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071. Saint-Pair-sur-Mer. Détail du pilier nord de la tour. S'appuyant sur un dosseret, un pilastre cantonné de deux colonnes engagées est surmonté d'une imposte moulurée en forme de bandeau chanfreiné. L'imposte forme aussi le tailloir des chapiteaux. La corbeille des chapiteaux est sculptée de crochets d'angle taillés dans le granit. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-037]
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072. Saint-Pair-sur-Mer. Chapiteau roman sculpté. Sous la tour, l'un des chapiteaux du pilier nord-ouest présente une corbeille sculptée, fruste et en bas relief, taillée dans le granit. Un buste d'homme est présent à l'angle, avec une grosse tête. Son bras droit est levé alors que son bras gauche est replié sur sa poitrine. Une branche de chêne est visible sur la droite. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-038]
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073. Saint-Pair-sur-Mer. Chapiteau roman sculpté. Sous la tour, un autre chapiteau de granit est sculpté d'un crochet d'angle en faible relief. Les corbeilles des chapiteaux des piliers nord-ouest, nord-est et sud-est sont toutes ornées de crochets d'angle de ce type. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-039]
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074. Saint-Pair-sur-Mer. Le sarcophage de Saint Pair. Un autel en pierre datant du dix-neuvième siècle recouvre le sarcophage en calcaire coquiller de Saint Pair. Saint Pair (482-565) fonda avec Saint Scubilion un oratoire dont les fondations sont présentes sous le chœur de l'église actuelle. Il donna aussi son nom au village connu auparavant sous le vocable romain de Scessiacus (Scissy). Les sarcophages de Saint Pair et Saint Scubilion furent retrouvés en 1875, à l'occasion de fouilles faites par l'abbé F. Baudry. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-040]
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075. Saint-Pair-sur-Mer. Le plan de l'oratoire dessiné par l'abbé F. Baudry. En septembre 1875, des fouilles menées par l'abbé F. Baudry dans le chœur de l'église permirent de retrouver une partie des fondations de l'oratoire du sixième siècle ainsi que plusieurs sarcophages. On retrouva les sarcophages en calcaire coquiller de Saint Pair et de Saint Scubilion et, situés à proximité, ceux de Saint Sénier et Saint Aroaste. Le sarcophage de Saint Gaud avait été retrouvé en 1131 en creusant les fondations de la tour romane. Ce plan est inclus dans le livre du chanoine Pigeon intitulé Vie des saints du diocèse de Coutances et d'Avranches, et publié à Avranches en 1888.
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076. Saint-Pair-sur-Mer. Les fondations de l'oratoire. Dans la seconde travée du chœur actuel, la double ligne de dallages noirs encadrant une rangée de dallages clairs recouvre de manière très précise les fondations de l'ancien oratoire. Ces fondations forment une abside semi-circulaire prolongée par des murs latéraux se perdant ensuite dans la construction romane. Fortunat (530-600), évêque de Poitiers, affirme dans sa Vie de Saint Pair que les cellules des premiers moines furent bâties au bord de la mer. Les moines vinrent ensuite s'établir sur les bords de la rivière de la Saigue, à l'emplacement de l'église actuelle, en attirant dans leur voisinage une population qui se fixa autour de l'oratoire. Au premier plan, une pierre tombale blanche indique l'endroit où était enterré le sarcophage de Saint Pair. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-042]
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077. Saint-Pair-sur-Mer. La châsse de Saint Gaud, sise sur l'autel recouvrant son sarcophage en calcaire coquiller. Saint Gaud (400-491) dispose de sa propre chapelle, construite au dix-neuvième siècle dans le mur nord du chœur, l'église étant un lieu de pèlerinage voué au culte de Saint Gaud. Deuxième évêque d'Evreux, il se serait démis de ses fonctions après quarante ans d'épiscopat pour venir se retirer dans la solitude de Saint-Pair. Le sarcophage de Saint Gaud fut retrouvé en 1131 en creusant les fondations de la tour romane. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-041]
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078. Saint-Pair-sur-Mer. La châsse de Saint Gaud. Dans cette photo de 2009, des fleurs accompagnent les ex-voto. Photo de Claude Rayon. [Claude-21]
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079. Saint-Pair-sur-Mer. Les fonts baptismaux. Photo de Claude Rayon. [Claude-24]
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080. Angey. Emplacement. Le village d'Angey est situé à deux kilomètres et demi à l'ouest de la bourgade de Sartilly. La paroisse d'Angey est rattachée à celle de Sartilly depuis 1914. L'église d'Angey n'est utilisée qu'en de rares occasions pour des mariages et des enterrements.
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081. Angey. L'église et son cimetière. Le saint patron de l'église est Saint Samson et le second saint est Saint Jean-Baptiste. La paroisse d'Angey appartenait au doyenné de Genêts et à l'archidiachoné d'Avranches. En 1162, l'église d'Angey et ses dépendances furent données à l'abbaye de la Lucerne par Guillaume de Saint-Jean. L'église avait donc l'abbé de la Lucerne pour seigneur patron. Photo de Marie Lebert. [Marie-12]
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082. Angey. L'église, avec son chœur roman. La base de la tour pourrait être romane elle aussi, à une période plus tardive, puisque l'appareil des maçonneries est légèrement différent de celui du chœur. Photo de Claude Rayon. [Claude-25]
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083. Angey. Le plan de l'église. Un vaisseau rectangulaire régulièrement orienté d'ouest en est comprend une longue nef prolongée par un chœur d'une travée. Ce vaisseau a une longueur extérieure totale de 26,85 mètres et une largeur extérieure de 7,5 mètres. Située dans l'axe du vaisseau, la tour s'élève entre chœur et nef. Plan de Marie Lebert.
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084. Angey. Le chœur à chevet plat, avec un clocher en bâtière situé entre chœur et nef. Photo de Claude Rayon. [Claude-26]
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085. Angey. Les fonts baptismaux, qui dateraient du quatorzième siècle, sont ornés d'une sculpture en bas relief représentant des arcatures trilobées. La corde ornant la base sur toute sa longueur symboliserait la communauté religieuse. Photo de Claude Rayon. [Claude-27]
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086. Saint-Jean-le-Thomas. Emplacement. Le bourg de Saint-Jean-le-Thomas se trouve sur la route côtière, à douze kilomètres au sud de Granville et neuf kilomètres au nord d'Avranches. Saint-Jean-le-Thomas était traversé par deux chemins montois, le premier venant de Saint-Pair-sur-Mer et le deuxième venant de Coutances. De plus, un autre chemin reliant Saint-Pair au Mont Saint-Michel, cette fois par les grèves, traversait les dunes non loin de là.
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087. Saint-Jean-le-Thomas. L'église est placée sous le vocable de Saint Jean-Baptiste. La paroisse de Saint-Jean-le-Thomas appartenait au doyenné de Genêts et à l'archidiachoné d'Avranches. En 917, Guillaume Longue-Epée, second duc de Normandie, donna à l'abbaye du Mont Saint-Michel le village de Saint-Jean-au-bout-de-la-mer avec son église, son moulin, ses vignes et ses prés. Au onzième siècle, le duc Robert Ier donna de nouveau au Mont la seigneurie de Saint-Jean et ses dépendances. En 1162, le seigneur du lieu, Guillaume de Saint-Jean, second fondateur de l'abbaye de la Lucerne, donna à l'abbaye l'église de Saint-Jean-le-Thomas avec ses dépendances, et de nombreuses propriétés aux alentours et en Angleterre. Au quinzième siècle, l'église était toujours la propriété de l'abbaye de la Lucerne, et l'abbé de la Lucerne était donc son seigneur patron. Photo de Claude Rayon. [Claude-28]
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088. Saint-Jean-le-Thomas. L'église. Sa nef romane daterait du onzième siècle et du début du douzième siècle. Son chœur pré-roman à chevet plat daterait du dixième siècle. Le portail roman percé dans le mur sud de la nef est précédé d'un large porche datant du quinzième siècle. Carrée et massive, la tour est elle aussi accolée au mur sud de la nef, avec deux étages surmontés d'une balustrade ajourée. Construite en 1895 pour remplacer une tour vétuste, elle fut édifiée en granit des carrières de Saint-James. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-043]
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089. Saint-Jean-le-Thomas. Le plan de l'église. Un vaisseau rectangulaire régulièrement orienté d'ouest en est comprend une longue nef suivie d'un chœur à chevet plat. Ce vaisseau a une longueur extérieure de 31,2 mètres et une largeur extérieure de 8,1 mètres. On entre dans l'église par un portail situé dans le mur sud de la nef et précédé d'un porche. Accolée à la partie orientale de la nef, la tour s'élève au sud du vaisseau. Plan de Marie Lebert.
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090. Saint-Jean-le-Thomas. La façade occidentale et la tour. Le mur de façade est surmonté d'un léger glacis recouvert de plaquettes de schiste, en arrière duquel s'élève le mur pignon. La partie médiane est occupée par un contrefort plat se terminant par un glacis à la base du pignon. Les deux petites baies romanes situées de part et d'autre du contrefort furent réouvertes en 1973, lors de la restauration du chœur de l'église. La tour, massive, fut reconstruite en 1895. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-044]
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091. Saint-Jean-le-Thomas. Le chœur pré-roman et son mur sud. Ce chœur offre des similitudes avec l'église Notre-Dame-sous-Terre, présente dans les entrailles du Mont Saint-Michel et construite par les Bénédictins peu après leur installation au Mont en 966. Dans les deux édifices, les arcs des baies sont formés de claveaux de briques et l'appareil des murs est fait de petits blocs de granit assez réguliers séparés par d'épais joints de mortier. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-045]
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092. Saint-Jean-le-Thomas. Le chœur pré-roman. A gauche de la grande baie centrale, une petite baie romane est bien visible, avec son arc et ses piédroits de granit. Photo de Claude Rayon [Claude-31]
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093. Saint-Jean-le-Thomas. Le chœur pré-roman et son mur nord. Haut situées, les petites baies pré-romanes sont surmontées de claveaux de briques. La grande baie en plein-cintre à l'arcade trilobée fut percée en 1895, au moment de la reconstruction de la tour. Les petites baies pré-romanes furent découvertes et réouvertes en 1965, lors de la restauration du chœur en 1965 sous la direction de Yves-Marie Froidevaux, architecte en chef des monuments historiques. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-046]
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094. Saint-Jean-le-Thomas. Le chœur pré-roman et son mur nord. L'appareil des maçonneries est fait de moellons de granit assez réguliers pris dans d'épais joints de mortier. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-047]
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095. Saint-Jean-le-Thomas. Le chœur pré-roman. Le cintre de cette petite baie pré-romane est fait de claveaux de brique. On retrouve les mêmes baies dans l'église Notre-Dame-sous-Terre, située dans les entrailles du Mont Saint-Michel et datant de la même époque. Photo de Claude Rayon. [Claude-30]
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096. Saint-Jean-le-Thomas. Le chœur pré-roman (intérieur) et son mur nord. L'appareil de granit des murs et les claveaux de briques des baies sont également visibles à l'intérieur, suite à la restauration du chœur en 1965 sous la direction d'Yves-Marie Froideveaux, architecte en chef des monuments historiques. Les cinq petites baies aux claveaux de briques - trois au nord et deux au sud - furent retrouvées et réouvertes à cette date. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-048]
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097. Saint-Jean-le-Thomas. Le chœur pré-roman (intérieur). Les deux grandes baies en plein-cintre visibles de part et d'autre du chœur furent ajoutées en 1895, lors de la reconstruction de la tour. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-049]
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098. Saint-Jean-le-Thomas. Le chœur pré-roman (intérieur). La voûte en berceau de bois fut ajoutée en 1965 et terminée en 1973. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-050]
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099. Saint-Jean-le-Thomas. La nef romane (intérieur). Cette nef daterait du onzième siècle et du début du douzième siècle. Dans le mur occidental, situé au fond, les deux baies romanes furent réouvertes en 1973 après avoir été retrouvées sous l'enduit. La baie supérieure, une baie médiane située dans le mur pignon, fut murée à la même date, mais ses piédroits de granit restent bien visibles. La voûte en berceau de la nef est en plâtre, et le sol est recouvert de larges dalles de granit. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-051]
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100. Saint-Jean-le-Thomas. La nef romane (intérieur). Une autre vue, cette fois en direction du chœur. Photo de Claude Rayon. [Claude-32]
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101. Saint-Jean-le-Thomas. La nef romane (intérieur). Des peintures murales romanes sont présentes sur le mur sud de la nef, chose d'autant plus intéressante que les décors peints sont quasi-inexistants dans la région. L'existence de décors peints aussi anciens, qui dateraient du douzième siècle, était ignorée jusqu'en 1974, date de la réfection des enduits intérieurs de la nef. Des taches de couleur attirèrent l'attention de l'abbé Porée, curé de l'église, qui fit intervenir les fresquistes des Beaux-Arts. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-052]
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102. Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur sud de la nef. Dans la partie dégagée en décembre 1974, trois tableaux se succèdent: le combat d'un homme contre un ange, situé sur le tympan du portail muré, puis une lutte entre deux personnages et enfin une scène champêtre. Ces tableaux sont surmontés de frises. Ces décors peints pourraient être l'œuvre de pèlerins du Mont Saint-Michel, l'église étant située sur une voie montoise. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-053]
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103. Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur sud de la nef. Sur le tympan du portail muré, le combat d'un homme contre un ange, «un combat qui pourrait être celui de Jacob contre l'ange envoyé de Dieu, ou Dieu lui-même manifesté sous une forme visible», selon l'abbé Porée, curé de l'église au moment de la découverte de ces peintures murales en 1974. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-054]
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104. Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur sud de la nef. La même scène, toujours sur le tympan du portail muré, prise avec un angle légèrement différent et montrant aussi les deux frises de rinceaux la surplombant. Photo de Claude Rayon. [Claude-33]
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105. Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur sud de la nef. Le même tympan du portail muré tel qu'on le voit à l'extérieur. Il est surplombé d'une petite baie romane au cintre et aux piédroits de granit. Photo de Claude Rayon. [Claude-29]
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106. Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur sud de la nef. Dans cette scène champêtre, avec épis de blé visibles à gauche, un personnage portant une grande cape tient une outre et verse du vin dans un coupe que lui présente un autre personnage. A droite, un troisième personnage muni d'un instrument aratoire est en partie effacé. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-055]
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107. Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur sud de la nef. Le troisième tableau, dont la plus grande partie a disparu, représente la lutte entre un personnage à cape dont la tête est surmontée d'une auréole et un autre personnage recouvert d'une armure qui semble être à terre. Il pourrait s'agir de la lutte de Saint Michel contre le Démon, selon l'abbé Porée, curé de l'église au moment de la découverte de ces peintures murales en 1974. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-056]
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108. Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur sud de la nef. Situé entre la scène champêtre et la scène de lutte, ce détail montre que le décor est peint à même l'enduit à la chaux, ce qui explique le fond clair. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-057]
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109. Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur sud de la nef. Cette vue partielle de la scène de lutte montre que tous les contours sont dessinés en peinture ocre. Les surfaces intérieures sont peintes en ocre et en chamois. Seules ces deux couleurs sont utilisées, directement sur l'enduit à la chaux. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-058]
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110. Saint-Jean-le-Thomas. Les peintures murales romanes, dans le mur sud de la nef. Les tableaux sont surmontés de frises de rinceaux terminées par des feuillages. Les rinceaux courent entre deux bandes horizontales, qui sont de couleur ocre le long des rinceaux et de couleur chamois les long des bandes ocre, avec une rangée de points blancs à la charnière des deux couleurs. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-059]
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111. Saint-Jean-le-Thomas. Le portail roman et son porche, dans la mur sud de la nef. Comme souvent dans la région, ce portail est précédé d'un porche plus récent — celui-ci est du quinzième siècle - permettant d'accueillir pèlerins et paroissiens sur ses deux bancs de pierre, et de les abriter des vents d'ouest venus de la mer et des averses. Photo de Claude Rayon. [Claude-54]
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112. Saint-Jean-le-Thomas. Le portail roman, dans le mur sud de la nef. L'arcade en plein-cintre du portail est formée d'une voussure ornée d'une simple moulure torique. La voussure repose sur deux colonnettes très engagées qui prolongent le tore et qui ont sensiblement le même diamètre que celui-ci. Les colonnettes sont surmontées de chapiteaux à tailloir carré dont la corbeille est sculptée de petits crochets d'angle à peine visibles. La base carrée est surmontée d'un double tore. Photo de Claude Rayon. [Claude-55]
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113. Saint-Jean-le-Thomas. Croquis du portail roman, dans la mur sud de la nef. Croquis de Marie Lebert.
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114. Saint-Jean-le-Thomas. Le porche. La voûte de pierre du porche du quinzième siècle est un appareil irrégulier fait de plaquettes de schiste prises dans un épais mortier. L'arc en plein cintre du portail roman est orné d'un tore. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-060]
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115. Saint-Jean-le-Thomas. La Vierge et l'Enfant. Située sous le porche du quinzième siècle, cette statue de pierre surplombe le portail roman du mur sud de la nef. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-061]
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116. Dragey. Emplacement. Le village de Dragey est situé sur l'actuelle route côtière reliant Granville au nord à Avranches au sud, à vingt kilomètres de Granville et treize kilomètres d'Avranches. Dragey était traversé par de trois chemins montois, le premier venant de Saint-Pair-sur-Mer, le deuxième venant de Coutances et le troisième venant de Saint-Lô. De plus, le chemin des grèves partant de Saint-Pair traversait les dunes de Dragey avant d'arriver au Mont Saint-Michel, destination finale de nombreux pèlerins.
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117. Dragey. Panorama. Sur la butte, au pied de l'église, les silhouettes du Mont et de Tombelaine émergent de la brume. Pour les pèlerins, cette vue marquait l'annonce de la fin d'une longue quête. L'église de Dragey fut donnée au Mont Saint-Michel au onzième siècle par Robert, duc de Normandie. Dragey et son église faisaient partie des dépendances de Saint-Jean-au-bout-de-la-mer, devenu Saint-Jean-le-Thomas. Photo de Claude Rayon. [Claude-34]
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118. Dragey. L'église, bâtie sur un promontoire, est isolée avec son presbytère à un kilomètre environ du village. Elle est placée sous le vocable de Saint Médard, et le second saint est Saint Eloi. La paroisse de Dragey appartenait au doyenné de Genêts et à l'archidiachoné d'Avranches. La nef romane date du onzième ou douzième siècle, alors que la tour et le chœur datent du treizième siècle. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-062]
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119. Dragey. L'église n'est pas située dans le bourg, contrairement aux autres églises de la région. Visible de loin en pleine mer, sa tour servait de point de repère aux navigateurs. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-063]
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120. Dragey. L'église est formée d'un chœur d'une travée suivi d'une nef de trois travées. La tour est située entre chœur et nef. Seule la nef est romane. Le chœur et la tour, plus récents, datent du treizième siècle. Photo de Claude Rayon. [Claude-35]
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121. Dragey. Le plan de l'église. Un vaisseau rectangulaire régulièrement orienté d'ouest en est comprend une nef de trois travées suivie d'un chœur d'une travée. Ce vaisseau a une longueur extérieure totale de 40,8 mètres et une largeur extérieure totale de 9,1 mètres. La tour, située entre chœur et nef, s'élève dans l'axe du vaisseau. Plan de Marie Lebert.
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122. Dragey. La façade occidentale. L'appareil irrégulier des maçonneries est fait de schiste et de granit, matériaux locaux. Sis à chaque extrémité de la façade, deux épais contreforts sont terminés par un glacis. La grande baie géminée à l'arc légèrement brisé date du treizième siècle. Elle fut débouchée et restaurée en 1860. A la même date, le portail d'origine fut remplacé par un portail sans caractère. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-064]
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123. Dragey. Le mur sud de la nef. Sa porte, romane, est précédée d'un porche datant du seizième siècle et réouvert en 1969. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-065]
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124. Dragey. La base de la tour est percée d'une porte à l'arc brisé datant du treizième siècle. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-066]
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125. Dragey. Le mur nord de la nef (intérieur). L'enduit intérieur des murs latéraux fut gratté par les habitants du village pour mettre à jour l'appareil en arêtes de poisson (opus spicatum), sous l'égide de l'abbé Pierre Danguy, curé de Dragey entre 1954 et 1974. Caractéristique des édifices du onzième siècle et du début du douzième siècle, l'opus spicatum alterne avec des rangées de plaquettes de schiste disposées à l'horizontale. La longue baie à fort ébrasement date du treizième siècle. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-067]
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126. Dragey. Le mur nord de la nef (intérieur). Mené par les habitants du village, le patient travail consistant à gratter l'enduit a permis de mettre en valeur l'appareil en arêtes de poisson, signe de l'ancienneté de l'église. L'enduit intérieur ne recouvre plus que le dernier quart supérieur des murs. Photo de Claude Rayon. [Claude-37]
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127. Dragey. Le mur nord de la nef (intérieur). La grande baie trilobée date du treizième siècle. Une baie romane bouchée, à fort ébrasement, est présente sur la droite, avec une arcade formée d'une rangée de petits claveaux de granit. Cette baie romane est le seul vestige des ouvertures primitives. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-068]
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128. Dragey. Le mur nord de la nef (intérieur). Seul vestige des ouvertures primitives, la baie romane bouchée est à fort ébrasement, avec une arcade formée d'une rangée de petits claveaux de granit. Photo de Claude Rayon. [Claude-36]
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129. Dragey. Le chœur de l'église. Les baies du chœur, qu'on devine à droite et à gauche, furent agrandies au quinzième siècle. Le chœur était auparavant très sombre. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-069]
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130. Dragey. L'ancienne cuve baptismale supporte un bénitier fleurdelysé. Photo de Claude Rayon. [Claude-38]
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131. Dragey. Le vitrail d'une des deux grandes baies géminées percées dans le mur sud de la nef. Il s'agit d'un ex-voto relatant l'une des nombreuses noyades ayant endeuillé les lieux. Le 5 mai 1921, Harry Iselin, fils d'une famille de propriétaires terriens de la région, se noya avec un ami américain au retour d'une traversée de la baie du Mont Saint-Michel. Photo de Claude Rayon. [Claude-39]
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132. Dragey. Détail du vitrail. En haut, le Mont Saint-Michel et, plus bas, une vue partielle de l'archange Saint Michel. Cette grande baie géminée à l'arcade trilobée remplaça en 1860 une ouverture rectangulaire elle-même percée en 1790 à l'endroit des petites baies romanes. C'est également le cas pour les autres grandes baies géminées. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-070]
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133. Genêts. Emplacement. La bourgade de Genêts est situé sur l'actuelle route côtière reliant Granville à Avranches, à dix kilomètres au nord d'Avranches. La bourgade se trouve face au Mont Saint-Michel, à quatre kilomètres environ du rocher du Mont. Empruntées par les pèlerins pour se rendre au Mont Saint-Michel, des voies montoises partaient de Saint-Pair-sur-Mer, Coutances, Saint-Lô et Caen pour aboutir à Genêts avant la traversée des grèves pour arriver au Mont. De plus, le chemin des grèves reliant Saint-Pair au Mont passait au Bec d'Andaine, près de Genêts.
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134. Genêts. Le bourg et son église. La tour de l'église - avec son toit en bâtière, sa balustrade et ses gargouilles - émerge au-dessus des toits du village. Genêts est une localité très ancienne, qui était le port d'Avranches, capitale de la région, avant son pillage par les pirates normands au neuvième siècle. La baronnie de Genêts fut donnée en 1022 à l'abbaye du Mont Saint-Michel par Richard II, duc de Normandie, ainsi que les baronnies de Saint-Pair et d'Ardevon. Port de marée, centre d'une baronnie et d'un doyenné, Genêts devint une localité importante sous les premiers ducs normands. Au début du quatorzième siècle, la population s'élevait à près de trois mille âmes. L'église, qui disposait d'un clergé conséquent, comptait sept chapelles autour d'elle. Ce fut la péride la plus florissante. Lors de la guerre de Cent Ans, Genêts fut pillé, rançonné et brûlé par les Anglais dès 1356. Lors des guerres de religion, Genêts fut de nouveau pillé en 1562 par les troupes du protestant Montgommery. Pendant la Révolution française, Genêts perdit sa sénéchaussée, sa sergenterie, son doyenné, ses foires et ses marchés, et ne fut plus qu'une simple commune rurale. Le titre de chef-lieu de canton fut donné à Sartilly. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-083]
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135. Genêts. L'église, de belle facture, est l'œuvre de Robert de Torigni, abbé du Mont Saint-Michel entre 1154 et 1186, qui la bâtit à l'emplacement d'une église plus ancienne devenue vétuste. L'église romane fut consacrée en 1157 par Herbert, évêque d'Avranches, accompagné de Roger, abbé du Bec-Hellouin. L'église et le cimetière de Genêts furent classés monuments historiques en 1959. Photo de Claude Rayon. [Claude-40]
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136. Genêts. L'église est formé d'une large nef, d'un transept à bras saillants et d'un chœur de trois travées à chevet plat. Une tour massive surmontée d'un toit en bâtière s'élève à la croisée du transept. Les éléments romans sont la croisée du transept, une partie des croisillons et la tour aux deux-tiers de sa hauteur. Le porche précédant le portail sud de la nef date du seizième siècle. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-071]
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137. Genêts. Le plan de l'église. Régulièrement orientée d'ouest en est, l'église comprend une large nef, un transept à bras saillants et un chœur de trois travées à chevet plat. La longueur totale extérieure est de 53,7 mètres et la largeur extérieure de la nef de 10,8 mètres. La première travée du chœur ouvre au nord et au sud sur deux chapelles à chevet plat qui ouvrent elles-mêmes sur les croisillons du transept. Plan de Marie Lebert.
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138. Genêts. Le mur nord. La tour est romane aux deux-tiers de sa hauteur. Sa partie supérieure fut édifiée au début du seizième siècle. La nef fut entièrement remaniée au milieu du dix-huitième siècle. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-072]
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139. Genêts. Le transept roman, avec son bras nord et son mur pignon. L'appareil irrégulier des maçonneries est fait de moellons de schiste et de granit. Le schiste est la pierre locale. Quant au granit, il provient sans doute du massif granitique d'Avranches affleurant à quelques kilomètres au sud-est. Le mur pignon est percé d'une grande baie en plein-cintre. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-073]
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140. Genêts. La tour, de vastes proportions, est implantée à la croisée du transept et comprend deux étages. Elle est romane aux deux-tiers de sa hauteur, avec des blocs de granit de taille moyenne, alors que la partie supérieure date du début du seizième siècle, avec des blocs de granit beaucoup plus gros. L'étage inférieur est aveugle. L'étage supérieur est ouvert au nord, au sud et à l'ouest par des baies géminées romanes murées. Ces baies géminées sont prolongées par des baies gothiques trilobées et munies d'abat-sons, ajoutées au début du seizième siècle. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-074]
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141. Genêts. La tour est surmontée d'un toit en bâtière dont le départ est caché au nord et au sud par une balustrade ajourée, dont les angles sont ornés de gargouilles gothiques en forme de chiens, loups et animaux fantastiques. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-075]
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142. Genêts. Une gargouille gothique ornant un autre angle de la balustrade cachant le départ du toit en batière de la tour. Photo de Claude Rayon. [Claude-41]
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143. Genêts. Une gargouille gothique ornant l'un des angles de la balustrade cachant le départ du toit en batière de la tour. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-076]
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144. Genêts. La porte du bras sud du transept. Lourd et très simple, le portail date du onzième siècle, avec des voussures en plein-cintre sans aucune mouluration et d'épaisses colonnettes. Il appartient sans doute à l'édifice antérieur à l'église romane consacrée en 1157. L'arcade en plein-cintre est formée de deux épaisses voussures non moulurées. La voussure extérieure repose sur deux épaisses colonnettes engagées surmontées d'un tailloir carré et chanfreiné, qui se poursuit en un bandeau chanfreiné sur le nu du mur. La corbeille des chapiteaux est sculptée de gros crochets d'angle peu visibles. Le niveau du sol extérieur arrive à la base du fût des colonnettes. Dans le sol subsiste une base carrée surmontée d'un double tore. Photo d'Alain Dermigny. [Alain-077]