G.

User vous fault de sucre fin,Pour faire en aller tout ce flume.

User vous fault de sucre fin,Pour faire en aller tout ce flume.

User vous fault de sucre fin,

Pour faire en aller tout ce flume.

Du grec φλεγμα; en latin,phlegma.

FLUTER: boire avec excès.

FO: fou. Du Celtiquefol.

FOCHE: fouace, gâteau salé et poivré sans autre assaisonnement. Voyez FOUÉE. B.

FOCHETTE (s. f.): (Lotus Corniculatus). B.

FOICELLE, ou FOISSELLE (s. f.): forme en terre cuite, percée de beaucoup de petits trous, pour faire égoutter le fromage. En patois de Grenoble,faicellasignifie un «vase pour faire cailler le lait»; en patois du Jura, «moule de bois à faire des fromages.» Faisselle, en français. Voyez CLICHE. A.

FOIS: moment. Il y a des fois où j'en perds la tête. Patois Lorrain.

FOISIL: briquet,fusilavec lequel on battait un morceau de silex pour en obtenir du feu. Lefuisill, dans Partonopeus de Blois. L.

FOISILLER: remuer la cendre mal à propos. Par extension, déranger. Du latinfocus, foyer. A.

FOITER (v. a.): donner, appliquer. «Je li foiterais le fouet.» Ce mot semble un adoucissement du mot foutre employé dans le même sens par les gens grossiers.

FOLE: filet dont on se sert en haute mer, principalement pour prendre les raies. B.

FOLE, ou FOLLE: trombe. Defollis, soufflet de foyer.

FOLIER: être atteint de folie.Foloier, dans lesChansons du roi de Navarre. L.

FOLIO: habillements surannés et ridicules. Elle a l'air d'un folio. De folle, ou d'un volume in-folio devenu bouquin. A.

FOLLOT: feu-follet.

FOLUMÈQUE. Voyez FALMÊCHE.

FONCÉE: gestation, portée d'une femelle. Voyez FORCÉE.

FONCER: entrer de force; se jeter brusquement sur. Il a foncé dans la maison: il a foncé sur moi. L.

FONDELER: brûler la terre et la disposer pour l'ensemencement du sarrasin. C'est, à proprement parler, préparer lefonds. A.

FONDELERIE: action de fondeler. A.

FONDRILLE (s. f.): effondrilles, dépôt ou sédiment aufondd'un vase.

FONDRILLON (s. m.): petite fondrille.

FONGE ou FONGUE (PAR MA): par ma foi.

FONTAISIE: fantaisie, caprice.

FORANGUE (s. f.): croûte sur les lèvres d'un malade. B.

FORBAITURE: fourbure.

FORBANNIR: exiler, bannir. Deforas, dehors, et de bannir. Employé par Basselin.

FORBU: fourbu.

FORCÉE: portée d'une femelle qui produit plusieurs petits. Une forcée de lapins. Deforas, dehors. L.

FORCIR (v. n.): acquérir de la force. L.

FORIÈRE: portion de terre en dehors de la partie labourée. Deforis.

FORMAGE: fromage.

FORMAT: furoncle, anthrax, bouton, mal extérieur. Deforis.

FORTAN (fort temps): mauvais temps. Faire avoirfortanà quelqu'un: le faire vexer. On dit aussi: faire porter mauvais temps à quelqu'un.

FOU: enragé. Chien fou, chien attaqué de la rage.

FOU (en parlant du lait): lait fou, lait caillé.

FOUADRAILLER: fouailler; faire claquer le fouet à tort et à travers.

FOUAH! fi. Cri de huée et de dégoût. B.

FOUAILLE: feu brillant sans durée.

FOUAILLÉE: fustigation complète.

FOUAILLEUR: libertin.

FOUATIN: tâton, qui s'occupe de riens. Voyez NIGON. L.

FOUATINE. Voyez FOUAILLE, FLAMBINE.

FOUATINER (v. n.): s'occuper de riens, de vétilles. Voyez NIGONNER.

FOUATINES: verges. Du verbe fouetter.

FOUATINER (v. n.), se dit de quelque chose que le vent enlève (Orne). MM. Duméril.

FOUCADE:fougade, emportement fougueux.

FOUCADER (v. n.): éprouver une foucade.

FOUCARAS; FOUGARAS: écervelé.

FOUCHIBLE: facile à effaroucher.

FOUDRER: écraser, en parlant du corps, du buste surtout. En patois du Jura,effoudrai: froissé, moulu.

FOUDRER: s'emporter. S.-I.

FOUÉE (s. f.): feu clair et brillant, fait de branches menues ou de pailles; feu de la bouche du four. Une galette à la fouée est un petit gâteau que l'on fait cuire à la bouche du four pendant qu'on le chauffe. Des mots feu, foyer.

FOUÈNE, FOUINE (s. f.): instrument de pêche.Funa, en patois de Grenoble.

FOUETTER LE CHAT: donner un repas des restes d'un festin. A.

FOUI: four, fournil. O.

FOUILLARD: feuillage.

FOUILLIS: confusion, désordre d'objets. C'est lefarragodes Latins.

FOUINER (v. n.): fuir lâchement.

FOUINER, FOUINETER: fureter. A.

FOUINILLARD: quifouine, rôdeur malfaisant.

FOULON: frelon. L.

FOUR: fournil, pièce dans laquelle ouvre le four et se trouve la boulangerie.

FOURBANCER: toucher à tout, comme pourfourbir.

FOURC: fourchet. Lefourc(dont on ne prononce pas lec) est, suivant Nicot, «toute chose qui fait un angle aigu. Ainsi dit-on le fourc d'un arbre, des doigts, du chemin, des rues: d'où vient ce mot quarre-fourc par composition de quarré et fourc. De ce mot sont dérivés fourches, et semblables». On ne l'emploie, en patois, que dans ces locutions: le fourc du derrière, le fourc d'une culotte. On dit le fourchet d'un arbre. Du substantif latinfurca, fourche. A.

FOURCELLE: estomac. En Roman,forcel. Sur ce mot, nous avons donné une note détaillée dans notre édition de Basselin, p. 50.

FOURE (s. f.): foire. L.

FOURÉE ou FOURRÉE: filet attaché sur les bancs de sable, pour y former un parc où le poisson puisse venir sefourrer.

FOURÉE; POIRE-FOURÉE: poire molle. Au figuré, qui a la foure, la foire. Voyez BLET.

FOURER: foirer.

FOURET, TE: petit foireux; petite foireuse. L.

FOURFIÈRE (s. f.):fourchede fer à deux fourchons ou dents, longuement emmanchée. L.

FOURGOTTER, FOURGOUÊNER: remuer avec bruit sans utilité. Dans la Mayenne, on dit fourgâner pour fureter. Defourgon.

FOURLORE (s. f.): sorte de revenant qu'on croit apparaître la nuit le long des eaux, sous la forme d'une flamme errante, qui cherche à égarer les passants pour les perdre. Peut-être de l'ancien motfrelore: vicieux, méchant. Dans Pathelin, p. 60, sa femme lui dit:

Notre fait seroit tout frelore.

FOURNAQUER: c'est, commefourgouêner, remuer en désordre et avec un bruit importun. L.

FOURNIT: babillard.

FOUROLLE: torche. Voyez COULINE.

FOUROUX, SE: foireux, se. L.

FOURQUE: fourche. Altération d'un juron très-commun dans la bouche des gens grossiers.

FOURRAIGNE (s. f.): fourrage. A.

FOUTAISE: bagatelle.

FOUTEAU: hêtre. Patois Rouchi.

FOUTELAIE: lieu planté de hêtres.

FOUTILLE (s. f.): faine, fruit du fouteau. O.

FOUTIMASSER: faire des niaiseries. Voyez NIGONNER. De fou.

FOUTINER. Voyez FOUATINER.

FOUTINETTE: chose de peu de valeur; bagatelle.

FOUYER: âtre,foyer. Marot dit, dans l'Épitaphe d'Ortis, le more du roi:

Aussi gris qu'un fouyer cendreuxEt noir comme un beau diable ou deux.

Aussi gris qu'un fouyer cendreuxEt noir comme un beau diable ou deux.

Aussi gris qu'un fouyer cendreux

Et noir comme un beau diable ou deux.

FRAINVALE (s. f.): boulimie. Voyez FAIMVALE et FRINGALE. B.

FRAINVALIER: qui éprouve la frainvale.

FRAISER. Voyez EFFRAISER.

FRAMBÉYER (v. a.): nettoyer, en parlant des étables; les débarrasser de fumier. Nettoyer les petits enfants.

FRAMBIER; FRAMBISSEUX: qui touche à tout.

FRAMBIR, v. n.: fureter. A.

FRAMBOYER. Voyez FRAMBÉYER. A.

FRANC-LIARD: franc-réal, sorte de poire.

FRARIN: piteux, chétif.

FRÉ ou FREI, FRÈDE: froid, froide. En patois Walon,freu.

FRÉDURE: froidure.

FREMAILLES: affaires.

FREMEUR: peur, motif defrémir.

FRÉMI (s. f.): fourmi. Patois Bourguignon.Frumihe, en patois Walon.

FRÉNAILLER: faire un bruit agaçant.

FRÉRAGE: association étroite. MM. Duméril.

FRÉREUX (cousin): cousin germain.

FRÉSER: émier. Defresus, moulu.

FRETTE (s. f.): long bâton. Defretus, appuyé. A.

FRETTE (s. f.): bande de toile pour emmailloter un enfant. L.

FRETTER (v. a.): fixer un enfant dans le maillot. L.

FREULÉE: volée de coups (Vire).

FREULER:froler, battre.

FREULIER: garnement. B.

FREUMENT: durement, rudement. B.

FRICAMPOÊLER: mal préparer un mets. Defricasser en poêle.

FRICOT: plat de viande, apprêté pour un repas.

FRICOTER: faire bombance.

FRICOTEUR: celui quifricote.

FRIGOUSSE (s. f.): mauvais mets. Du mot populairefricot.

FRIME. C'est bon pour la frime: c'est bon pour l'apparence.

FRIMOUSE; FRIMOUSSE: grosse figure. Du vieux motflimouse. Patois Lorrain. Patois Troyen.

FRINGALE: boulimie. L.

FRINGALIER: qui a la fringale. L.

FRINOT: garçon meunier. Du latinfarina,farinarius.

FRIOLER: affrioler; et, dans le sens neutre, avoir grande envie.

FRIOLET: haricot prédome. Dephaseolus.

FRIPE (s. f.): vêtement en mauvais état, bon pour lafriperie. Au figuré, le corps. Donner sur la fripe: battre.

FRIPER (SE): se frotter, s'agiter comme les gens qui ont des poux.

FRIPERIE. Voyez FRIPE.

FRIQUENELLE: jeune fille friande etfringante.

FRISDU: terre enfriche.

FRISON (s. m.): rubanfriséque produit la varlope. L.

FRISON (s. m.): boucle de cheveux quifrisentpar art.

FRŒ (s. f.): sciure de bois.Frououfroux, en patois Lorrain.

FROLÉE: pain émié dans du cidre ou du poiré.

FROMER; FRUMER: fermer.

FRONTEAU: bandeau ou bourrelet d'enfant. Defront.

FROU-FROU (Madame): femme ou fille prétentieuse. Frou-frou est une onomatopée comme taffetas (autrefois tafe-tafe), tirée du bruit que produisent les robes de soie. Id. Patois du Jura. L.

FRU, E: avide. A.

FRUSQUIN. Voyez SAINT-FRUSQUIN.

FULON; FAILON; FOULON; FURON: frelon.

FUMELLE: femelle. L.

FUMELLIER: coureur de femelles, de filles.

FUMER (v. n.): être contrarié. Voyez BISQUER.

FURIEUSEMENT: beaucoup, très.

FURIEUX: gros et fort. On dit d'un enfant qui est fort et gros: il est furieux et grossier. En patois Rouchi, furieux signifie fort. L.

FURLUCHÉ: hérissé,furieux, comme un coq en colère.

FURLUFFER (v. a.) (arr. de Rouen): fâcher, pousser à bout:

Chest pour nous faire furluffer.FERNAND,Muse normande, p. 26.

Chest pour nous faire furluffer.FERNAND,Muse normande, p. 26.

Chest pour nous faire furluffer.

FERNAND,Muse normande, p. 26.

Peut-être le même mot que le précédent. MM. Duméril.

FUT: bélier du pressoir à cidre. Tonneau, barrique.

FUTANT: ennuyant. L.

FUTÉ: rassasié, qui en a son soûl. Il signifie aussi avisé, rusé.

FUTER: fatiguer, ennuyer, rassasier, blaser.

GABASSER: sautiller. Du vieux verbegaber: rire, se moquer. A.

GABEGIE: manœuvre secrète et astucieuse; intelligence avec quelqu'un dans un but coupable. On dit aussicapegie. Dans le patois Lorrain,gabgiesignifie un profit illicite. Du Celtique-Bretonguap: moquerie, et du Romangaber. B.

GABELOU: employé desgabelles, maltôtier; sobriquet des douaniers au bord de la mer.

GABERIEN: moqueur, trompeur de femmes. Degaber: plaisanter, se moquer. B.

GABLE (s. m.) (arr. de Vire): pan de mur, pignon;gafl, en islandais. MM. Duméril.

GABOTTER: se balancer en dansant. De l'ancien motgambe, jambe. On a dit d'abordgambotter: agiter les jambes. A.

GACHARD: sale, malpropre (Manche).

GACHE: pain grossier,gâché.--Gâteau improvisé, cuit à la bouche du four.

GADE (s. f.): jatte. De l'islandaisjata. A.

GADE; GARDE; GRADE: groseille à grappes (Ribes rubrum). L.

GADELLE (s. f.): groseille à grappes. L.

GADELIER; GARDELIER; GRADEILLIER: groseiller à grappes. L.

GADEUIL: celui qui, sans être précisément borgne, ne voit,ne regardeque d'unœil; qui a un œil vairon. L.

GADOLIER: garnement, vaurien. B.

GAFFÉE (s. f.): morsure de chien. S.-I.

GAFFER, en parlant d'un chien: saisir brutalement et mordre; manger avidement.

GAGE: avoir, propriété.

GAGIER: gager, parier.

GAGNE (s. f.): gain. L.

GAI: geai.

GAIEUX, SE: trop délicat, dégoûté. Dans le patois de Grenoble,gaillosasignifie glouton. Voyez DÉGAIEUX. L.

GAIL: geai.

GALAFRE. Voyez GOULAFRE.

GALAIGNIE (s. f.): ce que peuvent contenir les deux mains réunies. Voyez JOINTÉE. B.

GALAPIAN ou GALOPIAN: vagabond, galopin. B.

GALAPIAS; GALOPIAS: galopin. B.

GALATINE (Être en): garder la chambre, garder le lit.--Dans la Manche,être en galatinesignifie fort endolori, même en état de pourriture, ressemblant, en quelque sorte, à la gélatine. B.

GALER: contraindre, forcer, maltraiter.

GALES: joie, divertissement. J'ai donné, sur ce mot, une note dans mon édition de Basselin (Vau-de-VireLIII).

GALETER (v. n.): trembler de froid; carillonner avec une ou plusieurs cloches. B.

GALETOIRE: galetière, sorte de poêle à frire, sur laquelle on fait cuire lesgalettesou crêpes de sarrasin.

GALETTE: sorte de crêpe, ordinairement de sarrasin, mal à propos nomméegalettepar ceux qui en font usage. Lagaletteproprement dite est un gâteau cuit au four.

GALFRETIER: gourmand, gorge à tout grain. S.-I.

GALIFRE: gourmand, vorace. S.-I.

GALIMOT: crêpe de sarrasin. O.

GALIR, en parlant du sarrasin: lejetersous le fléau, pour le battre. Du Celtique-Bretongwalen: fléau (Manche).

GALLET: levier. Degwalen.

GALLINE (s. f.): jeu d'enfants. Voyez QUILLEBOCHE.

GALLOCHE (s. f.): même jeu.

GALLOIS, SE: gaillard. De l'islandaisgala, se divertir.

GALLON: ancien vase ou cruche à large ouverture, contenant environ 4 litres. Porté en Angleterre par les Normands dans le XIe siècle. De la basse latinitégalo. Voy. Du Cange.

GALLONNÉE: plein un gallon.

GALMIN: petit valet. Degamin. Voyez GOUGEARD.

GALON ou plutôt GALOP: réprimande. Donner ungalop.

GALOT: tourte aux pommes. Voyez BOURDIN.

GALOTTER: carillonner.

GALUE: louche. Voyez BICLE, ÉGALUER.

GALVADAIRE: vagabond. B.

GALVAUDER (v. a): tripoter, ne pas ménager une chose; gâcher de l'ouvrage. L'Académie définit ce verbe: réprimander durement.

GAMACHE (s. f.): sorte de guêtre de coutil ou de toile, assujettie ordinairement autour de chaquejambepar des cordons. Du Cange dérive ce mot decampagus. En italien,gamascia: c'est de là que vientgamache. Les Languedociens disentgamacho. Je préfère considérer ce substantif comme une altération degambache, vêtement desgambes, jambes.

GAMBE: jambe.

GAMBÊLER: agiter lesjambespresque convulsivement. Voyez GAMBILLER. B.

GAMBET: croc-en-jambe.

GAMBETTE: petit couteau, dont la forme était primitivement celle d'une petitejambe.

GAMBIER: pièce de bois à laquelle les bouchers suspendent la viande. B.

GAMBILLER (v. n.): remuer désagréablement lesjambesen marchant.

GAMBU: qui a de longues jambes.

GAME (s. f.): écume de la bouche d'un animal. Voyez BROUE. A.

GAME: soufflet sur la joue.

GAN (s. m): gain, bénéfice. Voyez GAGNE. A.

GANDOLER: balancer, remuer désagréablement B.

GANIPION: garnement. En patois de Grenoble, on appelleganippaune personne couverte de haillons. Voyez GALAPIAN.

GAPAS: balle d'avoine.

GARCE; GARSE: fille. C'est le féminin degars. Patois du Jura.

GARCETTE: petite fille, fillette. En patois du Jura,garçotte,gachotte.

GARCHONN: garçon. S.-I.

GARÇONNIÈRE: fille qui court après les garçons et les fréquente trop. Du verbegarçonner: hanter les garçons.

GARCU ou plutôt GARE-CU: jupe, cotillon.

GARDE-HEURT: borne, appui. Degarder, préserver, et deheurt.

GARDE-ROBE: aurone (Artemisia abrotanum); parce qu'on croit que cette plante éloigne les teignes d'unegarde-robe. B.

GARDE; GARDELLE. Voyez GADE. S.-I.

GARDIN: jardin.

GARDINIER: jardinier.

GARE: de couleur bigarrée. Bœuf gare, vache gare. Du latinvarius, varié.

GAREAU: bœuf ou taureau gare ou bigarré.

GARGACHE: culotte. Du vieux motgargaisse. V. mesChansons normandes, p. 233.

GARGOTIER: ouvrier employé au blanchissage des toiles. Degargote, mauvais cabaret, dans lequel ces ouvriers vivent trop souvent.

GARIR; GUARIR: guérir. Ancien français.

GARISON (s. f.): guérison.

GARREAU: sorte de pain de froment, de qualité supérieure. A.

GARROT: levier. L'Académie définit ce mot: un bâton pour serrer. Legarrotde nos vieux auteurs est à peu près lepedumou la houlette du berger. A.

GARROUAGE: vagabondage. Ces bestiaux sont engarrouage: sont errants et causant du dommage. Du vieux motgarrou,loup-garrou(loup errant). Voyez VAROU.

GARSAILLES (s. f.): enfants. P.

GAS: garçon. De l'ancien motgars, conservé en Bretagne et en Franche-Comté. A.

GASE (s. f.): vase, bourbier. C'est legpour lev. Voyez ENGASER.

GASPIL (s. m.): gaspillage. A Valognes, on ditgaspille(s. f.); jeter à la gaspille.

GASTOUSER: couper mal les cheveux. Degast, dévastation, et detouser, tondre. L.

GATER: répandre, en parlant des liquides. Gâter de l'eau: uriner.

GATON: levier court.

GATONNER: se servir du gaton pour serrer la corde sur une charrette.

GATTE: jatte. Voyez GADE.

GATTE: marelle, sorte de jeu.

GATTECOFVE: sorte de gâteau, autrefois en usage à Dieppe, suivant Moisant de Brieux (Orig. de quelques Cout. anc., p. 65).

GAU: coq. Degallus. Dans l'ancien Argot,gausignifie pou. B.

GAUBERGER; GOBERGER (SE): se carrer.

GAUD: niais. Denigaud, par aphérèse.

GAUDENCES: contes réjouissants. Degaudere, se réjouir.

GAUNE: jaune. S.-I.

GAUNETER: perdre son temps à babiller. O.

GAUPAILLER: avaler avec voracité.

GAUPLUMÉ: celui dont les cheveux sont ébouriffés comme les plumes d'ungau(coq); chiffonné. L.

GAURE: grosse femme désagréable; truie. Les ennemis d'Isabeau de Bavière l'appelaient lagrande Gaure.

GAURER: se pavaner avec orgueil. Du grec γαυρος.

GAUSANT: dégoûtant. O.

GAUT: bois, forêt.

GAUTIER: oison, le mâle de l'oie. A.

GAVAILLER: gaspiller. B.

GAVAS: brutal. En espagnol,gavachosignifie lâche, etgavasa, fille publique. B.

GAVER: gorger. S.-I.

GAVIAU; GAVION: gosier. S.-I.

GAVIGNOLE (s. f.): gaîté désordonnée, provenant d'une ivresse enjouée. Du latingavisus, réjoui.

GAVIGNON; GAVIGNOLLE: ivresse folle. Du latingavisus.

GAVILLEUX, SE: mauvais, dangereux. Du celtique-bretongwall(Vire).

GEALE (s. f.): engelure. Dans le Roman,enjallésignifie gelé.Ejallé, dans le patois Walon. Du latingelu, gelée. A.

GEALLEUX, SE: qui a des engelures.

GEARSE (s. f.): brebis pleine. Du verbe latingerere, d'où notre substantifgestation. Voyez GERSE. A.

GÈBE: gale du chat. B.

GÉGIGNE (s. f.): ventre. Degésine. A.

GENCER (v. a.): arranger, disposer. D'agencer, par aphérèse.

GÉNISSON (s. m.): génisse. L.

GENISSON: seneçon (Senecio vulgaris). B.

GÊNOTTE (s. f.) (Bunium denudatum). B.

GENOTTE (s. f.) (Œnanthus pimpinelloïdes). Voyez JANOTTE. A.

GENOUILLET (Veronica hederæfolia). B.

GENOUILLONS (A): sur les genoux, commeà ventrillons: sur le ventre.

GENS; NOS GENS: mon père et ma mère. Les gens par excellence. L.

GÉOTE: arroche (Atriplex hortensis). A.

GERGAUD (s. m.): fille qui folâtre avec les garçons. Voyez SERGAUD.

GERGAUDER: folâtrer en gergaud.

GÉROFLÉE: giroflée (Hesperis violaria).

GERQUE: brebis. Du latinvervex.

GERSE: brebis dans l'état de gestation. Voyez GEARSE. A Bayeux,gerse: vieille brebis. A.

GERZIAU (s. m.): espèce de lentille sauvage, qui croît dans les blés et infeste les sillons. A.

GESTÉ: arrangé. Il se prend en mauvaise part.

GESTÉE (s. f.): quantité, abondance. Du verbe latingerere. Voyez VESTÉE.

GHÉROUÉSELLE (s. f.): groseille à maquereau (Ribes uva crispa).

GIBLOU. Le bon Dieu de Giblou: divinité dérisoire. On appelait la Chronique de Sigebert de Gemblours Chronique de Sigebert deGiblou. L.

GIÈVRE: harle hupé. Voyez VIAR. B.

GIFE; GIFLE: soufflet. Voyez JAFE.

GIGALER. Voyez GINGLER.

GIGNOSSÉS: curiosités introuvables. L.

GIGORGNE; GIGORNE: pièce de bois très-noueuse. Degigotet du latincornu.

GILER; GILOIRE. Voyez JILER, JILOIRE. A.

GIMER: pleurer,gémir. Du latingemere.

GINGEOLE (LA): étourdi qui saute etgingue. L.

GINGLER; GINGUER: sauter, folâtrer. De gigue, gigot.

GINGUETTE: jeune fille qui aime àginguer.

GIPOUTRER, ou plutôt JIPOUTRER. Voyez JIFER.

GIRIE: farce, fausseté, supercherie.

GIRONNÉE (s. f.): plein un tablier. Voyez GRONNÉE.

GIROT, pour GILOT: sot, grimacier. DeGilles;Gire.

GISIER: gésier. Id. patois du Jura. A.

GITRE; GIÈTE; GITE: madrier, solive, poutrelle.

GLAM (Frutercula arctica). B.

GLAM: crêpe, carême-prenant. Eure.

GLAM: Guillaume. Contraction du latinWillelmusou de l'anglaisWilliams. B.

GLAMET; GLAUMET: logette pyramidale de menues branches pour prendre les oiseaux. Du nom de quelque individu nommé Guillaume, qui l'aura inventé.

GLAMOT: Guillaume. B.

GLANE (s. f.): sorte de bouquet d'ognons, de tiges de blé, recueillis et liés ensemble. Du verbeglaner.

GLATIR: japer, hurler. Du verbeglapir.

GLAUDE: dupe, imbécille. De l'empereur romain Claude. Dans le patois du Jura,englauder: duper.

GLEU; GLU: glui, paille de seigle. En Champagne, on dit:glu. On lit, dans une chanson anonyme du XIIIe siècle:

Robin a d'autruy de miPris chapel de glui.

Robin a d'autruy de miPris chapel de glui.

Robin a d'autruy de mi

Pris chapel de glui.

GLEUMER: engloutir. S.-I.

GLISE: glaise.

GLONDAT: ajonc (Ulex europæus). Manche.

GLORER: sommeiller, dormir en ronflant. Onomatopée. A.

GLOT: ver blanc, qui attaque la viande et le fromage. Voyez GUILLOT.

GLOT, TE; TERRE GLOTTE: terre mal brisée par le labourage. Deglu.

GLOUTE (qual.): gâté. De l'islandaisglata, perdre.

GNIAF: mauvais cordonnier.

GNIAGNIAN: lambin, tâton. Defainéantprononcéfaigniant. Dans le patois Berruyer,gniogniot.

GNIAQUÉE (s. f.): morsure de chien. Voyez GAFFÉE. Du Roman,gnac: coup de dent. B.

GNIAS: enfant à la mamelle.

GNIEU: œuf laissé dans le nid pour y rappeler la pondeuse. Voyez NICHET.

GNIOLLE. Voyez NIOLLE.

GNIOLLER: niaiser; faire ou dire des riens. Denihil, rien.

GNIOT: nigaud. Voyez GNIAGNIAN.

GO: essor, élan. Tout de go: d'emblée. En anglais,gosignifie aller.

GOBANT: gourmand. Degober, manger avec avidité. MM. Duméril.

GOBELIN; GOBLIN; GOUBELIN: sorte de revenant ou d'esprit follet, plus espiègle que malveillant. Du celtique-bretongobilin: feu-follet, lutin, etc. Orderic Vital parle duGobelindans le livre V de son Histoire, et le cite comme un démon qui apparaissait à Evreux. MM. Duméril dérivent le motgobelindu grec κοβαλος, ou de l'allemandkobold. Je croirais plutôt que, comme notre vieux verbegaber, il pourrait venir de la basse latinitégabbatina, plaisanterie.Gobelinserait tout simplement l'altération de ce mot ou dugobilincelto-breton. Nous avons parlé dugobelinavec quelque détail dans le t. I de nosArchives normandes.

GOBELOTER: faire les froncements ou plis que les blanchisseuses impriment au linge fin. Froncer. L.

GOBET: petit morceau de pain, de bois, etc.

GOBINE (s. f.): repas de gourmands. Du verbegober. Voyez GUEULETON. A.

GOBINER: manger avec friandise. Diminutif de gober. Il signifie aussi se rengorger.

GOBINETTE (s. f.): petit régal entre enfants.

GOBINONNER (v. a.): se moquer de. S.-I.

GOCE: aise, aisance. De l'islandaisgots, richesse. B.

GODAILLER: s'enivrer dans un mauvais cabaret, et en mauvaise compagnie. L'Académie définit ce verbe: boire avec excès. Degodet, vase pour boire. Peut-être (comme le pense M. Bastide, de l'Académie de Prusse) godailler vient du motgoodale(good ale), bonne bière. Il arrive souvent qu'en passant d'une langue dans une autre, les mots changent d'acception et prennent un sens de mépris: c'est ainsi que nous employons en mauvaise part le substantif hère, qui vient du latinherus, et de l'allemandherr, maître; et le mot rosse, quoiqu'en allemand, d'où nous l'avons tiré, il signifie un cheval. L.

GODAN: discours ennuyeux et rebattu; bavardage inintelligible. DeGod dem, juron anglais qui choquait tant nos aïeux, pendant l'occupation du XVe siècle.Godansignifie raillerie, en patois Lorrain, et vient probablement du mot latingaudium. Il paraît que, dans l'arrondissement de Valognes, on dit: donner dans legodan, pour donner dans leguêpier.

GODANDARD: très-grande scie dont se servent les charpentiers.

GODE: gade, genre de poissons jugulaires de la famille des Auchénoptères.

GODICHE: nigaud, emprunté. Degauche.

GODIONNER: arranger avec beaucoup de soin. Du patois Vitréengodin, gentil, lequel emploiegodinement: doucement, avec mignardise. M. de Montmerqué, dans une de ses notes sur lesLettres de Mme de Sévigné(Lettre du 22 juillet 1685), s'est trompé lorsqu'il a dit que godinement signifiait gaîment.

GODON: ventru. Dans son XLe sermon de l'Avent, Olivier Maillart crie beaucoup contre les gros godons, et, dans son XXIVe sermon, il dit: «Le mauvais richeerat unus grossusgodon,qui non curabat nisidu ventre.»

GODONNER: jurer. Degoddam.

GODRON: goudron.

GOGAIL: niais, sot. B.

GOGAILLE (s. f.): repas de gourmands, où l'on se met engoguette. L.

GOGON: doux, mignon. Voyez AGOGONNER. A.

GOGUE (EN), expr. adv. (arr. de Mortagne): être en joie, dejocus, comme goguette. MM. Duméril.

GOGUER: folâtrer, en parlant des animaux. Dejocare.

GOHANNIER: valet qui apporte dans le champ les aliments des moissonneurs. De l'anglaisgo: aller, et d'ahan: peine, fatigue.

GOHÉE: grande joie, rires bruyants. Degaudium. Voyez AGOHÉE.

GOLEAU: ivrognegoulu.

GOMER (s. m.): palais de la bouche; gorge.

GOMION: gourmand, vorace. Dans le patois Troyen, unrégomionest le reste d'un bon repas. L.

GOMIONNER: manger en gourmand.

GOMIONNERIE: gourmandise.

GORE (s. f.): truie. Du latingorretus. On disait autrefois une gorrière pour une truie. Court de Gebelin dérive ce mot du celtiquegawri, crier. Dans le patois du Jura,gourisignifie un petit cochon, ungoret. A.

GOREAU: ulcère. Degore, mal vénérien. B.

GORER: languir. MM. Duméril lui donnent aussi le sens de regarder manger avec envie d'en faire autant.

GORGE (GROSSE): goître.

GORGE-ROUGE: rouge-gorge. Voyez ROUGE-POUQUE.

GORGÈRE; GORGERETTE; GORGETTE: ce qui sert à attacher la coiffure à ou sous lagorge.

GORIN: goret, jeune porc. Degore, truie.

GORNINFLER (v. n.): écornifler. L.

GORRHE; GORE (s. f.): mal vénérien. S.-I.

GOSER:gaver, soûler. Au figuré, ennuyer.

GOSILLER: éprouver des nausées; vomir. L.

GOSSE, ou GAUSSE: mensonge plaisant. Du verbegausser.

GOSSER, ou GAUSSER (v. n.): jouer ensemble, en parlant des enfants. Il signifie aussi donner des gosses. A.

GOSSIER: paille de sarrasin.

GOTTON: Margotton, qui signifie Marguerite, par aphérèse. L.

GOUAILLE (s. f.): raillerie de mauvais ton. Patois Troyen.

GOUAILLER: se moquer, railler. Patois du Jura. Patois Lorrain.

GOUAILLERIE. Voyez GOUAILLE.

GOUAILLEUR: plaisant, facétieux, goguenard. En patois du Jura,gouailloux.

GOUAPER: jaser, plaisanter (Valognes).

GOUBELIN. Voyez GOBELIN.

GOUBELINÉ: qui a des visions; qui croit voir le Goubelin ou Gobelin. (Valognes).

GOUGEARD; GOUJARD: gamin. Petit valet de ferme. De goujat.

GOULAFRE; GOULAFRIER; GOULIAFRE: gourmand. Degulafer, dans la basse latinité.

GOULARD. Voyez GOULIBAN.

GOULE: mâchoire; gueule. Du latingula. Dans le département de l'Orne, le mot goule n'a rien d'offensant. Les nourrices appellent les enfants: chère goule; ma petite goule. On dit d'une personne friande: c'est une goule fine. A.

GOULER: vomir; rendregorge.

GOULÉYANT: appétissant. A.

GOULIAS: goguenard, bavard.

GOULIBAN: gourmand. B.

GOULICHONNER: baiser indécemment sur la bouche. A.

GOULIMAUD. Voyez GOULIBAN.

GOULINE: sorte de bonnet de femme, qui enveloppe le bas de la figure, lagoule. A.

GOUNELLE: cotte, jupe. De l'ancien français gonelle, et gone: robe.

GOUORFOULER: meurtrir. Voyez GOURFOULER. B.

GOURAS: gourmand. L.

GOURCIR: écraser. Degourd.Gourcir, c'estengourdirà force de coups, ou par une violente pression.

GOURER: tromper. C'est le verbe dont le substantifgoureurest dans le Dictionnaire de l'Académie.

GOURFOULER: presser; fouler au point de meurtrir. B.

GOURGOUSSER: faire du bruit dans la gorge; gargariser. Par extension, bouillir à bouillons gros et sourds.

GOURMACHER: mâcher malproprement, en gourmand. A.

GOURMAND; GOURMAS: goéland. B.

GOURMELER (v. n.): grommeler.

GOURMITON: gourmand.

GOUROUFE; GOUROUFLE: sorte d'insecte (Blatta orientalis). B.

GOUSPILLER: houspiller, maltraiter. L.

GOUSPIN: gamin.

GOUSSON: gousset.

GOUSSON: gratte-cul, fruit de l'églantier.

GOUVILLER (v. n.): se moquer de quelqu'un en face.

GOUVILLON: sorte d'anneau, de bague. Du Romangovion.

GOUYÈRE: petite mesure pour la crême. (Pont-Audemer).

GRAANTER: accorder. De la basse latinitégraantare. Roman.

GRABOTTE: tête du silique de graine de lin. A.

GRACIER: remercier, rendre grâces.

GRADE: petite groseille. S.-I. M.

GRADÈLE: petite groseille. B.

GRADELIER: groseillier à grappes. B.

GRADILLE: petite groseille.--A St.-Lo,gradillesignifie oseille, selon MM. Duméril.

GRADILLIER: groseillier à grappes.

GRAFFINER: gratter légèrement. On trouve ce verbe dans Rabelais.

GRAILLONNÉ: sal, malpropre; qui sent legraillon. MM. Duméril.

GRAILLOT: miette, reste.

GRAINIR: grener; monter en graine.

GRAISSET: sorte de lampe en fer. Ferrand dit, dans saMuse normande:

De malheur je n'avions ni graisset ni candèle.

GRANCHE: grange. Du latin barbaregranchia, dans une charte latine de 1294, rapportée par Vallois (Notit. Gall., Præf., p. 17).

GRAND, E: grand-père; grand'mère.Mon grand, pour mon grand-père.

GRANMENT:grandement, beaucoup.

GRANGE (s. f.): pièce de toile, sur laquelle on bat le sarrasin, dans le canton de Carrouges. A.

GRANGETTE: sorte de cage ou de piége pour prendre des oiseaux.

GRAPE FRANCHE: crabe de la meilleure qualité. B.

GRAPE ENRAGÉE: crabe commun. B.

GRAPPER (SE): s'attacher à. B.

GRASSE-POULETTE (Chenopodium album). B.

GRAU (s. m.): boue liquide. Voyez BOUILLON. B.

GRAVÉ, en parlant des effets de la petite vérole: marqué de petite vérole.

GRAVOIS: gros gravier.

GREC, QUE: avare, rusé. B.

GRECQUERIE: trait d'avarice. B.

GREDIL: gril. Du latincraticula. S.-I.

GREDIR: frissonner. Voyez CRÉTIR.

GREDIN: avare, ladre.

GREDINER: faire les choses avec une excessive mesquinerie.Gredinerieen est le substantif.

GRÉDOLE: branche sèche tombée d'un arbre. M.

GRÈGE (s. f.): affinoir. (Manche.)

GRÉGIR: froncer.

GRÊLAIRE: malheureux. De grêle,gracilis. S.-I.

GRÊLÉ (de petite vérole). Voyez GRAVÉ.

GRÊLÉ: ruiné comme un champ que la grêle a dévasté.

GREMIR: écraser. Peut-être degrain. Alors l'origine de ce verbe serait la même que celle d'unLithospermonqu'on appellegremil, et que Ménage dérive degranum milii: grain de mil ou de millet. En effet,gremirc'est, pour ainsi dire, réduire en grains aussi petits que ceux du mil. En patois du Jura,gremer. A.

GRENONS; GUERNONS: moustaches. Decrinis.

GRESILLE (s. f.): grésil; petite grêle. A.

GRESILLÉ DE: tout couvert de.

GRÉSILLON: grillon.

GRÉSIR (v. n.): grelotter de froid. L.

GRESSET: petite grenouille verte, qui monte sur les arbres.

GRETTE (s. f.): chenevotte. Decannabis, chanvre. A.

GRÈVE: grive. B.

GRIAU (s. m.): ce qui reste du lard, dont on a fait fondre et extrait la graisse. Voyez CRETON et RILE.

GRIBICHE (s. f.): grigou féminin. Voyez GRIPI. L.

GRIBICHON: même sens que GRIBICHE.

GRICHE (s. f.): grimace de mécontentement. Du verbegrincer. B.

GRICHER: faire la griche; témoigner du mécontentement par une attitude boudeuse.

GRICHET; GRINCHET: grincement de dents, pour exprimer la moquerie.

GRICHEUX: grondeur.

GRICHIR: pleurer. (Manche.)

GRICHU, E: dont la figure exprime la mauvaise humeur. B.

GRIFFER: égratigner. Degriffe. Voyez ÉGRIMER; ÉGRINFLER.

GRIGER: froncer. Voyez GRÉGIR.

GRIGNE (s. f.): partie de la croûte du pain qui est la plus brisée et la plus savoureuse. En patois du Jura,gregnon: croûton. Voyez BAISEUL.

GRIGNER: grincer.

GRILLER (v. n.): glisser.

GRIMAUD: refrogné, e; de mauvaise humeur. Dans notre français actuel, grimaud est un terme de mépris, que l'on applique ordinairement aux écoliers paresseux. Furetière le dérive degrammaticus, élève de grammaire. Ménage, qui ne s'arrête pas en si beau chemin, dit que l'italiengrimaldo, qui vient du latinrimari, chercher, est la source du mot françaisgrimaud. Je ne partage pas ces opinions. Comme le grimaud est refrogné, se ride le front, je pense qu'il faut en chercher l'étymologie dans le substantif italiengrimo, ride, d'où vient aussi grimace, etc.

GRIMELIS: mélange, fouillis.

GRIMELOTÉE (s. f.): œufs brouillés. On dit aussi des œufs à la grimelotée.

GRIMELU, E: marqueté de petite vérole. C'est ce qu'en Suisse on appellecretu(voir laNouvelle-Héloïse, part. IV, lettre 8).Grimm, en celtique-breton, signifie grimace, et a donné naissance augrimodes Italiens. C'est degrimmque nous avons tiré notre vieux motgrimelin, qui voulait dire un polisson; mais, comme notre mot patoisgrimelune se prend pas en mauvaise part, il y a lieu de présumer qu'il vient du celtique-écossaisgram(en composition, grim), qui signifie raboteux: tel est, en effet, le visage marqué de petite vérole. En patois du Jura,gremoulu: raboteux, couvert d'aspérités. A.

GRIMER: égratigner. Degrin, ci-après.

GRIN: griffe; ongle. Enfoncer ses grins dans: enfoncer ses ongles dans.

GRINCHER: égratigner; donner des coups de grin.

GRINDEAU: tourne-pierre (Strepsilus interpres). B.

GRINGALET: homme chétif de corps et d'esprit. Patois du Jura.

GRIPER: grimper. Par syncope. Patois Walon.

GRIPI: la femme du Diable; méchante femme. Degrip, l'une des filles du géant Géirrod, dans la mythologie scandinave.

GRIPILLON (s. m.): touffe de petites branches provenant d'une végétation extravasée; branches chiffonnées qui se forment en bouquet dans le poirier et dans le pommier, à peu près comme fait le gui.

GRIPONNER: voler, dérober. S.-I.

GRISON: quartz; caillou d'une excessive dureté.

GRIVELOTÉ: grivelé, tacheté de blanc et de roux ou de noir, comme la grive. L.

GROBIS: important, fier (bis grossus). MM. Duméril.

GROC; GROG (s. m.): aspérités que présente la boue durcie par la gelée, qui rendent le chemin raboteux et la marche difficile. A.

GROISELÉ: demi-cuit, en parlant d'un fruit. A.

GROISELLE: groseille, fruit du groseillier épineux; groseille à maquereau. Marot a dit:

De ses traités non valant deux groiselles.

GROISELIER: groseillier épineux.

GROLLE (s. f.): corneille; corbeau.Grailli, dans le patois de Grenoble.

GROLLER: tousser; expectorer; remuer.

GROLLES (s. f.): mauvais souliers. Ce mot est usité en Savoie.

GROMACHER; GROMENCHIER; GROMENCHER: grommeler.

GRONNÉE: plein un tablier. Degiron. En patois Lorrain, on ditgironnée. Syncope. L.

GROS, en parlant du cidre: pur, sans addition d'eau. L.

GROSSET: rondin.

GROSSIER: gros et fort.

GROU: eau fétide, eau bourbeuse. Du bas latingroua, marais.

GROUAIGE. Voyez GARROUAGE. A.

GROUCER: réprimander;--remuer légèrementGroa, disent MM. Duméril, signifie à la foismettre en mouvementetse mettre en colère.

GROUE: gelée, glace. Voyez GROC. A.

GROUÉ; GUÉROUÉ: gelé en parlant de linge mouillé qu'a frappé la gelée. On dit aussi la boue estgrouée.

GROUÉE (s. f.): fruits à pressurer, tombés avant leur maturité et que l'on recueille. Voyez DÉTÉ et TUIS. S.-I.

GROUER: égrainer; faire tomber les fruits d'un arbre. Decrouler.

GROUET; GROUETTE: gros gravier. Terre de grouette: terre mêlée d'une grande quantité de gros gravier.

GROULONNER: renâcler. (Manche.)

GROUSSER; GROUCER: murmurer, gronder. C'est dans ce dernier sens que l'emploie l'auteur de laDanse aux aveugles. Du latinglocitare, glousser. L.

GROUSSER: remuer légèrement B.15

Note 15:(retour)C'est le même mot que nous avons mis plus haut: GROUCER. MM. Duméril et Louis Du Bois diffèrent ainsi quelquefois par l'orthographe. J. T.

GRULÉE: bouillie de gruau d'avoine. A.

GUAI: grivois. S.-I.

GUAI: glui. Voyez GLEU.

GUAITER: soigner, s'occuper de. S.-I.

GUANCHER (v. n.): dévier; aller de travers; broncher.

GUÉ, E: ruiné, e. De gueux. A.

GUÉDÉ: farci, rempli de, gonflé. B.

GUÉDER (SE): se mouiller et se crotter. Voyez BODER, GUÉNÉ, VADELER.

GUÉDINER, ou plutôt, GRÉDINER: frissonner de froid. Voyez CRÉTIR.

GUÉDOT: porc; qui aime à êtreguédéde nourriture.

GUÉNÉ: crotté et mouillé. Voyez GUÉDÉ.

GUÉNER (SE): se crotter et se mouiller. A.

GUENETTE: femme ou fille de mauvaise vie. Du françaisgouine.

GUENIPPE: femme déguenillée. Deguenon.

GUÉNONNER (v. n.): se morfondre; croquer le marmot. L.

GUERBIÈRE: bouche démesurément grande, dans laquelle on pourrait faire entrer une gerbe.

GUERDONNER: récompenser. Joinville écritguertedonner. Basselin (Vau-de-Vire IV de mon édition) dit:


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