Charnellement se joindre avec sa Parenté;En France c'estInceste,en Perse charité.Quelques-uns dérivent ce mot de GrecCestonqui étoit une Ceinture brodée que les maris détachoient quand ils vouloient consommer le mariage, disant qu'il a signifié d'abord toute conjonction illicite.Incestespirituel est un crime qui se commet de la même maniére entre des personnes qui ont une alliance spirituelle par le Sacrement de Baptême & de Confirmation.Incestespirituel se dit aussi en parlant du Beneficier, qui possede la mere & la fille; c'est à dire, deux Benefices, dont l'un dépend de la collation de l'autre, comme l'Abbaye de Cluni, & le Prieuré de la Charité; Un Inceste spirituel rend l'un & l'autre des Benefices vacans & impétrables.INCOMMENSURABLE,adj.Terme de Géometrie; Il se dit de deux lignes comparées l'une à l'autre, qui n'ont point de mesure commune quelque petite qu'elle soit; de sorte qu'aprésplusieurs repetitions & soustractions de parties égales, il en reste toûjours quelque partie, par laquelle l'une est plus grande que l'autre; Le côté d'un quarré estincommensurableavec sa diagonale, comme démontre Euclide livre 10. Pappus liv. 4. Probl. 17. parle aussi des anglesincommensurables, & pour les surfaces qui ne se peuvent pas mesurer par une surface commune, on les appelleincommensurablesen puissance.INDULT,s. m.Grace accordée par Bulles du Pape à quelque Corps ou Communauté, ou à quelque personne par un privilege particulier pour faire ou obtenir quelque chose contre la disposition du droit commun.L'Indultdes Rois est le pouvoir qui leur est donné de nommer aux Benefices consistoriaux, soit par un traité ou concordat, soit par une grace ou un privilege particulier.L'Indultdes Cardinaux est un privilege de pouvoir tenir des Benefices réguliers, aussi-bien que des séculiers, de pouvoir conferer en commende, ou la continuer; de ne pouvoir être prévenus dans les six mois, pour la collation des Benefices qui dépendent d'eux.Quelques autres collateurs ont aussi un Indult pour continuer la commende, pour conferer de Commende en Commende.Indultplus communément se dit d'un droit ou privilege accordé par le Pape aux Conseillers du Parlement de Paris & Maîtres des Requêtes, de pouvoir obtenir le premier Benefice vacant à la nomination de chaque Collateur; Un Collateur ne doit être chargé de son vivant que d'un seulIndult. Un Chapitre ou autre corps, que d'un seulIndultdurant chaque Régne. Il faut avoir des Lettres de Chancellerie, pour placer sonIndult, & se faire nommer sur un tel collateur. Le PapeBenoît XIII. envoya une forme d'Indultà l'Université de Paris en l'an 1396. par lequel il lui permettoit de se nommer sur les Benefices des Diocesains, mais elle en negligea l'execution.Indultse dit aussi de la permission qu'on donne à quelqu'un d'exercer la Médecine, sans donner lieu à la vacance des Benefices, il se dit aussi de plusieurs graces semblables.Les Marchands appellent aussiIndult& bon passage, les droits & péages qu'ils payent au Roi d'Espagne.INCUBE,s. m.Démon qu'on s'imagine venir coucher avec les femmes & en abuser: Les Philosophes ont fait plusieurs dissertations sur la nature desIncubes, & s'il y en avoit effectivement.Incube,est aussi une maladie qui est causée d'une oppression d'estomac si grande qu'on ne peut respirer ni parler; elle se fait de nuit ordinairement: En cette maladie les sens ne sont point perdus, mais étonnez, endormis & hebetez, aussi bien que l'entendement & l'imagination, ce qui fait croire au patient que quelque ennemi se vient ruer sur lui ou le sollicite à luxure. Les enfans sont sujets à l'Incubeaussi bien que les personnes grasses & les gens de Lettres, dont l'estomac a de la peine à faire la digestion, l'Incubeest cousin germain de l'Epilepsie & de l'Apoplexie; car s'il dure long-temps il dégénére en l'une ou l'autre de ces maladies: Ce mot vient du LatinIncubare, qui signifie se mettre sur quelque chose & la presser; les Grecs l'ont nommée Ephialtes, c'est à dire, le sauteur ou celui qui se ruë sur quelqu'un, le vulgaire l'appelleCauchemar.INFEODER,v. act.donner en Fief, à foi& hommage; infeoder des heritages, c'est les unir à son Fief.Infeodé,ée.adj.donné en Fief, ou uni au Fief. Dîmes inféodées. Jean du Luc en son Recueil d'Arrêts attribuë la premiére invention des Dîmesinféodéesà Philippes Auguste, mais Pasquier prouve qu'il s'abuse, parce que deux ans auparavant qu'il régnât, elles avoient été condamnées comme usurpations au Concile de Latran: Elles furent introduites lors qu'on entreprit le premier voyage d'outre-mer, car alors les Curez firent present à leurs Seigneurs de partie de leurs Dîmes pour leur aider à faire ce voyage; Elles n'étoient d'abord que viageres, mais depuis les Seigneurs se les appropriérent tout à fait.INSOLATION,s. f.Terme de Pharmacie. C'est une préparation de Remédes, ou de fruits qui se fait en les exposant aux rayons les plus ardens du Soleil, soit pour les secher, soit pour les cuire, soit pour les aigrir, comme on fait le vinaigre rosat, les figues, les pruneaux, &c.IRIS,s. f.Les Philosophes le font masculin: Arc en Ciel qui se fait par la réflexion de la lumiére dans une nuée pluvieuse: L'Irisse fait par réflexion des rayons du Soleil avec deux réfractions de suite dans une même goutte de pluye, ce qui a été remarqué par Jean Fleischer de Breslaw, dés l'année 1571. & par A. de Dominis Italien en 1611. en quoi ils ont prévenu M. Descartes qui a expliqué l'Arc en Ciel interieur par deux réfractions & une réflexion, & l'exterieur par deux réfractions & deux réflexions sur une même goutte d'eau: On peut voir deux ou troisIris, quand il y a des nuées de differente élevation: Deux personnes qui sont éloignées l'une de l'autre, ne voyent pas la mêmeIris, parce qu'elle change selon la situation de l'œil qui la regarde, selon les angles par lesquels la lumiére est reflêchie. L'Irisfut montrée à Noé en signe de paix aprés le Déluge. Il se fait aussi desIrisdans des prismes ou verres triangulaires, dans des phioles pleines d'eau, dans des jets de Fontaines: On voit même desIrisrenversées, dont les causes sont fort bien expliquées dans la Dioptrique & les Méteores de Descartes.Iris,En termes de Medecine se dit d'un cercle qui est autour de la prunelle de l'œil qui est de differentes couleurs, tantôt noir, tantôt bleu, tantôt verd, &c. qui est sur une peau ou tunique de l'œil qu'on appelleRhagoide, ouvuée.Iris,Est aussi une divinité fabuleuse des anciens que les Poëtes ont feint être la Messagere de Junon: Virgile dit qu'elle fut envoyée pour couper quelques cheveux à Didon pour faire un Sacrifice à Proserpine, afin qu'elle mourût plus facilement.Iris,Est aussi une fleur marécageuse qui imite en quelque façon les couleurs de l'Iris, bleuë, blanche & jaune, on l'appelle vulgairement flambe: Il y a desIrisd'Angleterre, de Florence, de Portugal, de Suse, &c. Sa racine est odoriferante, & quand elle est broyée on la mêle avec de la poudre qu'on appelle poudre d'Iris. Si on en fait tremper dans du vin tandis qu'il bout, cela lui donne un goût & une odeur agréable.Irisde Perse, est une fleur précoce qui fleurit sur la fin de Février: sa racine est insipide & bulbeuse en forme d'une petite poire: Sa tige est d'un verd blaffard, blanche par le bas, d'un bleu lavé par le haut: Sa fleur est blanche avec quelque teinte de bleu, rayée & tachée d'orangé& de violet fort enfoncé. Elle a neuf feüilles, six grandes & trois petites: Sa fleur laisse à l'entour d'elle un limbe blanc, & du reste est semblable aux autresIris. On trouve sa figure dans les mémoires de l'Academie des sciences.Iris,Est aussi une pierre qu'on met au rang des précieuses & des opales, quoy qu'elle ne soit pas d'extrême valeur, laquelle étant exposée au Soleil renvoye un lustre & une lumiére de diverses couleurs. Boëce la met au rang du cristal, à cause qu'elle naît comme lui avec six faces, on la tient pourtant pour Orientale, & Pline dit qu'elle vient de la mer rouge: Sa couleur est un gris-de-lin fort transparent dans lequel il paroît du rouge.ISCHION,s. m.Terme de Medecine, c'est un nom qu'on donne à la derniére partie de l'os anonyme qui est au bas de l'épine du dos, dans lequel il y a une profonde cavité qu'on nommeCotyle,Acetabule, ouEmboëture, pour recevoir la tête de l'os de la cuisse: il a une apophyse de cartilage qui comprend cette tête & on la nommeSourcil, cet os avec ses autres parties & l'os sacré, font le bassin qui contient la vessie, la matrice & les intestins.ISCHURIE,s. f.Terme de Medecine, c'est une maladie où il arrive une entiére suppression d'urine causée d'astriction, ou d'obstruction de la vessie, ou des deux ureteres: ce mot est Grec & composé du verbeIscho, id estSisto, & deOuron, urina.ISOSCELE,adj.Terme de Géometrie: Triangle qui a deux côtez égaux, & par consequent ses deux angles sur sa baze, sont égaux: Triangle, Rectangle Isoscele.JUMART,s. m.Bête de somme engendrée d'un Taureau & d'une Cavale, qui portela charge d'un Mulet, & qui marche lentement.JUSSANT,s. m.Terme de Marine. C'est le reflus ou descendant de la marée quand la mer refoule: On l'appelle aussi Ebe.L.LABORATOIRE.s. m.terme de Chymie. C'est le lieu où les Chymistes font leurs operations, où sont leurs fourneaux, leurs drogues, leurs vaisseaux. Le Roy a deux beauxLaboratoires, l'un à sa Bibliotheque, l'autre à son Jardin des Plantes; on y enseigne la Chymie.LAIE.s. f.terme de Chasse, la femelle d'un sanglier, ainsi nommée, parce que les Chasseurs la laissent pour faire des petits, ou de ce qu'on la laisse parmi des arbrisseaux qu'on appellelais. On les distingue selon leurs âges, en jeunes, grandes & vieilles.Laieen termes de Forêtier, est une route coupée dans une forest. Il est permis aux Arpenteurs de faire deslaiesde trois pieds pour porter leur chaîne, quand ils en ont besoin pour arpenter ou marquer les coupes. L'Ordonnance défend aux Gardes d'enlever le bois qui a été abattu pour faire deslaies.Laieen termes de Maçonnerie, est un marteau de Tailleur de pierre, brettelé & dentelé, qui laisse sur les pierres taillées des rayes ou brettures, qui s'appellent aussilaies.LAIER.v. act.faire des routes dans une forest.Laiersignifie aussi, marquer les Lais, ou bois à réserver dans la coupe des taillis.Laiersignifie aussi, tailler une pierre avec une laie.LAIS.s. m.jeune bailliveau de l'âge du bois, qu'on laisse quand on coupe le taillis, afin qu'il revienne en haute fûtaye. Toutes les Ordonnances sur le fait des Eaux & Forêts enjoignent de laisser par chacun arpent 16. bailliveaux de l'âge du bois, qu'on nomme des lais, outre les autres bailliveaux anciens & modernes.LAMANEUR.s. m.Terme de Marine, pilote ou marinier qui fait lelamanage: c'est un homme qui réside dans un port, qui en connoit les entrées & les issuës, & qui conduit les vaisseaux étrangers dans les rades ou dans les ports, lorsque les parages sont dangereux & sont inconnus à ceux qui y abordent. On les appelle aussilocmans, oulormans, oulomens. Le titre 3. du 4. Livre des nouvelles Ordonnances de la Marine contient les réglemens faits pour les piloteslamaneurs, oulocmans. Ils doivent avoir 25. ans pour être reçûs, aprés un rude examen en la Justice de l'Amirauté, où on leur taxe leur salaire; & si le vaisseau qu'ils conduisent, échouë par leur ignorance, ils sont condamnez au foüet, si c'est par malice, ils sont pendus à un mast. Leslamaneurssont aussi des pilotes de riviéres vers leurs emboucheures, qu'on louë pour éviter les bancs, secques, syrtes & autres dangers, parce que l'Ocean & les eaux d'amont les font changer de place presque tous les ans, & sur tout vers Roüen, où il y a deslamaneursjurez de deux lieuës en deux lieuës. Luitprandus dit que ce mot vient delomen, ouguide; d'autres disent quelamaneurest ditquasi laborans manu, à cause qu'il se sert souvent de cordes, crocs, harpins & avirons pour mettre un vaisseau en rade ou en furin.LANTERNE.s. f.vaisseau fait de matiére transparente servant à conserver la lumiére qu'on transporte, ou qui est exposée au vent & à lapluye.Lanternede verre, de corne, de papier, de talc, de toile. On taxe pour leslanternesqu'on met la nuit dans les ruës. Lalanterned'Epictete fut venduë autrefois 3000. dragmes. Lalanternede Diogene étoit une piéce curieuse chez les Anciens. Lalanternede Judas se garde au Tresor de Saint Denys comme une piéce curieuse & antique. On fait commandement aux Bourgeois de mettre deslanternesaux fenêtres dans les réjouïssances publiques.Lanternesourde est unelanternede fer blanc ou noirci, qui n'a qu'une ouverture, qu'on ferme quand on veut cacher la lumiére, & qu'on presente au nez de ceux qu'on veut voir, sans qu'on en puisse être apperçû. On appelle soufflets àlanternesceux qui representent unelanternede papier dont l'ais superieur quand on le leve, demeure paralelle à l'inferieur.Lanterneen termes de Guerre, c'est un instrument pour prendre la poudre, & en charger le canon: elle est faite en forme d'une longue cuillier ronde, & est attachée au bout d'un bâton.Lanterneen termes d'Orfévres, est la partie d'une crosse d'Evêque ou d'un bâton de Chantre, qui est grosse & à jour, qui en quelque façon represente unelanterne. Les crosses & bâtons d'argent doivent être contremarquez aux vases, fonds delanterne, dômes, douïlles & croisillons, suivant les Statuts des Orfévres.Lanterneest aussi une construction de charpente qui se met au plus haut des dômes & des pavillons, où il y a d'ordinaire quelques fenêtres pour leur donner plus de jour.Lanterneest aussi un petit cabinet demenuiserie qu'on éleve dans quelques auditoires, pour placer quelques personnes qui veulent écouter sans être vûës. Il s'étoit glissé dans lalanternede la Grand'Chambre, quand on rapportoit son procés.Lanternedemoulinest un certain pignon à jour fait en forme delanterne, qui est composé de deux tourtes, ou piéces de bois rondes, au bord desquelles sont dix fuseaux où s'engrenent les dents de la rouë interieure du moulin qui fait tourner les meules.Lanternemagiqueest une petite machine d'Optique, qui fait voir dans l'obscurité sur une muraille blanche plusieurs spectres & monstres si affreux, que celui qui n'en sçait pas le secret, croit que cela se fait par magie. Elle est composée d'un miroir parabolique qui refléchit la lumiére d'une bougie, dont la lumiére sort par le petit trou d'un tuyau, au bout duquel il y a un verre de lunette, & entre-deux on y coule successivement plusieurs petits verres peints de diverses figures extraordinaires & affreuses, lesquelles se representent sur la muraille opposée en plus grand volume. Le premier qui a enseigné la construction de lalanterne magiqueestSwenterusen son LivreDeliciæ Mathematicæ. Les Peres Kirker &KestlerusJesuites en ont aussi écrit, & avant tous Roger Bacon Anglois en avoit donné quelque idée.Lanternesau plurier se dit des discours, des choses de néant. Tout ce que vous me dites, ce sont deslanternes, je n'y aurai point d'égard.On dit proverbialement en parlant d'un sot & d'un crédule, qu'on lui feroit croire que des vessies sontlanternes, & que les nuées sont poëles d'airain.LATITUDE.s. f.terme de Géographie. C'est la distance de l'Equateur au Zenit ou point vertical de quelque Ville ou autre endroit de la terre, qu'on compte sur les degrez du Meridien: on la nomme autrement l'élevation du Pole sur l'Horizon. Les paralelles de l'Equateur sont appellez Cercles delatitude, à cause qu'ils la marquent par leur intersection avec le Meridien. Paris a 48. degrez 50. minutes delatitude Boreale, ou Septentrionale, ou d'élevation de Pole. Quand on a passé l'Equateur, on l'appellelatitude Australe. On dit sur la mer, Bande du Nord, ou Bande du Sud, pour dire, deçà, ou delà la Ligne.Latitudeen termes d'Astronomie, est l'éloignement d'un astre de l'Ecliptique, ou de l'orbite du Soleil vers un des Poles du Zodiaque; & elle differe en ce point de la déclinaison, laquelle est un éloignement de l'Equateur vers un des Poles du monde: ainsi le Soleil n'a jamais delatitude; & on dit que les Planettes ont quelquelatitude, quand elles s'éloignent de l'Ecliptique: & c'est pour cela que dans la sphere ordinaire on donne au Zodiaque quelque largeur. Les Anciens ne la faisoient que de six degrez de chaque côté de l'Ecliptique. Les Modernes l'ont étenduë jusqu'à neuf: car par les observations de Tycobrahé Venus a delatitude Boreale9. degrez 2. minutes; Mercure trois degrez 33. minutes; la Lune dans son quadrat avec le Soleil cinq degrez 17. minutes, & en son opposition & conjonction quatre degrez 58. minutes; Saturne 2. degrez 48. minutes; Jupiter 1. degré 38. minutes; Mars 4. degrez 31. minutes. Cettelatitudeest quelquefois plus grande du côté du Midi. Quand les Planettes sont dans leurs plusgrandeslatitudes, on dit qu'elles sont dans le ventre de leur Dragon; quand elles n'ont aucunelatitude, on dit qu'elles sont dans les nœuds de l'Ecliptique, ou dans l'intersection de leur orbite avec celle du Soleil qu'on appelle la tête & la queuë du Dragon: & c'est alors qu'elles causent ou souffrent l'éclipse. A l'égard des étoiles fixes, leurlatitudepeut aller jusqu'à 90. degrez, selon qu'elles sont éloignées de l'Ecliptique vers les Poles du Zodiaque. Lalatitudeortive d'un astre ou d'un degré de l'Ecliptique, est l'arc de l'Horizon compris entre le point du lever ou du coucher de l'Equateur, & le point du lever ou du coucher de cet astre; c'est ce qui fait connoître l'étenduë de l'arc diurne ou nocturne, ou la durée du jour & de la nuit, en telle sorte que plus cettelatitudeest grande, & plus il y a de difference entre les deux arcs, ou entre le jour & la nuit. Quand elle est Boreale, le jour est plus grand; quand elle est Australe, il est plus petit. On l'appelle autrementamplitude ortive.LIGE.adj. m. & f.Vassal qui tient une certaine sorte de Fief qui le lie envers son Seigneur dominant d'une obligation plus étroite que les autres. Ce mot vient d'une cérémonie qu'on faisoit en rendant la foy & hommage, de lier le pouce au vassal, ou de lui serrer les mains dans celles du Seigneur, pour montrer qu'il étoit lié par son serment de fidélité. Il étoit obligé à servir son Seigneur tant en Guerre qu'en Jugement, c'est à dire, à servir d'Assesseur pour juger les causes. Par l'hommageligele vassal étoit obligé de servir son Seigneur envers tous & contre tous, excepté contre son pere. Ce mot est opposé à l'hommagesimple, qui obligeoit simplement à payer les droits & devoirs ordinaires, & non point au service contre l'Empereur, le Duc ou autre Seigneur superieur, en sorte que l'hommeligeétoit comme donné & dévoüé au Seigneur, & étoit entiérement sous sa puissance. Le Seigneurligeest le Seigneur prochain & immédiat dont on releve nuëment,ligement&à ligence, c'est à dire, sans moyen. Tels étoient les hommages que le Roy d'Angleterre a rendus au Roy de France à cause du Duché de Guyenne, & les Comtes de Flandre & d'Artois pour leurs Seigneuries.Hommelige, hommage,lige, Fieflige, gardelige, se dit en parlant de l'obligation qu'a le vassal à garder le Château ou la personne du Seigneur.Ligeest aussi un droit de relief qui se paye au Seigneur en cas de mutation de Fief. Il est fixé en quelques lieux à dix livres pour pleinlige; en d'autres, à la moitié ou au quart de cette somme; & on le nomme alors demyligeou quart delige.LIGEMENT.adv.d'une maniérelige. Il tient cette Terreligement, avec la condition des Fiefsliges.LIGNE.s. f.Terme de Géometrie. C'est une quantité étenduë en long. Euclide la définit, longueur sans largeur; Candale son Commentateur, l'écoulement d'un point.Lignedroite est celle qui est la plus courte entre deux points. Leslignescourbes réguliéres sont la circulaire, ecliptique, parabolique, hyperbolique, cycloïde, conchile, helice, spirale, asymptote. On dit aussiligneparalelle, incommensurable, infinie, tangente, secante, qui sont définies à leur ordre. L'inclination dedeuxlignesfait un angle. On n'a pû trouver encore deuxlignesmoyennes & continuellement proportionelles. Les Ouvriers parlant des lignes & des traits, quand elles sont paralelles, les nommentjaugées; & quand elles sont irréguliéres, ils les nommenttastéesou corrompuës.Lignesignifie encore la premiére & la plus petite des longueurs, c'est la douziéme partie d'un pouce, & la cent quarante-quatriéme partie d'un pied de Roi: on l'appelle autrementgrain d'orge. Cet ais a sixlignesd'épaisseur.Lignede foiest un cheveu ou un petit fil d'argent le plus délié qu'on peut trouver, qu'on applique sur le verre d'une lunette, posée sur une alhidade ou un niveau pour faire de plus justes observations, soit au Ciel, soit sur la terre.Lignesignifie aussi un trait de plume ou de pinceau fort délié, quoi qu'il ne contienne aucun caractére.Ligneen termes d'Ecrivains & Imprimeurs, est une rangée ou suite de caractéres couchez sur du papier, du parchemin ou autre matiére propre, à côté les uns des autres, qu'on lit de gauche à droit. Les grosses des écritures d'Avocats doivent avoir vingt & unelignesà la page suivant l'Ordonnance. Il n'y a pas assez d'espace entre voslignes. Ceslignesne sont pas droites. Ce mot vient du LatinLinea.Lignesse dit au plurier d'un écrit, d'une lettre. Je vous écris ceslignespour vous donner avis que, &c. c'est à dire, je vous écris une lettre. Je vous demande deuxlignesde vôtre main sur une telle difficulté.On dit en ce sens, lors qu'on écrit en cérémonie:Il ne lui a pas laissé laligne. Il lui a donné laligne, lors qu'on remplit ou qu'on laisse en blanc la premiéreligneaprés le mot deMonsieur. C'est une cérémonie que font les Grands, quand ils veulent faire distinction de la qualité des gens à qui ils écrivent.On dit absolumentà la ligne; lors qu'on veut marquer un nouvel article, pour dire qu'il faut recommencer une nouvelleligne, & laisser la précédente imparfaite.Ligneen termes d'Astronomie & de Géographie se dit par excellence de laligneEquinoctiale ou de l'Equateur. Les Matelots baptizent les passagers la premiére fois qu'ils passent laLigne. Cette Isle est sous laLigne, à deux degrez de laLigne: c'est là que commencent les latitudes Australes & Septentrionales.En termes de Gnomonique on appelle lalignede Midi, ou laligneMeridienne, celle qui tend d'un Pole à l'autre, qui représente le cercle Meridien. Dans les cadrans verticaux lalignede Midi est toûjours perpendiculaire à l'Horizon; Dans les horizontaux le stile ne fait point d'ombre vers l'Orient, ni vers l'Occident, quand il est sur lalignede Midi.En termes d'Escrime on appelle laligne, celle qui est droitement opposée à l'ennemi, dans laquelle doivent être les épaules, le bras droit & l'épée, & sur laquelle sont aussi posez les pieds à la distance de 18. pouces l'un de l'autre; & ainsi on dit, être dans laligne, sortir de laligne.En termes de Statique ou de Méchanique, lalignede direction est celle qui passe par le centre de gravité du corps grave jusqu'au centre de la terre, laquelle doit passeraussi par le soûtien du corps pesant, autrement il est de nécessité qu'il tombe.En termes de Pesche, on appelle aussi uneligneun hameçon attaché à une ficelle penduë au bout d'un bâton, qui sert à pescher de médiocre poisson.Lignedormante est celle qu'on attache à un arbre pour pescher en secret. Elle est défenduë par l'Ordonnance. Ménage croit que ce mot delignea été dit àlino, à cause que les pescheurs faisoient leurslignesde lin.En termes d'Optique ou de Perspective, on appelle lalignevisuelle, laligneou le rayon qu'on s'imagine s'étendre depuis l'œil jusqu'à l'objet. Lalignede terre, est celle où l'on met le plan géometral qu'on veut tirer en perspective.En termes de Chiromance, on appellelignesles traits ou incisures qui sont marquez dans la main, dont les observations servent de fondement à cette vaine science. On en décrit ordinairement 14. dont il y en a trois principales. La premiére qui est au dessous du pouce, se nommeligne de vie, ou lalignedu cœur, & laligne de l'âge; la seconde s'appellehepotiqueou laligne du foye, & naturelle, qui passe par le milieu de la paulme de la main, & qui la coupe en travers, & va jusqu'au mont de la Lune; la troisiéme qui va dans le même sens, & qui lui est paralelle, prend depuis l'indice jusqu'à l'autre bout de la main, & s'appellemensale,thorale, ou laligne de Venus.En termes d'Architecture, d'Arpentage & de Jardinage on appelleligne, le cordeau avec lequel on trace sur terre les desseins des bâtimens, on mesure les longueurs, on dresse les allées. Ces ruës sont tirées à laligne. Voilàdes arbres plantez à laligne, en droiteligne.En termes de Manége on appellelignedu banquet, celle que les éperonniers s'imaginent en forgeant un mors pour déterminer la force ou la foiblesse qu'ils veulent donner à la branche, pour la rendre hardie ou flaque.Ligneen termes de Guerre se dit de la disposition d'une armée rangée en bataille. L'avant-garde est placée en droiteligne, & se divise en plusieurs Bataillons & Escadrons postez sur le devant, & c'est la premiéreligne. Le corps de Bataille forme la secondeligne, où est le poste du Général; & la troisiémeligneest le corps de réserve ou l'arriére-garde. Il faut laisser 150. pas de terrain pour se rallier, entre la premiére & la secondeligne, & deux fois autant entre la seconde & la troisiéme. Dans cette Bataille Navale tous les Vaisseaux étoient rangez sur une mêmeligne.Ligneen termes de Fortification, est un travail fait de terres remuées, un fossé, un parapet, ou une couverture faite de rangées de fascines, gabions ou sacs à terre, pour défendre un camp, une place d'armes.Lignes de circonvallationsont des fossez couverts de parapets, qui se font autour d'une place à la portée du Canon, pour se défendre du secours qu'on pourroit craindre; & parce que d'espace en espace elles sont fortifiées de forts & de redoutes, elles sont appellées decommunicationd'un quartier à l'autre.Lignes de contrevallationsont de semblableslignespar lesquelles on se fortifie contre les assiégez, quand la garnison est trop forte. On les appelle aussicontrelignes.Ligne de défense rasanteouflanquanteest lalignequi étant tirée le long de la face du bastionaboutit à quelque point de la courtine. Lalignede défense doit être de 120. toises ou environ.La ligne de défense fichante, est celle qui est tirée de l'angle, de la courtine, & du flanc, ou de quelque autre partie du flanc qui fait un angle avec la face, d'où les coups tirez peuvent entrer & se ficher dans la face du bastion opposé.On appelle aussilignes d'attaques,lignes d'approches, les tranchées, & semblables travaux qui sont faits pour s'approcher de la place & l'attaquer.On appelle laligne fondamentale, la premiéreligne, qu'on décrit quand on veut tracer le plan d'une place, & qui en figure toute l'enceinte.La ligne capitaleest celle qui va du centre du bastion à sa pointe.En termes de Marine, on appellelignesplusieurs cordes qui servent à amarer, lier ou arrêter les manœuvres, comme les rabans, rides & garcettes. On appelle aussiligned'eau, laligneque marque sur le bordage la surface de l'eau, quand le vaisseau est à flot. On appelle aussi lalignede la seconde, le cordeau où est attachée la seconde.Ligneblancheen termes de Médecine, est la termination des muscles de l'Epigastre continuée depuis le cartilage scutiforme jusqu'à l'os pubis. Elle est appelléeblanchetant à cause de sa couleur, que parce qu'il n'y a point de parties charneuses, ni au dessus, ni au dessous d'elle.En termes de Finance on appelleligne de compte, les articles qu'on couche dans un compte; & on dit qu'une somme est tirée horsligne, quand elle est mise en chiffre à la margedroite du compte, pour en faciliter le calcul.En ce sens on dit au figuré, mettre enlignede compte les graces qu'on reçoit de ses amis, les services qu'on leur rend, suivant qu'on en fait plus ou moins d'état. Cette faveur est trop legére, ne la mettez pas enlignede compte.Ligneen termes de Généalogie, est une suite de Parens en divers degrez descendans d'une même souche ou pere commun. Lalignedirecte est celle qui va de pere en fils, la collaterale est celle où sont placez les oncles, tantes, cousins, neveux. Laligne ascendante, laligne descendante. Un lignager est celui qui est de l'estoc &lignede quelqu'un. Lalignemasculine a fini à un tel.LITARGE.s. f.est la fumée du plomb évaporé dans l'affinement de l'or & de l'argent; c'est comme une suye qui s'attache à la cheminée du fourneau: celle d'or est jaune, & celle d'argent est blanche. C'est aussi l'écume du plomb brûlé, hors qu'il est fondu avec de l'argent: car cette écume étant ôtée, elle est de la couleur d'argent; mais si elle est poussée davantage au feu, elle devient de couleur d'or: de sorte qu'il n'y a que la difference de la cuisson, qui distingue lalitarged'or ou d'argent. Dioscoride en parlant deslitargesd'argent qu'il appellespuma argenti, dit qu'il y en a une faite de sablon plombin; l'autre d'argent & de plomb. La meilleure est de couleur d'or, qu'il nommechrysitis. Celle de Sicile s'appelleargentineà cause de sa couleur; mais celle qui est faite d'argent, s'appelle Calabroise. Mathiole la définit plomb mêlé de vapeurs de bronze & d'argent; il dit aussi que lalitargeest un poison.LUNETTE.s. f.terme d'Optique, Instrument qui sert à grossir les objets, à conserver, à faciliter l'action de la vûë. Les Auteurs qui ont écrit deslunettes, & sur tout du Telescope, ont été entr'autres Kepler dés l'année 1611.Johannes Hevelius,Scheinerus, Emanuel Magnan, Galilée, Descartes,Sirturus,Maurolicus,Antonius de Dominis,Malapertius,Aquilonius,Vitellio,Tardeus,Fontana, le Pere Schot Jesuïte, le Pere de Rheita Capucin, & PierreBorelli, dans divers Traitez d'Optique, de Perspective & d'Astronomie. Les Ouvriers fameux ont étéTorricelli,Fontana, Ferrier, Chorez,Campani,Divini, & maintenant le SieurBorelliChymiste, qui est de l'Academie Royale des Sciences, qui a fait les verres delunettesde l'Observatoire.Le Telescope est unelunetteà longue vûë, qui approche les espéces des corps éloignez, & qui les grossit. On l'appelle aussi unelunetted'Hollande, de Galilée. Il y a de ces lunettes simples à deux verres, qui sont l'objectif & l'oculaire, & d'autres à quatre verres. Lalunettede l'Observatoire de Paris a septante six pieds de tuyau. Messieurs Descartes & Hook n'ont pas desesperé de pouvoir découvrir quelque jour des animaux dans la Lune par le moyen des grandeslunettes; mais Monsieur Auzout a prétendu qu'on n'en peut faire de plus longues que de trois cens pieds, & qu'en ce cas on ne pourroit voir la Lune que comme on la verroit de soixante lieuës loin sanslunettes, à laquelle distance on ne pourroit pas découvrir des animaux sur la Terre. VoyezTelescope.Le Microscope est une autrelunettecourte, qui sert à découvrir les plus petites partiesdes objets qu'elle grossit extraordinairement. Il s'en fait aussi à plusieurs verres. Il y a d'autres Microscopes si petits, qu'ils sont faits d'un verre qui n'est gros que comme la tête d'une épingle, & ils font des effets merveilleux. Gassendi dit avoir vû émeutir un ciron avec le Microscope. Il y en a aussi pour le Peuple qu'on appellelunettesà puces, qui ne sont autre chose qu'une petite bouteille, dans laquelle on regarde par un fort petit trou.LunettePoliedre ou à Facette, est ce que le Peuple appellelunetted'Avaricieux, qui se fait avec un verre taillé, qui multiplie autant de fois l'objet qu'il a de faces. Il se fait de belles perspectives de piéces rapportées avec deslunettesà Facettes, dont l'art est décrit par le Pere Niceron dans sa Perspective, & par le Pere Kircher en son Livre de la Magie, de la Lumiére, & de l'Ombre.Lunettesau plurier, ce sont deux verres enchassez dans de la corne ou autre matiére qu'on applique sur le nez, & devant les yeux, pour aider aux vieillards & à ceux qui ont la vûë courte, à lire & à écrire, ou à découvrir mieux les objets. On les appelle aussiBesicles. Il y en a qui servent à grossir les objets, les autres à conserver seulement la vûë, qu'on appelleConserves. On a fait aussi deslunettesà longue vûë, pour appliquer aux deux yeux qu'on appelleBinocles, dont a écrit le Pere Cherubin Capucin, & avant lui le Pere Rheita du même Ordre, en son Livre intituléOculus Enoch & Eliæ, lequel avoit trouvé aussi l'invention deslunettesà trois ou à quatre verres. VoyezBinocle.Pour achever la perfection des lunettes, on a trouvé le moyen d'appliquer un treillisou grille de filets trés-déliez sur le verre oculaire convexe, ce qui rend l'observation plus juste. On en voit la figure dans le Journal des Sçavans de l'année 1667.Leslunettesont certainement été inconnuës aux Anciens, mais aussi elles ne sont pas si modernes que le Telescope. Un Frere Alexandre Despina de l'Ordre des Freres Prêcheurs de Sainte Catherine de Pise, qui mourut dés l'an 1311. en communiqua l'invention, qu'il trouva de lui-même, aprés qu'il eut appris qu'un autre en avoit trouvé le secret, lequel il ne vouloit pas communiquer. Cela est écrit dans la Chronique de ce Convent; & il est fait mention de ceslunettesdans le Dictionairede la Cruscaau motocchiale. Il en est fait aussi mention dans le Livre de Guy de Chauliac Professeur de Medecine à Montpellier, intitulé la Grande Chirurgie, composé dés l'année 1363. Il y a aussi un Arrest du 12. Novembre 1416, rapporté par Ménage en son livreAmœnitates Juris, qui fait mention de ceslunettes, & d'autres témoignages anciens citez par le sieur Comiers en son Traité desLunettes.On appelle aussi en Architecture des voutes àlunettes, lorsque dans les deux côtez du berceau d'une voute on y fait de petites arcades pour y pratiquer quelques jours ou veuës.Lunettesse dit aussi par antiphrase en matiére de bâtimens, de ce qui bouche ou qui ôte la veuë. Cette maison avoit veuë sur plusieurs jardins; mais le voisin a élevé son mur, & il lui a donné deslunettes.Lunettese dit aussi d'une petite ouverture qui se fait dans le toit d'une maison.Lunetteen termes de Menuiserie, est une planche de bois percée, qui sert de siége à unprivé. On a commandé à ce menuisier unelunettepour un privé. On appelle aussi unelunette, cette ouverture qui est au derriere des soufflets, par où entre le vent, & qui se ferme en dedans par la souspape.Lunettesen termes de fortifications, sont des enveloppes qui se font au devant de la courtine. Elles sont composées de deux faces qui font un angle rentrant, & se construisent ordinairement dans des fossez pleins d'eau, pour y faire l'effet d'une fausse braye. Elles ont cinq toises de large dont le parapet en a trois.Lunettesen termes de Manége, sont deux petites piéces de feûtre relevées en bosse, qu'on applique sur les yeux d'un cheval vicieux, ou qui ne veut point se laisser ferrer ni monter.On dit aussi ferrer un cheval àlunettes, ou à demi fer, c'est à dire, avec un fer dont on a retranché la partie des branches, qui est vers le quartier du pied, ce qu'on appelle les éponges.On appelle aussilunettele cercle de métail qui enferme & soûtient le crystal d'une montre.Lunettechez les Tourneurs, est cette piéce de bois troüée qu'ils appliquent sur leur tour, pour faire diverses sortes d'ouvrages qui se tournent en l'air.Lunettede volaille, est la partie du chappon qui est entre le col & l'estomac, qui est soûtenuë par deux petits os qui forment un angle aigu. On tient que lalunetteest la partie la plus excellente du chappon.On dit proverbialement à celui qui s'est trompé en regardant quelque chose: Prenez voslunettes, chaussez voslunettes. On dit aussi en se mocquant d'un grand nez: Voilà un beau nez à porterlunettes.LUNETTIER.s. m.Ouvrier qui fait & quivend deslunettes. Les Miroitiers & lesLunettiersne font qu'un Corps & une même Maîtrise.LUT.s. m.En termes de Chymie, se dit de toute sorte de ciment ou d'enduit qui sert tant pour le bâtiment des fourneaux, que pour mettre autour des vaisseaux de verre & de terre qui doivent résister à un feu violent. On le fait de terre grasse, de sable de riviére, de fiente de cheval, de la poudre des pots de beurre cassez, de la tête morte du vitriol, du machefer, du verre pillé & de la bourre ou laine courte des Tondeurs, mêlez avec de l'eau salée ou sang de bœuf. Il y a aussi unLutqui sert à luter les chappes avec les cucurbites ou recipiens, ou pour réparer les fentes des vaisseaux, qui se fait avec de l'amidon cuit, ou de la colle de poisson dissoute dans l'esprit de vin & des fleurs de soulfre, du mastic & de la chaux éteinte dans du petit lait. On appelle aussilut de sapiencele sceau hermetique qui se fait en fondant le bout d'un matras de verre au feu de lampe, & en le tortillant avec la pincette. Ce mot vient delutum.LUTH.s. m.Instrument de musique monté de cordes de boyau, qui n'avoit autrefois que six rangs de cordes; mais avec le temps on y a ajoûté quatre, cinq, ou six autres rangs plus bas. Leluthest composé de quatre parties, de la table de sapin ou de cedre, du corps composé de neuf ou dix éclisses, qu'on appelle aussi leventreoula donte; du manche qui a neuf touches ou divisions marquées avec des cordes de boyau; & de la tête ou de la crosse où sont les chevilles. Il y a aussi une rose au milieu de la table par où sort le son; un chevalet où sont attachées les cordes, & un fillet ou mourceau d'ivoire qui est entre le manche & la tête, sur lequel les cordes portent par l'autre extrêmité. On pince les cordes de la maindroite, & de la gauche on appuye sur les touches. On appelle letemperament du luth, l'alteration convenable que l'on est obligé de faire des intervalles tant à l'égard des consonances, que des dissonances, pour les rendre plus justes sur l'instrument. Lesluthsde Boulogne sont les plus estimez par la qualité du bois, qui est cause qu'on en tire un plus beau son. On est plus long-temps à accorder unluthqu'à en jouër. Les concerts se font avec des dessus & des basses deluths. On dit qu'unluthest bien monté quand on y a mis de bonnes cordes, qui sont bien d'accord & au ton convenable. Un Auteur digne de foy dit qu'on a vû à Paris unluthd'or, qui revenoit à trente-deux mille écus. Ce mot vient delaudEspagnol, qui est venu deallauddes Maures, qui signifie la même chose, comme témoigne Scaliger. Quand on le veut nommer en Latin, on l'appelletestudo,cythara,chelys.LUTHÉE.s. f.Est une épithete qu'on donne à la Mandore, lors qu'elle a plus de quatre rangs de cordes, & qu'elle approche plus prés duluth.M.MAGDALLON.s. m.C'est ainsi qu'on appelle un rouleau ou petit cylindre de soulfre, d'onguent, &c. tels qu'on les vend chez les Epiciers & Apotiquaires: ce mot vient de Magdalis Latin, tiré du Grec Magdalis, signifiant la même chose.MAGISTERE.s. m.Terme de Chymie & de Pharmacie: c'est la préparation d'un corps mixte par art de Chymie, par laquelle toutes ses parties homogenes sont exaltées en un degré dequalité ou substance plus noble qu'auparavant, en rejettant seulement ses impuretez externes sans faire aucune extraction. Lemagisterediffere de l'extrait, en ce que dans lemagisteretoutes les parties du mixte y demeurent, quoi qu'elles soient changées en des qualitez ou consistances plus exquises, & dans l'extrait on ne prend que la plus noble partie de la substance, qui est tout à fait séparée d'avec la plus grossiere & élementaire.On fait desmagisteresde tartre, de perles, de coraux. Desmagisteresde lait, cremeur, ou beurre de soulfre. Desmagisteresd'agaric, de turbit, d'hermodax, &c. L'effervescence de l'esprit de vitriol mêlé avec l'huile de tartre, leur a fait donner par quelques-uns le nom demagistere.MAGNESIE.s. f.Est une pierre minerale, fossile, noire, opâque, tirant de la couleur de fer au pourpre, qui ne contient aucun métal; mais un soulfre fixe & un peu inflammable. Elle entre en la composition du verre, le purifie & le blanchit, si elle est en petite quantité. Autrement elle le rend bleu ou de couleur de pourpre; elle la donne aussi aux pots de terre si avant leur cuitte on les peint de cette magnesie dissoûte. C'est la même chose que le saffre; on l'appelle aussimanganese, & chez les artisans,perigueux.MALACHITE.s. f.Est une pierre précieuse qui est d'une nature mitoyenne entre le jaspe & la turquoise, & qui est tout à fait opaque: Elle a des veines blanches mêlées de taches noires & de plusieurs autres couleurs qui en font faire plusieurs distinctions. La plus estimée est celle qui approche le plus de la turquoise, & qui a le plus de bleu.MALTHE.s. f.Ciment dont on se servoit autrefois, qui étoit un mêlange de poix, de cire, de plâtre & de graisse. Dans le Pontificial ilest parlé de ce ciment, dont on avoit besoin quand on faisoit la Dédicace des Eglises, en Latinmalta; d'où quelques-uns prétendent qu'on a fait les mots deSmaltire, d'où viennent émailler, & émeutir.MANDRIN.s. m.Est le principal outil d'un tourneur; l'arbre qui tourne dans la lunette, au bout duquel on monte ou on attache les piéces que l'on veut tourner en l'air & hors les pointes.Mandrin,se dit aussi de plusieurs poinçons qui servent aux artisans à percer le fer ou les métaux sur lesquels ils travaillent.MANICORDION.s. m.Instrument de Musique, fait en forme d'Epinette, qui a 49 ou 50 touches ou marches, & 70 cordes, qui portent sur cinq chevalets, dont le premier est le plus haut, les autres vont en diminuant. Il y a quelques rangs de cordes à l'unisson, parce qu'il y en a plus que de touches, chaque chevalet en contient divers rangs: Il a plusieurs petites mortaises pour faire passer les sautereaux armez de petits crampons d'airain qui touchent & haussent les cordes, au lieu de la plume de corbeau qu'ont ceux des clavessins & des épinettes; ce qu'il a de particulier: c'est qu'il a plusieurs morceaux d'écarlate ou de drap, qui couvrent les cordes depuis le clavier jusqu'aux mortaises, qui rendent le son plus doux, & l'étouffent tellement qu'on ne le peut entendre de loin; d'où vient que quelques-uns le nommentEpinette sourdeoumuette; aussi est-il particuliérement en usage chez les Religieuses qui apprennent à en jouër, & qui craignent de troubler le silence du dortoir. Cet instrument est plus ancien que le clavessin & l'Epinette, comme témoigne Scaliger, qui ne lui donne que trente-cinq cordes.On dit proverbialement & burlesquement qu'une fille a joüé dumanicordionquand elle a eu quelque amourette, qui a duré long-temps sans faire bruit.MANIPULE.s. m.Ornement Ecclesiastique que les officians Prêtre, Diacre & Soûdiacre portent au bras gauche: il est fait en forme de petite étolle, & de la même étoffe que les chasubles, & tuniques. Il signifie & represente un mouchoir que les Prêtres de la primitive Eglise portoient au bras pour essuyer les larmes qu'ils versoient continuellement pour les péchez du peuple, dont il reste encore une marque dans l'oraison que disent ceux qui s'en revêtent.Merear, Domine, portare manipulum fletus & doloris.En beaucoup d'endroits on l'appelle lefanon.Manipule,en termes de Medecine est une mesure d'herbes, qui s'entend de ce que la main peut serrer, les Medecins le désignent dans leurs Ordonnances par M.Manipule,signifioit encore chez les Romains une petite troupe ou compagnie de soldats, parce que chez eux lemanipulesignifioit au propre une poignée de foin qu'ils attachoient au bout d'une perche pour se reconnoître avant qu'ils eussent pris les aigles pour enseignes; de là vient que nous disons encore en ce sens une poignée de gens.Manipulepyrotecnique, se dit à la guerre d'une certaine quantité de petards de fer ou de cuivre qu'on peut jetter à la main sur les ennemis, la maniére de les faire est enseignée par Casimir dans son Livre de l'Artillerie.MANŒUVRE.s. m.Homme de peine qu'on prend à la journée dans les âteliers pour servir les Massons, & faire autres fonctions qui n'ont besoin d'aucun art ou apprentissage. Cemot vient demanopera, ouvrage de main. Ménage.On appelle proverbialement & ironiquement un homme fin & adroit, unrusé manœuvre.Manœuvres,en terme de marine, ce sont les cordes qui servent à manier les voiles en diverses façons, comme lesIssasouDrissesqui sont le long des masts servent à les hausser. Lesvalencinesservent à faire pancher les antennes d'un côté ou d'autre. Lesbrastirent le bout des antennes vers la pouppe. Lesescoutes, oucontre-escoutestiennent le bout des voiles: lesbreuilsoumartinetsservent à embroüiller promptement les voiles, & lesgarcettes, à les ferler, lesralinguesà les fortifier, lesboulinesouboulinettesservent à ouvrir les bords des voiles pour recevoir le vent qui vient de biais: cela fait dix ou onze cordes qui sont le plus souvent doubles, & étant multipliées par les dix voiles, font plus de deux cens cordes, ou manœuvres. L'Itacleest la plus grosse des manœuvres, elle soûtient & éleve l'antenne passant à une poulie qui est sous la hune, & aboutit à un moufle de poulies où sont les Issas.Il y a desmanœuvres dormantesqui sont fixes, ausquelles on touche rarement, &d'autre coulantesqui sont presque en mouvement continuel, comme celles qui servent à manier les voiles.Manœuvre,signifie aussi l'usage & le service de ce cordage, & le service des Matelots qui les font mouvoir. Lesmanœuvressont en desordre pendant la tempête. Ce matelot entend bien lamanœuvre, il execute soudain les commandemens.MANNE.s. f.Terme de pharmacie, drogue médicinale, c'est un suc ou une liqueur blanche, douce, qui découle d'elle-même, par incisiondes branches & des feüilles même des frênes tant ordinaires que sauvages pendant la canicule, & un peu auparavant. On ne la trouve que sur ces arbres, encore n'est-ce pas sur tous, mais principalement en Calabre & aux environs de Briançon; c'est pourquoi ceux là se trompent lourdement, qui disent que c'est un miel de l'air, ou une espéce de rosée, qui vient d'une vapeur élevée de la terre & digerée dans l'air, condensée par le froid qu'on recuëille dans les païs chauds avant le lever du Soleil, tant sur les plantes & les arbres que sur les rochers & la terre même, qui disparoît lorsque la chaleur survient; car au contraire on l'amasse en plein Soleil, lequel la seche & la condense, de sorte qu'on la doit mettre au rang des gommes qui s'épaississent par la chaleur, & se résolvent dans l'humidité.Les Italiens en connoissent de trois sortes,manna di corpo, qui sort d'elle-même des branches de l'arbre dés le mois de Juillet; la secondemanna forzata, ouforzatella, qui ne se recueille au mois d'Août qu'aprés l'incision de l'arbre, & lorsque la premiére a cessé de couler. La troisiémemanna di fronda, qui sort d'elle-même en forme de petites gouttes d'eau comme un espéce de sueur, de la partie nerveuse des feüilles du frêne, qui sont de la grosseur des grains de froment, & qui s'endurcissent au Soleil au mois d'Août; on voit quelquefois ces feüilles si chargées de ces grains qu'il semble qu'elles soient couvertes de neige. Lamanneest une medecine qui purge fort doucement, & qu'on prend dans les boüillons. Altomatus Medecin de Naples en a fait un traité exprés; & Joseph Donzellus confirme ce qu'il en a dit. Lamannepurge la bile, quoi qu'on la tienne une espéce de miel, & au contraire le miel ordinaire l'augmente. Fuchsius dit que les païsansdu Mont-Liban mangent ordinairement lamanne, comme ailleurs on fait le miel.A Mexique ils ont de lamanneque l'on mange comme on fait le fromage en Europe.Manneen termes de l'Ecriture, est une viande miraculeuse que Dieu fit tomber du Ciel pour nourrir son peuple Hebreu dans le desert pendant quarante ans. Lamanneétoit en façon de coriandre. Les Israëlites murmurerent contre lamanne, & en eurent du dégoût. Lamanneest une des figures de l'Eucharistie.Manne,se dit figurément de toutes sortes de viandes & de fruits, principalement quand ils sont de garde, quand ils peuvent nourrir, & faire subsister une maison. C'est une bonnemannedans un logis qu'une provision de pois, de féves, de ris pour le Carême.Manneest aussi un grand panier d'osier fait en quarré long, qui sert quelquefois de berceau pour coucher un enfant à la mammelle, quelquefois elle est plus petite, & elle sert à transporter les habits d'un ballet, ou le linge & la vaisselle pour mettre le couvert, &c.On appelle aussimannessur la mer des paniers à rebords faits comme un chapeau.Mannequin.s. m.Panier d'osier haut & assez étroit, plus large par en haut que par en bas, qui sert à differens usages. On a mis ces plantes dans unmannequinpour les transporter. Les marchands de fruits les transportent dans desmannequins: ce mot est diminutif de manne quand il signifie panier.Mannequin,chez les Peintres se dit d'une certaine figure de bois qui a des charniéres en la plûpart de ses membres, par le moyen de quoi elle est mobile, & on la met en toute sorte de postures ou d'attitudes, elle leur sert pour disposerleurs drapperies en la revêtant d'habits tels qu'ils desirent. Borel dérive ce mot en ce sens deman, qui en Allemand & en vieux François signifioit unhomme, dont il est diminutif, comme qui diroitpetit homme.MARESCHAL.s. m.Officier de la Couronne qui commande les Armées; on l'appelle par excellenceMareschalde France. Chez quelques étrangers il fait la même fonction. Le grandMareschalde Pologne, de Lithuanie. L'Electeur de Saxe est grandMareschalde l'Empire. On dit qu'on a donné à un homme le Bâton deMareschal, ou simplement le Bâton, pour dire qu'on l'a faitMareschalde France; c'est un Bâton fleurdelisé qui marque la dignité, & qu'il met en sautoir sous l'écu de ses armes. Ce sont lesMareschauxde France qui sont Juges du point d'honneur entre les Gentilshommes, qui accordent leurs querelles.Les Prévôts desMareschauxsont des Officiers Royaux & Juges d'épée établis pour la seureté de la campagne, pour prendre & juger les voleurs, vagabonds & gens non domiciliez; on leur a aussi attribué la connoissance des cas Royaux par prévention: ils sont reçûs à la Connestablie, & y ont attribution de Jurisdiction, & sont réputez du corps de la gendarmerie.Mareschalde Camp, est le second Officier de l'Armée, le premier Officier aprés le Lieutenant général, c'est celuy qui ordonne du campement & du logement de l'Armée, & qui prend les devans pour la faire marcher en seureté, & reconnoître le terrain.Mareschalde Bataille, étoit autrefois un Officier qui rangeoit les troupes en bataille, qui avoit soin de leur marche & de leur ordre; ce sont aujourd'hui lesMareschauxde camp,& les Majors généraux qui en font la charge.Mareschaldes Logis, est un Officier de guerre, qui a soin du logement des soldats. Il y a unMareschaldes Logis de l'Armée. Il y en a un dans chaque Régiment d'infanterie, & en chaque compagnie de cavalerie, deux en chaque compagnie de gend'armes & de chevaux legers, & six en chacune des compagnies des Mousquetaires.Il y a aussi un grandMareschaldes Logis chez le Roi, qui marque les logemens de la suite de la Cour quand le Roi fait voyage; Il y en a aussi chez la Reine & chez les Fils de France.Mareschalferrant, ou simplementMaréchal, est un artisan qui ferre les chevaux, & qui les pense quand ils sont malades. En Espagne ce sont deux métiers separez, les premiers s'appellentherradores, & les autresalveytares.Ce mot vient selon Nicod dePolemarchus, comme qui diroit Maire de camp; en vieux Gaulois & encore en BretonMarksignifioit cheval, comme on recueille de Pausanias, qui dit que ce mot étoit en usage chez les Celtes, mais c'est plûtôt un mot Allemand dont il est fait mention dans la loi salique, & dont on a faitmarchal, pour dire celui qui commandoit la cavalerie. Ménage le dérive deMareschalcus, qui se trouve dans les loix des Allemands, composé deMarckcheval, & deschalksignifiant serviteur; ce qui a donné ce nom à celuy qui pense les chevaux, & par succession de temps à celuy qui les commande. Borel dit qu'originairementMareschalsignifioit gouverneur de jumens, & quemarksignifie jument, dont les anciens se servoient d'ordinaire pour épargner le fourrage, parce que les jumens gâtent moins de litiere, à cause qu'ellesjettent en arriére leur urine. Il dit aussi que ce mot demark, qui en vieux Gaulois & en ancien Allemand signifioitcheval, vient de l'HebreuRamak, où il veut dire unejument. Quelques-uns ont dit que le mot demareschalétoit un abregé demire cheval, carmiresignifie Medecin, & les Rois en avoient autrefois pour leurs chevaux, comme témoigne Nicod. Pasquier fait distinction pour l'origine deMareschaldes logis, &Mareschalde camp, d'avec ceux deMareschalde France, &Mareschalferrant; A l'égard des premiers, il dit que ce mot vient demarche, oumarchir, qui signifioitmarquer,limiter, & il prétend qu'il faut diremarchal, & non pasMareschal. A l'égard des derniers, il dit que le mot est composé demaire, qui signifioitmaître, & dechalqui signifioitcheval. Lecteur choisissez.Mareschaussée.s. f.Jurisdiction des Prévôts desMareschaux; il y a dans l'enclos du Palais la Connestablie &Mareschausséede France, où sont des Juges de Robbe qui prennent connoissance de la réception des Officiers des autresMareschaussées, & de leurs differens. Il y a d'ailleurs 180Mareschausséesen France, qui sont des siéges de Juges d'épée, qui instruisent les procés des voleurs & des vagabonds, & autres cas dont ils sont competens; qui les jugent souverainement avec sept Officiers du plus prochain Présidial. Le Prévôt qui tient à Paris cetteMareschaussées'appelle le Prévôt de l'Ile.On dit aussi que laMareschausséese tient chez un tel Doyen desMareschauxde France, quand quelques Exempts & Gardes se trouvent chez luy pour executer les ordres qu'il aura à donner dans les occasions pour les querelles de la Noblesse.Mareschausséea signifié aussi en Lorraine,un grand lieu ou enclos, où on enferme le bêtail, d'où le Bon Medecin de ce païs-là trouve occasion de dériver le mot deMareschaussée, parce que, dit-il, il y avoit plusieurs lieux marécageux qui obligeoient à faire des places relevées pour mettre à sec le bêtail, lesquelles on appelloitchausséescomme tout autre chemin levé & pavé; & parce que dans ces lieux on faisoit souvent des vols de bestiaux, on y établit un Juge qui jugeoit dans l'étenduë de laMareschaussée, ou village; ce qu'on a depuis étendu à d'autres Officiers.Dans plusieurs Coûtumes on appellemareschaussée, les matériaux assemblez pour bâtir, comme en celles de Montreüil, Arthois, Bapaume, &c.Marfil.s. m.est un nom que les marchands en gros donnent à l'yvoire, ils l'ont pris de l'Espagnol, où il signifie la même chose.MARIN.ine. adj. qui vient de la mer, qui appartient à la mer. Les Anciens appelloient les Tritons des Dieuxmarins. Ce fut un monstremarinqui fit périr Hypolite. On peignoit le char de Neptune attelé de chevauxmarins. Il y a des veauxmarins; des chiens & des loupsmarins. Le selmarinest celui qui se fait de l'eau de la mer, qui est de figure cubique, & le plus fort de tous les sels.La cartemarine, ouhydrographique, est celle qui sert pour la conduite des vaisseaux, où sont marquez les rumbs des vents, les côtes, les rades, & les bancs de sable.On dit qu'un homme a le piedmarin, quand il est accoûtumé à l'air & à la fatigue de la mer, quand il a été long-temps sur les vaisseaux.La trompettemarine, est un instrument qui n'a qu'une grosse & longue corde de boyau, tenduë sur un chevalet, & qu'on touche avec un archet;elle a le corps triangulaire, & elle imite fort bien le son des trompettes ordinaires. Voyeztrompette.La Marine.s. f.est la science de la navigation, ou l'art de naviger dont les Anciens n'ont rien laissé par écrit avant l'invention de la boussole. On tient que lamarineest la science qui approche le plus de la perfection. Pierre Nonius est un célébre Mathématicien Portugais, qui le premier en a écrit deux livres en l'année 1530. à l'occasion de quelques doutes que lui proposa Martin Alphonse Sosa: en suite Pierre Medina Espagnol; & en 1606. André Garcia Cespedes fit imprimerRegimiento de la navigation: en 1608. Simon Stevin Mathématicien du Prince d'Orange. En 1620. Willebrordus Snellius a fait imprimer son Typhys Batavus. En 1631. Adrianus Metius a écrit de l'art de naviger par le globe. En 1640. le Pere Fournier Jesuite a écrit de l'hydrographie. En 1661. le Pere Riccioli & le Pere Gaspard Schotus Jesuites en ont donné quelques traitez dans leurs Œuvres; & en 1666. le Sieur Denis Hydrographe & Professeur à Dieppe, Rodericus Zamoranus, Pierre Appian, Rodericus Crescentius, Augustinus Cæsareus, Robert Dutlé, Jacques Colomb, Jean Janson, & le Pere Mersene Minime en ont fait quelques traitez; le dernier qui en a écrit est le Pere Deschales Jesuite, des œuvres duquel ceci est tiré en faveur de ceux qui s'adonnent à la navigation, que maintenant on cultive heureusement en France. Les Livres ordinaires demarinequ'ont les pilotes sont les Routiers de Pierre de Medine, de Manuel Figueirido, le miroir, le tresor, la colomne de la mer, le flambeau de la navigation dressé par Guillaume Jeanszoon.On appelle des marchandisesmarinées, lorsqu'ellessont imbuës & soüillées de l'eau de la mer.Mariné.En termes de blason, se dit des animaux dépeints sur les écus, qui ont la moitié du corps de poisson. Il portoit de gueules au cerf estropié (ou qui n'a point de pieds)marinéd'or.Marinette.s. f.Vieux mot qui signifioit autrefois la pierre d'aimant, & même la boussole qui en est touchée, parce qu'elle servoit principalement à lamarine. Voyez Boussole.MASCARET.s. f.terme de navigation: C'est un reflus violent de la mer qui remonte impetueusement dans la riviére de Dordogne, qui fait le même effet sur cette riviére que celui qu'on appelle laBarresur la Seine. Les Naturalistes ont de la peine à expliquer cette sorte de reflus, qui est particulier à ces deux riviéres.MASCARADE.s. f.Troupe de personnes masquées qui vont danser & se divertir, sur tout en la saison du Carnaval. Cette compagnie a fait une joliemascarade, a dansé une espece de ballet. Ce mot vient de l'Italienmascarata, dérivé de l'ArabeMascara, qui signifie raillerie, bouffonnerie. Ménage.Mascaradeest aussi un titre que quelques Poëtes ont donné à des vers qu'ils ont fait pour les personnages de ces petites danses ou ballets.Mascarade,se dit aussi d'une personne mal mise, ou mal proprement ajustée, comme si elle vouloit se déguiser, & aller en masque. Cette femme affecte des ornemens, des parures extravagantes, & hors de mode; c'est une vrayemascarade. Les chevaux l'ont tellement éclaboussée qu'elle avoit le visage comme une vrayemascarade.Mascarade,se dit aussi d'une vaine pompe & cérémonie, d'un appareil éclatant qui ébloüit le sot peuple, et dont les sages ne sont point touchez.Démocrite traitoit tout le genre humain demascarade, se mocquoit de ses vanitez &mascarades. On le dit aussi de ceux qui trompent sous apparence d'honnêteté, qui déguisent leurs sentimens. Les hypocrites sont des continuellesmascarades.MASSORE.s. f.Terme de Théologie. C'est un travail fait sur la Bible par quelques sçavans Rabbins pour en empêcher l'alteration. Buxtorfe la définie une Critique d'un texte Hebreu, que les anciens Docteurs Juifs ont inventée, par le moyen de laquelle on a compté les versets, les mots, & les lettres de texte, & l'on en a marqué toutes les diversitez; car le texte des Livres sacrez étoit autrefois écrit tout d'une suite, sans aucune distinction de Chapitres, ni de versets, ni même de mots; de maniére que tout un Livre n'étoit qu'un mot continu à la maniére des Anciens, dont on voit encore plusieurs manuscrits Grecs & Latins, écrits de cette sorte. Ce mot ne signifie quetradition, comme si cette critique n'étoit autre chose qu'une tradition que les Juifs avoient reçûë de leurs peres. On tient que ce sont les Juifs d'une école fameuse qu'ils avoient à Tiberiade qui ont fait, ou du moins commencé cetteMassore, comme dit Elias Levita. Aben Esra les fait Auteurs des Points & des accens qui sont dans le texte Hebreu qu'on a aujourd'hui, qui servent de voyelles. Les Arabes ont fait aussi la même chose sur leur Alcoran, que lesMassoretessur la Bible. Il y a une grande & une petiteMassoreimprimées à Venise & à Bâle avec le texte Hebreu en different caractére. Voyez là-dessus le P. Morin & le P. Simon, Buxtorfe dans le CommentaireMassoretiquequ'il a intitulé Tiberias. On appelleMassoretesces Auteurs qui ont travaillé à laMassore, & l'exemplaireMassoretigueest le texte Hebreu dont on se sert aujourd'hui.MAST.s. m.grand arbre posé dans les Vaisseaux, où on attache les vergues & les voiles pour recevoir le vent nécessaire à la navigation. Il y en a quatre dans les grands Vaisseaux, quelquefois on y en ajoûte un cinquiéme qui est un double artimon. Le grandmast, ou lemastde maître est le principalmastdu Vaisseau; le second s'appelle demisaine,mast de bourset, oumast d'avant, qui est entre le grandmast& la prouë; le troisiéme l'artimon, qui est entre le grandmast& la pouppe; & le quatriémebeaupré, qui est couché sur l'esperon à la prouë. Lemastdecontremisaine, ou petit artimon est sur l'arriére dans les galions, Naos, ou grands Vaisseaux. Le grandmastjusqu'à la premiére hune est ordinairement égal à la quille du Vaisseau.On appelle aussimâtsles brisures ou divisions desmâtsqui sont posez les uns sur les autres: le grandmast& celui demisaineen ont chacun trois, le grandmast, lemast de hune, qui est au dessus & tout d'une piéce, & lemastde perroquet qui est sur celui de hune; & au dessus encore est le bâton du pavillon, ce qui fait quelquefois plus de trente-quatre toises. L'artimon qu'on appelle aussimast de foule, & le beaupré n'ont qu'une brisure chacun, on l'appelle deperroquet, & non dehune. Le grandmastest posé au milieu du premier pont ou franc tillac, & descend au fond de cale, sur la contrequille; il n'est pas tout à fait perpendiculaire, mais il panche du côté de la pouppe à proportion de sa hauteur depuis deux jusqu'à six pieds. Sa plus grande grosseur est au franc tillac, & il va en diminuant par haut & par bas du tiers de sa grosseur. Lemastde misaine passe à travers le château d'avant au dessus de l'estrave, à l'extrêmité de l'escarlingue. Lemastde beaupré est enchassé par le bout d'embas sur lepremier pont dans lemastde misaine. Le mot demasten est François, en Allemand, en Flamand & en Anglois la même chose; l'Italien ditmasto, & l'Espagnolmastel.
Charnellement se joindre avec sa Parenté;En France c'estInceste,en Perse charité.
Charnellement se joindre avec sa Parenté;
En France c'estInceste,en Perse charité.
Quelques-uns dérivent ce mot de GrecCestonqui étoit une Ceinture brodée que les maris détachoient quand ils vouloient consommer le mariage, disant qu'il a signifié d'abord toute conjonction illicite.
Incestespirituel est un crime qui se commet de la même maniére entre des personnes qui ont une alliance spirituelle par le Sacrement de Baptême & de Confirmation.
Incestespirituel se dit aussi en parlant du Beneficier, qui possede la mere & la fille; c'est à dire, deux Benefices, dont l'un dépend de la collation de l'autre, comme l'Abbaye de Cluni, & le Prieuré de la Charité; Un Inceste spirituel rend l'un & l'autre des Benefices vacans & impétrables.
INCOMMENSURABLE,adj.Terme de Géometrie; Il se dit de deux lignes comparées l'une à l'autre, qui n'ont point de mesure commune quelque petite qu'elle soit; de sorte qu'aprésplusieurs repetitions & soustractions de parties égales, il en reste toûjours quelque partie, par laquelle l'une est plus grande que l'autre; Le côté d'un quarré estincommensurableavec sa diagonale, comme démontre Euclide livre 10. Pappus liv. 4. Probl. 17. parle aussi des anglesincommensurables, & pour les surfaces qui ne se peuvent pas mesurer par une surface commune, on les appelleincommensurablesen puissance.
INDULT,s. m.Grace accordée par Bulles du Pape à quelque Corps ou Communauté, ou à quelque personne par un privilege particulier pour faire ou obtenir quelque chose contre la disposition du droit commun.
L'Indultdes Rois est le pouvoir qui leur est donné de nommer aux Benefices consistoriaux, soit par un traité ou concordat, soit par une grace ou un privilege particulier.
L'Indultdes Cardinaux est un privilege de pouvoir tenir des Benefices réguliers, aussi-bien que des séculiers, de pouvoir conferer en commende, ou la continuer; de ne pouvoir être prévenus dans les six mois, pour la collation des Benefices qui dépendent d'eux.
Quelques autres collateurs ont aussi un Indult pour continuer la commende, pour conferer de Commende en Commende.
Indultplus communément se dit d'un droit ou privilege accordé par le Pape aux Conseillers du Parlement de Paris & Maîtres des Requêtes, de pouvoir obtenir le premier Benefice vacant à la nomination de chaque Collateur; Un Collateur ne doit être chargé de son vivant que d'un seulIndult. Un Chapitre ou autre corps, que d'un seulIndultdurant chaque Régne. Il faut avoir des Lettres de Chancellerie, pour placer sonIndult, & se faire nommer sur un tel collateur. Le PapeBenoît XIII. envoya une forme d'Indultà l'Université de Paris en l'an 1396. par lequel il lui permettoit de se nommer sur les Benefices des Diocesains, mais elle en negligea l'execution.
Indultse dit aussi de la permission qu'on donne à quelqu'un d'exercer la Médecine, sans donner lieu à la vacance des Benefices, il se dit aussi de plusieurs graces semblables.
Les Marchands appellent aussiIndult& bon passage, les droits & péages qu'ils payent au Roi d'Espagne.
INCUBE,s. m.Démon qu'on s'imagine venir coucher avec les femmes & en abuser: Les Philosophes ont fait plusieurs dissertations sur la nature desIncubes, & s'il y en avoit effectivement.
Incube,est aussi une maladie qui est causée d'une oppression d'estomac si grande qu'on ne peut respirer ni parler; elle se fait de nuit ordinairement: En cette maladie les sens ne sont point perdus, mais étonnez, endormis & hebetez, aussi bien que l'entendement & l'imagination, ce qui fait croire au patient que quelque ennemi se vient ruer sur lui ou le sollicite à luxure. Les enfans sont sujets à l'Incubeaussi bien que les personnes grasses & les gens de Lettres, dont l'estomac a de la peine à faire la digestion, l'Incubeest cousin germain de l'Epilepsie & de l'Apoplexie; car s'il dure long-temps il dégénére en l'une ou l'autre de ces maladies: Ce mot vient du LatinIncubare, qui signifie se mettre sur quelque chose & la presser; les Grecs l'ont nommée Ephialtes, c'est à dire, le sauteur ou celui qui se ruë sur quelqu'un, le vulgaire l'appelleCauchemar.
INFEODER,v. act.donner en Fief, à foi& hommage; infeoder des heritages, c'est les unir à son Fief.
Infeodé,ée.adj.donné en Fief, ou uni au Fief. Dîmes inféodées. Jean du Luc en son Recueil d'Arrêts attribuë la premiére invention des Dîmesinféodéesà Philippes Auguste, mais Pasquier prouve qu'il s'abuse, parce que deux ans auparavant qu'il régnât, elles avoient été condamnées comme usurpations au Concile de Latran: Elles furent introduites lors qu'on entreprit le premier voyage d'outre-mer, car alors les Curez firent present à leurs Seigneurs de partie de leurs Dîmes pour leur aider à faire ce voyage; Elles n'étoient d'abord que viageres, mais depuis les Seigneurs se les appropriérent tout à fait.
INSOLATION,s. f.Terme de Pharmacie. C'est une préparation de Remédes, ou de fruits qui se fait en les exposant aux rayons les plus ardens du Soleil, soit pour les secher, soit pour les cuire, soit pour les aigrir, comme on fait le vinaigre rosat, les figues, les pruneaux, &c.
IRIS,s. f.Les Philosophes le font masculin: Arc en Ciel qui se fait par la réflexion de la lumiére dans une nuée pluvieuse: L'Irisse fait par réflexion des rayons du Soleil avec deux réfractions de suite dans une même goutte de pluye, ce qui a été remarqué par Jean Fleischer de Breslaw, dés l'année 1571. & par A. de Dominis Italien en 1611. en quoi ils ont prévenu M. Descartes qui a expliqué l'Arc en Ciel interieur par deux réfractions & une réflexion, & l'exterieur par deux réfractions & deux réflexions sur une même goutte d'eau: On peut voir deux ou troisIris, quand il y a des nuées de differente élevation: Deux personnes qui sont éloignées l'une de l'autre, ne voyent pas la mêmeIris, parce qu'elle change selon la situation de l'œil qui la regarde, selon les angles par lesquels la lumiére est reflêchie. L'Irisfut montrée à Noé en signe de paix aprés le Déluge. Il se fait aussi desIrisdans des prismes ou verres triangulaires, dans des phioles pleines d'eau, dans des jets de Fontaines: On voit même desIrisrenversées, dont les causes sont fort bien expliquées dans la Dioptrique & les Méteores de Descartes.
Iris,En termes de Medecine se dit d'un cercle qui est autour de la prunelle de l'œil qui est de differentes couleurs, tantôt noir, tantôt bleu, tantôt verd, &c. qui est sur une peau ou tunique de l'œil qu'on appelleRhagoide, ouvuée.
Iris,Est aussi une divinité fabuleuse des anciens que les Poëtes ont feint être la Messagere de Junon: Virgile dit qu'elle fut envoyée pour couper quelques cheveux à Didon pour faire un Sacrifice à Proserpine, afin qu'elle mourût plus facilement.
Iris,Est aussi une fleur marécageuse qui imite en quelque façon les couleurs de l'Iris, bleuë, blanche & jaune, on l'appelle vulgairement flambe: Il y a desIrisd'Angleterre, de Florence, de Portugal, de Suse, &c. Sa racine est odoriferante, & quand elle est broyée on la mêle avec de la poudre qu'on appelle poudre d'Iris. Si on en fait tremper dans du vin tandis qu'il bout, cela lui donne un goût & une odeur agréable.
Irisde Perse, est une fleur précoce qui fleurit sur la fin de Février: sa racine est insipide & bulbeuse en forme d'une petite poire: Sa tige est d'un verd blaffard, blanche par le bas, d'un bleu lavé par le haut: Sa fleur est blanche avec quelque teinte de bleu, rayée & tachée d'orangé& de violet fort enfoncé. Elle a neuf feüilles, six grandes & trois petites: Sa fleur laisse à l'entour d'elle un limbe blanc, & du reste est semblable aux autresIris. On trouve sa figure dans les mémoires de l'Academie des sciences.
Iris,Est aussi une pierre qu'on met au rang des précieuses & des opales, quoy qu'elle ne soit pas d'extrême valeur, laquelle étant exposée au Soleil renvoye un lustre & une lumiére de diverses couleurs. Boëce la met au rang du cristal, à cause qu'elle naît comme lui avec six faces, on la tient pourtant pour Orientale, & Pline dit qu'elle vient de la mer rouge: Sa couleur est un gris-de-lin fort transparent dans lequel il paroît du rouge.
ISCHION,s. m.Terme de Medecine, c'est un nom qu'on donne à la derniére partie de l'os anonyme qui est au bas de l'épine du dos, dans lequel il y a une profonde cavité qu'on nommeCotyle,Acetabule, ouEmboëture, pour recevoir la tête de l'os de la cuisse: il a une apophyse de cartilage qui comprend cette tête & on la nommeSourcil, cet os avec ses autres parties & l'os sacré, font le bassin qui contient la vessie, la matrice & les intestins.
ISCHURIE,s. f.Terme de Medecine, c'est une maladie où il arrive une entiére suppression d'urine causée d'astriction, ou d'obstruction de la vessie, ou des deux ureteres: ce mot est Grec & composé du verbeIscho, id estSisto, & deOuron, urina.
ISOSCELE,adj.Terme de Géometrie: Triangle qui a deux côtez égaux, & par consequent ses deux angles sur sa baze, sont égaux: Triangle, Rectangle Isoscele.
JUMART,s. m.Bête de somme engendrée d'un Taureau & d'une Cavale, qui portela charge d'un Mulet, & qui marche lentement.
JUSSANT,s. m.Terme de Marine. C'est le reflus ou descendant de la marée quand la mer refoule: On l'appelle aussi Ebe.
LABORATOIRE.s. m.terme de Chymie. C'est le lieu où les Chymistes font leurs operations, où sont leurs fourneaux, leurs drogues, leurs vaisseaux. Le Roy a deux beauxLaboratoires, l'un à sa Bibliotheque, l'autre à son Jardin des Plantes; on y enseigne la Chymie.
LAIE.s. f.terme de Chasse, la femelle d'un sanglier, ainsi nommée, parce que les Chasseurs la laissent pour faire des petits, ou de ce qu'on la laisse parmi des arbrisseaux qu'on appellelais. On les distingue selon leurs âges, en jeunes, grandes & vieilles.
Laieen termes de Forêtier, est une route coupée dans une forest. Il est permis aux Arpenteurs de faire deslaiesde trois pieds pour porter leur chaîne, quand ils en ont besoin pour arpenter ou marquer les coupes. L'Ordonnance défend aux Gardes d'enlever le bois qui a été abattu pour faire deslaies.
Laieen termes de Maçonnerie, est un marteau de Tailleur de pierre, brettelé & dentelé, qui laisse sur les pierres taillées des rayes ou brettures, qui s'appellent aussilaies.
LAIER.v. act.faire des routes dans une forest.
Laiersignifie aussi, marquer les Lais, ou bois à réserver dans la coupe des taillis.
Laiersignifie aussi, tailler une pierre avec une laie.
LAIS.s. m.jeune bailliveau de l'âge du bois, qu'on laisse quand on coupe le taillis, afin qu'il revienne en haute fûtaye. Toutes les Ordonnances sur le fait des Eaux & Forêts enjoignent de laisser par chacun arpent 16. bailliveaux de l'âge du bois, qu'on nomme des lais, outre les autres bailliveaux anciens & modernes.
LAMANEUR.s. m.Terme de Marine, pilote ou marinier qui fait lelamanage: c'est un homme qui réside dans un port, qui en connoit les entrées & les issuës, & qui conduit les vaisseaux étrangers dans les rades ou dans les ports, lorsque les parages sont dangereux & sont inconnus à ceux qui y abordent. On les appelle aussilocmans, oulormans, oulomens. Le titre 3. du 4. Livre des nouvelles Ordonnances de la Marine contient les réglemens faits pour les piloteslamaneurs, oulocmans. Ils doivent avoir 25. ans pour être reçûs, aprés un rude examen en la Justice de l'Amirauté, où on leur taxe leur salaire; & si le vaisseau qu'ils conduisent, échouë par leur ignorance, ils sont condamnez au foüet, si c'est par malice, ils sont pendus à un mast. Leslamaneurssont aussi des pilotes de riviéres vers leurs emboucheures, qu'on louë pour éviter les bancs, secques, syrtes & autres dangers, parce que l'Ocean & les eaux d'amont les font changer de place presque tous les ans, & sur tout vers Roüen, où il y a deslamaneursjurez de deux lieuës en deux lieuës. Luitprandus dit que ce mot vient delomen, ouguide; d'autres disent quelamaneurest ditquasi laborans manu, à cause qu'il se sert souvent de cordes, crocs, harpins & avirons pour mettre un vaisseau en rade ou en furin.
LANTERNE.s. f.vaisseau fait de matiére transparente servant à conserver la lumiére qu'on transporte, ou qui est exposée au vent & à lapluye.Lanternede verre, de corne, de papier, de talc, de toile. On taxe pour leslanternesqu'on met la nuit dans les ruës. Lalanterned'Epictete fut venduë autrefois 3000. dragmes. Lalanternede Diogene étoit une piéce curieuse chez les Anciens. Lalanternede Judas se garde au Tresor de Saint Denys comme une piéce curieuse & antique. On fait commandement aux Bourgeois de mettre deslanternesaux fenêtres dans les réjouïssances publiques.Lanternesourde est unelanternede fer blanc ou noirci, qui n'a qu'une ouverture, qu'on ferme quand on veut cacher la lumiére, & qu'on presente au nez de ceux qu'on veut voir, sans qu'on en puisse être apperçû. On appelle soufflets àlanternesceux qui representent unelanternede papier dont l'ais superieur quand on le leve, demeure paralelle à l'inferieur.
Lanterneen termes de Guerre, c'est un instrument pour prendre la poudre, & en charger le canon: elle est faite en forme d'une longue cuillier ronde, & est attachée au bout d'un bâton.
Lanterneen termes d'Orfévres, est la partie d'une crosse d'Evêque ou d'un bâton de Chantre, qui est grosse & à jour, qui en quelque façon represente unelanterne. Les crosses & bâtons d'argent doivent être contremarquez aux vases, fonds delanterne, dômes, douïlles & croisillons, suivant les Statuts des Orfévres.
Lanterneest aussi une construction de charpente qui se met au plus haut des dômes & des pavillons, où il y a d'ordinaire quelques fenêtres pour leur donner plus de jour.
Lanterneest aussi un petit cabinet demenuiserie qu'on éleve dans quelques auditoires, pour placer quelques personnes qui veulent écouter sans être vûës. Il s'étoit glissé dans lalanternede la Grand'Chambre, quand on rapportoit son procés.
Lanternedemoulinest un certain pignon à jour fait en forme delanterne, qui est composé de deux tourtes, ou piéces de bois rondes, au bord desquelles sont dix fuseaux où s'engrenent les dents de la rouë interieure du moulin qui fait tourner les meules.
Lanternemagiqueest une petite machine d'Optique, qui fait voir dans l'obscurité sur une muraille blanche plusieurs spectres & monstres si affreux, que celui qui n'en sçait pas le secret, croit que cela se fait par magie. Elle est composée d'un miroir parabolique qui refléchit la lumiére d'une bougie, dont la lumiére sort par le petit trou d'un tuyau, au bout duquel il y a un verre de lunette, & entre-deux on y coule successivement plusieurs petits verres peints de diverses figures extraordinaires & affreuses, lesquelles se representent sur la muraille opposée en plus grand volume. Le premier qui a enseigné la construction de lalanterne magiqueestSwenterusen son LivreDeliciæ Mathematicæ. Les Peres Kirker &KestlerusJesuites en ont aussi écrit, & avant tous Roger Bacon Anglois en avoit donné quelque idée.
Lanternesau plurier se dit des discours, des choses de néant. Tout ce que vous me dites, ce sont deslanternes, je n'y aurai point d'égard.
On dit proverbialement en parlant d'un sot & d'un crédule, qu'on lui feroit croire que des vessies sontlanternes, & que les nuées sont poëles d'airain.
LATITUDE.s. f.terme de Géographie. C'est la distance de l'Equateur au Zenit ou point vertical de quelque Ville ou autre endroit de la terre, qu'on compte sur les degrez du Meridien: on la nomme autrement l'élevation du Pole sur l'Horizon. Les paralelles de l'Equateur sont appellez Cercles delatitude, à cause qu'ils la marquent par leur intersection avec le Meridien. Paris a 48. degrez 50. minutes delatitude Boreale, ou Septentrionale, ou d'élevation de Pole. Quand on a passé l'Equateur, on l'appellelatitude Australe. On dit sur la mer, Bande du Nord, ou Bande du Sud, pour dire, deçà, ou delà la Ligne.
Latitudeen termes d'Astronomie, est l'éloignement d'un astre de l'Ecliptique, ou de l'orbite du Soleil vers un des Poles du Zodiaque; & elle differe en ce point de la déclinaison, laquelle est un éloignement de l'Equateur vers un des Poles du monde: ainsi le Soleil n'a jamais delatitude; & on dit que les Planettes ont quelquelatitude, quand elles s'éloignent de l'Ecliptique: & c'est pour cela que dans la sphere ordinaire on donne au Zodiaque quelque largeur. Les Anciens ne la faisoient que de six degrez de chaque côté de l'Ecliptique. Les Modernes l'ont étenduë jusqu'à neuf: car par les observations de Tycobrahé Venus a delatitude Boreale9. degrez 2. minutes; Mercure trois degrez 33. minutes; la Lune dans son quadrat avec le Soleil cinq degrez 17. minutes, & en son opposition & conjonction quatre degrez 58. minutes; Saturne 2. degrez 48. minutes; Jupiter 1. degré 38. minutes; Mars 4. degrez 31. minutes. Cettelatitudeest quelquefois plus grande du côté du Midi. Quand les Planettes sont dans leurs plusgrandeslatitudes, on dit qu'elles sont dans le ventre de leur Dragon; quand elles n'ont aucunelatitude, on dit qu'elles sont dans les nœuds de l'Ecliptique, ou dans l'intersection de leur orbite avec celle du Soleil qu'on appelle la tête & la queuë du Dragon: & c'est alors qu'elles causent ou souffrent l'éclipse. A l'égard des étoiles fixes, leurlatitudepeut aller jusqu'à 90. degrez, selon qu'elles sont éloignées de l'Ecliptique vers les Poles du Zodiaque. Lalatitudeortive d'un astre ou d'un degré de l'Ecliptique, est l'arc de l'Horizon compris entre le point du lever ou du coucher de l'Equateur, & le point du lever ou du coucher de cet astre; c'est ce qui fait connoître l'étenduë de l'arc diurne ou nocturne, ou la durée du jour & de la nuit, en telle sorte que plus cettelatitudeest grande, & plus il y a de difference entre les deux arcs, ou entre le jour & la nuit. Quand elle est Boreale, le jour est plus grand; quand elle est Australe, il est plus petit. On l'appelle autrementamplitude ortive.
LIGE.adj. m. & f.Vassal qui tient une certaine sorte de Fief qui le lie envers son Seigneur dominant d'une obligation plus étroite que les autres. Ce mot vient d'une cérémonie qu'on faisoit en rendant la foy & hommage, de lier le pouce au vassal, ou de lui serrer les mains dans celles du Seigneur, pour montrer qu'il étoit lié par son serment de fidélité. Il étoit obligé à servir son Seigneur tant en Guerre qu'en Jugement, c'est à dire, à servir d'Assesseur pour juger les causes. Par l'hommageligele vassal étoit obligé de servir son Seigneur envers tous & contre tous, excepté contre son pere. Ce mot est opposé à l'hommagesimple, qui obligeoit simplement à payer les droits & devoirs ordinaires, & non point au service contre l'Empereur, le Duc ou autre Seigneur superieur, en sorte que l'hommeligeétoit comme donné & dévoüé au Seigneur, & étoit entiérement sous sa puissance. Le Seigneurligeest le Seigneur prochain & immédiat dont on releve nuëment,ligement&à ligence, c'est à dire, sans moyen. Tels étoient les hommages que le Roy d'Angleterre a rendus au Roy de France à cause du Duché de Guyenne, & les Comtes de Flandre & d'Artois pour leurs Seigneuries.
Hommelige, hommage,lige, Fieflige, gardelige, se dit en parlant de l'obligation qu'a le vassal à garder le Château ou la personne du Seigneur.
Ligeest aussi un droit de relief qui se paye au Seigneur en cas de mutation de Fief. Il est fixé en quelques lieux à dix livres pour pleinlige; en d'autres, à la moitié ou au quart de cette somme; & on le nomme alors demyligeou quart delige.
LIGEMENT.adv.d'une maniérelige. Il tient cette Terreligement, avec la condition des Fiefsliges.
LIGNE.s. f.Terme de Géometrie. C'est une quantité étenduë en long. Euclide la définit, longueur sans largeur; Candale son Commentateur, l'écoulement d'un point.Lignedroite est celle qui est la plus courte entre deux points. Leslignescourbes réguliéres sont la circulaire, ecliptique, parabolique, hyperbolique, cycloïde, conchile, helice, spirale, asymptote. On dit aussiligneparalelle, incommensurable, infinie, tangente, secante, qui sont définies à leur ordre. L'inclination dedeuxlignesfait un angle. On n'a pû trouver encore deuxlignesmoyennes & continuellement proportionelles. Les Ouvriers parlant des lignes & des traits, quand elles sont paralelles, les nommentjaugées; & quand elles sont irréguliéres, ils les nommenttastéesou corrompuës.
Lignesignifie encore la premiére & la plus petite des longueurs, c'est la douziéme partie d'un pouce, & la cent quarante-quatriéme partie d'un pied de Roi: on l'appelle autrementgrain d'orge. Cet ais a sixlignesd'épaisseur.
Lignede foiest un cheveu ou un petit fil d'argent le plus délié qu'on peut trouver, qu'on applique sur le verre d'une lunette, posée sur une alhidade ou un niveau pour faire de plus justes observations, soit au Ciel, soit sur la terre.
Lignesignifie aussi un trait de plume ou de pinceau fort délié, quoi qu'il ne contienne aucun caractére.
Ligneen termes d'Ecrivains & Imprimeurs, est une rangée ou suite de caractéres couchez sur du papier, du parchemin ou autre matiére propre, à côté les uns des autres, qu'on lit de gauche à droit. Les grosses des écritures d'Avocats doivent avoir vingt & unelignesà la page suivant l'Ordonnance. Il n'y a pas assez d'espace entre voslignes. Ceslignesne sont pas droites. Ce mot vient du LatinLinea.
Lignesse dit au plurier d'un écrit, d'une lettre. Je vous écris ceslignespour vous donner avis que, &c. c'est à dire, je vous écris une lettre. Je vous demande deuxlignesde vôtre main sur une telle difficulté.
On dit en ce sens, lors qu'on écrit en cérémonie:Il ne lui a pas laissé laligne. Il lui a donné laligne, lors qu'on remplit ou qu'on laisse en blanc la premiéreligneaprés le mot deMonsieur. C'est une cérémonie que font les Grands, quand ils veulent faire distinction de la qualité des gens à qui ils écrivent.
On dit absolumentà la ligne; lors qu'on veut marquer un nouvel article, pour dire qu'il faut recommencer une nouvelleligne, & laisser la précédente imparfaite.
Ligneen termes d'Astronomie & de Géographie se dit par excellence de laligneEquinoctiale ou de l'Equateur. Les Matelots baptizent les passagers la premiére fois qu'ils passent laLigne. Cette Isle est sous laLigne, à deux degrez de laLigne: c'est là que commencent les latitudes Australes & Septentrionales.
En termes de Gnomonique on appelle lalignede Midi, ou laligneMeridienne, celle qui tend d'un Pole à l'autre, qui représente le cercle Meridien. Dans les cadrans verticaux lalignede Midi est toûjours perpendiculaire à l'Horizon; Dans les horizontaux le stile ne fait point d'ombre vers l'Orient, ni vers l'Occident, quand il est sur lalignede Midi.
En termes d'Escrime on appelle laligne, celle qui est droitement opposée à l'ennemi, dans laquelle doivent être les épaules, le bras droit & l'épée, & sur laquelle sont aussi posez les pieds à la distance de 18. pouces l'un de l'autre; & ainsi on dit, être dans laligne, sortir de laligne.
En termes de Statique ou de Méchanique, lalignede direction est celle qui passe par le centre de gravité du corps grave jusqu'au centre de la terre, laquelle doit passeraussi par le soûtien du corps pesant, autrement il est de nécessité qu'il tombe.
En termes de Pesche, on appelle aussi uneligneun hameçon attaché à une ficelle penduë au bout d'un bâton, qui sert à pescher de médiocre poisson.Lignedormante est celle qu'on attache à un arbre pour pescher en secret. Elle est défenduë par l'Ordonnance. Ménage croit que ce mot delignea été dit àlino, à cause que les pescheurs faisoient leurslignesde lin.
En termes d'Optique ou de Perspective, on appelle lalignevisuelle, laligneou le rayon qu'on s'imagine s'étendre depuis l'œil jusqu'à l'objet. Lalignede terre, est celle où l'on met le plan géometral qu'on veut tirer en perspective.
En termes de Chiromance, on appellelignesles traits ou incisures qui sont marquez dans la main, dont les observations servent de fondement à cette vaine science. On en décrit ordinairement 14. dont il y en a trois principales. La premiére qui est au dessous du pouce, se nommeligne de vie, ou lalignedu cœur, & laligne de l'âge; la seconde s'appellehepotiqueou laligne du foye, & naturelle, qui passe par le milieu de la paulme de la main, & qui la coupe en travers, & va jusqu'au mont de la Lune; la troisiéme qui va dans le même sens, & qui lui est paralelle, prend depuis l'indice jusqu'à l'autre bout de la main, & s'appellemensale,thorale, ou laligne de Venus.
En termes d'Architecture, d'Arpentage & de Jardinage on appelleligne, le cordeau avec lequel on trace sur terre les desseins des bâtimens, on mesure les longueurs, on dresse les allées. Ces ruës sont tirées à laligne. Voilàdes arbres plantez à laligne, en droiteligne.
En termes de Manége on appellelignedu banquet, celle que les éperonniers s'imaginent en forgeant un mors pour déterminer la force ou la foiblesse qu'ils veulent donner à la branche, pour la rendre hardie ou flaque.
Ligneen termes de Guerre se dit de la disposition d'une armée rangée en bataille. L'avant-garde est placée en droiteligne, & se divise en plusieurs Bataillons & Escadrons postez sur le devant, & c'est la premiéreligne. Le corps de Bataille forme la secondeligne, où est le poste du Général; & la troisiémeligneest le corps de réserve ou l'arriére-garde. Il faut laisser 150. pas de terrain pour se rallier, entre la premiére & la secondeligne, & deux fois autant entre la seconde & la troisiéme. Dans cette Bataille Navale tous les Vaisseaux étoient rangez sur une mêmeligne.
Ligneen termes de Fortification, est un travail fait de terres remuées, un fossé, un parapet, ou une couverture faite de rangées de fascines, gabions ou sacs à terre, pour défendre un camp, une place d'armes.
Lignes de circonvallationsont des fossez couverts de parapets, qui se font autour d'une place à la portée du Canon, pour se défendre du secours qu'on pourroit craindre; & parce que d'espace en espace elles sont fortifiées de forts & de redoutes, elles sont appellées decommunicationd'un quartier à l'autre.
Lignes de contrevallationsont de semblableslignespar lesquelles on se fortifie contre les assiégez, quand la garnison est trop forte. On les appelle aussicontrelignes.
Ligne de défense rasanteouflanquanteest lalignequi étant tirée le long de la face du bastionaboutit à quelque point de la courtine. Lalignede défense doit être de 120. toises ou environ.
La ligne de défense fichante, est celle qui est tirée de l'angle, de la courtine, & du flanc, ou de quelque autre partie du flanc qui fait un angle avec la face, d'où les coups tirez peuvent entrer & se ficher dans la face du bastion opposé.
On appelle aussilignes d'attaques,lignes d'approches, les tranchées, & semblables travaux qui sont faits pour s'approcher de la place & l'attaquer.
On appelle laligne fondamentale, la premiéreligne, qu'on décrit quand on veut tracer le plan d'une place, & qui en figure toute l'enceinte.La ligne capitaleest celle qui va du centre du bastion à sa pointe.
En termes de Marine, on appellelignesplusieurs cordes qui servent à amarer, lier ou arrêter les manœuvres, comme les rabans, rides & garcettes. On appelle aussiligned'eau, laligneque marque sur le bordage la surface de l'eau, quand le vaisseau est à flot. On appelle aussi lalignede la seconde, le cordeau où est attachée la seconde.
Ligneblancheen termes de Médecine, est la termination des muscles de l'Epigastre continuée depuis le cartilage scutiforme jusqu'à l'os pubis. Elle est appelléeblanchetant à cause de sa couleur, que parce qu'il n'y a point de parties charneuses, ni au dessus, ni au dessous d'elle.
En termes de Finance on appelleligne de compte, les articles qu'on couche dans un compte; & on dit qu'une somme est tirée horsligne, quand elle est mise en chiffre à la margedroite du compte, pour en faciliter le calcul.
En ce sens on dit au figuré, mettre enlignede compte les graces qu'on reçoit de ses amis, les services qu'on leur rend, suivant qu'on en fait plus ou moins d'état. Cette faveur est trop legére, ne la mettez pas enlignede compte.
Ligneen termes de Généalogie, est une suite de Parens en divers degrez descendans d'une même souche ou pere commun. Lalignedirecte est celle qui va de pere en fils, la collaterale est celle où sont placez les oncles, tantes, cousins, neveux. Laligne ascendante, laligne descendante. Un lignager est celui qui est de l'estoc &lignede quelqu'un. Lalignemasculine a fini à un tel.
LITARGE.s. f.est la fumée du plomb évaporé dans l'affinement de l'or & de l'argent; c'est comme une suye qui s'attache à la cheminée du fourneau: celle d'or est jaune, & celle d'argent est blanche. C'est aussi l'écume du plomb brûlé, hors qu'il est fondu avec de l'argent: car cette écume étant ôtée, elle est de la couleur d'argent; mais si elle est poussée davantage au feu, elle devient de couleur d'or: de sorte qu'il n'y a que la difference de la cuisson, qui distingue lalitarged'or ou d'argent. Dioscoride en parlant deslitargesd'argent qu'il appellespuma argenti, dit qu'il y en a une faite de sablon plombin; l'autre d'argent & de plomb. La meilleure est de couleur d'or, qu'il nommechrysitis. Celle de Sicile s'appelleargentineà cause de sa couleur; mais celle qui est faite d'argent, s'appelle Calabroise. Mathiole la définit plomb mêlé de vapeurs de bronze & d'argent; il dit aussi que lalitargeest un poison.
LUNETTE.s. f.terme d'Optique, Instrument qui sert à grossir les objets, à conserver, à faciliter l'action de la vûë. Les Auteurs qui ont écrit deslunettes, & sur tout du Telescope, ont été entr'autres Kepler dés l'année 1611.Johannes Hevelius,Scheinerus, Emanuel Magnan, Galilée, Descartes,Sirturus,Maurolicus,Antonius de Dominis,Malapertius,Aquilonius,Vitellio,Tardeus,Fontana, le Pere Schot Jesuïte, le Pere de Rheita Capucin, & PierreBorelli, dans divers Traitez d'Optique, de Perspective & d'Astronomie. Les Ouvriers fameux ont étéTorricelli,Fontana, Ferrier, Chorez,Campani,Divini, & maintenant le SieurBorelliChymiste, qui est de l'Academie Royale des Sciences, qui a fait les verres delunettesde l'Observatoire.
Le Telescope est unelunetteà longue vûë, qui approche les espéces des corps éloignez, & qui les grossit. On l'appelle aussi unelunetted'Hollande, de Galilée. Il y a de ces lunettes simples à deux verres, qui sont l'objectif & l'oculaire, & d'autres à quatre verres. Lalunettede l'Observatoire de Paris a septante six pieds de tuyau. Messieurs Descartes & Hook n'ont pas desesperé de pouvoir découvrir quelque jour des animaux dans la Lune par le moyen des grandeslunettes; mais Monsieur Auzout a prétendu qu'on n'en peut faire de plus longues que de trois cens pieds, & qu'en ce cas on ne pourroit voir la Lune que comme on la verroit de soixante lieuës loin sanslunettes, à laquelle distance on ne pourroit pas découvrir des animaux sur la Terre. VoyezTelescope.
Le Microscope est une autrelunettecourte, qui sert à découvrir les plus petites partiesdes objets qu'elle grossit extraordinairement. Il s'en fait aussi à plusieurs verres. Il y a d'autres Microscopes si petits, qu'ils sont faits d'un verre qui n'est gros que comme la tête d'une épingle, & ils font des effets merveilleux. Gassendi dit avoir vû émeutir un ciron avec le Microscope. Il y en a aussi pour le Peuple qu'on appellelunettesà puces, qui ne sont autre chose qu'une petite bouteille, dans laquelle on regarde par un fort petit trou.
LunettePoliedre ou à Facette, est ce que le Peuple appellelunetted'Avaricieux, qui se fait avec un verre taillé, qui multiplie autant de fois l'objet qu'il a de faces. Il se fait de belles perspectives de piéces rapportées avec deslunettesà Facettes, dont l'art est décrit par le Pere Niceron dans sa Perspective, & par le Pere Kircher en son Livre de la Magie, de la Lumiére, & de l'Ombre.
Lunettesau plurier, ce sont deux verres enchassez dans de la corne ou autre matiére qu'on applique sur le nez, & devant les yeux, pour aider aux vieillards & à ceux qui ont la vûë courte, à lire & à écrire, ou à découvrir mieux les objets. On les appelle aussiBesicles. Il y en a qui servent à grossir les objets, les autres à conserver seulement la vûë, qu'on appelleConserves. On a fait aussi deslunettesà longue vûë, pour appliquer aux deux yeux qu'on appelleBinocles, dont a écrit le Pere Cherubin Capucin, & avant lui le Pere Rheita du même Ordre, en son Livre intituléOculus Enoch & Eliæ, lequel avoit trouvé aussi l'invention deslunettesà trois ou à quatre verres. VoyezBinocle.
Pour achever la perfection des lunettes, on a trouvé le moyen d'appliquer un treillisou grille de filets trés-déliez sur le verre oculaire convexe, ce qui rend l'observation plus juste. On en voit la figure dans le Journal des Sçavans de l'année 1667.
Leslunettesont certainement été inconnuës aux Anciens, mais aussi elles ne sont pas si modernes que le Telescope. Un Frere Alexandre Despina de l'Ordre des Freres Prêcheurs de Sainte Catherine de Pise, qui mourut dés l'an 1311. en communiqua l'invention, qu'il trouva de lui-même, aprés qu'il eut appris qu'un autre en avoit trouvé le secret, lequel il ne vouloit pas communiquer. Cela est écrit dans la Chronique de ce Convent; & il est fait mention de ceslunettesdans le Dictionairede la Cruscaau motocchiale. Il en est fait aussi mention dans le Livre de Guy de Chauliac Professeur de Medecine à Montpellier, intitulé la Grande Chirurgie, composé dés l'année 1363. Il y a aussi un Arrest du 12. Novembre 1416, rapporté par Ménage en son livreAmœnitates Juris, qui fait mention de ceslunettes, & d'autres témoignages anciens citez par le sieur Comiers en son Traité desLunettes.
On appelle aussi en Architecture des voutes àlunettes, lorsque dans les deux côtez du berceau d'une voute on y fait de petites arcades pour y pratiquer quelques jours ou veuës.
Lunettesse dit aussi par antiphrase en matiére de bâtimens, de ce qui bouche ou qui ôte la veuë. Cette maison avoit veuë sur plusieurs jardins; mais le voisin a élevé son mur, & il lui a donné deslunettes.
Lunettese dit aussi d'une petite ouverture qui se fait dans le toit d'une maison.
Lunetteen termes de Menuiserie, est une planche de bois percée, qui sert de siége à unprivé. On a commandé à ce menuisier unelunettepour un privé. On appelle aussi unelunette, cette ouverture qui est au derriere des soufflets, par où entre le vent, & qui se ferme en dedans par la souspape.
Lunettesen termes de fortifications, sont des enveloppes qui se font au devant de la courtine. Elles sont composées de deux faces qui font un angle rentrant, & se construisent ordinairement dans des fossez pleins d'eau, pour y faire l'effet d'une fausse braye. Elles ont cinq toises de large dont le parapet en a trois.
Lunettesen termes de Manége, sont deux petites piéces de feûtre relevées en bosse, qu'on applique sur les yeux d'un cheval vicieux, ou qui ne veut point se laisser ferrer ni monter.
On dit aussi ferrer un cheval àlunettes, ou à demi fer, c'est à dire, avec un fer dont on a retranché la partie des branches, qui est vers le quartier du pied, ce qu'on appelle les éponges.
On appelle aussilunettele cercle de métail qui enferme & soûtient le crystal d'une montre.
Lunettechez les Tourneurs, est cette piéce de bois troüée qu'ils appliquent sur leur tour, pour faire diverses sortes d'ouvrages qui se tournent en l'air.
Lunettede volaille, est la partie du chappon qui est entre le col & l'estomac, qui est soûtenuë par deux petits os qui forment un angle aigu. On tient que lalunetteest la partie la plus excellente du chappon.
On dit proverbialement à celui qui s'est trompé en regardant quelque chose: Prenez voslunettes, chaussez voslunettes. On dit aussi en se mocquant d'un grand nez: Voilà un beau nez à porterlunettes.
LUNETTIER.s. m.Ouvrier qui fait & quivend deslunettes. Les Miroitiers & lesLunettiersne font qu'un Corps & une même Maîtrise.
LUT.s. m.En termes de Chymie, se dit de toute sorte de ciment ou d'enduit qui sert tant pour le bâtiment des fourneaux, que pour mettre autour des vaisseaux de verre & de terre qui doivent résister à un feu violent. On le fait de terre grasse, de sable de riviére, de fiente de cheval, de la poudre des pots de beurre cassez, de la tête morte du vitriol, du machefer, du verre pillé & de la bourre ou laine courte des Tondeurs, mêlez avec de l'eau salée ou sang de bœuf. Il y a aussi unLutqui sert à luter les chappes avec les cucurbites ou recipiens, ou pour réparer les fentes des vaisseaux, qui se fait avec de l'amidon cuit, ou de la colle de poisson dissoute dans l'esprit de vin & des fleurs de soulfre, du mastic & de la chaux éteinte dans du petit lait. On appelle aussilut de sapiencele sceau hermetique qui se fait en fondant le bout d'un matras de verre au feu de lampe, & en le tortillant avec la pincette. Ce mot vient delutum.
LUTH.s. m.Instrument de musique monté de cordes de boyau, qui n'avoit autrefois que six rangs de cordes; mais avec le temps on y a ajoûté quatre, cinq, ou six autres rangs plus bas. Leluthest composé de quatre parties, de la table de sapin ou de cedre, du corps composé de neuf ou dix éclisses, qu'on appelle aussi leventreoula donte; du manche qui a neuf touches ou divisions marquées avec des cordes de boyau; & de la tête ou de la crosse où sont les chevilles. Il y a aussi une rose au milieu de la table par où sort le son; un chevalet où sont attachées les cordes, & un fillet ou mourceau d'ivoire qui est entre le manche & la tête, sur lequel les cordes portent par l'autre extrêmité. On pince les cordes de la maindroite, & de la gauche on appuye sur les touches. On appelle letemperament du luth, l'alteration convenable que l'on est obligé de faire des intervalles tant à l'égard des consonances, que des dissonances, pour les rendre plus justes sur l'instrument. Lesluthsde Boulogne sont les plus estimez par la qualité du bois, qui est cause qu'on en tire un plus beau son. On est plus long-temps à accorder unluthqu'à en jouër. Les concerts se font avec des dessus & des basses deluths. On dit qu'unluthest bien monté quand on y a mis de bonnes cordes, qui sont bien d'accord & au ton convenable. Un Auteur digne de foy dit qu'on a vû à Paris unluthd'or, qui revenoit à trente-deux mille écus. Ce mot vient delaudEspagnol, qui est venu deallauddes Maures, qui signifie la même chose, comme témoigne Scaliger. Quand on le veut nommer en Latin, on l'appelletestudo,cythara,chelys.
LUTHÉE.s. f.Est une épithete qu'on donne à la Mandore, lors qu'elle a plus de quatre rangs de cordes, & qu'elle approche plus prés duluth.
MAGDALLON.s. m.C'est ainsi qu'on appelle un rouleau ou petit cylindre de soulfre, d'onguent, &c. tels qu'on les vend chez les Epiciers & Apotiquaires: ce mot vient de Magdalis Latin, tiré du Grec Magdalis, signifiant la même chose.
MAGISTERE.s. m.Terme de Chymie & de Pharmacie: c'est la préparation d'un corps mixte par art de Chymie, par laquelle toutes ses parties homogenes sont exaltées en un degré dequalité ou substance plus noble qu'auparavant, en rejettant seulement ses impuretez externes sans faire aucune extraction. Lemagisterediffere de l'extrait, en ce que dans lemagisteretoutes les parties du mixte y demeurent, quoi qu'elles soient changées en des qualitez ou consistances plus exquises, & dans l'extrait on ne prend que la plus noble partie de la substance, qui est tout à fait séparée d'avec la plus grossiere & élementaire.
On fait desmagisteresde tartre, de perles, de coraux. Desmagisteresde lait, cremeur, ou beurre de soulfre. Desmagisteresd'agaric, de turbit, d'hermodax, &c. L'effervescence de l'esprit de vitriol mêlé avec l'huile de tartre, leur a fait donner par quelques-uns le nom demagistere.
MAGNESIE.s. f.Est une pierre minerale, fossile, noire, opâque, tirant de la couleur de fer au pourpre, qui ne contient aucun métal; mais un soulfre fixe & un peu inflammable. Elle entre en la composition du verre, le purifie & le blanchit, si elle est en petite quantité. Autrement elle le rend bleu ou de couleur de pourpre; elle la donne aussi aux pots de terre si avant leur cuitte on les peint de cette magnesie dissoûte. C'est la même chose que le saffre; on l'appelle aussimanganese, & chez les artisans,perigueux.
MALACHITE.s. f.Est une pierre précieuse qui est d'une nature mitoyenne entre le jaspe & la turquoise, & qui est tout à fait opaque: Elle a des veines blanches mêlées de taches noires & de plusieurs autres couleurs qui en font faire plusieurs distinctions. La plus estimée est celle qui approche le plus de la turquoise, & qui a le plus de bleu.
MALTHE.s. f.Ciment dont on se servoit autrefois, qui étoit un mêlange de poix, de cire, de plâtre & de graisse. Dans le Pontificial ilest parlé de ce ciment, dont on avoit besoin quand on faisoit la Dédicace des Eglises, en Latinmalta; d'où quelques-uns prétendent qu'on a fait les mots deSmaltire, d'où viennent émailler, & émeutir.
MANDRIN.s. m.Est le principal outil d'un tourneur; l'arbre qui tourne dans la lunette, au bout duquel on monte ou on attache les piéces que l'on veut tourner en l'air & hors les pointes.
Mandrin,se dit aussi de plusieurs poinçons qui servent aux artisans à percer le fer ou les métaux sur lesquels ils travaillent.
MANICORDION.s. m.Instrument de Musique, fait en forme d'Epinette, qui a 49 ou 50 touches ou marches, & 70 cordes, qui portent sur cinq chevalets, dont le premier est le plus haut, les autres vont en diminuant. Il y a quelques rangs de cordes à l'unisson, parce qu'il y en a plus que de touches, chaque chevalet en contient divers rangs: Il a plusieurs petites mortaises pour faire passer les sautereaux armez de petits crampons d'airain qui touchent & haussent les cordes, au lieu de la plume de corbeau qu'ont ceux des clavessins & des épinettes; ce qu'il a de particulier: c'est qu'il a plusieurs morceaux d'écarlate ou de drap, qui couvrent les cordes depuis le clavier jusqu'aux mortaises, qui rendent le son plus doux, & l'étouffent tellement qu'on ne le peut entendre de loin; d'où vient que quelques-uns le nommentEpinette sourdeoumuette; aussi est-il particuliérement en usage chez les Religieuses qui apprennent à en jouër, & qui craignent de troubler le silence du dortoir. Cet instrument est plus ancien que le clavessin & l'Epinette, comme témoigne Scaliger, qui ne lui donne que trente-cinq cordes.
On dit proverbialement & burlesquement qu'une fille a joüé dumanicordionquand elle a eu quelque amourette, qui a duré long-temps sans faire bruit.
MANIPULE.s. m.Ornement Ecclesiastique que les officians Prêtre, Diacre & Soûdiacre portent au bras gauche: il est fait en forme de petite étolle, & de la même étoffe que les chasubles, & tuniques. Il signifie & represente un mouchoir que les Prêtres de la primitive Eglise portoient au bras pour essuyer les larmes qu'ils versoient continuellement pour les péchez du peuple, dont il reste encore une marque dans l'oraison que disent ceux qui s'en revêtent.Merear, Domine, portare manipulum fletus & doloris.En beaucoup d'endroits on l'appelle lefanon.
Manipule,en termes de Medecine est une mesure d'herbes, qui s'entend de ce que la main peut serrer, les Medecins le désignent dans leurs Ordonnances par M.
Manipule,signifioit encore chez les Romains une petite troupe ou compagnie de soldats, parce que chez eux lemanipulesignifioit au propre une poignée de foin qu'ils attachoient au bout d'une perche pour se reconnoître avant qu'ils eussent pris les aigles pour enseignes; de là vient que nous disons encore en ce sens une poignée de gens.
Manipulepyrotecnique, se dit à la guerre d'une certaine quantité de petards de fer ou de cuivre qu'on peut jetter à la main sur les ennemis, la maniére de les faire est enseignée par Casimir dans son Livre de l'Artillerie.
MANŒUVRE.s. m.Homme de peine qu'on prend à la journée dans les âteliers pour servir les Massons, & faire autres fonctions qui n'ont besoin d'aucun art ou apprentissage. Cemot vient demanopera, ouvrage de main. Ménage.
On appelle proverbialement & ironiquement un homme fin & adroit, unrusé manœuvre.
Manœuvres,en terme de marine, ce sont les cordes qui servent à manier les voiles en diverses façons, comme lesIssasouDrissesqui sont le long des masts servent à les hausser. Lesvalencinesservent à faire pancher les antennes d'un côté ou d'autre. Lesbrastirent le bout des antennes vers la pouppe. Lesescoutes, oucontre-escoutestiennent le bout des voiles: lesbreuilsoumartinetsservent à embroüiller promptement les voiles, & lesgarcettes, à les ferler, lesralinguesà les fortifier, lesboulinesouboulinettesservent à ouvrir les bords des voiles pour recevoir le vent qui vient de biais: cela fait dix ou onze cordes qui sont le plus souvent doubles, & étant multipliées par les dix voiles, font plus de deux cens cordes, ou manœuvres. L'Itacleest la plus grosse des manœuvres, elle soûtient & éleve l'antenne passant à une poulie qui est sous la hune, & aboutit à un moufle de poulies où sont les Issas.
Il y a desmanœuvres dormantesqui sont fixes, ausquelles on touche rarement, &d'autre coulantesqui sont presque en mouvement continuel, comme celles qui servent à manier les voiles.
Manœuvre,signifie aussi l'usage & le service de ce cordage, & le service des Matelots qui les font mouvoir. Lesmanœuvressont en desordre pendant la tempête. Ce matelot entend bien lamanœuvre, il execute soudain les commandemens.
MANNE.s. f.Terme de pharmacie, drogue médicinale, c'est un suc ou une liqueur blanche, douce, qui découle d'elle-même, par incisiondes branches & des feüilles même des frênes tant ordinaires que sauvages pendant la canicule, & un peu auparavant. On ne la trouve que sur ces arbres, encore n'est-ce pas sur tous, mais principalement en Calabre & aux environs de Briançon; c'est pourquoi ceux là se trompent lourdement, qui disent que c'est un miel de l'air, ou une espéce de rosée, qui vient d'une vapeur élevée de la terre & digerée dans l'air, condensée par le froid qu'on recuëille dans les païs chauds avant le lever du Soleil, tant sur les plantes & les arbres que sur les rochers & la terre même, qui disparoît lorsque la chaleur survient; car au contraire on l'amasse en plein Soleil, lequel la seche & la condense, de sorte qu'on la doit mettre au rang des gommes qui s'épaississent par la chaleur, & se résolvent dans l'humidité.
Les Italiens en connoissent de trois sortes,manna di corpo, qui sort d'elle-même des branches de l'arbre dés le mois de Juillet; la secondemanna forzata, ouforzatella, qui ne se recueille au mois d'Août qu'aprés l'incision de l'arbre, & lorsque la premiére a cessé de couler. La troisiémemanna di fronda, qui sort d'elle-même en forme de petites gouttes d'eau comme un espéce de sueur, de la partie nerveuse des feüilles du frêne, qui sont de la grosseur des grains de froment, & qui s'endurcissent au Soleil au mois d'Août; on voit quelquefois ces feüilles si chargées de ces grains qu'il semble qu'elles soient couvertes de neige. Lamanneest une medecine qui purge fort doucement, & qu'on prend dans les boüillons. Altomatus Medecin de Naples en a fait un traité exprés; & Joseph Donzellus confirme ce qu'il en a dit. Lamannepurge la bile, quoi qu'on la tienne une espéce de miel, & au contraire le miel ordinaire l'augmente. Fuchsius dit que les païsansdu Mont-Liban mangent ordinairement lamanne, comme ailleurs on fait le miel.
A Mexique ils ont de lamanneque l'on mange comme on fait le fromage en Europe.
Manneen termes de l'Ecriture, est une viande miraculeuse que Dieu fit tomber du Ciel pour nourrir son peuple Hebreu dans le desert pendant quarante ans. Lamanneétoit en façon de coriandre. Les Israëlites murmurerent contre lamanne, & en eurent du dégoût. Lamanneest une des figures de l'Eucharistie.
Manne,se dit figurément de toutes sortes de viandes & de fruits, principalement quand ils sont de garde, quand ils peuvent nourrir, & faire subsister une maison. C'est une bonnemannedans un logis qu'une provision de pois, de féves, de ris pour le Carême.
Manneest aussi un grand panier d'osier fait en quarré long, qui sert quelquefois de berceau pour coucher un enfant à la mammelle, quelquefois elle est plus petite, & elle sert à transporter les habits d'un ballet, ou le linge & la vaisselle pour mettre le couvert, &c.
On appelle aussimannessur la mer des paniers à rebords faits comme un chapeau.
Mannequin.s. m.Panier d'osier haut & assez étroit, plus large par en haut que par en bas, qui sert à differens usages. On a mis ces plantes dans unmannequinpour les transporter. Les marchands de fruits les transportent dans desmannequins: ce mot est diminutif de manne quand il signifie panier.
Mannequin,chez les Peintres se dit d'une certaine figure de bois qui a des charniéres en la plûpart de ses membres, par le moyen de quoi elle est mobile, & on la met en toute sorte de postures ou d'attitudes, elle leur sert pour disposerleurs drapperies en la revêtant d'habits tels qu'ils desirent. Borel dérive ce mot en ce sens deman, qui en Allemand & en vieux François signifioit unhomme, dont il est diminutif, comme qui diroitpetit homme.
MARESCHAL.s. m.Officier de la Couronne qui commande les Armées; on l'appelle par excellenceMareschalde France. Chez quelques étrangers il fait la même fonction. Le grandMareschalde Pologne, de Lithuanie. L'Electeur de Saxe est grandMareschalde l'Empire. On dit qu'on a donné à un homme le Bâton deMareschal, ou simplement le Bâton, pour dire qu'on l'a faitMareschalde France; c'est un Bâton fleurdelisé qui marque la dignité, & qu'il met en sautoir sous l'écu de ses armes. Ce sont lesMareschauxde France qui sont Juges du point d'honneur entre les Gentilshommes, qui accordent leurs querelles.
Les Prévôts desMareschauxsont des Officiers Royaux & Juges d'épée établis pour la seureté de la campagne, pour prendre & juger les voleurs, vagabonds & gens non domiciliez; on leur a aussi attribué la connoissance des cas Royaux par prévention: ils sont reçûs à la Connestablie, & y ont attribution de Jurisdiction, & sont réputez du corps de la gendarmerie.
Mareschalde Camp, est le second Officier de l'Armée, le premier Officier aprés le Lieutenant général, c'est celuy qui ordonne du campement & du logement de l'Armée, & qui prend les devans pour la faire marcher en seureté, & reconnoître le terrain.
Mareschalde Bataille, étoit autrefois un Officier qui rangeoit les troupes en bataille, qui avoit soin de leur marche & de leur ordre; ce sont aujourd'hui lesMareschauxde camp,& les Majors généraux qui en font la charge.
Mareschaldes Logis, est un Officier de guerre, qui a soin du logement des soldats. Il y a unMareschaldes Logis de l'Armée. Il y en a un dans chaque Régiment d'infanterie, & en chaque compagnie de cavalerie, deux en chaque compagnie de gend'armes & de chevaux legers, & six en chacune des compagnies des Mousquetaires.
Il y a aussi un grandMareschaldes Logis chez le Roi, qui marque les logemens de la suite de la Cour quand le Roi fait voyage; Il y en a aussi chez la Reine & chez les Fils de France.
Mareschalferrant, ou simplementMaréchal, est un artisan qui ferre les chevaux, & qui les pense quand ils sont malades. En Espagne ce sont deux métiers separez, les premiers s'appellentherradores, & les autresalveytares.
Ce mot vient selon Nicod dePolemarchus, comme qui diroit Maire de camp; en vieux Gaulois & encore en BretonMarksignifioit cheval, comme on recueille de Pausanias, qui dit que ce mot étoit en usage chez les Celtes, mais c'est plûtôt un mot Allemand dont il est fait mention dans la loi salique, & dont on a faitmarchal, pour dire celui qui commandoit la cavalerie. Ménage le dérive deMareschalcus, qui se trouve dans les loix des Allemands, composé deMarckcheval, & deschalksignifiant serviteur; ce qui a donné ce nom à celuy qui pense les chevaux, & par succession de temps à celuy qui les commande. Borel dit qu'originairementMareschalsignifioit gouverneur de jumens, & quemarksignifie jument, dont les anciens se servoient d'ordinaire pour épargner le fourrage, parce que les jumens gâtent moins de litiere, à cause qu'ellesjettent en arriére leur urine. Il dit aussi que ce mot demark, qui en vieux Gaulois & en ancien Allemand signifioitcheval, vient de l'HebreuRamak, où il veut dire unejument. Quelques-uns ont dit que le mot demareschalétoit un abregé demire cheval, carmiresignifie Medecin, & les Rois en avoient autrefois pour leurs chevaux, comme témoigne Nicod. Pasquier fait distinction pour l'origine deMareschaldes logis, &Mareschalde camp, d'avec ceux deMareschalde France, &Mareschalferrant; A l'égard des premiers, il dit que ce mot vient demarche, oumarchir, qui signifioitmarquer,limiter, & il prétend qu'il faut diremarchal, & non pasMareschal. A l'égard des derniers, il dit que le mot est composé demaire, qui signifioitmaître, & dechalqui signifioitcheval. Lecteur choisissez.
Mareschaussée.s. f.Jurisdiction des Prévôts desMareschaux; il y a dans l'enclos du Palais la Connestablie &Mareschausséede France, où sont des Juges de Robbe qui prennent connoissance de la réception des Officiers des autresMareschaussées, & de leurs differens. Il y a d'ailleurs 180Mareschausséesen France, qui sont des siéges de Juges d'épée, qui instruisent les procés des voleurs & des vagabonds, & autres cas dont ils sont competens; qui les jugent souverainement avec sept Officiers du plus prochain Présidial. Le Prévôt qui tient à Paris cetteMareschaussées'appelle le Prévôt de l'Ile.
On dit aussi que laMareschausséese tient chez un tel Doyen desMareschauxde France, quand quelques Exempts & Gardes se trouvent chez luy pour executer les ordres qu'il aura à donner dans les occasions pour les querelles de la Noblesse.
Mareschausséea signifié aussi en Lorraine,un grand lieu ou enclos, où on enferme le bêtail, d'où le Bon Medecin de ce païs-là trouve occasion de dériver le mot deMareschaussée, parce que, dit-il, il y avoit plusieurs lieux marécageux qui obligeoient à faire des places relevées pour mettre à sec le bêtail, lesquelles on appelloitchausséescomme tout autre chemin levé & pavé; & parce que dans ces lieux on faisoit souvent des vols de bestiaux, on y établit un Juge qui jugeoit dans l'étenduë de laMareschaussée, ou village; ce qu'on a depuis étendu à d'autres Officiers.
Dans plusieurs Coûtumes on appellemareschaussée, les matériaux assemblez pour bâtir, comme en celles de Montreüil, Arthois, Bapaume, &c.
Marfil.s. m.est un nom que les marchands en gros donnent à l'yvoire, ils l'ont pris de l'Espagnol, où il signifie la même chose.
MARIN.ine. adj. qui vient de la mer, qui appartient à la mer. Les Anciens appelloient les Tritons des Dieuxmarins. Ce fut un monstremarinqui fit périr Hypolite. On peignoit le char de Neptune attelé de chevauxmarins. Il y a des veauxmarins; des chiens & des loupsmarins. Le selmarinest celui qui se fait de l'eau de la mer, qui est de figure cubique, & le plus fort de tous les sels.
La cartemarine, ouhydrographique, est celle qui sert pour la conduite des vaisseaux, où sont marquez les rumbs des vents, les côtes, les rades, & les bancs de sable.
On dit qu'un homme a le piedmarin, quand il est accoûtumé à l'air & à la fatigue de la mer, quand il a été long-temps sur les vaisseaux.
La trompettemarine, est un instrument qui n'a qu'une grosse & longue corde de boyau, tenduë sur un chevalet, & qu'on touche avec un archet;elle a le corps triangulaire, & elle imite fort bien le son des trompettes ordinaires. Voyeztrompette.
La Marine.s. f.est la science de la navigation, ou l'art de naviger dont les Anciens n'ont rien laissé par écrit avant l'invention de la boussole. On tient que lamarineest la science qui approche le plus de la perfection. Pierre Nonius est un célébre Mathématicien Portugais, qui le premier en a écrit deux livres en l'année 1530. à l'occasion de quelques doutes que lui proposa Martin Alphonse Sosa: en suite Pierre Medina Espagnol; & en 1606. André Garcia Cespedes fit imprimerRegimiento de la navigation: en 1608. Simon Stevin Mathématicien du Prince d'Orange. En 1620. Willebrordus Snellius a fait imprimer son Typhys Batavus. En 1631. Adrianus Metius a écrit de l'art de naviger par le globe. En 1640. le Pere Fournier Jesuite a écrit de l'hydrographie. En 1661. le Pere Riccioli & le Pere Gaspard Schotus Jesuites en ont donné quelques traitez dans leurs Œuvres; & en 1666. le Sieur Denis Hydrographe & Professeur à Dieppe, Rodericus Zamoranus, Pierre Appian, Rodericus Crescentius, Augustinus Cæsareus, Robert Dutlé, Jacques Colomb, Jean Janson, & le Pere Mersene Minime en ont fait quelques traitez; le dernier qui en a écrit est le Pere Deschales Jesuite, des œuvres duquel ceci est tiré en faveur de ceux qui s'adonnent à la navigation, que maintenant on cultive heureusement en France. Les Livres ordinaires demarinequ'ont les pilotes sont les Routiers de Pierre de Medine, de Manuel Figueirido, le miroir, le tresor, la colomne de la mer, le flambeau de la navigation dressé par Guillaume Jeanszoon.
On appelle des marchandisesmarinées, lorsqu'ellessont imbuës & soüillées de l'eau de la mer.
Mariné.En termes de blason, se dit des animaux dépeints sur les écus, qui ont la moitié du corps de poisson. Il portoit de gueules au cerf estropié (ou qui n'a point de pieds)marinéd'or.
Marinette.s. f.Vieux mot qui signifioit autrefois la pierre d'aimant, & même la boussole qui en est touchée, parce qu'elle servoit principalement à lamarine. Voyez Boussole.
MASCARET.s. f.terme de navigation: C'est un reflus violent de la mer qui remonte impetueusement dans la riviére de Dordogne, qui fait le même effet sur cette riviére que celui qu'on appelle laBarresur la Seine. Les Naturalistes ont de la peine à expliquer cette sorte de reflus, qui est particulier à ces deux riviéres.
MASCARADE.s. f.Troupe de personnes masquées qui vont danser & se divertir, sur tout en la saison du Carnaval. Cette compagnie a fait une joliemascarade, a dansé une espece de ballet. Ce mot vient de l'Italienmascarata, dérivé de l'ArabeMascara, qui signifie raillerie, bouffonnerie. Ménage.
Mascaradeest aussi un titre que quelques Poëtes ont donné à des vers qu'ils ont fait pour les personnages de ces petites danses ou ballets.
Mascarade,se dit aussi d'une personne mal mise, ou mal proprement ajustée, comme si elle vouloit se déguiser, & aller en masque. Cette femme affecte des ornemens, des parures extravagantes, & hors de mode; c'est une vrayemascarade. Les chevaux l'ont tellement éclaboussée qu'elle avoit le visage comme une vrayemascarade.
Mascarade,se dit aussi d'une vaine pompe & cérémonie, d'un appareil éclatant qui ébloüit le sot peuple, et dont les sages ne sont point touchez.Démocrite traitoit tout le genre humain demascarade, se mocquoit de ses vanitez &mascarades. On le dit aussi de ceux qui trompent sous apparence d'honnêteté, qui déguisent leurs sentimens. Les hypocrites sont des continuellesmascarades.
MASSORE.s. f.Terme de Théologie. C'est un travail fait sur la Bible par quelques sçavans Rabbins pour en empêcher l'alteration. Buxtorfe la définie une Critique d'un texte Hebreu, que les anciens Docteurs Juifs ont inventée, par le moyen de laquelle on a compté les versets, les mots, & les lettres de texte, & l'on en a marqué toutes les diversitez; car le texte des Livres sacrez étoit autrefois écrit tout d'une suite, sans aucune distinction de Chapitres, ni de versets, ni même de mots; de maniére que tout un Livre n'étoit qu'un mot continu à la maniére des Anciens, dont on voit encore plusieurs manuscrits Grecs & Latins, écrits de cette sorte. Ce mot ne signifie quetradition, comme si cette critique n'étoit autre chose qu'une tradition que les Juifs avoient reçûë de leurs peres. On tient que ce sont les Juifs d'une école fameuse qu'ils avoient à Tiberiade qui ont fait, ou du moins commencé cetteMassore, comme dit Elias Levita. Aben Esra les fait Auteurs des Points & des accens qui sont dans le texte Hebreu qu'on a aujourd'hui, qui servent de voyelles. Les Arabes ont fait aussi la même chose sur leur Alcoran, que lesMassoretessur la Bible. Il y a une grande & une petiteMassoreimprimées à Venise & à Bâle avec le texte Hebreu en different caractére. Voyez là-dessus le P. Morin & le P. Simon, Buxtorfe dans le CommentaireMassoretiquequ'il a intitulé Tiberias. On appelleMassoretesces Auteurs qui ont travaillé à laMassore, & l'exemplaireMassoretigueest le texte Hebreu dont on se sert aujourd'hui.
MAST.s. m.grand arbre posé dans les Vaisseaux, où on attache les vergues & les voiles pour recevoir le vent nécessaire à la navigation. Il y en a quatre dans les grands Vaisseaux, quelquefois on y en ajoûte un cinquiéme qui est un double artimon. Le grandmast, ou lemastde maître est le principalmastdu Vaisseau; le second s'appelle demisaine,mast de bourset, oumast d'avant, qui est entre le grandmast& la prouë; le troisiéme l'artimon, qui est entre le grandmast& la pouppe; & le quatriémebeaupré, qui est couché sur l'esperon à la prouë. Lemastdecontremisaine, ou petit artimon est sur l'arriére dans les galions, Naos, ou grands Vaisseaux. Le grandmastjusqu'à la premiére hune est ordinairement égal à la quille du Vaisseau.
On appelle aussimâtsles brisures ou divisions desmâtsqui sont posez les uns sur les autres: le grandmast& celui demisaineen ont chacun trois, le grandmast, lemast de hune, qui est au dessus & tout d'une piéce, & lemastde perroquet qui est sur celui de hune; & au dessus encore est le bâton du pavillon, ce qui fait quelquefois plus de trente-quatre toises. L'artimon qu'on appelle aussimast de foule, & le beaupré n'ont qu'une brisure chacun, on l'appelle deperroquet, & non dehune. Le grandmastest posé au milieu du premier pont ou franc tillac, & descend au fond de cale, sur la contrequille; il n'est pas tout à fait perpendiculaire, mais il panche du côté de la pouppe à proportion de sa hauteur depuis deux jusqu'à six pieds. Sa plus grande grosseur est au franc tillac, & il va en diminuant par haut & par bas du tiers de sa grosseur. Lemastde misaine passe à travers le château d'avant au dessus de l'estrave, à l'extrêmité de l'escarlingue. Lemastde beaupré est enchassé par le bout d'embas sur lepremier pont dans lemastde misaine. Le mot demasten est François, en Allemand, en Flamand & en Anglois la même chose; l'Italien ditmasto, & l'Espagnolmastel.