IV

Rochefort, la caserne, l’immatriculation, l’habillement. Tondu, rasé, à l’ordonnance, Golo inaugurait la tunique bleue à épaulettes jaunes dans une promenade mal orientée à travers la ville inconnue. C’étaient, devant lui, des rues droites, coupées à angles droits par d’autres rues droites, toutes pareilles, et au bout de la perspective s’offrait tantôt le talus d’herbe des remparts, tantôt la voûte d’une porte qui s’ouvrait sur la campagne, et tantôt le geste mystérieux du sémaphore. Les pavés blancs filaient entre les maisons blanches, très basses, silencieuses, et sur cette monotonie éclatait en discord le verbiage d’un peuple de perroquets, emplissant de leur tumulte les couloirs et les chaussées. Golo les admirait en passant, s’amusait à leurs monologues !

Curieux, il s’arrêtait devant les étalages de naturalistes, qui lui enseignaient des mondes ignorés, et complétaient, en les lui rappelant, les révélations anciennes de la collection Chautain, à Mécringes.

Et la mer, où était-elle ?

Loin, à près de trois heures de marche, il la verrait plus tard. En attendant, il se contentait de contempler la Charente, le port, l’arsenal et les chantiers, s’extasiait devant les énormes vaisseaux de guerre, à l’ancre dans le fleuve, s’étonnait des navires en construction, colosses ébauchés dont les formes imprévues se découpaient sur le ciel, plus hautes que les maisons.

Mais dès le lendemain les classes l’absorbaient, le gymnase, l’exercice.

La fatigue des muscles, l’obéissance craintive de la mémoire épuisaient son énergie. A peine avait-il assez d’heures de sommeil pour réparer ses forces ; il perdit l’appétit, ne pensa plus. Il ne fut pendant des semaines que le domestique de la consigne, l’esclave des appels.

Puis, après quelque temps, l’entraînement le secourut, il se rompit au métier. Peu à peu le conscrit devenait soldat, l’être ahuri et bousculé des premiers jours se défendait, se ressaisissait. Le menuisier de Villebard reparaissait sous le marsouin ; mais à la joie de s’être reconquis se mêlait quelque souffrance : le dépaysement, la solitude. A la caserne il y avait des gens de partout et personne de chez lui ; son nom même, il lui semblait que ce ne fût pas le sien : Golo ne s’habituait pas à s’appeler Louvet, le fusilier Louvet. A l’exercice, à la manœuvre, les heures passaient encore ; mais sa liberté de chaque soir, il ne savait qu’en faire. Dans les premiers jours, il l’employait à dormir, à cuver sa fatigue, sur son lit, à la chambrée. Mais l’endurance était venue, et, moins las, écœuré d’ailleurs de la caserne, il se décidait à sortir. Il flânait, errait le long des bassins, dans le froid du soir : des bateaux passaient, un pêcheur relevait ses lignes, la plainte d’une sirène déchirait la brume ; et il ne parvenait pas à s’intéresser à ces choses. Villebard le hantait, et Cendrine.

La ville alors lui semblait hostile ; il franchissait les portes, promenait sa nostalgie dans les campagnes crépusculaires. Le long de la route, des prairies noyées d’eau morte se reculaient jusqu’à l’horizon, et, par les barrières blanches, des troupeaux se pressaient vers les fermes. Et ces rappels de vie champêtre aggravaient sa mélancolie. Sa seule joie était de recevoir les lettres de Cendrine, et elles étaient rares ; lues et relues, il les portait sur lui, moins seul de les sentir dans sa poche. Il lui répondait. C’étaient des écritures interrompues et reprises, où la tendresse ne s’exprimait que par le nombre des pages, un journal minutieux de ses ennuis, complété d’interrogations et d’enquêtes sur les gens de Villebard.

Mais bientôt la bienfaisante camaraderie intervenait, changeait brusquement sa vie. La familiarité d’un voisinage à la chambrée, à l’exercice, le faisait se lier avec quelques bons garçons de son escouade. Ils se retrouvaient à la cantine, s’offraient des tournées, sortaient en bande. Le dimanche apporta ses distractions. On s’en allait écouter la musique militaire au jardin public, les mains gantées et lourdes, les yeux en admiration vers le kiosque d’où les cuivres envoyaient des polkas au ciel d’hiver ; on flânait sur le cours d’Ablois, les jours de foire devant les baraques ; la soirée, parfois, se terminait au théâtre, puits de lumières, au fond duquel on s’évertuait à suivre, rapetissés par la distance, les gestes des ingénues et des traîtres. Dans la semaine, ils se contentaient, le matin, du vin blanc de la cantine, et, l’exercice terminé, de l’absinthe à la brasserie versée par de petites serveuses. Et, les nuits de permission, après les traîneries de cafés en cafés, c’était l’échouage, tout près de la caserne, sous les remparts, la brève hospitalité d’un éden vulgaire, où les invitait le tambourinement de quelque danse exotique.

Le gai compagnon qu’était le Briard s’était vite accommodé de cette existence nouvelle. C’était lui le plus bavard, le plus entreprenant de la bande : on l’écoutait, on le suivait, et sa réputation de « lascar » dominait l’escouade, s’imposait à la compagnie. Quelques-uns l’appelaient « le Parisien », et il en était fier. Des mois passaient, les classes étaient terminées, puis les marches et les manœuvres : Golo n’était plus un bleu. Il savait maintenant tous les trucs et toutes les ficelles du métier, comment on chipe les permissions et l’endroit où il faut sauter le mur. Rien qu’à sa dégaine, à l’enfoncement de son képi sur les oreilles, au balancement de ses bras rythmant la marche, on reconnaissait le soldat, le troupier fini. C’était le vainqueur, celui qui fait tourner les têtes, celui qui n’a qu’à choisir. Il avait choisi : sa bonne amie était une jolie blonde, une apprentie, plus délicate, moins hasardeuse que les bonnes de café, que les filles de la rue ; ils avaient des rendez-vous d’un moment le soir, dans l’herbe des glacis, et d’autres, plus longs dans une auberge du faubourg. Le dimanche, il abandonnait ses camarades pour se promener avec elle ; il l’accompagnait sur les routes, dans les champs, et quelquefois, quand un orchestre les appelait de loin, jusqu’à une fête de village.

Il n’oubliait pourtant pas Cendrine : ses grands projets tenaient toujours. Il était en règle avec elle, continuait à lui écrire, lui avait envoyé sa photographie, et au jour de l’an, une bague achetée sur le quai à un matelot, une bague algérienne en filigrane.

Le souvenir restait ; mais, avec la vie de régiment, la brasserie et les femmes, le chagrin de la séparation s’était adouci. Sans trop d’impatience, il attendait le grand congé de trois mois qui allait bientôt le réunir à sa promise. Or, au lieu de congé, ce fut un ordre de départ qui arriva brusquement. Les choses allaient mal au Tonkin, on parlait même d’une défaite ; des renforts partaient, et le bataillon de Golo devait s’embarquer la semaine suivante à Toulon. On allait donc voir du pays, en découdre avec ces magots dont les journaux illustrés lui avaient révélé la grimace ! Il dit adieu à l’apprentie, prit sa part de plusieurs punchs offerts par les camarades du dépôt, écrivit à Cendrine une lettre orgueilleuse et attendrie. On partit enfin, et, après deux jours de wagon, abrutis par les litres achetés ou offerts de station en station, rauques deMarseillaiseet de chansons d’étape, ils arrivaient à Toulon.

Golo n’eut pas le temps de voir la ville. Son détachement gagna l’arsenal, monta sur un chaland, accosta leMytho, un grand transport, semblant une caserne blanche, plus blanche dans l’éblouissement de la rade criblée de soleil. Tout de suite on appareillait ; une autre rade succédait à la première, puis, à droite, lentement, l’horizon s’ouvrait libre, sur un large espace, et là le ciel et l’eau se joignaient. Golo détournait la tête, regardait vers la terre déjà lointaine, vers les claires montagnes qui frangeaient la côte.

— Tout de même, c’était cela, le pays !

Mais le soldat n’eut pas le temps de réfléchir ; son service le prit aussitôt, le garda. On halait sur le filin, on nettoyait le pont, on vidait les escarbilles, corvées monotones. La mer y ajoutait son imprévu ; à de certains jours elle se faisait mauvaise, le transport roulait, tanguait, et Golo était malade. D’autres, à côté, l’étaient plus que lui ; des camarades vautrés sur le pont, anéantis, livides, suppliaient les matelots de les jeter à la mer. Puis le Briard s’accoutumait, et c’était la morne traversée, l’abrutissement des journées pareilles occupées à considérer des ciels et des mers identiques, à se remémorer des choses anciennes, à chanter en chœur avec les marins de nostalgiques romances. Les escales faisaient diversion. La terre demeurait lointaine ; un pic, quelques cimes d’arbres la désignaient vaguement, mais elle venait vers eux dans des barques indigènes, avec des couleurs nouvelles de chiffons, des sonorités de langues ignorées, des fruits étranges auxquels ils n’osaient pas toucher. Puis ce fut la torpeur des jours équatoriaux, des jours et des nuits immobiles, sans une ride de l’Océan, sans une palpitation de la tente sous laquelle ils somnolaient, hébétés. Quarante jours s’écoulèrent ainsi, et, un matin, Golo se réveillait en baie d’Along. Un lac, semé de rochers aux formes gesticulantes, aux attitudes de menace, qui escortaient le navire. Quelques heures après ils quittaient leMytho, montaient en chaloupe, l’eau changeait de teinte, se faisait limoneuse et grasse : c’était le fleuve.

Des bateaux de formes inconnues, plats et portant au milieu un abri en bambou, dessampans, nageaient autour des embarcations, rasaient les bordages. Vêtus de blouses noires, avec des chignons sous leurs chapeaux et des faces glabres, blafardes, au sexe douteux, des mariniers les conduisaient. Sampaniers ou sampanières. Golo n’arrivait pas à les discerner, surpris, révolté un peu de leur complète ressemblance. Sur le soir, on arrivait à Haïphong ; et l’étonnement du soldat continuait, entouré qu’il était d’une foule ambiguë et grimaçante, à l’odeur fauve, première et brusque révélation de la race avec laquelle il allait vivre et bientôt se battre. Il campa dans une pagode, ne put dormir, cherchant malgré lui le bercement accoutumé de la mer.

A l’aube, le bataillon s’embarquait sur une canonnière et remontait le fleuve. Le long des deux rives, à fleur d’eau, s’étalaient jusqu’à perte de vue des pays de rizières, des damiers de verdure, semés çà et là de boqueteaux de bambous dans lesquels se cachaient les villages. Des buffles paissaient, la tête enguirlandée de leurs cornes ; un laboureur, enfoncé dans la boue jusqu’à mi-corps, conduisait une charrue ; et çà et là, observant le marais, de grandes troupes d’aigrettes blanches posaient sur la plaine des fraîcheurs de neige.

Le fleuve s’animait, des jonques passaient avec de gros yeux peints à la proue et des cordages de rotin ; le long des levées, des coolies défilaient, portant des paniers en balance sur leurs épaules ; et sur les bords, des baignades d’enfants s’éclaboussaient dans le soleil.

On arrivait à Hanoï, au milieu d’un fouillis de sampans et de jonques ; on accostait en face de la Douane. On gagnait la citadelle, dont les remparts rappelaient ceux de Rochefort, et l’on campait dans l’humidité, parmi les moisissures, sous des hangars couverts de paillotte. Et durant quelques jours Golo se promenait dans la ville, suivait les rues toutes bordées de magasins, chacune d’elles réservée à une profession unique : la rue des Incrusteurs, la rue du Chanvre, la rue des Brodeurs. Il eut la pensée d’acheter un souvenir pour Cendrine ; mais dérouté par l’indifférence silencieuse des marchands il ajourna ses acquisitions au retour. De nouveau il se perdait dans la foule. Et de cette humanité, de ces boutiques, des fruits et des denrées étalés ou charriés en plein air, une odeur émanait, une odeur d’encens, d’opium, de musc et de poisson gâté.

Un matin, l’on s’embarquait encore. Alors recommença le morne fleuve Rouge ; et, entre les rives boueuses, l’eau épaissie d’alluvions, fleurie aux anses d’îlots blancs de nénuphars. Et, au-dessus des berges, toujours la plaine, la monotonie de la rizière.

On débarquait enfin, pour rejoindre le corps expéditionnaire. Huit jours d’étapes en files indiennes sur les levées, avec les haltes dans les villages au milieu des cris des volailles et des porcs poursuivis dans les jardins par les coolies et les soldats, et la popote en plein air, dans les huttes, dans les pagodes. Puis un jour, Golo, qui ne savait plus où il allait, apercevait, à plat ventre dans l’herbe, le cadavre d’un pavillon noir, son large chapeau de paille chaviré près de lui, son sarrau de soie bleu éclaboussé de sang. Presque aussitôt une musique sauvage de tam-tam arrivait, lointaine, coupée par une explosion sourde : le canon. Golo se raidit. Très pâles, les soldats se regardèrent, attendant des ordres. La canonnade bientôt se rapprocha, des estafettes passaient au galop, foulant la rizière, et le Briard continuait à ne rien voir. Des camarades avaient commencé une chanson d’étape, d’autres s’excitaient, lançaient des plaisanteries qui retombaient dans le silence.

— Allons, zou ! les marsouins ! cria le capitaine, en levant son sabre. C’est notre tour.

Le bataillon franchissait une levée, se déployait, marchait à l’ennemi, tout là-bas. Golo le découvrait : comme une troupe d’oiseaux battant de l’aile, d’innombrables pavillons triangulaires flottaient sur des retranchements dans la poussière et la fumée. Il tira son premier coup de fusil, rechargea, retira, ne pensa plus. Les clairons sonnèrent la charge et il se lançait, excité par une ivresse lucide, plus léger, plus libre, sous la mitraille. Les soldats tombaient auprès de lui, blessés, morts, et il ne se retournait pas, il courait. Et ce fut l’assaut, la bousculade, des cris de colère et de douleur. Golo tua, et, quand il eut tué, il voulut tuer encore. Mais déjà c’était fini, les Chinois fuyaient en pleine déroute, poursuivis par les obus. On cantonna, et l’on pointa les noms des hommes absents ; mais on avait si faim qu’on ne songeait à eux qu’après avoir mangé. Alors seulement on enterrait les morts, on portait les blessés à l’ambulance. Et Golo se familiarisait, dès ce jour, avec les tristes corvées, avec les civières où crient les blessés, avec les fosses creusées en hâte, où l’on enterre les amis.

La guerre continuait. Golo se battait encore et sa bravoure ne se démentait pas. Ses chefs le notèrent, le proposèrent pour la médaille : il fut nommé caporal.

La paix signée, les troupes furent disséminées dans les postes. La compagnie de Golo s’en allait prendre garnison à Bat-Cat, dans les terres fermes, au nord de la Rivière Claire. C’était un pays de broussailles habitées par les paons et les tigres ; des collines ondulaient, couvertes de grandes herbes, dans un horizon de verdure continue. Le ciel paraissait fumeux, lourd de buées et de brumes, laissant tomber une chaleur grise d’orage en suspens et qui n’éclatait jamais, car la saison des pluies n’était pas encore commencée.

Dans cette température affaissante, les soldats passaient leurs journées étendus, évitant de remuer, avec la joie d’être servis, éventés pour quelques centimes par de petits Annamites. Autour d’eux, les coolies allaient et venaient, nu pieds, filaient comme des ombres sur la terre douce. Golo souffrait de la soif, et il était impossible de boire de l’eau fraîche, la gargoulette ne suintait pas. Et les nuits étaient aussi suffocantes que les jours, des nuits de sueur sans sommeil, anéanties et inquiètes. Seule, dans la torpeur nocturne, la vie des bêtes s’exaspérait, fourmillait menaçante, multipliée par l’inconnu de l’ombre. Sur la sourde rumeur qui faisait palpiter l’étendue, des bruits plus proches se révélaient : cris de lézards, coassements de grenouilles, meuglement du crapaud-buffle, et, à l’intérieur, sous la paillotte, les reptiles grouillaient au milieu du frôlement des chauves-souris et de la chanson lancinante des moustiques.

Entre les journées vides et les nuits mornes, le caporal s’ennuyait. Les mauvais alcools absorbés, les tournées d’absinthes n’arrivaient pas à le distraire. Puis, le désir étant revenu avec le bien-être relatif du poste, il imita les camarades, eut recours à lacongaï. Petites, avec de grosses figures beurrées, sans nez ni sourcils, des faces d’énigme encadrées de cheveux lourds, avec un regard de ténèbres, un sourire laqué de noir dans des lèvres saignantes de bétel, toutes avaient les mêmes hanches étroites, les mêmes formes grêles et garçonnières ; toutes gardaient aussi la même immobilité sous les caresses, la même docilité indifférente et lasse. Et Golo resongeait à Cendrine ; elle était depuis des mois et des mois si loin de sa vie, si loin de sa pensée ! L’étonnement des pays nouveaux, les aventures et les batailles l’avaient empêché de lui écrire ; la guerre finie et le souci de la vie matérielle disparu, la paresse, l’insouciance l’avaient encore séparé d’elle. Insensiblement le lien se rompait. Deux fois, cependant, aussi bien pour se mettre en paix avec sa conscience que par un dernier souvenir affectueux, il s’était décidé à lui demander de ses nouvelles. Avait-elle reçu ses lettres ? La réponse, en tout cas, n’était pas venue. Il l’avait espérée quelques mois, s’en était enquis les jours où le vaguemestre distribuait le courrier de France. Puis il s’était fatigué d’attendre ; résigné, tranquille, il avait renoncé à tout, à l’amoureuse et à ses lettres. Si elle l’avait oublié, tant pis ! On était quitte. Le sentiment ne le tracassait plus ; seuls, l’intéressaient maintenant les variations de la température, le commencement de dysenterie dont il souffrait et, par instant, le plaisir médiocre qu’il pouvait prendre avec sa passivecongaï.

Les saisons se succédaient, la classe allait partir. Fiévreusement espérée par tous, l’heure du retour sonna. Et Golo vit de nouveau la boue du Fleuve Rouge, le grouillement commercial d’Hanoï, où il eut l’émotion d’une lettre : le notaire de Mécringes lui apprenait la mort de la tante Louvet. En baie d’Along, il s’embarquait sur leVinh-long. Mais, à peine à bord, sa dysenterie s’aggravait, le clouait à l’infirmerie, où il vit mourir plusieurs de ses camarades. Il eut peur ; alors il lui sembla qu’il n’arriverait jamais et, la nuit, il rêvait aux pauvres diables immergés par deux mille mètres de fond, parmi les herbes et les bêtes…

Le transport approchait de France. Golo essaya de se ressaisir, retomba et, quand on mouilla en vue de Toulon, une chaloupe le conduisit avec les autres malades à l’hôpital de Saint-Mandrier. Il y demeurait trois mois, dans une salle blanchie à la chaux, une salle où tout était blanc, les murs, les lits, les sœurs, dont les cornettes blanches, comme des oiseaux d’espoir, se penchaient sur la pâleur des malades.


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