Chapter 6

[1]Fenus agitare. On n’est pas d’accord sur le sens de ce passage. On entend communément: faire valoir un capital et étendre cette opération aux intérêts eux-mêmes, c’est-à-dire prendre l’intérêt de l’intérêt. Après ce qui a été dit au ch.5de la rareté de la monnaie en Germanie, cette phrase peut paraître superflue; mais Tacite songe toujours à Rome, où l’usure et les dettes qui en naissaient avaient causé tant de troubles:Sane vetus urbi malum, dit-il,Ann., VI, 16.[2]Servatura pour sujetnon agitare fenus, l’idée négative étant suggérée parignotum;vetitum esseta le même sujet, mais sans négation. On reconnaît encore ici une de cespointesqu’on aimait au temps de Tacite; mais la concision est obtenue aux dépens de la clarté.[3]Ab universis vicis, des communautés entières se déplacent et occupent un espace de terrain plus ou moins grand, soit sans possesseurs, soit nouvellement conquis. —Mox: cf. 10, note4.[4]Dignationem, rang, considération.[5]Arva, la terre cultivée par chacun, s’oppose àager, le territoire entier assigné à la communauté.[6]Mutant: afin de laisser reposer alternativement la terre épuisée par une récolte.[7]Contendunt: ils n’essaient pas, à force de travail, de faire valoir chaque parcelle de terrain et d’en tirer tout ce qu’elle peut produire, comme cela se pratiquait en Italie, où, dès l’époque de Caton, on s’était préoccupé d’obtenir du sol le maximum de rendement.[8]Uta le sens consécutif: en sorte que, de façon à, au point de.[9]Seges, les céréales.[10]Totidem. Le second membre de la comparaison est sous-entendu. Il s’agit des Romains. —Species, formes sous lesquelles l’année se montre à nous, saisons.[11]Intellectum, sens, signification. Ce mot est pris passivement. De même, dans Quintilien,intellectu carere=non intelligi, être inintelligible.

[1]Fenus agitare. On n’est pas d’accord sur le sens de ce passage. On entend communément: faire valoir un capital et étendre cette opération aux intérêts eux-mêmes, c’est-à-dire prendre l’intérêt de l’intérêt. Après ce qui a été dit au ch.5de la rareté de la monnaie en Germanie, cette phrase peut paraître superflue; mais Tacite songe toujours à Rome, où l’usure et les dettes qui en naissaient avaient causé tant de troubles:Sane vetus urbi malum, dit-il,Ann., VI, 16.

[2]Servatura pour sujetnon agitare fenus, l’idée négative étant suggérée parignotum;vetitum esseta le même sujet, mais sans négation. On reconnaît encore ici une de cespointesqu’on aimait au temps de Tacite; mais la concision est obtenue aux dépens de la clarté.

[3]Ab universis vicis, des communautés entières se déplacent et occupent un espace de terrain plus ou moins grand, soit sans possesseurs, soit nouvellement conquis. —Mox: cf. 10, note4.

[4]Dignationem, rang, considération.

[5]Arva, la terre cultivée par chacun, s’oppose àager, le territoire entier assigné à la communauté.

[6]Mutant: afin de laisser reposer alternativement la terre épuisée par une récolte.

[7]Contendunt: ils n’essaient pas, à force de travail, de faire valoir chaque parcelle de terrain et d’en tirer tout ce qu’elle peut produire, comme cela se pratiquait en Italie, où, dès l’époque de Caton, on s’était préoccupé d’obtenir du sol le maximum de rendement.

[8]Uta le sens consécutif: en sorte que, de façon à, au point de.

[9]Seges, les céréales.

[10]Totidem. Le second membre de la comparaison est sous-entendu. Il s’agit des Romains. —Species, formes sous lesquelles l’année se montre à nous, saisons.

[11]Intellectum, sens, signification. Ce mot est pris passivement. De même, dans Quintilien,intellectu carere=non intelligi, être inintelligible.

27.Funerum nulla ambitio[1]: id solum observatur, utcorpora clarorum virorum certis lignis crementur[2]. Struem rogi nec vestibus nec odoribus cumulant: sua cuique arma, quorumdam igni et equus adjicitur. Sepulcrum cæspes erigit[3]: monumentorum arduum et operosum honorem ut[4]gravem defunctis aspernantur. Lamenta ac lacrimas[5]cito, dolorem et tristitiam tarde ponunt[6]. Feminis lugere honestum est, viris meminisse.Hæc in commune[7]de omnium Germanorum origine ac moribus accepimus. Nunc singularum gentium instituta ritusque, quatenus differant, quæ nationes e Germania in Gallias commigraverint, expediam.

27.Funerum nulla ambitio[1]: id solum observatur, utcorpora clarorum virorum certis lignis crementur[2]. Struem rogi nec vestibus nec odoribus cumulant: sua cuique arma, quorumdam igni et equus adjicitur. Sepulcrum cæspes erigit[3]: monumentorum arduum et operosum honorem ut[4]gravem defunctis aspernantur. Lamenta ac lacrimas[5]cito, dolorem et tristitiam tarde ponunt[6]. Feminis lugere honestum est, viris meminisse.

Hæc in commune[7]de omnium Germanorum origine ac moribus accepimus. Nunc singularum gentium instituta ritusque, quatenus differant, quæ nationes e Germania in Gallias commigraverint, expediam.

[1]Ambitio, faste, désir de briller. À Rome, au contraire, les funérailles se faisaient en grande pompe; on célébrait à cette occasion des jeux funèbres fort somptueux.[2]Crementur. Cet usage de brûler les cadavres paraît relativement récent chez les Germains; plus anciennement ils enterraient leurs morts; ils revinrent à cette coutume en se convertissant au christianisme.[3]Cæspes erigitau lieu decæspite erigitur: tour poétique qui se trouve dans Sénèque,Ep.8:Hanc domum utrum cæspes erexerit an varius lapis gentis alienæ nihil interest.[4]Ut, dans la pensée que, le regardant comme. Cf. 8, note10, et 20, note11.[5]Lamenta et lacrimas: allitération. Cf.40:præliis ac periclitando.[6]Ponuntpourdeponunt. Cf. 14, note13. Cicéron avait déjà ditponere dolorem. Tacite emploie ailleursponereau lieu deproponereet cet emploi lui est particulier.[7]In commune: cf. 5, note2.

[1]Ambitio, faste, désir de briller. À Rome, au contraire, les funérailles se faisaient en grande pompe; on célébrait à cette occasion des jeux funèbres fort somptueux.

[2]Crementur. Cet usage de brûler les cadavres paraît relativement récent chez les Germains; plus anciennement ils enterraient leurs morts; ils revinrent à cette coutume en se convertissant au christianisme.

[3]Cæspes erigitau lieu decæspite erigitur: tour poétique qui se trouve dans Sénèque,Ep.8:Hanc domum utrum cæspes erexerit an varius lapis gentis alienæ nihil interest.

[4]Ut, dans la pensée que, le regardant comme. Cf. 8, note10, et 20, note11.

[5]Lamenta et lacrimas: allitération. Cf.40:præliis ac periclitando.

[6]Ponuntpourdeponunt. Cf. 14, note13. Cicéron avait déjà ditponere dolorem. Tacite emploie ailleursponereau lieu deproponereet cet emploi lui est particulier.

[7]In commune: cf. 5, note2.

28.Validiores[1]olim Gallorum res fuisse summus auctorum[2]divus Julius tradit; eoque credibile est etiam Gallos in Germaniam transgressos[3]. Quantulum enim amnis obstabat quominus, ut quæque[4]gens evaluerat, occuparet permutaretque sedes promiscuas adhuc et nulla[5]regnorumpotentia divisas? Igitur[6]inter Hercyniam[7]silvam Rhenumque et Mœnum amnes Helvetii, ulteriora Boii, Gallica utraque gens, tenuere. Manet adhuc Boihæmi[8]nomen significatque loci veterem memoriam, quamvis mutatis[9]cultoribus. Sed utrum Aravisci[10]in Pannoniam ab Osis, Germanorum natione; an Osi ab Araviscis in Germaniam commigraverint, cum eodem adhuc sermone, institutis, moribus utantur, incertum est, quia pari olim inopia ac libertate eadem utriusque ripæ bona malaque[11]erant. Treveri et Nervii circa[12]affectationem Germanicæ originis ultro ambitiosi sunt, tanquam[13]per hanc gloriam sanguinis a similitudine et inertia[14]Gallorum separentur. Ipsam Rheni ripam haud dubie[15]Germanorum populi colunt, Vangiones, Triboci, Nemetes. Ne Ubii quidem,quanquam[16]Romana colonia esse meruerint ac libentius Agrippinenses conditoris sui[17]nomine vocentur, origine erubescunt, transgressi olim et experimento[18]fidei super ipsam Rheni ripam collocati, ut arcerent, non ut custodirentur.

28.Validiores[1]olim Gallorum res fuisse summus auctorum[2]divus Julius tradit; eoque credibile est etiam Gallos in Germaniam transgressos[3]. Quantulum enim amnis obstabat quominus, ut quæque[4]gens evaluerat, occuparet permutaretque sedes promiscuas adhuc et nulla[5]regnorumpotentia divisas? Igitur[6]inter Hercyniam[7]silvam Rhenumque et Mœnum amnes Helvetii, ulteriora Boii, Gallica utraque gens, tenuere. Manet adhuc Boihæmi[8]nomen significatque loci veterem memoriam, quamvis mutatis[9]cultoribus. Sed utrum Aravisci[10]in Pannoniam ab Osis, Germanorum natione; an Osi ab Araviscis in Germaniam commigraverint, cum eodem adhuc sermone, institutis, moribus utantur, incertum est, quia pari olim inopia ac libertate eadem utriusque ripæ bona malaque[11]erant. Treveri et Nervii circa[12]affectationem Germanicæ originis ultro ambitiosi sunt, tanquam[13]per hanc gloriam sanguinis a similitudine et inertia[14]Gallorum separentur. Ipsam Rheni ripam haud dubie[15]Germanorum populi colunt, Vangiones, Triboci, Nemetes. Ne Ubii quidem,quanquam[16]Romana colonia esse meruerint ac libentius Agrippinenses conditoris sui[17]nomine vocentur, origine erubescunt, transgressi olim et experimento[18]fidei super ipsam Rheni ripam collocati, ut arcerent, non ut custodirentur.

[1]Validiores, plus puissants que les Germains, et non pas qu’aujourd’hui, comme le témoigne le passage de César,Bell. Gall., VI, 24:Ac fuit antea tempus cum Germanos Galli virtute superarent.[2]Auctor, garant, autorité, et non pas écrivain.[3]Transgressos. Il est plus probable que ces Gaulois qui habitaient en Germanie n’y avaient pas passé, mais s’y étaient maintenus, tandis que les autres avaient été refoulés de l’autre côté du Rhin.[4]Ut, dansut quisque, signifie tantôt «à mesure que», tantôt «dans la mesure où».[5]Et nulla, au lieu deneque ulla, qui est plus ordinaire (Ragon,Gr. lat., 531; Riemann,Synt. lat., § 268 et rem.). Tacite emploie volontiers (cf.10et20, et vingt fois dans les autres ouvrages) cette tournure qui semble accentuer davantage la négation. Après lui cet usage se répand de plus en plus.[6]Igiturindique que l’auteur, après une courte digression ou explication préliminaire, revient à son sujet.[7]Hercynia silva: la Forêt Noire, avec laquelle on l’identifie, ne devait en être qu’une faible partie. Cf.Hercynia, aulexique.[8]Boihæmi. Le mot germaniqueheimsignifie domicile, pays, et forme beaucoup de noms de lieu. Cf.lexique des noms propres.[9]Mutatis. Les Marcomans avaient remplacé les Boïens dans la Bohême.[10]Aravisci. Pour tous les noms propres, consulter lelexique.[11]Bona malaque. Par conséquent on ne peut alléguer aucune raison qui ait pu pousser les uns plutôt que les autres à franchir le fleuve.[12]Circa, dans l’usage classique, signifie autour de, environ. Son emploi dans le sens de «au sujet de» appartient à l’époque impériale. —Affectationem, désir d’atteindre, d’obtenir, prétention à.[13]Tanquam: cf. 20, note11.[14]A similitudine et inertia. Il y a vraisemblablement hendiadyn. Il ne s’agit point d’une ressemblance extérieure:inertiaexplique en quoi consisterait la ressemblance qu’ils répudient (similitudine inertiæ). Cf. 25, note7, et 29, note8.[15]Haud dubietombe surGermanorum: des peuplades incontestablement de race germanique. Tacite semble douter de l’origine germanique des Trévires et des Nerviens.[16]Quanquam... meruerint. C’est ainsi que Tacite construit d’ordinairequanquamcontrairement à l’usage classique (Gr. lat., 499). —Mererise construit avecut, mais l’infinitif se trouve aussi chez Ovide, Tacite, Valère Maxime, Florus.[17]Conditoris sui. On attendrait plutôt le féminin, Agrippine étant la véritable fondatrice de la Colonie. S’agit-il d’Agrippa qui les établit sur les bords du Rhin? On peut, à la rigueur, considérersuicomme le génitif du pronom personnel, car cet emploi peu correct, mais non sans exemple dans l’usage classique, n’est pas rare chez Tacite. Cf. Riemann,Synt. lat., § 53, rem. 1, et Draeger, § 63. L’emploi deconditorpour désigner une femme est poétique. De même,auctors’emploie parfois au féminin.[18]Experimento, sur la preuve acquise: abl. de cause.

[1]Validiores, plus puissants que les Germains, et non pas qu’aujourd’hui, comme le témoigne le passage de César,Bell. Gall., VI, 24:Ac fuit antea tempus cum Germanos Galli virtute superarent.

[2]Auctor, garant, autorité, et non pas écrivain.

[3]Transgressos. Il est plus probable que ces Gaulois qui habitaient en Germanie n’y avaient pas passé, mais s’y étaient maintenus, tandis que les autres avaient été refoulés de l’autre côté du Rhin.

[4]Ut, dansut quisque, signifie tantôt «à mesure que», tantôt «dans la mesure où».

[5]Et nulla, au lieu deneque ulla, qui est plus ordinaire (Ragon,Gr. lat., 531; Riemann,Synt. lat., § 268 et rem.). Tacite emploie volontiers (cf.10et20, et vingt fois dans les autres ouvrages) cette tournure qui semble accentuer davantage la négation. Après lui cet usage se répand de plus en plus.

[6]Igiturindique que l’auteur, après une courte digression ou explication préliminaire, revient à son sujet.

[7]Hercynia silva: la Forêt Noire, avec laquelle on l’identifie, ne devait en être qu’une faible partie. Cf.Hercynia, aulexique.

[8]Boihæmi. Le mot germaniqueheimsignifie domicile, pays, et forme beaucoup de noms de lieu. Cf.lexique des noms propres.

[9]Mutatis. Les Marcomans avaient remplacé les Boïens dans la Bohême.

[10]Aravisci. Pour tous les noms propres, consulter lelexique.

[11]Bona malaque. Par conséquent on ne peut alléguer aucune raison qui ait pu pousser les uns plutôt que les autres à franchir le fleuve.

[12]Circa, dans l’usage classique, signifie autour de, environ. Son emploi dans le sens de «au sujet de» appartient à l’époque impériale. —Affectationem, désir d’atteindre, d’obtenir, prétention à.

[13]Tanquam: cf. 20, note11.

[14]A similitudine et inertia. Il y a vraisemblablement hendiadyn. Il ne s’agit point d’une ressemblance extérieure:inertiaexplique en quoi consisterait la ressemblance qu’ils répudient (similitudine inertiæ). Cf. 25, note7, et 29, note8.

[15]Haud dubietombe surGermanorum: des peuplades incontestablement de race germanique. Tacite semble douter de l’origine germanique des Trévires et des Nerviens.

[16]Quanquam... meruerint. C’est ainsi que Tacite construit d’ordinairequanquamcontrairement à l’usage classique (Gr. lat., 499). —Mererise construit avecut, mais l’infinitif se trouve aussi chez Ovide, Tacite, Valère Maxime, Florus.

[17]Conditoris sui. On attendrait plutôt le féminin, Agrippine étant la véritable fondatrice de la Colonie. S’agit-il d’Agrippa qui les établit sur les bords du Rhin? On peut, à la rigueur, considérersuicomme le génitif du pronom personnel, car cet emploi peu correct, mais non sans exemple dans l’usage classique, n’est pas rare chez Tacite. Cf. Riemann,Synt. lat., § 53, rem. 1, et Draeger, § 63. L’emploi deconditorpour désigner une femme est poétique. De même,auctors’emploie parfois au féminin.

[18]Experimento, sur la preuve acquise: abl. de cause.

29.Omnium harum gentium virtute præcipui Batavi non multum ex ripa[1], sed insulam[2]Rheni amnis colunt, Chattorum quondam populus et seditione domestica in eas sedes transgressus, in quibus pars Romani imperii fierent[3]. Manet honos et antiquæ societatis insigne[4]: nam nec tributis contemnuntur[5]nec publicanus atterit;exempti oneribus et collationibus et tantum in usum[6]prœliorum sepositi, velut tela atque arma[7]bellis reservantur. Est in eodem obsequio et Mattiacorum gens. Protulit enim magnitudo populi Romani ultra Rhenum ultraque veteres terminos[8]imperii reverentiam. Ita sede finibusque[9]in sua ripa, mente animoque nobiscum agunt; cetera[10]similes Batavis, nisi quod[11]ipso adhuc terræ suæ solo et cælo acrius animantur. Non numeraverim[12]inter Germaniæ populos, quanquam trans Rhenum Danuviumque consederint, eos qui decumates agros[13]exercent. Levissimus quisque[14]Gallorum et inopia audax dubiæ possessionis solum occupavere. Mox[15]limite acto promotisque præsidiis sinus imperii et pars provinciæ[16]habentur.

29.Omnium harum gentium virtute præcipui Batavi non multum ex ripa[1], sed insulam[2]Rheni amnis colunt, Chattorum quondam populus et seditione domestica in eas sedes transgressus, in quibus pars Romani imperii fierent[3]. Manet honos et antiquæ societatis insigne[4]: nam nec tributis contemnuntur[5]nec publicanus atterit;exempti oneribus et collationibus et tantum in usum[6]prœliorum sepositi, velut tela atque arma[7]bellis reservantur. Est in eodem obsequio et Mattiacorum gens. Protulit enim magnitudo populi Romani ultra Rhenum ultraque veteres terminos[8]imperii reverentiam. Ita sede finibusque[9]in sua ripa, mente animoque nobiscum agunt; cetera[10]similes Batavis, nisi quod[11]ipso adhuc terræ suæ solo et cælo acrius animantur. Non numeraverim[12]inter Germaniæ populos, quanquam trans Rhenum Danuviumque consederint, eos qui decumates agros[13]exercent. Levissimus quisque[14]Gallorum et inopia audax dubiæ possessionis solum occupavere. Mox[15]limite acto promotisque præsidiis sinus imperii et pars provinciæ[16]habentur.

[1]Non multum ex ripa, une petite partie de la rive.Excommedea souvent le sens partitif. Il s’agit de la rive gauche du Wahal et de la Meuse.[2]Insulam. L’île des Bataves est bornée au nord par une branche du Rhin et au sud par le Wahal et la Meuse, mais Tacite ne se trompe pas en l’appelantinsulam Rheni, car les eaux de ce fleuve l’entourent réellement. Cf.Histoires, IV, 12:Insulam... quam mare oceanus a fronte, Rhenus amnis tergum ac latera circumluit.[3]Fierent. Ce subjonctif de la proposition relative (Gr. lat., 503) marque la conséquence et non le but: «où ils étaient destinés à devenir».[4]Honos et insigne: cf. 25, note7. —Insignene fait qu’expliquerhonosen indiquant qu’il constitue un trait distinctif. Cf. 38, note3. Traduisez: «Il leur reste un privilège, marque certaine d’une antique alliance, c’est que...»[5]Contemnuntur,atterit(eos). Remarquez l’énergie de l’expression et le changement subit du sujet. Cf. note13.[6]In usum, pour servir. Tacite donne volontiers àindeux emplois rares à l’époque classique: 1opour marquer le résultat (Cf. 23, note2); 2opour marquer le but, au lieu dead.[7]Tela atque arma, armes offensives et défensives.[8]Ultra Rhenum ultraque veteres terminos. Dans Tacite,et,que,nequesont souvent explicatifs, au lieu d’une apposition. Cf.Agricola, 4:De limine imperii et ripa, au delà du Rhin qui était l’ancienne frontière.[9]Sede finibusqueetmente animoque: ablatifs de relation (Gr. lat., 303). —Agunt, ils vivent. Cf. 17, note2.[10]Cetera. Cf. 17, note2.[11]Nisi quod: cf. 25, note8. —Solo et cælo. Tacite reconnaît, en dehors de l’influence de la race, l’influence du milieu.[12]Non numeraverim: cf. 2, note2. —Quanquam: cf. 28, note16.[13]Decumates agros, terres qui paient la dîme. Cf.lexique des noms propres. —Exercentindique un travail pénible. Tacite aime à employer un mot caractéristique au lieu du terme général qui serait icicolunt. Cf. note5.[14]Levissimus quisque: cf. 15, note2.Audaxdevrait être également au superlatif.[15]Mox: cf. 10, note4. —Limite acto. Il ne s’agit pas d’une simple frontière mais d’un rempart véritable qui, commencé sous Domitien et continué sous Trajan, ne fut achevé que par Hadrien; de là son nom devallum hadrianum. Il s’étendit alors depuis le Danube près de Ratisbonne jusqu’au Rhin près de Cologne. — Sur l’expressionlimitem agere, cf. Virg.,Énéide, X, 514,limitem agit ferro. —Sinus, enclave.[16]Provinciæ. Une partie des champs décumates était rattachée à la Germanie supérieure, l’autre à la Rhétie. —Habentur: grammaticalement le sujet de ce verbe doit être le même que celui deoccupavereou plutôt deexercent; mais logiquement, dans la pensée de l’auteur, il s’agit des champs décumates eux-mêmes.Habenturparaît être ici le simple équivalent desunt.

[1]Non multum ex ripa, une petite partie de la rive.Excommedea souvent le sens partitif. Il s’agit de la rive gauche du Wahal et de la Meuse.

[2]Insulam. L’île des Bataves est bornée au nord par une branche du Rhin et au sud par le Wahal et la Meuse, mais Tacite ne se trompe pas en l’appelantinsulam Rheni, car les eaux de ce fleuve l’entourent réellement. Cf.Histoires, IV, 12:Insulam... quam mare oceanus a fronte, Rhenus amnis tergum ac latera circumluit.

[3]Fierent. Ce subjonctif de la proposition relative (Gr. lat., 503) marque la conséquence et non le but: «où ils étaient destinés à devenir».

[4]Honos et insigne: cf. 25, note7. —Insignene fait qu’expliquerhonosen indiquant qu’il constitue un trait distinctif. Cf. 38, note3. Traduisez: «Il leur reste un privilège, marque certaine d’une antique alliance, c’est que...»

[5]Contemnuntur,atterit(eos). Remarquez l’énergie de l’expression et le changement subit du sujet. Cf. note13.

[6]In usum, pour servir. Tacite donne volontiers àindeux emplois rares à l’époque classique: 1opour marquer le résultat (Cf. 23, note2); 2opour marquer le but, au lieu dead.

[7]Tela atque arma, armes offensives et défensives.

[8]Ultra Rhenum ultraque veteres terminos. Dans Tacite,et,que,nequesont souvent explicatifs, au lieu d’une apposition. Cf.Agricola, 4:De limine imperii et ripa, au delà du Rhin qui était l’ancienne frontière.

[9]Sede finibusqueetmente animoque: ablatifs de relation (Gr. lat., 303). —Agunt, ils vivent. Cf. 17, note2.

[10]Cetera. Cf. 17, note2.

[11]Nisi quod: cf. 25, note8. —Solo et cælo. Tacite reconnaît, en dehors de l’influence de la race, l’influence du milieu.

[12]Non numeraverim: cf. 2, note2. —Quanquam: cf. 28, note16.

[13]Decumates agros, terres qui paient la dîme. Cf.lexique des noms propres. —Exercentindique un travail pénible. Tacite aime à employer un mot caractéristique au lieu du terme général qui serait icicolunt. Cf. note5.

[14]Levissimus quisque: cf. 15, note2.Audaxdevrait être également au superlatif.

[15]Mox: cf. 10, note4. —Limite acto. Il ne s’agit pas d’une simple frontière mais d’un rempart véritable qui, commencé sous Domitien et continué sous Trajan, ne fut achevé que par Hadrien; de là son nom devallum hadrianum. Il s’étendit alors depuis le Danube près de Ratisbonne jusqu’au Rhin près de Cologne. — Sur l’expressionlimitem agere, cf. Virg.,Énéide, X, 514,limitem agit ferro. —Sinus, enclave.

[16]Provinciæ. Une partie des champs décumates était rattachée à la Germanie supérieure, l’autre à la Rhétie. —Habentur: grammaticalement le sujet de ce verbe doit être le même que celui deoccupavereou plutôt deexercent; mais logiquement, dans la pensée de l’auteur, il s’agit des champs décumates eux-mêmes.Habenturparaît être ici le simple équivalent desunt.

30.Ultra hos Chatti[1]initium sedis ab Hercynio saltu[2]inchoant[3], non ita effusis[4]ac palustribus locis, ut ceteræ civitates, in quas Germania patescit: durant siquidem colles, paulatim rarescunt, et Chattos suos[5]saltus Hercynius prosequitur simul atque deponit. Duriora genti corpora, stricti[6]artus, minax vultus et[7]major animi vigor. Multum, ut inter Germanos[8], rationis[9]ac sollertiæ: præponere[10]electos, audire præpositos, nosse ordines[11], intelligere occasiones, differre impetus, disponere diem, vallarenoctem, fortunam inter[12]dubia, virtutem inter certa numerare, quodque rarissimum nec nisi Romanæ disciplinæ concessum, plus reponere in duce quam in exercitu. Omne robur in pedite, quem super[13]arma ferramentis[14]quoque et copiis onerant: alios ad prœlium ire videas, Chattos ad bellum. Rari excursus[15]et fortuita pugna. Equestrium sane virium id proprium, cito parare victoriam, cito cedere: velocitas juxta formidinem[16], cunctatio propior constantiæ est.

30.Ultra hos Chatti[1]initium sedis ab Hercynio saltu[2]inchoant[3], non ita effusis[4]ac palustribus locis, ut ceteræ civitates, in quas Germania patescit: durant siquidem colles, paulatim rarescunt, et Chattos suos[5]saltus Hercynius prosequitur simul atque deponit. Duriora genti corpora, stricti[6]artus, minax vultus et[7]major animi vigor. Multum, ut inter Germanos[8], rationis[9]ac sollertiæ: præponere[10]electos, audire præpositos, nosse ordines[11], intelligere occasiones, differre impetus, disponere diem, vallarenoctem, fortunam inter[12]dubia, virtutem inter certa numerare, quodque rarissimum nec nisi Romanæ disciplinæ concessum, plus reponere in duce quam in exercitu. Omne robur in pedite, quem super[13]arma ferramentis[14]quoque et copiis onerant: alios ad prœlium ire videas, Chattos ad bellum. Rari excursus[15]et fortuita pugna. Equestrium sane virium id proprium, cito parare victoriam, cito cedere: velocitas juxta formidinem[16], cunctatio propior constantiæ est.

[1]Chatti: auj. les Hessois. Cf.lexique.[2]Hercynio saltu: cf. 28, note7, et lelexique.[3]Initium inchoare. Cette expression, qui nous semble pléonastique, est tout à fait dans le génie de la langue latine, qui aime à rapprocher deux mots de sens analogue. Cf. Cicéron:Eligendi optio, et au chap.31,visu mitiore mansuescunt.[4]Effusis locis, pays de plaines.[5]Suos. Ce fait que le pays des Chattes s’étend tout entier dans la Forêt Noire, crée une sorte de lien entre cette contrée et ses habitants. —Prosequitur simul atque deponit, les accompagne et les dépose. Les terrains montagneux sur lesquels vivent les Chattes s’abaissent au niveau de la plaine à leur frontière même et semblent les déposer, c’est-à-dire finissent avec eux. La couleur poétique est ici sensible. Cf. 34, note6.[6]Stricti, durs, nerveux. Cf. 17, note3.[7]Etdoit être répété entre tous les termes d’une énumération (Gr. lat., 534), mais cette règle est souvent violée par Tacite dans lesHistoireset lesAnnales. Ici il n’y a véritablement que trois termes sans liaison: le troisième se subdivise en deux plus étroitement unis.[8]Ut inter Germanosrestreint la portée du jugement (Gr. lat., 534,pour).[9]Rationis, non pas intelligence en général, mais réflexion, calcul, opposé à l’irréflexion qui obéit au premier mouvement.[10]Præponere: cet infinitif et ceux qui suivent développent les mots précédents en expliquant en quoi consiste l’habileté des Chattes.[11]Nosse ordines, garder les rangs dans le combat. —Vallare noctem, fortifier la nuit, c.-à-d. la rendre sûre en s’abritant derrière des retranchements.[12]Inter, «au nombre de», comme faisant partie de. Cf. 32, note6. —Rarissimum (est).[13]Super=præter, outre. On rencontre dansla Germaniedeux emplois desuperqui ne se trouvent ni dans Cicéron ni dans César: 1osuperpourpræter. Cf.43,super vires; 2oau delà de, plus de. Cf.33,super sexaginta millia ceciderunt.[14]Ferramentis, outils de fer. —Copiis, vivres.[15]Excursus, excursion, sortie, c.-à-d. attaque soudaine qui a pour résultat une bataille imprévue:fortuita pugna.[16]Juxta formidinem, est voisine, touche de près à la peur. Cf. 21, note5.

[1]Chatti: auj. les Hessois. Cf.lexique.

[2]Hercynio saltu: cf. 28, note7, et lelexique.

[3]Initium inchoare. Cette expression, qui nous semble pléonastique, est tout à fait dans le génie de la langue latine, qui aime à rapprocher deux mots de sens analogue. Cf. Cicéron:Eligendi optio, et au chap.31,visu mitiore mansuescunt.

[4]Effusis locis, pays de plaines.

[5]Suos. Ce fait que le pays des Chattes s’étend tout entier dans la Forêt Noire, crée une sorte de lien entre cette contrée et ses habitants. —Prosequitur simul atque deponit, les accompagne et les dépose. Les terrains montagneux sur lesquels vivent les Chattes s’abaissent au niveau de la plaine à leur frontière même et semblent les déposer, c’est-à-dire finissent avec eux. La couleur poétique est ici sensible. Cf. 34, note6.

[6]Stricti, durs, nerveux. Cf. 17, note3.

[7]Etdoit être répété entre tous les termes d’une énumération (Gr. lat., 534), mais cette règle est souvent violée par Tacite dans lesHistoireset lesAnnales. Ici il n’y a véritablement que trois termes sans liaison: le troisième se subdivise en deux plus étroitement unis.

[8]Ut inter Germanosrestreint la portée du jugement (Gr. lat., 534,pour).

[9]Rationis, non pas intelligence en général, mais réflexion, calcul, opposé à l’irréflexion qui obéit au premier mouvement.

[10]Præponere: cet infinitif et ceux qui suivent développent les mots précédents en expliquant en quoi consiste l’habileté des Chattes.

[11]Nosse ordines, garder les rangs dans le combat. —Vallare noctem, fortifier la nuit, c.-à-d. la rendre sûre en s’abritant derrière des retranchements.

[12]Inter, «au nombre de», comme faisant partie de. Cf. 32, note6. —Rarissimum (est).

[13]Super=præter, outre. On rencontre dansla Germaniedeux emplois desuperqui ne se trouvent ni dans Cicéron ni dans César: 1osuperpourpræter. Cf.43,super vires; 2oau delà de, plus de. Cf.33,super sexaginta millia ceciderunt.

[14]Ferramentis, outils de fer. —Copiis, vivres.

[15]Excursus, excursion, sortie, c.-à-d. attaque soudaine qui a pour résultat une bataille imprévue:fortuita pugna.

[16]Juxta formidinem, est voisine, touche de près à la peur. Cf. 21, note5.

31.Et aliis Germanorum populis usurpatum[1]raro et privata cujusque audentia apud Chattos in consensum[2]vertit, ut primum adoleverunt, crinem barbamque submittere, nec nisi hoste cæso exuere votivum obligatumque[3]virtuti oris habitum. Super[4]sanguinem et spolia revelant frontem, seque tum demum pretia nascendi retulisse dignosque patria ac parentibus ferunt. Ignavis et imbellibus manet squalor[5]. Fortissimus quisque[6]ferreum insuper anulum (ignominiosum id genti) velut vinculum gestat, donec se cæde hostis absolvat[7]. Plurimis[8]Chattorum hic placet habitus, jamque canent insignes[9]et hostibus simul suisque monstrati. Omnium penes hos initia pugnarum, hæc[10]prima semper acies, visu nova: nam ne in pace quidem vultu mitiore[11]mansuescunt. Nulli domus aut ager aut aliqua cura: prout ad quemque[12]venere, aluntur, prodigi alieni, contemptores[13]sui, donec exsanguis senectus tam duræ virtuti impares[14]faciat.

31.Et aliis Germanorum populis usurpatum[1]raro et privata cujusque audentia apud Chattos in consensum[2]vertit, ut primum adoleverunt, crinem barbamque submittere, nec nisi hoste cæso exuere votivum obligatumque[3]virtuti oris habitum. Super[4]sanguinem et spolia revelant frontem, seque tum demum pretia nascendi retulisse dignosque patria ac parentibus ferunt. Ignavis et imbellibus manet squalor[5]. Fortissimus quisque[6]ferreum insuper anulum (ignominiosum id genti) velut vinculum gestat, donec se cæde hostis absolvat[7]. Plurimis[8]Chattorum hic placet habitus, jamque canent insignes[9]et hostibus simul suisque monstrati. Omnium penes hos initia pugnarum, hæc[10]prima semper acies, visu nova: nam ne in pace quidem vultu mitiore[11]mansuescunt. Nulli domus aut ager aut aliqua cura: prout ad quemque[12]venere, aluntur, prodigi alieni, contemptores[13]sui, donec exsanguis senectus tam duræ virtuti impares[14]faciat.

[1]Usurpatumest employé substantivement et équivaut à une proposition relative:quod usurpatur raro et privata cujusque audentia. Il est expliqué appositionnellement par les infinitifssubmittere,exuere.[2]Consensum, coutume acceptée par tous.[3]Votivum obligatumque, voué et consacré au courage, c.-à-dire par lequel ils s’obligent à se conduire vaillamment. —Habitum. Cf. 17, note9.[4]Super: parce que la victime est considérée comme gisant à leurs pieds. —Revelant, ils découvrent (en coupant leurs cheveux). —Pretia nascendi retulisse, avoir payé la dette de leur naissance, le prix de leur existence, mérité la vie qu’ils ont reçue.[5]Squalor, l’aspect hideux que leur donne une chevelure longue et inculte.[6]Fortissimus quisque: cf. 15, note2.[7]Donec absolvat: cf. 2, note11.[8]Plurimis, un grand nombre. Cf. 13, note12.[9]Jamque canent insignes=jam canentes insignes sunt.Insignisse dit proprement de celui qui porte un signe spécial auquel on le reconnaît. Cf. Virg.,Én., VI, 167:Et lituo pugnas insignis obibat et hasta. —Monstrati. C’est une marque de célébrité bien connue. Cf. Horace,Od., IV, 2.Quod monstror digito prætereuntium. Perse, I, 28:At pulchrum est digito monstrari et dicier: hic est.[10]Hæc. C’est d’eux qu’est formé le premier rang. —Nova, nouveau, par conséquent inaccoutumé, surprenant, étrange. Cf.43:novum ac velut infernum aspectum.[11]Mitiore: prolepse. L’adjectif marque d’avance le résultat. Cf. 30, note3.[12]Prout ad quemque: cf. 28, note4.[13]Contemptores, sans souci de. —Sui: génitif desuum.[14]Impares, inégaux, qui ne sont pas à la hauteur de; c.-à-d. incapables de soutenir cette sauvage bravoure.

[1]Usurpatumest employé substantivement et équivaut à une proposition relative:quod usurpatur raro et privata cujusque audentia. Il est expliqué appositionnellement par les infinitifssubmittere,exuere.

[2]Consensum, coutume acceptée par tous.

[3]Votivum obligatumque, voué et consacré au courage, c.-à-dire par lequel ils s’obligent à se conduire vaillamment. —Habitum. Cf. 17, note9.

[4]Super: parce que la victime est considérée comme gisant à leurs pieds. —Revelant, ils découvrent (en coupant leurs cheveux). —Pretia nascendi retulisse, avoir payé la dette de leur naissance, le prix de leur existence, mérité la vie qu’ils ont reçue.

[5]Squalor, l’aspect hideux que leur donne une chevelure longue et inculte.

[6]Fortissimus quisque: cf. 15, note2.

[7]Donec absolvat: cf. 2, note11.

[8]Plurimis, un grand nombre. Cf. 13, note12.

[9]Jamque canent insignes=jam canentes insignes sunt.Insignisse dit proprement de celui qui porte un signe spécial auquel on le reconnaît. Cf. Virg.,Én., VI, 167:Et lituo pugnas insignis obibat et hasta. —Monstrati. C’est une marque de célébrité bien connue. Cf. Horace,Od., IV, 2.Quod monstror digito prætereuntium. Perse, I, 28:At pulchrum est digito monstrari et dicier: hic est.

[10]Hæc. C’est d’eux qu’est formé le premier rang. —Nova, nouveau, par conséquent inaccoutumé, surprenant, étrange. Cf.43:novum ac velut infernum aspectum.

[11]Mitiore: prolepse. L’adjectif marque d’avance le résultat. Cf. 30, note3.

[12]Prout ad quemque: cf. 28, note4.

[13]Contemptores, sans souci de. —Sui: génitif desuum.

[14]Impares, inégaux, qui ne sont pas à la hauteur de; c.-à-d. incapables de soutenir cette sauvage bravoure.


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