Au galop, l’Enfant avait traversé le chantier des Kabyles dans le soir tombant.
Elle restait frappée des regards hostiles ou méfiants qui l’accueillirent et la poursuivaient. Pas un qui l’eût saluée, pas un qui se fût écarté sur son passage ; ils s’offraient au heurt de son cheval et c’est elle qui dut détourner la bête pour ne pas écraser un homme.
Elle galopait, pensive, dans le crépuscule, moins offensée qu’inquiète pour la première fois. Instinctivement, elle déchiffrait une menace grave dans l’attitude des démascleurs et l’insolence des faces obtuses de ceux qui se postèrent sur son passage. Sa rapide chevauchée lui avait laissé le temps de percevoir que cette ruche humaine, presque muette d’habitude, était profondément en rumeur. Mais elle en ignorait les raisons.