Chapter 35

[p. 69]PL. III,n° 29.Pl 3 29Ici on porte le corps du roi Édouard à l'églisede Saint-Pierre apôtre.Pl 3 29ab imVoici les funérailles du roi Édouard, que nous verrons, aux tableaux suivants, faire ses dernières recommandations, puis, couché sur son lit de mort. Pourquoi cette interversion de la suite naturelle des événements? C'est, dit Fowke67, pour nous montrer que le roi avait, en quelque sorte, cessé de régner avant que son âme fût séparée de son corps, et surtout pour bien faire voir que là se termine la première partie du drame. La seconde, qui a pour sujet le règlement de la succession au trône vacant, se terminera par le triomphe des prétentions normandes. Un des éléments est le testament d'Édouard, et nous allons voir ce vieux roi déclarer ses volontés à ses amis.Le couronnement de Harold est la suite directe de cette mort. La représentation des funérailles aurait distrait l'attention et ralenti l'intérêt.L'abbé Laffetay68croit à une simple interversion des dessins par les brodeuses chargées de les exécuter, et cette explication plus simple semble préférable.[p. 70]Quoi qu'il en soit, la Tapisserie nous montre d'abord l'église Saint-Pierre de Westminster: c'est un grand édifice, composé d'un chœur et d'une nef réunis par un transept; au milieu s'élève une tour lanterne69, flanquée de quatre tours plus petites; la construction est à peine achevée. Un ouvrier est en train de poser le coq sur le chevet de l'église.Le roi Édouard avait à grands frais fait élever cet édifice, qui fut consacré le 25 décembre 1065. Trop malade pour assister à la cérémonie, il y fut représenté officiellement par la reine. Une main sort du ciel pour bénir, soit l'édifice, soit le corps du roi, qui sera bientôt canonisé, et dont l'entrée au ciel, d'après les légendes, fut signalée par une foule de prodiges.C'est dans ce temple, que huit officiers du palais portent le corps du roi. Il est provisoirement renfermé dans un cercueil de parade, qui a la forme d'un édicule avec son toit, en double pente, orné de deux antéfixes. Il n'est pas sans analogie avec certaines châsses d'orfèvrerie de l'époque. La décoration consiste dans des bandes horizon taies, enrichies de petits ronds et de quatre-feuilles.Selon l'usage du temps, le défunt est enveloppé dans une riche étoffe, fixée au corps par six liens. Une planche enlevée au cercueil permet de l'apercevoir. Des enfants de chœur accompagnent le convoi en sonnant des clochettes. Cette coutume s'est perpétuée pendant des siècles, dans les cérémonies funèbres. L'abbé Laffetay70dit qu'il en a trouvé des traces dans les diocèses de la Basse-Normandie,[p. 71]notamment dans celui de Bayeux. Actuellement encore les processions solennelles de la Fête-Dieu y sont souvent précédées de clochettes semblables.Un groupe de prêtres tonsurés forme le cortège et récite des prières. Leur costume diffère peu de celui des laïques; toutefois, certains portent un manteau un peu plus long. Plusieurs ont leur missel à la main, un d'eux porte une crosse. On ne peut qu'être frappé de la simplicité de ces funérailles royales.

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PL. III,n° 29.

Ici on porte le corps du roi Édouard à l'églisede Saint-Pierre apôtre.

Voici les funérailles du roi Édouard, que nous verrons, aux tableaux suivants, faire ses dernières recommandations, puis, couché sur son lit de mort. Pourquoi cette interversion de la suite naturelle des événements? C'est, dit Fowke67, pour nous montrer que le roi avait, en quelque sorte, cessé de régner avant que son âme fût séparée de son corps, et surtout pour bien faire voir que là se termine la première partie du drame. La seconde, qui a pour sujet le règlement de la succession au trône vacant, se terminera par le triomphe des prétentions normandes. Un des éléments est le testament d'Édouard, et nous allons voir ce vieux roi déclarer ses volontés à ses amis.

Le couronnement de Harold est la suite directe de cette mort. La représentation des funérailles aurait distrait l'attention et ralenti l'intérêt.

L'abbé Laffetay68croit à une simple interversion des dessins par les brodeuses chargées de les exécuter, et cette explication plus simple semble préférable.

[p. 70]Quoi qu'il en soit, la Tapisserie nous montre d'abord l'église Saint-Pierre de Westminster: c'est un grand édifice, composé d'un chœur et d'une nef réunis par un transept; au milieu s'élève une tour lanterne69, flanquée de quatre tours plus petites; la construction est à peine achevée. Un ouvrier est en train de poser le coq sur le chevet de l'église.

Le roi Édouard avait à grands frais fait élever cet édifice, qui fut consacré le 25 décembre 1065. Trop malade pour assister à la cérémonie, il y fut représenté officiellement par la reine. Une main sort du ciel pour bénir, soit l'édifice, soit le corps du roi, qui sera bientôt canonisé, et dont l'entrée au ciel, d'après les légendes, fut signalée par une foule de prodiges.

C'est dans ce temple, que huit officiers du palais portent le corps du roi. Il est provisoirement renfermé dans un cercueil de parade, qui a la forme d'un édicule avec son toit, en double pente, orné de deux antéfixes. Il n'est pas sans analogie avec certaines châsses d'orfèvrerie de l'époque. La décoration consiste dans des bandes horizon taies, enrichies de petits ronds et de quatre-feuilles.

Selon l'usage du temps, le défunt est enveloppé dans une riche étoffe, fixée au corps par six liens. Une planche enlevée au cercueil permet de l'apercevoir. Des enfants de chœur accompagnent le convoi en sonnant des clochettes. Cette coutume s'est perpétuée pendant des siècles, dans les cérémonies funèbres. L'abbé Laffetay70dit qu'il en a trouvé des traces dans les diocèses de la Basse-Normandie,[p. 71]notamment dans celui de Bayeux. Actuellement encore les processions solennelles de la Fête-Dieu y sont souvent précédées de clochettes semblables.

Un groupe de prêtres tonsurés forme le cortège et récite des prières. Leur costume diffère peu de celui des laïques; toutefois, certains portent un manteau un peu plus long. Plusieurs ont leur missel à la main, un d'eux porte une crosse. On ne peut qu'être frappé de la simplicité de ces funérailles royales.


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