dit que Tracy commence dès le premier livre par une chicane de mots sur la définition du motloi. Les lois ne sont pas, comme le dit Montesquieu, lesrapportsnécessaires qui dérivent de la nature, de la nature des choses; une loi n'est pas un rapport, et un rapport n'est pas une loi. Dans le livre II à la division des gouvernements de Montesquieu: république, monarchie, despotisme, il en substitue une tout abstraite et difficile à suivre dans la pratique: 1oles gouvernements fondés sur les droits généraux des hommes; 2oceux qui se prétendent fondés sur des droits particuliers. Il écarte dans le livre III les trois principes admis par Montesquieu: la vertu, l'honneur et la crainte, et il en substitue un seul d'un caractère tout abstrait, la raison. De là ces règles abstraites; les gouvernements fondés sur la raison peuvent seuls développer l'instruction publique; les gouvernements fondés sur la raison n'ont qu'à laisser agir la nature, etc. On approuvera davantage ce principe trop peu connu jusqu'alors des publicistes: l'effet du luxe est d'employer le travail d'une manière inutile et nuisible.—Le chapitre le plus important du livre de Tracy est celui où il combat les opinions de Montesquieu sur la monarchie constitutionnelle, et substitue ses idées propres, qui sont à peu près celles qui avaient été réalisées dans la constitution de l'an III; mais dans une note supplémentaire, publiée sous la Restauration, il paraît désavouer ces idées. On peut dire encore que la critique des idées économiques de Montesquieu est généralement judicieuse. En résumé l'ouvrage de Tracy fait penser. Il est surtout très important comme étant le résumé des idées politiques de l'école idéologique.[85]Ouvrage de Dufresny, dans lequel leSiamoisjoue un rôle analogue à celui duPersandans lesLettres persanes.[86]Lettres persanes,xi,xii,xiii,xiv.[87]Allusion au parti janséniste et aux miracles du diacre Pâris.[88]Philosophe grec.[89]Les notes explicatives (commençant par la lettre C) et les commentaires sont à la fin du volume, débutantici. Les notes suivantes commençant par la lettre M sont de Montesquieu lui-même.[M1]Ludibria ventis[C3].[M2]Bis patriæ cecidere manus[C4].[M3]Ed io anche son pittore.[M4]«La loi, dit Plutarque, est la reine de tous mortels et immortels.» Au traitéQu'il est requis qu'un prince soit savant.[M5]Témoin le sauvage qui fut trouvé dans les forêts deHanover, et que l'on vit en Angleterre sous le règne de George Ier.[M6]In præfat. lib. de Cive.[M7]Déclamationsxviietxviii.[M8]Libanius donne lui-même la raison de cette loi. «C'était, dit-il, pour empêcher que les secrets de la république ne fussent divulgués.»[M9]Voyez lesConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, chap.ix.[M10]Pages 691 et 692, édition de Wechelius, de l'an 1596.[M11]Liv. Ier.[M12]Liv. IV, art. 15 et suiv.[M13]Voyez dans lesConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, chap.ix, comment cet esprit de Servius Tullius se conserva dans la république.[M14]Denys d'Halicarnasse,Éloge d'Isocrate, p. 97, t. II, édition de Wechelius.—Pollux, liv. VIII, ch.x, art. 130.[M15]Voyez l'oraison de Démosthène, deFalsa Legat, et l'oraison contre Timarque.[M16]On tirait même pour chaque place deux billets: l'un, qui donnait la place; l'autre, qui nommait celui qui devait succéder, en cas que le premier fût rejeté.[M17]Liv. Ieret III desLois.[M18]Elles s'appelaientlois tabulaires. On donnait à chaque citoyen deux tables: la première, marquée d'un A, pour direantiquo; l'autre, d'un U et d'un R,uti rogas.[M19]Athènes, on levait les mains.[M20]Comme à Venise.[M21]Les trente tyrans d'Athènes voulurent que les suffrages des aréopagites fussent publics, pour les diriger à leur fantaisie. (Lysias,Orat. contra Agorat., cap.viii.)[M22]Voy. Denys d'Halicarnasse, l. IV et IX.[M23]Voy. M. Addison,Voyages d'Italie, p. 16.[M24]Ils le furent d'abord par les consuls.[M25]C'est ce qui renversa la république romaine. Voyez lesConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence.[M26]Voyages de Tournefort.[M27]A Lucques, les magistrats ne sont établis que pour deux mois.[M28]Diodore, liv. XVIII, p. 691, édition de Rhodoman.[M29]Au contraire, les Anglais ont rendu plus légal le pouvoir des seigneurs spirituels et temporels, et ont augmenté celui des communes. (Volt.)[M30]Ferdinand, roi d'Aragon, se fit grand maître des ordres; et cela seul altéra la constitution.[M31]Les rois d'Orient ont toujours des vizirs, dit M. Chardin.[M32]Cette distinction est très importante, et j'en tirerai bien des conséquences: elle est la clef d'une infinité de lois.[M33]Cromwell.[M34]Plutarque,Périclès.—Platon,Critias.[M35]Il s'y trouva vingt et un mille citoyens, dix mille étrangers, quatre cent mille esclaves. Voyez Athénée, liv. VI.[M36]Elle avait vingt mille citoyens. Voyez Démosthène,in Aristog.[M37]Ils avaient fait une loi pour punir de mort celui qui proposerait de convertir aux usages de la guerre l'argent destiné pour les théâtres.[M38]Cette guerre dura trois ans.[M39]Les crimes publics y pourront être punis, parce que c'est l'affaire de tous; les crimes particuliers n'y seront pas punis, parce que l'affaire de tous est de ne les pas punir.[M40]Je parle ici de la vertu publique, qui est la vertu morale, dans le sens qu'elle se dirige au bien général; fort peu des vertus morales particulières, et point du tout de cette vertu qui a du rapport aux vérités révélées. On verra bien ceci au liv. V, ch.ii.[M41]Entendez ceci dans le sens de la note précédente.[M42]Ce mothomme de bienne s'entend ici que dans un sens politique.[M43]Voyez Perry, page 447.[M44]Comme il arrive souvent dans l'aristocratie militaire.[M45]Ricault,de l'Empire Ottoman.[M46]Voyez l'histoire de cette révolution, par le P. Ducerceau.[M47]Son gouvernement était militaire; ce qui est une des espèces du gouvernement despotique.[M48]Voyez Chardin.[M49]Cet ordre fut révoqué par un nouvel édit, rapporté fort au long dans le livre d'Esther, et dont voici la principale disposition:Unde eas litteras, quas sub nomine nostro ille (Aman) direxerat, sciatis esse irritas.(Ch.xvi, vers. 7.)[M50]Voyez Chardin.[M51]Voyez l'Histoire de d'Aubigné.[M52]On dit ici ce qui est, et non pas ce qui doit être: l'honneur est un préjugé que la religion travaille tantôt à détruire, tantôt à régler.[M53]Politiq., liv. I.[M54]Philopœmen contraignit les Lacédémoniens d'abandonner la manière de nourrir leurs enfants, sachant bien que, sans cela, ils auraient toujours une âme grande et le cœur haut. (Plut.,Vie de Philopœmen. Voyez Tite-Live, liv. XXXVIII.)[M55]Elle défendit pendant trois ans ses lois et sa liberté (Voyez les liv. XCVIII, XCIX et C de Tite-Live, dans l'Epitomede Florus). Elle fit plus de résistance que les plus grands rois.[M56]Florus, liv. I, chap.xvi.[M57]In fece Romuli.(Cicéron)[M58]Les Indiens du Paraguay ne dépendent point d'un seigneur particulier, ne paient qu'un cinquième des tributs, et ont des armes à feu pour se défendre.[M59]Plutarque,Demandes des choses grecques.[M60]«Est-il bien vrai qu'en nommant un commissaire entendu pour trafiquer au nom de la ville avec ces étrangers, les Épidamniens aient eu le maintien des mœurs pour objet? Cette institution n'est-elle pas l'effet d'un esprit de monopole?» (Note deVoltaire.)[M61]Mais elle ôte l'émulation des commerçants et fait périr le commerce. (Éditeur anonymede 1764.)[M62]Comme étaient les villes de la Grèce.[M63]Hist.,lib. IV, cap.xxetxxi.[M64]De Repub., lib. IV.[M65]Liv. VIII, ch.v.[M66]Vie de Pélopidas.[M67]Liv. Ier.[M68]Platon, liv. IV desLois, dit que les préfectures de la musique et de la gymnastique sont les plus importants emplois de la cité; et, dans saRépublique, liv. III: «Damon vous dira, dit-il, quels sont les sons capables de faire naître la bassesse de l'âme, l'insolence et les vertus contraires.»[M69]Liv. V,Dits mémorables.—Voyez lesÉconomiquesde Xénophon, ch.iv, § 2 et 3. (p.)[M70]Politiq., liv. III, ch.iv.[M71]«Diophante, dit Aristote,Politiq., ch.vii, établit autrefois à Athènes que les artisans seraient esclaves du public.»[M72]Περίοικοι, c'est-à-dire hommes affectés à la maison. C'étaient nos gens de mainmorte: attachés à la glèbe, exclus de la milice et des assemblées, et, du reste, jouissant de tous leurs autres droits civils.[M73]Ce mot vient deπένομαι, être dans l'indigence, dans la peine. Leur condition était la même que celle des Périéciens.[M74]Aussi Platon et Aristote veulent-ils que les esclaves cultivent les terres.Lois, liv. VII;Politiq., liv. VII, chap.x. Il est vrai que l'agriculture n'était pas partout exercée par des esclaves: au contraire, comme dit Aristote, les meilleures républiques étaient celles où les citoyens s'y attachaient. Mais cela n'arriva que par la corruption des anciens gouvernements, devenus démocratiques; car, dans les premiers temps, les villes de Grèce vivaient dans l'aristocratie.[M75]Cauponatio.[M76]Liv. II.[M77]Aristote,Politiq., liv. X.[M78]Aristote,Politiq., liv. VIII, ch.iii.[M79]Aristote dit que les enfants des Lacédémoniens, qui commençaient ces exercices dès l'âge le plus tendre, en contractaient trop de férocité. (Politiq., liv. VIII, chap.iv.)[M80]«Je ne prétends point faire des critiques grammaticales à un homme de génie; mais j'aurais souhaité qu'un écrivain si spirituel et si mâle se fût servi d'une autre expression que celle dejouir de la frugalité. J'aurais désiré bien davantage qu'il n'eût point dit qu'Alcibiade fut admiré de l'univers, pour s'être conformé dans Lacédémone à la sobriété des Spartiates. Il ne faut point, à mon avis, prodiguer ainsi les applaudissements de l'univers. Alcibiade était un simple citoyen, riche, ambitieux, vain, débauché, insolent, d'un caractère versatile. Je ne vois rien d'admirable à faire quelque temps mauvais chère avec les Lacédémoniens, lorsqu'il est condamné dans Athènes par un peuple plus vain, plus insolent et plus léger que lui, sottement superstitieux, jaloux, inconstant, passant chaque jour de la témérité à la consternation, digne enfin de l'opprobre dans lequel il croupit lâchement depuis tant de siècle. Je vois dans Alcibiade un brave étourdi qui ne mérite certainement pas l'admiration de l'univers, pour avoir corrompu la femme d'Agis, son hôte et son protecteur; pour s'être fait chasser de Sparte; pour s'être réduit à mendier un nouvel asile chez un satrape de Perse, et pour y périr entre les bras d'une courtisane. Plutarque et Montesquieu ne m'en imposent point: j'admire trop Caton et Marc-Aurèle pour admirer Alcibiade.» (Note deVolt.)[M81]Plut.,Vie de Solon.[M82]Ibid.[M83]Philolaüs de Corinthe établit à Athènes (lisezà Thèbes) que le nombre de portions de terre et celui des hérédités serait toujours le même. (Arist.,Politiq., liv. II, ch.vii.)[M84]Républ., liv. VIII.[M85]Cornélius Nepos,Prof.—Cet usage était des premiers temps. Aussi Abraham dit-il de Sara: «Elle est ma sœur, fille de mon père, et non de ma mère.» Les mêmes raisons avaient fait établir une même loi chez différents peuples.[M86]De specialibus legibus quæ pertinent ad præcepta Decalogi.[M87]Liv. X.[M88]Athenis dimidium licet, Alexandriæ totum.(Sénèque,de Morte Claudii.)[M89]Platon fait une pareille loi, liv. XI desLois.[M90]Aristote,Politique, liv. II, ch.vii.[M91]Solon fit quatre classes: la première, de ceux qui avaient cinq cents mines de revenu, tant en grains qu'en fruits liquides; la seconde, de ceux qui en avaient trois cents et pouvaient entretenir un cheval; la troisième, de ceux qui n'en avaient que deux cents; la quatrième, de tous ceux qui vivaient de leurs bras. (Plut.,Vie de Solon.)[M92]Solon exclut des charges tous ceux du quatrième cens.[M93]Ils demandaient une plus grande portion de la terre conquise. (Plut.,OEuvres morales. Dits notables des anciens rois et capitaines.)[M94]On y doit borner beaucoup les dots des femmes.[M95]Les magistrats y étaient annuels, et les sénateurs pour la vie.[M96]«Lycurgue, dit Xénophon (de Republ. Laced.), voulut qu'on élût les sénateurs parmi les vieillards, pour qu'ils ne se négligeassent pas, même à la fin de la vie: et, en les établissant juges du courage des jeunes gens, il a rendu la vieillesse de ceux-là plus honorable que la force de ceux-ci.»[M97]L'aréopage lui-même était soumis à la censure.[M98]République de Lacédémone.[M99]On peut voir dans l'histoire romaine avec quel avantage pour la république on se servit de cette puissance. Je ne parlerai que du temps de la plus grande corruption. Aulus Fulvius s'était mis en chemin pour aller trouver Catilina; son père le rappela, et le fit mourir. (Salluste,de Bello Catil.) Plusieurs autres citoyens firent de même. (Dion., liv. XXXVII.)[M100]De nos jours, les Vénitiens, qui, à bien des égards, se sont conduits très sagement, décidèrent, sur une dispute entre un noble vénitien et un gentilhomme de terre ferme pour une préséance dans une église, que, hors de Venise, un noble vénitien n'avait point de prééminence sur un autre citoyen.[M101]Elle fut mise par les décemvirs dans les deux dernières tables. Voyez Denys d'Halicarnasse, liv. X.[M102]Comme dans quelques aristocraties de nos jours. Rien n'affaiblit tant l'État.[M103]Voyez, dans Strabon, liv. XIV, comment les Rhodiens se conduisirent à cet égard.[M104]Amelot de la Houssaye,du Gouvernement de Venise, partie III.—La loiClaudiadéfendait aux sénateurs d'avoir en mer aucun vaisseau qui tînt plus de quarante muids. (Tite-Live, liv. XXI.)[M105]Les délateurs y jettent leurs billets.[M106]Voyez Tite-Live, liv. XLIX. Un censeur ne pouvait pas même être troublé par un censeur: chacun faisait sa note, sans prendre l'avis de son collègue; et quand on fit autrement, la censure fut, pour ainsi dire, renversée.[M107]A Athènes, les logistes, qui faisaient rendre compte à tous les magistrats, ne rendaient point compte eux-mêmes.[M108]Cela est ainsi établi à Venise. (Amelot de la Houssaye, p. 30 et 31.)[M109]Il semble que l'objet de quelques aristocraties soit moins de maintenir l'État que ce qu'elles appellent leur noblesse.[M110]Elle ne le permet qu'au peuple. Voyez la loi troisième, au codede Comm. de Mercatoribus, qui est pleine de bon sens.[M111]Testament politique.[M112]Barbaris cunctatio servilis; statim exequi regium videtur.(Tacite,Annal., liv. V, § 32.) «Pour les barbares, la temporisation est quelque chose de servile: obéir vite leur paraît royal.»[M113]Livre III desLois.[M114]Voyez ci-dessus la première note du liv. II, chap.iv[C35].[M115]Mémoires du cardinal de Retz, et autres histoires.[M116]Testament politique.[M117]Lettres édifiantes, recueil II, p. 315.[M118]Selon M. Chardin, il n'y a point de conseil d'État en Perse.[M119]Voyez Ricaut,État de l'Empire Ottoman, p. 196.[M120]Voyez, sur les successions des Turcs,Lacédémone ancienne et moderne. Voyez aussi Ricaut,de l'Empire Ottoman.[M121]Recueil des Voyages qui ont servi à l'établissement de la Compagnie des Indes, tome 1er.—La loi de Pégu est moins cruelle: si l'on a des enfants, le roi ne succède qu'aux deux tiers. (Ibid., t. III, p. 1.)[M122]Voyez les différentes constitutions, surtout celle de 1722.[M123]Voyez Justin.[M124]Voyez le livre desLois dans leur rapport avec la nature du climat.[M125]La Guilletière,Lacédémone ancienne et nouvelle, p. 463.[M126]Il en est de même des atermoiements dans les banqueroutes de bonne foi.[M127]Elle ne fut établie que par la loiJulia,de Cessione bonorum. On évitait la prison, et la cession ignominieuse des biens.[M128]Il me semble qu'on aimait trop les confiscations dans la république d'Athènes.[M129]Authent.Bona damnatorum.Cod. de Bon. Proscript. seu Damn.[M130]Liv. V, chap.iii.[M131]Ut esse Phœbi dulcius lumen solet jamjam cadentis...«La lumière du soleil couchant paraît plus douce.»[M132]«En Perse, dit Chardin, on ne demande rien qu'un présent à la main. Les plus pauvres et les plus misérables ne paraissent devant les grands, et devant personne à qui ils demandent quelque grâce, qu'en leur offrant quelque chose; et tout est reçu, même chez les premiers seigneurs du pays, du fruit, des poulets, un agneau. Chacun donne ce qui est le plus sous sa main et de sa profession; et ceux qui n'ont point de profession donnent de l'argent. C'est un honneur que de recevoir ces sortes de présents. On les fait en public, et même on prend le temps qu'il y a le plus de compagnie. Cette coutume est universellement pratiquée dans tout l'Orient, et c'est peut-être une des plus anciennes du monde.» (Description de la Perse, ch.xi.)—Je crois que cette coutume était établie chez les régules Lombards, Ostrogoths, Wisigoths, Bourguignons, Francs. Mais comment faisaient les pauvres qui demandaient justice? Les rois de Pologne ont continué jusqu'à nos jours à recevoir des présents. Joinville convient que saint Louis en recevait quelquefois. Il lui dit un jour, avec sa naïveté ordinaire, au sortir d'une audience particulière que le roi avait accordée à l'abbé de Cluny: «N'est-il pas vrai, sire, que les deux beaux chevaux que ce moine vous a donnés ont un peu prolongé la conversation?» (Note deVolt.)[M133]Recueil des voyages qui ont servi à l'établissement de la Compagnie des Indes, t. I, p. 80.[M134]Liv. XII desLois.[M135]Leg.VI. § 2,Dig. ad leg. Jul. repet.[M136]Munuscula.[M137]Platon, dans saRépublique, liv. VIII, met ces refus au nombre des marques de la corruption de la république. Dans sesLois, liv. VI, il veut qu'on les punisse par une amende. A Venise, on les punit par l'exil.[M138]Victor-Amédée.[M139]Quelques centurions ayant appelé au peuple, pour demander l'emploi qu'ils avaient eu: «Il est juste, mes compagnons, dit un centurion, que vous regardiez comme honorables tous les postes où vous défendrez la république.» (Tite-Live, liv. XLII.)—Ce qui se fit à Rome lors de la guerre de Persée, ce qui s'est fait à Gênes dans la dernière révolution, se serait fait en pareil cas dans les monarchies. Nous pourrions en rapporter une multitude d'exemples pris chez nous-mêmes, non parmi de simples officiers, mais parmi les plus grands généraux. (D).[M140]Ne imperium ad optimos nobilium transferretur, senatum militia vetuit Gallienus; etiam adire exercitum.(Aurelius Victor,de Viris illustribus.) «De peur que l'empire ne tombât entre les mains des principaux des nobles, l'empereur Gallien interdit au Sénat le service militaire, et même l'accès des armées.»[M141]Auguste ôta aux sénateurs, proconsuls et gouverneurs le droit de porter les armes. (Dion., liv. LIII.)—Auguste n'ôta ce droit qu'aux sénateurs devenus proconsuls; car les propréteurs, lieutenants de l'empereur, étaient gouverneurs des provinces dans lesquelles ils étaient envoyés, et y avaient le commandement des armées. (Crév.)[M142]Constantin. Voyez Zosime, liv. II.[M143]Ammien Marcellin, liv. XXVI.Et civilia more veterum et bella recturo.[M144]Fragments tirés desAmbassades de Constantin Porphyrogénète.[M145]République, liv. VIII.
[1]Cette Introduction est extraite de notreHistoire de la science politique dans ses rapports avec la morale(2 vol. in-8o, 3eédition, 1887). Notre éditeur, M. Félix Alcan, a bien voulu nous autoriser à la publier.
[2]Machiavel, auteur duPrinceet desDiscours sur Tite-Live(xvesiècle).
[3]Grotius (xviiesiècle), auteur duTraité du droit de la paix et de la guerre.—Bodin (xviesiècle),de la République.
[4]LesLettres persanessont de 1721; lesConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadencesont de 1734; l'Esprit des loisde 1748. (Voir Louis Vian,Montesquieu, sa vie et ses œuvres d'après des documents nouveaux et inédits.—Caro, laFin duxviiiesiècle, vol. I, c. 2.)
[5]Lettrexxxviii.
[6]Lettrexxix.
[7]Lettrexcii.
[8]Lettrexcviii.
[9]Lettrecxvii.
[10]Lettrexcviii.
[11]Lettrecix.
[12]Voir la lettrecxxivtout entière: «Ordonnons... que tout laboureur ayant cinq enfants retranchera journellement la cinquième partie du pain qu'il leur donne,» etc.
[13]Lettrecii.
[14]Lettrecv.
[15]Lettrecii.
[16]Lettrelxxxix. On voit par ce passage que Montesquieu ne distinguait pas encore, comme il l'a fait plus tard, l'honneur et la vertu. Ce passage suffit à montrer ce qu'il y a d'artificiel dans sa théorie des trois principes. L'origine de la théorie de l'honneur, comme principe monarchique, se trouve dans la lettre suivante,xc.
[17]Considérations,viii.
[18]Considérations,viii.
[19]Ibid.,xi.
[20]Ibid.,ix.
[21]Considérations,xiii.
[22]L'Esprit des loisparut à Genève, sans date (2 vol. in-4o); mais la critique est d'accord pour en fixer la date en 1748. L'ouvrage contient 14 cartons exigés par la censure; M. Vian (Hist. de Montesquieu, sa vie et ses œuvres, Paris, 1877) a relevé sur deux exemplaires qui subsistent, le texte primitif. Les changements sont de peu d'importance d'ailleurs.
[23]Voy. Barthélemy Saint-Hilaire,Introductionà sa traduction de laPolitiqued'Aristote.—«Le droit politique est encore à naître, dit J.-J. Rousseau (Émile, l. II). Le seul moderne en état de créer cette grande science eût été Montesquieu; mais il n'eut garde de traiter des principes des droits politiques; il se contenta de traiter des droits positifs des gouvernements établis.»
[24]Espr. des lois, l. I, c.iii. La même doctrine est exprimée dans lesLettres persanes: «La justice est un rapport de convenance qui se trouve réellement entre deux choses: ce rapport est toujours le même... Quand il n'y aurait pas de Dieu, nous devrions toujours aimer la justice... Voilà ce qui m'a fait penser que la justice est éternelle et ne dépend pas des conventions humaines.»
[25]Esprit des lois, l. I, c.iii.
[26]Aug. Comte (Cours de philosophie positive, t. IV, 47eleçon) a bien vu le grand mérite de Montesquieu, et le considère comme le vrai créateur de la science sociale.
[27]Spinoza, philosophe duxviiesiècle qui soutenait le fatalisme, c'est-à-dire la doctrine de la nécessité universelle.
[28]«Quelle apparence qu'une cause inintelligente ait donné naissance à des êtres intelligents?»
[29]Cet intéressant et instructif ouvrage est de 1796.
[30]L. I, c.ii.
[31]L. II, c.i.
[32]L. III, c.ii.
[33]L. II, c.ii.
[34]Espr. des lois, l. II, c.ii. «Le peuple est admirable pour choisir ceux à qui il doit confier une partie de son autorité. Il n'a qu'à se déterminer par des choses qu'il ne peut ignorer et des faits qui tombent sous les sens. Il sait très bien qu'un homme a été souvent à la guerre, qu'il y a eu tels ou tels succès: il est donc très capable d'élire un général...»
[35]Esprit des lois, l. III, c.iii.
[36]L. II, c.iii.
[37]L. III, c.iv.
[38]Avertissement.
[39]Esp. des lois, l. II, c.iv.
[40]L. III, c.viet l. IV, c.ii.
[41]L. II, c.v, et l. V, c.xiv,xv.
[42]L. III, c.ix.
[43]L. VIII, c.i.
[44]L. VIII, c.ii,iii,iv.
[45]L. VIII.
[46]Ib., c.ii.
[47]L. VIII, c.v.
[48]L. VIII, c.vietvii.
[49]L. VIII, c.x.
[50]Voltaire, Comment. sur l'Esprit des lois,iv.
[51]Esprit des lois, l. III, c.vi.
[52]Nous avons vu que, dans lesLettres persanes(voir plus haut), Montesquieu confondait encore l'honneur et la vertu, et leur attribuait un rôle égal dans les républiques; mais en même temps il était frappé du rôle que jouait en France l'amour de la gloire et le point d'honneur. C'est cette vue particulière très juste dont il a fait, plus tard, un principe systématique passablement arbitraire.
[53]Sur le principe de l'honneur dans les monarchies, voyez surtout liv. III, ch.vietvii; liv. IV, ch.ii; liv. V, ch.ix, et liv. VIII, ch.vietvii.
[54]Platon,Rép., l. IX,ἡ μὲν ἀριστοκρατία ἀρίστη, ἡ δὲ τυραννὶς κακίστη. Voir t. I, p. 143.
[55]Aug.,de Civit. Dei, liv. IV, c.v.
[56]Lois de Manou, l. VII, 8.
[57]L. V, c.xiv.
[58]Esp. des lois, l. II et l. V.
[59]Montesquieu ne pense qu'aux républiques anciennes; on ne voit pas pourquoi le mérite ne serait pas considéré dans les démocraties (voir lesNotes).
[60]L. II, c.x.
[61]Ib.
[62]Ib.
[63]L. V. c.xi.
[64]L. VIII, c.vi.
[65]L. VIII, c.viii.
[66]L. VIII, c.viii.
[67]L. XI, c.xx.
[68]Voir la lettre à M. l'auditeur Bertolini, qui avait fait honneur à Montesquieu d'avoir révélé aux Anglais eux-mêmes la beauté de leur gouvernement. Montesquieu récuse cet éloge, qui n'en est pas moins vrai.
[69]L. VI, c.iii.
[70]L. XI, c.vi.
[71]L. XI, c.vi.
[72]Cette ingénieuse et exacte explication d'un passage obscur, très important dans le système de Montesquieu, a été donnée par l'auteur d'un Mémoire couronné par l'Institut sur laSéparation des pouvoirs(voir le rapport de M. Aucoc sur le concours relatif à laSéparation des pouvoirs, extrait desComptes rendus de l'Académie des sciences morales et politiques, 1879).
[73]L. VI, c.ixet c.xii. ComparezLettres persanes, lettrelxxx.
[74]L. VI, c.xvii.
[75]L. XV, c.ii.
[76]L. XV, c.i.
[77]L. X, c.v.
[78]L. XXV, c.ix.
[79]L. XXV, c.xiii.
[80]Voy. notreHistoire de la science politique, l. III, c.iv.
[81]Depuis que ces pages ont été écrites, on sait que l'esclavage a été aboli aux États-Unis, et le servage en Russie: nouvelles conquêtes des publicistes duxviiiesiècle.
[82]L. XXIII, c.xxix.
[83]C'est là un principe bien dangereux, dont Montesquieu ne voyait pas toutes les conséquences.
[84]Par exemple nous avons déjà dit que Tracy commence dès le premier livre par une chicane de mots sur la définition du motloi. Les lois ne sont pas, comme le dit Montesquieu, lesrapportsnécessaires qui dérivent de la nature, de la nature des choses; une loi n'est pas un rapport, et un rapport n'est pas une loi. Dans le livre II à la division des gouvernements de Montesquieu: république, monarchie, despotisme, il en substitue une tout abstraite et difficile à suivre dans la pratique: 1oles gouvernements fondés sur les droits généraux des hommes; 2oceux qui se prétendent fondés sur des droits particuliers. Il écarte dans le livre III les trois principes admis par Montesquieu: la vertu, l'honneur et la crainte, et il en substitue un seul d'un caractère tout abstrait, la raison. De là ces règles abstraites; les gouvernements fondés sur la raison peuvent seuls développer l'instruction publique; les gouvernements fondés sur la raison n'ont qu'à laisser agir la nature, etc. On approuvera davantage ce principe trop peu connu jusqu'alors des publicistes: l'effet du luxe est d'employer le travail d'une manière inutile et nuisible.—Le chapitre le plus important du livre de Tracy est celui où il combat les opinions de Montesquieu sur la monarchie constitutionnelle, et substitue ses idées propres, qui sont à peu près celles qui avaient été réalisées dans la constitution de l'an III; mais dans une note supplémentaire, publiée sous la Restauration, il paraît désavouer ces idées. On peut dire encore que la critique des idées économiques de Montesquieu est généralement judicieuse. En résumé l'ouvrage de Tracy fait penser. Il est surtout très important comme étant le résumé des idées politiques de l'école idéologique.
[85]Ouvrage de Dufresny, dans lequel leSiamoisjoue un rôle analogue à celui duPersandans lesLettres persanes.
[86]Lettres persanes,xi,xii,xiii,xiv.
[87]Allusion au parti janséniste et aux miracles du diacre Pâris.
[88]Philosophe grec.
[89]Les notes explicatives (commençant par la lettre C) et les commentaires sont à la fin du volume, débutantici. Les notes suivantes commençant par la lettre M sont de Montesquieu lui-même.
[M1]Ludibria ventis[C3].
[M2]Bis patriæ cecidere manus[C4].
[M3]Ed io anche son pittore.
[M4]«La loi, dit Plutarque, est la reine de tous mortels et immortels.» Au traitéQu'il est requis qu'un prince soit savant.
[M5]Témoin le sauvage qui fut trouvé dans les forêts deHanover, et que l'on vit en Angleterre sous le règne de George Ier.
[M6]In præfat. lib. de Cive.
[M7]Déclamationsxviietxviii.
[M8]Libanius donne lui-même la raison de cette loi. «C'était, dit-il, pour empêcher que les secrets de la république ne fussent divulgués.»
[M9]Voyez lesConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, chap.ix.
[M10]Pages 691 et 692, édition de Wechelius, de l'an 1596.
[M11]Liv. Ier.
[M12]Liv. IV, art. 15 et suiv.
[M13]Voyez dans lesConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, chap.ix, comment cet esprit de Servius Tullius se conserva dans la république.
[M14]Denys d'Halicarnasse,Éloge d'Isocrate, p. 97, t. II, édition de Wechelius.—Pollux, liv. VIII, ch.x, art. 130.
[M15]Voyez l'oraison de Démosthène, deFalsa Legat, et l'oraison contre Timarque.
[M16]On tirait même pour chaque place deux billets: l'un, qui donnait la place; l'autre, qui nommait celui qui devait succéder, en cas que le premier fût rejeté.
[M17]Liv. Ieret III desLois.
[M18]Elles s'appelaientlois tabulaires. On donnait à chaque citoyen deux tables: la première, marquée d'un A, pour direantiquo; l'autre, d'un U et d'un R,uti rogas.
[M19]Athènes, on levait les mains.
[M20]Comme à Venise.
[M21]Les trente tyrans d'Athènes voulurent que les suffrages des aréopagites fussent publics, pour les diriger à leur fantaisie. (Lysias,Orat. contra Agorat., cap.viii.)
[M22]Voy. Denys d'Halicarnasse, l. IV et IX.
[M23]Voy. M. Addison,Voyages d'Italie, p. 16.
[M24]Ils le furent d'abord par les consuls.
[M25]C'est ce qui renversa la république romaine. Voyez lesConsidérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence.
[M26]Voyages de Tournefort.
[M27]A Lucques, les magistrats ne sont établis que pour deux mois.
[M28]Diodore, liv. XVIII, p. 691, édition de Rhodoman.
[M29]Au contraire, les Anglais ont rendu plus légal le pouvoir des seigneurs spirituels et temporels, et ont augmenté celui des communes. (Volt.)
[M30]Ferdinand, roi d'Aragon, se fit grand maître des ordres; et cela seul altéra la constitution.
[M31]Les rois d'Orient ont toujours des vizirs, dit M. Chardin.
[M32]Cette distinction est très importante, et j'en tirerai bien des conséquences: elle est la clef d'une infinité de lois.
[M33]Cromwell.
[M34]Plutarque,Périclès.—Platon,Critias.
[M35]Il s'y trouva vingt et un mille citoyens, dix mille étrangers, quatre cent mille esclaves. Voyez Athénée, liv. VI.
[M36]Elle avait vingt mille citoyens. Voyez Démosthène,in Aristog.
[M37]Ils avaient fait une loi pour punir de mort celui qui proposerait de convertir aux usages de la guerre l'argent destiné pour les théâtres.
[M38]Cette guerre dura trois ans.
[M39]Les crimes publics y pourront être punis, parce que c'est l'affaire de tous; les crimes particuliers n'y seront pas punis, parce que l'affaire de tous est de ne les pas punir.
[M40]Je parle ici de la vertu publique, qui est la vertu morale, dans le sens qu'elle se dirige au bien général; fort peu des vertus morales particulières, et point du tout de cette vertu qui a du rapport aux vérités révélées. On verra bien ceci au liv. V, ch.ii.
[M41]Entendez ceci dans le sens de la note précédente.
[M42]Ce mothomme de bienne s'entend ici que dans un sens politique.
[M43]Voyez Perry, page 447.
[M44]Comme il arrive souvent dans l'aristocratie militaire.
[M45]Ricault,de l'Empire Ottoman.
[M46]Voyez l'histoire de cette révolution, par le P. Ducerceau.
[M47]Son gouvernement était militaire; ce qui est une des espèces du gouvernement despotique.
[M48]Voyez Chardin.
[M49]Cet ordre fut révoqué par un nouvel édit, rapporté fort au long dans le livre d'Esther, et dont voici la principale disposition:Unde eas litteras, quas sub nomine nostro ille (Aman) direxerat, sciatis esse irritas.(Ch.xvi, vers. 7.)
[M50]Voyez Chardin.
[M51]Voyez l'Histoire de d'Aubigné.
[M52]On dit ici ce qui est, et non pas ce qui doit être: l'honneur est un préjugé que la religion travaille tantôt à détruire, tantôt à régler.
[M53]Politiq., liv. I.
[M54]Philopœmen contraignit les Lacédémoniens d'abandonner la manière de nourrir leurs enfants, sachant bien que, sans cela, ils auraient toujours une âme grande et le cœur haut. (Plut.,Vie de Philopœmen. Voyez Tite-Live, liv. XXXVIII.)
[M55]Elle défendit pendant trois ans ses lois et sa liberté (Voyez les liv. XCVIII, XCIX et C de Tite-Live, dans l'Epitomede Florus). Elle fit plus de résistance que les plus grands rois.
[M56]Florus, liv. I, chap.xvi.
[M57]In fece Romuli.(Cicéron)
[M58]Les Indiens du Paraguay ne dépendent point d'un seigneur particulier, ne paient qu'un cinquième des tributs, et ont des armes à feu pour se défendre.
[M59]Plutarque,Demandes des choses grecques.
[M60]«Est-il bien vrai qu'en nommant un commissaire entendu pour trafiquer au nom de la ville avec ces étrangers, les Épidamniens aient eu le maintien des mœurs pour objet? Cette institution n'est-elle pas l'effet d'un esprit de monopole?» (Note deVoltaire.)
[M61]Mais elle ôte l'émulation des commerçants et fait périr le commerce. (Éditeur anonymede 1764.)
[M62]Comme étaient les villes de la Grèce.
[M63]Hist.,lib. IV, cap.xxetxxi.
[M64]De Repub., lib. IV.
[M65]Liv. VIII, ch.v.
[M66]Vie de Pélopidas.
[M67]Liv. Ier.
[M68]Platon, liv. IV desLois, dit que les préfectures de la musique et de la gymnastique sont les plus importants emplois de la cité; et, dans saRépublique, liv. III: «Damon vous dira, dit-il, quels sont les sons capables de faire naître la bassesse de l'âme, l'insolence et les vertus contraires.»
[M69]Liv. V,Dits mémorables.—Voyez lesÉconomiquesde Xénophon, ch.iv, § 2 et 3. (p.)
[M70]Politiq., liv. III, ch.iv.
[M71]«Diophante, dit Aristote,Politiq., ch.vii, établit autrefois à Athènes que les artisans seraient esclaves du public.»
[M72]Περίοικοι, c'est-à-dire hommes affectés à la maison. C'étaient nos gens de mainmorte: attachés à la glèbe, exclus de la milice et des assemblées, et, du reste, jouissant de tous leurs autres droits civils.
[M73]Ce mot vient deπένομαι, être dans l'indigence, dans la peine. Leur condition était la même que celle des Périéciens.
[M74]Aussi Platon et Aristote veulent-ils que les esclaves cultivent les terres.Lois, liv. VII;Politiq., liv. VII, chap.x. Il est vrai que l'agriculture n'était pas partout exercée par des esclaves: au contraire, comme dit Aristote, les meilleures républiques étaient celles où les citoyens s'y attachaient. Mais cela n'arriva que par la corruption des anciens gouvernements, devenus démocratiques; car, dans les premiers temps, les villes de Grèce vivaient dans l'aristocratie.
[M75]Cauponatio.
[M76]Liv. II.
[M77]Aristote,Politiq., liv. X.
[M78]Aristote,Politiq., liv. VIII, ch.iii.
[M79]Aristote dit que les enfants des Lacédémoniens, qui commençaient ces exercices dès l'âge le plus tendre, en contractaient trop de férocité. (Politiq., liv. VIII, chap.iv.)
[M80]«Je ne prétends point faire des critiques grammaticales à un homme de génie; mais j'aurais souhaité qu'un écrivain si spirituel et si mâle se fût servi d'une autre expression que celle dejouir de la frugalité. J'aurais désiré bien davantage qu'il n'eût point dit qu'Alcibiade fut admiré de l'univers, pour s'être conformé dans Lacédémone à la sobriété des Spartiates. Il ne faut point, à mon avis, prodiguer ainsi les applaudissements de l'univers. Alcibiade était un simple citoyen, riche, ambitieux, vain, débauché, insolent, d'un caractère versatile. Je ne vois rien d'admirable à faire quelque temps mauvais chère avec les Lacédémoniens, lorsqu'il est condamné dans Athènes par un peuple plus vain, plus insolent et plus léger que lui, sottement superstitieux, jaloux, inconstant, passant chaque jour de la témérité à la consternation, digne enfin de l'opprobre dans lequel il croupit lâchement depuis tant de siècle. Je vois dans Alcibiade un brave étourdi qui ne mérite certainement pas l'admiration de l'univers, pour avoir corrompu la femme d'Agis, son hôte et son protecteur; pour s'être fait chasser de Sparte; pour s'être réduit à mendier un nouvel asile chez un satrape de Perse, et pour y périr entre les bras d'une courtisane. Plutarque et Montesquieu ne m'en imposent point: j'admire trop Caton et Marc-Aurèle pour admirer Alcibiade.» (Note deVolt.)
[M81]Plut.,Vie de Solon.
[M82]Ibid.
[M83]Philolaüs de Corinthe établit à Athènes (lisezà Thèbes) que le nombre de portions de terre et celui des hérédités serait toujours le même. (Arist.,Politiq., liv. II, ch.vii.)
[M84]Républ., liv. VIII.
[M85]Cornélius Nepos,Prof.—Cet usage était des premiers temps. Aussi Abraham dit-il de Sara: «Elle est ma sœur, fille de mon père, et non de ma mère.» Les mêmes raisons avaient fait établir une même loi chez différents peuples.
[M86]De specialibus legibus quæ pertinent ad præcepta Decalogi.
[M87]Liv. X.
[M88]Athenis dimidium licet, Alexandriæ totum.(Sénèque,de Morte Claudii.)
[M89]Platon fait une pareille loi, liv. XI desLois.
[M90]Aristote,Politique, liv. II, ch.vii.
[M91]Solon fit quatre classes: la première, de ceux qui avaient cinq cents mines de revenu, tant en grains qu'en fruits liquides; la seconde, de ceux qui en avaient trois cents et pouvaient entretenir un cheval; la troisième, de ceux qui n'en avaient que deux cents; la quatrième, de tous ceux qui vivaient de leurs bras. (Plut.,Vie de Solon.)
[M92]Solon exclut des charges tous ceux du quatrième cens.
[M93]Ils demandaient une plus grande portion de la terre conquise. (Plut.,OEuvres morales. Dits notables des anciens rois et capitaines.)
[M94]On y doit borner beaucoup les dots des femmes.
[M95]Les magistrats y étaient annuels, et les sénateurs pour la vie.
[M96]«Lycurgue, dit Xénophon (de Republ. Laced.), voulut qu'on élût les sénateurs parmi les vieillards, pour qu'ils ne se négligeassent pas, même à la fin de la vie: et, en les établissant juges du courage des jeunes gens, il a rendu la vieillesse de ceux-là plus honorable que la force de ceux-ci.»
[M97]L'aréopage lui-même était soumis à la censure.
[M98]République de Lacédémone.
[M99]On peut voir dans l'histoire romaine avec quel avantage pour la république on se servit de cette puissance. Je ne parlerai que du temps de la plus grande corruption. Aulus Fulvius s'était mis en chemin pour aller trouver Catilina; son père le rappela, et le fit mourir. (Salluste,de Bello Catil.) Plusieurs autres citoyens firent de même. (Dion., liv. XXXVII.)
[M100]De nos jours, les Vénitiens, qui, à bien des égards, se sont conduits très sagement, décidèrent, sur une dispute entre un noble vénitien et un gentilhomme de terre ferme pour une préséance dans une église, que, hors de Venise, un noble vénitien n'avait point de prééminence sur un autre citoyen.
[M101]Elle fut mise par les décemvirs dans les deux dernières tables. Voyez Denys d'Halicarnasse, liv. X.
[M102]Comme dans quelques aristocraties de nos jours. Rien n'affaiblit tant l'État.
[M103]Voyez, dans Strabon, liv. XIV, comment les Rhodiens se conduisirent à cet égard.
[M104]Amelot de la Houssaye,du Gouvernement de Venise, partie III.—La loiClaudiadéfendait aux sénateurs d'avoir en mer aucun vaisseau qui tînt plus de quarante muids. (Tite-Live, liv. XXI.)
[M105]Les délateurs y jettent leurs billets.
[M106]Voyez Tite-Live, liv. XLIX. Un censeur ne pouvait pas même être troublé par un censeur: chacun faisait sa note, sans prendre l'avis de son collègue; et quand on fit autrement, la censure fut, pour ainsi dire, renversée.
[M107]A Athènes, les logistes, qui faisaient rendre compte à tous les magistrats, ne rendaient point compte eux-mêmes.
[M108]Cela est ainsi établi à Venise. (Amelot de la Houssaye, p. 30 et 31.)
[M109]Il semble que l'objet de quelques aristocraties soit moins de maintenir l'État que ce qu'elles appellent leur noblesse.
[M110]Elle ne le permet qu'au peuple. Voyez la loi troisième, au codede Comm. de Mercatoribus, qui est pleine de bon sens.
[M111]Testament politique.
[M112]Barbaris cunctatio servilis; statim exequi regium videtur.(Tacite,Annal., liv. V, § 32.) «Pour les barbares, la temporisation est quelque chose de servile: obéir vite leur paraît royal.»
[M113]Livre III desLois.
[M114]Voyez ci-dessus la première note du liv. II, chap.iv[C35].
[M115]Mémoires du cardinal de Retz, et autres histoires.
[M116]Testament politique.
[M117]Lettres édifiantes, recueil II, p. 315.
[M118]Selon M. Chardin, il n'y a point de conseil d'État en Perse.
[M119]Voyez Ricaut,État de l'Empire Ottoman, p. 196.
[M120]Voyez, sur les successions des Turcs,Lacédémone ancienne et moderne. Voyez aussi Ricaut,de l'Empire Ottoman.
[M121]Recueil des Voyages qui ont servi à l'établissement de la Compagnie des Indes, tome 1er.—La loi de Pégu est moins cruelle: si l'on a des enfants, le roi ne succède qu'aux deux tiers. (Ibid., t. III, p. 1.)
[M122]Voyez les différentes constitutions, surtout celle de 1722.
[M123]Voyez Justin.
[M124]Voyez le livre desLois dans leur rapport avec la nature du climat.
[M125]La Guilletière,Lacédémone ancienne et nouvelle, p. 463.
[M126]Il en est de même des atermoiements dans les banqueroutes de bonne foi.
[M127]Elle ne fut établie que par la loiJulia,de Cessione bonorum. On évitait la prison, et la cession ignominieuse des biens.
[M128]Il me semble qu'on aimait trop les confiscations dans la république d'Athènes.
[M129]Authent.Bona damnatorum.Cod. de Bon. Proscript. seu Damn.
[M130]Liv. V, chap.iii.
[M131]Ut esse Phœbi dulcius lumen solet jamjam cadentis...«La lumière du soleil couchant paraît plus douce.»
[M132]«En Perse, dit Chardin, on ne demande rien qu'un présent à la main. Les plus pauvres et les plus misérables ne paraissent devant les grands, et devant personne à qui ils demandent quelque grâce, qu'en leur offrant quelque chose; et tout est reçu, même chez les premiers seigneurs du pays, du fruit, des poulets, un agneau. Chacun donne ce qui est le plus sous sa main et de sa profession; et ceux qui n'ont point de profession donnent de l'argent. C'est un honneur que de recevoir ces sortes de présents. On les fait en public, et même on prend le temps qu'il y a le plus de compagnie. Cette coutume est universellement pratiquée dans tout l'Orient, et c'est peut-être une des plus anciennes du monde.» (Description de la Perse, ch.xi.)—Je crois que cette coutume était établie chez les régules Lombards, Ostrogoths, Wisigoths, Bourguignons, Francs. Mais comment faisaient les pauvres qui demandaient justice? Les rois de Pologne ont continué jusqu'à nos jours à recevoir des présents. Joinville convient que saint Louis en recevait quelquefois. Il lui dit un jour, avec sa naïveté ordinaire, au sortir d'une audience particulière que le roi avait accordée à l'abbé de Cluny: «N'est-il pas vrai, sire, que les deux beaux chevaux que ce moine vous a donnés ont un peu prolongé la conversation?» (Note deVolt.)
[M133]Recueil des voyages qui ont servi à l'établissement de la Compagnie des Indes, t. I, p. 80.
[M134]Liv. XII desLois.
[M135]Leg.VI. § 2,Dig. ad leg. Jul. repet.
[M136]Munuscula.
[M137]Platon, dans saRépublique, liv. VIII, met ces refus au nombre des marques de la corruption de la république. Dans sesLois, liv. VI, il veut qu'on les punisse par une amende. A Venise, on les punit par l'exil.
[M138]Victor-Amédée.
[M139]Quelques centurions ayant appelé au peuple, pour demander l'emploi qu'ils avaient eu: «Il est juste, mes compagnons, dit un centurion, que vous regardiez comme honorables tous les postes où vous défendrez la république.» (Tite-Live, liv. XLII.)—Ce qui se fit à Rome lors de la guerre de Persée, ce qui s'est fait à Gênes dans la dernière révolution, se serait fait en pareil cas dans les monarchies. Nous pourrions en rapporter une multitude d'exemples pris chez nous-mêmes, non parmi de simples officiers, mais parmi les plus grands généraux. (D).
[M140]Ne imperium ad optimos nobilium transferretur, senatum militia vetuit Gallienus; etiam adire exercitum.(Aurelius Victor,de Viris illustribus.) «De peur que l'empire ne tombât entre les mains des principaux des nobles, l'empereur Gallien interdit au Sénat le service militaire, et même l'accès des armées.»
[M141]Auguste ôta aux sénateurs, proconsuls et gouverneurs le droit de porter les armes. (Dion., liv. LIII.)—Auguste n'ôta ce droit qu'aux sénateurs devenus proconsuls; car les propréteurs, lieutenants de l'empereur, étaient gouverneurs des provinces dans lesquelles ils étaient envoyés, et y avaient le commandement des armées. (Crév.)
[M142]Constantin. Voyez Zosime, liv. II.
[M143]Ammien Marcellin, liv. XXVI.Et civilia more veterum et bella recturo.
[M144]Fragments tirés desAmbassades de Constantin Porphyrogénète.
[M145]République, liv. VIII.