DU RIVAGE

Vaisseau chargé de fer, tu t’en vas vers cette IndeSous la Ligne assoupie en son superbe éclat,Pays prestigieux des Damis au nez platQu’évente avec respect quelque jaune Clorinde.Déjà, dans ta mâture où le mousse se guinde,Sifflent le vœu d’un ciel et l’adieu d’un climat ;Tu gémis, le foc s’enfle, et la mer qui te batTa proue au chef orné comme un glaive la scinde.Des jours s’écouleront, navire, et bien des joursDevant que sur ton ancre, en de tièdes séjours,Tu contemples l’orgueil des ports chargés de jonques.Et qui sait si bientôt, levé sur ton chemin,Quelque ouragan stupide, en soufflant dans ses conques,Ne mettra, par caprice, un terme à ton destin ?

Vaisseau chargé de fer, tu t’en vas vers cette Inde

Sous la Ligne assoupie en son superbe éclat,

Pays prestigieux des Damis au nez plat

Qu’évente avec respect quelque jaune Clorinde.

Déjà, dans ta mâture où le mousse se guinde,

Sifflent le vœu d’un ciel et l’adieu d’un climat ;

Tu gémis, le foc s’enfle, et la mer qui te bat

Ta proue au chef orné comme un glaive la scinde.

Des jours s’écouleront, navire, et bien des jours

Devant que sur ton ancre, en de tièdes séjours,

Tu contemples l’orgueil des ports chargés de jonques.

Et qui sait si bientôt, levé sur ton chemin,

Quelque ouragan stupide, en soufflant dans ses conques,

Ne mettra, par caprice, un terme à ton destin ?


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