[p. 118]PL. VIII,n° 67.Pl 8 67Les Anglais sont en fuite.Pl 8 67 imEn amenant par une fuite simulée les Anglais à rompre leur ordre de bataille, et à sortir de leurs retranchements où ils étaient inexpugnables, Guillaume avait décidé du sort de la bataille. Les Normands pénétrèrent alors dans le camp, où la lutte continua âpre et sanglante, jusqu'au moment de la mort de Harold, qui fut vite connue de tous. Alors les Anglais épuisés, désormais sans chef, s'enfuirent dans toutes les directions. Les gestes, les attitudes des vainqueurs nous disent l'ardeur de la poursuite que purent seules arrêter l'obscurité de la nuit et les difficultés d'un pays inconnu et boisé.La Tapisserie nous montre avec quelle tranquillité les combattants se retirent à l'abri d'un bois, signalé par ce groupe d'arbres. Ils s'en vont sans hâte, remportant leurs masses de pierre analogues à celle que nous avons signalée au commencement de la bataille (Pl. VII, n° 59). A peine se retournent-ils pour constater que toute poursuite a cessé.Autour d'eux, sont les servants de l'armée; affolés, ils se sont emparés des chevaux et, non encore tranquillisés par la distance, ils ne cessent de les exciter et d'activer leur marche.Dans ces fuyards, on n'aperçoit aucun de ces chevaliers revêtus de la broigne, que nous avons vus se comporter si vaillamment. Auraient-ils été exterminés jusqu'au dernier,[p. 119]ou plutôt le dessinateur de la Tapisserie n'a-t-il pas tenu à rendre cet indirect hommage à leur courage et à leur héroïsme?Si maintenant nous jetons le regard sur les Normands vainqueurs, quelle différence d'aspect entre cette troupe débandée et la belle armée, si bien ordonnée, que nous avons vue avant le combat! Un seul des cinq chevaliers a conservé sa lance, les quatre autres l'ont perdue ou brisée dans le combat; trois n'ont plus de heaume. Les chevaux sont épuisés, et les cavaliers font de vains efforts pour les exciter. Un archer, entraîné par l'ardeur du combat a enfourché un cheval sans maître, et s'efforce de parachever la victoire par la poursuite acharnée des vaincus.
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PL. VIII,n° 67.
Les Anglais sont en fuite.
En amenant par une fuite simulée les Anglais à rompre leur ordre de bataille, et à sortir de leurs retranchements où ils étaient inexpugnables, Guillaume avait décidé du sort de la bataille. Les Normands pénétrèrent alors dans le camp, où la lutte continua âpre et sanglante, jusqu'au moment de la mort de Harold, qui fut vite connue de tous. Alors les Anglais épuisés, désormais sans chef, s'enfuirent dans toutes les directions. Les gestes, les attitudes des vainqueurs nous disent l'ardeur de la poursuite que purent seules arrêter l'obscurité de la nuit et les difficultés d'un pays inconnu et boisé.
La Tapisserie nous montre avec quelle tranquillité les combattants se retirent à l'abri d'un bois, signalé par ce groupe d'arbres. Ils s'en vont sans hâte, remportant leurs masses de pierre analogues à celle que nous avons signalée au commencement de la bataille (Pl. VII, n° 59). A peine se retournent-ils pour constater que toute poursuite a cessé.
Autour d'eux, sont les servants de l'armée; affolés, ils se sont emparés des chevaux et, non encore tranquillisés par la distance, ils ne cessent de les exciter et d'activer leur marche.
Dans ces fuyards, on n'aperçoit aucun de ces chevaliers revêtus de la broigne, que nous avons vus se comporter si vaillamment. Auraient-ils été exterminés jusqu'au dernier,[p. 119]ou plutôt le dessinateur de la Tapisserie n'a-t-il pas tenu à rendre cet indirect hommage à leur courage et à leur héroïsme?
Si maintenant nous jetons le regard sur les Normands vainqueurs, quelle différence d'aspect entre cette troupe débandée et la belle armée, si bien ordonnée, que nous avons vue avant le combat! Un seul des cinq chevaliers a conservé sa lance, les quatre autres l'ont perdue ou brisée dans le combat; trois n'ont plus de heaume. Les chevaux sont épuisés, et les cavaliers font de vains efforts pour les exciter. Un archer, entraîné par l'ardeur du combat a enfourché un cheval sans maître, et s'efforce de parachever la victoire par la poursuite acharnée des vaincus.