[p. 106]PL. VII,n° 60.Pl 7 60Ici tombèrent Lewine et Gyrth, frères du roi Harold.Pl 7 60ab imL'artiste a tenu à représenter la mort des frères de Harold, pour rendre un très juste hommage à la valeur de deux héros, que leur parenté signalait spécialement à l'attention; et aussi, pour montrer la gravité du parjure, dont le châtiment frappait, non seulement le vrai coupable, mais encore sa famille innocente.Gyrth, d'ailleurs, méritait ici une mention particulière; car tenant compte du serment que Harold avait prêté, il avait tenté de l'écarter du champ de bataille.Guy, évêque d'Amiens, dans son poème sur la bataille de Hastings89, raconte que Gyrth mourut, frappé par Guillaume dont il avait tué le cheval.« Nam velox juvenem sequiter veluti leo frendens,Membratim perimens, hæc sibi verba dedit:Accipe promeritam nostri de parte coronam,Si periit sonipes, hanc tibi reddo pedes90. »[p. 107]Mais si le fait était exact, le dessinateur de la Tapisserie, si bien renseigné sur les exploits du vainqueur, et toujours disposé à les mettre en évidence, n'aurait pas manqué de le dire dans l'inscription.Les deux frères luttent avec l'ardeur du désespoir pour la défense de leur patrie: l'un avec la terrible hache danoise, l'autre avec la lance. Ce dernier se protège avec un bouclier rond à la boucle saillante. Ils succombent tous deux, et leur courage malheureux a été célébré par les poètes.
[p. 106]
PL. VII,n° 60.
Ici tombèrent Lewine et Gyrth, frères du roi Harold.
L'artiste a tenu à représenter la mort des frères de Harold, pour rendre un très juste hommage à la valeur de deux héros, que leur parenté signalait spécialement à l'attention; et aussi, pour montrer la gravité du parjure, dont le châtiment frappait, non seulement le vrai coupable, mais encore sa famille innocente.
Gyrth, d'ailleurs, méritait ici une mention particulière; car tenant compte du serment que Harold avait prêté, il avait tenté de l'écarter du champ de bataille.
Guy, évêque d'Amiens, dans son poème sur la bataille de Hastings89, raconte que Gyrth mourut, frappé par Guillaume dont il avait tué le cheval.
« Nam velox juvenem sequiter veluti leo frendens,Membratim perimens, hæc sibi verba dedit:Accipe promeritam nostri de parte coronam,Si periit sonipes, hanc tibi reddo pedes90. »
[p. 107]Mais si le fait était exact, le dessinateur de la Tapisserie, si bien renseigné sur les exploits du vainqueur, et toujours disposé à les mettre en évidence, n'aurait pas manqué de le dire dans l'inscription.
Les deux frères luttent avec l'ardeur du désespoir pour la défense de leur patrie: l'un avec la terrible hache danoise, l'autre avec la lance. Ce dernier se protège avec un bouclier rond à la boucle saillante. Ils succombent tous deux, et leur courage malheureux a été célébré par les poètes.