Fi de beautéQui son amant de desplaisir guerdonne!
Fi de beautéQui son amant de desplaisir guerdonne!
Fi de beauté
Qui son amant de desplaisir guerdonne!
GUÉRIGAT (s. m.): gaîté folle; rut des animaux. L.
GUERMENTER (SE): se mêler de. Voyez DÉMENTER.
GUERNE (s. f.): poule. Employé dans un vieux recueil d'anciennes chansons normandes inédites, que nous publiâmes, en 1821, à la suite desVaux-de-Virede Basselin (p. 155-196). Du latingallina. Voyez GAU.
GUERNEMENT: garnement S.-I.
GUERNIR: garnir. S.-I.
GUERNOTTER; GRENOTTER: grelotter.
GUEROUÉE: gelée. Voyez GROUE.
GUERPELÉ: qui a peu de cheveux; qui n'estguère poilu. Homme de mauvaise mine.
GUERVÉ: gruau. (Vire.)
GUÉSETTE: fillette inconséquente et légère, de conduite équivoque, courant partout. Du celtique-bretonghezett, jument.
GUESTES: façons prétentieuses. De gestes. L.
GUESTIER, ÈRE: façonnier prétentieux.
GUÊTRUER: gazouiller. (Manche.)
GUEU: Dieu. Degot, dans les langues du Nord.
GUEULATION: repas de gourmands voraces. Degula. L.
GUEUSARD: mauvais sujet; homme sans probité. Degueux.
GUIAFFE: soufflet. En patois Lorrain,gaffeetgiffe. Voyez JAFFE. L.
GUIAFFER: souffleter; donner une GUIAFFE. L.
GUIAMAIS: jamais. L.
GUIBET: moucheron.Wibez, en Roman. Voyez BIBET. A.
GUIBOLE: jambe mal faite. A.
GUIBRAIE (s. f.): cadeau venant de la foire deGuibray.
GUICHON: sorte de tasse ou de bol, soit en terre cuite, soit en bois de hêtre: cette dernière est une jatte. B.
GUICHONNÉE: quantité contenue dans un guichon.
GUIDOT: sorte de filet.
GUIE: diarrhée. Voyez JILE. A.
GUIENLEU: étrennes. C'est la corruption des mots druidiques: Au gui l'an neuf.
GUIFRE (s. f.): bouche, gueule. S.-I.
GUIGNE (s. f.): but où se place celui qui guigne au jeu de cligne-musette. L.
GUIGNER: regarder du coin de l'œil. Le verbeguignersignifie se cacher les yeux aux jeux de cligne-musette et de Colin-Maillard. Du vieux verbecuigner: regarder du coin de l'œil; du latincuneus, coin. On trouvecuindans Nicot. Voyez BONER, et GUINCHER. L.
GUIGNER: jeter des pierres. (Valognes.)
GUIGNETTE (s. f.): obscurité. Marcher à guignette; flâner à guignette. Du verbecligner.
GUIGNEUR; GUIGNEUX: qui se moque, en regardant du coin de l'œil.
GUILDROU; GUILLEDOU (Courir le): courir les mauvais lieux. En patois du Jura,guilledru.
GUILÉE: averse. Degîler: jaillir.
GUILER: crier d'une voix perçante. Voyez VIPER.
GUILLEMUCHE, GUILLEMUCHETTE: le jeu de laclimusetteoucligne-musette. L.
GUILLER: crier d'une voix perçante. A.
GUILLOT: ver blanc qui attaque la viande, le fromage et quelques fruits. A.
GUIMBELET: gibelet; vrille.
GUIN: pou. A.
GUINCHER: regarder du coin de l'œil; cligner. Dans l'Orne, le verbeguincherexprime l'action de lancer ridiculement des œillades amoureuses. En patois de Grenoble,guinchiésignifie viser pour tirer un coup de fusil. Voyez GUIGNER.
GUINCHOTTER: guincher fréquemment.
GUINE (s. f.): croûton. Voyez GRIGNE. B.
GUITIS; GUITUS: gosier.
GUT; CUT (s. m.): cligne-musette, jeu d'enfants. Le but où il faut se rendre. Du Romancute: cachette, lieu secret. A.
H. L'aspiration rude de cette lettre est employée mal à propos dans quelques cas. Par exemple:c'ment hla;donne-moi hla: comment cela; donne-moi cela.
HA: haut. En patois Walon,hais. Villehardouin écrivait:halz mursethaltes teres. L.
HACHET: petite barrière dont les barreaux sont perpendiculaires. Voyez HÉ.
HAGER: déchirer, détériorer, gâter. Dehacher.
HAGNETTE: béquille. D'anus, vieille femme. Il signifie aussi mauvais couteau. B.
HAGUE (s. f.) (arr. de Valognes): fruit de l'aubépine, qui s'appellehôgan, en breton. C'est aussi le nom que l'on donne à l'extrémité du Cotentin, où les pirates normands s'étaient fortifiés au moyen d'un fossé dont les restes sont connus sous le nom deHaguedik. C'était, comme on sait, leur usage: «Normanni, devastata ex maxima parte Hlotharici regni regione, prope fluvium Clyla, loco qui diciturLovonium, sepibus (more eorum) munitione capta, securi consederunt.Annales Fuldenses, année 891, dans Du Chesne,Scriptores Normannorum, p. 18.
Rous ne li suen qui od lui erent,Defenses firent e fossezGranz e parfunz e haux e lez,Clos environ cume chastel.BENOIS,Chronique rimée, l. II, v. 3442.
Rous ne li suen qui od lui erent,Defenses firent e fossezGranz e parfunz e haux e lez,Clos environ cume chastel.BENOIS,Chronique rimée, l. II, v. 3442.
Rous ne li suen qui od lui erent,
Defenses firent e fossez
Granz e parfunz e haux e lez,
Clos environ cume chastel.
BENOIS,Chronique rimée, l. II, v. 3442.
Voyez aussi Dudon de Saint-Quentin, l. II, dans Du Chesne, loc. cit., p. 77; Guillaume de Jumièges, l. II, ch. 10,ibid., p. 228, et leRoman de Rou, l. I, p. 64. Selon Ihre, l'islandaishagiaurait signifié haie; nous ne le connaissons qu'avec le sens de pâturage, mais probablementclos; au moins le vieil allemandhaget l'anglo-saxonhacgnous portent à le croire. La racine dehaiepourrait même être celtique; car dans le patois de l'Isère,agisignifie haie, buisson; dans celui des Vosges,haigissignifie bosquet, et le vieux françaishaieavait le plus souvent la signification de bois: la Haie de Valognes, la Haie d'Ectot, St.-Germain-en-Laye, etc. MM. Duméril.
HAGUIGNÈTES; HOGUIGNÈTES: étrennes. C'est la corruption de: Au gui l'an neuf. Dans le XVIe siècle, on chantait à Rouen:
Donnez-moi mes haguignètesDans un panier que voici.Je l'achetai samedi.D'un bonhomme du dehors.Mais il est encore à payer.Hoguinelo!
Donnez-moi mes haguignètesDans un panier que voici.Je l'achetai samedi.D'un bonhomme du dehors.Mais il est encore à payer.Hoguinelo!
Donnez-moi mes haguignètes
Dans un panier que voici.
Je l'achetai samedi.
D'un bonhomme du dehors.
Mais il est encore à payer.
Hoguinelo!
Ce refrain est à peu près le même que celui de cette autre chanson du même crû et de la même époque:
Si vous veniez à la despence,A la despence de chez nous,Vous mangeriez de bons choux;On vous servirait du rost.Hoquinano!
Si vous veniez à la despence,A la despence de chez nous,Vous mangeriez de bons choux;On vous servirait du rost.Hoquinano!
Si vous veniez à la despence,
A la despence de chez nous,
Vous mangeriez de bons choux;
On vous servirait du rost.
Hoquinano!
HAGUIGNOTER: couper mal à propos par petits morceaux. Dehacher.
HAHI-HAHA; MOITIÉ HAHI, MOITIÉ HAHA: d'un sexe équivoque.Virago. Homme efféminé et qui a une voix grêle.
HAI. Voyez, HÉ et HEISE.
HAIE; HAIE-CI: va; va par ici (en parlant à un cheval). On dit à un mauvais cheval: haïe-ci, quatre sous! Et va donc! Il semble qu'on devrait écrire: aille! aille-ci! c'est-à-dire qu'il aille!
HAILOCHER: marcher en se balançant. Du verbe locher.
HAIM ou AIN: hameçon. Du latinhamus. Lehde haim ne s'aspire point. L.
HAINGEUX: méchant, remuant,hargneux. B.
HAINGRE: malingre; souffreteux. D'æger, malade.
HAION (s. m.): broussailles disposées pour clore la brèche d'unehaie. A.
HAIR (s. m.): chevelure. Dehure. (Vire.)
HAIRE et non pas HÈRE. Voyez HURE.
HAIRE: hargneux, hargneuse. L.
HAIREQUELIER: mauvais sujet avec lequel il est difficile de traiter; fainéant. Des substantifs haire et querelleur. En langue romane,arquellieretharquelier. Ces mots désignaient, dit Roquefort, «un homme gagé par un religieux pour le mener faire la quête». Comme ces mendiants voyageaient loin de la surveillance de leurs supérieurs, ils se comportaient parfois assez mal pour exciter de justes plaintes. Aussi, dans le moyen-âge, on donnait le nom de harquelier ou hairequelier aux vagabonds et aux vauriens. Comme, pour la même cause, on parlait mal des pélerins, parmi lesquels se mêlaient des fainéants, des débauchés et des pillards, on fit le proverbe: Je connais le pélerin; c'est-à-dire: ce vaurien, ce faux pélerin ne me trompera pas.
HAIRGANE ou ERGANE: hargneux. B.
HAÏS (Je); tu HAÏS; il HAÏT: je hais, tu hais, il hait.
HAISET (s. m.): partie inférieure d'une porte coupée en deux. Du bas latinhaisellus. En vieux français ainsi que dans l'Orne,haise: Comme Pierre Playart... vouloist mettre en une cour de la maison où il demeuroit, unehaisequ'il avoit faite pour obvier que le bestail de la ville n'entrast en sa court.Lettres de grâcede 1371, citées dans Du Cange, t. III, p. 616, col. 1. On dit proverbialement des amoureux:
S'ils n'entrent par le haiset,Ils entrent par le viquet.
S'ils n'entrent par le haiset,Ils entrent par le viquet.
S'ils n'entrent par le haiset,
Ils entrent par le viquet.
Ce mot signifiait sans doute originairement une petite porte comme l'huiseletdu vieux français. MM. Duméril.
HAISIER ou plutôt HEISIER: ridelle. Voyez HÉ.
HAITER (v. n.): travailler à une haie.
HAITER: plaire.
HAITIER (s. m.): galetière pour frire les crêpes de sarrasin.
HALABRE: homme déguenillé et de mauvaise mine. Du latinhelluo, gourmand.
HALAISER: respirer avec peine. D'haleine. B.
HALAS: hélas! M.
HALBATTÉ: évaporé; mauvaise tête.
HALBI (s. m.): liqueur composée de pommes et de poires pressurées ensemble. De l'anglaishalf, moitié, et du latinbibere, boire.
HALER: tirer à soi; exciter. Haler un chien sur quelqu'un: le lâcher et l'animer contre quelqu'un.
HALER (en parlant des animaux): être essoufflé; avoir l'haleineembarrassée. Voyez HALAISER.
HALÉSER: trembler de peur. De l'interjectionhalas! pour hélas!
HALFESSIER: mauvais sujet, de mauvaise mine; qui tire ou traîne, ouhalele derrière (lesfesses).
HALIPRE: gerçure des lèvres, produite par le froid ou par lehâle. B.
HALITRE. Même sens que HALIPRE. L.
HALITRÉ: gercé par lehalitre. L.
HALLIER: moissonneur loué à la halle.
HALMÊCHE: dispute. B.
HALOT: petit garçon de campagne. Voyez HANNOT.
HALOTTER: remuer le crible, de manière à amasser la paille sur le devant. C. Voyez HALER. A.
HALUMEAU: groupe. Unhalumeaude fruits. L.
HAMBIN: boiteux, paresseux,lambin.
HAMBINER: marcher ou travailler comme un écloppé; boiter. On dit aussihambouiner. Voyez GAMBILLER. L.
HAMMÉE: cépée.
HAN: fantôme.
HANAP; HANAR: vase à boire. Une commune, près d'Alençon, s'appelle Vingt-Hanaps. Par extension, un vase quelconque. En patois Walon,henat. A.
HANE (s. f.): vieille femme.
HANNEAU ou HANNOT: jatte. Dehanap.
HANGUERLINE; HANGRELINE (s. f.): mauvais habillement, haillons.
HANELLE: branches menues dont on se sert pour faire les bourrées.
HANILLE (s. f.): branche de bois, propre à faire le charbon des forêts.
HANNE (s. f.): culotte, pantalon. P. R.
HANNEBANE; HANNEBONNE: jusquiame (Hyosciamus niger).
HANNEQUIN: petit enfant mal bâti. Dehinnulus, petit mulet.
HANNEQUINER (v. n.): travailler avec peine. Du vieux motahan. En patois Walon,halkinésignifie tergiverser.
HANNOT: petit garçon. Dehanne. Sans doute parce qu'il est depuis peu vêtu d'unehanne, d'une culotte.
HANOCHE (s. f.): forte aspérité sur les arbres; bois raboteux. On dit, en patois Walon:henne di boi, pour une bûche. Patois Rouchi.
HANOCHE (s. f.): fève de marais (Vicia faba).
HANON (Centaurea nigra).
HANSARD: couperet.
HANT: fréquentation, accointance.
HANTE (s. f.): verge de fouet; manche de faux;hampe. En Roman,hanste.
HANTÉ: fréquenté par de la canaille, en parlant d'une maison où se réunit un mauvaishant. On dit aussi d'un lieu qu'il esthanté, c'est-à-dire qu'il y vient deshansou fantômes.
HANTIER (s. m.): butte. B.
HAPPE (s. f.): capture, prise. On dit: la bonne ou la belle happe, par dérision, dans le sens du mot fameux de Ninon de Lenclos: «Ah! le bon billet qu'a La Châtre!»
HAPPELOPIN: pauvre diable qui, mourant de faim, se jette sur ce qu'il peut attraper.
HAQUEMASSER (v. a.): tourmenter. Espèce d'onomatopée, comme micmac, trictrac. A.
HAQUENAILLER: marcher lentement et pesamment comme une mauvaise haquenée. Voyez HAMBINER. A.
HAQUETER: caqueter.
HAR: sorte de chien de mer. Voyez HAS. L.
HARANGUET: petithareng. C'est ainsi que parle Pluquet sur le patois bayeusain. Je crois qu'il faut écrirehareng guéouhareng gueux, comme on appelle à Lisieux le hareng qui n'a ni œufs, ni laitance, qui n'est niœuvé, nilaité.
HARASSE (s. f.): sorte de grand panier à claire-voie.
HARASSÉE: préparation de châtaignes ou de marrons dans une harassoire. Ce que contient cette harassoire.
HARASSER (des châtaignes): les torréfier dans une harassoire. Suivant Lancelot, ce verbe vient du grec et signifie agiter, remuer; ce qui se trouve d'accord avec l'acception commune.
HARASSOIRE (s. f.): sorte de poêle à frire, percée de plusieurs trous, dans laquelle on grille ou torréfie les châtaignes.
HARDÉ; HARDELÉ: qui n'a pas de coquille. Ces mots se disent des œufs sans coquille, pondus par les coqs. L.
HARDELLE: jeune fille. Ce substantif, employé par Basselin, et resté en usage à Courtomer dans le voisinage d'Alençon, appartient à l'ancien français. Un hardeau était une jeune branche, un scion: il venait dehart. Depuis on a dit, au figuré, un hardeau pour un jeune garçon, et une hardelle pour une jeune fille. Cette étymologie, tirée de Nicot, fut suivie par Monet, et plus tard par La Monnoye. On peut consulter à ce sujet lesContes et nouvelles de Bonaventure des Perriers(Nouv. 17e.), et la note 144 de mon édition de Basselin (Vau-de-Vire XLIV).
HARDER (v. a.): troquer. MM. Duméril citent, à l'appui de ce mot, un vers de Le Houx.
Que de bon cueur mes livres harderois.
J'avais imprimé ce vers, d'après les manuscrits, dans mon édition de Basselin:
... Que de bon cueur mes livres arderois.
Je ne sais si les savants auteurs duDictionnaire du patois Normandont trouvé cette leçon quelque part, ou si elle n'est qu'une conjecture. Nous l'admettrions volontiers dans une nouvelle édition d'Olivier Basselin. J. Travers.
HARDOUINE: vieille, entremetteuse de mariages. Voyez BADOCHET et DIOLEVERT.
HARÉE: averse de pluie. Du Celtique-Basquevria. En Roman,orez. L.
HARER, sans doute pour haler: exciter (Vire).
HARGAGNEUX: hargneux.
HARGOTER. Voyez HARIQUOTER.
HARGUIGNER, et non pas arguigner: agacer, rendre hargneux. (Manche.)
HARICOT: haricot pris en vert. On appelle mal à propos le haricot sec, petite fève, pois de mai et pois blanc. L.
HARIGACHER: disputer; taquiner; provoquer. B.
HARIGNEUX: rétif, indocile. De hargneux.
HARILLEUR: homme dont la conduite est suspecte.
HARIN: petit cheval de peu de valeur. De haridelle. A.
HARIPOULOT (A LA): à la boule-vue, au hasard, sans ordre.
HARIQUE (s. f.): haridelle.
HARIQUOTER: tracasser; marchander outre mesure. Disputer.
HARIQUOTIER: homme avec lequel on traite difficilement, comme avec lahariquequ'on ne saurait faire marcher. A Bayeux, ce mot signifie, en outre, un marchand de bestiaux dans les foires.
HARIVELIER: marchand de bestiaux. B.
HARLAN; HARLENT; HERLENT: tracassier. Voyez CHIPOTTER, BASSICOTER et HARIQUOTIER. S.-I.
HARMONER: gronder. B.
HAROUSSE (s. f.): haridelle.Harotteen patois Walon.
HARQUELER: marchander à l'excès; chicaner.
HARRACHES (s. f.): tiges du chanvre, brisées en menues chenevottes. A.
HAS: chien de mer. Voyez HAR. B.
HASIÉ: chétif (Valognes).
HAT, E: haut, haute.
HATE (s. m.): côtelettes de porc frais, réunies en une seule pièce que l'on sale et que, peu de jours après, on fait rôtir. Du substantif latinhasta, broche à rôt. Dans le patois Walon, ainsi que dans ceux du Nivernais et de la Lorraine, on appelle hâte cette broche. Dans leRoman de la Roseet dans nos vieux écrivains, le hâterel était le col que, dans les animaux égorgés, il faut sehâterde faire cuire, parce qu'il se corromprait promptement à cause du sang extravasé dont il est rempli. Dans les cuisines royales, lehâteurest chargé du soin des broches et des rôts. A.
HATELET. Voyez HATE. L.
HATELLE: bûche. Voyez ATELLE. Du Cange dit au mot HASTELLE: «... Tenant une busche de bois, qui se nomme au pays (de Normandie) une hastelle.»
HATI: haine. De l'Islandais,hata: haïr.
HATILLE (s. f.): fressure.Astille, en Roman, signifie tranches de viande grillées. Voyez CORÉE. Dans sesNotes sur Rabelais(Pantagruel, liv. IV, chap. LIX), Le Duchat réfute Ménage, et dit qu'on appellehâte,hâtereauxethâtilleles intestins, le foie et les poumons, et qu'il croit que ce nom leur vient de ce qu'ils se corrompraient promptement, «si l'on ne sehâtaitde les manger.» On lit aussi, dans lePantagruel: «Panurge lui-mesme feit les nopces à belles testes de mouton, bonneshastillesà la moutarde.» L.
HATIVET: orgehâtif.
HAUBE (s. f.): buse, oiseau de proie. D'où est venuhobereau. L.
HAUCHIER; HAUCHIR: hausser; élever.
HAULE ou HOLE: fosse, vallée étroite. De l'islandaishol.
HAUT: avancé. Cette femme est haut-grosse: avancée dans sa grossesse. Notre vache est haut-pleine: est près de vêler.
HAUTAINETÉ: hauteur. Se trouve dans Montaigne.
HAVENET: filet pour prendre les oiseaux.
HAVERDA. Voyez HAVET. L.
HAVERON: folle avoine.
HAVET: sorte de petit instrument de fer, de fourche pour attiser le feu. En patois Walon, ce substantif signifie un croc, soit de fer, soit de bois. En Normandie, lehavetoffre une fourche par un bout, et un croc par l'autre. L.
HAVET (arrondissement de Vire): femme malpropre; c'est une figure; havet signifiait, en vieux français, ustensile de cuisine qui était sali par la fumée..... HAVET (BÊTE) (s. f.) (arrondissement de Valognes): bête imaginaire dont on fait peur aux enfants pour les empêcher d'approcher de l'eau. MM. Duméril.
HAVINAGE: blâme répété, fait à demi-voix, très-fatigant pour celui qui en est l'objet.
HAVINER: exercer l'action indiquée par lehavinage.
HAVIR; HAVRIR: dessécher, en parlant d'un rôti, pris de feu ou trop cuit.
HAVRON (s. m.): folle avoine;hafrar, en islandais;habaro, en vieil allemand;wild haber, en allemand moderne.C'est havron et pois percéest une locution populaire, qui signifie:L'un ne vaut pas mieux que l'autre. MM. Duméril.
HAZET: marécage, terrain bourbeux. A.
HÉBÉTÉ: étourdi. A.
HÉBÉTÉR: ennuyer.
HÉBEURGIR (v. n.): s'agiter avec bruit, en parlant des bestiaux qui se menacent ou se battent dans l'étable ou l'écurie où ils sonthébergés. A.
HÉBRAIT: cri éclatant. DeHé!et debraire.
HÉ; HEC: porte ou petite barrière de lattes ou de palissades, ou de jeunes branches. Du vieux mothuis, porte. Pièce du pressoir, composée de pièces assemblées comme unhuis. Voyez HUS.
HÉDRIR. Voyez HOUDRIR.
HECQUET: ridelle de charrette. Voyez HEC.
HECQUETER: bégayer.
HÉGUIR: haïr (Avranches).
HEISE (s. f): la même chose que lehec.
HEISET: petiteheise.
HÉLASER: soupirer. De l'exclamation: hélas! A.
HÉMÉE (s. f.): tapage, grand bruit.
HÊMER (v. a.): faire semblant de vouloir frapper.
HÉMORUITES: hémorrhoïdes. L.
HENÊQUER: bégayer; hésiter.
HÊNU (s. m.): brouillard épais.--Tournis des oiseaux.
HÊNUER: tournoyer, tergiverser; balancer.
HÉRASSER: peiner; chicaner;harasser.
HÉRENG: hareng.
HERBAILLES: herbes de rebut; sarclures de jardin.
HERBE A LA COULEUVRE: orchis.
HERBE A PICOT: mille-feuilles (Achillea millefolium). De ce que les feuilles de cette plante servent à nourrir les picots ou dindons. B.
HERBE A ROBERT (Geranium Robertianum). Voyez ROBERDE.
HERBE AUX FEUILLONS (Bugula reptans). Voyez FEUILLON: frelon. B.
HERBE ROYALE: mâche (Valeriana locusta). Voyez BOURSETTE. L.
HERBE SAINT-JEAN: armoise (Artemisia vulgaris).
HERBE SURE: (Aïra cespitosa).
HERBE TERRÉE: (Glecoma hederacea). B.
HERBIÈRE (s. f.): planche de jardinage.
HERBIERS: herbes parasites, qu'il faut arracher. L.
HERCAHA: nez-à-nez; vis-à-vis; de très-près. A.
HERCANSER: chicaner; badiner grossièrement avec les filles.
HERDRE (v. a.): garder.
HERDRE: possesseur intéressé; avare.
HÈRE: d'humeur difficile.
HERGNE: hargneux.
HÉRI: lièvre. Mot islandais.
HERLAN: tracassier.
HERLINQUIN: arlequin. Orderic Vital (liv. VIII) appelleHerlechinusun chef des démons de la bande noire, qui effraya, en 1091, le prêtre Gauchelin à St.-Aubin-de-Bonneval, dans l'arrondissement d'Argentan. C'est évidemment de ce Herlequin qu'on a plus tard fait le motArlequin, donné à un personnage théâtral, à figure noire, comme on représente le Diable. Cette étymologie nous semble bien préférable à celles qu'ont données Ménage et Roquefort.
HERMONER: remuer à tort et à travers (Manche).
HERNUER: remuer; changer, en parlant du temps qui va devenir pluvieux. A.
HERNUEMENT: temps embrouillé que les paysans ont mal à propos cru arriver aux changements des phases de la lune; ce qu'ils appellent aussi le débat de la lune. A.
HERPER (v. a. et n.): saisir de feu; cuire trop vite. B.
HERPIN: fripon. S.-I.
HERQUELER; HERQUELIER: tracasser.
HERQUELOT: chétif (Manche).
HERQUER: heurter; accrocher.
HERQUETTE: rateau. De herse (Vire).
HÉRU (adj.): mal peigné; qui a les cheveux comme du crin (Orne).Har, en islandais. On dit aussihérupé. Voyez HURÉ. MM. Duméril.
HET: gaîté, plaisir.
HETER. Voy. HAITER.
HETÉ: coiffé de, au figuré. Je ne suis pashetéde cet homme: je ne suis pas bien prévenu en sa faveur.
HEUDE (s. f.): bricole pour retenir un animal; entrave.
HEUDRI: échauffé; gâté, en parlant du bois. L.
HEULARD: souffreteux, maladif.
HEUMAS: opiniâtre.
HEUNAS: têtu, opiniâtre.
HEUNE: tête.
HEUQUET: hoquet. L.
HEUREUSETÉ: bonheur. De l'ancien motheur.
HEURU: qui a les cheveux hérissés. Dehure.
HEUSE: botte. On avait surnommé le duc de Normandie Robert, Courte-Heuse. Du Celtique-Bretonheuz.
HIDRE: hère, malheureux. S.-I.
HIE: joie. D'hilarité, par apocope.
HIÈRE; HIERRE: lierre, autrefoisli erre. Dehedera.
HIGNER (v. n.): crier par intervalle, comme font les petits enfants. Voyez PIGNER.
HIMER: gémir, pleurer,gimer.
HINCHE: haine.
HIVERNAGE; LIVERNAGE (s. m.): plantes cultivées en champ pour nourrir les bestiaux, durant l'hiver.
HLA: cela.
HO! interjection pour faire arrêter les bêtes de somme ou d'attelage. En patois Walon,hooouhôra!
HOBER (des fruits): les gauler. A.
HOCLASSER: travailler avec quelque peine.
HOCTONNER ou HAQUETONNER: bégayer, balbutier en lisant. MM. Duméril citent ACTAIGNER dans le même sens. A.
HOË (s. f.): houe.
HODINER: remuer,dodiner. B. S'amuser niaisement M.
HŒLLAND: vallée profonde. Deholet deland: basse terre.
HOGU: hautain, arrogant. Comme nos motshogueethougue,hoguvient duhaugdes langues du Nord, qui signifie pointe, élévation. A.
HOGUIGAGNÈS. Voyez HAGUIGNÈTES. B.
HOIGNE (s. f.): fâcherie, murmure, ainsi que nous l'avons expliqué, dans une note de nosChansons normandes, à la suite de Basselin, p. 177.
HOIMBREUX: ombrageux; qui hennit inquiet.
HOLBLEU! HOLBLAU--HOLBLEU! interjections dont on se sert pour engager les bœufs ou les vaches à boire.
HOLOS! cri jeté à l'occasion d'une douleur physique.
HOLINER: hocher la tête. Voyez HODINER.
HOMICIDE DE: cause de. Je n'en suis pas l'homicide: je n'en suis pas la cause.
HOMME: mari. Mn'homme: mon mari. En patois Walon, on dit:om.
HOMMÉE (s. f.). Une hommée de pré est l'étendue que peut en faucher un homme, dans un jour. A.
HONER: chanter en étouffant sa voix.
HONTEUX: timide. L.
HORÉ: venu à temps, à sonheure. C.
HORGNE: horion, coup sur la tête.
HORGNER: donner unehorgne.
HORION: gros rhume.
HORION: épidémie; fièvre causée par les marécages. Roman. B. Voir lesChroniques de Monstrelet.
HORIQUE (s. f.): maladie régnante. B.
HORSAIN; HORZIN: étranger, homme dudehors.
HOSTIER: mendiant, qui assiége les portes. D'ostium, porte.
HOTTU: voûté; un peu bossu, comme quelqu'un qui porterait unehotte. L.
HOUAILLER: crier haut. Des interjections: ho! oh!
HOUALER: appeler. Du verbe hêler. A.
HOUBILLE (s. f.): mauvais habillement; guenilles. A.
HOUC (s. m.): poussière âcre du chanvre et du chenevis. B.
HOUDRI: transi. M.--HOUDRIR: tacher; moisir. B.
HOUESNEVILLER: se faire inquisiteur de la conduite d'autrui.
HOUHOU: hibou ou chat-huant. De son cri, comme le nom du coucou est une onomatopée en grec, en latin et en français.
HOUHOUTER: appeler, hêler en imitant le cri du hibou.
HOUINER: geindre. En anglais,to whinesignifie se plaindre.Houinerse dit aussi du cri des chevaux ardents, qui s'appellent.
HOUIVET: habitant du Bocage. Voyez OUIVETTE. B.
HOULER: hurler; lancer; exciter;hêler. B.
HOULET: ouverture, brèche.
HOULETTE: nid ou gîte de lapins. Dehouler.
HOULEVARI: tumulte. Dehoule: vague, flot. Voyez les mots BOULVARI et VOULEVARI.
HOULOTTER: soigner négligemment, comme des lapins dans unehoulette. A.
HOUMARD: homard. A.
HOUQUER: dérober. De l'anglaishook, croc. B.
HOURDER: enduire ou garnir soit d'argile, soit de ciment.
HOURET: homme malpropre.
HOURI; HOURIN: petit cheval de peu de valeur. Voyez HARIN.
HOURTICOT; HOURTIGUAU: bourriquet. L.
HOUSÉ, E: effronté.--HOUSSER: mordre. S.-I.
HOUSTA (s. f.): virago, femme hommasse. B.
HOUTER: appeler de loin; héler. Onomatopée. (Vire.)
HOUVE: houe. En ancien allemand,houwa.
HOUVER: employer lahouve; piocher. Au figuré, donner à regret.
HU! HUIO! interjections pour faire tourner à droite les bêtes de somme ou de trait. En patois Walon,huot!
HU (s. m.): moue, abattement dont les signes sont visibles.
HUAIN: hibou, chat-huant. L.
HUANT: hibou. Aphérèse de chat-huant.
HUARD: lutin, farfadet occupé àhuer. B.
HUBIR: huer, injurier. Ce verbe a, dans l'ancien français, une signification bien différente. Nicot, Monet, Oudin l'interprètent par: gouverner si bien une chose qu'on en vient souvent à bout.--Se hubir, se hérisser en se défendant.
HUCHER:jucher, percher; placer en haut; se dérober aux recherches. Dans l'ancien français, hucher signifiait crier comme un chien qu'on blesse.
HUE: fi! interjection de blâme.
HUGUENOT: solitaire, qui fuit la société, comme les protestants lorsqu'ils étaient proscrits et persécutés.
HUGUENOTTE (s. f.): sorte de fourneau ou de réchaud en fonte. Par allusion aux protestants, ouhuguenots, qui, à cause de leurs opinions religieuses, étaient livrés au feu et brûlés vifs, dans quelques pays.
HUHAN: chat-huant. Voyez HUAIN et HOUHOU. B. Métaphoriquement, ce mot désigne un homme qui fuit la société et qui vit solitairement comme un hibou.
HUHO! HUIO: terme de charretier, pour faire aller les chevaux à droite, tandis qu'on dit DIA! pour leur faire prendre la gauche. Dans le patois Walon, on ditharpourdia, ethotepourhuîo. Au lieu de ce dernier mot, on se sert de l'interjectionhurhautdans quelques pays.
HULER; HEULER: huer. Du latinululare. Onomatopée.
HUNAUD: qui fuit le monde comme unhuhan; taciturne.
HUPER: appeler quelqu'un en criant haut et de loin. De hu! hu! A.
HUPET (s. m.): distance à laquelle peut parvenir la voix de celui quihupe. A.
HUPÉ: fier, riche.
HURE: peau de loup, de chèvre ou même de mouton, dont les paysans croyaient que le loup-garou se couvrait, dans ses courses nocturnes. Nous en avons parlé dans nosRecherches sur la Normandie, p. 296.
HURÉ; HUREPÉ: ébouriffé, hérissé.
HURI, en parlant d'un oiseau malade: hérissé.
HURIF, VE: précoce. Voyez AORIBLE. A.
HURLUFÉ; HURLUPÉ: ébouriffé. S.-I.
HURON: sauvage, étourdi qui ne respecte ni les usages ni les convenances; qui est toujourshuré. MM. Duméril.
HURT; HUET; HEURT: petite saillie de terre, petit promontoire contre lequel les vagues viennent seheurter.
HUS (prononcé U): porte. Du vieux substantifhuis, d'où nous avons conservé le mothuissier, placé à la porte des audiences pour faire faire silence. Du latinostium.
HUT: chapeau. De l'anglaishat.
I: il, ils. I court, i marchent, etc.: il court, ils marchent. Il s'emploie explétivement:ch'est-i-me?est-ce moi?
IAN: gland. Par aphérèse. Voyez ENS.
IANS; IAS: eaux. C'est commetauriaspour taureaux. On trouve cette sorte de pluriel dans nos vieux écrivains; par exemple, dans le fabliau duTonneauque La Fontaine a imité dans son conte duCuvier, on lit ces vers:
Au valet vint, et li proyaQu'une partie li prestastDe sa maison, et li gardastSes dixtoniaxen son celier.
Au valet vint, et li proyaQu'une partie li prestastDe sa maison, et li gardastSes dixtoniaxen son celier.
Au valet vint, et li proya
Qu'une partie li prestast
De sa maison, et li gardast
Ses dixtoniaxen son celier.
Dans sesDictons du XIIIe siècle, Crapelet rapporte ces questions (page 76), faites en Normandie:Qui estiaus?où aliaus?dont veneaus?orthographiées ainsi dans les meilleurs manuscrits:où aliax?que quériax?dont veniax?
IARD: liard.
IAU: eau.
IAU DE MOURET: jus de fumier; parce qu'il a la couleur des morets ou baies d'airelle. (Manche.)
IAULOUX: plein d'eau, très-humide, marécageux. (Vire.)
IAUSSIR: pisser.
ICHIN: ici. B.
ICHITE: ici. S.-I.
ICI: ci. Ce temps ici pour ce temps-ci.
IDLO (D'): d'ici, de là. (Avranches.) Voyez ILO.
IDOUX, SE: maladif, qui éprouve de fréquentes douleurs.
IÈBE: gale du chat.
IETTE. Aphérèse de liette. Voyez LIETTE.
IEU! IEU! cri dont on se sert pour appeler les cochons. Voyez TIOT.
IEUCOLIER: écolier. S.-I.
IEUTUDIANT: étudiant. S.-I.
IEUN: un. S.-I.
IEUX: leur, à eux. S.-I.
IGNAU; IGNOT (adv.): sans cérémonie. A.
IGNORE (s. f.): ignorance d'une chose. Être enignore: ignorer. A.
IGRE (s. f.): griffe, ongle. Voyez INGRE. A.
ILA: là. Martial d'Auvergne dit:
Quand les conducteursilàvirent.
ILEC (adv.): ici, là.
ILET: îlot, petite île. Métaphoriquement, pâté de maisons, groupe formant une sorte d'île.
ILEU: là. B.
ILO: là. B.
IMMENSE (s. f.): très-grande quantité. J'en ai une immense pour j'en ai beaucoup. L.
IMPORTUNATION: importunité.
IMPOTHÈQUE: hypothèque.
INBERLIAN: Irlandais. Du latinHibernia: Irlande. B.
INDE: terne, noirâtre, de couleur bise ou sale.
Ne fleur inde, jaune ne blanche.(Rom. de la R.)
Ne fleur inde, jaune ne blanche.(Rom. de la R.)
Ne fleur inde, jaune ne blanche.
(Rom. de la R.)
INDITER: indiquer, instruire. Voyez ENDITER.
INDOINE: privé d'aptitude.Innégatif. C'est l'opposé d'idoine.
INDUQUER: éduquer.
INEL: alerte. Du Romanisnel. Brunetto-Latini a dit, dans le XIIIe siècle: «D'un home pereceus je dirai: ce est une tortue; de unisnel, je dirai: ce est un vent.» A.
INGRE: griffe. Voyez IGRE.
INNOCENT: idiot, fou. Walter-Scott, dans sonWaverley(t. I, ch. 9), dit qu'en Écosse on donne aux fous le nom d'innocents.
INN'TOUT: non plus; pas davantage.
INSOUFFRABLE: insupportable, qu'on ne sauraitsouffrir.
INTÉ; INTEL: tel, pareil, semblable, égal.
INTERGIE (s. f.): léthargie, S.-I.
INTERGODER ou INTERGOUDER: interloquer, intimider. S.
INTERMINE. Voyez ÉTERMINE. A.
INTRODUIRE (v. a.): interrompre. L.
INTROPIQUE: hydropique. L.
INTROPISIE: hydropisie. L.
INVECTIF: vif et remuant. Deinvectus: emporté. L.
IORD: sale. Deord. Voyez ce mot.
IOU (prononcéi-iou): où, en quel lieu.
IOUSOUX: aqueux, en parlant des fruits et des légumes.
IOUSQUE: où.
IQUEUL, E: quel, quelle.
IRAGNIE; IRAIGNÉE; araignée.
ITIEUL (TOUT): tout d'un coup, tout entier. A.
ITOU: aussi. De l'adverbe latinitem.Too, en anglais.
IU: pièce de rapport qui fait disparate avec l'étoffe sur laquelle on l'applique. (Coutances.)
IVRER; S'IVRER: s'enivrer.
IXE (s. m.): chevalet pour scier le bois à brûler.
J'; JE: nous.J'l'erons: nous l'aurons.
JACA: paille de sarrasin. A.
JACASSE: bavarde. Dans le patois Rennais,jacasses'entend d'une femme dont le caractère est contrariant.
JACASSER: jaser à tort et à travers. De l'italiengazza(pie), d'où nous avons tiré notre vieux motagace, que La Fontaine a employé dans la fable del'Aigle et la Pie:
L'agace eut peur; mais l'aigle, ayant fort bien dîné,La rassure et lui dit: Allons de compagnie.
L'agace eut peur; mais l'aigle, ayant fort bien dîné,La rassure et lui dit: Allons de compagnie.
L'agace eut peur; mais l'aigle, ayant fort bien dîné,
La rassure et lui dit: Allons de compagnie.
JACQUEDALE; JOCQUEDALE: imbécile, jocrisse.
JACQUET: écureuil. DeJacques, petit Jacques. Ces noms de saints donnés aux animaux ne sont pas rares dans nos usages, commeMargot(Marguerite), à une pie;Samsonnet(petit Samson), à l'étourneau et au maquereau;Richard, au geai;Martin, à l'âne;Coco(Jacquot), au singe. On dit:dès le pétrooupétron Jacquet, pour:à la pointe du jour.
JADE (s. f.): jatte. A.
JAFFE (s. f.): soufflet. Voyez GUIAFFE et GUIAFFER.
JAFFER: souffleter. L.
JALET; JALÉE: propos inconvenant, bavardage. De l'islandaisjula: crier à tort et à travers.
JALOUSIE: œillet de poète (Dianthus barbatus).
JAMAIS (A): beaucoup. Il a des fruits, des écus à jamais: à n'en finirjamais.
JAMBILLER: remuer lesjambesconvulsivement, les agiter outre mesure.
JANOTTE: bulbe duBunium bulbo-castaneum. En Roman,anote.
JANGLER: habler, mentir, railler, plaisanter. Du vieux françaisjangler,joculari. Voyez leGlossaire de Roquefort.
JANNIÈRE: plant d'ajoncs. Voyez BOIS-JAN et JION.
JANS: dedans. B.
JAP; JAPE: babil, bavardage. De japper. Dans le patois Lorrain, on dit de lajappe. S.-I.
JAR: langage,jargon. S.-I.
JARD: écailles de poisson. Voyez ÉCHARDE.
JARDIAU. Voyez GERZIAU. A.
JARDRIN: jardin. A.
JARNICOTON. Juron.
JARNIDIEU. Juron. C'est-à-dire: je renie Dieu. L'auteur dePathelin, p. 62, dit:
Il a mon drap, ou je r'gnie Dieu. B.
Dans les jurons, pour atténuer l'énormité de l'expression, on ditbleuetdié. D'où parbleu, morbleu, jarnidié.
JAROSSE; JAROUSSE (s. f.): vesce, gesse cultivée (Dathyrus sativus), qu'Olivier de Serres appelaitjarrus. Dans la basse latinité,jarrossia. Les cultivateurs du département du Gers donnent le nom dejarossesaux différentes espèces de vesces. (Annuaire du Gers pour l'an XII.) A.
JARRETELER: attacher les jarretières. P. R.
JARRETER: se heurter les mollets en marchant. O.
JALOT: baquet, petit cuvier.
JARROTIN: jarret de veau. Terme de boucherie. A.
JAS: jars, oison. C'est le mâle de lapige. Voyez ce mot.Jas, par suppression de l'r, comme dans gas pour gars.
JASCARDER: jaser mal à propos, bavarder. A.
JASPINER: babiller, taquiner, jaser, plaisanter.
JASSETOISER: jaser sans mesure. L.
JATÉ: gentil. BÉ JATÉ: bien gentil. L.
JAU: coq. Degallus. Voyez GAU.
JAUNET: renoncule des prés (Ranunculus pratensis). Voyez BASSIN. L.--Un peu jaune.--Pièce d'or. H.-N.
JAVOTER: jaboter, jaser, babiller, caqueter.
JAVRELINE: javeline, dard. S.-I.
JE pour nous.Jeferons;jesommes arrivés. Patois Walon. Voyez ONS. L.
JEAN-QUIN: mélange de café, de sucre et d'eau-de-vie. Voir sur l'origine de ce mot le Dict. de M. l'abbé Decorde.
JEMENT: jument.
JENNE: Jeune.--JENNESSE: jeunesse.
JÉNOTTE. Voyez JANOTTE. A.
JENS! mot exclamatif. S.-I.
JERGIR: sarcler. Du latinsarcire.
JERGONNER: jaser, babiller. De jargon.
JERQUÉ: perché, juché, placé désagréablement.
JÉSUET: hypocrite. De jésuite. L'abbé Furetière prononça ainsi sur la question de savoir si on devait écrirejésuisteoujésuite: «Il faut dire jésuite, comme on dit hypocrite, sodomite.» B.
JÉSUITE: dindon; parce qu'on attribuait auxJésuitesl'introduction de cet oiseau en Europe. L.
JETER (v. n.): suppurer. En patois Walon,jeté à matière. L.
JEU (FAIRE SON): jouer son rôle, paraître, figurer. Voilà une belle robe, elle fera son jeu à la prochaine fête.
JEU D'EAU: jet-d'eau. Patois Lorrain. L.
JEUN (A CŒUR): à jeun. L.
JEUNDI: jeudi. A.
JEUNESSE: jeune fille.
J'VA; J'VAL: cheval. L.
J'VEU: cheveu. L.
JIFAILLER: folâtrer mal à propos. Voyez JIFER.
JIFALIER, ÈRE: qui aime à jifer. L.
JIFER: jouer en folâtre. L.
JIFFE: soufflet.
JIFFER: donner unejiffe, jifle ou soufflet.
JIFLE (s. f.): soufflet. Patois du Jura.
JIFLER (v. a.): souffleter.
JILE, s. f.: diarrhée des animaux. L.
JILÉE (s. f.): eau ou tout autre liquide qu'on a fait jaillir.
JILER: lancer, faire jaillir un liquide. A.
JILOIRE: petite seringue de sureau. Voyez ÉCLIPE. A.
JION (s. m.): jomarin (Ulex Europæus). A.
JOB (BATTRE LE): perdre son temps, ne rien faire.
JOCER: se moquer,jaser, niaiser. Du latinjocari.
JODANE (s. m.): sot, niais, jocrisse. B.
JODU: sourd, au propre; inintelligent, au figuré. Dej'ouïs dur: j'entends ferme. M.
JOE: joue.
JOFIN: poupée ou mannequin que l'on met par amusement dans un lit, pour faire croire qu'une personne y est couchée. Du latinjocus, jeu. A.
JOGANE: espèce de coiffure d'enfant composée d'un fond et d'une passe sans papillon. Comme la jogane laisse la joue (lajoe) à découvert, c'est du mot patoisjoequ'elle tire sa dénomination A.
JOJO: cheval. Commedada. Dejoet dejordes anciennes langues du Nord.
JOLET: jeu, mouvement. O.
JONFIEUX, SE: oppressé, e. Du verbe patoisjonfler.Jonfieuxpour jonfleux, commebieupour bleu,fieurpour fleur.
JONFLER: respirer avec peine;ronfler; souffler de l'haleine en expirant l'air. Probablement desufflare, comme le conjecturent MM. Duméril.
JONQUERAIE: terrain où l'on fait croître du jonc.
JONQUETTE: fleurs qu'on jette dans les fêtes et dont onjonchela terre. C.
JONQUIÈRE: terrain où le jonc croît spontanément.
JORER: se parer avec luxe, avec affectation.
JOSTER: joûter, folâtrer, plaisanter. Dejocus, jeu.
JOSTEUR: gai, amusant et farceur.
JOUBIBOT; JOUBJEOT: tasse de café. Dejoué: guère, et debibere: boire. O.
JOUCET: soufflet, claque sur lajoue. O.
JOUÉ (adv.): guère, peu. Cet homme n'ajoué de pommiau, guère de gras de jambe. Voyez POMMIAU. A.
JOUG-A-COUE: joug double pour deux bœufs attelés côte à côte à une charrue. Ce joug tient à la charrue au moyen d'une longue pièce de bois, nommée coue (queue) et chevillée dans le joug.
JOUGLER: gambader. Se dit des chevaux reposés qui sortent de l'écurie en gambadant.
JOUGUET: petit joug pour un seul bœuf.
JOUIR DE: venir à bout de. On ne saurait jouir de cet enfant indocile: on ne peut en venir à bout. Voyez CHEVIR.
JOUJOUTE (FAIRE): se jouer.
JOUQUAY; JOUQUÉ: juché, perché. S.-I.
JOUR-FAILLI (A): au soir.
JOURNAL (de terre): ce qu'on peut labourer de terre pendant une journée de travail. A.
JOUSTE; JOUXTE: auprès de, attenant à. Du latinjaxia.
JOUTER: toucher à. Cet herbagejoûteà la rivière.
JOUVEUX, SE: aquatique. L.
JUC (s. m.): perchoir du poulailler. En Roman,joc. Ce mot, qui vient dejugum, perche, se trouve dans Des Perriers (Nouvel.16 et 31). L.
JUDAS (BRAN DE): taches furfuracées qui paraissent, surtout au printemps, sur le visage de certaines personnes. M. Decorde.
JUGAIN: jomarin. Voyez JION. A.
JUIF: espèce d'hirondelle, le martinet.
JUIS: juif, israélite. Dejudæus. Dans lePédant jouéde Cyrano de Bergerac (acte II, scène 3), Matthieu Gareau s'exprime ainsi: «Ous équiais un vraijuid'Avignon.» L.
JUPÉE: courte distance. Interrogés sur la distance d'un lieu à un autre, les paysans répondent souvent au voyageur: «Il n'y a qu'unejûpée.» La jûpée peut varier d'un à cinq ou six kilomètres.
JUPER. Voyez HUPER. A.
JUPET. Voyez HUPET.
JUQUER; JUQUIER: percher, jucher.
JUQUOUX: juchoir. Sembler tomber dujuquoux: paraître tout étonné.
JUS (adv.): à terre.
JUS D'OCTOBRE: liqueur préparée avec un mélange d'eau-de-vie et de poiré doux, réduit en sirop. L.
JUSÉE (de fumier): liquide qui s'écoule du fumier, en forme dejus.
JUSER: sortir par compression, en parlant des fruits.
JUSEUX: juteux, en parlant des fruits. L.
JUSSE: juste. H.-N.
JUTER: produire du jus.
J'VA: cheval. J'VAS; J'VAUX: chevaux.
KAFIGNONS: corne qui se trouve à l'extrémité du pied des animaux qui l'ont fourchu, tels que la vache, le porc, le mouton, etc. M. l'abbé Decorde.
KAINE: chaîne.
KALIPÈTE: sorte de bonnet de nuit, qui couvre les joues des femmes, et qu'elles conservent le matin jusqu'à ce qu'elles fassent leur toilette.
KARAS: berger.
KARUE; KAIRUE: charrue.
KÉ: quoi.Bé de ké: bien de quoi! se dit ironiquement pour peu de chose.
KERDER: carder.
KERMINNE: charogne.
KÉROIX: croix.
KERSIR: mourir. Voyez CRESSIR. A.
KEVRON: chevron.
KIA VALET! KIA VALET! Cri pour appeler les porcs à la mangeoire. C'est la corruption detiot, qui est l'abréviation par aphérèse depetiot, diminutif de petit. Voyez TIOT.
KIEF: pièce de bois à laquelle on assujettit le soc de la charrue.
KIEN: chien. Du grec κυων.
KIGNE-EN-COIN (DE): d'un coin à l'autre.
K'MINAIE: cheminée.
K'MINSE: chemise.
K'VA: cheval.
K'VILLE: cheville.
L': le.L'bout: le bout.L'sé: le soir.
LA: elle.
LABIT: douleur, peine. S.-I.
LABITER; SE LABITER: pleurer; se plaindre; tourmenter. Delacrymari. S.-I.
LABOUOROUX: laboureur.
LACHERON: laiteron.
LACHET: lacet.
LACHON; LAÇON: lacet pour prendre le gibier.
LAGNE (s. f.): bois de cotret, rondin de bois pelard. Ce mot signifie aussi mauvais bois. Delignum.
LAGUE (s. f.): espèce, qualité, acabit. B.
LAICHE: glaïeul (Gladiolus communis). Du Celtiquehesk, mot auquel on a réuni l'article, comme dans lierre,hedera.
LAICHE (s. f.): lé, du latinlatus. V. LÈCHE.
LAID (FAIRE): faire la moue; témoigner à quelqu'un qu'il déplaît.
LAIDURE (s. f.): fille ou femmelaide. L.
LAIQUER; LÉQUER; LIQUER: lécher.
LAIRON; LAIROT: loir.
LAIRRAI; LAIRRAIS; etc.: laisserai, laisserais. Ancienne manière de conjuguer le verbe laisser. Maleville disait encore, dans le milieu du XVIIe siècle: