N.

Mastgemelléoujumellé, est celui qui est fortifié par plusieurs piéces de bois qui y sont étroitement jointes, qu'on appellejumellesougaburons, oucostons. On l'appelle aussimast reclampé,renforcé, ousurlié, & s'il est enté par le haut, on le nommemast affusté,ajusté. On dit aller àmâts& à cordes, ou semettre à sec, quand on a abaissé toutes les voiles & les vergues pour éviter la furie du vent.Les bateaux navigeans sur les riviéres ont aussi unmastpar où passe le cable, qui sert à les tirer avec des chevaux.Mast,se prend quelquefois pour un Vaisseau. Il y avoit centmâtsdans cette armée, c'est à dire, cent vaisseaux. On voit une forest demâtsdans le port d'Amsterdam.On appelle aussimâtsdans un camp les piéces de bois qui servent à soûtenir les tentes.En termes de blason on appelle unmastdesarmé, quand il est peint sans voiles.MEDIASTIN.s. m.terme d'anatomie; c'est une continuation de la membrane qui s'appellepleure, laquelle est tenduë sous toutes les côtes & enferme la région moyenne ou vitale, autrement nommée lethorax. Quand cette membrane est arrivée au milieu de la poitrine, elle se double de part & d'autre, & va de l'épine du dos au brechet séparant le côté droit d'avec le gauche, & c'est ce qu'on appelle vulgairement lemediastin, qui s'étend en longueur depuis les clavicules jusqu'au diaphragme, & en hauteur depuis l'os de la poitrine jusqu'au corps des vertebres, il soûtient les visceres, de peur qu'ils ne tombent d'un côté ni d'autre.MEDIN,terme de relations, c'est une monnoye de Turquie, d'argent fin qui vaut dix-huit deniers monnoye de France, ou deux aspres de Turquie. Il y a aussi desMedinsde Barbarie, qui est une monnoye Africaine dont Bodin fait mention.MENEAU.s. m.terme d'architecture; c'est la séparation des ouvertures des fenêtres ou grandes croisées. Autrefois on faisoit de grosmeneaux& croisillons de pierre au milieu des croisées qui défiguroient tout un bâtiment. Lesmeneauxou croisillons doivent avoir quatre ou cinq pouces d'épaisseur.MESOLABE.s. m.instrument de Mathematique inventé par les Anciens pour trouver méchaniquement deux moyennes proportionnelles, lesquelles on n'a pû faire encore géometriquement; il est composé de trois parallelogrames qu'on fait mouvoir dans une coulisse jusqu'à certaines intersections. Sa figure est décrite dans Eutocius en ses Comm. sur Archimede.Mesplat.adj.Terme d'artisan, qui se dit des piéces des ouvrages qui ont plus d'épaisseur d'un côté que d'autre, & particuliérement des piéces de bois de sciage.METACARPE.s. m.Terme d'anatomie. C'est une partie du squelet qui contient quatre os de la paume de la main, situez entre ceux du poignet & ceux des doigts: on l'appelle aussi avant-poignet, & c'est ce qui forme la paume de la main: les Latins l'appellentpost brachiale.METAPHYSIQUE.s. f.Derniére partie de la Philosophie dans laquelle l'esprit s'éleve au dessus des êtres créez & corporels, s'attache à la contemplation de Dieu, des Anges & des choses spirituelles, & juge des principes de toutes connoissances par abstraction & détachement des chosesmaterielles. Aristote a écrit plusieurs Livres deMétaphysique. Descartes a laissé plusieurs méditationsmétaphysiquesincomparables. On l'appelle aussi Théologie naturelle, & c'est comme le tronc ou la racine de toutes les sciences; son objet est l'être en général en tant qu'il est séparé de toute matiére, soit réellement, soit par la pensée. M. Duhamel prétend que ce nom a été forgé par les sectateurs d'Aristote, & qu'il lui a été tout à fait inconnu.Metaphysiquement.adv.D'une maniéremétaphysiqueélevée au dessus de la matiére & des êtres sensibles. Il y a des choses qu'on ne peut concevoir quemétaphysiquement.Metatarse.s. m.Terme de Medecine. C'est une partie du squelet de l'homme, qui compose la partie mitoyenne du petit pied, & qui contient cinq os entre le talon & les arteils.METOPE.s. m.Terme d'Architecture. C'est l'intervalle ou quarré qu'on laisse entre les trigliphes de la frise de l'ordre dorique, il represente l'endroit où aboutissent les solives ou poutrelles d'un bâtiment: ces quarrez sont quelquefois emplis d'ornement, comme de têtes de bœuf, & autres choses qui servoient aux sacrifices des Payens.Metopion.s. m.Est un arbre qui naît en Afrique vers l'Ethiopie, d'où, selon Pline, distile sur le sable la gomme de l'ammoniac; mais Pline se trompe, & l'ammoniac est un sel & non une gomme. Dioscoride dit queMetopionest une plante de Syrie, d'où distile le galbanum.Metoposcopie.s. f.Art qui enseigne à connoître le temperament & les mœurs des personnes par la seule inspection des traits du visage. Ce n'est qu'une partie de la physionomie,parce que celle-ci fonde ses conjectures sur toutes les parties du corps. L'une & l'autre sont fort incertaines. Le mot est Grec & signifie inspection du visage.MEZZANIN.s. m.terme de Marine. C'est un arbre ou troisiéme mast qu'on met quelquefois sur la Mediterranée, dans les Galeres entre l'arbre de mestre & la pouppe, qui est garni de sa voile.Mezzanine.s. f.Est un terme qui se trouve employé par quelques Architectes, pour signifier uneentre-solle.Mezeline.s. f.Est une sorte d'étoffe mêlée de soye & de laine.Mezeau.s. m.Vieux mot qui signifioit autrefoisladre, d'où on a faitmezelerie, qui a signifié ladrerie; il vient de l'Italienmezzo, qui veut direpourri,gâté,corrompu, Ménage: d'autres le dérivent demiser&miseria, & demisellus.Mezaraique.adj.Terme de Medecine, qui se dit des veines du mesentere qui succent le chyle des intestins pour le porter au foye: on les appelle aussimesenteriques.Mezail.s. m.Terme de Blason, qui se dit du devant, ou plûtôt du milieu du devant du heaume qui s'avance à l'endroit du nez, & comprend le nazal & le ventail; de là vient que les Princes & grands Seigneurs portent leurs timbres ayant lemezailtarré ou tourné de front, c'est à dire, lemezailparoissant également éloigné des oreilles. Ce mot vient du Grecmesson. Borel.Mezereon.s. m.terme de Pharmacie: c'est une plante medicinale qu'on appellethimælea, qui porte le granum gnidium, que plusieurs confondent avec la laureole, dont les Apoticaires font des pilules qui sont si violentes & dangereusesdans les purgations, que les Arabes l'appellentlyon de la terre, ou herbe qui fait les femmes veuves: les Païsans appellent son fruitpoivre de montagne, à cause qu'étant seche il ressemble au poivre, & qu'il est si piquant au goût qu'on ne le sçauroit souffrir tout seul.Microscopes. m.Terme d'Optique. C'est une lunette qui sert à découvrir les moindres parties des plus petits corps de la nature, parce qu'elle grossit les objets extraordinairement. Il s'en fait de plusieurs façons, les uns avec quatre verres qui ont un tuyau long d'un pied; d'autres avec une petite lentille grosse comme une tête d'épingle qui font un fort bel effet. L'Inventeur duMicroscopeest le même que celui qui a inventé le Telescope, appellé Zacharias Jansen ou Joanides; on attribuë à M. Hugenes l'invention de celui qui est fait avec une petite lentille, & néanmoins on trouve que le Pere Maignan Minime en a parlé long-temps auparavant dans le 4. tome de son Cours Philosophique, &c.N.NAVIRE.s. m.Terme de Marine, Vaisseau de haut bord pour aller sur la Mer avec des voiles; on le dit en général de toutes sortes de grands Vaisseaux, à la réserve des Galéres, on l'appelle aussi simplementBord, ouVaisseau, & ce mot est le plus en usage. Ce Port est capable de tant deNavires. LesNaviressont à l'ancre en une telle Rade.Navirede guerre,Naviremarchand. On dit armer, équipper, fretter unNavire. La grandeur d'unNavires'estime par son port, qui est de tant de tonneaux, dont chacun pese deux milliers. On distingue aussi lesNaviresdu premier, du second, du troisiéme, du quatriéme & du cinquiéme rang selon la grandeur de leur quille, leur port ou capacité, le nombre de leurs ponts, ou des canons dont ils sont montez. LesNaviressont réputez meubles par le titre dix du Livre second de l'Ordonnance de la Marine; ils peuvent être néanmoins vendus par decret, si leur port est au dessus de dix tonneaux, suivant les formalitez du tître quatorziéme du même Livre; ils ne laissent pas d'être réputez immeubles à l'égard des hypotecques seulement; mais ils ne doivent point de lods & ventes, & ils ne sont point sujets au retrait lignager, ni à la licitation à l'égard des combourgeois. Les affiches des criées s'appliquent au grand mast duVaisseau, & au parquet de l'Admirauté. ToutNavireallant en guerre ou en long cours doit être consideré en ces trois parties, laBourgeoisieà qui appartient leVaisseau, qu'elle doit fournir avec bons apparaux, armes & artillerie; l'Equipagequi consiste aux gens de guerre & Mariniers, pages, garçons & gourmettes; leVictuailleurqui fournit les victuailles, les poudres, boulets, cloüages, chaînes, carreaux, grenades, & tout ce qu'on nommearmement, & chez les Levantinssartie. LeNavireest composé de plusieurs parties qui seront expliquées à leur ordre; ce mot vient du LatinNavis. Plusieurs croient que Janus a été l'inventeur desNavires, à cause qu'il y en avoit de marquées sur le revers des plus anciennes monnoyes de Gréce, de Sicile & d'Italie, suivant le témoignage d'Athenée.On dit au feminin laNavired'Argo, en parlant de ce fameux Vaisseau qui le premier traversa la mer de la Gréce pour aller à la conquête de la Toison d'or sous la conduite de Jason, & de cinquante-quatre Argonautes.Le plus fameuxNavirede l'Antiquité est celui de Ptolomée Philopator, qui étoit long de 280. coudées, large de 38. haut de 48. & qui du haut de la pouppe jusqu'à la mer en avoit 54. Il portoit 400. rameurs, 400. matelots, & 3000. soldats; celui qu'il fit pour naviger sur le Nil étoit long d'une demi stade, & large de 30. coudées, mais ce n'est rien en comparaison duNavired'Hieron construit sous la conduite d'Archimede, de la fabrique duquel Moschion, au rapport de Snellius, a écrit un Livre entier; on y employa le bois destiné à faire 60. Galéres, & 300. Ouvriers sans les manœuvres; le dedans étoit si bien distribué, qu'il y avoit une loge particuliére pour chacun des rameurs, des matelots, des soldats & passagers: il y avoit aussi plusieurs salles à manger, chambres, promenoirs, galeries, jardins, viviers, fours, écuries, moulins, un Temple de Venus, des bains, des salles de conference, &c. Outre cela il y avoit un rempart de fer, huit tours, deux en prouë, deux en pouppe, les autres sur les côtez, avec des murs & bastions, sur lesquels il y avoit plusieurs machines de guerre, dont une entr'autres jettoit une pierre du poids de trois cens livres, ou une fléche de douze coudées, à la portée de six cens pas, avec plusieurs autres merveilles admirables dont Athenée fait mention.En termes de blason on appelle unNavire équippé, &habilléd'argent ou de gueules, & de sable, quand les agreils sont de ces émaux.NAZAL.s. m.Terme de Blason, qui s'est dit de la partie supérieure de l'ouverture d'un casque ou heaume qui tomboit sur le nez du Chevalier quand il l'abaissoit; il est opposé àventaille, qui est la partie inferieure.Nazard.s. m.C'est un des jeux de l'orgue dont les tuyaux sont de plomb, & d'environ cinqou six pieds; ce jeu est bouché, & ses tuyaux sont à cheminée accordez à la douziéme de la montre. Il y a aussi un secondnazardqui est à l'octave du précédent, & une quarte dunazard.Nazard,ounazillard, se dit d'une personne qui parle du nez, & sur le ton du jeu d'orgue qu'on appellenazard.Nazarde.s. f.Chiquenaude que l'on donne sur le bout du nez. On dit d'un homme ridicule & timide, qu'il a un nez à camouflets & ànazardes.Nazarder.v. act.donner desnazardes. Les pages, les écoliers senazardentles uns les autres.Nazeaux.s. m.Ouvertures du nez des animaux, particuliérement des chevaux, qui leur servent à la respiration. On ouvre lesnazeauxaux chevaux qui ont de la peine à respirer. Ovide dit, que les chevaux du Soleil soufloient le feu par lesnazeaux. On appelle proverbialement un fanfaron, un fendeur denazeaux.Naziller.v. n.parler du nez, d'où vient le mot de nazillard, qui ne parle pas distinctement. Il y a des Ordres de Religieux qui affectent denazilleren chantant, qui croyent que cela est plus devot.On dit en termes de chasse, que le sanglier se foüille, ventroüille &nazilledans la bouë.NEPHRETIQUE.adj. & subst.Maladie causée ordinairement par quelque pierre ou gravier qui se forme dans les reins. La coliquenephretiqueest une douleur qui provient de cette cause; on la sent dans les reins & sur les boyaux; & elle est plus cruelle que toutes les autres coliques: ce mot est dérivé du Grecnephros, qui signifie le Rein.Nephretique,est aussi une pierre précieuse, ou espéce de jaspe, qui ordinairement est mêléede blanc, de jaune, de bleu, & de noir, & en cela elle differe de l'heliotrope, parce qu'on y découvre ces couleurs quand on la veut polir; ce qui n'arrive pas à l'heliotrope.Il y a aussi un bois qu'on appellenephretique, qui vient des Indes, qui étant rappé ou fendu en petits morceaux, & infusé dans l'eau, la teint en sorte qu'elle paroît d'or à travers le jour, & d'un bleu foncé à contre jour. La pierregirasolefait le même effet.NICOTIANE.s. f.Tabac, Petun, herbe à la Reine. Ce sont les noms qu'on donne à une herbe qui vient de l'Amerique, qui desseiche le cerveau, & fait éternuer, à qui on donne diverses préparations pour la prendre en poudre par le nez, ou en machicatoire par la bouche, ou en fumée avec une pipe. Nicod l'envoya en France pendant qu'il étoit Ambassadeur en Portugal en 1560. & il lui a donné son nom, comme il témoigne lui-même dans son Dictionaire. Il dit qu'elle a une merveilleuse vertu contre toutes les playes, dartres, ulceres, &Noli me tangere. Catherine de Medicis la voulut faire appellerMedicée, de son nom; de là vient qu'on l'appelle encore en plusieurs lieux herbe à la Reine. Elle étoit venuë originairement de la Floride, où quelques-uns disent qu'on l'appelloitPetun.NIL.s. m.Fleuve qui traverse une grande partie de l'Afrique, il s'employe dans la langue en cette phrase proverbiale; c'est un homme obscur qui cache son logis, il est aussi inconnu que la source duNil, parce que cette source a été inconnuë jusqu'à ce dernier siécle; elle est dans un territoire que les Habitans appellentabavi, ousacahala, c'est à dire, le pere des eaux; ce Fleuve sort de deux fontaines éloignées de trente pas, chacune de la grandeur d'un de nos puits. Les Habitansqui sont Payens adorent la plus grande, & lui offrent plusieurs sacrifices de vaches, dont ils mangent la chair comme sainte, & ils laissent les os dans un endroit destiné pour cela, qui font maintenant une montagne assez considerable; ces Habitans s'appellentAgausdans le Royaume de Goyam à douze degrez de latitude Septentrionale, & 55. de longitude; c'est dans une plaine d'environ trois quarts de lieuë, enfermée de montagnes; au sortir de là il entre en un petit lac, puis il se perd sous terre par l'espace d'une portée de mousquet, & à trois journées de sa source: il est assez large & profond pour porter des Vaisseaux, mais à cent pas plus loin il passe à travers des rochers, en sorte qu'on le passe aisément sans se moüiller le pied; on y navige avec des bateaux de natte bien serrées: il reçoit trois riviéres assez grandes nommées Gema, Linquetil & Brantil; & quand il est sorti du lac de Dambea, qui a cinquante lieuës de large, il reçoit de trés-grands fleuves, comme le Gamara, Abea, Baixo & Aquers; & enfin prés de l'Egypte le Tacase. Il y a deux principales cataractes ou saults; à la deuxième il tombe dans un profond abîme, le bruit s'en entend à trois lieuës de là. L'eau est poussée avec tant de violence qu'elle fait une arcade, sous laquelle elle laisse un grand chemin; où on peut passer sans être moüillé, & où il y a des siéges taillez dans le roc pour reposer les voyageurs. La premiére catadoupe ou cataracte duNilest d'environ cinquante pieds; la seconde est trois fois plus haute. On dit qu'Albuquerque eut dessein de faire un traité avec les Abissins pour détourner leNil, & le faire jetter dans la mer Rouge, afin de rendre les campagnes d'Egypte stériles, & que pour empêcher cela le Turc paye tribut au grand Negus; mais c'est une fable, & la chose estentiérement impossible. Alexandre consulta l'Oracle de Jupiter Ammon pour apprendre où étoit cette source, Sesostris, Ptolemée, la firent chercher inutilement. Cambises, à ce que dit Strabon, employa une armée pour la chercher. Lucain témoigne que Cesar disoit qu'il eût quitté la guerre Civile s'il eût été assuré de la trouver. Saint Augustin & Théodoret ont cru que c'étoit le Fleuve appelléGeon, qui arrousoit le Paradis terrestre, & qui alloit par dessous la mer Rouge renaître en Afrique. Ce que dessus est extrait de l'histoire écrite en Portugais par le Reverend Pere Balthasar Tellés Jesuïte. Isaac Vossius a écrit de l'Origine duNil, & des autres Fleuves, & en attribuë la source & le débordement aux pluyes abondantes en ce païs là en Eté. Monsieur de la Chambre attribuë la cause de sa cruë au nitre dont le lit de ce Fleuve est plein, qu'il dit être cause d'une vehemente fermentation, mais il se trompe.Nille,ouNigle, ouNelle, terme de blason, qui se dit d'une espéce de croix ancrée, beaucoup plus étroite & plus menuë qu'à l'ordinaire. Il y en a qui confondentNille&Anille. Voyez croixNillée.NOLIme tangere, terme Latin. C'est un nom que donnent les Médecins à un ulcére malin qui vient au visage.Nolis&Nolissement.s. m.Termes de Marine, ils signifient sur la Méditerranée la même chose que fret & affrettement sur l'Ocean. On dit aussi sur l'Oceannaulage, pour dire lefretdes Navires qu'on louë pour aller en guerre, ou pour courir le bon bord; & on ditnoliger&nauliser, pour dire loüer & fretter. Tout ces mots viennent du Latinnaulum.NOMBRE.s. m.quantité discrete, assemblage de plusieurs corps separez, considerez comme s'ilsoccupoient une certaine étenduë. Euclide le définit une multitude composée de plusieurs unitez. La quantité continuë est l'objet de la géometrie, la quantité discrette, celui de l'Arithmetique, ou de la science desnombres: ce mot vient du Latinnumerus.Dieu a tout fait ennombre, poids & mesure. 2.Diophantea bien écrit desnombres. Il a été commenté par Gaspard Bachet de Meziriac, qui a fait aussi des problêmes pour deviner lesnombresqu'un autre a pensé. Les mystéres desnombresde Pithagore avoient plus de vanité que de solidité, aussi bien que toutes les allégories que plusieurs Docteurs en ont voulu tirer. Voyez le traité desnombresdu Sieur Freniel inseré dans les mémoires de l'Academie des sciences, où il en fait voir plusieurs belles propriétez.Nombre,signifie particuliérement le premier caractére d'une suite de chifres, qui ne contient que des unitez; c'est unnombresimple. On commence à compter parnombre, dixaine, centaine, mille, &c. Lenombrebinaire, ternaire, centenaire, se dit des caractéres qui marquent ces quantitez.Nombrepairest celui qui se peut diviser en deux parties égales. Toutnombrepair multiplié par unnombrepair fait unnombrepair.Nombreimpairqui ne se peut diviser également sans fraction, qui est plus grand d'une unité que le pair. La somme de deuxnombresimpairs fait unnombrepair.NombrePairement pair, est celui qu'unnombrepair mesure par unnombrepair, comme deux fois quatre c'est huit, ce huit est unnombre pairement pair.7.Nombrepairement impair, celui qu'unnombrepair mesure par unnombreimpair; quatremultiplié par cinq fait vingt,nombre pairement impair.Nombrepremier, ouprimitif, est celui qui ne peut être mesuré que par la seule unité: comme 19. 29. dans la division desquels en quelque partie qu'on les divise, il reste toûjours une unité.Nombrecomposé, est celui qui se peut diviser en plusieurs parties égales, qui peut être mesuré par d'autresnombres.Nombreparfait, est celui qui est égal aux parties qui le composent, si on les ajoûte ensemble, comme 6. est parfait, parce qu'il égale la somme de 1. 2. 3. qui sont ses parties.Nombresourd, ouirrationnel, est unnombrequi n'a pas de proportion avec un autre.Nombrescosiques. Terme d'Algebre: ce sont les diverses puissances d'unnombremultiplié plusieurs fois par lui-même. Racine, quarré, cubique quarré de quarré, cubo cubique, &c. sont desnombres cosiques.Nombreentier, est celui qui n'est point divisé, qui est sans fraction.Nombrerompu, c'est unnombredivisé en plusieurs parties, ou fractions, qu'on écrit avec deux rangs de chifres, divisez par une barre, dont celui de dessus est le numerateur, celui de dessous le dénominateur.Nombrepoligone, en termes d'algebre signifie unnombreà plusieurs angles qui se forme par desnombresen progression Arithmetique ou égale; en telle sorte que s'ils étoient arrangez & marquez en points, ils feroient une figure à plusieurs angles. Par exemple, si on marque un point en haut, & deux en bas, cela fera un triangle, & lenombrede trois fera un trigone: Si on marque deux en haut & deux en bas, cela fera un quadrangle, ounombre quarré, qui feraquatre. Ce qui arrive quand la progression va seulement par un ou deux: mais si la difference desnombresest de trois, elle fera un pentagone, si elle est de quatre un exagone; si elle est de cinq un eptagone, & ainsi du reste. Voyez l'Algebre du P. Malebranche, où les propriétez de cesnombressont bien expliquées.Nombre,en termes de Palais, & en plusieurs Arts, se dit aussi d'une quantité incertaine, indéterminée. Quand on dit j'ai été mille fois chez lui, on prend unnombrecertain pour un incertain; unnombrerond c'est cent ou mille, &c. Nous n'étions pasnombre, c'est à dire, nous n'étions pas assez pour juger, pour tenir Chapitre, & déliberer: il faut ceder aunombre, à la force, à la pluralité. Dans les grands Corps, la plûpart ne servent que denombre. Il anombred'envieux: il a unnombreinnombrable d'écus. On dit mettre aunombre, ou dunombre, pour dire dans le rang, dans la liste, dans le Catalogue; on l'a mis aunombredes Saints. Il est dunombredes exilez. Il s'est mis dunombre, pour dire il s'est mis dans la troupe. On dit aussi dans le blazon, des étoilles, des fleurs de lys sansnombre, quand l'écu en est chargé sans qu'il y ait denombreprescrit.Nombreen Musique, en Poësie, en Rhetorique, se dit de certaines mesures, proportions, ou cadences qui rendent agréable à l'oreille un air, un vers, une période. Il y a un certainnombrequi rend les périodes harmonieuses: les vers sont composez d'un certainnombrede pieds ou de syllabes. Toute musique a un certainnombrede notes.Nombreen termes de Grammaire, se dit du singulier & du plurier, & du duel chez les Grecs & les Hebreux. Il faut que le substantif & l'adjectif s'accordent en genre, en cas, & en nombre.Nombred'or, est un terme du comput Ecclésiastique,qui est une période de dix-neuf ans, inventée par Methon Athenien, au bout de laquelle on void arriver les mêmes lunations, & la même Epacte, quoi que cette période ne soit pas tout à fait juste. Et on dit figurément en ce sens, qu'un homme entend lenombre d'or, quand il a trouvé l'art d'amasser beaucoup de bien.En Théologie on appelle le Livre desNombresun des Livres du Pentateuque, qui contient les cérémonies de la Loi de Moïse.En agriculture on appelle unnombrede gerbes, douze gerbes: Il faut troisnombresde bled pour faire un septier de grain. On a fourni trentenombresde gluis pour recouvrir cette bergerie.Nombrer.v. act.Compter sçavoir le nombre. Il y avoit une quantité de peuple si prodigieuse qu'on ne la pouvoitnombrer. On met dans tous les Contracts, cette somme a été comptée & nombrée en presence des Notaires.Nombreux.euse.adj.en grand nombre. La France est habitée par un peuple fortnombreux; l'assemblée étoit fortnombreuse.Nombreux,signifie aussi agréable à l'oreille, harmonieux. Cette période est fortnombreuse, ces vers sont fortnombreux.Nombreusement.adv.en grand nombre. Le peuple vintnombreusement& en foule faire ses plaintes au Roi, &c.Nombrils. m.C'est une partie du corps de l'animal composée de quatre vaisseaux umbilicaux, sçavoir une veine, deux artéres, & l'ouraque qui s'unissent ensemble, & sont renfermez comme dans un canal long, nerveux, tortillé; qu'on appellecordon,lacet, oupetit intestin; c'est par où le fœtus prend sa nourriture dans le ventre de la mere, & quand l'enfant est né, ces quatre vaisseaux ayant fait leur fonction, dégénérent enun ligament qui fait comme un nœud au milieu du ventre, qu'on appelle lenombril. La veine dunombrilest le lien du foye, quand elle est coupée il tombe & tire quand & soi le diaphragme. Ce mot vient deumbilicusLatin, & celui-ci deumbo, qui signifiebouton, oubossequi est au milieu d'un bouclier.NombrildeVenus, est une plante que les Grecs appellentcotyledon, les Latinsumbilicus Veneris,myrepsus,cymbalium; d'autrescymbalaria, & d'autresscatuucellus.En Botanique on appelle lenombril, oul'œil, dans les poires, les pommes, & autres fruits semblables l'endroit où sont enfermez les pepins.En termes de Blason, on appelle lenombrilde l'écu un point qui est au milieu du dessous de la fasce, & qui la separe de la pointe. Il portoit d'or à un écusson de gueules mis aunombril.NORD.s. m.Terme de Marine dont on se sert sur la mer Oceane pour signifier le pole arctique, ou Septentrional, qui est élevé sur nôtre horison. L'étoile duNordest la derniére de la queuë de la petite ourse, qui est à deux degrez du pole. On a fait virer le cap auNord. La boussole est ce qui marque leNord. Depuis leNordjusqu'au Sud. Le vent est tourné auNord. Le Soleil revient en Eté vers leNord.Nord, signifie aussi la partie du monde qui est Septentrionale, à l'égard de quelque autre païs. L'Angleterre est auNordde la France. Les Princes duNordsont la Suéde, le Danemark, la Lapponie, &c. Les peuples duNordaiment bien à boire. Les Navires Hollandois qui n'osent entrer dans la Manche sont contraints de prendre leur route par leNordd'Ecosse.Nord,est aussi le nom qu'on donne à un des quatre vents cardinaux, qui vient du côté du Septentrion,qu'on appelle autrement labise, & sur la Mediterranéetramontane. LeNordqui souffloit avec violence nous empêcha d'aborder; leNordest un vent froid & sec. Ces mots denord,sud,est, &oüestsont de vieux mots François dont on se servoit du temps de Charlemagne, qu'on dit être celui qui leur a donné ces noms; qui passent aujourd'hui pour Allemans.Nordest,est un quart de vent entre l'Orient & le Septentrion, que sur la Mediterranée on appelle galerne:Nordoüest, est un quart de vent entre le Septentrion & l'Occident, sur la Mediterranée on l'appellemaëstral.Nortnordest,nordnord quart au nordest, sont des subdivisions de vent entre l'Orient & le Septentrion; on fait la même subdivision à l'égard duNordoüest.Nordester.v. n.Terme de Marine qui se dit de l'aiguille aimantée, lors qu'elle décline duNordversl'Est, ou l'Orient; &Nordoüesterse dit quand elle décline du même point versl'Oüest, ou l'Occident.NOTA.s. m.Terme Latin dont on use au Palais & dans l'Ecole, pour signifier une marque qu'on met en quelque endroit d'un livre ou d'un écrit, quand il y a quelque chose de remarquable, & dont on veut se souvenir.Nota,se dit aussi d'une explication, d'une restriction, ou d'une observation que font les Auteurs d'un Livre, ou ceux qui en font faire l'édition, soit dans le texte, soit dans la glose, pour empêcher que le Lecteur ne se trompe: ou pour l'avertir de quelque chose. Cet article de compte est alloüé, mais il y a unnotaqui montre qu'il en faut faire la reprise.Nota,se dit dans le discours ordinaire pour tenir lieu de parenthese. Cet importun me vouloitencore conter son procés,notaqu'il étoit deux heures, & que j'étois à jeun.Notables.adj. m. & f. & s.qui est excellent, rare, singulier, remarquable, considerable; on le dit premiérement des personnes. L'élection des Echevins se fait par lesnotablesBourgeois qu'on mande à la Ville pour cet effet. On a fait autrefois une Assemblée desnotablesà Roüen, des personnes considerables de l'Etat.On le dit aussi des choses. Nous avons eu un avantagenotablesur les ennemis. Ce Marchand a fait une pertenotabledans ce naufrage. Il est engagé pour une sommenotabledans cette banqueroute. Plutarque a fait un traité des Ditsnotablesdes Lacedemoniens. Les Arrêtsnotablesont été recueillis par les Arrestographes.Notablement.adv.d'une maniére considerable. On a interessénotablementce Favori en une telle affaire, pour la faire réüssir. Cet homme a éténotablementblessé dans une telle mêlée.Notaire.s. m.Officier dépositaire de la foi publique, qui garde les nottes & minutes des Contracts que les parties ont passé par devant lui, & qui en delivre des expeditions qui sont authentiques & obligatoires, & portent hypotéques. LesNotairesdu Châtelet ont maintenant la qualité de Conseillers du Roy & Gardenottes. Les Secretaires du Roy s'appellent Conseillers,Notaires& Secretaires du Roy. Il y a quatreNotaires& Secretaires du Parlement. Ragueau fait une distinction entre lesNotaires&Tabellions, & dit qu'en plusieurs Villes lesNotairesreçoivent & passent seulement les minutes & nottes des Contracts, & les peuvent délivrer aux parties en Brevet; mais qu'ils sont tenus de les porter aux Tabellions pour les garder & delivrer en grosse aux parties si elles le requérent pour avoir une execution parée; & il se fondesur des Edits de François Premier dés années 1542. & 1543. mais ces Tabellions ont été supprimez par le Roy Charles IX. en l'Ordonnance d'Orleans; & maintenant on appelleNotairestous les Officiers Royaux qui reçoivent, & qui delivrent des grosses de toutes sortes de Contracts & conventions, &Tabellionsceux qui font la même chose dans les Seigneuries & Justices subalternes. On appelle maintenant l'étude desNotaires. On disoit autrefois boutique, & on le dit encore en plusieurs Provinces.LesNotairesont été ainsi appellez, parce qu'anciennement ils écrivoient par nottes ou écritures abregées, une lettre signifiant un mot entier; cela a donné occasion à Valerius Probus de travailler à l'explication des nottes des Anciens, comme il a fait trés-utilement. Magnon fit un traité des abbreviations du Droit dés le temps de Charles le Chauve; & Pierre Diacre en fit un plus ample au temps de l'Empereur Conrad; & Goltzius en a fait un pour l'intelligence des legendes des médailles.Notaire Apostolique, est unNotairequi reçoit & expedie des actes en matiére spirituelle & beneficiale, comme les résignations de Benefices, concordats de permutation, &c. Il a une commission du Pape confirmée & approuvée par l'Evêque diocesain, & il est opposé àNotaireRoyal.On dit proverbialement quand un homme est en réputation de garder sa parole, c'est autant que si tous lesNotairesy avoient passé. On dit aussi Dieu nous garde d'un &c. deNotaires, parce qu'ils font quelquefois six rolles pour expliquer ces trois mots de leurs minutes, promettant, &c. obligeant, &c. renonçant, &c.Notamment.adverb.particuliérement: On a donné ordre à ce Sergent de contraindretous les cottisez, ¬ammenttels & tels.Notariat.s. m.Qualité, charge, fonction de Notaire. On ne doit admettre auNotariatque des gens d'une vertu integre, d'une fidélité inviolable.NOTTE.s. f.terme de pratique, minute d'un Acte qu'on passe chez un Notaire; il n'est plus en usage que dans le composé en cette phrase, les Notaires sont créezGardenottesdu Roy.Notte,marque qu'on fait à quelque feüillet ou passage d'un livre pour le retrouver au besoin. J'ai lû ce livre, & j'ai fait desNottesavec un crayon, avec des coups d'ongle. On met un,hic, ou uneNotteà la marge d'un Contract pour en remarquer la clause décisive, ou importante.Notte.Est aussi une remarque ou explication qu'on met à la marge, ou au bas de la page d'un livre, d'un écrit, pour en faciliter l'intelligence. Le textuaire de Droit avec lesnottesde Godefroy est estimé. Lesnottesde Dumoulin sur la Coûtume de Paris. Lesnottesde Cujas, &c. Cette Bible est imprimée avec desnottesmarginales.Notte,se dit aussi de ce qui marque quelque défaut, ou imperfection. Dans un Dictionnaire on doit mettre unenotteà un mot quand il est vieux ou particulier à quelque art ou science; quand il est dans l'usage commun il n'y faut point denotte. Cette fille a épousé un honnête homme, mais il est bâtard, c'est une grandenotte. Quand quelqu'un est pendu, c'est unenottepour toute sa famille. On appelle aussinotted'infamie, celle dont une personne est marquée par sa profession, ou par quelque jugement. Le métier de Comedien porte avec soi unenotted'infamie. Toute condamnation à peine afflictive emportenotted'infamie.Nottes.Sont aussi des caractéres ou abreviationsqu'on fait, soit pour écrire promptement, soit pour signifier quelque chose. Herigone a fait cinq tomes d'un cours de Mathematique ennottes, qu'il prétend être une langue universelle, & pouvoir être entenduës de tout le monde. Les Jurisconsultes ont desnottes, comme §.paragrapho, ff.digestis. E.extra.Scto. senatus consulto.Les Romains avoient desnottespour leurs inscriptions,S. P. Q. R. Senatus, populusque Romanus,p. p. pater patriæ. Ce sont cesnottesanciennes qu'a expliqué Valerius Probus. Les Chimistes ont leurs nottesa, a, a, Amalgamer,s, s, s,stratum super stratum. L'Algebre a aussi sesnottesexpliquées à Algebre.Les Medecins, Chirurgiens & Apoticaires se servent denottesou caracteres, pour marquer le poids & les doses de leurs Ordonnances.NOTTE,en termes de Musique se dit des caracteres qui marquent les tons, les élevations ou les abaissemens de la voix, & ses mouvemens vîtes ou lents; enfin toutes les variations qui y doivent faire de l'harmonie.Lanottemaxime est figurée par un quarré long avec une queuë, elle vaut 8 mesures, quoi que le Pere Mersenne la fasse de 12. La longue est un quarré avec une queuë qui en vaut la moitié, ou quatre mesures: la bréve est un quarré sans queuë, qui vaut deux mesures; la semi-bréve est un quarré sans queuë, qui est posé sur ses angles, ou en losange, qui vaut une mesure, ou le lever & le baisser de la main; la minime est une losange avec une queuë, qui vaut la moitié d'une mesure; la noire a la même figure; mais elle est pochée & vaut un quart de mesure; la crochuë est la même figure avec un croc par en bas, qui vaut un huitiéme de mesure, & la double crochuë un seiziéme.Il y a aussi desnottesou caracteres pour signifier les pauses, les repos ou silences qui marquent qu'il faut se taire aussi long-temps qu'on est à chanter lanottequi précéde; elles se font avec des points ou des lignes qui traversent d'un réglet à l'autre.Les Grecs faisoient leursnottesde musique avec des lettres simples ou doublées, droites ou renversées, comme on prouve par les Livres de Bacchius, d'Alipius, de Porphire & de Boëce.On dit en ce sens qu'un homme chante sur lanotte, pour dire à livre ouvert sur un Livrenotté, ou qu'il fait des accords sur lanotte, sans avoir étudié ce qu'il chante.Note,se dit aussi pour signifier le ton. Il y a septnotesen Musique qu'on appelleut,re,mi,fa,sol,la,si; les six premiéres ont été inventées en l'an 1024. par Guy Aretin Moine Benedictin, qui les trouva à Pompose dans le Duché de Ferrare, sous le Pape Jean XX. lequel les reçût avec si grand applaudissement, qu'il commanda de mettre cette maniére de chanter en usage; aussi est-elle si facile, qu'on apprend plus de Musique en un jour avec cette méthode, qu'on ne faisoit autrefois en un an avec celle des Grecs, dont on s'étoit servi jusques alors. Il intitulaMicrologuele livre où il publia cette invention. Aretin a pris lesnottesut,re,mi,fa,sol,la, de l'Hymne des Vêpres de S. Jean Baptiste,Ut queant laxis, &c.La septiémenottea été inventée de nos jours par le Maire, qui est un,si, qui differe d'un demi ton du,la; il sert à éviter la difficulté des muances qui étoient restées dans la gamme de Guy Aretin; cette syllabe est plus haute d'un demi ton que le,la, & quand on voudra avoir un ton entier, on mettra une diése au dessous.On peut faire 720 variétez des sixnottesde Musique sans repeter la même deux fois; & on peut faire 40820 airs differens desnottesde chaque octave. Il y a des Organistes qui font 32nottesdans la mesure binaire, qui dure seulement une seconde de minute.Notte,se dit proverbialement en ces phrases: on dit d'un Menêtrier qu'il ne sçait qu'unenotte, qu'il n'aura qu'un double, pour dire qu'il ne sçait qu'une chanson. On dit aussi qu'un homme change denotte, quand il parle d'une autre maniére qu'il n'avoit fait, quand il supplie au lieu de menacer. On dit aussi de celuy qui ne sçait rien de la matiére dont on l'interroge, qu'il n'en sçaitnotte, qu'il n'en a pas retenu unenotte.NYMPHE.s. f.Fausse divinité que les Payens croyoient présider aux eaux, fleuves & fontaines. Quelques-uns en ont étendu la signification, & les ont prises pour Déesses des montagnes, des forêts, & des arbres, qu'on appelle particuliérement,Oreades,Dryades,Hamadryades&Napées, laNymphede la Seine, de la Loire.Nymphe.Dans les Romans se dit des Dames de condition qu'on introduit, à qui on donne un rang au dessus des Bergeres, comme dans l'Astrée laNymphe Galathée.Nymphese dit en ce sens des Maîtresses, que chacun se fait, en une compagnie, ou qu'on meine en une promenade. En cette partie de divertissement chacun avoit saNymphe, chacun fit danser saNympheà ce Bal.Nymphes,en termes de Medecine sont de petits aîlerons, ou parties molles & spongieuses qui sortent & avancent hors les lévres de la matrice; elles servent à guider l'urine, & à la conduire comme entre deux parois, ce qui leur a donné le nom deNymphes, comme qui diroit Damesdes eaux, ou du conduit d'où l'urine coule comme d'une source. On les appelle aussi aîles.Les Naturalistes appellentNymphela petite coque des vers à soye qui reste aprés qu'on en a devidé le cocon; c'est une pellicule jaune dans laquelle sont enfermez leurs œufs; ils l'appellent en Latinnympha aurea, autrementchrysalis. Tous les insectes volans, comme papillons, mouches & chenilles ont de semblablesnymphes, mais qui ne sont pas si sensibles. Voyez Swammerdam, qui en a fait un excellent volume.O.OBLAT.s. m.Est un Moine lay que le Roi mettoit cy-devant en chaque Abbaye ou Prieuré dépendant de sa nomination, auquel les Religieux étoient obligez de donner une portion monachale, à la charge qu'il sonneroit les cloches, qu'il balayeroit l'Eglise & la court. Ces places étoient destinées à des soldats estropiez & invalides. Cette prestation s'est convertie en argent, qui étoit taxée à vingt écus, puis à 100 livres, & enfin on l'a augmentée jusqu'à 150 livres. Depuis on a transferé tous ces oblats avec leurs pensions, à l'Hôtel des Invalides à Paris. Pasquier dit que les oblats commencerent à avoir lieu du temps desCapets, & que le Roi se départant du droit qu'il avoit d'assister à l'élection des Abbez, se réserva le privilege d'aumôner une place de Religieux à un pauvre soldat impotent; & alors il donna de ces Oblats dans les Monasteres électifs seulement.OBTUS,s. m.Terme de Geometrie. Anglequi a plus de 90 degrez ou d'un quart de cercle. Un triangleobtusest celuy qui a un de ses angles obtus.Obtusse dit figurément d'un esprit qui n'est point subtil ni pointu, qui est émoussé. C'est un homme qui a l'espritobtus.OBTURATEURS.adj.Terme de Medecine qui se dit de deux muscles de la cuisse, parce qu'ils bouchent le trou qui est entre l'os pubis & celuy de la hanche.OGIVE.s. f.Terme d'Architecture. C'est le trait d'une voute qui au lieu d'être en berceau ou en plein ceintre, trace une diagonale en forme d'arrête.Les deuxogivesdiagonales en se croisant forment la clef de la voute. Les arcs en berceau d'où lesogivessortent, s'appellentarcs doubleaux; & ce qui est entre lesogives& les arcs doubleaux, s'appelle lependentifde la voute. Les parties desogivesqui sont en saillie, s'appellent lesnerfs.OGOESSES.Terme de Blason qui se dit des tourteaux de sable pour les distinguer des autres qui se nommentGulpes, quand ils sont de pourpre; quand ils sont de geules,guses; quand ils sont d'azur,heurtes; & quand ils sont de sinople,pommesouvolets, quoy qu'ils retiennent tous en général le nom detourteaux.OIGNEMENT.s. m.Action par laquelle on oint, on parfume. Le lavement & l'oignement des pieds étoit une honnêteté que les juifs faisoient à leurs hôtes, à ceux qu'ils vouloient honorer, comme celuy que fit la Madelaine au Sauveur.OISEAU.s. m.Animal qui s'éleve en l'air, qui le traverse, qui s'y tient suspendu par le secours de ses plumes & de ses aîles. LePhenix, s'il y en a, passe pour le Roi desoiseaux. C'est une erreur de croire que lesoiseauxde paradis volent toûjours, ils ont des pieds avec lesquels ils s'attachent aux branches pour dormir. Les Romains observoient avec soin le vol desoiseaux. A l'arrivée des Européans dans les Isles de l'Amerique, tous lesoiseaux, à ce qu'on dit, étoient privez parce qu'on ne leur faisoit point la guerre. Ce mot vient d'Avicellus, ouAucellus, dont les Italiens ont fait aussiAugello. Ménage & Du Cange.On appelle en termes de Fauconnerie,oiseauxde proye, les grosoiseauxqui vivent de grip, de rapt & de rapine, qu'on dresse & qu'on apprivoise. On appelleoiseauxniais ceux qui sont pris au nid.Oiseaubranchier celuy qui n'a encore que la force de voler de branche en branche. Unoiseausor, celuy qui n'a point encore mué, il ne se dit que des oiseaux de passage, & non du niais & du branchier. Unoiseauhagard, celuy qui a été à soi, qui est plus farouche. Unoiseaude bonne ou de mauvaise affaire, celuy qui est docile ou farouche. On appelle parement de l'oiseau, la maille qui luy couvre le devant du col; manteau d'oiseau, le plumage des épaules, du dos & du dessus des aîles. Serres d'oiseau, ce sont leurs griffes. Mains d'oiseau, ce sont leurs pieds. La couronne de l'oiseau, c'est le duvet qui couronne, qui joint le bec à la tête. On appelle train de l'oiseau, son derriére, ou son vol.On appelleoiseaude poing, celuy qui étant reclamé, fond sur le poing sans entremise de leurre, comme l'autour & l'éprevier;oiseaude leurre, celuy qui fond sur le leurre, quand on le luy jette, & delà sur le poing. On en compte dix ordinaires, faucon, gerfaut, sacre, lanier,aigle, tagarot, émerillon & hobereau, le faucon & le sacre bâtards,oiseaude montée, est celuy qui s'éleve fort haut, comme le milan, le heron, &c. Il y a desoiseauxpour la haute & pour la basse volerie.Oiseaupillard celui qui pille & détrousse un autre;oiseauchariard, qui dérobe sa perdrix;oiseaubas & tenu par le Bec, c'est à dire, en faim. L'oiseauBâtard est, par exemple, un faucon né d'un tiercelet de faucon & du lanier; ou un sacre né du sacret & du lanier.On appelleoiseauxvilains, poltrons & tripiers ceux qui ne suivent le gibier que pour la Cuisine, qu'on ne peut affaiter ni dresser, comme les milans & les corbeaux, qui ne combattent que les poulets, lesquels n'ont ni vol ni défense. Unoiseaudépiteux, qui ne veut pas revenir, quand il a perdu sa proye. Unoiseauattrempé est celuy qui n'est ni gras ni maigre. Unoiseauâpre à la proye, bien armé de bec & d'ongles. Unoiseaufort à Delivre, qui n'a point de corsage qui est quasi sans chair, comme le heron. On appelleoiseauallongé, celuy dont les pennes sont bien entieres, qui ont toute la longueur qu'elles doivent avoir; unoiseautrop en corps, celuy qui est trop gras. On dit aussi unoiseaude bonne aire, unoiseaude grand travail & de bon guet, unoiseaude bonne compagnie, unoiseaupantois ou asthmé, unoiseauégalé, quinteux, escartable, rebuté, unoiseaud'échappe. Unoiseaubon chaperonier. Il y a aussi desoiseauxde nuit, de mauvais augure, de voirie, desoiseauxde jour,oiseauxde parade, de babil, & cageolleurs,oiseauxsauvages, passagers, de combat, de volerie, de marais, de marine, qui rasent les étangs, & sont bons poissonniers, &c.Lesoiseauxde leurre doivent avoir les mahutes hautes, les reins larges, bien croisez, bas assis, cour-jointez, les mains longues. On dit aussi apoltronir unoiseau, l'acharner, l'abecher, l'abattre, l'abaisser, l'entraver, l'essimer, & plusieurs autres phrases qui sont expliquées à leur ordre.On appelleoiseauxde riviére, les canards, sarcelles & autres aquatiques qui aiment les eaux.Oiseauxde bois, les gelinottes, les faisans.Oiseauxpassagers, les beccasses, les cailles, les guignards.Oiseauxdomestiques, les poulles, les canes, oyes. On appelleoiseauxde voliére, ceux qu'on garde en cage pour leur chant, leur ramage, leur gazoüillement, comme rossignols, serains, linottes, chardonnerets, &c.Il y a desoiseauxqui ne sont bon qu'à mettre à l'engrais, comme les coqs qu'on chaponne, qui perdent leur chant. Il y a desoiseauxqui ne volent jamais, comme l'Autruche & le casuel. Kircher dit qu'il y a unoiseauen la Chine qu'on appellehoang cio yu, qui change de nature deux fois l'an; il estoiseautout l'Eté & se transforme en poisson durant l'hiver. Ce nom veut dire poisson jaune.On appelle tirer à l'oiseau, quand on dispute le prix en s'exerçant à tirer de l'arc ou du fusil sur unoiseaude bois qu'on nomme le papegay.Lesoiseauxde leurre en terme de Blason témoignent la noblesse, parce qu'ils sont des marques d'hommage & de redevance; ce qui a fait que dans les sceaux anciens on a representé les Chevaliers avec une épée nuë à la main droite & unoiseaude leurre à la gauche. Les Poëtes ont appellé l'Aigle l'oiseaude Jupiter, le paon l'oiseaude Junon, le hibou l'oiseaude Pallas, le pigeonl'oiseaude Venus, & le peuple appelle maintenant un bœufoiseaude S. Luc.Oiseaude Limosin est une espece de vaisseau qui sert à porter le mortier dans les ateliers: il est composé de deux ais joints d'un côté en équerre & arrondis par l'autre extrêmité, il se porte sur les épaules.Oiseause dit proverbialement en ces phrases: Petit à petit l'oiseau fait son nid, en parlant des choses qui se font lentement & peu à peu. On dit que la belle plume fait le beloiseau. On dit aussi: Ce n'est pas viande pour vosoiseaux, pour dire, Cela ne vous est pas destiné, c'est pour des gens d'une plus grande qualité. On dit qu'un homme a battu les buissons, & qu'un autre a pris lesoiseaux, pour dire qu'il a travaillé, & que les autres en ont profité. On dit qu'un homme est comme l'oiseausur la branche, quand il n'a point de logement d'employ, de fortune assurée.On dit aussi qu'un homme est battu de l'oiseau, quand il lui est arrivé plusieurs malheurs, plusieurs pertes qui lui ont abattu le courage. On dit aussi d'un prisonnier qu'on a manqué, ou qui a brisé les prisons, que l'oiseaus'en est envolé. On dit aussi: Voilà une grande cage pour un petitoiseau, quand un homme de peu de considération est logé dans un logis magnifique. On dit qu'unoiseauen a dans l'aîle, quand il a reçû un coup qui l'empêche de voler; on le dit figurément des hommes, dont la santé ou la fortune sont ruinées. On dit aussi ironiquement qu'un homme est un beloiseau, pour témoigner un grand mépris de sa personne.Oiseler.v. act.terme de Fauconnerie qui signifie dresser unoiseau; oiseler un faucon pour le faire Bon gruyer, bon heronnier, l'affaiter, le leurrer & assurer, commencer à le mettre dedans& l'employer à voler. On dit aussi mettre l'oiseauà poil, pour dire le dresser à voler gibier à poil.Oiseleries. f.métier de prendre, d'élever & de vendre desoiseaux.OISELETouOISILLONs. m.petit oiseau.OISELEUR.s. m.celui qui prend des oiseaux. On le dit particuliérement de ceux qui prennent desoiseauxde chasse au passage. Ménage a fait une belle Eglogue intitulée l'Oiseleur.OISELIER.s. m.celui qui vend desoiseauxde voliére, qui les éleve en cage.OMBELLE.s. f.Terme de Blason qui se dit d'une espece de parassol que le Doge de Venise met sur ses Armes par une concession d'Alexandre III. quand il se réfugia à Venise en fuyant la persecution de Federic. Elle est quelquefois sur les Armes de la République.Ombelleen termes de Botanique est une partie de la plante, dont le bout de la tige se divise en plusieurs autres moindres tiges, lesquelles portent des bouquets ou graines; comme le fenoüil & l'anet sont des plantes àombelle. Ce mot vient de ce que ces petites tiges s'ouvrent & sont disposées de la même maniére que les bâtons qui supportent un parassol, ouombelle.OREILLE.s. f.partie double de la tête des Animaux qui leur sert à ouïr, à entendre les sons qui la frappent. Pour la perfection de l'ouïe la Nature nous a donné une oreille exterieure & une interieure: l'exterieure est d'une substance membraneuse, & cartilagineuse, c'est à dire, mitoyenne entre l'os & la chair. Sa figure est presque en demi cercle, & creuse par dedans, comme une petite caverne; le haut de l'oreilles'appelle l'aîle ou l'aîleron; l'extrêmité de son tour enfoncé du devant au dedans s'appelle gibbeuse, le trou & le creux de dedans s'appellela petite coquille, ouconque, parce qu'elle ressemble à l'entrée de la coquille d'un limaçon; la cavité qui est auprés du conduit de l'oreille, en laquelle s'amassent ses ordures, s'appelleRuche; & cette glu ou ordure qu'on en tire avec un cure-oreille, s'appelle lesuif, & par quelques-uns lacire; le bout ou tendon qui est plus gras & charnu, s'appellelobe, ce bout-là rougit d'ordinaire, quand on a de la honte; & tout le circuit de l'oreillese nommehelix, c'est à dire,touroutortis. Le conduit de l'oreilleest formé de parties cartilagineuses & osseuses. Les animaux couverts de plumes ou d'écailles n'ont point d'oreillesexterieures, mais ils ont un trou ouvert pour ouïr.L'oreille interneest située en l'os pierreux derriére l'apophyse mamillaire, dans la partie écailleuse de l'os des temples, & est separée de l'organe externe de l'ouïe par la membrane du tambour: Elle est composée de quatre conduits; le premier qui est tourné vers le dehors, & toûjours ouvert, est celui qui donne passage au son, il est tortueux, biaisant, long & étroit, au bout duquel il y a cette membrane qu'on nomme tambour, qui est mince & seche, déliée & qui a le sentiment extrêmement vif. Ceux qui l'ont trop dense & épaisse dés leur naissance sont des sourds incurables. Derriére cette membrane on trouve une seconde cavité, que quelques-uns appellent laquaissedu tambour, & d'autres lebassin, dans laquelle est contenu un certain air naturel & interne, que les anciens Medecins ont appellé implanté, qui selon eux, reçoit aisément l'impression de celui de dehors, & ils tiennent qu'il sert à l'ouïe, comme le crystalin à la vûë. Là on découvretrois petits os à qui on a donné le nom de leur figure; le premier est fait comme un petitmarteau, le second comme uneenclume, & le troisiéme qu'on nommeétrier, est triangulaire, comme étoient les étriers antiques. M. du Vernay en a découvert un quatriéme sur la tête de l'étrier; & ce qui est à remarquer, c'est qu'ils sont aussi gros & aussi grands aux enfans qu'aux hommes d'âge. Ils sont placez dans la cavité de la quaisse. Il y a une corde fort deliée qui passe derriére la peau du tambour, de même que le tymbre qui fait resonner un tambour de guerre. On doute si c'est une veine, un nerf ou une artere, tant elle est petite. Du Vernay dit que c'est un nerf. Il y a aussi des muscles dans cette cavité, dont deux servent au mouvement du marteau, & l'autre à celui de l'étrier. Ils sont si déliez qu'à peine les peut-on voir. Ils servent au flux & au reflux, ou au double mouvement du marteau: il y a aussi deux petites fenêtres, dont la plus haute s'appelleovale, à cause de sa figure. La seconde est sans nom; & il y a un conduit qui va jusques dans le palais. La troisiéme cavité qui est creusée dans l'os pierreux, s'appelle lelabyrinthe, pour ce qu'il y a plusieurs trous & chambrettes cachées. Elle est faite comme une coquille d'escargot. Sa premiére partie s'appelle leVestibule, qui a 9. ouvertures, & la derniére lelimaçonoutrou aveugle, parce qu'il est sans bout & issuë. Il est composé d'une lame spirale montante, qui separe en deux un canal demi ovallaire, qui fait deux tours & demi au tour du noyau du limaçon toûjours en diminuant, & forme comme deux rampes d'escalier. C'est dans cette partie que du Vernay met l'organe immédiat de l'ouïe. Enfin on trouve le nerf de l'ouïe qu'on nomme lenerf auditif, qui prend son origine dela cinquiéme conjugaison suivant les Anciens, & la septiéme suivant les Modernes. Il y en a aussi un rameau de la seconde paire vertebrale, qui porte les images de tous les sons au sens commun. Enfin il y a un petit conduit cartilagineux, qui va de l'ovale dans le palais de la bouche, qu'on nommeaqueduc, & qui est fermé par une petite valvule, ou sous pape: de là vient que les sourds entendent un peu par la bouche, & qu'en leur faisant prendre le manche d'un luth avec les dents, ils en entendent l'harmonie. Dessous & derriére les oreilles il y a des glandules qu'on appelleparotides, qui sont des émonctoires par où le cerveau se décharge, & quand elles sont trop humectées, il s'y fait des tumeurs que le peuple appelleorillonsouoripeaux. Ce mot d'oreillevient du Latinauris, que Dulaurens dérive dehaurire, qui signifie tirer ou puiser, parce que les oreilles tirent & reçoivent la voix & les sons dans leurs cavitez. Quelques Medecins ont crû que quand lesoreillesétoient coupées, les hommes devenoient stériles, & que de là est venuë la coûtume de couper lesoreillesaux larrons de peur qu'ils n'engendrassent de petits larronneaux.Lesoreillesdes Animaux sont faites diversement. Le Veau marin & toutes les especes de lezards & de serpens n'ont point du tout d'oreillesexternes; le singe & le porc-épic les ont applaties contre la tête comme les hommes; il y a une espece de Baleine qui a l'ouverture de l'oreillesur les épaules. Les taupes ont le conduit de l'oreillefermée par une petite peau qui s'ouvre comme une paupiére. La tortuë, le cameleon aussi bien que la plûpart des poissons, ont le conduit de l'oreilletout à fait bouché.Les bruits, les tintoins, les bourdonnemens sont des maladies desoreilles. Quand on dit qu'unhomme a l'oreille dure, c'est à dire, honnêtement qu'il est sourd.Les Incas du Perou se faisoient particuliérement remarquer par leursoreilles, dont la largeur étoit si prodigieuse qu'elle est incroyable. Ils accordoient aux Capitaines qui les avoient bien servis, comme un grand privilege la permission de se percer lesoreilles, à condition que le trou n'en seroit pas la moitié si grand que celui de l'Inca, & on leur donnoit même la mesure du trou, afin qu'il ne fût pas plus grand que le privilege portoit. Ils y portoient des pendans d'oreilleattachez à deux filets, longs d'un quart d'aune, & gros d'environ la moitié d'un doigt, ce qui les fit appeller par les Espagnolsorejones, c'est à dire, hommes à grandesoreilles. Cette coûtume de se percer lesoreillesétoit aussi en usage chez les Indiens d'Orient, dont il est fait mention ci-aprés au motPendans d'oreille.Oreilleen termes de Musique, se dit du jugement que l'oreillefait des sons. Cet homme danse bien, il a l'oreillefine, juste, delicate, il observe la cadence. Cet homme n'a point d'oreille, ne distingue pas les tons & les mesures. On dit aussi des Orateurs & des Poëtes qu'ils doivent avoir de l'oreille, pour dire qu'ils doivent observer la cadence de leurs Vers, de leurs périodes, éviter les cacophonies. Un Ancien a dit que le jugement de l'oreilleétoit fort rigoureux.On dit en ce sens d'un discours, des paroles, qu'elles blessent, qu'elles choquent lesoreilles, quand elles déplaisent. Les ordures blessent lesoreilleschastes. Les barbarismes choquent lesoreillesdes gens polis. Les belles paroles n'écorchent point l'oreille. Les grands ont lesoreillesdelicates, se choquent de peu de chose. La Musique charme, flatte, chatoüille l'oreille. Il y abien des gens qui se laissent prendre par l'oreille, charmer par une belle voix, persuader par un beau discours. On dit aussi qu'une chose sonne mal auxoreilles, quand elle est odieuse, quand on en a mauvaise opinion. On dit qu'un homme a l'oreilled'un Prince, d'un Ministre, pour dire qu'il en a de favorables audiences, & tant qu'il veut; qu'il lui souffle, qu'il lui corne auxoreillesquelque chose, pour dire qu'il fait tant qu'il le persuade. Il lui a dit un mot à l'oreille, pour dire qu'il lui a donné un avis secret.A Syracuse il y a un lieu qu'on appelle l'oreillede Denis le Tiran, c'est un trou qui perce dans une montagne, & qui fait qu'on entend en haut tout ce qui se dit en bas, quoi qu'à une grande distance.On dit que la gelée, le vent, la grêle ont donné sur l'oreilleaux fruits, au bleds, pour dire qu'ils en ont été endommagez, qu'ils baissent l'oreille. On dit aussi d'un chapeau, qu'il baisse l'oreille, pour dire que les bords ne le soûtiennent pas bien; qu'il fait le clabaud: c'est une métaphore tirée des chiens de chasse qui ont de grandes oreilles pendantes.Oreillede cochon, est la partie du cochon la plus delicate pour manger en ragoût.Oreillede Parisien est un petit ouvrage de Patisserie fait de bœuf fort épicé, enveloppé d'une pâte legere en forme d'oreille, qu'on appelle autrementrissolle.Oreillesdu cœur sont deux petites parties ou ouvertures du cœur faites en forme d'oreilles, dont la droite aboutit à la veine cave, & la gauche à l'entrée de l'artere veineuse. Elles servent à recevoir le sang, & à en faire la circulation dans le cœur; l'oreillegauche du cœur se dilate, quand le cœur se resserre pour en faire sortir le sang.Oreilleen terme de mer se dit des voiles Latines qui sont triangulaires, qu'on appelleoreillesde liévre ou à tiers point à la difference de celles qui sont à trait quarré. On appelle aussi lesoreillesou les pattes d'un ancre.Oreilleen termes d'Artisans, se dit aussi de deux petites avances qu'on applique au bord d'une écuelle pour la tenir plus facilement. Une écuelle àoreilles.On appelle aussioreillela partie d'un cercle de fer qui est au haut d'un chauderon dans laquelle l'anse est mobile; & dans un minot la partie du cintre où sont attachez les deux bouts de la potence.On appelle aussioreilleles deux grosses dents d'un peigne qui sont aux extrêmitez, qui conservent les autres.On appelleoreillesd'un cadenas, ses ouvertures dans lesquelles son anse est mobile.Oreillese dit aussi du bord replié d'un livre, quand on veut y faire quelque marque pour retrouver aisément quelque endroit singulier, ou l'endroit où on en est demeuré en le lisant, cela arrive aussi aux livres frippez, qu'on a beaucoup maniez avec peu de soin.Oreillese dit aussi de cette petite courroye où se termine le quartier du soulier, qui sert à y attacher des rubans, ou des boucles pour le serrer.Oreilleen terme d'Organistes, se dit de deux petites plaques de plomb que l'on soude sur les tuyaux à côté de leur bouche ou lumiére, qu'on abaisse ou qu'on releve pour faire des sons plus graves ou plus aigus: ils les nomment ainsi, parce qu'il semble qu'elles écoutent si les tuyaux sont d'accord.On appelle en termes de Blasonoreillesdeuxpetites pointes qui sont au haut des grandes coquilles, comme celles de S. Jaques.On appelleoreillesd'abricots des abricots confits dont on a ôté les noyaux, & dont on a rejoint les deux moitiez, en sorte que l'extrêmité de l'une n'aille qu'au milieu de l'autre, ce qui represente une espece d'oreille.Oreilled'ours est une petite fleur printaniére qui pare agréablement un parterre, quand on la sçait bien disposer: car il y en a de plusieurs couleurs. Cette herbe est une espece de saniclet qui a les feüilles grandes comme le plantain, & roulées dans le bourgeon: elles ont certains replis ou bords fort artistement faits, on l'appelle en LatinUrsi auricula, oudentaria minor, oulunaria sanicula, ouartritica.Oreille d'âne, est aussi un nom qu'on donne à la grande consolide qui est une plante fameuse en Medecine. VoyezConsolide.Oreillede Rat, ou de souris, est le nom d'une plante qu'on appelle en Latinpilosella, c'est une espece de mouron, elle rampe toûjours par terre, & a des feüilles disposées en étoile, couvertes de poils blancs, ses tiges aussi rampantes ressemblent à de petites cordes souples rondes & veluës, qui prennent racine & poussent des branches nouvelles. Ses fleurs sont jaunes, qui à leur maturité s'envolent en bourre; ses racines sont déliées, & pourtant difficiles à arracher. Si on coupe la plante, elle rend du lait: son suc est astringeant, constipe le bêtail, & le fait mourir. Mathiole.

Mastgemelléoujumellé, est celui qui est fortifié par plusieurs piéces de bois qui y sont étroitement jointes, qu'on appellejumellesougaburons, oucostons. On l'appelle aussimast reclampé,renforcé, ousurlié, & s'il est enté par le haut, on le nommemast affusté,ajusté. On dit aller àmâts& à cordes, ou semettre à sec, quand on a abaissé toutes les voiles & les vergues pour éviter la furie du vent.

Les bateaux navigeans sur les riviéres ont aussi unmastpar où passe le cable, qui sert à les tirer avec des chevaux.

Mast,se prend quelquefois pour un Vaisseau. Il y avoit centmâtsdans cette armée, c'est à dire, cent vaisseaux. On voit une forest demâtsdans le port d'Amsterdam.

On appelle aussimâtsdans un camp les piéces de bois qui servent à soûtenir les tentes.

En termes de blason on appelle unmastdesarmé, quand il est peint sans voiles.

MEDIASTIN.s. m.terme d'anatomie; c'est une continuation de la membrane qui s'appellepleure, laquelle est tenduë sous toutes les côtes & enferme la région moyenne ou vitale, autrement nommée lethorax. Quand cette membrane est arrivée au milieu de la poitrine, elle se double de part & d'autre, & va de l'épine du dos au brechet séparant le côté droit d'avec le gauche, & c'est ce qu'on appelle vulgairement lemediastin, qui s'étend en longueur depuis les clavicules jusqu'au diaphragme, & en hauteur depuis l'os de la poitrine jusqu'au corps des vertebres, il soûtient les visceres, de peur qu'ils ne tombent d'un côté ni d'autre.

MEDIN,terme de relations, c'est une monnoye de Turquie, d'argent fin qui vaut dix-huit deniers monnoye de France, ou deux aspres de Turquie. Il y a aussi desMedinsde Barbarie, qui est une monnoye Africaine dont Bodin fait mention.

MENEAU.s. m.terme d'architecture; c'est la séparation des ouvertures des fenêtres ou grandes croisées. Autrefois on faisoit de grosmeneaux& croisillons de pierre au milieu des croisées qui défiguroient tout un bâtiment. Lesmeneauxou croisillons doivent avoir quatre ou cinq pouces d'épaisseur.

MESOLABE.s. m.instrument de Mathematique inventé par les Anciens pour trouver méchaniquement deux moyennes proportionnelles, lesquelles on n'a pû faire encore géometriquement; il est composé de trois parallelogrames qu'on fait mouvoir dans une coulisse jusqu'à certaines intersections. Sa figure est décrite dans Eutocius en ses Comm. sur Archimede.

Mesplat.adj.Terme d'artisan, qui se dit des piéces des ouvrages qui ont plus d'épaisseur d'un côté que d'autre, & particuliérement des piéces de bois de sciage.

METACARPE.s. m.Terme d'anatomie. C'est une partie du squelet qui contient quatre os de la paume de la main, situez entre ceux du poignet & ceux des doigts: on l'appelle aussi avant-poignet, & c'est ce qui forme la paume de la main: les Latins l'appellentpost brachiale.

METAPHYSIQUE.s. f.Derniére partie de la Philosophie dans laquelle l'esprit s'éleve au dessus des êtres créez & corporels, s'attache à la contemplation de Dieu, des Anges & des choses spirituelles, & juge des principes de toutes connoissances par abstraction & détachement des chosesmaterielles. Aristote a écrit plusieurs Livres deMétaphysique. Descartes a laissé plusieurs méditationsmétaphysiquesincomparables. On l'appelle aussi Théologie naturelle, & c'est comme le tronc ou la racine de toutes les sciences; son objet est l'être en général en tant qu'il est séparé de toute matiére, soit réellement, soit par la pensée. M. Duhamel prétend que ce nom a été forgé par les sectateurs d'Aristote, & qu'il lui a été tout à fait inconnu.

Metaphysiquement.adv.D'une maniéremétaphysiqueélevée au dessus de la matiére & des êtres sensibles. Il y a des choses qu'on ne peut concevoir quemétaphysiquement.

Metatarse.s. m.Terme de Medecine. C'est une partie du squelet de l'homme, qui compose la partie mitoyenne du petit pied, & qui contient cinq os entre le talon & les arteils.

METOPE.s. m.Terme d'Architecture. C'est l'intervalle ou quarré qu'on laisse entre les trigliphes de la frise de l'ordre dorique, il represente l'endroit où aboutissent les solives ou poutrelles d'un bâtiment: ces quarrez sont quelquefois emplis d'ornement, comme de têtes de bœuf, & autres choses qui servoient aux sacrifices des Payens.

Metopion.s. m.Est un arbre qui naît en Afrique vers l'Ethiopie, d'où, selon Pline, distile sur le sable la gomme de l'ammoniac; mais Pline se trompe, & l'ammoniac est un sel & non une gomme. Dioscoride dit queMetopionest une plante de Syrie, d'où distile le galbanum.

Metoposcopie.s. f.Art qui enseigne à connoître le temperament & les mœurs des personnes par la seule inspection des traits du visage. Ce n'est qu'une partie de la physionomie,parce que celle-ci fonde ses conjectures sur toutes les parties du corps. L'une & l'autre sont fort incertaines. Le mot est Grec & signifie inspection du visage.

MEZZANIN.s. m.terme de Marine. C'est un arbre ou troisiéme mast qu'on met quelquefois sur la Mediterranée, dans les Galeres entre l'arbre de mestre & la pouppe, qui est garni de sa voile.

Mezzanine.s. f.Est un terme qui se trouve employé par quelques Architectes, pour signifier uneentre-solle.

Mezeline.s. f.Est une sorte d'étoffe mêlée de soye & de laine.

Mezeau.s. m.Vieux mot qui signifioit autrefoisladre, d'où on a faitmezelerie, qui a signifié ladrerie; il vient de l'Italienmezzo, qui veut direpourri,gâté,corrompu, Ménage: d'autres le dérivent demiser&miseria, & demisellus.

Mezaraique.adj.Terme de Medecine, qui se dit des veines du mesentere qui succent le chyle des intestins pour le porter au foye: on les appelle aussimesenteriques.

Mezail.s. m.Terme de Blason, qui se dit du devant, ou plûtôt du milieu du devant du heaume qui s'avance à l'endroit du nez, & comprend le nazal & le ventail; de là vient que les Princes & grands Seigneurs portent leurs timbres ayant lemezailtarré ou tourné de front, c'est à dire, lemezailparoissant également éloigné des oreilles. Ce mot vient du Grecmesson. Borel.

Mezereon.s. m.terme de Pharmacie: c'est une plante medicinale qu'on appellethimælea, qui porte le granum gnidium, que plusieurs confondent avec la laureole, dont les Apoticaires font des pilules qui sont si violentes & dangereusesdans les purgations, que les Arabes l'appellentlyon de la terre, ou herbe qui fait les femmes veuves: les Païsans appellent son fruitpoivre de montagne, à cause qu'étant seche il ressemble au poivre, & qu'il est si piquant au goût qu'on ne le sçauroit souffrir tout seul.

Microscopes. m.Terme d'Optique. C'est une lunette qui sert à découvrir les moindres parties des plus petits corps de la nature, parce qu'elle grossit les objets extraordinairement. Il s'en fait de plusieurs façons, les uns avec quatre verres qui ont un tuyau long d'un pied; d'autres avec une petite lentille grosse comme une tête d'épingle qui font un fort bel effet. L'Inventeur duMicroscopeest le même que celui qui a inventé le Telescope, appellé Zacharias Jansen ou Joanides; on attribuë à M. Hugenes l'invention de celui qui est fait avec une petite lentille, & néanmoins on trouve que le Pere Maignan Minime en a parlé long-temps auparavant dans le 4. tome de son Cours Philosophique, &c.

NAVIRE.s. m.Terme de Marine, Vaisseau de haut bord pour aller sur la Mer avec des voiles; on le dit en général de toutes sortes de grands Vaisseaux, à la réserve des Galéres, on l'appelle aussi simplementBord, ouVaisseau, & ce mot est le plus en usage. Ce Port est capable de tant deNavires. LesNaviressont à l'ancre en une telle Rade.Navirede guerre,Naviremarchand. On dit armer, équipper, fretter unNavire. La grandeur d'unNavires'estime par son port, qui est de tant de tonneaux, dont chacun pese deux milliers. On distingue aussi lesNaviresdu premier, du second, du troisiéme, du quatriéme & du cinquiéme rang selon la grandeur de leur quille, leur port ou capacité, le nombre de leurs ponts, ou des canons dont ils sont montez. LesNaviressont réputez meubles par le titre dix du Livre second de l'Ordonnance de la Marine; ils peuvent être néanmoins vendus par decret, si leur port est au dessus de dix tonneaux, suivant les formalitez du tître quatorziéme du même Livre; ils ne laissent pas d'être réputez immeubles à l'égard des hypotecques seulement; mais ils ne doivent point de lods & ventes, & ils ne sont point sujets au retrait lignager, ni à la licitation à l'égard des combourgeois. Les affiches des criées s'appliquent au grand mast duVaisseau, & au parquet de l'Admirauté. ToutNavireallant en guerre ou en long cours doit être consideré en ces trois parties, laBourgeoisieà qui appartient leVaisseau, qu'elle doit fournir avec bons apparaux, armes & artillerie; l'Equipagequi consiste aux gens de guerre & Mariniers, pages, garçons & gourmettes; leVictuailleurqui fournit les victuailles, les poudres, boulets, cloüages, chaînes, carreaux, grenades, & tout ce qu'on nommearmement, & chez les Levantinssartie. LeNavireest composé de plusieurs parties qui seront expliquées à leur ordre; ce mot vient du LatinNavis. Plusieurs croient que Janus a été l'inventeur desNavires, à cause qu'il y en avoit de marquées sur le revers des plus anciennes monnoyes de Gréce, de Sicile & d'Italie, suivant le témoignage d'Athenée.

On dit au feminin laNavired'Argo, en parlant de ce fameux Vaisseau qui le premier traversa la mer de la Gréce pour aller à la conquête de la Toison d'or sous la conduite de Jason, & de cinquante-quatre Argonautes.

Le plus fameuxNavirede l'Antiquité est celui de Ptolomée Philopator, qui étoit long de 280. coudées, large de 38. haut de 48. & qui du haut de la pouppe jusqu'à la mer en avoit 54. Il portoit 400. rameurs, 400. matelots, & 3000. soldats; celui qu'il fit pour naviger sur le Nil étoit long d'une demi stade, & large de 30. coudées, mais ce n'est rien en comparaison duNavired'Hieron construit sous la conduite d'Archimede, de la fabrique duquel Moschion, au rapport de Snellius, a écrit un Livre entier; on y employa le bois destiné à faire 60. Galéres, & 300. Ouvriers sans les manœuvres; le dedans étoit si bien distribué, qu'il y avoit une loge particuliére pour chacun des rameurs, des matelots, des soldats & passagers: il y avoit aussi plusieurs salles à manger, chambres, promenoirs, galeries, jardins, viviers, fours, écuries, moulins, un Temple de Venus, des bains, des salles de conference, &c. Outre cela il y avoit un rempart de fer, huit tours, deux en prouë, deux en pouppe, les autres sur les côtez, avec des murs & bastions, sur lesquels il y avoit plusieurs machines de guerre, dont une entr'autres jettoit une pierre du poids de trois cens livres, ou une fléche de douze coudées, à la portée de six cens pas, avec plusieurs autres merveilles admirables dont Athenée fait mention.

En termes de blason on appelle unNavire équippé, &habilléd'argent ou de gueules, & de sable, quand les agreils sont de ces émaux.

NAZAL.s. m.Terme de Blason, qui s'est dit de la partie supérieure de l'ouverture d'un casque ou heaume qui tomboit sur le nez du Chevalier quand il l'abaissoit; il est opposé àventaille, qui est la partie inferieure.

Nazard.s. m.C'est un des jeux de l'orgue dont les tuyaux sont de plomb, & d'environ cinqou six pieds; ce jeu est bouché, & ses tuyaux sont à cheminée accordez à la douziéme de la montre. Il y a aussi un secondnazardqui est à l'octave du précédent, & une quarte dunazard.

Nazard,ounazillard, se dit d'une personne qui parle du nez, & sur le ton du jeu d'orgue qu'on appellenazard.

Nazarde.s. f.Chiquenaude que l'on donne sur le bout du nez. On dit d'un homme ridicule & timide, qu'il a un nez à camouflets & ànazardes.

Nazarder.v. act.donner desnazardes. Les pages, les écoliers senazardentles uns les autres.

Nazeaux.s. m.Ouvertures du nez des animaux, particuliérement des chevaux, qui leur servent à la respiration. On ouvre lesnazeauxaux chevaux qui ont de la peine à respirer. Ovide dit, que les chevaux du Soleil soufloient le feu par lesnazeaux. On appelle proverbialement un fanfaron, un fendeur denazeaux.

Naziller.v. n.parler du nez, d'où vient le mot de nazillard, qui ne parle pas distinctement. Il y a des Ordres de Religieux qui affectent denazilleren chantant, qui croyent que cela est plus devot.

On dit en termes de chasse, que le sanglier se foüille, ventroüille &nazilledans la bouë.

NEPHRETIQUE.adj. & subst.Maladie causée ordinairement par quelque pierre ou gravier qui se forme dans les reins. La coliquenephretiqueest une douleur qui provient de cette cause; on la sent dans les reins & sur les boyaux; & elle est plus cruelle que toutes les autres coliques: ce mot est dérivé du Grecnephros, qui signifie le Rein.

Nephretique,est aussi une pierre précieuse, ou espéce de jaspe, qui ordinairement est mêléede blanc, de jaune, de bleu, & de noir, & en cela elle differe de l'heliotrope, parce qu'on y découvre ces couleurs quand on la veut polir; ce qui n'arrive pas à l'heliotrope.

Il y a aussi un bois qu'on appellenephretique, qui vient des Indes, qui étant rappé ou fendu en petits morceaux, & infusé dans l'eau, la teint en sorte qu'elle paroît d'or à travers le jour, & d'un bleu foncé à contre jour. La pierregirasolefait le même effet.

NICOTIANE.s. f.Tabac, Petun, herbe à la Reine. Ce sont les noms qu'on donne à une herbe qui vient de l'Amerique, qui desseiche le cerveau, & fait éternuer, à qui on donne diverses préparations pour la prendre en poudre par le nez, ou en machicatoire par la bouche, ou en fumée avec une pipe. Nicod l'envoya en France pendant qu'il étoit Ambassadeur en Portugal en 1560. & il lui a donné son nom, comme il témoigne lui-même dans son Dictionaire. Il dit qu'elle a une merveilleuse vertu contre toutes les playes, dartres, ulceres, &Noli me tangere. Catherine de Medicis la voulut faire appellerMedicée, de son nom; de là vient qu'on l'appelle encore en plusieurs lieux herbe à la Reine. Elle étoit venuë originairement de la Floride, où quelques-uns disent qu'on l'appelloitPetun.

NIL.s. m.Fleuve qui traverse une grande partie de l'Afrique, il s'employe dans la langue en cette phrase proverbiale; c'est un homme obscur qui cache son logis, il est aussi inconnu que la source duNil, parce que cette source a été inconnuë jusqu'à ce dernier siécle; elle est dans un territoire que les Habitans appellentabavi, ousacahala, c'est à dire, le pere des eaux; ce Fleuve sort de deux fontaines éloignées de trente pas, chacune de la grandeur d'un de nos puits. Les Habitansqui sont Payens adorent la plus grande, & lui offrent plusieurs sacrifices de vaches, dont ils mangent la chair comme sainte, & ils laissent les os dans un endroit destiné pour cela, qui font maintenant une montagne assez considerable; ces Habitans s'appellentAgausdans le Royaume de Goyam à douze degrez de latitude Septentrionale, & 55. de longitude; c'est dans une plaine d'environ trois quarts de lieuë, enfermée de montagnes; au sortir de là il entre en un petit lac, puis il se perd sous terre par l'espace d'une portée de mousquet, & à trois journées de sa source: il est assez large & profond pour porter des Vaisseaux, mais à cent pas plus loin il passe à travers des rochers, en sorte qu'on le passe aisément sans se moüiller le pied; on y navige avec des bateaux de natte bien serrées: il reçoit trois riviéres assez grandes nommées Gema, Linquetil & Brantil; & quand il est sorti du lac de Dambea, qui a cinquante lieuës de large, il reçoit de trés-grands fleuves, comme le Gamara, Abea, Baixo & Aquers; & enfin prés de l'Egypte le Tacase. Il y a deux principales cataractes ou saults; à la deuxième il tombe dans un profond abîme, le bruit s'en entend à trois lieuës de là. L'eau est poussée avec tant de violence qu'elle fait une arcade, sous laquelle elle laisse un grand chemin; où on peut passer sans être moüillé, & où il y a des siéges taillez dans le roc pour reposer les voyageurs. La premiére catadoupe ou cataracte duNilest d'environ cinquante pieds; la seconde est trois fois plus haute. On dit qu'Albuquerque eut dessein de faire un traité avec les Abissins pour détourner leNil, & le faire jetter dans la mer Rouge, afin de rendre les campagnes d'Egypte stériles, & que pour empêcher cela le Turc paye tribut au grand Negus; mais c'est une fable, & la chose estentiérement impossible. Alexandre consulta l'Oracle de Jupiter Ammon pour apprendre où étoit cette source, Sesostris, Ptolemée, la firent chercher inutilement. Cambises, à ce que dit Strabon, employa une armée pour la chercher. Lucain témoigne que Cesar disoit qu'il eût quitté la guerre Civile s'il eût été assuré de la trouver. Saint Augustin & Théodoret ont cru que c'étoit le Fleuve appelléGeon, qui arrousoit le Paradis terrestre, & qui alloit par dessous la mer Rouge renaître en Afrique. Ce que dessus est extrait de l'histoire écrite en Portugais par le Reverend Pere Balthasar Tellés Jesuïte. Isaac Vossius a écrit de l'Origine duNil, & des autres Fleuves, & en attribuë la source & le débordement aux pluyes abondantes en ce païs là en Eté. Monsieur de la Chambre attribuë la cause de sa cruë au nitre dont le lit de ce Fleuve est plein, qu'il dit être cause d'une vehemente fermentation, mais il se trompe.

Nille,ouNigle, ouNelle, terme de blason, qui se dit d'une espéce de croix ancrée, beaucoup plus étroite & plus menuë qu'à l'ordinaire. Il y en a qui confondentNille&Anille. Voyez croixNillée.

NOLIme tangere, terme Latin. C'est un nom que donnent les Médecins à un ulcére malin qui vient au visage.

Nolis&Nolissement.s. m.Termes de Marine, ils signifient sur la Méditerranée la même chose que fret & affrettement sur l'Ocean. On dit aussi sur l'Oceannaulage, pour dire lefretdes Navires qu'on louë pour aller en guerre, ou pour courir le bon bord; & on ditnoliger&nauliser, pour dire loüer & fretter. Tout ces mots viennent du Latinnaulum.

NOMBRE.s. m.quantité discrete, assemblage de plusieurs corps separez, considerez comme s'ilsoccupoient une certaine étenduë. Euclide le définit une multitude composée de plusieurs unitez. La quantité continuë est l'objet de la géometrie, la quantité discrette, celui de l'Arithmetique, ou de la science desnombres: ce mot vient du Latinnumerus.

Dieu a tout fait ennombre, poids & mesure. 2.Diophantea bien écrit desnombres. Il a été commenté par Gaspard Bachet de Meziriac, qui a fait aussi des problêmes pour deviner lesnombresqu'un autre a pensé. Les mystéres desnombresde Pithagore avoient plus de vanité que de solidité, aussi bien que toutes les allégories que plusieurs Docteurs en ont voulu tirer. Voyez le traité desnombresdu Sieur Freniel inseré dans les mémoires de l'Academie des sciences, où il en fait voir plusieurs belles propriétez.

Nombre,signifie particuliérement le premier caractére d'une suite de chifres, qui ne contient que des unitez; c'est unnombresimple. On commence à compter parnombre, dixaine, centaine, mille, &c. Lenombrebinaire, ternaire, centenaire, se dit des caractéres qui marquent ces quantitez.

Nombrepairest celui qui se peut diviser en deux parties égales. Toutnombrepair multiplié par unnombrepair fait unnombrepair.

Nombreimpairqui ne se peut diviser également sans fraction, qui est plus grand d'une unité que le pair. La somme de deuxnombresimpairs fait unnombrepair.

NombrePairement pair, est celui qu'unnombrepair mesure par unnombrepair, comme deux fois quatre c'est huit, ce huit est unnombre pairement pair.

7.Nombrepairement impair, celui qu'unnombrepair mesure par unnombreimpair; quatremultiplié par cinq fait vingt,nombre pairement impair.

Nombrepremier, ouprimitif, est celui qui ne peut être mesuré que par la seule unité: comme 19. 29. dans la division desquels en quelque partie qu'on les divise, il reste toûjours une unité.

Nombrecomposé, est celui qui se peut diviser en plusieurs parties égales, qui peut être mesuré par d'autresnombres.

Nombreparfait, est celui qui est égal aux parties qui le composent, si on les ajoûte ensemble, comme 6. est parfait, parce qu'il égale la somme de 1. 2. 3. qui sont ses parties.

Nombresourd, ouirrationnel, est unnombrequi n'a pas de proportion avec un autre.

Nombrescosiques. Terme d'Algebre: ce sont les diverses puissances d'unnombremultiplié plusieurs fois par lui-même. Racine, quarré, cubique quarré de quarré, cubo cubique, &c. sont desnombres cosiques.

Nombreentier, est celui qui n'est point divisé, qui est sans fraction.

Nombrerompu, c'est unnombredivisé en plusieurs parties, ou fractions, qu'on écrit avec deux rangs de chifres, divisez par une barre, dont celui de dessus est le numerateur, celui de dessous le dénominateur.

Nombrepoligone, en termes d'algebre signifie unnombreà plusieurs angles qui se forme par desnombresen progression Arithmetique ou égale; en telle sorte que s'ils étoient arrangez & marquez en points, ils feroient une figure à plusieurs angles. Par exemple, si on marque un point en haut, & deux en bas, cela fera un triangle, & lenombrede trois fera un trigone: Si on marque deux en haut & deux en bas, cela fera un quadrangle, ounombre quarré, qui feraquatre. Ce qui arrive quand la progression va seulement par un ou deux: mais si la difference desnombresest de trois, elle fera un pentagone, si elle est de quatre un exagone; si elle est de cinq un eptagone, & ainsi du reste. Voyez l'Algebre du P. Malebranche, où les propriétez de cesnombressont bien expliquées.

Nombre,en termes de Palais, & en plusieurs Arts, se dit aussi d'une quantité incertaine, indéterminée. Quand on dit j'ai été mille fois chez lui, on prend unnombrecertain pour un incertain; unnombrerond c'est cent ou mille, &c. Nous n'étions pasnombre, c'est à dire, nous n'étions pas assez pour juger, pour tenir Chapitre, & déliberer: il faut ceder aunombre, à la force, à la pluralité. Dans les grands Corps, la plûpart ne servent que denombre. Il anombred'envieux: il a unnombreinnombrable d'écus. On dit mettre aunombre, ou dunombre, pour dire dans le rang, dans la liste, dans le Catalogue; on l'a mis aunombredes Saints. Il est dunombredes exilez. Il s'est mis dunombre, pour dire il s'est mis dans la troupe. On dit aussi dans le blazon, des étoilles, des fleurs de lys sansnombre, quand l'écu en est chargé sans qu'il y ait denombreprescrit.

Nombreen Musique, en Poësie, en Rhetorique, se dit de certaines mesures, proportions, ou cadences qui rendent agréable à l'oreille un air, un vers, une période. Il y a un certainnombrequi rend les périodes harmonieuses: les vers sont composez d'un certainnombrede pieds ou de syllabes. Toute musique a un certainnombrede notes.

Nombreen termes de Grammaire, se dit du singulier & du plurier, & du duel chez les Grecs & les Hebreux. Il faut que le substantif & l'adjectif s'accordent en genre, en cas, & en nombre.

Nombred'or, est un terme du comput Ecclésiastique,qui est une période de dix-neuf ans, inventée par Methon Athenien, au bout de laquelle on void arriver les mêmes lunations, & la même Epacte, quoi que cette période ne soit pas tout à fait juste. Et on dit figurément en ce sens, qu'un homme entend lenombre d'or, quand il a trouvé l'art d'amasser beaucoup de bien.

En Théologie on appelle le Livre desNombresun des Livres du Pentateuque, qui contient les cérémonies de la Loi de Moïse.

En agriculture on appelle unnombrede gerbes, douze gerbes: Il faut troisnombresde bled pour faire un septier de grain. On a fourni trentenombresde gluis pour recouvrir cette bergerie.

Nombrer.v. act.Compter sçavoir le nombre. Il y avoit une quantité de peuple si prodigieuse qu'on ne la pouvoitnombrer. On met dans tous les Contracts, cette somme a été comptée & nombrée en presence des Notaires.

Nombreux.euse.adj.en grand nombre. La France est habitée par un peuple fortnombreux; l'assemblée étoit fortnombreuse.

Nombreux,signifie aussi agréable à l'oreille, harmonieux. Cette période est fortnombreuse, ces vers sont fortnombreux.

Nombreusement.adv.en grand nombre. Le peuple vintnombreusement& en foule faire ses plaintes au Roi, &c.

Nombrils. m.C'est une partie du corps de l'animal composée de quatre vaisseaux umbilicaux, sçavoir une veine, deux artéres, & l'ouraque qui s'unissent ensemble, & sont renfermez comme dans un canal long, nerveux, tortillé; qu'on appellecordon,lacet, oupetit intestin; c'est par où le fœtus prend sa nourriture dans le ventre de la mere, & quand l'enfant est né, ces quatre vaisseaux ayant fait leur fonction, dégénérent enun ligament qui fait comme un nœud au milieu du ventre, qu'on appelle lenombril. La veine dunombrilest le lien du foye, quand elle est coupée il tombe & tire quand & soi le diaphragme. Ce mot vient deumbilicusLatin, & celui-ci deumbo, qui signifiebouton, oubossequi est au milieu d'un bouclier.

NombrildeVenus, est une plante que les Grecs appellentcotyledon, les Latinsumbilicus Veneris,myrepsus,cymbalium; d'autrescymbalaria, & d'autresscatuucellus.

En Botanique on appelle lenombril, oul'œil, dans les poires, les pommes, & autres fruits semblables l'endroit où sont enfermez les pepins.

En termes de Blason, on appelle lenombrilde l'écu un point qui est au milieu du dessous de la fasce, & qui la separe de la pointe. Il portoit d'or à un écusson de gueules mis aunombril.

NORD.s. m.Terme de Marine dont on se sert sur la mer Oceane pour signifier le pole arctique, ou Septentrional, qui est élevé sur nôtre horison. L'étoile duNordest la derniére de la queuë de la petite ourse, qui est à deux degrez du pole. On a fait virer le cap auNord. La boussole est ce qui marque leNord. Depuis leNordjusqu'au Sud. Le vent est tourné auNord. Le Soleil revient en Eté vers leNord.

Nord, signifie aussi la partie du monde qui est Septentrionale, à l'égard de quelque autre païs. L'Angleterre est auNordde la France. Les Princes duNordsont la Suéde, le Danemark, la Lapponie, &c. Les peuples duNordaiment bien à boire. Les Navires Hollandois qui n'osent entrer dans la Manche sont contraints de prendre leur route par leNordd'Ecosse.

Nord,est aussi le nom qu'on donne à un des quatre vents cardinaux, qui vient du côté du Septentrion,qu'on appelle autrement labise, & sur la Mediterranéetramontane. LeNordqui souffloit avec violence nous empêcha d'aborder; leNordest un vent froid & sec. Ces mots denord,sud,est, &oüestsont de vieux mots François dont on se servoit du temps de Charlemagne, qu'on dit être celui qui leur a donné ces noms; qui passent aujourd'hui pour Allemans.

Nordest,est un quart de vent entre l'Orient & le Septentrion, que sur la Mediterranée on appelle galerne:Nordoüest, est un quart de vent entre le Septentrion & l'Occident, sur la Mediterranée on l'appellemaëstral.

Nortnordest,nordnord quart au nordest, sont des subdivisions de vent entre l'Orient & le Septentrion; on fait la même subdivision à l'égard duNordoüest.

Nordester.v. n.Terme de Marine qui se dit de l'aiguille aimantée, lors qu'elle décline duNordversl'Est, ou l'Orient; &Nordoüesterse dit quand elle décline du même point versl'Oüest, ou l'Occident.

NOTA.s. m.Terme Latin dont on use au Palais & dans l'Ecole, pour signifier une marque qu'on met en quelque endroit d'un livre ou d'un écrit, quand il y a quelque chose de remarquable, & dont on veut se souvenir.

Nota,se dit aussi d'une explication, d'une restriction, ou d'une observation que font les Auteurs d'un Livre, ou ceux qui en font faire l'édition, soit dans le texte, soit dans la glose, pour empêcher que le Lecteur ne se trompe: ou pour l'avertir de quelque chose. Cet article de compte est alloüé, mais il y a unnotaqui montre qu'il en faut faire la reprise.

Nota,se dit dans le discours ordinaire pour tenir lieu de parenthese. Cet importun me vouloitencore conter son procés,notaqu'il étoit deux heures, & que j'étois à jeun.

Notables.adj. m. & f. & s.qui est excellent, rare, singulier, remarquable, considerable; on le dit premiérement des personnes. L'élection des Echevins se fait par lesnotablesBourgeois qu'on mande à la Ville pour cet effet. On a fait autrefois une Assemblée desnotablesà Roüen, des personnes considerables de l'Etat.

On le dit aussi des choses. Nous avons eu un avantagenotablesur les ennemis. Ce Marchand a fait une pertenotabledans ce naufrage. Il est engagé pour une sommenotabledans cette banqueroute. Plutarque a fait un traité des Ditsnotablesdes Lacedemoniens. Les Arrêtsnotablesont été recueillis par les Arrestographes.

Notablement.adv.d'une maniére considerable. On a interessénotablementce Favori en une telle affaire, pour la faire réüssir. Cet homme a éténotablementblessé dans une telle mêlée.

Notaire.s. m.Officier dépositaire de la foi publique, qui garde les nottes & minutes des Contracts que les parties ont passé par devant lui, & qui en delivre des expeditions qui sont authentiques & obligatoires, & portent hypotéques. LesNotairesdu Châtelet ont maintenant la qualité de Conseillers du Roy & Gardenottes. Les Secretaires du Roy s'appellent Conseillers,Notaires& Secretaires du Roy. Il y a quatreNotaires& Secretaires du Parlement. Ragueau fait une distinction entre lesNotaires&Tabellions, & dit qu'en plusieurs Villes lesNotairesreçoivent & passent seulement les minutes & nottes des Contracts, & les peuvent délivrer aux parties en Brevet; mais qu'ils sont tenus de les porter aux Tabellions pour les garder & delivrer en grosse aux parties si elles le requérent pour avoir une execution parée; & il se fondesur des Edits de François Premier dés années 1542. & 1543. mais ces Tabellions ont été supprimez par le Roy Charles IX. en l'Ordonnance d'Orleans; & maintenant on appelleNotairestous les Officiers Royaux qui reçoivent, & qui delivrent des grosses de toutes sortes de Contracts & conventions, &Tabellionsceux qui font la même chose dans les Seigneuries & Justices subalternes. On appelle maintenant l'étude desNotaires. On disoit autrefois boutique, & on le dit encore en plusieurs Provinces.

LesNotairesont été ainsi appellez, parce qu'anciennement ils écrivoient par nottes ou écritures abregées, une lettre signifiant un mot entier; cela a donné occasion à Valerius Probus de travailler à l'explication des nottes des Anciens, comme il a fait trés-utilement. Magnon fit un traité des abbreviations du Droit dés le temps de Charles le Chauve; & Pierre Diacre en fit un plus ample au temps de l'Empereur Conrad; & Goltzius en a fait un pour l'intelligence des legendes des médailles.

Notaire Apostolique, est unNotairequi reçoit & expedie des actes en matiére spirituelle & beneficiale, comme les résignations de Benefices, concordats de permutation, &c. Il a une commission du Pape confirmée & approuvée par l'Evêque diocesain, & il est opposé àNotaireRoyal.

On dit proverbialement quand un homme est en réputation de garder sa parole, c'est autant que si tous lesNotairesy avoient passé. On dit aussi Dieu nous garde d'un &c. deNotaires, parce qu'ils font quelquefois six rolles pour expliquer ces trois mots de leurs minutes, promettant, &c. obligeant, &c. renonçant, &c.

Notamment.adverb.particuliérement: On a donné ordre à ce Sergent de contraindretous les cottisez, ¬ammenttels & tels.

Notariat.s. m.Qualité, charge, fonction de Notaire. On ne doit admettre auNotariatque des gens d'une vertu integre, d'une fidélité inviolable.

NOTTE.s. f.terme de pratique, minute d'un Acte qu'on passe chez un Notaire; il n'est plus en usage que dans le composé en cette phrase, les Notaires sont créezGardenottesdu Roy.

Notte,marque qu'on fait à quelque feüillet ou passage d'un livre pour le retrouver au besoin. J'ai lû ce livre, & j'ai fait desNottesavec un crayon, avec des coups d'ongle. On met un,hic, ou uneNotteà la marge d'un Contract pour en remarquer la clause décisive, ou importante.

Notte.Est aussi une remarque ou explication qu'on met à la marge, ou au bas de la page d'un livre, d'un écrit, pour en faciliter l'intelligence. Le textuaire de Droit avec lesnottesde Godefroy est estimé. Lesnottesde Dumoulin sur la Coûtume de Paris. Lesnottesde Cujas, &c. Cette Bible est imprimée avec desnottesmarginales.

Notte,se dit aussi de ce qui marque quelque défaut, ou imperfection. Dans un Dictionnaire on doit mettre unenotteà un mot quand il est vieux ou particulier à quelque art ou science; quand il est dans l'usage commun il n'y faut point denotte. Cette fille a épousé un honnête homme, mais il est bâtard, c'est une grandenotte. Quand quelqu'un est pendu, c'est unenottepour toute sa famille. On appelle aussinotted'infamie, celle dont une personne est marquée par sa profession, ou par quelque jugement. Le métier de Comedien porte avec soi unenotted'infamie. Toute condamnation à peine afflictive emportenotted'infamie.

Nottes.Sont aussi des caractéres ou abreviationsqu'on fait, soit pour écrire promptement, soit pour signifier quelque chose. Herigone a fait cinq tomes d'un cours de Mathematique ennottes, qu'il prétend être une langue universelle, & pouvoir être entenduës de tout le monde. Les Jurisconsultes ont desnottes, comme §.paragrapho, ff.digestis. E.extra.Scto. senatus consulto.Les Romains avoient desnottespour leurs inscriptions,S. P. Q. R. Senatus, populusque Romanus,p. p. pater patriæ. Ce sont cesnottesanciennes qu'a expliqué Valerius Probus. Les Chimistes ont leurs nottesa, a, a, Amalgamer,s, s, s,stratum super stratum. L'Algebre a aussi sesnottesexpliquées à Algebre.

Les Medecins, Chirurgiens & Apoticaires se servent denottesou caracteres, pour marquer le poids & les doses de leurs Ordonnances.

NOTTE,en termes de Musique se dit des caracteres qui marquent les tons, les élevations ou les abaissemens de la voix, & ses mouvemens vîtes ou lents; enfin toutes les variations qui y doivent faire de l'harmonie.

Lanottemaxime est figurée par un quarré long avec une queuë, elle vaut 8 mesures, quoi que le Pere Mersenne la fasse de 12. La longue est un quarré avec une queuë qui en vaut la moitié, ou quatre mesures: la bréve est un quarré sans queuë, qui vaut deux mesures; la semi-bréve est un quarré sans queuë, qui est posé sur ses angles, ou en losange, qui vaut une mesure, ou le lever & le baisser de la main; la minime est une losange avec une queuë, qui vaut la moitié d'une mesure; la noire a la même figure; mais elle est pochée & vaut un quart de mesure; la crochuë est la même figure avec un croc par en bas, qui vaut un huitiéme de mesure, & la double crochuë un seiziéme.

Il y a aussi desnottesou caracteres pour signifier les pauses, les repos ou silences qui marquent qu'il faut se taire aussi long-temps qu'on est à chanter lanottequi précéde; elles se font avec des points ou des lignes qui traversent d'un réglet à l'autre.

Les Grecs faisoient leursnottesde musique avec des lettres simples ou doublées, droites ou renversées, comme on prouve par les Livres de Bacchius, d'Alipius, de Porphire & de Boëce.

On dit en ce sens qu'un homme chante sur lanotte, pour dire à livre ouvert sur un Livrenotté, ou qu'il fait des accords sur lanotte, sans avoir étudié ce qu'il chante.

Note,se dit aussi pour signifier le ton. Il y a septnotesen Musique qu'on appelleut,re,mi,fa,sol,la,si; les six premiéres ont été inventées en l'an 1024. par Guy Aretin Moine Benedictin, qui les trouva à Pompose dans le Duché de Ferrare, sous le Pape Jean XX. lequel les reçût avec si grand applaudissement, qu'il commanda de mettre cette maniére de chanter en usage; aussi est-elle si facile, qu'on apprend plus de Musique en un jour avec cette méthode, qu'on ne faisoit autrefois en un an avec celle des Grecs, dont on s'étoit servi jusques alors. Il intitulaMicrologuele livre où il publia cette invention. Aretin a pris lesnottesut,re,mi,fa,sol,la, de l'Hymne des Vêpres de S. Jean Baptiste,Ut queant laxis, &c.

La septiémenottea été inventée de nos jours par le Maire, qui est un,si, qui differe d'un demi ton du,la; il sert à éviter la difficulté des muances qui étoient restées dans la gamme de Guy Aretin; cette syllabe est plus haute d'un demi ton que le,la, & quand on voudra avoir un ton entier, on mettra une diése au dessous.

On peut faire 720 variétez des sixnottesde Musique sans repeter la même deux fois; & on peut faire 40820 airs differens desnottesde chaque octave. Il y a des Organistes qui font 32nottesdans la mesure binaire, qui dure seulement une seconde de minute.

Notte,se dit proverbialement en ces phrases: on dit d'un Menêtrier qu'il ne sçait qu'unenotte, qu'il n'aura qu'un double, pour dire qu'il ne sçait qu'une chanson. On dit aussi qu'un homme change denotte, quand il parle d'une autre maniére qu'il n'avoit fait, quand il supplie au lieu de menacer. On dit aussi de celuy qui ne sçait rien de la matiére dont on l'interroge, qu'il n'en sçaitnotte, qu'il n'en a pas retenu unenotte.

NYMPHE.s. f.Fausse divinité que les Payens croyoient présider aux eaux, fleuves & fontaines. Quelques-uns en ont étendu la signification, & les ont prises pour Déesses des montagnes, des forêts, & des arbres, qu'on appelle particuliérement,Oreades,Dryades,Hamadryades&Napées, laNymphede la Seine, de la Loire.

Nymphe.Dans les Romans se dit des Dames de condition qu'on introduit, à qui on donne un rang au dessus des Bergeres, comme dans l'Astrée laNymphe Galathée.

Nymphese dit en ce sens des Maîtresses, que chacun se fait, en une compagnie, ou qu'on meine en une promenade. En cette partie de divertissement chacun avoit saNymphe, chacun fit danser saNympheà ce Bal.

Nymphes,en termes de Medecine sont de petits aîlerons, ou parties molles & spongieuses qui sortent & avancent hors les lévres de la matrice; elles servent à guider l'urine, & à la conduire comme entre deux parois, ce qui leur a donné le nom deNymphes, comme qui diroit Damesdes eaux, ou du conduit d'où l'urine coule comme d'une source. On les appelle aussi aîles.

Les Naturalistes appellentNymphela petite coque des vers à soye qui reste aprés qu'on en a devidé le cocon; c'est une pellicule jaune dans laquelle sont enfermez leurs œufs; ils l'appellent en Latinnympha aurea, autrementchrysalis. Tous les insectes volans, comme papillons, mouches & chenilles ont de semblablesnymphes, mais qui ne sont pas si sensibles. Voyez Swammerdam, qui en a fait un excellent volume.

OBLAT.s. m.Est un Moine lay que le Roi mettoit cy-devant en chaque Abbaye ou Prieuré dépendant de sa nomination, auquel les Religieux étoient obligez de donner une portion monachale, à la charge qu'il sonneroit les cloches, qu'il balayeroit l'Eglise & la court. Ces places étoient destinées à des soldats estropiez & invalides. Cette prestation s'est convertie en argent, qui étoit taxée à vingt écus, puis à 100 livres, & enfin on l'a augmentée jusqu'à 150 livres. Depuis on a transferé tous ces oblats avec leurs pensions, à l'Hôtel des Invalides à Paris. Pasquier dit que les oblats commencerent à avoir lieu du temps desCapets, & que le Roi se départant du droit qu'il avoit d'assister à l'élection des Abbez, se réserva le privilege d'aumôner une place de Religieux à un pauvre soldat impotent; & alors il donna de ces Oblats dans les Monasteres électifs seulement.

OBTUS,s. m.Terme de Geometrie. Anglequi a plus de 90 degrez ou d'un quart de cercle. Un triangleobtusest celuy qui a un de ses angles obtus.

Obtusse dit figurément d'un esprit qui n'est point subtil ni pointu, qui est émoussé. C'est un homme qui a l'espritobtus.

OBTURATEURS.adj.Terme de Medecine qui se dit de deux muscles de la cuisse, parce qu'ils bouchent le trou qui est entre l'os pubis & celuy de la hanche.

OGIVE.s. f.Terme d'Architecture. C'est le trait d'une voute qui au lieu d'être en berceau ou en plein ceintre, trace une diagonale en forme d'arrête.

Les deuxogivesdiagonales en se croisant forment la clef de la voute. Les arcs en berceau d'où lesogivessortent, s'appellentarcs doubleaux; & ce qui est entre lesogives& les arcs doubleaux, s'appelle lependentifde la voute. Les parties desogivesqui sont en saillie, s'appellent lesnerfs.

OGOESSES.Terme de Blason qui se dit des tourteaux de sable pour les distinguer des autres qui se nommentGulpes, quand ils sont de pourpre; quand ils sont de geules,guses; quand ils sont d'azur,heurtes; & quand ils sont de sinople,pommesouvolets, quoy qu'ils retiennent tous en général le nom detourteaux.

OIGNEMENT.s. m.Action par laquelle on oint, on parfume. Le lavement & l'oignement des pieds étoit une honnêteté que les juifs faisoient à leurs hôtes, à ceux qu'ils vouloient honorer, comme celuy que fit la Madelaine au Sauveur.

OISEAU.s. m.Animal qui s'éleve en l'air, qui le traverse, qui s'y tient suspendu par le secours de ses plumes & de ses aîles. LePhenix, s'il y en a, passe pour le Roi desoiseaux. C'est une erreur de croire que lesoiseauxde paradis volent toûjours, ils ont des pieds avec lesquels ils s'attachent aux branches pour dormir. Les Romains observoient avec soin le vol desoiseaux. A l'arrivée des Européans dans les Isles de l'Amerique, tous lesoiseaux, à ce qu'on dit, étoient privez parce qu'on ne leur faisoit point la guerre. Ce mot vient d'Avicellus, ouAucellus, dont les Italiens ont fait aussiAugello. Ménage & Du Cange.

On appelle en termes de Fauconnerie,oiseauxde proye, les grosoiseauxqui vivent de grip, de rapt & de rapine, qu'on dresse & qu'on apprivoise. On appelleoiseauxniais ceux qui sont pris au nid.Oiseaubranchier celuy qui n'a encore que la force de voler de branche en branche. Unoiseausor, celuy qui n'a point encore mué, il ne se dit que des oiseaux de passage, & non du niais & du branchier. Unoiseauhagard, celuy qui a été à soi, qui est plus farouche. Unoiseaude bonne ou de mauvaise affaire, celuy qui est docile ou farouche. On appelle parement de l'oiseau, la maille qui luy couvre le devant du col; manteau d'oiseau, le plumage des épaules, du dos & du dessus des aîles. Serres d'oiseau, ce sont leurs griffes. Mains d'oiseau, ce sont leurs pieds. La couronne de l'oiseau, c'est le duvet qui couronne, qui joint le bec à la tête. On appelle train de l'oiseau, son derriére, ou son vol.

On appelleoiseaude poing, celuy qui étant reclamé, fond sur le poing sans entremise de leurre, comme l'autour & l'éprevier;oiseaude leurre, celuy qui fond sur le leurre, quand on le luy jette, & delà sur le poing. On en compte dix ordinaires, faucon, gerfaut, sacre, lanier,aigle, tagarot, émerillon & hobereau, le faucon & le sacre bâtards,oiseaude montée, est celuy qui s'éleve fort haut, comme le milan, le heron, &c. Il y a desoiseauxpour la haute & pour la basse volerie.Oiseaupillard celui qui pille & détrousse un autre;oiseauchariard, qui dérobe sa perdrix;oiseaubas & tenu par le Bec, c'est à dire, en faim. L'oiseauBâtard est, par exemple, un faucon né d'un tiercelet de faucon & du lanier; ou un sacre né du sacret & du lanier.

On appelleoiseauxvilains, poltrons & tripiers ceux qui ne suivent le gibier que pour la Cuisine, qu'on ne peut affaiter ni dresser, comme les milans & les corbeaux, qui ne combattent que les poulets, lesquels n'ont ni vol ni défense. Unoiseaudépiteux, qui ne veut pas revenir, quand il a perdu sa proye. Unoiseauattrempé est celuy qui n'est ni gras ni maigre. Unoiseauâpre à la proye, bien armé de bec & d'ongles. Unoiseaufort à Delivre, qui n'a point de corsage qui est quasi sans chair, comme le heron. On appelleoiseauallongé, celuy dont les pennes sont bien entieres, qui ont toute la longueur qu'elles doivent avoir; unoiseautrop en corps, celuy qui est trop gras. On dit aussi unoiseaude bonne aire, unoiseaude grand travail & de bon guet, unoiseaude bonne compagnie, unoiseaupantois ou asthmé, unoiseauégalé, quinteux, escartable, rebuté, unoiseaud'échappe. Unoiseaubon chaperonier. Il y a aussi desoiseauxde nuit, de mauvais augure, de voirie, desoiseauxde jour,oiseauxde parade, de babil, & cageolleurs,oiseauxsauvages, passagers, de combat, de volerie, de marais, de marine, qui rasent les étangs, & sont bons poissonniers, &c.

Lesoiseauxde leurre doivent avoir les mahutes hautes, les reins larges, bien croisez, bas assis, cour-jointez, les mains longues. On dit aussi apoltronir unoiseau, l'acharner, l'abecher, l'abattre, l'abaisser, l'entraver, l'essimer, & plusieurs autres phrases qui sont expliquées à leur ordre.

On appelleoiseauxde riviére, les canards, sarcelles & autres aquatiques qui aiment les eaux.Oiseauxde bois, les gelinottes, les faisans.Oiseauxpassagers, les beccasses, les cailles, les guignards.Oiseauxdomestiques, les poulles, les canes, oyes. On appelleoiseauxde voliére, ceux qu'on garde en cage pour leur chant, leur ramage, leur gazoüillement, comme rossignols, serains, linottes, chardonnerets, &c.

Il y a desoiseauxqui ne sont bon qu'à mettre à l'engrais, comme les coqs qu'on chaponne, qui perdent leur chant. Il y a desoiseauxqui ne volent jamais, comme l'Autruche & le casuel. Kircher dit qu'il y a unoiseauen la Chine qu'on appellehoang cio yu, qui change de nature deux fois l'an; il estoiseautout l'Eté & se transforme en poisson durant l'hiver. Ce nom veut dire poisson jaune.

On appelle tirer à l'oiseau, quand on dispute le prix en s'exerçant à tirer de l'arc ou du fusil sur unoiseaude bois qu'on nomme le papegay.

Lesoiseauxde leurre en terme de Blason témoignent la noblesse, parce qu'ils sont des marques d'hommage & de redevance; ce qui a fait que dans les sceaux anciens on a representé les Chevaliers avec une épée nuë à la main droite & unoiseaude leurre à la gauche. Les Poëtes ont appellé l'Aigle l'oiseaude Jupiter, le paon l'oiseaude Junon, le hibou l'oiseaude Pallas, le pigeonl'oiseaude Venus, & le peuple appelle maintenant un bœufoiseaude S. Luc.

Oiseaude Limosin est une espece de vaisseau qui sert à porter le mortier dans les ateliers: il est composé de deux ais joints d'un côté en équerre & arrondis par l'autre extrêmité, il se porte sur les épaules.

Oiseause dit proverbialement en ces phrases: Petit à petit l'oiseau fait son nid, en parlant des choses qui se font lentement & peu à peu. On dit que la belle plume fait le beloiseau. On dit aussi: Ce n'est pas viande pour vosoiseaux, pour dire, Cela ne vous est pas destiné, c'est pour des gens d'une plus grande qualité. On dit qu'un homme a battu les buissons, & qu'un autre a pris lesoiseaux, pour dire qu'il a travaillé, & que les autres en ont profité. On dit qu'un homme est comme l'oiseausur la branche, quand il n'a point de logement d'employ, de fortune assurée.

On dit aussi qu'un homme est battu de l'oiseau, quand il lui est arrivé plusieurs malheurs, plusieurs pertes qui lui ont abattu le courage. On dit aussi d'un prisonnier qu'on a manqué, ou qui a brisé les prisons, que l'oiseaus'en est envolé. On dit aussi: Voilà une grande cage pour un petitoiseau, quand un homme de peu de considération est logé dans un logis magnifique. On dit qu'unoiseauen a dans l'aîle, quand il a reçû un coup qui l'empêche de voler; on le dit figurément des hommes, dont la santé ou la fortune sont ruinées. On dit aussi ironiquement qu'un homme est un beloiseau, pour témoigner un grand mépris de sa personne.

Oiseler.v. act.terme de Fauconnerie qui signifie dresser unoiseau; oiseler un faucon pour le faire Bon gruyer, bon heronnier, l'affaiter, le leurrer & assurer, commencer à le mettre dedans& l'employer à voler. On dit aussi mettre l'oiseauà poil, pour dire le dresser à voler gibier à poil.

Oiseleries. f.métier de prendre, d'élever & de vendre desoiseaux.

OISELETouOISILLONs. m.petit oiseau.

OISELEUR.s. m.celui qui prend des oiseaux. On le dit particuliérement de ceux qui prennent desoiseauxde chasse au passage. Ménage a fait une belle Eglogue intitulée l'Oiseleur.

OISELIER.s. m.celui qui vend desoiseauxde voliére, qui les éleve en cage.

OMBELLE.s. f.Terme de Blason qui se dit d'une espece de parassol que le Doge de Venise met sur ses Armes par une concession d'Alexandre III. quand il se réfugia à Venise en fuyant la persecution de Federic. Elle est quelquefois sur les Armes de la République.

Ombelleen termes de Botanique est une partie de la plante, dont le bout de la tige se divise en plusieurs autres moindres tiges, lesquelles portent des bouquets ou graines; comme le fenoüil & l'anet sont des plantes àombelle. Ce mot vient de ce que ces petites tiges s'ouvrent & sont disposées de la même maniére que les bâtons qui supportent un parassol, ouombelle.

OREILLE.s. f.partie double de la tête des Animaux qui leur sert à ouïr, à entendre les sons qui la frappent. Pour la perfection de l'ouïe la Nature nous a donné une oreille exterieure & une interieure: l'exterieure est d'une substance membraneuse, & cartilagineuse, c'est à dire, mitoyenne entre l'os & la chair. Sa figure est presque en demi cercle, & creuse par dedans, comme une petite caverne; le haut de l'oreilles'appelle l'aîle ou l'aîleron; l'extrêmité de son tour enfoncé du devant au dedans s'appelle gibbeuse, le trou & le creux de dedans s'appellela petite coquille, ouconque, parce qu'elle ressemble à l'entrée de la coquille d'un limaçon; la cavité qui est auprés du conduit de l'oreille, en laquelle s'amassent ses ordures, s'appelleRuche; & cette glu ou ordure qu'on en tire avec un cure-oreille, s'appelle lesuif, & par quelques-uns lacire; le bout ou tendon qui est plus gras & charnu, s'appellelobe, ce bout-là rougit d'ordinaire, quand on a de la honte; & tout le circuit de l'oreillese nommehelix, c'est à dire,touroutortis. Le conduit de l'oreilleest formé de parties cartilagineuses & osseuses. Les animaux couverts de plumes ou d'écailles n'ont point d'oreillesexterieures, mais ils ont un trou ouvert pour ouïr.

L'oreille interneest située en l'os pierreux derriére l'apophyse mamillaire, dans la partie écailleuse de l'os des temples, & est separée de l'organe externe de l'ouïe par la membrane du tambour: Elle est composée de quatre conduits; le premier qui est tourné vers le dehors, & toûjours ouvert, est celui qui donne passage au son, il est tortueux, biaisant, long & étroit, au bout duquel il y a cette membrane qu'on nomme tambour, qui est mince & seche, déliée & qui a le sentiment extrêmement vif. Ceux qui l'ont trop dense & épaisse dés leur naissance sont des sourds incurables. Derriére cette membrane on trouve une seconde cavité, que quelques-uns appellent laquaissedu tambour, & d'autres lebassin, dans laquelle est contenu un certain air naturel & interne, que les anciens Medecins ont appellé implanté, qui selon eux, reçoit aisément l'impression de celui de dehors, & ils tiennent qu'il sert à l'ouïe, comme le crystalin à la vûë. Là on découvretrois petits os à qui on a donné le nom de leur figure; le premier est fait comme un petitmarteau, le second comme uneenclume, & le troisiéme qu'on nommeétrier, est triangulaire, comme étoient les étriers antiques. M. du Vernay en a découvert un quatriéme sur la tête de l'étrier; & ce qui est à remarquer, c'est qu'ils sont aussi gros & aussi grands aux enfans qu'aux hommes d'âge. Ils sont placez dans la cavité de la quaisse. Il y a une corde fort deliée qui passe derriére la peau du tambour, de même que le tymbre qui fait resonner un tambour de guerre. On doute si c'est une veine, un nerf ou une artere, tant elle est petite. Du Vernay dit que c'est un nerf. Il y a aussi des muscles dans cette cavité, dont deux servent au mouvement du marteau, & l'autre à celui de l'étrier. Ils sont si déliez qu'à peine les peut-on voir. Ils servent au flux & au reflux, ou au double mouvement du marteau: il y a aussi deux petites fenêtres, dont la plus haute s'appelleovale, à cause de sa figure. La seconde est sans nom; & il y a un conduit qui va jusques dans le palais. La troisiéme cavité qui est creusée dans l'os pierreux, s'appelle lelabyrinthe, pour ce qu'il y a plusieurs trous & chambrettes cachées. Elle est faite comme une coquille d'escargot. Sa premiére partie s'appelle leVestibule, qui a 9. ouvertures, & la derniére lelimaçonoutrou aveugle, parce qu'il est sans bout & issuë. Il est composé d'une lame spirale montante, qui separe en deux un canal demi ovallaire, qui fait deux tours & demi au tour du noyau du limaçon toûjours en diminuant, & forme comme deux rampes d'escalier. C'est dans cette partie que du Vernay met l'organe immédiat de l'ouïe. Enfin on trouve le nerf de l'ouïe qu'on nomme lenerf auditif, qui prend son origine dela cinquiéme conjugaison suivant les Anciens, & la septiéme suivant les Modernes. Il y en a aussi un rameau de la seconde paire vertebrale, qui porte les images de tous les sons au sens commun. Enfin il y a un petit conduit cartilagineux, qui va de l'ovale dans le palais de la bouche, qu'on nommeaqueduc, & qui est fermé par une petite valvule, ou sous pape: de là vient que les sourds entendent un peu par la bouche, & qu'en leur faisant prendre le manche d'un luth avec les dents, ils en entendent l'harmonie. Dessous & derriére les oreilles il y a des glandules qu'on appelleparotides, qui sont des émonctoires par où le cerveau se décharge, & quand elles sont trop humectées, il s'y fait des tumeurs que le peuple appelleorillonsouoripeaux. Ce mot d'oreillevient du Latinauris, que Dulaurens dérive dehaurire, qui signifie tirer ou puiser, parce que les oreilles tirent & reçoivent la voix & les sons dans leurs cavitez. Quelques Medecins ont crû que quand lesoreillesétoient coupées, les hommes devenoient stériles, & que de là est venuë la coûtume de couper lesoreillesaux larrons de peur qu'ils n'engendrassent de petits larronneaux.

Lesoreillesdes Animaux sont faites diversement. Le Veau marin & toutes les especes de lezards & de serpens n'ont point du tout d'oreillesexternes; le singe & le porc-épic les ont applaties contre la tête comme les hommes; il y a une espece de Baleine qui a l'ouverture de l'oreillesur les épaules. Les taupes ont le conduit de l'oreillefermée par une petite peau qui s'ouvre comme une paupiére. La tortuë, le cameleon aussi bien que la plûpart des poissons, ont le conduit de l'oreilletout à fait bouché.

Les bruits, les tintoins, les bourdonnemens sont des maladies desoreilles. Quand on dit qu'unhomme a l'oreille dure, c'est à dire, honnêtement qu'il est sourd.

Les Incas du Perou se faisoient particuliérement remarquer par leursoreilles, dont la largeur étoit si prodigieuse qu'elle est incroyable. Ils accordoient aux Capitaines qui les avoient bien servis, comme un grand privilege la permission de se percer lesoreilles, à condition que le trou n'en seroit pas la moitié si grand que celui de l'Inca, & on leur donnoit même la mesure du trou, afin qu'il ne fût pas plus grand que le privilege portoit. Ils y portoient des pendans d'oreilleattachez à deux filets, longs d'un quart d'aune, & gros d'environ la moitié d'un doigt, ce qui les fit appeller par les Espagnolsorejones, c'est à dire, hommes à grandesoreilles. Cette coûtume de se percer lesoreillesétoit aussi en usage chez les Indiens d'Orient, dont il est fait mention ci-aprés au motPendans d'oreille.

Oreilleen termes de Musique, se dit du jugement que l'oreillefait des sons. Cet homme danse bien, il a l'oreillefine, juste, delicate, il observe la cadence. Cet homme n'a point d'oreille, ne distingue pas les tons & les mesures. On dit aussi des Orateurs & des Poëtes qu'ils doivent avoir de l'oreille, pour dire qu'ils doivent observer la cadence de leurs Vers, de leurs périodes, éviter les cacophonies. Un Ancien a dit que le jugement de l'oreilleétoit fort rigoureux.

On dit en ce sens d'un discours, des paroles, qu'elles blessent, qu'elles choquent lesoreilles, quand elles déplaisent. Les ordures blessent lesoreilleschastes. Les barbarismes choquent lesoreillesdes gens polis. Les belles paroles n'écorchent point l'oreille. Les grands ont lesoreillesdelicates, se choquent de peu de chose. La Musique charme, flatte, chatoüille l'oreille. Il y abien des gens qui se laissent prendre par l'oreille, charmer par une belle voix, persuader par un beau discours. On dit aussi qu'une chose sonne mal auxoreilles, quand elle est odieuse, quand on en a mauvaise opinion. On dit qu'un homme a l'oreilled'un Prince, d'un Ministre, pour dire qu'il en a de favorables audiences, & tant qu'il veut; qu'il lui souffle, qu'il lui corne auxoreillesquelque chose, pour dire qu'il fait tant qu'il le persuade. Il lui a dit un mot à l'oreille, pour dire qu'il lui a donné un avis secret.

A Syracuse il y a un lieu qu'on appelle l'oreillede Denis le Tiran, c'est un trou qui perce dans une montagne, & qui fait qu'on entend en haut tout ce qui se dit en bas, quoi qu'à une grande distance.

On dit que la gelée, le vent, la grêle ont donné sur l'oreilleaux fruits, au bleds, pour dire qu'ils en ont été endommagez, qu'ils baissent l'oreille. On dit aussi d'un chapeau, qu'il baisse l'oreille, pour dire que les bords ne le soûtiennent pas bien; qu'il fait le clabaud: c'est une métaphore tirée des chiens de chasse qui ont de grandes oreilles pendantes.

Oreillede cochon, est la partie du cochon la plus delicate pour manger en ragoût.

Oreillede Parisien est un petit ouvrage de Patisserie fait de bœuf fort épicé, enveloppé d'une pâte legere en forme d'oreille, qu'on appelle autrementrissolle.

Oreillesdu cœur sont deux petites parties ou ouvertures du cœur faites en forme d'oreilles, dont la droite aboutit à la veine cave, & la gauche à l'entrée de l'artere veineuse. Elles servent à recevoir le sang, & à en faire la circulation dans le cœur; l'oreillegauche du cœur se dilate, quand le cœur se resserre pour en faire sortir le sang.

Oreilleen terme de mer se dit des voiles Latines qui sont triangulaires, qu'on appelleoreillesde liévre ou à tiers point à la difference de celles qui sont à trait quarré. On appelle aussi lesoreillesou les pattes d'un ancre.

Oreilleen termes d'Artisans, se dit aussi de deux petites avances qu'on applique au bord d'une écuelle pour la tenir plus facilement. Une écuelle àoreilles.

On appelle aussioreillela partie d'un cercle de fer qui est au haut d'un chauderon dans laquelle l'anse est mobile; & dans un minot la partie du cintre où sont attachez les deux bouts de la potence.

On appelle aussioreilleles deux grosses dents d'un peigne qui sont aux extrêmitez, qui conservent les autres.

On appelleoreillesd'un cadenas, ses ouvertures dans lesquelles son anse est mobile.

Oreillese dit aussi du bord replié d'un livre, quand on veut y faire quelque marque pour retrouver aisément quelque endroit singulier, ou l'endroit où on en est demeuré en le lisant, cela arrive aussi aux livres frippez, qu'on a beaucoup maniez avec peu de soin.

Oreillese dit aussi de cette petite courroye où se termine le quartier du soulier, qui sert à y attacher des rubans, ou des boucles pour le serrer.

Oreilleen terme d'Organistes, se dit de deux petites plaques de plomb que l'on soude sur les tuyaux à côté de leur bouche ou lumiére, qu'on abaisse ou qu'on releve pour faire des sons plus graves ou plus aigus: ils les nomment ainsi, parce qu'il semble qu'elles écoutent si les tuyaux sont d'accord.

On appelle en termes de Blasonoreillesdeuxpetites pointes qui sont au haut des grandes coquilles, comme celles de S. Jaques.

On appelleoreillesd'abricots des abricots confits dont on a ôté les noyaux, & dont on a rejoint les deux moitiez, en sorte que l'extrêmité de l'une n'aille qu'au milieu de l'autre, ce qui represente une espece d'oreille.

Oreilled'ours est une petite fleur printaniére qui pare agréablement un parterre, quand on la sçait bien disposer: car il y en a de plusieurs couleurs. Cette herbe est une espece de saniclet qui a les feüilles grandes comme le plantain, & roulées dans le bourgeon: elles ont certains replis ou bords fort artistement faits, on l'appelle en LatinUrsi auricula, oudentaria minor, oulunaria sanicula, ouartritica.

Oreille d'âne, est aussi un nom qu'on donne à la grande consolide qui est une plante fameuse en Medecine. VoyezConsolide.

Oreillede Rat, ou de souris, est le nom d'une plante qu'on appelle en Latinpilosella, c'est une espece de mouron, elle rampe toûjours par terre, & a des feüilles disposées en étoile, couvertes de poils blancs, ses tiges aussi rampantes ressemblent à de petites cordes souples rondes & veluës, qui prennent racine & poussent des branches nouvelles. Ses fleurs sont jaunes, qui à leur maturité s'envolent en bourre; ses racines sont déliées, & pourtant difficiles à arracher. Si on coupe la plante, elle rend du lait: son suc est astringeant, constipe le bêtail, & le fait mourir. Mathiole.


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