Si mes forces, Daphnis, égaloient mon courage,A tes discours flatteurs je melairroistenter. A.
Si mes forces, Daphnis, égaloient mon courage,A tes discours flatteurs je melairroistenter. A.
Si mes forces, Daphnis, égaloient mon courage,
A tes discours flatteurs je melairroistenter. A.
Lairroientest employé par Descartes dans leDiscours de la méthode. Il est vrai que les éditeurs modernes corrigent Descartes. C'est une fantaisie qu'ils se passent et qu'on a tort de leur passer.
LAIS: témoignages de mécontentement. Faire deslais: grogner; agir de mauvaise grâce; bougonner.
LAISANDER: faire lelaisant. V. LAISANT.
LAISANT: oisif, paresseux. Voyez LAISI. R.
LAISE (s. f.): lé d'une étoffe. P.
LAISI: loisir. S.-I.
LAISSE-TOUT-FAIRE (s. f.): fille de mauvaise conduite. A.
LAIT BATTU: lait de beurre.
LAIT DE BEU (lait de bœuf): mystification. Donner du lait debeu: mystifier; faire des promesses mensongères; dire des absurdités.
LAIT DE BEURRE: babeurre.
LAIT (GROS): lait caillé. Voyez CAILLES; CAILLE-BOTTES. L.
LAIT DE PIE (Euphorbia sylvestris). B.
LAITICHE (s. f.): belette à poil blanc. On dit à Alençonlaitice, sorte de revenant qui apparaît sous la forme d'un petit animal blanc comme dulait. Delait, et non pas delætitia, joie. B.
LAITON; LAITERON: veau ou poulain qui tète. Delait.
LA-LOIN: ici près. A Bayeux, on ditlà-lain. On lit dès le XVe siècle, dans lesCent nouvelles antiques: «Ma foi, dit-elle, velà sa placelà-loingmontrant le bord du lit.» A.
LAMPÉE (s. f.): boisson prise à grandes gorgées et en grande quantité. Du verbelaper. L.
LAMPER: prendre des lampées. L.
LANCEMENT: élancement dans une partie du corps.
LANÇON ou ÉQUILLE: petit poisson de mer (Ammodyta Tobianus).
LANCRET: gamin, vaurien. B.
LANDES (f. pl.): jomarin. Voyez JION et JUGAIN.
LANDON: cordon. B.
LANDON: rabâchage, bavardage. L.
LANDONNIER: bavard, rabâcheur. L.
LANDONNER: agir lentement;--rabâcher, bavarder. Les Bretons disentrandonner,randonneur. L.
LANDORE: endormi, fainéant, lambin.
LANDORER: lambiner,s'endormirsur le travail. B.
LANER: écorcher, arracher le poil, comme lelanneurtire lalainedu drap. S.-I.
LANEUX: ouvrier qui fait ressortir lalainedu drap. S.-I.
LANFAIS; LANFOIE: filasse fine. Boivin et de Brieux dérivent ce mot delanificium, expression qui désigne toute matière propre à être filée. Il s'emploie métaphoriquement pour langage entortillé, difficile à saisir, ou abondant et stérile. M.
LANFRONAGE: linge lavé ou savonné à la hâte. A.
LANFRONER: laver sans nécessité et sans soin. A.
LANGET:langed'enfant au berceau. L.
LANGREUX: chétif, valétudinaire.
LANGUE DE BREBIS (Ranunculus flammula): petite douve. B.
LANGUE D'ÉPEC ou DE PEC (Pivert) (Carex glauca). B.
LANGUET: landier.
LANGUETER: bavarder. Delangue. A.
LANGUETEUR, SE: bavard, e. A.
LANIER: lambin, paresseux. Delent.
LANRAIT. Voyez LENDRET.
LANTIPOUNER: marchander. S.-I.
LAPIER: rucher. Incorporation de l'article au motapier, du latinapiarium, rucher.
LAQUE: tique, sorte de pou des animaux.
LAQUER; LAQUIER: lâcher.
LAQUEULLE: laquelle. B.
LARCI (FAIRE) ou plutôt FAIRE LA RESSIE. Voyez RESSIE.
LARD: chair de porc. Lelardn'en est que la partie grasse. L.
LARDÉ (s. m.): sorte de pâté gras, de forme semi-circulaire.
LARMER: répandre deslarmes, larmoyer.
LARMETTE (s. f.): petite quantité de liqueur, goutte. Delarme. L.
LAS-D'ALLER: fainéant, nonchalant. Un des personnages deGargantuas'appelle Las-d'aller (liv. I, ch. 38). Nachor dit au valet Maucourant, dans laPassion à personnages, p. 139:
Ça, hau! saoul-d'aller.
Cesaoul-d'allerest le synonyme delas-d'aller.
LASSON: lacs, filet pour prendre les oiseaux. Delaqueus. En bas-breton,lacz; en italien,laccio; en espagnol,lazo.
LATINEUX: latiniste. S.-I.
LATINIER: écolier qui étudie la langue latine. Dans l'ancien français,latiniersignifiait interprète. Wace (Roman de Rou) dit que l'archevêque de Rouen
A Rou et à sa gent par latinier parla. L.
LATON: laiton.
LATUSÉE: être fantastique, dont on menaçait les enfants pour arrêter leurs cris ou leurs pleurs.
LAUDÉE (s. f.): volée de coups. A.
LAUDER (v. a.): frapper, battre. A.
LAUFFRÉE: repas copieux d'un animal. Du vieux motluffre, vorace. Rabelais appellelifrelofresles gourmands.
LAUMER: regarder de travers.
LAUNER: avoir l'esprit paresseux; fainéanter; dire toujours la même chose; radoter.
LAURETTE (s. f.): Daphné Lauréole (Daphne Laureola). B.
LAUSANGIER: donneur de louanges, flatteur.
LA-VA (adv.): là, aux environs. Il se promènelà-va. On dit aussilà-ava.
LAVECHINER: laver mal, ou peu, ou des objets de peu de valeur.
LAVERIE: pièce près de la cuisine, où on lave la vaisselle.
LAVETTE: gros linge emmanché pour laver la vaisselle.
LAVIER: évier, égoût de cuisine.
LAVOUX: lavoir.
LAVURER: laver mal. Voyez LANFRONER. A.
LÉ: elle. De l'italienlei.
LÉ: les.
LÉCHARD. Voyez LÉCHEUR.
LÈCHE (s. f.): petite quantité. Unelèchede pain. En patois de Grenoble,leichisignifie «un morceau de pain long et mince.» Patois Rouchi.
LÈCHERIE: friandise. Du verbe lécher. A.
LÉCHETTE (s. f.): friande.
LÉCHEUR, SE: friand, e. Dans laNef des fols du monde, les gourmands sont appeléslichards. Du vieux mot romanlechéor. A.
LÉCHOUX; LICHOUX. Voyez LÉCHEUR.
LEICAN: nigaud.
LÉGUME: importance. C'est de la grand'légume: c'est une personne d'importance.
LÉMAGES (s. m.): fourrage de plantes légumineuses, telles que vesces, pois. B.
LEMAN; LEMAU: vaurien, bandit.
LENDEDÉMAIN: lendemain. L.
LENDRET; LENRET: ici. C'est l'altération de la locution romanelà endroit,là endret: là directement, précisément là. L.
LÉNIER: doux, patelin, intrigant. Delenis.
LENVERS: envers.Le lenvers: l'envers. Du latininversus.
LEREBOURS (A): à rebours, au rebours.
LERME: larme. Il se prend dans le même sens que goutte.No n'y vait lerme: on n'y voit goutte.
LERMER. Voyez LARMER.
LERRU; LIERRU: lierre.
LÉS: les. Très-fermé, dans certaines contrées, devant une consonne.
LESANT (arr. de Mortagne): pesant, tardif. MM. Duméril.
LESSIVEUSE: femme qui conduit une lessive et celle qui la lave.
LESSIVIÈRE. Voyez LESSIVEUSE. L.
LET: lit. Delectum.
LETICE: âme d'un enfant mort sans baptême, qui paraît la nuit sous la forme d'un animal d'une blancheur éclatante; en islandais,lædasignifie fantôme. MM. Duméril. Voyez LAITICHE.
LÉTISSE (Orne): enfant espiègle, amusant. Du latinlætus.Ib.
LEU: lu, participe passé de lire.
LEUC: lieu. D'oùileuc, le lieu où vous êtes.
LEUMIER: flandrin, efflanqué.
LEUX: leur, à eux. S.-I.
LI: lui.
LIAGE: couverture de chaumeliéeavec des harts.
LIAINIER; LIÊNIER: mendiant qui affecte un ton plaintif en demandant l'aumône.
LIAIS: fléau. Voyez FLAIS.
LIAN: gland. Par aphérèse.
LIANNE: glane.
LIARD D'UN SOU: pièce d'un sou (5 centimes). A.
LIAU; LIOT: liseron (Convolvulus albus). L.
LIBODEUX; LIBODOUX; LIBOUDEUX: gluant. B.
LIBOREUX; LIBOUREUX: gluant, visqueux. Delie. L. Voyez LIVARDEUX.
LICHER: faire festin; manger avec sensualité. Voyez LÈCHERIE.
LICHOINER: embrasser amoureusement. De lécher. O.
LICHOIRE (s. f.): bouche, langue; facilité d'élocution.
LICHON: leçon. S.-I.
LICO: licol, licou.
LIDER: glisser. De l'islandaislida. Vire.
LIÉ: elle. Ce pronom ne s'emploie que comme complément: par exemple,Chest por lié: c'est pour elle.
LIÉNARD; LIÉNOR: Léonard; Léonor.
LIÉPARDE: animal imaginaire qui hante les carrefours pendant la nuit. Peut-être est-ce une corruption de léopard.
LIERD: liard. Un rouge lierd: un misérable liard. L.
LIERRUT: lierre. B.
LIET: lit.
LIETTE: layette; petit coffret, tiroir. On trouve ce mot dans la 48e.Nouvellede Des Perriers. En patois Walon,lietta.
LIETTE: petit lien, ou cordon qui serre la ceinture d'une culotte, une chevelure de femme, etc. L.
LIEURE: liure, câble de charrette, etc.
LIEU DE (EN): au lieu de. L.
LIEUTRIN: lutrin. L.
LIEUX: leur, à eux. L.
LIÈVRE DE MER. Voyez DIABLE. B.
LIGER; LIGIER: léger. L.
LIGOCHE (s. f.): limace. A.
LIMAGES. Voyez LÉMAGES.
LIMAS: limaçon. A.
LIME: fossé plein d'eau qui borne souvent les herbages de bas-pays et leur sert de limite. Du latinlimes.
LIMER: pleurer à demi; crier sans répandre de larmes, comme font les enfants contrariés. A.
LIMONIÈRE: ornière. Delimus: limon, boue. O.
LIMOUSINE: manteau de roulier, en poil et en grosse laine.
LIN: rut de la brebis.
LINCHARD: élancé, grand, mince, effilé.
LINETTE: graine de lin.
LINGARD: efflanqué. Voyez ÉLINGUER.
LINGUE: langue.
LINGUER: parler; jaser. S.-I.
LINOTIER: ouvrier qui peigne et prépare le lin ou le chanvre.
LIONE: chèvre-feuille; parce qu'il se lie aux arbres. Voyez VIONE.
LIOPE (s. f.): bande de toile pour assujettir les enfants dans le maillot. Du verbelier. A.
LIOPER (v. a.): employer lesliopespour assujettir les petits enfants dans le maillot. B.
LIOT: enveloppe de gluis dont on abrite les ruches.
LIOTROPE: héliotrope (Heliotropium Peruvianum). Aphérèse. L.
LIPE (s. f.): grosse lèvre. Faire la lipe: faire la moue. L.
LIPU, E: qui a de grosses lèvres. L.
LIQUE-PLAT: lèche-plat, parasite.
LIQUER; LIQUIER (v. a.): lécher. L.
LIQUERET: friand. Deliquer. B.
LIQUETTE: loquette; petite loque, lambeau.
LIQUEUREUX: liquoreux.
LIQUIFOIRÉ: Lucifer.
LIRE (s. f.): cane. Lire! lire! est le cri dont on se sert pour appeler les canards. L.
LIRETTE (s. f.): petit caneton. L.
LIRLAS: lilas.
LIROT (s. m.): caneton. De là ce cri pour appeler les jeunes canards:lirotes! lirotes! lirotes!L.
LIROT: mauvais couteau.
LIROTTER: couper péniblement avec un mauvaislirot. O.
LIS; LISET: lisière d'étoffe.
LISA: Élisa.
LISE: portion de grève, de marais, etc., où le sol déliquescent n'offre aucune résistance.
LISETTE (s. f.): ruban de fil. Du substantif lisière, parce que ce ruban sert souvent à border. Voyez BORD. A.
LISETTE: couteau d'enfant. A.
LISSEAU de fil: peloton de fil. L.
LISOUX: liseur.
LITÉ (PAIN): pain dont la pâte a mal levé. (Valognes.)
LITOINE: nonchalant, paresseux. C.
LITRANTAN: niaiseries, balivernes. De l'articleliouleet detrantran. (Vire.)
LIU:glu, glui.--LIU: lieu.
LIURE (s. f.): branche ou gaule, souvent fendue en deux et qui, dans les clôtures sèches, sert, au moyen de harts, à contenir les affiches et à consolider la haie. Voyez AFFICHES.
LIVARDEUX, SE: gluant, visqueux. A.
LIVERNAGE: pour l'hivernage. Voyez HIVERNAGE.
LIZAIS: liserés. S.-I.
LO: là.
LOBER: sommeiller. A.
LOBET. Voyez GOBET. Delopin.
LOCATIS (s. m.): cheval de louage; homme de peine.
LOCHER (v. n.): vaciller, menacer de tomber.
LOCHER (v. n.): secouer, en parlant d'un arbre dont on veut faire tomber les fruits. Du Romaneslocer;eslochier: agiter, remuer. D'elocare.
LOCLASSER: peiner, souffrir en travaillant. Voyez HOCLASSER.
LODÉ: mouillé. Du latinlotus.
LODER: marcher. De la basse latinitélobiaoulodia: promenoir, galerie.
LODER: marcher; se mouvoir; se traîner avec peine.
LODORIE (s. f.): supériorité. Avoirlodoriesur quelqu'un: lui être supérieur en force. A.
LOGANE (s. f.): chaumière. Deloge. B.
LOISER: être permis. Ce verbe neutre a pour adjectifloisible, qui est resté dans notre langue.
LOJAIS: léger. S.-I.
LOLO: lait.--LOLO: veau, et, par extension, grand garçon qui a des manières enfantines.
LONER: rabâcher. Voyez LAUNER. B.
LONGIN; LONGIS: lambin.
LONGUE: longe.
LOQUE: là. S.-I.
LOQUETS: petites portions de laine qui tombent à terre, à la tonte des moutons. M. Decorde.
LOQUETONNER: agiter le loquet dans la serrure;clanchercoup sur coup sans succès.
LORINER; LORCINER: diriger. LaMuse normandedit:
Devant çu quai je lorine mes pas.
LORIOT: bouton qui s'élève sur les paupières; sorte d'orgelet.
LORIQUE; LORIQUETTE: loque, petit lopin. O.
LOSENGIER: adulateur. Du vieux motlos: louange. Du latinlaus. Voyez ALOSER.
LOSSER: jaser. Du grec γλωσσα: langue. Par aphérèse. A.
LOSTRE (arr. de Mortagne): sale, malpropre. MM. Duméril.
LOT A FRÈRE, en parlant de l'ancien partage des successions normandes. Elle alot à frère: elle a égalité de lot avec son frère.
LOUCE ou LOUSSE (s. f.): mensonge, tromperie. Peut-être du vieux motlobe, qui a la même signification dans le glossaire qui est à la fin de l'Histoire de Bretagnede Dom Morice. Wace, dans leRoman de Rou, emploieleusse.--LOUSSER se dit pour mentir.
LOUCHE (s. f.): cuiller à pot ou à potage.
LOUCHET: sorte de bêche, en forme delouche, ou cuiller à pot. C.
LOUDIER; LODIER: courte-pointe de lit.
LOUÊPE (s. f.): chiffon usé; mauvais lambeau d'étoffe. L.
LOUÊPIAUX; LOUIPIAUX: oreillons; sorte de maladie des oreilles. Pouroripeaux. Voyez ce mot.
LOUIS DE SIX FRANCS: pièce ou écu de six livres tournois; parce que, comme le louis d'or, cette pièce de monnaie portait l'effigie du roi Louis. A.
LOUISOT: Louis.
LOULOU: loup. Mot enfantin.
LOURD: grossier, brutal. Debalourd. A.
LOURDER (v. n.): être balourd: dire des balourdises.
LOURE (s. f.): cornemuse, musette.
LOURER: pleurer lâchement. (Vire.)--Chanter. S.-I.
LOUSSE. Voyez. LOUCE.
LOUSSE: vesse. Du celtique-bretonlou.
LOUSSER: vesser.
LOUSSET: soufflet.
LOUSTER (v. n.): s'insinuer frauduleusement.
LOUSTRE; LOSTRE: sale personnage. O.
LOUVETTE: tique, ainsi nommée parce que cet insecte attaque souvent les loups.
L'QUEUL: lequel.
L'S: les, devant une voyelle ou une H muette.
L'SIVIÈRE. Voyez LESSIVIÈRE. L.
LUBIN: lupin.
LUBINS: sorte de loups-garoux. Delupus.
LUBRE: difficile à manier, à travailler; compacte. Voyez RUFLE.
LUE: lieue.
LUEURE: lire.
LUGAN: homme bizarre, boudeur, sournois.Lugannerse dit des premières gouttes de pluie qui annoncent le mauvais temps.
LUIRE: lire. S.-I.
LUMELLE: allumelle, par aphérèse.
LUNER; LEUNER: lorgner; regarder de travers.
LUNETIER: homme qui porte des lunettes dont il n'a pas besoin.
LUQUE: luth. S.-I.
LUQUE: lampe. (Manche.) Delux, lumière.
LUQUER (v. a.): reluquer, regarder. Du latinlux. Souventlûqueremporte l'idée qu'on regarde de côté, en évitant que l'on s'en aperçoive. De là sans doute le sens deloucher, qu'il a dans M. Decorde.
LUQUERNE: lucarne.
LURASSER. Voyez LURER.
LURE (s. f.): vers ou refrain d'une chanson, répété jusqu'à satiété. Deloure: musette. On l'emploie, au figuré, pour signifier des promesses que l'on réitère souvent et qu'on ne tient jamais. Lalurealors est uneleurre.
LURER: fredonner; répéter la même chose; rabâcher; grommeler. L.
LURETTES: fredons, répétitions de chansonnettes sans suite.
LUREUX, SE: qui grommèle, qui rabâche. L.
LURIER: homme qui dit des sornettes. B.
LUROTIER. Voyez LUREUX. A.
L'Z: les. Courirl'zuns aprèsl'zautres.
M': ma; me. L'a, l'edisparaissent parfois devant une consonne.
MA; MAS: mal; maux.--MA (s. m.): sas, tamis.
MACABRE: inepte. De la fameuseDanse macabre, dont les personnages ne savent que répondre à la Mort qui les entraîne.
MACAILLE: nourriture, ce qu'on mâche.
MACELET; MACHELET: groupe de fruits tenant au même pédoncule. Unmaceletde noisettes.
MACHACRE: massacre. M.--Viande. S.-I.
MACHACRE: ouvrier maladroit.
MACHET (s. m.): mâchoire.
MACHICOTER: mâcher en tournant et retournant ce qu'on a dans la bouche, sans l'avaler.
MACHIN; MACHINOT:machine; chose; objet dont on cherche le nom. Patois Lorrain.
MACHIS (s. m.): aliment mâché.
MACHON: maçon. Au figuré, ouvrier inhabile.
MACHOQUER: bossuer.
MACHOTER: mâcher lentement et avec une sorte de répugnance.
MACHU (adj.): en forme de massue. M.
MACHUE: massue. On disaitmacue, dans le XIIIe siècle: ce mot est employé par le roi de Navarre dans sesChansons. Tête demachue: entêté, opiniâtre. L.
MACHURER: noircir, décrier.
MACOT: cachette; l'argent qu'elle contient. A.
MACRIAU: maquereau. En patois Picard,macrieu.
MADELEINE (POIRE DE): poire de Cuisse-Madame; parce qu'elle mûrit vers la fête de sainte Madeleine (22 juillet).
MAFONGUE. Même sens quePar ma fingue. Voyez FINGUE.
MAGNAN; MAGNEN; MAIGNEN: chaudronnier ambulant, dont on faisait peur aux enfants comme du prétendu Croquemitaine. Du vieux motmaignen: chaudronnier, et de l'italienmagnano. Nicot et Monet écriventmaignen, comme dans le moyen-âge. En patois Bourguignon,maignié.Magninen patois Walon. On prononce aussimaïan.
MAGOSSE (s. f.): amas d'argent; petit trésor. Voyez MACOT. A.
MAGOT. Voyez MACOT. L.
MAGOUANER: mâcher lentement et désagréablement. A.
MAGOUSSE (s. f.). Voyez MACOT.
MAGROLLE (s. f.): somme d'argent. A.
MAGUE (s. f.): estomac de veau, dans lequel on prépare la présure pour faire le fromage. L.
MAGUE: gros ventre; bosse. S.-I.
MAHON: coquelicot.
MAHON: qui parle avec difficulté; bègue. O.
MAHONNER: parler avec difficulté; balbutier; bégayer. Voyez BAUBE.
MAI: moi.
MAIGNETS ou MÉGNETS: petits enfants. Du celtiqueman: homme.Maignetsest le diminutif deman, d'où viennent aussimanantetmanoir, etc. Le vieux motmeignie, ou plutôtmaignie, signifiait maisonnée, toutes les personnes d'une maison. Dans le patois Gascon, on ditmaynatpour un petit garçon. A.
MAIGRASSIER: grand, mince et approchant de la maigreur.
MAIGRIER: maigre.
MAILLOCHE (s. f.): petit maillet.
MAILLOT: maillet.
MAINDRE: moindre. S.-I.
MAININE: petite main.
MAINS; MEINS: moins. S.-I.
MAIN-TACHE: à peu près, au hasard, sans que l'on compte. Prendre, donnerà main-tâche.
MAINTAIN; MAINTIÉ: manche de fléau. O. et M.
MAIRERIE: mairie. Voyez MARIE. A.
MAIS: plus; jamais.Mei, en patois de Grenoble. De l'adverbe latinmagis. Je n'en peux mais: je n'en peux plus.
MAIS DE CE TEMPS: désormais. L.
MAISI PLUS: désormais.
MAISON: la cuisine d'un paysan. C'est en effet la pièce importante, la pièce par excellence de son habitation.
MAIS QUE: lorsque; après que; pourvu que. Employé par le roi de Navarre, dans sesChansons, et par L'Estoille, dans son Journal.
MAIS QUE (POUR): lorsque. L.
MAITE: maître.
MAITIA; MAINTIEN: pain composé de blé et d'orge, par moitié; cidre pressuré avec de l'eau, par moitié. Voyez MITOYEN.
MAITRE-CIDRE: cidre pur.
MAITRE-PIERRE: pomme à couteau, qui se conserve très-long-temps.
MAITRIAL, E: impérieux; qui agit en maître arrogant. L.
MAL DE L'AN: coliques et convulsions des petits enfants. Voyez CATERRE. A.
MAL (HAUT): épilepsie; mal caduc.
MAL (PRENDRE): mourir. Pris de mal: atteint de maladie. Il lui a pris mal: il est tombé malade. L.
MAL (TOMBER DE): être attaqué d'épilepsie.
MALAISE (A): à plus forte raison. H.-N.
MALAISÉE (DANSER LA): recevoir une volée. Voyez DANSE. L.
MALANDRE: pustule, ulcère; coup, blessure.
MALANDRIN: malade ayant desmalandres.
MALARD: canard, mâle de la cane. L.
MALAUCŒUREUX; MALAUCURIEUX: dégoûtant; dégoûté. L.
MALE: marne.
MALE; MALAIS: fumier consommé, et plus particulièrement celui des bêtes à cornes.
MALEMENT: mal, méchamment, avec malice, à tort. M.
MALENDURANT: difficile à vivre. Du verbeendurer. L.
MALENDURER: souffrir impatiemment.
MAL-EN-HIE ou HIS: mal portant, souffrant; mal en gaîté, de mauvaise humeur.
MALENTENTE (s. f.): mal-entendu.
MALER: engraisser avec de la marne.
MALER: fatiguer, exténuer. Demalum: mal.
MALGRÉ QUE: quoique. Patois Lorrain.
MALIÈRE (s. f.): fosse dans laquelle on dépose les mâles ou fumiers pour qu'ils s'y consomment. C.
MALIN: petit poisson de rivière. B.
MALINE: maligne.
MALON; MALUN: escarre, croûte qui se forme sur la peau lorsqu'une plaie se guérit; cicatrice. Demalum.
MALHERBE; MALLE-HERBE: mauvaise herbe, qui donne le vertige et empêche de retrouver son chemin.
MALHEURÉ: malheureux; homme à qui il arrive un malheur.
MALHEURETÉ: malheur, accident. On dit aussimalhuré;malhureté.
MALHUR: malheur.
MAL INCOMMODE: fort incommode. H.-N.
MALONNER: se former en malon.
MALPIÉTÉ: qui a de mauvais pieds; inhabile aux longues marches.
MAL St.-MEIN: croûtes laiteuses des enfants. L.
MALUSER: mésuser.
MAN: larve du hanneton (Mélolontha).
MAN: mon. Man kien: mon chien.
MANCHÉE: nid de lapins; leur terrier où sont déposés leurs petits. Demanere: demeurer.
MANCHERON; MANCHON; MANÇON; MANQUETIN: manche de charrue.
MANDALE (s. f.): soufflet sur la joue, sur la mâchoire, lesmandibules.
MANDRE: moindre. S.-I.
MANDRILLE: espèce de manteau vieux et en mauvais état.
MANET: manoir; habitation distinguée, inférieure toutefois au château; gentilhommière. L.
MANETTE: Marie-Anette; diminutif de Marie-Anne. A.
MANGEARD: dépensier, prodigue qui gaspille. L.
MANGER L'ORDRE: oublier. Patois Lorrain.
MANGÉRIAU, au pluriel MANGÉRIAS: gens du fisc, sangsues du peuple. S.-I.
MANGERIES: vexations fiscales.
MANGE-TOUT (DES): petites fèves qui se mangent en entier, lorsque le grain commence à se former.
MANGEUX DE FOIN SUR LE BAT: parasite.
MANGNER; MANGNIER: manger. Mangniez donc! vous ne mangniez pas; gnia que me qu'mangne: mangez donc! vous ne mangez pas; il n'y a que moi qui mange. L.
MANGNIETS. Voyez MAIGNETS.
MANGUER: manger.
MANIERS ou MANIETS. Voyez MAIGNETS.
MANIFACTURE: manufacture.
MANIFIQUE: magnifique. Patois Lorrain.
MANIQUET: selle de femme, couverte d'une peau de mouton. H.-N.
MANJURE: démangeaison. J'aimanjureà la tête. H.-N.
MANJURIAU. Voyez MANGÉRIAU. L.
MANJUSSER; MANJUCER: manger. B.
MANNETTE: petite manne. L.
MANSAIRE; MANSÈRE: misérable; déguenillé; mal vêtu.
MANSEL: manoir, habitation. Du latinmansio.
MANTAIN: manche de fléau.
MANUYENGE: possession, jouissance.
MAQUAILLE (s. f.): aliments mal préparés. Du verbemâcher.
MAQUE-ÉPAIS: goinfre, gourmand. H.-N.
MAQUER; MAQUIER: mâcher désagréablement.--Manger. S.-I.
MARAILLER: se salir dans l'eau bourbeuse. De la basse latinitémara: mare. A.
MARAS ou MARAT: maraud, mauvais sujet. Du grec μιαρος: scélérat, qui a produitmarrans, vieille expression qui signifiait juif. En patois Walon,maraïesignifie canaille. L.
MARCACHA: gamin; petit homme mal bâti. On disait autrefoismargajat:
Que nous ririons tretousDe voir unmargajatfagotté comme vous.
Que nous ririons tretousDe voir unmargajatfagotté comme vous.
Que nous ririons tretous
De voir unmargajatfagotté comme vous.
dit Boursault en parlant d'Esope. Parlermargajat. Voyez CHARABIAH.
MARCAPIÉ: raisiné. (Manche.)
MARCAU; MARCOU: matou, gros chat mâle. O. En patois Walon,markou; en patois Troyen,marcoux.
MARCELOTTE bout d'un bâton. Corruption demasselotte: petite massue. Voyez RABOTTE. A.
MARCHÊQUE; MARCHESSE (s. f.): fête de la Notre-Dame deMars(l'Annonciation).Marcesche, dans une charte de 1407. On dit proverbialement, en parlant des veillées pour le travail:
La bonne veilleresseCommence à la septembresseEt finit à la marchesse.
La bonne veilleresseCommence à la septembresseEt finit à la marchesse.
La bonne veilleresse
Commence à la septembresse
Et finit à la marchesse.
Voyez SEPTEMBRESSE. L.
MARCHER: parcourir.Marcherune propriété.
MARCIÈRE (s. f.): dépôt de marc dans une fosse. (Manche.)
MARCOU. Voyez MARCAU.
MARÉCHAL: oiseau de l'ordre des passereaux. B.
MARÉE (s. f.): flaque d'eau. Demare. L.
MARÉE (s. f.): denrée. Porter lamaréeau marché. L.
MARETTE: petite mare.
MARGANE (s. f.): sèche. Du celtique-bretonmorgaden.
MARGANNER. Voyez DÉGANNER.
MARGAS, ou MARGASSE (s. f.): petite flaque d'eau bourbeuse. Du substantifmareet du verbegâter. Au figuré, embarras. Le substantifmargane(excréments humains) du département d'Ille-et-Vilaine pourrait bien avoir la même origine. Dans le patois du Jura,gouillatetgouillesignifient boue et le lieu où elle séjourne. De là,margouillis. Voyez ce mot. A.
MARGASSER (SE): se salir dans unmargas. A.
MARGAU: fille de mauvaise vie.
MARGOT (s. f.): pie. On dit Margot pour une pie, comme Richard pour un geai, Martin pour un âne, etc. La Fontaine dit (Fables, XII, 11):
L'aigle, reine des airs, avec Margot la pie.
MARGOT (s. f.): fourche. Du latinmerga.
MARGOT-PINTON: femme ivrogne. On dit proverbialement:
Margot Pinton,Qui aime mieux sapinteque son demion.
Margot Pinton,Qui aime mieux sapinteque son demion.
Margot Pinton,
Qui aime mieux sapinteque son demion.
Voyez DEMION.
MARGOTTE: marcotte.
MARGOTTER: marcotter. C'est le G pour le C, commeganifpour canif.
MARGOUAIS: fond de carrière, de marnière. Du celtiquemarga(marne), que le naturaliste Pline (liv. XVII, ch. 4) cite comme un excellent engrais.
MARGOUILLER: bredouiller; manger malproprement; salir.
MARGOUILLIS. Voyez MARGAS.
MARGOULETTE: mâchoire (terme de mignardise); petite bouche. En Roman,gargate. Dans le patois Walon,gargolette: gosier, gorge.
MARGOULINE: bonnet de femme. Voyez GOULINE.
MARGRÉ: malgré. S.-I.
MARGUITE: Marguerite.
MARIANNE: Marie-Anne. Voyez MANETTE.
MARICAUDER: noircir le visage, les habits. H.-N.
MARICHAL; MARICHA: maréchal. L.
MARIE: mairie. La rue de laMarie. A.
MARIE-SOUILLON (s. f.): femme malpropre. On dit aussiMarie-Salope;Marie-Torchon.
MARIE-SURELLE: femme acariâtre. Desurelle, oseille.
MARINGOTE (s. f.): sorte de charrette que l'on commença à employer peu après notre célèbre victoire de Marengo, en 1800.
MARINGOUIN: cousin, sorte d'insecte.
MARIN-ONFROY. Nom d'une espèce de pommes dont l'introduction, d'après Pluquet, est due à Marin-Onfroy, seigneur de Veret et de St.-Laurent-sur-Mer, qui apporta des greffes dans le Bessin, au commencement du XVIIe siècle. Cette espèce s'est propagée dans le département de la Manche, et on la prise beaucoup aux environs de St.-Lo, où l'on comptait encore, il y a peu d'années, plusieurs familles des noms de Marin et d'Onfroy. Latisane de Marin-Onfroyest le cidregracieuxqu'on obtient de l'espèce de pommes dont on vient de parler. Le fruit est généralement petit, dur; il mûrit très-tard. Son aspect est loin d'être séduisant comme le goût du cidre qu'il produit. M. Lepingard.
MARION: Marie. C'est de là qu'est venu le motMarionette, diminutif de Marie. L.
MARJOLET: élégant. De joli. L.
MARJOLLES: caroncules qui pendent sous le bec des coqs et des poules; et, par métaphore, le double ou le triple menton des personnes très-grasses.
MARMIONNER; MARMONNER: murmurer sourdement; mal prononcer.
MARNÉ. On appelle à Vimoutiers pain marné celui qui n'est pas complètement blanc. Demarne, terre de couleur blanc-grisâtre.
MARNET: le grand guillemot, oiseau de mer. B.
MARONNER: grommeler.
MAROTTE: Marie. Le nom de lamarottede la folie vient de ce diminutif. L.
MAROUAU: matou. Voyez MARCOU.
MAROUILLAGE (s. m.): eau bourbeuse. Demare. A.
MAROUILLER: agiter de l'eau bourbeuse; se salir dans lemarouillage. Voyez VAROUILLER. A.
MARPAS: sale, bas.
MARQUE-A-LA-VIELLE: iris, arc-en-ciel. (Coutances.)
MARRINE: marraine. L.
MARRUBLER: meurtrir fortement. Peut-être de marrube (Marrubium vulgare), plante médicinale que l'on écrase. L.
MARTAFLU. Voyez MASTAFLU.
MARTE; MATTE: petite boulette de terre cuite, pour jouer, comme avec la canette et les osselets. L.
MARTINET: grimpereau. L.
MASCAPIÉ: raisiné de poires ou de pommes. B.
MASS:masure. De la basse latinité.
MASSACRANTE (HUMEUR): mauvaise humeur; humeur très-bourrue. Patois Lorrain.
MASSAIS (s. m.); MASSÉE (s. f.): argile pétrie avec du foin, pour faire les planchers. B.
MASTAFLU, E: gros et mal bâti. De l'ancien qualificatifmaflu. La Fontaine a dit (Fable III, 17), en parlant d'une belette:
Grasse,maflueet rebondie.
MASTAPIN: gros, bouffi.
MASTAS: homme très-replet. Demasse. Voyez TARIBONDIN.
MASURÉ, E. Terre masurée: terre pourvue de bâtiments d'exploitation et d'habitation. Demasure.
MAT: flèche. S.-I.
MATE (ENFANT DE LA): escroc, filou. Du nom d'une place de Paris fréquentée par les voleurs, suivant Moisant de Brieux, p. 15 de sesOrigines de coutumes anciennes.
MATE: lait caillé. S.-I.
MATE; MATRE (s. f.): extrémité de l'os du tarse du mouton, de la brebis. Lejeu de mâtesse compose de ces petits os qu'on jette sur une table. Lesmâtesqui sont tombées sur le côté, doivent être redressées par le joueur dans l'intervalle de temps qu'une balle ou tout autre objet, qu'il a lancé en l'air et qu'il doit recevoir, met à retomber dans sa main. M. Lepingard.
MATEREAUX: matériaux. Dematière. Patois Lorrain. L.
MATES (s. f. pl.): lait caillé. En patois Lorrain,maton. S.-I.
MATHIEU-SALÉ: Mathusalem. Vieux commeMathieu-salé.
MATIÈRE (s. f.): pus. Patois Walon.
MATIFAS: mortier de chaux, de sable et de bourre, pour enduire.
MATRASSER: assommer. Dematras, sorte de trait qui ne perçait pas, mais meurtrissait cruellement. Du latinmactare. B.
MAUFAIT: mal fait, contrefait.
MAUGONNER: mâcher, mordre, ronger vilainement. Au figuré, grommeler. A.
MAUGRÉ: malgré.
MAUGREBLEU. Juron. De l'arabemaghrabi. Dans le midi de la France, d'oùmaugrebleunous est venu, et qui fut quelque temps au pouvoir des Sarrasins, on ditmagrabiou, qui est plus rapproché de son origine. Peut-êtremaugrebleuvient-il de malgré Dieu.
MAUGRENÉ: maudit. Quellemaugrenéeaffaire!
MAUMINÉ: blême, qui a mauvaise mine. A.
MAUPAS: mauvais passage, lieu dangereux, soit par la difficulté du passage, soit par le danger des rencontres. Ce nom a été donné à des lieux, à des gués de rivière, etc., qui n'offrent présentement aucun danger.
MAUPITEUX: souffrant, malheureux. De mal et de pitié. S.-I.
MAUTALENT: ignorance; mauvaisvouloir; disposition à mal faire. Ce mot est dans Montaigne.
MAUTE (s. f.): fresaie.
MAUTÉ: méchanceté. L.
MAUTURE (adj.): méchant, malin, espiègle, vaurien, d'une probité suspecte.
MAUTURE (subst.): blessure grave; plaie considérable, tenant en général au vice du sang.
MAUVAISETÉ: méchanceté. Dans Nicot,mauvaistié.
MAUVE: mouette, oiseau. B.
MAUVI; MAUVIARD (s. m.): mauviette. En patois Walon,mâvisignifie un merle.
MAXI; MAXIS: méchant. B.
MÉ: moi.--MÉ: maintenant.
MÉCANIQUE: souffrant, faible, d'une santé délabrée; d'une chétive constitution;--insuffisant.
MÉCHANT: pauvre, digne de pitié. Ceméchantenfant; cetteméchantepetite bête. Une paysanne dit: J'ai eu tant à faire, que je n'ai pas eu le temps de peigner maméchantetête.
MÉCHANT: difficile. Terreméchante: terre difficile à travailler.
MÈCHE: moitié. Demèche: de moitié. Argot.
MÈCHE: moyen, possibilité. Il y amèche, ou: il n'y a pasmèche: on peut, ou: on ne peut pas.
MÉCHER: pocher. (Vire.)
MÉCREDI: mercredi. Patois Lorrain. L.
MÉDIN: mauvaise couche. O.
MÉGAUGIER (v. a.): désappointer. D'égayer; mégayer: mal égayer.
MÈGUE (s. m.): serum, petit-lait. Demesga, dans la basse latinité. On appelle aussimèguel'agglutination qui se forme au fond d'un vase par les dépôts du cidre, du vinaigre, et autres liquides.
MÉJAMBIÉ; MÉJAMBIER: qui a les jambes en mauvais état, couvertes d'ulcères en suppuration.
MEILLE; MÊLE: nèfle. On lit, dans Cretin, p. 205:
Raisins, pruneaux, pommes, poires etmesles.
MEILLER: néflier. En latin,mespilus.
MÉLAN: merlan.
MÈLE: «flocons mucilagineux au fond des bouteilles de cidre», suivant Pluquet. On dit ailleurs:mère. V. MÈGUE.
MÊLE: merle.
MÊLEAU; MÊLO: paquet de fil, de laine, de soie,mêlé.
MELER (v. n.): s'altérer. Se décomposer, en parlant des pommes. Demalus: pommier, et demalus: mauvais. La pommemeléeest celle dont la chair trop mûre a pris à sa surface une teinte brun-clair et une consistance molle. En patois Walon,melaiesignifie un pommier.
MÊLIER; MESLIER: néflier. En anglais,medlar-tree.
MÉLIEU: milieu.
MÉLIMÉLOT: mercuriale (Mercurialis annua). B.
MÊLI-MÊLOT: objets confus, mêlés, en désordre.
MELLE (s. f.): anneau d'une chaîne. Demaille. L.
MELLETON: prunelle, mauvais petit fruit. Demalum.
MÊLURE: petites herbes qu'onmêleà la salade pour l'assaisonner.
MÉMARCHURE: entorse. Demarcher mal.L.
MEMBRÉ: membru. Patois lorrain.
MENACHE; MENACHER: menace, menacer.
MÉNAGÈRE: femme de campagne. Deménage. En patois Walon,menadzira. Voyez CRÉATURE.
MENDRE: moindre.
MÉNESTRIEUX: ménétrier. S.-I.
MÉNOM: sobriquet; surnom. Demé: mauvais, et denom.
MÉNOMMER (SE): prendre un nom qui n'appartient pas.
MENOUX: menin, conducteur, cicerone.
MENT: comme, comment.Ment hla: comment cela?ment tout: comme tout. Decomment, par aphérèse. Voyez C'MENT. L.--A Pont-l'Évêque,mentêchepour comment est-ce?
MENUISE (s. f.): petit plomb pour tuer les oiseaux. Deminutus.
MÊNUIT: minuit. L.
MÉQUIÉ: moitié. L.
MÉQUIER: métier.
MERC; MERQUE (s. m.):marquesur la peau; lentille ou petite verrue; borne en pierre qui marque les limites dans les champs. B.
MÈRE: dépôt glaireux dans le vieux cidre; substance que l'on croit propre à faire naître le vinaire (à en devenir lamère).
MERELLE: cidre dans lequel on a mis beaucoup d'eau. B.
MÉRIAISE: merise.
MÉRIENNE: méridienne. Par syncope. Sieste, sommeil demidi. Fairemérienne: faire la sieste.
MERLUS (s. m.): sorte de petite morue sèche;merluche.
MERNUCHON. Plante; lastella mediades oiseaux.
MEROLLE: brebis. O.
MÉROTTE: petite-mère. L.
MERQUE: marque. MERQUIER: marquer, tracer, etc.
MESANGLE; MESETTE: mésange.
MÉSAISE: gêne, au propre et au figuré.
MÉSAISÉ: qui est dans lemésaise. Ne se dit qu'au figuré:mésaisédans son commerce.
MÉSHUI: aujourd'hui, tantôt, désormais, dorénavant. Dans leTestament de Pathelin, p. 131:
Ne viendrameshuyGuillemette?
MESEAU; MEZEL: lépreux.
MESCHIEF: malheur.
MESCHEOIR: échouer, ne pas réussir.
MESCHEU (part. passé demescheoir). Il en estmescheu: il en est arrivé malheur.
MESÉ: atteint d'une lèpre appelée méselerie. Métaphoriquement, insensible.
MESHAGNÉ; MESHAIGNÉ (l'S ne se prononce pas): estropié, mutilé.
MESHAING: mutilation, malheur, accident, mécompte.
MESIGUE: mésange.
MESIRAGNE; MESIRAIGNE: musaraigne.
MESIRE: merise.
MESIRETTE: petite musaraigne.
MESIRIER: merisier.
MESM'ORAINS: même naguère. H.-N.
MESNIE: maison, maisonnée, famille.
MESNIL: maison dans la campagne et champ y attenant.
MESSINE; MÊCINE: espèce de coussin en foin ou en paille, dont les paysans garnissent la partie supérieure de l'entrée des sabots, pour qu'ils ne blessent pas le coude-pied.
MESSIONAL: qui a lieu pendant les vacations, fixées anciennement au temps de la moisson. Demessis.
MESURE: convenance, sagesse. C'est lamesure: c'est ce qui convient. Dans le XIIIe siècle, mesure signifiait sagesse, bonté. C'est lequid deceat, quid non, d'Horace; et l'emploi qui en est fait dans lesChansons du roi de Navarreet leGlossairede La Ravallière. En Roman on disaitamesuré, pour sage; en Provençal,amesurat. L.
MESURETTE (s. f.): huitième partie de l'aune. L.
MET (s. f.): huche, pétrin,maie. On trouvemetdans les vieux fabliaux. Du verbemettre.Metétait encore en usage dans le XVIe siècle. En effet, Du Bartas dit, dans le second jour de saSemaine, v. 1129: