Tu demandes, ô grand Odry,Quel est l’nouveau projet de l’oie?Je veux que tu sois attendriPar la réponse que j’t’env oieD’un’ péronnelle l’on se ritQuand elle barbotte et s’fourvoieTout en voulant faire d’ l’esprit...Voilà bien le projet de l’oie.Sur les plus heureux écrivains,Comm’ sur les plus petits homm’ de lettres,Ell’ prétend mett’ ses vilain’ mains,Si l’on voulait bien le permettre;En les accablant de ses dons,Il est naturel qu’elle croieChanger les auteurs..... en dindons...Voilà bien le projet de l’oie.Depuis l’palais jusqu’au grenier,On grimace, on tourn’ la prunelle,Tout, d’puis l’poëte jusqu’au chiffonnier,Est mis d’dans par la péronnelle;Elle aura rempli son objet,S’il faut qu’on se pende ou se noiePour échapper à son projet...Voilà bien le projet de l’oie.
Tu demandes, ô grand Odry,Quel est l’nouveau projet de l’oie?Je veux que tu sois attendriPar la réponse que j’t’env oieD’un’ péronnelle l’on se ritQuand elle barbotte et s’fourvoieTout en voulant faire d’ l’esprit...Voilà bien le projet de l’oie.Sur les plus heureux écrivains,Comm’ sur les plus petits homm’ de lettres,Ell’ prétend mett’ ses vilain’ mains,Si l’on voulait bien le permettre;En les accablant de ses dons,Il est naturel qu’elle croieChanger les auteurs..... en dindons...Voilà bien le projet de l’oie.Depuis l’palais jusqu’au grenier,On grimace, on tourn’ la prunelle,Tout, d’puis l’poëte jusqu’au chiffonnier,Est mis d’dans par la péronnelle;Elle aura rempli son objet,S’il faut qu’on se pende ou se noiePour échapper à son projet...Voilà bien le projet de l’oie.
Tu demandes, ô grand Odry,Quel est l’nouveau projet de l’oie?Je veux que tu sois attendriPar la réponse que j’t’env oieD’un’ péronnelle l’on se ritQuand elle barbotte et s’fourvoieTout en voulant faire d’ l’esprit...Voilà bien le projet de l’oie.
Sur les plus heureux écrivains,Comm’ sur les plus petits homm’ de lettres,Ell’ prétend mett’ ses vilain’ mains,Si l’on voulait bien le permettre;En les accablant de ses dons,Il est naturel qu’elle croieChanger les auteurs..... en dindons...Voilà bien le projet de l’oie.
Depuis l’palais jusqu’au grenier,On grimace, on tourn’ la prunelle,Tout, d’puis l’poëte jusqu’au chiffonnier,Est mis d’dans par la péronnelle;Elle aura rempli son objet,S’il faut qu’on se pende ou se noiePour échapper à son projet...Voilà bien le projet de l’oie.
ENVOI ET CONSEIL.Comm’ dit c’littérateur brillant,Le timbre est une barbarie;Ma vieill’, ce n’est pas en riantQue chacun ici-bas te l’crie;D’mande autre chos’ pour t’amuser,Car, entre deux siècl’, à cœur joie,Tu pourrais te faire écraser...Ça n’serait plus le projet d’l’oie...
ENVOI ET CONSEIL.Comm’ dit c’littérateur brillant,Le timbre est une barbarie;Ma vieill’, ce n’est pas en riantQue chacun ici-bas te l’crie;D’mande autre chos’ pour t’amuser,Car, entre deux siècl’, à cœur joie,Tu pourrais te faire écraser...Ça n’serait plus le projet d’l’oie...
ENVOI ET CONSEIL.
Comm’ dit c’littérateur brillant,Le timbre est une barbarie;Ma vieill’, ce n’est pas en riantQue chacun ici-bas te l’crie;D’mande autre chos’ pour t’amuser,Car, entre deux siècl’, à cœur joie,Tu pourrais te faire écraser...Ça n’serait plus le projet d’l’oie...
Mercredi, 10 janvier 1827.LA TERREUR PANIQUE,COMÉDIE EN TROIS ACTES.SCÈNE DIX-SEPTIÈME.L’IMPRIMEUR, LE JOURNALISTE.L’IMPRIMEUR.
Non, Monsieur, je n’entends pas..... Je ne veux plus.....
LE JOURNALISTE.
Il s’agit bien de ce que vous voulez et de ce que vous n’entendez pas.
L’IMPRIMEUR.
C’est de la politique, Monsieur, c’est de la politique, et toute pure..... La marquise de Chaves....., c’est clair...... M. de Bonald....., c’est clair......, trop clair.
LE JOURNALISTE.
Mais vous devenez plaisant.
L’IMPRIMEUR.
C’est possible, depuis la Bigarrure jusqu’à la Lancette je ne vois plus que politique, et je commence à trembler.
LE JOURNALISTE.
Vous êtes comme Pourceaugnac, vous ne voyez que des seringues.
L’IMPRIMEUR.
Encore de la politique!.... Vous voyez bien, Monsieur, que je ne puis rien faire de vous, et par conséquent pour vous. Votre titre est si décidé; votre titre seul vous compromet! J’aime mieux imprimer des catéchismes; si vous consentiez à modérer votre fougue... Mais non! vous n’êtes pas assez politique pour cela.
LE JOURNALISTE.
Eh bien! mon cher, c’est le mot; si je faisais le rampant, le flatteur, je serais politique..., vous en conviendriez?
L’IMPRIMEUR.
Eh! eh!
LE JOURNALISTE.
Je serais alors punissable.
L’IMPRIMEUR.
Certainement. (A part.) Ah! çà, mais qu’est-ce qu’il dit là?
LE JOURNALISTE.
Donc, en employant le vert et le sec, je ne suis point politique, entendez-vous?
L’IMPRIMEUR.
Très-bien. (A part.) Ce chien d’homme-là embrouille toutes mes idées!
LE JOURNALISTE.
Donc, je ne serais pas politique si je parlais politique?
L’IMPRIMEUR.
C’est fort, mais c’est juste.
LE JOURNALISTE.
Imprimez cela pour demain.
L’IMPRIMEUR.
Et si vous alliez me faire faire une sottise, une brioche, une boulette?
LE JOURNALISTE.
Allez, la Charte ne le défend à personne.
L’IMPRIMEUR.
La Charte, soit; mais que dit M. de P***?
LE JOURNALISTE.
Il use de la liberté que lui laisse la Charte.
COUPS DE LANCETTE.
On avait espéré qu’une pétition, adressée à M. de P... par les ouvriers auxquels il prépare une ruine certaine, produirait quelqueimpressionsur son esprit. Pas du tout, il a soutenu cetteépreuveaveccaractère, il a montré une grandeindifférence; bref, il a fait lepetit romain. Cependant, il vient debrocherquelques lignes d’unejustificationtellementincorrecte, qu’elle le feracaserparmi lesnon-valeurs.
** *
La Faculté de médecine a trouvé, dit-on, un nouveau moyen pour guérir le mal dupéroné.
Jeudi, 21 janvier 1827.LES TIMBRÉS,CHANSON NOUVELLE ENVOYÉE DE CHARENTON.Air:Sans timbre.
Je suis timbré!(bis)C’est aujourd’hui le cri de guerre;Chacun tremble à ce mot sacré;Déjà j’entends chaque libraireDire, en étouffant de colère:Je suis timbré!(bis)Je suis timbré!(bis)Dit ce poëte avec franchise:Mon Pégase à neuf est ferré;Si je rimais quelque sottise?Veuillez excuser ma bêtise...Je suis timbré!(bis)Je suis timbré!(bis)Malgré la cabale ennemie,Je vais passer pour un lettré;Bientôt j’entre à l’Académie...Recevez-moi, belle endormie...Je suis timbré!(bis)Je suis timbré!(bis)Dit ce coquin, que par sentenceUn fer brûlant a déchiré...De parvenir j’ai l’assurance,Car, pour plaire à son excellence,Je suis timbré!(bis)Qu’ils soient timbrés!(bis)Ce Voltaire et sa secte impiePar qui nous fûmes dénigrés;Honneur à l’escobarderie!Sous le sceau de la barbarie...Qu’ils soient timbrés!(bis)Ils sont timbrés!(bis)Bon P***, ceux qu’à table tu traites...Pour complaire à ces désœuvrés,Désormais les plats et les bêtesQui servent dans ces jours de fêtesSeront timbrés.(bis)Soyez timbrés!(bis)Vous tous journauxde la finance,Contre la presse conjurés;Vous aurez plus d’esprit, je pense,Quand les autres, par ordonnance,Seront timbrés.(bis)
Je suis timbré!(bis)C’est aujourd’hui le cri de guerre;Chacun tremble à ce mot sacré;Déjà j’entends chaque libraireDire, en étouffant de colère:Je suis timbré!(bis)Je suis timbré!(bis)Dit ce poëte avec franchise:Mon Pégase à neuf est ferré;Si je rimais quelque sottise?Veuillez excuser ma bêtise...Je suis timbré!(bis)Je suis timbré!(bis)Malgré la cabale ennemie,Je vais passer pour un lettré;Bientôt j’entre à l’Académie...Recevez-moi, belle endormie...Je suis timbré!(bis)Je suis timbré!(bis)Dit ce coquin, que par sentenceUn fer brûlant a déchiré...De parvenir j’ai l’assurance,Car, pour plaire à son excellence,Je suis timbré!(bis)Qu’ils soient timbrés!(bis)Ce Voltaire et sa secte impiePar qui nous fûmes dénigrés;Honneur à l’escobarderie!Sous le sceau de la barbarie...Qu’ils soient timbrés!(bis)Ils sont timbrés!(bis)Bon P***, ceux qu’à table tu traites...Pour complaire à ces désœuvrés,Désormais les plats et les bêtesQui servent dans ces jours de fêtesSeront timbrés.(bis)Soyez timbrés!(bis)Vous tous journauxde la finance,Contre la presse conjurés;Vous aurez plus d’esprit, je pense,Quand les autres, par ordonnance,Seront timbrés.(bis)
Je suis timbré!(bis)C’est aujourd’hui le cri de guerre;Chacun tremble à ce mot sacré;Déjà j’entends chaque libraireDire, en étouffant de colère:Je suis timbré!(bis)
Je suis timbré!(bis)Dit ce poëte avec franchise:Mon Pégase à neuf est ferré;Si je rimais quelque sottise?Veuillez excuser ma bêtise...Je suis timbré!(bis)
Je suis timbré!(bis)Malgré la cabale ennemie,Je vais passer pour un lettré;Bientôt j’entre à l’Académie...Recevez-moi, belle endormie...Je suis timbré!(bis)
Je suis timbré!(bis)Dit ce coquin, que par sentenceUn fer brûlant a déchiré...De parvenir j’ai l’assurance,Car, pour plaire à son excellence,Je suis timbré!(bis)Qu’ils soient timbrés!(bis)Ce Voltaire et sa secte impiePar qui nous fûmes dénigrés;Honneur à l’escobarderie!Sous le sceau de la barbarie...Qu’ils soient timbrés!(bis)
Ils sont timbrés!(bis)Bon P***, ceux qu’à table tu traites...Pour complaire à ces désœuvrés,Désormais les plats et les bêtesQui servent dans ces jours de fêtesSeront timbrés.(bis)
Soyez timbrés!(bis)Vous tous journauxde la finance,Contre la presse conjurés;Vous aurez plus d’esprit, je pense,Quand les autres, par ordonnance,Seront timbrés.(bis)
COUPS DE LANCETTE.
L’article duMoniteursur la loi dejusticeet d’amourrappelle ces vers de M. Victor Hugo:
Que n’ai-je aussi des baisers qui dévorent,Des caresses qui font mourir!
Que n’ai-je aussi des baisers qui dévorent,Des caresses qui font mourir!
Que n’ai-je aussi des baisers qui dévorent,Des caresses qui font mourir!
** *
On disait à M. Pi....
—Cela passera difficilement.
—Je digère tout, répondit-il, en tapant sur son ventre.
** *
Péronéest un mot grec qui signifie: une agrafe, une chaîne.
** *
M. Villemain a calculé que, si la loi passait, chacune de ses pensées lui coûterait 2,000 fr. de timbre.
** *
M. le baron Dud***, voyant un Anglais qui dans un moment de colère frappait un nègre de sa cravache:
—Allons, dit-il, c’est bien, on trouve encore quelques saines doctrines.
Dimanche, 14 janvier 1827.LA LOI D’AMOURAir:C’est l’amour, l’amour.
C’est l’amour, l’amour, l’amour,Qu’un TartareOmar nous déclare.Pour nous, le timbre en ce jour,C’est un cachet d’amour.J’entends mille bouches uniesRépéter ce joyeux refrain,La gaîté, la chanson bannies,Rentrent sous un ciel plus serein.Ivresse populaire,Rare et touchant accord!Quel pouvoir tutélaireCause un si doux transport?C’est l’amour, l’amour, l’amour, etc.Imprimeurs, commencez vos fêtes,Du repos goûtez les plaisirs,De pavots couronnez vos têtes,Un dieu nous a fait ces loisirs.Un dieu, de nos penséesEteignant le soleil,Sur vos presses briséesVous invite au sommeil...C’est l’amour, l’amour, l’amour, etc.Dormez, innombrables familles;Le sommeil échappe à la faim.Pères, laissez dormir vos filles,Au réveil il faudra du pain!L’Espagne apostolique,A vos frais, mangeraLa soupe économique.Mais qui vous nourrira?...C’est l’amour, l’amour, l’amour, etc.Chantez, brocheurs, pressiers, copistes,Femmes qu’on réduit à zéro,Auteurs, libraires, journalistes;Gloire àThymbræus Apollo!De son pouvoir magique,O triomphe éclatant!Avec nous la BelgiqueFait chorus en chantant:C’est l’amour, l’amour, l’amour,Qu’un TartareOmar nous déclare.Pour nous, le timbre en ce jour,C’est un cachet d’amour.
C’est l’amour, l’amour, l’amour,Qu’un TartareOmar nous déclare.Pour nous, le timbre en ce jour,C’est un cachet d’amour.J’entends mille bouches uniesRépéter ce joyeux refrain,La gaîté, la chanson bannies,Rentrent sous un ciel plus serein.Ivresse populaire,Rare et touchant accord!Quel pouvoir tutélaireCause un si doux transport?C’est l’amour, l’amour, l’amour, etc.Imprimeurs, commencez vos fêtes,Du repos goûtez les plaisirs,De pavots couronnez vos têtes,Un dieu nous a fait ces loisirs.Un dieu, de nos penséesEteignant le soleil,Sur vos presses briséesVous invite au sommeil...C’est l’amour, l’amour, l’amour, etc.Dormez, innombrables familles;Le sommeil échappe à la faim.Pères, laissez dormir vos filles,Au réveil il faudra du pain!L’Espagne apostolique,A vos frais, mangeraLa soupe économique.Mais qui vous nourrira?...C’est l’amour, l’amour, l’amour, etc.Chantez, brocheurs, pressiers, copistes,Femmes qu’on réduit à zéro,Auteurs, libraires, journalistes;Gloire àThymbræus Apollo!De son pouvoir magique,O triomphe éclatant!Avec nous la BelgiqueFait chorus en chantant:C’est l’amour, l’amour, l’amour,Qu’un TartareOmar nous déclare.Pour nous, le timbre en ce jour,C’est un cachet d’amour.
C’est l’amour, l’amour, l’amour,Qu’un TartareOmar nous déclare.Pour nous, le timbre en ce jour,C’est un cachet d’amour.
J’entends mille bouches uniesRépéter ce joyeux refrain,La gaîté, la chanson bannies,Rentrent sous un ciel plus serein.Ivresse populaire,Rare et touchant accord!Quel pouvoir tutélaireCause un si doux transport?C’est l’amour, l’amour, l’amour, etc.
Imprimeurs, commencez vos fêtes,Du repos goûtez les plaisirs,De pavots couronnez vos têtes,Un dieu nous a fait ces loisirs.Un dieu, de nos penséesEteignant le soleil,Sur vos presses briséesVous invite au sommeil...C’est l’amour, l’amour, l’amour, etc.
Dormez, innombrables familles;Le sommeil échappe à la faim.Pères, laissez dormir vos filles,Au réveil il faudra du pain!L’Espagne apostolique,A vos frais, mangeraLa soupe économique.Mais qui vous nourrira?...C’est l’amour, l’amour, l’amour, etc.
Chantez, brocheurs, pressiers, copistes,Femmes qu’on réduit à zéro,Auteurs, libraires, journalistes;Gloire àThymbræus Apollo!De son pouvoir magique,O triomphe éclatant!Avec nous la BelgiqueFait chorus en chantant:
C’est l’amour, l’amour, l’amour,Qu’un TartareOmar nous déclare.Pour nous, le timbre en ce jour,C’est un cachet d’amour.
Lundi, 15 janvier 1827.
FIGARO.
Proprement vêtu, c’est-à-dire le diamant à la cravate, la répétition-Bréguet pendue en sautoir, descend d’un fort joli cabriolet avec l’air d’un capitaliste; puis, prenant une physionomie de circonstance, il monte sur une estrade et salue le public avec une orgueilleuse civilité.
Messieurs (avec sentiment), Mesdames, il y a un an aujourd’hui que fort de ma conscience, de mon zèle...
BASILE(criant de dessous l’estrade).
De nos talents!
FIGARO(à part et donnant un coup de pied à Basile).
Brutal! je t’apprendrai à me casser l’encensoir sous le nez.
BRIDOISON(se montrant à son tour).
Mon cher, po...int... de fau.... au...sse... mo...o...o...destie; tous nos confrè...res se di...i...sent leurs vé...vé...rités sans scru...pu...u...u...pule.
FIGARO(bas à Bridoison).
Au nom du ciel, seigneur Bridoison, taisez-vous; vous allez me donner un ridicule. N’imitons pas, croyez-moi, ces comiques aristarques qui, s’essoufflant pour enfler avec peine les plus modestes pipeaux, croient bonnement emboucher l’héroïque trompette. Eh! mon Dieu, personne aujourd’hui n’est dupe du plus misérable charlatanisme. Les croque-morts de la littérature ont beau répéterque la suspensionde leur feuille est un sacrifice fait à la liberté; que, pour se rendre plus dignes de la faveur toujours croissante du public, elles paraîtront moins souvent et à des prix plus élevés; que, pour contenter les bilieux, les mélancoliques et les sanguins, trois ou quatre têtes se réuniront sous un même bonnet, etc., etc., et autres parades semblables; les moins habiles savent à quoi s’en tenir; les journaux ne sont pas comme les ventrus: ils ne meurent jamais d’excès de santé. (S’adressant au public:) Messieurs, je vous en supplie, ayez la complaisance de faire semblant de n’avoir rien entendu. J’avais donc l’honneur de vous dire, quand Basile m’a interrompu, qu’il y a un an aujourd’hui que j’ai consacré ma plume, ma lancette, un peu d’esprit, suffisamment de malice, assez de gaîté, beaucoup de franchise à vos menus plaisirs. (Basile bâille avec bruit.)
GRIPPE-SOLEIL, ANTONIO, L’ÉVEILLÉ, MARCELINE, SUZANNE.
A bas la cabale!
FIGARO(avec emphase).
Le Nil a vu sur ses rivages, etc., etc.
BRIDOISON.
Vraiment il parle bien.
BASILE(criant).
A bas la cabale!...
FIGARO(continuant).
Messieurs, je ne vous ferai pas de belles promesses; je ne vous dirai point que ma feuille est la seule... que ma feuille manquait dans la littérature... qu’elle est rédigée par des hommes du plus grand mérite, etc. Je vous répéterai ceque j’ai dit; il y a quelques années, à Mgr le comte Almaviva:Mon intérêt vous répond de moi. Pesez tant dans cette balance...
BASILE.
Je n’y tiens plus... Messieurs, ce n’est pas cela...Bone Deus! où en est l’éloquence!... Messieurs, la société, semblable à un serpent monstrueux qui, après avoir sucé le suc vénéneux des plantes de la philosophie, se recourbe en replis sur elle-même, toute prête à s’inoculer la rage des idées libérales.......
(Des sifflets se font entendre.)
Qu’entends-je?
BRIDOISON.
C’est vo...otre serpent qui fai...sait des si...si...iennes.
FIGARO(s’avançant vers le public).
Messieurs, je n’ai jamais été fier ni orgueilleux; aussi ma bonne mère Marceline m’a-t-elle dit souvent: Tu feras ton chemin, mon garçon. Je me suis bien décidé à ne pas la faire mentir, et c’est pour cela, Messieurs, que je viens resserrer les liens qui attachent le journaliste reconnaissant au public généreux et connaisseur. Non-seulement, Messieurs, il sera dorénavant loisible de vous abonner à ma feuille pour une année, pour six mois, pour trois mois, pour un mois même, mais vous pourrez encore le faire (c’est particulièrement à vous que je m’adresse, estimables étrangers, studieux élèves, capricieuses petites-maîtresses, rentiers économes, capitalistes prudents), vous pouvez encore le faire, dis-je, pour une, deux et trois semaines; oui, Messieurs, pour une semaine! et aux conditions qui sont exposées sur la première page de ma feuille.
BASILE.
La belle chute!
COUPS DE LANCETTE.
A l’instar des galériens condamnés à perpétuité, les journalistes seront marqués des lettres T. P: ce qui signifiera timbre perpétuel... ou autre encore.
** *
Quelqu’un disait hier, en parlant de trois journaux fondus:—Ils forment une épée dont la garde est à Paris, rue de.... et la pointe, nulle part.
** *
LeMoniteurfait de l’esprit; ô scandale!...
** *
M. de Jouy arrange Moïse; qui arrangera M. de Jouy?
** *
On prétend que l’acteur Peronnet, de l’Odéon, vient de présenter une supplique à l’effet d’obtenir un changement de nom.
ÉPITAPHE.
Ci-gît un gros pilote, ignorant nautonier,Qui, portant sur son bord Esculape et sa suite,Sans carte et sans boussole, osa, tout le premier,Du pays de l’Absurde aborder la limite.Chez les ventrus jadis il fut bien accueilli;Sur la mer du Pathos il fit plus d’un voyage;Maintenant, sans argent et léger de bagage,Il vogue incognito sur le fleuve d’Oubli.
Ci-gît un gros pilote, ignorant nautonier,Qui, portant sur son bord Esculape et sa suite,Sans carte et sans boussole, osa, tout le premier,Du pays de l’Absurde aborder la limite.Chez les ventrus jadis il fut bien accueilli;Sur la mer du Pathos il fit plus d’un voyage;Maintenant, sans argent et léger de bagage,Il vogue incognito sur le fleuve d’Oubli.
Ci-gît un gros pilote, ignorant nautonier,Qui, portant sur son bord Esculape et sa suite,Sans carte et sans boussole, osa, tout le premier,Du pays de l’Absurde aborder la limite.Chez les ventrus jadis il fut bien accueilli;Sur la mer du Pathos il fit plus d’un voyage;Maintenant, sans argent et léger de bagage,Il vogue incognito sur le fleuve d’Oubli.
COUPS DE LANCETTE.
Panem et circenses.Des truffes et des cordons.
** *
—Quoi de nouveau, ce matin?
—Rien, qu’un opuscule dédié à huit richards, par M. de T..., ayant pour titre:De l’indifférence en matière de soufflet, avec cette épigraphe:
L’habitude fait tout.
L’habitude fait tout.
L’habitude fait tout.
Tous ces messieurs ont souscrit.
ÉPITAPHE.
Ci-gît monsieur de Montlosier,Qui mourut comme un écolier,Pour avoir pris de l’eau béniteSur le doigt d’un jésuite.
Ci-gît monsieur de Montlosier,Qui mourut comme un écolier,Pour avoir pris de l’eau béniteSur le doigt d’un jésuite.
Ci-gît monsieur de Montlosier,Qui mourut comme un écolier,Pour avoir pris de l’eau béniteSur le doigt d’un jésuite.
FICHES DE CONSOLATION.
N’être condamné qu’à dix ans de galères quand on a tout fait pour la perpétuité.
Perdre l’équilibre dans un escalier fort raide, se résigner à dégringoler six étages sur les reins et s’arrêter à l’entre-sol.
Voir un homme s’élancer sur vous, s’imaginer qu’il a un poignard dans la main, et ne recevoir qu’un soufflet.
Commander son deuil pour un oncle affligé de trois maladies et quatre médecins; total: sept. Apprendre sa résurrectionmiraculeuse, mais trouver l’emploi du costume, grâce à une apoplexie foudroyante qui vous enlève votre chère moitié.
Pour un gastronome convié à un énorme bifteck, s’apercevoir qu’on a perdu en précautions apéritives le temps que les amphitryons ont employé à jouer des mâchoires; mais arriver juste pour le thé avec lequel on vous sert la tartine de consolation.
Etre destitué deux mois avant les 30 ans de service qui vous donnent droit à la pension, vous croire frustré de toute espérance, et recevoir, un an après de S. Exc., une lettre fort honorable, avec une légère gratification.
Aux Français, s’attendant à voir paraître Monrose dans l’Olive, duGrondeur, apprendre qu’il est indisposé subitement, craindre que Faure le remplace, et voir paraître Armand Dailly.
Tenir d’un rapporteur officieux qu’un homme s’est glissé dans votre maison, trembler pour l’honneur conjugal, et le trouver couché avec votre fille.
D’après les chiffres d’une fausse liste de la loterie, penser qu’on n’avait pas eu un seul numéro sorti sur un terne sec, et trouver qu’il vous est sorti un ambe.
Voir le feu à votre bibliothèque, craindre que tout ne soit consumé, et sauver de l’incendie.... les œuvres de M. de Bonald.
Etre instruit de la banqueroute de votre agent de change, menacé de ne recevoir que cinq du cent, et en retirer sept et demi.
Acquérir la certitude que ce n’est pas votre meilleur ami qu’on a vu avec votre femme dans une loge grillée.
Napoléon, à Sainte-Hélène, disait en parlant des Bourbons: «Ils devaient, à leur rentrée en France, coucher dans mon lit, sans même en faire changer les draps.» C’eût été de bonne politique, en effet; ni Louis XVIII, ni Charles X ne le comprirent. Tout changer fut, au contraire, leur rêve et leur espoir. Ils croyaient pouvoir ramener la France aux beaux jours de Louis XIV, et la faire d’un seul coup, par un acte de volonté souveraine, rétrograder d’un siècle.
Sous les moindres actes de la Restauration, perce sa haine contre les hommes et les institutions de la Révolution et de l’Empire; aussi, était-ce faire sa cour et prendre le bon moyen pour arriver que d’attaquer le passé. Les petits ambitieux ne s’en firent pas faute et, la passion s’en mêlant, les efforts de la contre-révolution atteignirent les dernières limites de l’odieux et du grotesque.
L’un propose, sérieusement, d’en revenir pour les préfets, les maires, pour tous les fonctionnaires, en un mot, aux appellations en vigueur au temps de Henri IV; l’autre propose, non moins sérieusement, de supprimer la guillotine,instrument révolutionnaire et anarchique, et d’en revenir, pour le dernier supplice, au gibet, infiniment plus monarchique et, à ce titre, cher à tous les hommes religieux et dévoués à la cause royale.
Tout ceci n’est que ridicule; mais comment qualifier les persécutions de tous les jours? A la vérité, le temps des cours prévôtales était passé, on ne versait plus de sang, mais toute une génération était sacrifiée. Aux uns, on enlevait les dignités acquises; aux autres, les moyens d’existence; à tous, on fermait toutes les carrières. Les plus maltraités furent les anciens soldats deNapoléon, sans distinction de grade. On voulait épurer l’armée. Aussi, les officiers en demi-solde, qu’on retrouve mêlés à tous les complots, à toutes les conspirations, ont-ils puissamment contribué à la révolution de 1830.
COUPS DE LANCETTE.
A chaque titre que M. d’Ap... enlève à nos maréchaux, il s’écrie en s’essuyant le front:—Encore une victoire de gagnée!...
** *
M. d’Appony ne veut plus que l’on dise: Un poulet à la Marengo.
PARODIE
Etre des libertés l’effroi, la tyrannie,Proscrire les talents, étouffer le génie,Suspendre les travaux du libraire incertainAux sinistres accents de ta voix menaçante,Voir succomber enfin la presse chancelante,Quel rêve!... et quel plus beau destin.
Etre des libertés l’effroi, la tyrannie,Proscrire les talents, étouffer le génie,Suspendre les travaux du libraire incertainAux sinistres accents de ta voix menaçante,Voir succomber enfin la presse chancelante,Quel rêve!... et quel plus beau destin.
Etre des libertés l’effroi, la tyrannie,Proscrire les talents, étouffer le génie,Suspendre les travaux du libraire incertainAux sinistres accents de ta voix menaçante,Voir succomber enfin la presse chancelante,Quel rêve!... et quel plus beau destin.
ÉPITAPHE.
Ci-gît un journaliste, écrivain sans talents,Qui ne dut son nom qu’a l’intrigue;Qui, de peur des mouchards, cria selon les temps:Vive le roi! vive la ligue!Comme folliculaire il ne fit rien de bon.Il gagna, pour mentir, un modique salaire;Auteur de mélodrame, il fit très-maigre chère,Et vécut vingt-cinq ans sur unPied de mouton.
Ci-gît un journaliste, écrivain sans talents,Qui ne dut son nom qu’a l’intrigue;Qui, de peur des mouchards, cria selon les temps:Vive le roi! vive la ligue!Comme folliculaire il ne fit rien de bon.Il gagna, pour mentir, un modique salaire;Auteur de mélodrame, il fit très-maigre chère,Et vécut vingt-cinq ans sur unPied de mouton.
Ci-gît un journaliste, écrivain sans talents,Qui ne dut son nom qu’a l’intrigue;Qui, de peur des mouchards, cria selon les temps:Vive le roi! vive la ligue!Comme folliculaire il ne fit rien de bon.Il gagna, pour mentir, un modique salaire;Auteur de mélodrame, il fit très-maigre chère,Et vécut vingt-cinq ans sur unPied de mouton.
A UN AMI.
Je t’aimais, comme on aime un ami du jeune âge,Je t’estimais..., mais sur l’honneurJe ne puis te voir davantage,Tu reçoisle Médiateur.
Je t’aimais, comme on aime un ami du jeune âge,Je t’estimais..., mais sur l’honneurJe ne puis te voir davantage,Tu reçoisle Médiateur.
Je t’aimais, comme on aime un ami du jeune âge,Je t’estimais..., mais sur l’honneurJe ne puis te voir davantage,Tu reçoisle Médiateur.
Lundi, 15 février 1827.
LE QUI
Qui, sur les bords de la Gironde,Où le sort plaça son berceau,De son insipide facondeEnnuya jadis le barreau?Qui, pour le malheur de la France,Couvert de maintes dignités,Garde, dit-on, son éloquence,Pour endormir les députés?Qui, dans une autre Alexandrie,Rallumant la torche d’Omar,Voudrait, d’un plus vaste incendie,Charmer les enfants d’Escobar?Ce n’est pas moi,Ce n’est pas toi,Ce n’est pas vous,Ce n’est pas nous.
Qui, sur les bords de la Gironde,Où le sort plaça son berceau,De son insipide facondeEnnuya jadis le barreau?Qui, pour le malheur de la France,Couvert de maintes dignités,Garde, dit-on, son éloquence,Pour endormir les députés?Qui, dans une autre Alexandrie,Rallumant la torche d’Omar,Voudrait, d’un plus vaste incendie,Charmer les enfants d’Escobar?Ce n’est pas moi,Ce n’est pas toi,Ce n’est pas vous,Ce n’est pas nous.
Qui, sur les bords de la Gironde,Où le sort plaça son berceau,De son insipide facondeEnnuya jadis le barreau?
Qui, pour le malheur de la France,Couvert de maintes dignités,Garde, dit-on, son éloquence,Pour endormir les députés?
Qui, dans une autre Alexandrie,Rallumant la torche d’Omar,Voudrait, d’un plus vaste incendie,Charmer les enfants d’Escobar?
Ce n’est pas moi,Ce n’est pas toi,Ce n’est pas vous,Ce n’est pas nous.
Mais si ce n’est ni moi, ni toi, ni vous, ni nous, c’est donc unconte?
MUSÉE GROTESQUELIVRET D’EXPLICATION.
Nº 1.—M. P..., toisant d’un air chagrin la bouche de Gargantua.
Nº 787.—Lord Cochrane descendant de sa tortue à un relais, pendant qu’on lui selle une écrevisse.
Nº 375.—Les trois cents Spartiates de la rue de Rivoli défendant l’entrée de la cuisine de Grignon.
Nº 542.—Une caravane, rencontrée par des Arabes dans les déserts du Vaudeville.
Nº 224.—La déclaration d’amour du monstre à la fiancée de Zametti qui cherche à s’échapper en criant au secours.
Nº 545.—Diogène sortant de sa société des Bonnes-Lettres avec sa lanterne allumée, et examinant avec dédain la figure de tous ceux qui se pressent à la porte.
Nº 621.—M. Ancelot démontrant la possibilité du miracle de saint Pierre en marchant sur la Seine, qui se gèle à mesure qu’il avance.
Nº 172.—M. de Cuir-Bouilly se hissant sur la pointe du pied pour atteindre la stature de M. de Nonante-Cinq.
Nº 2.—Cadmus semant les dents des Spartiates modernes et ne recueillant que des mâchoires.
Nº 501.—Madame de G..., accroupie sur les degrés de Saint-Roch, et mangeant des pommes de terre frites sur le coin de son cachemire.
Nº 444.—M. le baron d’Eck... taillant son drapeau pour s’en faire une chemise.
Nº 425.—MM. El... et de T... faisant décider par un arbitre à qui des deux une calotte sied le mieux.
Nº 671.—Trait d’égoïsme. LePiloterefusant un picotin à un de ses collègues destitué.
Nº 52.—Voltaire attaquant M. de Jouy en contrefaçon devant la police correctionnelle.
Nº 272.—M. d’App... se servant de maréchaux de France en guise de muscades et les escamotant, tandis qu’un paillasse, coiffé à la financière, lui sert de compère en soufflant sur des gobelets.
Nº 5348.—Le beau grenadier traçant des petits amours sur les panneaux de M. Fenaigle, pour suivre un cours de Mnémosine.
Nº 1001.—Le maire de Perpignan faisant exécuter en effigie le carnaval sur la place de l’Hôtel-de-Ville.
COUPS DE LANCETTE.
L’auteur duPied de mouton, ex-rédacteur duDrapeau blanc, va, dit-on, s’occuper d’un nouvel ouvrage, intitulé: lePied de nez.
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Thémis a maintenant pour attributs un bâillon et un timbre.
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Découverte.L’imprimerie était une des sept plaies de l’Egypte.
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Bravo: fleur de rhétorique.—Murmure: réfutation.—Clôture: argument sans réplique.
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La liberté est trop lourde, a dit M. de Cur... Il se rappelle peut-être le temps où il traînait le char de la déesse.
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A chaque bêtise qu’il entend dire, M. de Saint-Ch... ôte son chapeau.
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On parle beaucoup du ventre de M. de V..., mais on ne dit rien de ses entrailles.
M. Dudon, auquel s’adresse l’épigramme qui suit, avait cet avantage d’être une des «bêtes noires» deFigaro. Et véritablement, pour les coups de lancette, jamais homme ne présenta une plus large surface.
M. Dudon était un de ces hommes trop compromis pour pouvoir l’être davantage, comme tous les partis en traînent à la remorque; hommes de tous les dévoûments dangereux et bien payés, compères de tous les tours de passe-passe politiques. Serviteur à tout faire du ministère, on le mettait en avant dans toutes les questions scabreuses. Réussissait-on, tant mieux; échouait-on, on le désavouait.
A la tribune il recevait sans sourciller toutes les bordées d’injures de tous les partis; il eut presque autant à souffrir de l’extrême droite que de l’extrême gauche. Manuel l’appelait «un homme dangereux et compromettant pour son propre parti.» Le général Foy disait, en parlant de M. Dudon: «Il est des hommes dont la position est si malheureuse et si embarrassante,qu’ils ne peuvent monter à la tribune que pour débiter des calomnies.»
Figarorevient à chaque instant sur les malversations dont M. Dudon était accusé, malversations qu’il appelle d’un nom beaucoup plus vif. Le petit journal n’était pas le seul à rappeler les accidents de la vie publique de l’homme-écran du ministre. M. Dupont (de l’Eure) lui criait en pleine chambre: «Liquidez vos comptes et ne calomniez pas d’honnêtes gens;» en pleine chambre encore, on lui jetait au visage cette rude apostrophe: «Je le déclare ici, je défie ouvertement M. Dudon de citer une seule transactionvéreuse(et certes, il en connaît beaucoup) à laquelle j’aie pris part. Je ne suis pas de ces hommes justement méprisés qui ont indignement abusé de leurs fonctions pour s’enrichir par des rapines et desliquidationsscandaleuses, qui ont forcé les ministres du roi à les chasser de leur administration, et à proclamer leur infamie.»
Pour tout dire, «M. Dudon avait été, sous l’Empire, enfermé à Vincennes pour avoir déserté son poste, abandonné l’armée d’Espagne et répandu la terreur dont il était saisi sur toute la route qu’il avait parcourue.» A la chute de l’Empire, il fut tiré de prison par M. de Talleyrand et chargé d’enlever à Orléans le trésor particulier de l’Empereur. Il réussit; il est vrai que l’histoire a qualifié de vol cette spoliation. Plus tard, il fut destitué par M. de Richelieu de la présidence de la commission de liquidation des créances étrangères.
C’est à ces deux aventures surtout qu’à tout moment il est fait allusion.
ÉPIGRAMME.
Lui, se vendre; et quel prix voulez-vous qu’on l’achèteSans craindre d’avoir fait la plus mauvaise emplette?—Alors, il s’est donné.—Donné pour rien, pardon;Mais qui même à ce prix pourrait vouloir du don?
Lui, se vendre; et quel prix voulez-vous qu’on l’achèteSans craindre d’avoir fait la plus mauvaise emplette?—Alors, il s’est donné.—Donné pour rien, pardon;Mais qui même à ce prix pourrait vouloir du don?
Lui, se vendre; et quel prix voulez-vous qu’on l’achèteSans craindre d’avoir fait la plus mauvaise emplette?—Alors, il s’est donné.—Donné pour rien, pardon;Mais qui même à ce prix pourrait vouloir du don?
Mercredi, 21 février 1827.NOUVEAU DIALOGUE DES MORTS
L’EXCELLENCE.
Quel bruit désagréable arrive à mon oreille! Dieu me pardonne! l’enfer aurait-il aussi des imprimeries? Oui, ce sont les gémissements d’une presse...
GUTTENBERG.
La belle invention! En vérité, j’ai mérité la reconnaissance des hommes...
L’EXCELLENCE.
Quelle sottise dites-vous là, Monsieur l’imprimeur?
GUTTENBERG.
Voilà une ombre qui arrive tout au moins en droite ligne du royaume des Topinambours.
L’EXCELLENCE.
Monsieur au bonnet de papier, voudriez-vous, s’il vous plaît, m’apprendre quel privilége vous avez pour vous servir de cet instrument diabolique?
GUTTENBERG.
Je vois que Monsieur n’est ici que d’hier. Nous autres trépassés, tout morts que nous sommes, nous aimons à faire encore ce que chacun de nous faisait sur la terre; j’use amplement de la permission, et j’imprime.
L’EXCELLENCE.
Un article duMoniteur? une note secrète?
GUTTENBERG.
Fi donc! Voltaire, Fénelon, Rousseau, Bossuet.
L’EXCELLENCE.
Tous ces auteurs-là sont à l’index, et je me verrai forcé de sévir contre vous. Rappelez-vous le texte de la loi: défense d’imprimer...
GUTTENBERG.
On devrait, au contraire, me délivrer un brevet d’invention.
L’EXCELLENCE.
Comment! vous seriez le mauvais génie qui a perdu, par l’excès des lumières, les hommes que vous vouliez éclairer par laphilosophie?...
GUTTENBERG.
C’est un caractère de nouvelle date, je n’employais que lecicéro...
L’EXCELLENCE.
Un bavard qui s’escrimait contre les ministres dans la chambre des députés desRomains.
GUTTENBERG.
J’ai toujours affectionné l’italique.
L’EXCELLENCE.
Vous osez parler de l’usurpateur devant une Excellence! Vous êtes, je le vois, un imprimeur enragé, un républicain, un petit Romain...
GUTTENBERG.
Je fais beaucoup de cas de ce caractère... Mais, en vérité, je ne comprends rien à tout ce que vous dites. Qu’étiez-vous donc sur la terre?
L’EXCELLENCE.
Je faisais des lois.
GUTTENBERG.
Si vous le voulez, j’imprimerai vos ouvrages?
L’EXCELLENCE.
Insolent! vous me plaisantez, je crois; sachez que ce matin encore j’étais ministre...
GUTTENBERG.
Et ce soir vous voilà mort, par suite sans doute d’un jugement, d’un arrêt...
L’EXCELLENCE.
Non pas, nous ne mourons plus ainsi. Figurez-vous que j’avais aboli l’imprimerie, et, pour le plus grand bonheur de mes concitoyens, j’avais ruiné quelque cent mille familles...
GUTTENBERG.
Cent mille familles! Je devine la fin de l’anecdote, il n’a fallu qu’un désespoir...
L’EXCELLENCE.
Au contraire, j’aurais vécu longtemps encore si, à force de timbrer les autres...
GUTTENBERG.
Je comprends; mais, M. l’ex-Vandale, ma presse est, Dieu merci, à l’abri de vos arrêts. J’aperçois Astaroth qui vient vous lire votre sentence; écoutez.
ASTAROTH,lisant.
«La susdite ombre est condamnée à être apprenti imprimeur sous les ordres de Guttenberg...»
L’EXCELLENCE.
Apprenti vous-même.
ASTAROTH.
«Pendant deux mille ans.» A l’ouvrage, petit.
L’EXCELLENCE.
Si je reviens jamais de ce bas monde, je ferai pendre tous les imprimeurs.
GUTTENBERG.
On vous formera, mon enfant.
COUPS DE LANCETTE.
On a vu M. de Sal... qui s’amusait à graver ces mots sur une pièce de quarante-huit:Remède contre l’imprimerie.
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M. Ouvrard a obtenu la permission de sortir de Sainte-Pélagie pour trois jours. Deux gendarmes et un huissier l’escorteront partout. C’est la liberté que M. de P..... promet aux imprimeurs.
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On dit que depuis hier M. le comte de P..... se sent le timbre fêlé.
M. de Saint-Chamans, queFigaroappelle tantôt monsieur de C’est-charmant ou monsieur Tant-mieux, avait été un des plus chauds partisans, un des défenseurs les plus opiniâtres du projet de loi sur la presse. Ce surnom de Tant-mieux lui venait d’une phrase malencontreuse prononcée à la tribune: «Le projet de loi,» s’était-il écrié, «empêchera, dit-on, tout à la fois les bons et les mauvais livres, les bonnes et les mauvaises maximes; tant mieux.» (Explosion de murmures.) «Oui, Messieurs,» répète M. de Saint-Chamans avec plus de force, «tant mieux! tant mieux! tant mieux! Tous ceux quicroient, en politique comme en religion, doiventcroiresur la parole seule de l’autorité légitime.»
Franchement une telle profession de foi valait bien quelques épigrammes.
M. de Sallaberry, dont il est question quelques lignes plus haut, était aussi fort partisan de la loi. C’est lui qui avait comparé l’imprimerie aumanioc, d’où le surnom de M. Manioc que lui donnèrent les petits journaux de l’époque. C’est lui encore qui, dans le même discours, s’écriait avec véhémence: «Redoutons, Messieurs, le fléau de l’imprimerie, seule plaie dont Moïse oublia de frapper l’Egypte.» (Interruptions et éclats de rire.)
ÉPITAPHE.