II

Toute une année encore, les autres iront à l’école, jusqu’à ce qu’elles aient leur certificat d’études. Pourtant, elles aussi sont filles de travailleurs, mais est-ce qu’elles sont bancales ! Leurs parents disent :

— Allez ! Un peu d’instruction ne peut pas leur faire de mal !

Et même les plus misérables espèrent les voir entrer un jour ou l’autre dans le commerce. La vie des ouvriers est trop dure. C’est tout juste si l’on arrive à joindre les deux bouts. En hiver, il y a le chômage forcé. Au contraire, les boutiques ont toujours une porte ouverte sur la fortune. Lorsque l’on sait s’y prendre, on attire, on garde la clientèle. Seulement, il ne faut pas s’embrouiller dans les chiffres, et une bonne écriture est utile.

Ce n’est pas elle qui peut songer à cela. D’abord, elle n’est point « parlante » ; on dirait toujours qu’elle va pleurer. Puis, avec sa « patte folle », jamais aucun garçon ne voudra d’elle. Toute sa vie, elle sera sans doute la servante des autres. Elle ira de maison en maison. Dès que l’on ne voudra plus d’elle, on lui fera signe, et elle partira comme un chien que l’on chasse. Elle ira de soupente en soupente : d’autres, avant elle, y auront couché, d’autres lui succéderont. Il y a juste la place d’un petit lit, d’une chaise, et d’une table couverte de bougie. Elle n’aura rien qui lui appartienne, que deux ou trois chemises, quelques mouchoirs, une robe, et deux tabliers. S’il n’y a plus d’ouvrage pour elle, il faudra qu’elle marche longtemps avant d’arriver au chef-lieu de canton voisin, car elle n’est pas assez forte pour se louer dans les fermes. Elle ira frapper à des portes, toute honteuse. Il faudra pourtant qu’elle se décide à parler :

— Vous n’auriez pas besoin d’une servante ?

Mais c’est une servante qui sera venue lui ouvrir.

Même ici, les « places », comme on les appelle, sont rares. Celles qui les ont s’y tiennent. La mère Panainnin a beau chercher : elle ne trouve rien.

Et voici venir « les Parisiens ». On s’occupe d’eux avec respect. Il y en a qui ont, là-bas, de magnifiques situations. Ils sont valets de chambre, et parlent, familièrement, de l’Arc-de-Triomphe, comme d’un vieil homme inoffensif au nez duquel, chaque matin, ils secouent les tapis. D’autres sont employés dans des bureaux où ils gagnent jusqu’à cent vingt-cinq francs par mois, et l’on dit :

— En voilà, qui ont de l’avenir devant eux ! Et, en attendant, ils peuvent mettre de l’argent de côté.

Ceux qui se sont mariés là-bas ramènent avec eux leurs jeunes femmes, toutes très distinguées. Il y en a qui travaillent dans des maisons de couture où elles se font, en hiver, des trois francs par jour. Et c’est joli, n’est-ce pas ? une jeune femme qui, par elle-même, en travaillant de huit heures du matin à huit heures du soir, arrive à gagner trois francs ! Ce n’est pas comme dans nos pays où l’on peut tout juste manger des pommes de terre, et boire de l’eau du puits. Et les hommes se retournent au passage des pâles, des jolies Parisiennes qu’ils voudraient sentir ; et les jeunes filles dévisagent les jeunes gens qui arrivent de là-bas. Il y en a qui demandent à un valet de chambre :

— Comme ça doit être intéressant, d’aller au théâtre, de rentrer tard !

— Pour ça, oui, Mademoiselle. Ainsi, le Châtelet, c’est magnifique, ce qu’on y joue !

On leur dit encore :

— Est-ce que c’est vrai, ce que les journaux ont raconté du premier Mai, place de la République ?

Des vieux, qui n’ont pas revu Paris depuis le Second Empire, demandent gravement, la tête branlante, s’il y a quelque chose de changé.

Il y a aussi les touristes. Ils arrivent en voiture, ou tassés dans des autos qui font trop de bruit, et qui sentent le pétrole.

Les Boussard ont, eux aussi, leurs « Parisiens ». La « Glaudine » est une dame importante, — qui n’a pas l’air de se rappeler qu’elle est la sœur de Boussard, — grasse, et qui parle en grasseyant ; elle porte un jupon de soie, des bottines vernies, et un chapeau à fleurs. « Monsieur Glaudine » est un petit homme au visage rasé, aux mains blanches. Eux aussi ont à Paris une belle situation : ils sont valet et femme de chambre, et jamais on ne parle d’eux sans ajouter :

— Pour sûr qu’ils n’ont pas à se tourmenter ! Ils ont du pain assuré pour jusqu’à la fin de leurs jours, et même plus longtemps encore.

Boussard était venu les prendre, au saut de la diligence, dans sa minuscule voiture à âne. Ils s’y tassèrent à trois en plus des paquets et d’une énorme malle. Par amour-propre, l’âne trotta tout le long de la grand’rue et tant que la route qui menait au village fut bordée de maisons ; mais son allure se ralentit dès qu’apparurent les premiers taillis, et bientôt il refusa d’avancer, malgré les coups, autrement qu’au pas. Boussard et monsieur Glaudine descendirent, faisant en sorte de ne pas marcher trop vite, de peur de laisser derrière eux la voiture. La Glaudine, étalée à son aise sur la banquette, exagérait la joie qu’elle éprouvait de revenir au pays.

Lui, en grand seigneur, offrait à Boussard, tout confus, des cigarettes couchées dans un étui.

On les voit tous les Dimanches à la grand’messe, car ils sont très distingués ; il n’y a que les gens de peu qui se moquent de la religion, et monsieur Glaudine ne manque jamais de donner deux sous à la quête. Elle, elle a fait cadeau à Marguerite d’une robe neuve admirable, quoique non ajustée. Les manches sont à la dernière mode, et deux mains rougeaudes en sortent qu’égratignèrent les ronces, les épines. Au-dessus du col de dentelle blanche, se dresse une tête brûlée par le soleil et coiffée d’un chapeau de paille à trente sous, car la tante n’a apporté que la robe. Au sortir de la grand’messe, ils s’arrêtent chez les Panainnin. La Bancale n’a point, elle, de tante qui lui apporte des robes.

On commence à parler du départ d’Augustine, à qui les Glaudine ont trouvé une place à Paris. Augustine ne cache point sa joie : enfin, elle va donc voyager ! On ne la voit presque plus dans les rues : toute la journée, elle travaille à son trousseau. Quinze jours avant son départ, elle sort, du fond de la cave, une vieille malle moisie qui eût peut-être mieux aimé, elle, rester ici, la nettoie, l’essuie. Et les bancales sont faites pour rester dans les petites villes, à porter de pauvres robes : à Paris, tout le monde se moquerait d’elles.

Les Dimanches de Septembre sont venus, avec un peu de brume, le matin, dans les rues et sur les prés. Les feuilles frissonnent continuellement, comme si elles avaient peur de la mort qu’elles sentent rôder ; on ne recherche plus l’ombre qui sort des maisons et des arbres : on se moque du soleil comme d’un vieux qui tremble. Dans les prés sont des bœufs pour qui c’est Dimanche : ils se reposent des fatigues de la semaine, et, comme ils sont loin de l’église, les clochettes des vaches sonnent pour eux.

Les Parisiens, eux aussi, commencent de songer à leurs malles. La grande ville leur a fait signe. Elle leur a écrit :

— J’ai besoin de vous, et vous ne pouvez vous passer de moi. Les petites villes, dès l’automne sont mornes, et chaque jour, dès le crépuscule, sont mortes. C’est alors que je commence à vivre, à resplendir. J’ai des milliers d’yeux qui luisent, qui flamboient à l’heure où, dans des milliers de petits bourgs, on allume, au coin de quelques rues, d’invisibles réverbères. J’ai des milliers de voix qui bruissent lorsque, dans vos bois, on n’entend que siffler le vent. Bien avant de m’avoir retrouvée, vous me reconnaîtrez à l’immense lueur qui, déferlant comme une mer le long de mes boulevards, de mes avenues, va mourir, loin de moi, sur la grève de mes banlieues, ou, montant à l’assaut du ciel nocturne, s’arrête pour m’entourer le front d’une gigantesque auréole. Laissez vos villages avec leurs étangs silencieux, et vos bois avec leurs petits ruisseaux où les merles et les geais criards viennent tremper leurs pattes jaunes et lustrer leurs ailes bleues.

On entend moins d’autos. Les vieilles maisons, qui tremblaient à leur passage, se rassurent peu à peu : elles se disaient bien, aussi, que cela ne pouvait pas durer. Les poules, dans la grand’rue, picorent à leur aise, en dames que l’on a, un instant, dérangées, heureuses de reprendre leurs habitudes. Les jeunes filles rentrent chez elles ; les hommes écoutent disparaître, un à un, les jupons bruissants.

Voici, réunis autour de la diligence, tous les Boussard, tous les Panainnin. Les Glaudine passent au conducteur, qui les empile sous la bâche, des sacs, des caisses, des cartons à chapeaux. Le père Panainnin, qui a posé sur le trottoir étroit sa scie et son carnier, les ramasse, se dépêche d’embrasser sa fille et de partir au bois. Augustine se sent tout de même le cœur gros. Marguerite, hébétée, regarde sa tante. Boussard donne un coup de main au conducteur. La mère Panainnin va de l’un à l’autre. Il n’y a que la Bancale qui pleure.

Ensuite, à cause du brouillard, tous les jours sont un peu des jours des morts. A cause de la rentrée, les rues sont encore plus silencieuses. Quand on passe près de l’école, on entend les petits épeler ensemble l’alphabet, ou une voix qui dicte aux plus grands la donnée d’un problème. On entend aussi tomber des marrons sur le sol durci de la cour. C’est elle, maintenant qu’Augustine est partie, qui fait toutes les commissions. Et, ma foi ! quand elle se souvient des difficultés qu’elle avait à apprendre ses leçons, elle est tentée de sourire de joie. Elle est débarrassée de l’école, comme si elle était une grande fille de quinze ans. Tout autour de la ville, les champs sont déserts. A peine si, dans les prés, quelques bœufs encore font tache. Parfois, à la lisière d’un bois, brusquement un chasseur apparaît : un coup de feu éclate, un peu de fumée se dissipe, va se confondre avec les fumées de l’automne. Et l’on voit des pauvres qui reviennent à la ville ou s’en vont vers leurs villages, portant des fagots de bois mort. Voici venu le temps des veillées, du vent contre les portes, du feu clair sous les marmites noires de suie.

Elle reste des après-midi entières au coin du feu, sous le manteau de la cheminée. Un pâle rayon de soleil n’a pas la force de traverser les rideaux de la fenêtre. Elle sent la présence réelle de l’automne, aux poules qui se hérissent dehors, aux branches des tilleuls qui, fatiguées d’avoir porté des feuilles tout l’été, se secouent, aux capelines des vieilles, aux lourdes casquettes des vieux.

De temps en temps, la mère Panainnin lui dit :

— Marie-Louise, tu vas venir au lavoir avec moi.

Mais c’est seulement lors des lessives importantes pour les gens huppés qui ne regardent pas à salir du linge, ou pour des familles de petits bourgeois riches d’enfants. Il faut, en arrivant, casser la glace, qui, les jours de grand froid, tout de suite se reforme. Elle hésite à tremper ses mains dans l’eau. Elle n’a guère la force de tordre les draps. Les chemises que l’on étend sur la perche sèchent immédiatement : elles deviennent raides, comme empesées. On a beau emporter un fourneau, avec de la braise, sur lequel on garde constamment de l’eau chaude : il n’en faut pas moins tremper ses mains dans l’eau du lavoir. Celles qui ont des engelures, des crevasses, sont bien malheureuses, mais elles ne se plaignent pas. Elles n’ont été créées que pour laver. Les riches ont besoin de linge propre. Il faut des laveuses qui gagnent vingt sous par jour. Sans doute, à ce métier, on met du temps à se faire des rentes ; on n’y arrive même jamais. Seulement, on n’y songe pas.

Le père Panainnin, qui ne va plus au bois à cause de la neige, fait des journées chez les riches. Il fend et scie les bûches qu’il empile ensuite dans les caves. A force d’abattre et de scier du bois, toujours plié, pour ainsi dire, en deux, il se voûte, et marche de plus en plus péniblement. Il rentre manger à midi ; il trouve la soupe qui l’attend, en fumant, sur la table. La Bancale ne lui demande rien. Il n’a rien à lui dire. Le soir, il arrive un peu après le crépuscule. Pour ne pas user inutilement de la bougie, il s’asseoit près du feu ; à la lueur de la flamme dansante, il écosse des haricots, rafistole des paniers usés. C’est un vieil homme de plus en plus taciturne, que l’on ne voit jamais se fâcher ni sourire. Il continue, malgré l’âge et la fatigue, à travailler, parce qu’il faut que les pauvres gagnent leur pain de chaque jour. Il n’a pas de regrets. Il ne dit point :

— J’aurais pu m’arranger d’une autre façon, et maintenant je me reposerais en fumant ma pipe et en buvant la goutte.

Ces vieux-là n’ont jamais voyagé. Ils ne peuvent pas lire les journaux, parce qu’ils ne sont pas allés, jadis, à l’école. Lorsqu’ils voient, sur la couverture violemment illustrée duSupplément du Petit Journal, un homme poignardant une femme dont le sang gicle, ils secouent la tête en murmurant :

— Ah ! Il s’en passe, des drôles d’affaires, à Paris !

Il va rarement à l’auberge, ce café des pauvres, où ils peuvent fumer, cracher par terre, les coudes sur la table, comme chez eux, mais en buvant du vin, eux qui, d’un bout à l’autre de l’année, ne connaissent que le goût de l’eau des puits, ou des sources dans les bois. Les jours d’auberge, il aime dire :

— Aussitôt que j’ai été en âge de gagner ma vie, vers six ans, on m’a mis dans une ferme, à garder les cochons. Maintenant, c’est plus ça. On va en classe jusqu’à des douze ans !

Il disait aussi :

— Dans le temps, j’ai été bête : j’aurais pu aller à Paris. Je devais entrer chez… Comment donc que vous l’appelez ? C’est, sauf votre respect, pour vider les cabinets…

— Chez Richer, sans doute ?

— Oui, c’est ça, mon cher monsieur : chez Richer. Paraît que c’est une maison sérieuse, qu’on s’y fait de bonnes journées, et qu’on ne chôme jamais. Seulement je venais de me marier, et ça nous embêtait de partir.

Ces minutes de retour en arrière étaient rares. Il avançait dans la vie comme un bœuf placide, patient, que l’on ne dételle jamais.

La mère Panainnin ne finissait pas ses journées de bonne heure. Il fallait laver jusqu’à la nuit, puis charger le linge sur une brouette, le ramener, et l’étendre, lorsqu’il pleuvait, qu’il neigeait, dans un grenier, sous un hangar. Puis on mangeait dans la cuisine des riches et, entre laveuses, on s’attardait, et l’on savait bien distinguer les bonnes maisons où l’on vous donne, pour deux, un litre de vin, à chacune le café et la goutte, de celles où l’on a l’air de dire : C’est bien bon pour elles ! ou : Elles en auront toujours assez.

C’était une vieille femme bavarde comme toutes les laveuses. Entre deux coups de battoir, elle disait :

— Allez ! On a rudement de la chance que l’Augustine soit partie ! Elle est on ne peut mieux. Son monsieur et sa dame sont aux petits soins pour elle.

Et la mère Lécrevisse, une autre vieille laveuse, ripostait :

— Ma foi, à t’entendre, ils lui portent tous les matins son chocolat au lit. Ils vont peut-être prendre une bonne pour la servir !

— Est-ce que je sais, moi ? disait la mère Panainnin. Il y a du si brave monde sur terre !

Février, en même temps qu’il agita les grelots de son Carnaval, — un pauvre mardi-gras de petite ville où quelques gamins masqués s’efforcent, en pure perte, de semer par les rues la gaîté ou l’effroi, — mit en branle la cloche de l’église pour appeler, aux premières prières du carême, les âmes pieuses. Et ce fut, chaque soir, une procession de vieilles femmes aux mantes noires. Elles faisaient craquer, sous leurs galoches, la neige durcie ; parfois, manquant de glisser, elles se retenaient au bras l’une de l’autre, en poussant de petits cris. De grandes filles profitaient, chaque Vendredi, du chemin de la croix, pour s’en aller le soir, dans l’ombre, du côté de l’église où les attendaient leurs amoureux. Elles partaient, emmitoufflées. Pour faire acte de présence, elles allaient s’agenouiller au fond de la nef obscure. Tout le temps que durait la cérémonie, elles pouffaient de rire. Elles étaient dehors avant que ce ne fût fini. La Bancale n’avait ni amoureux, ni amie. D’ailleurs, elle ne tenait pas à sortir. Après la soupe, elle se couchait. Pour s’endormir plus vite, elle se tournait du côté du mur. Elle se faisait petite dans le grand lit où elle avait toutes ses aises depuis le départ d’Augustine. Panainnin ronflait. Toute seule sur la cheminée, la bougie attendait, comme quelqu’un qui s’ennuie, cligne des yeux et voudrait bien dormir aussi, que la mère Panainnin rentrât.

Dans la vie aussi, elle se faisait petite, pour que le Destin passât à côté d’elle sans la voir. Elle avait ses habitudes, ses manies d’enfant de douze ans qu’elle retrouvait, chaque matin, au saut du lit. Elle ne s’estimait plus malheureuse, maintenant. On n’avait pas le temps de la battre.

C’était entendu depuis des mois : le Lundi de Pâques, avec sa mère, elle alla chez les Boussard. Elles partirent de bon matin. Elle n’aurait pas demandé mieux que de partir encore plus tôt, tellement elle avait attendu ce jour. Le ciel, d’un bleu infini, comme récemment lavé, s’étalait au-dessus des tilleuls déjà verts, des toits de tuiles rouges, et s’accordait avec la cime des bois qui limitent l’horizon. Elle éprouvait une grande joie à respirer le parfum des violettes, à écouter courir dans les fossés l’eau des ruisseaux. Mais elle eut bien du mal à ne pas rester en chemin. Elle traînait la jambe. Son ombre s’inclinait en de successifs petits saluts. La mère Panainnin avait son panier au bras. Ce fut une belle journée. La matinée passa vite. Elle n’avait jamais vu le village, qui lui parut bien petit, beaucoup plus petit que la petite ville. Il n’y avait même pas de grand’rue. L’après-midi, elle eut un peu mal à la tête. Marguerite lui faisait tout voir ; elle disait :

— C’est notre maison. Elle est à nous.

Elle était déjà sage, pratique comme une vieille paysanne. Elle savait ce que, bon an, mal an, le champ rapportait de boisseaux de blé, ce que coûtaient à nourrir les vaches et l’âne. Elle savait aussi que, plus tard, elle vivrait dans ce village, chez elle, qu’elle travaillerait pour son compte. Elle disait à la Bancale :

— Moi, je n’aurai jamais besoin de me placer chez les autres.


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