Chapter 9

[1]Le château de Villette qui, après la mort du marquis de Grouchy, devint la propriété du maréchal fut vendu par celui-ci, sous la Restauration, à l’époque de son exil en Amérique. Il était, récemment encore, la propriété de Mmela comtesse de Castelbajac, née de Thermes.[2]Les Grouchy possédaient les fiefs de Monterollier, de Robertot, de la Chaussée, etc. Ils portaientd’or fretté de six pièces d’azur, en cœur, sur le tout d’argent à trois trèfles de sinople(lettres patentes de décembre 1671);—sur la généalogie de cette famille, voir lesMémoires du Maréchal de Grouchy, Dentu, Paris, 1873, t. I, p.IVet seq.; mais consulter surtout à la bibliothèque nationale, au département des Manuscrits, fonds latins 17803, no60 et, au cabinet des Titres, no1397, un travail très important de M. le vicomte de Grouchy. Celui-ci est encore l’auteur des Vies de Nicolas de Grouchy (Caen 1878) et de Thomas de Grouchy, sieur de Robertot; cette dernière en collaboration avec le comte de Marsy (Gand, 1886).[3]En secondes noces. De son premier mariage, il n’avait pas eu d’enfants.[4]Il était né en octobre 1714.[5]Les lettres que je donne sont toutes, sauf mention contraire, inédites. Celle-ci provient des archives Fréteau de Pény. A l’avenir je me bornerai à indiquer la source.[6]Archives du Paty de Clam.[7]Fréteau de Saint-Just, conseiller maître des comptes, décédé le 30 août 1771.[8]Archives du Paty de Clam.[9]Archives du Paty de Clam.[10]Villette, 27 avril 1762. Fréteau à sa mère, née Lambert.—Archives Fréteau de Pény.[11]Les Grouchy demeuraient bien rue Royale, mais ils passaient presque toutes leurs soirées rue Gaillon où la maison était plus grande et plus commode pour les réceptions.[12]Le docteur Robinet, dansCondorcet: sa vie, son œuvre(Paris, May et Motteroz, p. 80) dit que Sophie de Grouchy naquit «au mois de septembre 1766, et non pas en 1764, comme dit Isambert». C’est là une erreur. D’abord, M. Isambert, ami très intime de la famille O’Connor ne pouvait pas se tromper sur un point aussi sérieux. De plus, le maréchal qui fut le second enfant du marquis de Grouchy, naquit le 23 octobre 1766, ce qui rend impossible la naissance de Sophie au mois de septembre de la même année. Enfin, Mmede Grouchy, dans une lettre datée de 1775, dit qu’elle jouit de la présence de sa fille depuis dix ans; et Dupaty, en décembre 1777, disait que sa nièce avait près de quatorze ans. Le doute n’est donc pas possible.[13]Sans autre date que «Jeudi, 22, 1770». Archives du Paty de Clam.[14]Archives Fréteau de Pény.[15]De Bussac, 2 novembre 1774. Archives du Paty de Clam.[16]Archives du Paty de Clam.[17]Archives du Paty de Clam. Sans date.[18]Archives du Paty de Clam. 10 avril 1775.[19]MmeO’Connor, fille de Mmede Condorcet, a laissé sur sa mère une notice manuscrite qui est aujourd’hui à la bibliothèque de l’Institut. Il résulte de ce document que la maladie de Sophie serait arrivée au couvent de Neuville. Il est certain que Mllede Grouchy fut malade à Neuville, après quelques excès de fatigue. Mais la crise qui la transforma est de 1775, et les lettres, toutes datées, que nous donnons sont formelles sur ce point.[20]Toutes trois sont extraites des Archives du Paty de Clam.[21]Mmede Grouchy tutoyait le Président, ami intime de son frère et qu’elle avait beaucoup vu, chez ses parents, quand il était au collège avec Fréteau.[22]Henri-François, qui naquit à Villette en 1773 et qui, destiné à l’ordre de Malte, fut connu dans la famille sous le nom de chevalier de Grouchy. Il fut baptisé à Condécourt le 21 juillet 1773.[23]Ils le faisaient assez souvent depuis la naissance des enfants, car Sophie, jusqu’à dix-huit ans, ne passa que trois hivers à Paris. (Notice de MmeO’Connor.)[24]L’abbé de Puisié, dont il sera question un peu plus loin.[25]Notice sur M. l’abbé Fréteau de Pény, par M. des Glajeux.[26]Cette phrase a été donnée par M. Isambert dans sa biographie de Mmede Condorcet (Hoefer-Didot). Ce qui suit a été copié sur l’original par M. le docteur Robinet qui a bien voulu me le communiquer et à qui je suis heureux d’adresser ici tous mes remerciements.[27]Archives du Paty de Clam.—La présidente à son mari, 13 novembre 1784.[28]A sa femme, 23 juin 1787. Archives Fréteau de Pény.[29]Villette, 26 décembre 1777. Archives du Paty de Clam.[30]Montfort-l’Amaury, 18 janvier 1777. Archives du Paty de Clam.—Roucher terminait ainsi: «Je viens dans mon dernier voyage à Paris de renouveler l’enthousiasme que j’y excitai il y a deux ans. C’est mon nouveaumoisde mars qui m’a valu ce dangereux honneur. La reine veut m’entendre et je paraîtrai dans cet incompréhensible pays au commencement du carême.»—Le 17 mars 1774, Mmede Grouchy écrit à Dupaty: «Ecoute mon infortune. J’avais demain à dîner Farges, l’abbé de Ris, Dussaulx, Lope et autres, les Petitval, d’Arbouville, enfin mille oreilles, pour entendre Roucher sur sa promesse et voilà que son crachement de sang le travaille de sorte que les duchesses d’Anville, de Rohan et moi, sommes au filet. Cela me fâche d’autant que le fond est triste pour le faillant. Je n’aime point cette habitude de cracher du sang. J’espère qu’il va enrayer sur le débit...»Et le 24 mars 1775, la même correspondante écrit au Président: «Hier, Roucher m’acquitta un peu ses promesses. Nous étions douze. Hélas! Il ne voulut nous dire qu’un chant, celui de Septembre, étonnant comme les autres, mais qui nous laisse trop affamés de beautés. Il part demain pour fuir la fatigue. Il est tué.»[31]C’était un ancien précepteur de la famille. Sa lettre sans date et sans signature fait partie des archives du Paty de Clam.[32]Archives Fréteau de Pény. Villette, 26 décembre 1780.[33]D’Expilly ne comptait que vingt-quatre chapitres, avec six cents sujets et 350.000 L. seulement de revenus.—V. dans laGrande Encyclopédie(publiée sous la direction de M. Berthelot), aux motsChanoinessesetFrance ecclésiastique, les deux articles si documentés de M. le pasteur E.-H. Vollet.—Voir encoreLes chapitres nobles de Dames, recherches historiques, généalogiques, etc., par Ducas (Paris, 1843, 1 vol. in-8o, extrait du tome XXI duNobiliaire universel de France, de Saint-Allais); leDictionnaire des ordres religieux(collection Migne, Paris, 1847-1859, 4 vol. in-8o);la France chevaleresque et chapitrale, par le vicomte de G. (Gabrielly), Paris, 1786, in-12; lesmémoires historiquesd’Amelot de la Houssaye (Amsterdam 1722, t. I); pour chaque province, consulter aussi leCatalogue des Gentilshommes ayant pris part aux assemblées pour les élections aux Etats-Généraux de 1789, publié par Ed. de Barthélemy et L. de Laroque (Paris, Dentu, 1865, 2 vol. in-8o). Enfin sur les chapitres de Pontsay et de Remiremont, voir aux Archives départementales des Vosges, série G.[34]Lucile de Chateaubriand, par M. Anatole France, p.XIX.[35]Ou Neuville-sur-Renom. Cette commune compte aujourd’hui 1.643 habitants; elle fait partie de l’arrondissement de Trévoux et du canton de Châtillon-sur-Chalaronne (département de l’Ain). Dans la région, sillonnée de canaux, de petites rivières et d’étangs, la culture, il y a quelques années encore, était intermittente; pendant deux ans, on labourait; puis, la troisième année, on laissait inonder le terrain qui rapportait alors un poisson renommé. Il en résultait que la topographie extérieure changeait constamment dans cette plaine élevée, en moyenne, de 250 mètres au-dessus du niveau de la mer. Aujourd’hui, les assèchements progressifs ont diminué considérablement le nombre des étangs et assaini le pays.[36]Il avait été curé du pays en 1617.[37]Supprimé en 1791, il fut rétabli en 1824 et existe encore aujourd’hui à l’état d’institution libre. Thoissey est à 17 kilomètres de Neuville, Châtillon, à six seulement.[38]La plus grande partie de ces renseignements sur l’état actuel du chapitre de Neuville est due à M. P. Carrel, curé de Neuville-aux-Dames, qui a bien voulu répondre aux questions de l’auteur avec une obligeance inépuisable.[39]Sur l’histoire du chapitre noble de Neuville, consulter une brochure de M. Henri Bouchot (Bourg, imprimerie Villefranche) et une notice de M. l’abbé Gourmand, ancien curé de Neuville.—Voir aussi les archives de Bourg, de Dijon, de Chambéry et de Turin (jusqu’en 1601, la Bresse a appartenu aux ducs de Savoie); leCatalogue des Gentilshommes, etc., publié par E. de Barthélemy et L. de Laroque (Livraison Bourgogne);Le Nobiliaire Universel de France, par Ducas et Saint-Allais (Paris, 1843, t. XXI, p. 455); enfin,La France ecclésiastique pour l’année 1789par Duchesne (Paris, 1788, p. 177 à 179). M. le pasteur E.-H. Vollet, qu’on ne consulte jamais qu’avec tant de profit sur ces questions d’histoire religieuse, a fait remarquer à l’auteur, qui est heureux de remercier ici son savant correspondant, que les renseignements contenus dans laFrance ecclésiastique pour 1789, sont inexacts en ce qui concerne l’antiquité du chapitre de Neuville, mais que, pour le reste, ils ont une réelle valeur. DansLe Cardinal de Bernis depuis son ministère, M. Frédéric Masson a parlé, page 475, d’une des chanoinesses de Neuville, Julie du Puy-Montbrun, nièce du cardinal de Bernis. Or, le chapitre de Neuville dépendait du diocèse de Lyon dont le cardinal était chanoine.[40]Avant l’époque où le Roi, par la réunion de l’abbaye de Tournus (1781), rendit les frais beaucoup moins onéreux pour les familles, il en coûtait de 30 à 40.000 livres de plus: il fallait, en effet, acquérir une adoption ou un emplacement dans le chapitre. Les adoptions coûtaient de 20 à 30.000 livres et si l’on était obligé de faire bâtir sur un emplacement, la dépense pouvait aller à 40.000 livres.[41]Correspondantdu 25 février 1896, p. 674. Louise-Marie-Victoire de Chastenay, née en 1771, au château d’Essarois, près de Châtillon-sur-Seine.[42]Taine.L’ancien Régime.[43]4 août 1785. Archives du Paty de Clam.[44]8 juin 1785. Archives du Paty de Clam.[45]3 décembre 1785. Archives du Paty de Clam.[46]1eravril 1788. Archives du Paty de Clam.[47]9 octobre 1787. Archives du Paty de Clam.[48]10 août 1785. Archives du Paty de Clam.[49]Archives du Paty de Clam.[50]Archives du Paty de Clam. 10 août 1785.[51]Archives du Paty de Clam.[52]Gouvernante de Sophie; femme de confiance de la famille de Grouchy, passée, depuis, au service de la marquise de Condorcet.[53]Neuville, 4 septembre 1785. Archives du Paty de Clam.[54]Même lettre.[55]3 décembre 1785, De Neuville, à la présidente Dupaty. Archives du Paty de Clam.[56]4 mars 1785. La présidente à son mari. Archives du Paty de Clam.[57]10 mars 1785. Archives du Paty de Clam.[58]17 mars 1785. Archives du Paty de Clam.[59]28 mars et 5 avril 1785. Archives du Paty de Clam.[60]Archives du Paty de Clam.[61]Archives du Paty de Clam.[62]4 décembre 1785. Archives du Paty de Clam.—On verra plus loin que Sophie ne partageait pas l’enthousiasme du Président pour sa belle-sœur.[63]10 ou 11 avril 1786. Archives du Paty de Clam.[64]18 avril 1786. Mmede Grouchy au Président. Archives du Paty de Clam.[65]Détail donné par MmeO’Connor dans sa notice sur sa mère (Bibliothèque de l’Institut).[66]12 octobre 1786. La Présidente à son mari. Archives du Paty de Clam.[67]La Présidente à son mari, s. d. Archives du Paty de Clam.[68]Sophie au Président, s. d. Archives du Paty de Clam.[69]Beaumarchais à Dupaty, Paris, 29 novembre (1786). Archives du Paty de Clam.[70]Sophie au Président, s. d. Archives du Paty de Clam.[71]C’était la propriété de M. Chopin de Seraincourt. C’est là que Cabanis mourut le 6 mai 1808.[72]22 août 1786. Mmede Grouchy au Président. Archives du Paty de Clam.[73]Archives du Paty de Clam.[74]MmeO’Connor, dans sa Notice sur sa mère, dit que Dupaty invita Sophie à venir passer un automne chez lui à la campagne et que c’est là que Condorcet fit sa connaissance. Il y a là une légère erreur. Jamais Dupaty n’eut de campagne à lui aux environs de Paris. Particulièrement pendant l’été et l’automne de 1786, il resta à Paris, rue de Gaillon, ne faisant que de rares apparitions soit à Villette, soit à Vaux, chez ses beaux-frères.—Jérôme Lalande est plus dans la vérité quand il prétend que c’est en voyant Sophie prodiguer les soins les plus touchants au jeune fils de Dupaty, mordu par un chien enragé, que Condorcet s’éprit d’elle.[75]C’est MmeRoland qui le définissait ainsi.[76]Le Parlement Maupeou.[77]Archives Fréteau de Pény.[78]Tout le monde cependant ne fut pas aussi bienveillant; car lesMémoires de Bachaumont, à la date du 28 décembre 1786, s’expriment ainsi: «Il en était amoureux depuis quelque temps et voilà la cause du zèle avec lequel il a défendu les trois Roués et les deux magistrats leurs protecteurs.«La semaine dernière, l’Académie des Sciences, suivant l’usage, reçoit notification de ce mariage. On nomme des députés pour aller féliciter Condorcet. On en prenait dans la classe de géométrie, dans celle d’Astronomie. «Messieurs,—s’écrie Dionis du Séjour, le farceur de la compagnie,—ce n’est pas parmi ces Messieurs qu’il faut choisir; c’est tout ce qu’il y a de mieux et de plus fort en anatomie qu’il faut envoyer à notre confrère.» Plaisanterie qui a d’autant plus fait rire que Condorcet a trente ans de plus que la demoiselle, jeune, jolie, bien découplée et morceau de dure digestion pour ce nouvel époux.»[79]De Villette, s. d. Archives du Paty de Clam.[80]Guillin, curé. Les bans avaient été publiés à Saint-André-des-Arcs.[81]Cardot était, en même temps, commis au contrôle général. Il travaillait pour Condorcet le dimanche toute la journée, et tous les jours, de 6 heures à 11 heures du soir.[82]Le jour même, ce jeune homme remit ces vers à son bienfaiteur:Après quatre ans entiers de crainte et de douleurAux pieds du sauveur de mon pèreConduit par l’amitié, dans un jour de bonheur,Je verrai mon Dieu tutélaire;Par mille infortunés, je l’entendrai bénir,S’il oublie aisément tout le bien qu’il sait faire,Mes regards et mes pleurs l’en feront souvenir.Lardoise, un des trois Roués, reçut, lui aussi, de la part de Condorcet, des preuves d’intérêt; il donna bien des ennuis à son sauveur et à la famille de Dupaty, après la mort du Président.[83]Il faut constater que cette imputation, maintenue, malgré les protestations de la famille, dans les premières éditions, ne figura plus, du vivant même de Lamartine, dans les derniers tirages de cetteHistoire des Girondins.[84]Elles sont intitulées:Remarques sur divers passages de l’Histoire des Girondins, relatifs à Condorcet.[85]A l’occasion du mariage d’Elisa de Condorcet avec le général O’Connor, la succession de Condorcet, restée jusque-là indivise entre sa femme et sa fille, fut liquidée.[86]De Villette, vendredi. Archives du Paty de Clam. Charlotte resta à Neuville jusqu’à 1789.[87]Mémoires historiques sur la vie de M. Suard, etc.,et sur leXVIIIesièclepar D.-J. Garat. Paris, 1820, 2 vol. in-8o.[88]Michelet.Les Femmes de la Révolution.[89]31 août 1787, à sa femme. Archives Fréteau de Pény.[90]Rouen, 25 décembre 1787. Archives du Paty de Clam.[91]15 octobre 1788. Archives du Paty de Clam.[92]Villette, 13 octobre 1788. Archives du Paty de Clam.[93]En allant plaider la cause des trois hommes injustement condamnés à la roue, il les sauva.[94]25 octobre 1788. Archives du Paty de Clam.[95]8 novembre 1788. Archives du Paty de Clam.[96]Eléonore Dupaty épousa, en 1797, Armand Elie de Beaumont, fils du grand avocat et père de l’illustre savant.[97]Septembre 1788.—Archives du Paty de Clam.[98]Villette, 25 octobre 1788. Archives du Paty de Clam.[99]22 décembre 1788. Archives du Paty de Clam.[100]Archives du Paty de Clam.[101]La Harpe, au lendemain de la mort de Voltaire, s’était montré plus que sévère pour le philosophe qui n’avait eu (c’est Voltaire lui-même qui parle) «que des entrailles paternelles émues de tendresse pour chacun des succès» du critique; c’était, au moins, de mauvais goût; mais c’était bien dans les habitudes de la Harpe. Condorcet s’emporta et, dans leJournal de Paris, dénonça la mauvaise action du critique; celui-ci en perdit la direction duMercure.[102]Il ne fallut pas moins que la Révolution pour fixer les idées ailleurs.—Les cours furent interrompus en 1793 et ne furent repris qu’après la Terreur, sans que le Lycée ait pu retrouver, dans cette deuxième période, son antique splendeur.—Il y eut des scènes terribles, en 1792 et 1793, et sans parler des cours faits par La Harpe, en bonnet rouge, qu’il soit permis de rappeler qu’un nommé Varlet vint lire à la tribune du Lycée un poème sur l’odieux Marat.[103]Anacharsis Clootz.[104]V.Le Salon de MmeHelvétius, p. 43 et seq.[105]Savant, propriétaire des eaux de Passy, premier maire de ce village pendant la Révolution, Le Veillard est surtout célèbre par les soins filiaux qu’il prodigua à Franklin, pendant son séjour en France.[106]Le Ray de Chaumont, ancien directeur de l’Hôtel des Invalides, grand ami des Américains, logea, chez lui, à Passy, Franklin sans vouloir rien accepter en échange.[107]Journal de la Société de 89.[108]Archives du vicomte de Grouchy.[109]Pontécoulant, 27 novembre 1789. Archives Fréteau de Pény.[110]Les tricoteuses n’avaient pas encore fait leur apparition au temps de la Constituante et qu’est-ce qu’une tricoteuse en gants de soie?[111]Notice manuscrite de MmeO’Connor sur Mmede Condorcet. (Bibliothèque de l’Institut.)[112]Notice manuscrite sur Mmede Condorcet.[113]Ibidem.[114]Ce fameux plan créait les Ecoles primaires,—les Ecoles Secondaires,—les Instituts (ou Collèges),—les Lycées (ou Facultés) et la Société nationale des sciences et arts (véritable embryon de l’Institut de France), chargée de la Direction générale de l’Enseignement public.—Il est facile de voir ce que la Convention et l’Empire surtout ont pris dans le projet de Condorcet pour leurs organisations de l’Instruction publique et de l’Université impériale.[115]Il opta pour le département de l’Aisne, où il avait des intérêts.[116]Déclaration par la citoyenne Félicité-Charlotte Grouchy, majeure, devant la municipalité, de son intention d’être imposée séparément de ses sœur et beau-frère, 4 janvier 1794.[117]Ce mariage, célébré au civil le 30 avril 1790, ne le fut à l’église que le 19 avril 1791. Talma avait dû en appeler à l’Assemblée nationale du refus du curé de Saint-Sulpice (Moniteur universel, 1790, p. 796). Julie avait sept ans de plus que Talma et possédait une grande fortune.—De ce mariage naquirent Tell, Castor et Pollux, tous trois morts en bas âge.[118]Etats de l’Opéra de 1773 à 1776, communiqués avec une bonne grâce charmante par M. Nuitter.[119]Souvenirs d’un sexagénaire, t. II, p. 133.[120]Lettre sur Julieimprimée à la suite desMélanges de Littérature.[121]M. Thiers a raconté que cette scène s’était passée chez MlleCandeille; c’est une erreur, MlleCandeille était chez Julie, ce soir-là, et elle était au piano, quand arriva Marat. Celui-ci est formel sur ce point. Vergniaud et Lasource ne le furent pas moins dans leurs interrogatoires au Tribunal révolutionnaire.—Sur Julie, consulter le dictionnaire de Jal au motTalma;les Souvenirs d’une actrice(Louise Fusil);les Souvenirs d’un sexagénaire, par Arnault; l’ouvrage de C. Vatel surVergniaud; enfin, et surtout, les articles très remarquables de M. Victor du Bled surles Comédiens français pendant la Révolution et l’Empire, dans laRevue des Deux-Mondesdes 15 avril, 1eraoût et 15 novembre 1894.[122]Voir leJournal des Débats de la Société des Jacobins, no285, 19 octobre 1792.—C’est la version donnée par Marat lui-même de sa conduite dans cette soirée.[123]Tome III, p. 375.[124]Revue Blanche, 15 mai 1896, p. 452.[125]Le Dictionnaire de la Conversation, à l’articleCondorcet, raconte, d’après un témoin oculaire, dit-il, que Condorcet, membre du Comité de la Commune, ayant assisté à un conseil sur les subsistances, conseil présidé par Louis XVI, aurait été frappé des connaissances du roi en cette matière et de la sagesse des mesures qu’il avait proposées. «Après l’avoir écouté, nous nous sommes tous regardés avec étonnement et nous n’avons réellement rien trouvé de mieux à faire que d’adopter ses vues.» Tout cela est parfaitement possible; mais il est bien difficile d’admettre, comme Aubert-Vitry voudrait le faire croire, que Condorcet ait remporté de cette séance,—en dehors du cas particulier en discussion,—l’impression que Louis XVI était un prince très éclairé, très instruit et plein de sens.C’est chez MmeDupaty qu’Aubert-Vitry aurait recueilli cette anecdote de la bouche même de Condorcet![126]Tilly, chargé d’affaires à Gênes, agent royaliste, écrivait le 27 juillet 1793 (sa lettre est évidemment très postérieure aux faits qu’elle relate, car, en juillet 1793, Condorcet était proscrit): «Pendant que Belleville avait harangué le roi des Lazzaroni en faveur de ses compatriotes, le marquis et la marquise de Condorcet avaient harangué le ministre de la marine en faveur de La Chèze (consul).» (Archives des affaires étrangères. Gênes, 1793, fo178.) La Chèze, député de Brive à la Constituante, s’était établi, grâce à son amitié avec Cabanis, chez MmeHelvétius, en 1789. Il fut cause de la brouille de Cabanis avec Morellet et du départ de celui-ci. (Voir lesMémoiresde Morellet etle Salon de MmeHelvétius.) Mmede Condorcet et les O’Connor conservèrent des relations avec La Chèze et, en juillet 1810, une lettre du général O’Connor à Parent-Réal (collection Fréd. Masson) montre que le gendre de Condorcet s’occupait encore, à cette date, des intérêts pécuniaires de MmeLa Chèze.[127]Emmanuel Jean-Baptiste Fréteau, né le 5 novembre 1775, allait atteindre sa dix-septième année quand, après les journées de septembre, il fut réquisitionné comme tous ceux qui avaient plus de seize ans. On l’envoya à Caen avec son précepteur; mais tous deux furent arrêtés à Houdan. Ils songèrent à se recommander de Condorcet qui obtint leur mise en liberté.—14 septembre 1792, MmeFréteau à son fils: «Tu auras sans doute rendu grâces, ainsi que nous, à celui qui a protégé ton innocence et sans l’appui et le secours duquel tu aurais pu courir de grands dangers. Sans doute vous aurez écrit à M. de Condorcet pour le remercier.» Archives Fréteau de Pény.[128]Voir, sur toute cette période,les Mémoires du Maréchal de Grouchy, 23 avril: «La santé de ton respectable père, dit Mmede Grouchy à son fils, est troublée par la persévérance des calomnies que l’évidence même ne peut désarmer.»[129]8 mars 1842. Lettre à Isambert (Bibliothèque de l’Institut).[130]Michelet.Les Femmes de la Révolution, p. 87.[131]Archives Fréteau de Pény.[132]12 juin 1793. Félicité à Emmanuel Fréteau. Archives Fréteau de Pény.[133]Il paraît bien que l’influence de Condorcet fut, ici, toute-puissante. M. Louis Amiable, dans une brochure surLalande franc-maçon(Paris, Charavay frères, 1889), dit, à trois reprises, pages 30 et 31, que Condorcet appartint comme franc-maçon à la loge des IX sœurs. J’ai eu entre les mains presque tous les papiers de cette loge dont mon arrière-grand-père, le poète Roucher, fut orateur et premier secrétaire et je puis affirmer que Condorcet ne figure dans aucun des tableaux de la Loge et, notamment, dans celui de 1784, où il serait inscrit certainement.Condorcet fit-il partie d’une autre Loge ou n’appartint-il jamais à la franc-maçonnerie, comme c’est mon opinion personnelle, c’est là une question intéressante, compliquée d’un fait difficilement explicable, je le reconnais; mais elle n’est encore résolue ni dans un sens, ni dans l’autre.[134]Premier registre de la paroisse d’Auteuil, folio 5.[135]23 juin 1793.—Félicité à Emmanuel Fréteau. Archives Fréteau de Pény. Ce ne fut que quelque temps après que le marquis de Grouchy fut arrêté et enfermé à Sainte-Pélagie.[136]Archives Fréteau de Pény.[137]Cette maison porte aujourd’hui le no15 de la rue Servandoni. Elle est restée extérieurement et intérieurement, à peu près dans le même état qu’en 1794. Elle conserva son no21 jusqu’en 1841; c’est de là, évidemment, qu’est venue l’erreur du docteur Robinet qui, dans sonCondorcet, dit que la maison où le philosophe vécut en 1793-1794 est la maison portant le no21 actuel de la rue Servandoni. Le même auteur dit que MmeVernet était née Marie-Rose Boucher; c’est Rose-Marie Brichet que l’on trouve dans les actes que le propriétaire actuel, M. Saunière, a bien voulu me communiquer. Cette maison porte une plaque commémorative très peu apparente, à cause de l’étroitesse de la rue, du manque de recul et de la hauteur où on l’a placée.La rue Servandoni n’a pris ce nom qu’en 1807; jusque-là, elle s’appelait rue des Fossoyeurs. C’est donc pour être très précis, au no21 de la rue des Fossoyeurs que Condorcet habita.[138]MmeO’Connor, dans une courte notice sur MmeVernet, dit qu’elle avait dû être très jolie. «Jamais on ne sut son âge, mais, à son décès, en mars 1832, elle avait plus de quatre-vingts ans.» En manuscrit à la bibliothèque de l’Institut.—Voici comment les papiers de Condorcet se trouvent dans ce riche dépôt; ils furent d’abord conservés par Mmede Condorcet, puis transmis par elle à sa fille, MmeO’Connor, qui les donna à François Arago, au moment où l’illustre astronome se chargea d’écrire l’éloge de Condorcet et de donner une édition de ses œuvres. MmeLaugier, nièce de François Arago, remit à son tour ces papiers à M. Ludovic Lalanne, bibliothécaire de l’Institut, avec mission de les offrir à la bibliothèque qu’il dirige avec tant de science et d’amabilité.[139]Parfois les anciens serviteurs de Condorcet purent aussi pénétrer auprès de lui et lui apporter, avec des nouvelles des siens, leurs soins dévoués et affectueux.[140]Sur le manuscrit autographe de laJustification, Sophie a écrit: «Quitté à ma prière pour écrire l’Esquisse des progrès de l’esprit humain.» Condorcet fit plusieurs fois passer, sous le voile de l’anonyme, des mémoires patriotiques au comité de Salut public. A propos du livre de Condorcet, imprimé en l’an VII, et intitulé:Moyen d’apprendre à compter sûrement et avec facilité, il y eut un regrettable débat entre Mmede Condorcet et J.-B. Sarret qui avait publié, à la même époque, une arithmétique élémentaire. Celui-ci fut injustement accusé de s’être approprié le manuscrit de Condorcet pour le publier sous son nom. Un verdict de l’Institut, choisi comme arbitre, innocenta complètement Sarret de tout soupçon de plagiat. Celui-ci ne conserva de cette affaire aucun mauvais souvenir puisqu’il donna, à quelque temps de là, une notice très bienveillante sur Condorcet. Pendant les huit mois de la captivité du philosophe, Sarret n’avait cessé, disait-il, d’admirer sa douceur, sa patience, le calme de son âme, sa résignation à un sort immérité, «je pourrais dire son indifférence pour lui-même, car les objets de ses plus vives sollicitudes étaient la République, sa femme, son enfant et ses amis.»[141]Fragment (mars 1794) qui était resté entre les mains de MmeVernet.[142]Testament (mars 1794).[143]Cet ouvrage est, malheureusement, non seulement inédit, mais très probablement perdu pour toujours. Malgré toutes mes recherches dans les papiers de famille, je n’ai rien pu trouver à ce sujet. Quant auxMémoires de Condorcet, en 2 vol. in-8oparus en 1824, ai-je besoin de dire qu’ils sont absolument apocryphes et, par conséquent, indignes de toute confiance.[144]Sarret ne voulut quitter le philosophe qu’à la porte de Suard, à Fontenay-aux-Roses. Suard reçut Condorcet en lui disant de revenir le soir par une porte dérobée: il lui prêta un volume d’Horace et consentit à recevoir le portrait d’Elisa que Condorcet avait sur lui et qu’il voulait faire parvenir par cette voie à Mmede Condorcet. Le soir, à l’heure convenue, la porte était fermée. Voilà comment Suard reconnaissait l’hospitalité qu’il avait reçue autrefois à la Monnaie, où Condorcet l’avait logé avant son mariage! On a cherché à laver la mémoire de Suard de ce forfait. Je crois qu’on l’a fait inutilement. Ce n’était un mystère pour personne qu’avant le mariage de MmeSuard, Condorcet en avait été éperdument épris; Suard le savait et ne le pardonna jamais à Condorcet. De plus, tous ceux qui ont connu MmeO’Connor savent à quel point elle était persuadée de ce crime. On ne pouvait pas, me dit un de ses vieux amis, prononcer le nom de Suard devant elle. MmeVernet, écrivant vers 1825, à MmeO’Connor, disait: «Ce monstre de Suard.» (Bibliothèque de l’Institut.)La même MmeVernet, dans des vers adressés à la mémoire de Condorcet, s’exprimait ainsi:

[1]Le château de Villette qui, après la mort du marquis de Grouchy, devint la propriété du maréchal fut vendu par celui-ci, sous la Restauration, à l’époque de son exil en Amérique. Il était, récemment encore, la propriété de Mmela comtesse de Castelbajac, née de Thermes.[2]Les Grouchy possédaient les fiefs de Monterollier, de Robertot, de la Chaussée, etc. Ils portaientd’or fretté de six pièces d’azur, en cœur, sur le tout d’argent à trois trèfles de sinople(lettres patentes de décembre 1671);—sur la généalogie de cette famille, voir lesMémoires du Maréchal de Grouchy, Dentu, Paris, 1873, t. I, p.IVet seq.; mais consulter surtout à la bibliothèque nationale, au département des Manuscrits, fonds latins 17803, no60 et, au cabinet des Titres, no1397, un travail très important de M. le vicomte de Grouchy. Celui-ci est encore l’auteur des Vies de Nicolas de Grouchy (Caen 1878) et de Thomas de Grouchy, sieur de Robertot; cette dernière en collaboration avec le comte de Marsy (Gand, 1886).[3]En secondes noces. De son premier mariage, il n’avait pas eu d’enfants.[4]Il était né en octobre 1714.[5]Les lettres que je donne sont toutes, sauf mention contraire, inédites. Celle-ci provient des archives Fréteau de Pény. A l’avenir je me bornerai à indiquer la source.[6]Archives du Paty de Clam.[7]Fréteau de Saint-Just, conseiller maître des comptes, décédé le 30 août 1771.[8]Archives du Paty de Clam.[9]Archives du Paty de Clam.[10]Villette, 27 avril 1762. Fréteau à sa mère, née Lambert.—Archives Fréteau de Pény.[11]Les Grouchy demeuraient bien rue Royale, mais ils passaient presque toutes leurs soirées rue Gaillon où la maison était plus grande et plus commode pour les réceptions.[12]Le docteur Robinet, dansCondorcet: sa vie, son œuvre(Paris, May et Motteroz, p. 80) dit que Sophie de Grouchy naquit «au mois de septembre 1766, et non pas en 1764, comme dit Isambert». C’est là une erreur. D’abord, M. Isambert, ami très intime de la famille O’Connor ne pouvait pas se tromper sur un point aussi sérieux. De plus, le maréchal qui fut le second enfant du marquis de Grouchy, naquit le 23 octobre 1766, ce qui rend impossible la naissance de Sophie au mois de septembre de la même année. Enfin, Mmede Grouchy, dans une lettre datée de 1775, dit qu’elle jouit de la présence de sa fille depuis dix ans; et Dupaty, en décembre 1777, disait que sa nièce avait près de quatorze ans. Le doute n’est donc pas possible.[13]Sans autre date que «Jeudi, 22, 1770». Archives du Paty de Clam.[14]Archives Fréteau de Pény.[15]De Bussac, 2 novembre 1774. Archives du Paty de Clam.[16]Archives du Paty de Clam.[17]Archives du Paty de Clam. Sans date.[18]Archives du Paty de Clam. 10 avril 1775.[19]MmeO’Connor, fille de Mmede Condorcet, a laissé sur sa mère une notice manuscrite qui est aujourd’hui à la bibliothèque de l’Institut. Il résulte de ce document que la maladie de Sophie serait arrivée au couvent de Neuville. Il est certain que Mllede Grouchy fut malade à Neuville, après quelques excès de fatigue. Mais la crise qui la transforma est de 1775, et les lettres, toutes datées, que nous donnons sont formelles sur ce point.[20]Toutes trois sont extraites des Archives du Paty de Clam.[21]Mmede Grouchy tutoyait le Président, ami intime de son frère et qu’elle avait beaucoup vu, chez ses parents, quand il était au collège avec Fréteau.[22]Henri-François, qui naquit à Villette en 1773 et qui, destiné à l’ordre de Malte, fut connu dans la famille sous le nom de chevalier de Grouchy. Il fut baptisé à Condécourt le 21 juillet 1773.[23]Ils le faisaient assez souvent depuis la naissance des enfants, car Sophie, jusqu’à dix-huit ans, ne passa que trois hivers à Paris. (Notice de MmeO’Connor.)[24]L’abbé de Puisié, dont il sera question un peu plus loin.[25]Notice sur M. l’abbé Fréteau de Pény, par M. des Glajeux.[26]Cette phrase a été donnée par M. Isambert dans sa biographie de Mmede Condorcet (Hoefer-Didot). Ce qui suit a été copié sur l’original par M. le docteur Robinet qui a bien voulu me le communiquer et à qui je suis heureux d’adresser ici tous mes remerciements.[27]Archives du Paty de Clam.—La présidente à son mari, 13 novembre 1784.[28]A sa femme, 23 juin 1787. Archives Fréteau de Pény.[29]Villette, 26 décembre 1777. Archives du Paty de Clam.[30]Montfort-l’Amaury, 18 janvier 1777. Archives du Paty de Clam.—Roucher terminait ainsi: «Je viens dans mon dernier voyage à Paris de renouveler l’enthousiasme que j’y excitai il y a deux ans. C’est mon nouveaumoisde mars qui m’a valu ce dangereux honneur. La reine veut m’entendre et je paraîtrai dans cet incompréhensible pays au commencement du carême.»—Le 17 mars 1774, Mmede Grouchy écrit à Dupaty: «Ecoute mon infortune. J’avais demain à dîner Farges, l’abbé de Ris, Dussaulx, Lope et autres, les Petitval, d’Arbouville, enfin mille oreilles, pour entendre Roucher sur sa promesse et voilà que son crachement de sang le travaille de sorte que les duchesses d’Anville, de Rohan et moi, sommes au filet. Cela me fâche d’autant que le fond est triste pour le faillant. Je n’aime point cette habitude de cracher du sang. J’espère qu’il va enrayer sur le débit...»Et le 24 mars 1775, la même correspondante écrit au Président: «Hier, Roucher m’acquitta un peu ses promesses. Nous étions douze. Hélas! Il ne voulut nous dire qu’un chant, celui de Septembre, étonnant comme les autres, mais qui nous laisse trop affamés de beautés. Il part demain pour fuir la fatigue. Il est tué.»[31]C’était un ancien précepteur de la famille. Sa lettre sans date et sans signature fait partie des archives du Paty de Clam.[32]Archives Fréteau de Pény. Villette, 26 décembre 1780.[33]D’Expilly ne comptait que vingt-quatre chapitres, avec six cents sujets et 350.000 L. seulement de revenus.—V. dans laGrande Encyclopédie(publiée sous la direction de M. Berthelot), aux motsChanoinessesetFrance ecclésiastique, les deux articles si documentés de M. le pasteur E.-H. Vollet.—Voir encoreLes chapitres nobles de Dames, recherches historiques, généalogiques, etc., par Ducas (Paris, 1843, 1 vol. in-8o, extrait du tome XXI duNobiliaire universel de France, de Saint-Allais); leDictionnaire des ordres religieux(collection Migne, Paris, 1847-1859, 4 vol. in-8o);la France chevaleresque et chapitrale, par le vicomte de G. (Gabrielly), Paris, 1786, in-12; lesmémoires historiquesd’Amelot de la Houssaye (Amsterdam 1722, t. I); pour chaque province, consulter aussi leCatalogue des Gentilshommes ayant pris part aux assemblées pour les élections aux Etats-Généraux de 1789, publié par Ed. de Barthélemy et L. de Laroque (Paris, Dentu, 1865, 2 vol. in-8o). Enfin sur les chapitres de Pontsay et de Remiremont, voir aux Archives départementales des Vosges, série G.[34]Lucile de Chateaubriand, par M. Anatole France, p.XIX.[35]Ou Neuville-sur-Renom. Cette commune compte aujourd’hui 1.643 habitants; elle fait partie de l’arrondissement de Trévoux et du canton de Châtillon-sur-Chalaronne (département de l’Ain). Dans la région, sillonnée de canaux, de petites rivières et d’étangs, la culture, il y a quelques années encore, était intermittente; pendant deux ans, on labourait; puis, la troisième année, on laissait inonder le terrain qui rapportait alors un poisson renommé. Il en résultait que la topographie extérieure changeait constamment dans cette plaine élevée, en moyenne, de 250 mètres au-dessus du niveau de la mer. Aujourd’hui, les assèchements progressifs ont diminué considérablement le nombre des étangs et assaini le pays.[36]Il avait été curé du pays en 1617.[37]Supprimé en 1791, il fut rétabli en 1824 et existe encore aujourd’hui à l’état d’institution libre. Thoissey est à 17 kilomètres de Neuville, Châtillon, à six seulement.[38]La plus grande partie de ces renseignements sur l’état actuel du chapitre de Neuville est due à M. P. Carrel, curé de Neuville-aux-Dames, qui a bien voulu répondre aux questions de l’auteur avec une obligeance inépuisable.[39]Sur l’histoire du chapitre noble de Neuville, consulter une brochure de M. Henri Bouchot (Bourg, imprimerie Villefranche) et une notice de M. l’abbé Gourmand, ancien curé de Neuville.—Voir aussi les archives de Bourg, de Dijon, de Chambéry et de Turin (jusqu’en 1601, la Bresse a appartenu aux ducs de Savoie); leCatalogue des Gentilshommes, etc., publié par E. de Barthélemy et L. de Laroque (Livraison Bourgogne);Le Nobiliaire Universel de France, par Ducas et Saint-Allais (Paris, 1843, t. XXI, p. 455); enfin,La France ecclésiastique pour l’année 1789par Duchesne (Paris, 1788, p. 177 à 179). M. le pasteur E.-H. Vollet, qu’on ne consulte jamais qu’avec tant de profit sur ces questions d’histoire religieuse, a fait remarquer à l’auteur, qui est heureux de remercier ici son savant correspondant, que les renseignements contenus dans laFrance ecclésiastique pour 1789, sont inexacts en ce qui concerne l’antiquité du chapitre de Neuville, mais que, pour le reste, ils ont une réelle valeur. DansLe Cardinal de Bernis depuis son ministère, M. Frédéric Masson a parlé, page 475, d’une des chanoinesses de Neuville, Julie du Puy-Montbrun, nièce du cardinal de Bernis. Or, le chapitre de Neuville dépendait du diocèse de Lyon dont le cardinal était chanoine.[40]Avant l’époque où le Roi, par la réunion de l’abbaye de Tournus (1781), rendit les frais beaucoup moins onéreux pour les familles, il en coûtait de 30 à 40.000 livres de plus: il fallait, en effet, acquérir une adoption ou un emplacement dans le chapitre. Les adoptions coûtaient de 20 à 30.000 livres et si l’on était obligé de faire bâtir sur un emplacement, la dépense pouvait aller à 40.000 livres.[41]Correspondantdu 25 février 1896, p. 674. Louise-Marie-Victoire de Chastenay, née en 1771, au château d’Essarois, près de Châtillon-sur-Seine.[42]Taine.L’ancien Régime.[43]4 août 1785. Archives du Paty de Clam.[44]8 juin 1785. Archives du Paty de Clam.[45]3 décembre 1785. Archives du Paty de Clam.[46]1eravril 1788. Archives du Paty de Clam.[47]9 octobre 1787. Archives du Paty de Clam.[48]10 août 1785. Archives du Paty de Clam.[49]Archives du Paty de Clam.[50]Archives du Paty de Clam. 10 août 1785.[51]Archives du Paty de Clam.[52]Gouvernante de Sophie; femme de confiance de la famille de Grouchy, passée, depuis, au service de la marquise de Condorcet.[53]Neuville, 4 septembre 1785. Archives du Paty de Clam.[54]Même lettre.[55]3 décembre 1785, De Neuville, à la présidente Dupaty. Archives du Paty de Clam.[56]4 mars 1785. La présidente à son mari. Archives du Paty de Clam.[57]10 mars 1785. Archives du Paty de Clam.[58]17 mars 1785. Archives du Paty de Clam.[59]28 mars et 5 avril 1785. Archives du Paty de Clam.[60]Archives du Paty de Clam.[61]Archives du Paty de Clam.[62]4 décembre 1785. Archives du Paty de Clam.—On verra plus loin que Sophie ne partageait pas l’enthousiasme du Président pour sa belle-sœur.[63]10 ou 11 avril 1786. Archives du Paty de Clam.[64]18 avril 1786. Mmede Grouchy au Président. Archives du Paty de Clam.[65]Détail donné par MmeO’Connor dans sa notice sur sa mère (Bibliothèque de l’Institut).[66]12 octobre 1786. La Présidente à son mari. Archives du Paty de Clam.[67]La Présidente à son mari, s. d. Archives du Paty de Clam.[68]Sophie au Président, s. d. Archives du Paty de Clam.[69]Beaumarchais à Dupaty, Paris, 29 novembre (1786). Archives du Paty de Clam.[70]Sophie au Président, s. d. Archives du Paty de Clam.[71]C’était la propriété de M. Chopin de Seraincourt. C’est là que Cabanis mourut le 6 mai 1808.[72]22 août 1786. Mmede Grouchy au Président. Archives du Paty de Clam.[73]Archives du Paty de Clam.[74]MmeO’Connor, dans sa Notice sur sa mère, dit que Dupaty invita Sophie à venir passer un automne chez lui à la campagne et que c’est là que Condorcet fit sa connaissance. Il y a là une légère erreur. Jamais Dupaty n’eut de campagne à lui aux environs de Paris. Particulièrement pendant l’été et l’automne de 1786, il resta à Paris, rue de Gaillon, ne faisant que de rares apparitions soit à Villette, soit à Vaux, chez ses beaux-frères.—Jérôme Lalande est plus dans la vérité quand il prétend que c’est en voyant Sophie prodiguer les soins les plus touchants au jeune fils de Dupaty, mordu par un chien enragé, que Condorcet s’éprit d’elle.[75]C’est MmeRoland qui le définissait ainsi.[76]Le Parlement Maupeou.[77]Archives Fréteau de Pény.[78]Tout le monde cependant ne fut pas aussi bienveillant; car lesMémoires de Bachaumont, à la date du 28 décembre 1786, s’expriment ainsi: «Il en était amoureux depuis quelque temps et voilà la cause du zèle avec lequel il a défendu les trois Roués et les deux magistrats leurs protecteurs.«La semaine dernière, l’Académie des Sciences, suivant l’usage, reçoit notification de ce mariage. On nomme des députés pour aller féliciter Condorcet. On en prenait dans la classe de géométrie, dans celle d’Astronomie. «Messieurs,—s’écrie Dionis du Séjour, le farceur de la compagnie,—ce n’est pas parmi ces Messieurs qu’il faut choisir; c’est tout ce qu’il y a de mieux et de plus fort en anatomie qu’il faut envoyer à notre confrère.» Plaisanterie qui a d’autant plus fait rire que Condorcet a trente ans de plus que la demoiselle, jeune, jolie, bien découplée et morceau de dure digestion pour ce nouvel époux.»[79]De Villette, s. d. Archives du Paty de Clam.[80]Guillin, curé. Les bans avaient été publiés à Saint-André-des-Arcs.[81]Cardot était, en même temps, commis au contrôle général. Il travaillait pour Condorcet le dimanche toute la journée, et tous les jours, de 6 heures à 11 heures du soir.[82]Le jour même, ce jeune homme remit ces vers à son bienfaiteur:Après quatre ans entiers de crainte et de douleurAux pieds du sauveur de mon pèreConduit par l’amitié, dans un jour de bonheur,Je verrai mon Dieu tutélaire;Par mille infortunés, je l’entendrai bénir,S’il oublie aisément tout le bien qu’il sait faire,Mes regards et mes pleurs l’en feront souvenir.Lardoise, un des trois Roués, reçut, lui aussi, de la part de Condorcet, des preuves d’intérêt; il donna bien des ennuis à son sauveur et à la famille de Dupaty, après la mort du Président.[83]Il faut constater que cette imputation, maintenue, malgré les protestations de la famille, dans les premières éditions, ne figura plus, du vivant même de Lamartine, dans les derniers tirages de cetteHistoire des Girondins.[84]Elles sont intitulées:Remarques sur divers passages de l’Histoire des Girondins, relatifs à Condorcet.[85]A l’occasion du mariage d’Elisa de Condorcet avec le général O’Connor, la succession de Condorcet, restée jusque-là indivise entre sa femme et sa fille, fut liquidée.[86]De Villette, vendredi. Archives du Paty de Clam. Charlotte resta à Neuville jusqu’à 1789.[87]Mémoires historiques sur la vie de M. Suard, etc.,et sur leXVIIIesièclepar D.-J. Garat. Paris, 1820, 2 vol. in-8o.[88]Michelet.Les Femmes de la Révolution.[89]31 août 1787, à sa femme. Archives Fréteau de Pény.[90]Rouen, 25 décembre 1787. Archives du Paty de Clam.[91]15 octobre 1788. Archives du Paty de Clam.[92]Villette, 13 octobre 1788. Archives du Paty de Clam.[93]En allant plaider la cause des trois hommes injustement condamnés à la roue, il les sauva.[94]25 octobre 1788. Archives du Paty de Clam.[95]8 novembre 1788. Archives du Paty de Clam.[96]Eléonore Dupaty épousa, en 1797, Armand Elie de Beaumont, fils du grand avocat et père de l’illustre savant.[97]Septembre 1788.—Archives du Paty de Clam.[98]Villette, 25 octobre 1788. Archives du Paty de Clam.[99]22 décembre 1788. Archives du Paty de Clam.[100]Archives du Paty de Clam.[101]La Harpe, au lendemain de la mort de Voltaire, s’était montré plus que sévère pour le philosophe qui n’avait eu (c’est Voltaire lui-même qui parle) «que des entrailles paternelles émues de tendresse pour chacun des succès» du critique; c’était, au moins, de mauvais goût; mais c’était bien dans les habitudes de la Harpe. Condorcet s’emporta et, dans leJournal de Paris, dénonça la mauvaise action du critique; celui-ci en perdit la direction duMercure.[102]Il ne fallut pas moins que la Révolution pour fixer les idées ailleurs.—Les cours furent interrompus en 1793 et ne furent repris qu’après la Terreur, sans que le Lycée ait pu retrouver, dans cette deuxième période, son antique splendeur.—Il y eut des scènes terribles, en 1792 et 1793, et sans parler des cours faits par La Harpe, en bonnet rouge, qu’il soit permis de rappeler qu’un nommé Varlet vint lire à la tribune du Lycée un poème sur l’odieux Marat.[103]Anacharsis Clootz.[104]V.Le Salon de MmeHelvétius, p. 43 et seq.[105]Savant, propriétaire des eaux de Passy, premier maire de ce village pendant la Révolution, Le Veillard est surtout célèbre par les soins filiaux qu’il prodigua à Franklin, pendant son séjour en France.[106]Le Ray de Chaumont, ancien directeur de l’Hôtel des Invalides, grand ami des Américains, logea, chez lui, à Passy, Franklin sans vouloir rien accepter en échange.[107]Journal de la Société de 89.[108]Archives du vicomte de Grouchy.[109]Pontécoulant, 27 novembre 1789. Archives Fréteau de Pény.[110]Les tricoteuses n’avaient pas encore fait leur apparition au temps de la Constituante et qu’est-ce qu’une tricoteuse en gants de soie?[111]Notice manuscrite de MmeO’Connor sur Mmede Condorcet. (Bibliothèque de l’Institut.)[112]Notice manuscrite sur Mmede Condorcet.[113]Ibidem.[114]Ce fameux plan créait les Ecoles primaires,—les Ecoles Secondaires,—les Instituts (ou Collèges),—les Lycées (ou Facultés) et la Société nationale des sciences et arts (véritable embryon de l’Institut de France), chargée de la Direction générale de l’Enseignement public.—Il est facile de voir ce que la Convention et l’Empire surtout ont pris dans le projet de Condorcet pour leurs organisations de l’Instruction publique et de l’Université impériale.[115]Il opta pour le département de l’Aisne, où il avait des intérêts.[116]Déclaration par la citoyenne Félicité-Charlotte Grouchy, majeure, devant la municipalité, de son intention d’être imposée séparément de ses sœur et beau-frère, 4 janvier 1794.[117]Ce mariage, célébré au civil le 30 avril 1790, ne le fut à l’église que le 19 avril 1791. Talma avait dû en appeler à l’Assemblée nationale du refus du curé de Saint-Sulpice (Moniteur universel, 1790, p. 796). Julie avait sept ans de plus que Talma et possédait une grande fortune.—De ce mariage naquirent Tell, Castor et Pollux, tous trois morts en bas âge.[118]Etats de l’Opéra de 1773 à 1776, communiqués avec une bonne grâce charmante par M. Nuitter.[119]Souvenirs d’un sexagénaire, t. II, p. 133.[120]Lettre sur Julieimprimée à la suite desMélanges de Littérature.[121]M. Thiers a raconté que cette scène s’était passée chez MlleCandeille; c’est une erreur, MlleCandeille était chez Julie, ce soir-là, et elle était au piano, quand arriva Marat. Celui-ci est formel sur ce point. Vergniaud et Lasource ne le furent pas moins dans leurs interrogatoires au Tribunal révolutionnaire.—Sur Julie, consulter le dictionnaire de Jal au motTalma;les Souvenirs d’une actrice(Louise Fusil);les Souvenirs d’un sexagénaire, par Arnault; l’ouvrage de C. Vatel surVergniaud; enfin, et surtout, les articles très remarquables de M. Victor du Bled surles Comédiens français pendant la Révolution et l’Empire, dans laRevue des Deux-Mondesdes 15 avril, 1eraoût et 15 novembre 1894.[122]Voir leJournal des Débats de la Société des Jacobins, no285, 19 octobre 1792.—C’est la version donnée par Marat lui-même de sa conduite dans cette soirée.[123]Tome III, p. 375.[124]Revue Blanche, 15 mai 1896, p. 452.[125]Le Dictionnaire de la Conversation, à l’articleCondorcet, raconte, d’après un témoin oculaire, dit-il, que Condorcet, membre du Comité de la Commune, ayant assisté à un conseil sur les subsistances, conseil présidé par Louis XVI, aurait été frappé des connaissances du roi en cette matière et de la sagesse des mesures qu’il avait proposées. «Après l’avoir écouté, nous nous sommes tous regardés avec étonnement et nous n’avons réellement rien trouvé de mieux à faire que d’adopter ses vues.» Tout cela est parfaitement possible; mais il est bien difficile d’admettre, comme Aubert-Vitry voudrait le faire croire, que Condorcet ait remporté de cette séance,—en dehors du cas particulier en discussion,—l’impression que Louis XVI était un prince très éclairé, très instruit et plein de sens.C’est chez MmeDupaty qu’Aubert-Vitry aurait recueilli cette anecdote de la bouche même de Condorcet![126]Tilly, chargé d’affaires à Gênes, agent royaliste, écrivait le 27 juillet 1793 (sa lettre est évidemment très postérieure aux faits qu’elle relate, car, en juillet 1793, Condorcet était proscrit): «Pendant que Belleville avait harangué le roi des Lazzaroni en faveur de ses compatriotes, le marquis et la marquise de Condorcet avaient harangué le ministre de la marine en faveur de La Chèze (consul).» (Archives des affaires étrangères. Gênes, 1793, fo178.) La Chèze, député de Brive à la Constituante, s’était établi, grâce à son amitié avec Cabanis, chez MmeHelvétius, en 1789. Il fut cause de la brouille de Cabanis avec Morellet et du départ de celui-ci. (Voir lesMémoiresde Morellet etle Salon de MmeHelvétius.) Mmede Condorcet et les O’Connor conservèrent des relations avec La Chèze et, en juillet 1810, une lettre du général O’Connor à Parent-Réal (collection Fréd. Masson) montre que le gendre de Condorcet s’occupait encore, à cette date, des intérêts pécuniaires de MmeLa Chèze.[127]Emmanuel Jean-Baptiste Fréteau, né le 5 novembre 1775, allait atteindre sa dix-septième année quand, après les journées de septembre, il fut réquisitionné comme tous ceux qui avaient plus de seize ans. On l’envoya à Caen avec son précepteur; mais tous deux furent arrêtés à Houdan. Ils songèrent à se recommander de Condorcet qui obtint leur mise en liberté.—14 septembre 1792, MmeFréteau à son fils: «Tu auras sans doute rendu grâces, ainsi que nous, à celui qui a protégé ton innocence et sans l’appui et le secours duquel tu aurais pu courir de grands dangers. Sans doute vous aurez écrit à M. de Condorcet pour le remercier.» Archives Fréteau de Pény.[128]Voir, sur toute cette période,les Mémoires du Maréchal de Grouchy, 23 avril: «La santé de ton respectable père, dit Mmede Grouchy à son fils, est troublée par la persévérance des calomnies que l’évidence même ne peut désarmer.»[129]8 mars 1842. Lettre à Isambert (Bibliothèque de l’Institut).[130]Michelet.Les Femmes de la Révolution, p. 87.[131]Archives Fréteau de Pény.[132]12 juin 1793. Félicité à Emmanuel Fréteau. Archives Fréteau de Pény.[133]Il paraît bien que l’influence de Condorcet fut, ici, toute-puissante. M. Louis Amiable, dans une brochure surLalande franc-maçon(Paris, Charavay frères, 1889), dit, à trois reprises, pages 30 et 31, que Condorcet appartint comme franc-maçon à la loge des IX sœurs. J’ai eu entre les mains presque tous les papiers de cette loge dont mon arrière-grand-père, le poète Roucher, fut orateur et premier secrétaire et je puis affirmer que Condorcet ne figure dans aucun des tableaux de la Loge et, notamment, dans celui de 1784, où il serait inscrit certainement.Condorcet fit-il partie d’une autre Loge ou n’appartint-il jamais à la franc-maçonnerie, comme c’est mon opinion personnelle, c’est là une question intéressante, compliquée d’un fait difficilement explicable, je le reconnais; mais elle n’est encore résolue ni dans un sens, ni dans l’autre.[134]Premier registre de la paroisse d’Auteuil, folio 5.[135]23 juin 1793.—Félicité à Emmanuel Fréteau. Archives Fréteau de Pény. Ce ne fut que quelque temps après que le marquis de Grouchy fut arrêté et enfermé à Sainte-Pélagie.[136]Archives Fréteau de Pény.[137]Cette maison porte aujourd’hui le no15 de la rue Servandoni. Elle est restée extérieurement et intérieurement, à peu près dans le même état qu’en 1794. Elle conserva son no21 jusqu’en 1841; c’est de là, évidemment, qu’est venue l’erreur du docteur Robinet qui, dans sonCondorcet, dit que la maison où le philosophe vécut en 1793-1794 est la maison portant le no21 actuel de la rue Servandoni. Le même auteur dit que MmeVernet était née Marie-Rose Boucher; c’est Rose-Marie Brichet que l’on trouve dans les actes que le propriétaire actuel, M. Saunière, a bien voulu me communiquer. Cette maison porte une plaque commémorative très peu apparente, à cause de l’étroitesse de la rue, du manque de recul et de la hauteur où on l’a placée.La rue Servandoni n’a pris ce nom qu’en 1807; jusque-là, elle s’appelait rue des Fossoyeurs. C’est donc pour être très précis, au no21 de la rue des Fossoyeurs que Condorcet habita.[138]MmeO’Connor, dans une courte notice sur MmeVernet, dit qu’elle avait dû être très jolie. «Jamais on ne sut son âge, mais, à son décès, en mars 1832, elle avait plus de quatre-vingts ans.» En manuscrit à la bibliothèque de l’Institut.—Voici comment les papiers de Condorcet se trouvent dans ce riche dépôt; ils furent d’abord conservés par Mmede Condorcet, puis transmis par elle à sa fille, MmeO’Connor, qui les donna à François Arago, au moment où l’illustre astronome se chargea d’écrire l’éloge de Condorcet et de donner une édition de ses œuvres. MmeLaugier, nièce de François Arago, remit à son tour ces papiers à M. Ludovic Lalanne, bibliothécaire de l’Institut, avec mission de les offrir à la bibliothèque qu’il dirige avec tant de science et d’amabilité.[139]Parfois les anciens serviteurs de Condorcet purent aussi pénétrer auprès de lui et lui apporter, avec des nouvelles des siens, leurs soins dévoués et affectueux.[140]Sur le manuscrit autographe de laJustification, Sophie a écrit: «Quitté à ma prière pour écrire l’Esquisse des progrès de l’esprit humain.» Condorcet fit plusieurs fois passer, sous le voile de l’anonyme, des mémoires patriotiques au comité de Salut public. A propos du livre de Condorcet, imprimé en l’an VII, et intitulé:Moyen d’apprendre à compter sûrement et avec facilité, il y eut un regrettable débat entre Mmede Condorcet et J.-B. Sarret qui avait publié, à la même époque, une arithmétique élémentaire. Celui-ci fut injustement accusé de s’être approprié le manuscrit de Condorcet pour le publier sous son nom. Un verdict de l’Institut, choisi comme arbitre, innocenta complètement Sarret de tout soupçon de plagiat. Celui-ci ne conserva de cette affaire aucun mauvais souvenir puisqu’il donna, à quelque temps de là, une notice très bienveillante sur Condorcet. Pendant les huit mois de la captivité du philosophe, Sarret n’avait cessé, disait-il, d’admirer sa douceur, sa patience, le calme de son âme, sa résignation à un sort immérité, «je pourrais dire son indifférence pour lui-même, car les objets de ses plus vives sollicitudes étaient la République, sa femme, son enfant et ses amis.»[141]Fragment (mars 1794) qui était resté entre les mains de MmeVernet.[142]Testament (mars 1794).[143]Cet ouvrage est, malheureusement, non seulement inédit, mais très probablement perdu pour toujours. Malgré toutes mes recherches dans les papiers de famille, je n’ai rien pu trouver à ce sujet. Quant auxMémoires de Condorcet, en 2 vol. in-8oparus en 1824, ai-je besoin de dire qu’ils sont absolument apocryphes et, par conséquent, indignes de toute confiance.[144]Sarret ne voulut quitter le philosophe qu’à la porte de Suard, à Fontenay-aux-Roses. Suard reçut Condorcet en lui disant de revenir le soir par une porte dérobée: il lui prêta un volume d’Horace et consentit à recevoir le portrait d’Elisa que Condorcet avait sur lui et qu’il voulait faire parvenir par cette voie à Mmede Condorcet. Le soir, à l’heure convenue, la porte était fermée. Voilà comment Suard reconnaissait l’hospitalité qu’il avait reçue autrefois à la Monnaie, où Condorcet l’avait logé avant son mariage! On a cherché à laver la mémoire de Suard de ce forfait. Je crois qu’on l’a fait inutilement. Ce n’était un mystère pour personne qu’avant le mariage de MmeSuard, Condorcet en avait été éperdument épris; Suard le savait et ne le pardonna jamais à Condorcet. De plus, tous ceux qui ont connu MmeO’Connor savent à quel point elle était persuadée de ce crime. On ne pouvait pas, me dit un de ses vieux amis, prononcer le nom de Suard devant elle. MmeVernet, écrivant vers 1825, à MmeO’Connor, disait: «Ce monstre de Suard.» (Bibliothèque de l’Institut.)La même MmeVernet, dans des vers adressés à la mémoire de Condorcet, s’exprimait ainsi:

[1]Le château de Villette qui, après la mort du marquis de Grouchy, devint la propriété du maréchal fut vendu par celui-ci, sous la Restauration, à l’époque de son exil en Amérique. Il était, récemment encore, la propriété de Mmela comtesse de Castelbajac, née de Thermes.

[2]Les Grouchy possédaient les fiefs de Monterollier, de Robertot, de la Chaussée, etc. Ils portaientd’or fretté de six pièces d’azur, en cœur, sur le tout d’argent à trois trèfles de sinople(lettres patentes de décembre 1671);—sur la généalogie de cette famille, voir lesMémoires du Maréchal de Grouchy, Dentu, Paris, 1873, t. I, p.IVet seq.; mais consulter surtout à la bibliothèque nationale, au département des Manuscrits, fonds latins 17803, no60 et, au cabinet des Titres, no1397, un travail très important de M. le vicomte de Grouchy. Celui-ci est encore l’auteur des Vies de Nicolas de Grouchy (Caen 1878) et de Thomas de Grouchy, sieur de Robertot; cette dernière en collaboration avec le comte de Marsy (Gand, 1886).

[3]En secondes noces. De son premier mariage, il n’avait pas eu d’enfants.

[4]Il était né en octobre 1714.

[5]Les lettres que je donne sont toutes, sauf mention contraire, inédites. Celle-ci provient des archives Fréteau de Pény. A l’avenir je me bornerai à indiquer la source.

[6]Archives du Paty de Clam.

[7]Fréteau de Saint-Just, conseiller maître des comptes, décédé le 30 août 1771.

[8]Archives du Paty de Clam.

[9]Archives du Paty de Clam.

[10]Villette, 27 avril 1762. Fréteau à sa mère, née Lambert.—Archives Fréteau de Pény.

[11]Les Grouchy demeuraient bien rue Royale, mais ils passaient presque toutes leurs soirées rue Gaillon où la maison était plus grande et plus commode pour les réceptions.

[12]Le docteur Robinet, dansCondorcet: sa vie, son œuvre(Paris, May et Motteroz, p. 80) dit que Sophie de Grouchy naquit «au mois de septembre 1766, et non pas en 1764, comme dit Isambert». C’est là une erreur. D’abord, M. Isambert, ami très intime de la famille O’Connor ne pouvait pas se tromper sur un point aussi sérieux. De plus, le maréchal qui fut le second enfant du marquis de Grouchy, naquit le 23 octobre 1766, ce qui rend impossible la naissance de Sophie au mois de septembre de la même année. Enfin, Mmede Grouchy, dans une lettre datée de 1775, dit qu’elle jouit de la présence de sa fille depuis dix ans; et Dupaty, en décembre 1777, disait que sa nièce avait près de quatorze ans. Le doute n’est donc pas possible.

[13]Sans autre date que «Jeudi, 22, 1770». Archives du Paty de Clam.

[14]Archives Fréteau de Pény.

[15]De Bussac, 2 novembre 1774. Archives du Paty de Clam.

[16]Archives du Paty de Clam.

[17]Archives du Paty de Clam. Sans date.

[18]Archives du Paty de Clam. 10 avril 1775.

[19]MmeO’Connor, fille de Mmede Condorcet, a laissé sur sa mère une notice manuscrite qui est aujourd’hui à la bibliothèque de l’Institut. Il résulte de ce document que la maladie de Sophie serait arrivée au couvent de Neuville. Il est certain que Mllede Grouchy fut malade à Neuville, après quelques excès de fatigue. Mais la crise qui la transforma est de 1775, et les lettres, toutes datées, que nous donnons sont formelles sur ce point.

[20]Toutes trois sont extraites des Archives du Paty de Clam.

[21]Mmede Grouchy tutoyait le Président, ami intime de son frère et qu’elle avait beaucoup vu, chez ses parents, quand il était au collège avec Fréteau.

[22]Henri-François, qui naquit à Villette en 1773 et qui, destiné à l’ordre de Malte, fut connu dans la famille sous le nom de chevalier de Grouchy. Il fut baptisé à Condécourt le 21 juillet 1773.

[23]Ils le faisaient assez souvent depuis la naissance des enfants, car Sophie, jusqu’à dix-huit ans, ne passa que trois hivers à Paris. (Notice de MmeO’Connor.)

[24]L’abbé de Puisié, dont il sera question un peu plus loin.

[25]Notice sur M. l’abbé Fréteau de Pény, par M. des Glajeux.

[26]Cette phrase a été donnée par M. Isambert dans sa biographie de Mmede Condorcet (Hoefer-Didot). Ce qui suit a été copié sur l’original par M. le docteur Robinet qui a bien voulu me le communiquer et à qui je suis heureux d’adresser ici tous mes remerciements.

[27]Archives du Paty de Clam.—La présidente à son mari, 13 novembre 1784.

[28]A sa femme, 23 juin 1787. Archives Fréteau de Pény.

[29]Villette, 26 décembre 1777. Archives du Paty de Clam.

[30]Montfort-l’Amaury, 18 janvier 1777. Archives du Paty de Clam.—Roucher terminait ainsi: «Je viens dans mon dernier voyage à Paris de renouveler l’enthousiasme que j’y excitai il y a deux ans. C’est mon nouveaumoisde mars qui m’a valu ce dangereux honneur. La reine veut m’entendre et je paraîtrai dans cet incompréhensible pays au commencement du carême.»—Le 17 mars 1774, Mmede Grouchy écrit à Dupaty: «Ecoute mon infortune. J’avais demain à dîner Farges, l’abbé de Ris, Dussaulx, Lope et autres, les Petitval, d’Arbouville, enfin mille oreilles, pour entendre Roucher sur sa promesse et voilà que son crachement de sang le travaille de sorte que les duchesses d’Anville, de Rohan et moi, sommes au filet. Cela me fâche d’autant que le fond est triste pour le faillant. Je n’aime point cette habitude de cracher du sang. J’espère qu’il va enrayer sur le débit...»

Et le 24 mars 1775, la même correspondante écrit au Président: «Hier, Roucher m’acquitta un peu ses promesses. Nous étions douze. Hélas! Il ne voulut nous dire qu’un chant, celui de Septembre, étonnant comme les autres, mais qui nous laisse trop affamés de beautés. Il part demain pour fuir la fatigue. Il est tué.»

[31]C’était un ancien précepteur de la famille. Sa lettre sans date et sans signature fait partie des archives du Paty de Clam.

[32]Archives Fréteau de Pény. Villette, 26 décembre 1780.

[33]D’Expilly ne comptait que vingt-quatre chapitres, avec six cents sujets et 350.000 L. seulement de revenus.—V. dans laGrande Encyclopédie(publiée sous la direction de M. Berthelot), aux motsChanoinessesetFrance ecclésiastique, les deux articles si documentés de M. le pasteur E.-H. Vollet.—Voir encoreLes chapitres nobles de Dames, recherches historiques, généalogiques, etc., par Ducas (Paris, 1843, 1 vol. in-8o, extrait du tome XXI duNobiliaire universel de France, de Saint-Allais); leDictionnaire des ordres religieux(collection Migne, Paris, 1847-1859, 4 vol. in-8o);la France chevaleresque et chapitrale, par le vicomte de G. (Gabrielly), Paris, 1786, in-12; lesmémoires historiquesd’Amelot de la Houssaye (Amsterdam 1722, t. I); pour chaque province, consulter aussi leCatalogue des Gentilshommes ayant pris part aux assemblées pour les élections aux Etats-Généraux de 1789, publié par Ed. de Barthélemy et L. de Laroque (Paris, Dentu, 1865, 2 vol. in-8o). Enfin sur les chapitres de Pontsay et de Remiremont, voir aux Archives départementales des Vosges, série G.

[34]Lucile de Chateaubriand, par M. Anatole France, p.XIX.

[35]Ou Neuville-sur-Renom. Cette commune compte aujourd’hui 1.643 habitants; elle fait partie de l’arrondissement de Trévoux et du canton de Châtillon-sur-Chalaronne (département de l’Ain). Dans la région, sillonnée de canaux, de petites rivières et d’étangs, la culture, il y a quelques années encore, était intermittente; pendant deux ans, on labourait; puis, la troisième année, on laissait inonder le terrain qui rapportait alors un poisson renommé. Il en résultait que la topographie extérieure changeait constamment dans cette plaine élevée, en moyenne, de 250 mètres au-dessus du niveau de la mer. Aujourd’hui, les assèchements progressifs ont diminué considérablement le nombre des étangs et assaini le pays.

[36]Il avait été curé du pays en 1617.

[37]Supprimé en 1791, il fut rétabli en 1824 et existe encore aujourd’hui à l’état d’institution libre. Thoissey est à 17 kilomètres de Neuville, Châtillon, à six seulement.

[38]La plus grande partie de ces renseignements sur l’état actuel du chapitre de Neuville est due à M. P. Carrel, curé de Neuville-aux-Dames, qui a bien voulu répondre aux questions de l’auteur avec une obligeance inépuisable.

[39]Sur l’histoire du chapitre noble de Neuville, consulter une brochure de M. Henri Bouchot (Bourg, imprimerie Villefranche) et une notice de M. l’abbé Gourmand, ancien curé de Neuville.—Voir aussi les archives de Bourg, de Dijon, de Chambéry et de Turin (jusqu’en 1601, la Bresse a appartenu aux ducs de Savoie); leCatalogue des Gentilshommes, etc., publié par E. de Barthélemy et L. de Laroque (Livraison Bourgogne);Le Nobiliaire Universel de France, par Ducas et Saint-Allais (Paris, 1843, t. XXI, p. 455); enfin,La France ecclésiastique pour l’année 1789par Duchesne (Paris, 1788, p. 177 à 179). M. le pasteur E.-H. Vollet, qu’on ne consulte jamais qu’avec tant de profit sur ces questions d’histoire religieuse, a fait remarquer à l’auteur, qui est heureux de remercier ici son savant correspondant, que les renseignements contenus dans laFrance ecclésiastique pour 1789, sont inexacts en ce qui concerne l’antiquité du chapitre de Neuville, mais que, pour le reste, ils ont une réelle valeur. DansLe Cardinal de Bernis depuis son ministère, M. Frédéric Masson a parlé, page 475, d’une des chanoinesses de Neuville, Julie du Puy-Montbrun, nièce du cardinal de Bernis. Or, le chapitre de Neuville dépendait du diocèse de Lyon dont le cardinal était chanoine.

[40]Avant l’époque où le Roi, par la réunion de l’abbaye de Tournus (1781), rendit les frais beaucoup moins onéreux pour les familles, il en coûtait de 30 à 40.000 livres de plus: il fallait, en effet, acquérir une adoption ou un emplacement dans le chapitre. Les adoptions coûtaient de 20 à 30.000 livres et si l’on était obligé de faire bâtir sur un emplacement, la dépense pouvait aller à 40.000 livres.

[41]Correspondantdu 25 février 1896, p. 674. Louise-Marie-Victoire de Chastenay, née en 1771, au château d’Essarois, près de Châtillon-sur-Seine.

[42]Taine.L’ancien Régime.

[43]4 août 1785. Archives du Paty de Clam.

[44]8 juin 1785. Archives du Paty de Clam.

[45]3 décembre 1785. Archives du Paty de Clam.

[46]1eravril 1788. Archives du Paty de Clam.

[47]9 octobre 1787. Archives du Paty de Clam.

[48]10 août 1785. Archives du Paty de Clam.

[49]Archives du Paty de Clam.

[50]Archives du Paty de Clam. 10 août 1785.

[51]Archives du Paty de Clam.

[52]Gouvernante de Sophie; femme de confiance de la famille de Grouchy, passée, depuis, au service de la marquise de Condorcet.

[53]Neuville, 4 septembre 1785. Archives du Paty de Clam.

[54]Même lettre.

[55]3 décembre 1785, De Neuville, à la présidente Dupaty. Archives du Paty de Clam.

[56]4 mars 1785. La présidente à son mari. Archives du Paty de Clam.

[57]10 mars 1785. Archives du Paty de Clam.

[58]17 mars 1785. Archives du Paty de Clam.

[59]28 mars et 5 avril 1785. Archives du Paty de Clam.

[60]Archives du Paty de Clam.

[61]Archives du Paty de Clam.

[62]4 décembre 1785. Archives du Paty de Clam.—On verra plus loin que Sophie ne partageait pas l’enthousiasme du Président pour sa belle-sœur.

[63]10 ou 11 avril 1786. Archives du Paty de Clam.

[64]18 avril 1786. Mmede Grouchy au Président. Archives du Paty de Clam.

[65]Détail donné par MmeO’Connor dans sa notice sur sa mère (Bibliothèque de l’Institut).

[66]12 octobre 1786. La Présidente à son mari. Archives du Paty de Clam.

[67]La Présidente à son mari, s. d. Archives du Paty de Clam.

[68]Sophie au Président, s. d. Archives du Paty de Clam.

[69]Beaumarchais à Dupaty, Paris, 29 novembre (1786). Archives du Paty de Clam.

[70]Sophie au Président, s. d. Archives du Paty de Clam.

[71]C’était la propriété de M. Chopin de Seraincourt. C’est là que Cabanis mourut le 6 mai 1808.

[72]22 août 1786. Mmede Grouchy au Président. Archives du Paty de Clam.

[73]Archives du Paty de Clam.

[74]MmeO’Connor, dans sa Notice sur sa mère, dit que Dupaty invita Sophie à venir passer un automne chez lui à la campagne et que c’est là que Condorcet fit sa connaissance. Il y a là une légère erreur. Jamais Dupaty n’eut de campagne à lui aux environs de Paris. Particulièrement pendant l’été et l’automne de 1786, il resta à Paris, rue de Gaillon, ne faisant que de rares apparitions soit à Villette, soit à Vaux, chez ses beaux-frères.—Jérôme Lalande est plus dans la vérité quand il prétend que c’est en voyant Sophie prodiguer les soins les plus touchants au jeune fils de Dupaty, mordu par un chien enragé, que Condorcet s’éprit d’elle.

[75]C’est MmeRoland qui le définissait ainsi.

[76]Le Parlement Maupeou.

[77]Archives Fréteau de Pény.

[78]Tout le monde cependant ne fut pas aussi bienveillant; car lesMémoires de Bachaumont, à la date du 28 décembre 1786, s’expriment ainsi: «Il en était amoureux depuis quelque temps et voilà la cause du zèle avec lequel il a défendu les trois Roués et les deux magistrats leurs protecteurs.

«La semaine dernière, l’Académie des Sciences, suivant l’usage, reçoit notification de ce mariage. On nomme des députés pour aller féliciter Condorcet. On en prenait dans la classe de géométrie, dans celle d’Astronomie. «Messieurs,—s’écrie Dionis du Séjour, le farceur de la compagnie,—ce n’est pas parmi ces Messieurs qu’il faut choisir; c’est tout ce qu’il y a de mieux et de plus fort en anatomie qu’il faut envoyer à notre confrère.» Plaisanterie qui a d’autant plus fait rire que Condorcet a trente ans de plus que la demoiselle, jeune, jolie, bien découplée et morceau de dure digestion pour ce nouvel époux.»

[79]De Villette, s. d. Archives du Paty de Clam.

[80]Guillin, curé. Les bans avaient été publiés à Saint-André-des-Arcs.

[81]Cardot était, en même temps, commis au contrôle général. Il travaillait pour Condorcet le dimanche toute la journée, et tous les jours, de 6 heures à 11 heures du soir.

[82]Le jour même, ce jeune homme remit ces vers à son bienfaiteur:

Après quatre ans entiers de crainte et de douleurAux pieds du sauveur de mon pèreConduit par l’amitié, dans un jour de bonheur,Je verrai mon Dieu tutélaire;Par mille infortunés, je l’entendrai bénir,S’il oublie aisément tout le bien qu’il sait faire,Mes regards et mes pleurs l’en feront souvenir.

Après quatre ans entiers de crainte et de douleur

Aux pieds du sauveur de mon père

Conduit par l’amitié, dans un jour de bonheur,

Je verrai mon Dieu tutélaire;

Par mille infortunés, je l’entendrai bénir,

S’il oublie aisément tout le bien qu’il sait faire,

Mes regards et mes pleurs l’en feront souvenir.

Lardoise, un des trois Roués, reçut, lui aussi, de la part de Condorcet, des preuves d’intérêt; il donna bien des ennuis à son sauveur et à la famille de Dupaty, après la mort du Président.

[83]Il faut constater que cette imputation, maintenue, malgré les protestations de la famille, dans les premières éditions, ne figura plus, du vivant même de Lamartine, dans les derniers tirages de cetteHistoire des Girondins.

[84]Elles sont intitulées:Remarques sur divers passages de l’Histoire des Girondins, relatifs à Condorcet.

[85]A l’occasion du mariage d’Elisa de Condorcet avec le général O’Connor, la succession de Condorcet, restée jusque-là indivise entre sa femme et sa fille, fut liquidée.

[86]De Villette, vendredi. Archives du Paty de Clam. Charlotte resta à Neuville jusqu’à 1789.

[87]Mémoires historiques sur la vie de M. Suard, etc.,et sur leXVIIIesièclepar D.-J. Garat. Paris, 1820, 2 vol. in-8o.

[88]Michelet.Les Femmes de la Révolution.

[89]31 août 1787, à sa femme. Archives Fréteau de Pény.

[90]Rouen, 25 décembre 1787. Archives du Paty de Clam.

[91]15 octobre 1788. Archives du Paty de Clam.

[92]Villette, 13 octobre 1788. Archives du Paty de Clam.

[93]En allant plaider la cause des trois hommes injustement condamnés à la roue, il les sauva.

[94]25 octobre 1788. Archives du Paty de Clam.

[95]8 novembre 1788. Archives du Paty de Clam.

[96]Eléonore Dupaty épousa, en 1797, Armand Elie de Beaumont, fils du grand avocat et père de l’illustre savant.

[97]Septembre 1788.—Archives du Paty de Clam.

[98]Villette, 25 octobre 1788. Archives du Paty de Clam.

[99]22 décembre 1788. Archives du Paty de Clam.

[100]Archives du Paty de Clam.

[101]La Harpe, au lendemain de la mort de Voltaire, s’était montré plus que sévère pour le philosophe qui n’avait eu (c’est Voltaire lui-même qui parle) «que des entrailles paternelles émues de tendresse pour chacun des succès» du critique; c’était, au moins, de mauvais goût; mais c’était bien dans les habitudes de la Harpe. Condorcet s’emporta et, dans leJournal de Paris, dénonça la mauvaise action du critique; celui-ci en perdit la direction duMercure.

[102]Il ne fallut pas moins que la Révolution pour fixer les idées ailleurs.—Les cours furent interrompus en 1793 et ne furent repris qu’après la Terreur, sans que le Lycée ait pu retrouver, dans cette deuxième période, son antique splendeur.—Il y eut des scènes terribles, en 1792 et 1793, et sans parler des cours faits par La Harpe, en bonnet rouge, qu’il soit permis de rappeler qu’un nommé Varlet vint lire à la tribune du Lycée un poème sur l’odieux Marat.

[103]Anacharsis Clootz.

[104]V.Le Salon de MmeHelvétius, p. 43 et seq.

[105]Savant, propriétaire des eaux de Passy, premier maire de ce village pendant la Révolution, Le Veillard est surtout célèbre par les soins filiaux qu’il prodigua à Franklin, pendant son séjour en France.

[106]Le Ray de Chaumont, ancien directeur de l’Hôtel des Invalides, grand ami des Américains, logea, chez lui, à Passy, Franklin sans vouloir rien accepter en échange.

[107]Journal de la Société de 89.

[108]Archives du vicomte de Grouchy.

[109]Pontécoulant, 27 novembre 1789. Archives Fréteau de Pény.

[110]Les tricoteuses n’avaient pas encore fait leur apparition au temps de la Constituante et qu’est-ce qu’une tricoteuse en gants de soie?

[111]Notice manuscrite de MmeO’Connor sur Mmede Condorcet. (Bibliothèque de l’Institut.)

[112]Notice manuscrite sur Mmede Condorcet.

[113]Ibidem.

[114]Ce fameux plan créait les Ecoles primaires,—les Ecoles Secondaires,—les Instituts (ou Collèges),—les Lycées (ou Facultés) et la Société nationale des sciences et arts (véritable embryon de l’Institut de France), chargée de la Direction générale de l’Enseignement public.—Il est facile de voir ce que la Convention et l’Empire surtout ont pris dans le projet de Condorcet pour leurs organisations de l’Instruction publique et de l’Université impériale.

[115]Il opta pour le département de l’Aisne, où il avait des intérêts.

[116]Déclaration par la citoyenne Félicité-Charlotte Grouchy, majeure, devant la municipalité, de son intention d’être imposée séparément de ses sœur et beau-frère, 4 janvier 1794.

[117]Ce mariage, célébré au civil le 30 avril 1790, ne le fut à l’église que le 19 avril 1791. Talma avait dû en appeler à l’Assemblée nationale du refus du curé de Saint-Sulpice (Moniteur universel, 1790, p. 796). Julie avait sept ans de plus que Talma et possédait une grande fortune.—De ce mariage naquirent Tell, Castor et Pollux, tous trois morts en bas âge.

[118]Etats de l’Opéra de 1773 à 1776, communiqués avec une bonne grâce charmante par M. Nuitter.

[119]Souvenirs d’un sexagénaire, t. II, p. 133.

[120]Lettre sur Julieimprimée à la suite desMélanges de Littérature.

[121]M. Thiers a raconté que cette scène s’était passée chez MlleCandeille; c’est une erreur, MlleCandeille était chez Julie, ce soir-là, et elle était au piano, quand arriva Marat. Celui-ci est formel sur ce point. Vergniaud et Lasource ne le furent pas moins dans leurs interrogatoires au Tribunal révolutionnaire.—Sur Julie, consulter le dictionnaire de Jal au motTalma;les Souvenirs d’une actrice(Louise Fusil);les Souvenirs d’un sexagénaire, par Arnault; l’ouvrage de C. Vatel surVergniaud; enfin, et surtout, les articles très remarquables de M. Victor du Bled surles Comédiens français pendant la Révolution et l’Empire, dans laRevue des Deux-Mondesdes 15 avril, 1eraoût et 15 novembre 1894.

[122]Voir leJournal des Débats de la Société des Jacobins, no285, 19 octobre 1792.—C’est la version donnée par Marat lui-même de sa conduite dans cette soirée.

[123]Tome III, p. 375.

[124]Revue Blanche, 15 mai 1896, p. 452.

[125]Le Dictionnaire de la Conversation, à l’articleCondorcet, raconte, d’après un témoin oculaire, dit-il, que Condorcet, membre du Comité de la Commune, ayant assisté à un conseil sur les subsistances, conseil présidé par Louis XVI, aurait été frappé des connaissances du roi en cette matière et de la sagesse des mesures qu’il avait proposées. «Après l’avoir écouté, nous nous sommes tous regardés avec étonnement et nous n’avons réellement rien trouvé de mieux à faire que d’adopter ses vues.» Tout cela est parfaitement possible; mais il est bien difficile d’admettre, comme Aubert-Vitry voudrait le faire croire, que Condorcet ait remporté de cette séance,—en dehors du cas particulier en discussion,—l’impression que Louis XVI était un prince très éclairé, très instruit et plein de sens.

C’est chez MmeDupaty qu’Aubert-Vitry aurait recueilli cette anecdote de la bouche même de Condorcet!

[126]Tilly, chargé d’affaires à Gênes, agent royaliste, écrivait le 27 juillet 1793 (sa lettre est évidemment très postérieure aux faits qu’elle relate, car, en juillet 1793, Condorcet était proscrit): «Pendant que Belleville avait harangué le roi des Lazzaroni en faveur de ses compatriotes, le marquis et la marquise de Condorcet avaient harangué le ministre de la marine en faveur de La Chèze (consul).» (Archives des affaires étrangères. Gênes, 1793, fo178.) La Chèze, député de Brive à la Constituante, s’était établi, grâce à son amitié avec Cabanis, chez MmeHelvétius, en 1789. Il fut cause de la brouille de Cabanis avec Morellet et du départ de celui-ci. (Voir lesMémoiresde Morellet etle Salon de MmeHelvétius.) Mmede Condorcet et les O’Connor conservèrent des relations avec La Chèze et, en juillet 1810, une lettre du général O’Connor à Parent-Réal (collection Fréd. Masson) montre que le gendre de Condorcet s’occupait encore, à cette date, des intérêts pécuniaires de MmeLa Chèze.

[127]Emmanuel Jean-Baptiste Fréteau, né le 5 novembre 1775, allait atteindre sa dix-septième année quand, après les journées de septembre, il fut réquisitionné comme tous ceux qui avaient plus de seize ans. On l’envoya à Caen avec son précepteur; mais tous deux furent arrêtés à Houdan. Ils songèrent à se recommander de Condorcet qui obtint leur mise en liberté.—14 septembre 1792, MmeFréteau à son fils: «Tu auras sans doute rendu grâces, ainsi que nous, à celui qui a protégé ton innocence et sans l’appui et le secours duquel tu aurais pu courir de grands dangers. Sans doute vous aurez écrit à M. de Condorcet pour le remercier.» Archives Fréteau de Pény.

[128]Voir, sur toute cette période,les Mémoires du Maréchal de Grouchy, 23 avril: «La santé de ton respectable père, dit Mmede Grouchy à son fils, est troublée par la persévérance des calomnies que l’évidence même ne peut désarmer.»

[129]8 mars 1842. Lettre à Isambert (Bibliothèque de l’Institut).

[130]Michelet.Les Femmes de la Révolution, p. 87.

[131]Archives Fréteau de Pény.

[132]12 juin 1793. Félicité à Emmanuel Fréteau. Archives Fréteau de Pény.

[133]Il paraît bien que l’influence de Condorcet fut, ici, toute-puissante. M. Louis Amiable, dans une brochure surLalande franc-maçon(Paris, Charavay frères, 1889), dit, à trois reprises, pages 30 et 31, que Condorcet appartint comme franc-maçon à la loge des IX sœurs. J’ai eu entre les mains presque tous les papiers de cette loge dont mon arrière-grand-père, le poète Roucher, fut orateur et premier secrétaire et je puis affirmer que Condorcet ne figure dans aucun des tableaux de la Loge et, notamment, dans celui de 1784, où il serait inscrit certainement.

Condorcet fit-il partie d’une autre Loge ou n’appartint-il jamais à la franc-maçonnerie, comme c’est mon opinion personnelle, c’est là une question intéressante, compliquée d’un fait difficilement explicable, je le reconnais; mais elle n’est encore résolue ni dans un sens, ni dans l’autre.

[134]Premier registre de la paroisse d’Auteuil, folio 5.

[135]23 juin 1793.—Félicité à Emmanuel Fréteau. Archives Fréteau de Pény. Ce ne fut que quelque temps après que le marquis de Grouchy fut arrêté et enfermé à Sainte-Pélagie.

[136]Archives Fréteau de Pény.

[137]Cette maison porte aujourd’hui le no15 de la rue Servandoni. Elle est restée extérieurement et intérieurement, à peu près dans le même état qu’en 1794. Elle conserva son no21 jusqu’en 1841; c’est de là, évidemment, qu’est venue l’erreur du docteur Robinet qui, dans sonCondorcet, dit que la maison où le philosophe vécut en 1793-1794 est la maison portant le no21 actuel de la rue Servandoni. Le même auteur dit que MmeVernet était née Marie-Rose Boucher; c’est Rose-Marie Brichet que l’on trouve dans les actes que le propriétaire actuel, M. Saunière, a bien voulu me communiquer. Cette maison porte une plaque commémorative très peu apparente, à cause de l’étroitesse de la rue, du manque de recul et de la hauteur où on l’a placée.

La rue Servandoni n’a pris ce nom qu’en 1807; jusque-là, elle s’appelait rue des Fossoyeurs. C’est donc pour être très précis, au no21 de la rue des Fossoyeurs que Condorcet habita.

[138]MmeO’Connor, dans une courte notice sur MmeVernet, dit qu’elle avait dû être très jolie. «Jamais on ne sut son âge, mais, à son décès, en mars 1832, elle avait plus de quatre-vingts ans.» En manuscrit à la bibliothèque de l’Institut.—Voici comment les papiers de Condorcet se trouvent dans ce riche dépôt; ils furent d’abord conservés par Mmede Condorcet, puis transmis par elle à sa fille, MmeO’Connor, qui les donna à François Arago, au moment où l’illustre astronome se chargea d’écrire l’éloge de Condorcet et de donner une édition de ses œuvres. MmeLaugier, nièce de François Arago, remit à son tour ces papiers à M. Ludovic Lalanne, bibliothécaire de l’Institut, avec mission de les offrir à la bibliothèque qu’il dirige avec tant de science et d’amabilité.

[139]Parfois les anciens serviteurs de Condorcet purent aussi pénétrer auprès de lui et lui apporter, avec des nouvelles des siens, leurs soins dévoués et affectueux.

[140]Sur le manuscrit autographe de laJustification, Sophie a écrit: «Quitté à ma prière pour écrire l’Esquisse des progrès de l’esprit humain.» Condorcet fit plusieurs fois passer, sous le voile de l’anonyme, des mémoires patriotiques au comité de Salut public. A propos du livre de Condorcet, imprimé en l’an VII, et intitulé:Moyen d’apprendre à compter sûrement et avec facilité, il y eut un regrettable débat entre Mmede Condorcet et J.-B. Sarret qui avait publié, à la même époque, une arithmétique élémentaire. Celui-ci fut injustement accusé de s’être approprié le manuscrit de Condorcet pour le publier sous son nom. Un verdict de l’Institut, choisi comme arbitre, innocenta complètement Sarret de tout soupçon de plagiat. Celui-ci ne conserva de cette affaire aucun mauvais souvenir puisqu’il donna, à quelque temps de là, une notice très bienveillante sur Condorcet. Pendant les huit mois de la captivité du philosophe, Sarret n’avait cessé, disait-il, d’admirer sa douceur, sa patience, le calme de son âme, sa résignation à un sort immérité, «je pourrais dire son indifférence pour lui-même, car les objets de ses plus vives sollicitudes étaient la République, sa femme, son enfant et ses amis.»

[141]Fragment (mars 1794) qui était resté entre les mains de MmeVernet.

[142]Testament (mars 1794).

[143]Cet ouvrage est, malheureusement, non seulement inédit, mais très probablement perdu pour toujours. Malgré toutes mes recherches dans les papiers de famille, je n’ai rien pu trouver à ce sujet. Quant auxMémoires de Condorcet, en 2 vol. in-8oparus en 1824, ai-je besoin de dire qu’ils sont absolument apocryphes et, par conséquent, indignes de toute confiance.

[144]Sarret ne voulut quitter le philosophe qu’à la porte de Suard, à Fontenay-aux-Roses. Suard reçut Condorcet en lui disant de revenir le soir par une porte dérobée: il lui prêta un volume d’Horace et consentit à recevoir le portrait d’Elisa que Condorcet avait sur lui et qu’il voulait faire parvenir par cette voie à Mmede Condorcet. Le soir, à l’heure convenue, la porte était fermée. Voilà comment Suard reconnaissait l’hospitalité qu’il avait reçue autrefois à la Monnaie, où Condorcet l’avait logé avant son mariage! On a cherché à laver la mémoire de Suard de ce forfait. Je crois qu’on l’a fait inutilement. Ce n’était un mystère pour personne qu’avant le mariage de MmeSuard, Condorcet en avait été éperdument épris; Suard le savait et ne le pardonna jamais à Condorcet. De plus, tous ceux qui ont connu MmeO’Connor savent à quel point elle était persuadée de ce crime. On ne pouvait pas, me dit un de ses vieux amis, prononcer le nom de Suard devant elle. MmeVernet, écrivant vers 1825, à MmeO’Connor, disait: «Ce monstre de Suard.» (Bibliothèque de l’Institut.)

La même MmeVernet, dans des vers adressés à la mémoire de Condorcet, s’exprimait ainsi:


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