Quand je vois la ville au loin s’éclairer,Je goûte bien mieux la saveur profondeDes jours que je coule isolé du monde,Sans regretter rien, ni rien espérer.Vous qui, chaque nuit, debout sur les tables,Ivres de champagne et lourds de chansons,Servez de guignol à vos échansons,Cessez de me plaindre, amis charitables !J’ai tari la coupe et n’ai rejetéCe cristal maudit que lorsque la fièvre,Altérant mon corps et brûlant ma lèvre,M’a fait désirer la pleine santé.Voici que mes pas foulent des prairies,Mes yeux reposés regardent des bœufs,J’ai pris en dégoût les palais pompeux,Ces humbles jardins sont mes Tuileries.Je mourrai, Cryon, loin des cœurs jaloux,Sans avoir revu ton charmant visage,Car la solitude est le lot du sageEt convient, mon cher, au trépas des loups !
Quand je vois la ville au loin s’éclairer,
Je goûte bien mieux la saveur profonde
Des jours que je coule isolé du monde,
Sans regretter rien, ni rien espérer.
Vous qui, chaque nuit, debout sur les tables,
Ivres de champagne et lourds de chansons,
Servez de guignol à vos échansons,
Cessez de me plaindre, amis charitables !
J’ai tari la coupe et n’ai rejeté
Ce cristal maudit que lorsque la fièvre,
Altérant mon corps et brûlant ma lèvre,
M’a fait désirer la pleine santé.
Voici que mes pas foulent des prairies,
Mes yeux reposés regardent des bœufs,
J’ai pris en dégoût les palais pompeux,
Ces humbles jardins sont mes Tuileries.
Je mourrai, Cryon, loin des cœurs jaloux,
Sans avoir revu ton charmant visage,
Car la solitude est le lot du sage
Et convient, mon cher, au trépas des loups !