[400]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 10, 366.[401]«Moi et non-moi, moi et vous, moi et tous, forment une discontinuité primitive qu'aucun artifice ne saurait supprimer.» (FOUILLÉE,la Pensée, p. 16.)—«Si nousdécouponsle réel, c'est qu'il estdécoupable, c'est qu'il est jusqu'à un certain point découpé, c'est que nous y sommes découpés nous-mêmes; c'est, par exemple, qu'un homme n'est pas un autre homme, qu'un homme n'est pas un cheval ... bref que nos idées, nos concepts et nos lois ont un fondement dans le réel.» (Ibid.. p. 74.)[402]«Multitudinem esse et divisibile, magis est sensibile quam esse indivisibile. Quare multitudo ratione prior quam indivisibile per sensum est.» Τὸ μαλλον αισθητὸν τὸ πλἦθος εϊναι και τὸ διαιρετὸν ἢ τὸ άδιαίρετον, ὤστε τῷ λόγῳ πρότερον τὸ πλἦθος τοϋ άδιαιρέτου δια τῆν αϊσθησιν. (Méta., l. IX, c. iii, § 2.)[403]FOUILLÉE,la Pensée, p. 223.[404]S. THOMAS, I°, q. LXXXV, a. 3.[405]ARISTOTE,Phys., l. I, c. ii, § 15.[406]PLATON,Phèdre, 265 E.—Voir aussi contre l'unité de l'êtreParménideet leSophiste, surtout, p. 248, trad. Cousin.[407]ARISTOTE,Méta., l. XII, c. iii, § 8, 9.[408]ARISTOTE,Phys., l. II, c. ii, § 3;—Méta., l. XII, c. iii, § 8.[409]S. THOMAS, I°, q. LXXXV, a. 4.[410]SAINT THOMAS,Contra Gent., l. II, c. xcv.[411]«Quocirca idem erit bonum et non bonum, idem homo et equus: nec de hoc erit illius disputatio, an omnia entia sint unum, sed eo potius an nihil sint: item tale esse et tantum esse, idem erunt.» ὥστε ταύτον ἔσται άγαθὸν και ούκ άγαθὸν, και άνθρωπος και ίππος, και ού περι τοϋ ἓν εϊναι τα ὄντα ὁ λόγος ἔσται αύτοϊς, άλλα περι τοϋ μηδέν, και τὸ τοιῳδι εϊναι και τοσᾡδι ταύτόν (Phys.,l. I, c. ii, § 14.)[412]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 170.[413]LE ROY,Revue de Méta. et de Morale, sept. 1899, p. 517.[414]M. Fouillée l'a très bien vu: «La tentative pour expliquerentièrementl'origine des idées et leur vérité par la biologie constitue une immense pétition de principe.» (La Pensée, p. 80.)[415]«In quantum dicit verbum anima cognoscit objectum.» S. THOMAS,de Verit., q. iv, a. 2. Après l'intuition de son objet, l'esprit se l'exprime et se le dit à lui-même.[416]«Omnis scientia est universalium....Quodam modo scientia est universalis» (dans ses principes); «quodam modo autem minime» (dans ses applications particulières). (ARISTOTE,Méta., l. XII, c. x, § 8.) «Un joueur d'échecs, par exemple, ne crée pas une science en gagnant une partie. Il n'y a de science que du général.» (POINCARÉ,la Science et l'hypothèse, p. 13.)[417]«Loin de faire fi des principes, nous croyons qu'ils sont l'essentiel. Y substituer la pure étude des faits biologiques, c'est vouloir faire marcher une montre sans y introduire le grand ressort.... Vainement on nous invite à délaisser pour les questions pratiques du jour «la paix des questions éternelles»—dites plutôt le tournant des questions éternelles. Les problèmes du jour ne peuvent vraiment se résoudre qu'en vertu de raisons qui les dépassent: l'actuel dépend du perpétuel.» (FOUILLÉE,Morale des idées-forces,p. XXVII, XXIX.)[418]Φανερὸν τοινυν έκ τουτων ὄτι ἔστι τὸ πρώτος κινοϋν άκίνητον (ARISTOTE,Phys., l. VIII, c. v.)[419]Pour Aristote, c'est quelque chose dedivin, τὸ θείον; pour saint Thomas et pour nous, c'est la pensée même de Dieu reflétée par ses créatures.[420]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 340.[421]«Concevoir (le concept) est un pis aller (!!) dans les cas où l'on ne peut pas percevoir (!!).... Une conception ne vaut que par les perceptions éventuelles qu'elle représente (!!).» (BERGSON,Conférences d'Oxford, p. 5.) Le lecteur appréciera si ce n'est pas là une inintelligence totale.[422]«Persistance inextinguible d'un reste: c'est la tare essentielle du concept.»(Revue néo-scolastiq.,nov. 1910, p. 489.)[423]SAINT THOMAS,in Il Cœlor., l. XVIII.[424]Quidquid esse potest intelligi potest. S. THOMAS,Contra Gent., l. II, c. 98.—La raison en est que tout ce qui vient à l'existence est la réalisation d'un possible et partant d'une idée.[425]BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, 1903, p. 8.[426]Nominaliste pour tous les concepts, excepté pour celui de Temps, où M. Bergson est ultra-réaliste, puisqu'il en fait la substance des choses dans le grand Tout. En faisant du Temps non pas un fluide, mais lafluiditémême, il hypostasie une abstraction.[427]L'universelveut dire essence commune à plusieurs individus. Ainsi la rondeur est une essence commune à toutes les choses rondes. La première vue de l'esprit découvre une essence, v.g. la rondeur de ce cercle: c'est l'universeldirect. La seconde vue la considère comme étant commune à tous les autres cercles, existants ou possibles, c'est-à-dire comme infiniment imitable: c'est l'universelréflexe.[428]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 56, 114, 128, 136, 148.[429]BERGSON,l'Evolution créatrice, introd., p. iii.[430]En général, l'intuition désigne l'acte de connaître un objet immédiatement, sans raisonnement ni passage par des idées intermédiaires. Elle s'oppose à l'acte discursif.[431]«Une faculté tout autre que celle d'analyser. Ce sera, par définition même, l'intuition.» (BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, 1903, p. 35.)[432]BERGSON,l'Evolution créatrice, introd., p. iv; cf. p. 216.[433]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 31, 47, 49, 164, 323, etc.[434]Voici un aveu: «Même quand elle se lance dans la théorie, la science est tenue d'adapter sa démarche à la configuration générale de la pratique (et du réel). Si haut qu'elle s'élève, elle doit être prête à retomber dans le champ de l'action et à s'y retrouver tout de suite sur ses pieds. Ce ne lui serait pas possible si son rythme différait absolument de celui de l'action elle-même.» (L'Evolution créatrice, p. 356.) Bien loin de s'opposer, le théoricien et le praticien se complètent.[435]Il s'agit «d'une connaissance par le dedans, qui les saisit (les faits) dans leur jaillissement même au lieu de les prendre une fois jaillis, qui creuserait ainsi au-dessous de l'espace et du temps spatialisé....» (BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 390.)[436]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 50; cf. p. 216.[437]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 53.[438]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 210, 211.[439]Même hésitation chez M. Le Roy qui écrit: «La tâche propre du philosophe serait de résorber l'intelligence dans l'instinct, ou plutôt de réintégrer l'instinct dans l'intelligence.» (Revue des Deux Mondes, février 1912.)[440]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 179.[441]BERGSON,l'Evolution créatrice, cf. p. 197.[442]«La première (connaissance) implique qu'on tourne autour de cette chose; la seconde, qu'on entre en elle.» (BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, 1903, p. i.)[443]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 290.[444]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 209.[445]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 258, cf. p. 259.—«En les rapprochant les unes des autres (les formes de l'instinct), en les faisant ensuite fusionner avec l'intelligence, n'obtiendrait-on pas cette fois une conscience coextensive à la vie et capable, en se retournant brusquement contre la poussée vitale qu'elle sent derrière elle, d'en obtenir une vision intégrale, quoique sans doute évanouissante?» (Ibid., introd., p. v.)[446]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 272.—«On appelle intuition cette espèce desympathie intellectuellepar laquelle on se transporte à l'intérieur d'un objet pour coïncider avec ce qu'il a d'unique et partant d'inexprimable.» (Rev. de Méta. et de Morale, 1903, p. 3.)[447]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 209.[448]BERGSON, Discours de Bologne, 10 avril 1911, dans laRevue de Méta. et de Morale, nov. 1911, p. 826, 827.[449]BERGSON,Ibid., p. 813, 824.[450]Pour Kant, c'est le concept qui recoud le décousu informe de l'intuition sensible. Pour Bergson, c'est, au contraire, l'intuition sensible qui recoud le morcelage du concept. Opposition curieuse qui trahit le caractère artificiel de ces systèmes![451]Aristote avait déjà dit: «Sentir n'est pas encore savoir.» (Anal.Post.)[452]FOUILLÉE,la Pensée, p. 363.[453]«Concevoir est un pis-aller dans le cas où l'on ne peut pas percevoir.» (BERGSON, conf. d'Oxford,la Perception du changement, p. 5.)[454]Cf. S. AUG.De Genes. ad litt., IV, 32, 50.—S. Thomas ajoute que la vision dans le Verbe est la connaissance la plus parfaite, soit du général, soit du particulier.Perfectius (res) cognoscitur per Verbum quam per se ipsam, etiam in quantum est talis, (De verit. q. 8, a. 16, ad II; cf. q. 4, a. 6.)[455]BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, janv. 1903, p. 13.[456]FOUILLÉE,la Pensée, p. 353.[457]BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, janv. 1903, p. 9, 15, 27. Voici quelques jolis exemples de ces concepts «fluides». Définition de l'idée: «Une certaine assurance de facile intelligibilité.» Définition de l'âme: «Une certaine inquiétude de vie.» (Ibid., p. 31.) On comprend que de tels concepts soient perpétuellement changeants.[458]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 393.[459]Cf. notre étude I surle Mouvement, p. 142 et suiv.[460]BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, 1903, p. 32, 33.[461]Aristote, lui aussi, a voulu revenir «de la sécheresse et de l'insuffisance logique à la richesse féconde de l'expérience, de l'artificiel au naturel.» (RAVAISSON,Testament philosophique, p. 7.)[462]LE ROY,Revue de Méta. et de Morale, 1907, p. 488, 495.[463]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 389.[464]BERGSON,Matière et Mémoire, p. 54.[465]«L'intuition de soi est l'illusion d'un ultra-raffiné qui prend la conscience aiguë d'une sensation pour la coïncidence avec l'être.» (Revuenéo-scolastique,nov. 1910, p. 490.) Une méprise si grossière n'est certes pas d'un ultra-raffiné!... La conscience ne saisit pas seulement la pensée, mais aussi celui qui pense:intellectus intelligit semetipsum—, dit saint Thomas. Et ce n'est pas seulement l'école d'Aristote et de saint Thomas qui est unanime sur ce point capital, mais encore l'école suarésienne: «Prima cognitio accidentis non terminatur ad abstractum sed ad concretum ... sicque substantia cognoscitur simul cum accidente, hoc est in confuso, in quantum est pars talis concreti accidentalis.» (SUAREZ,De Anima, l. IV, c. iv.) Quant aux écoles spiritualistes modernes, contentons-nous de citer cette magnifique et décisive parole de F. Bouillier: «Dénier à la conscience le pouvoir d'atteindre, en même temps que les phénomènes, l'être que nous sommes, l'être un, identique, essentiellement actif, vie et pensée, c'est la mutiler profondément, c'est rejeter la meilleure partie de ce qu'elle nous atteste, et cela seul qui est continuellement présent au milieu de la diversité de tous ses autres témoignages.» (La Conscience en psychologie, p. 95). Une psychologie expérimentale «sans âme» n'est donc qu'une mutilation profonde de l'expérience.[466]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 212, 213.[467]C'est ce que les scolastiques ont appelé laquiddité: «Intellectus humani proprium objectum est quidditas sive natura in materia corporali existens.» (S. THOMAS,Sum. theol., I, q. LXXXIV, a. 3, et q. LXXXIX, a. 3.)[468]La première notion acquise est celle de l'être: «Ens est primum quod cadit in apprehensione simpliciter.» (S. THOMAS,Quæst. disp., De Verit.,q. x, a. 1.) Or, l'être le dit d'abord de ce qui estde soi(substance), puis de l'être dérivé (accidents): «Ens absolute et primo dicitur de substantia, posterius, secundum quid de accidentibus.» (S. THOMAS,De ente et essentia, c. ii.)[469]On sait que, pour Aristote et saint Thomas, c'est l'intuition de l'être réelqui fonde toute la métaphysique. (S. THOMAS, I°, q. LXXXXV, a. 5.) La connaissance qui en découle est progressive: 1° connaissance de l'être (quelque chose qui est); 2° connaissanceconfusede la substance; 3° connaissanceconfusedes accidents; 4° connaissancedistinctede la substance; 5° connaissancedistinctedes accidents. Ensuite vient la connaissance de lanaturedes êtres étudiés: essences et propriétés. On voit par là que l'intelligence saisit la substance avant les accidents (c'est l'inversé pour les sens), parce qu'elle ne peut comprendre l'êtredérivéqu'après l'êtrede soi. «Sicut prædicamenta non habent esse nisi per hoc quod insunt substantiæ, ita non habent cognosci nisi in quantum participant aliquid de modo cognitionis substantiæ quod est cognoscere quid est». (S THOMAS,In libro XII métaph., l. VII, lec. I.) C'est l'inverse pour les sens qui sont tout d'abord frappés par les accidents et ne saisissent l'objet que par concommitance, comme on saisit une main gantée sous le gant. En résumé, la substance est sensibleper accidenset intelligibleper se.[470]BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, 1903, p. 33, 35; cf.Matière et Mémoire, p. 203, 205-207. Grâce à cette intuition directe du réel, nous pouvons confronter l'image du souvenir avec le réel pour la rendre de plus en plus adéquate.L'adæquatio rei et intellectusest ainsi rendue possible. Elle est impossible, au contraire, pour ceux qui nient l'intuition et ne peuvent plus comparer l'image qu'avec d'autres images, sans jamais saisir l'original.[471]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 192, 193.[472]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 206; et réponse à Pitkin,Journal of Philosophy, 7 juill. 1910.[473]D'ailleurs, qui distinguera les véritables biens, la véritable utilité, les succès dignes d'envie, sinon l'intelligence éclairée par d'autres critères?[474]BERGSON,Réponse à Pitkin, Ibid.[475]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 323.[476]Cf.Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 317.[477]LITTRÉ,Revue des Deux Mondes, 10 juin 1865.[478]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 239-257.[479]BERGSON,Ibid., p. 242.[480]BERGSON,Ibid., p. 253.[481]BERGSON,Ibid., p. 253.[482]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 295-323.[483]A l'exemple de M. Bergson, nous avons nous-même réédité dans ce paragraphe, presque littéralement, notre réplique déjà parue ailleurs.[484]S. THOMAS,I Sent., dist. VIII, q. i, a. 3.[485]BERGSON,Ibid., p. 310.[486]MICHELET,Esquisse de logique.[487]«Ens rationis dicitur, quod cum in re nihil ponat, et in se non sit ens, formatur tamen seu accipitur ut ens in ratione.» (S. THOMAS, V.Méta., l. IX;—Summa theol., I°, q. XVI, a. 3, ad 2.—Cf. JEAN DE S. THOMAS,Log., II, q. 2.)[488]BERGSON,Ibid., p. 320.[489]Dans sa lettre au P. de Tonquédec (Etudes,20 janv. 1912, p. 516), M. Bergson a eu la loyauté de reconnaître l'insuffisance de cette première argumentation: «Elle aboutit simplement à montrer quequelque chosea toujours existé. Sur la nature de ce «quelque chose», elle n'apporte, il est vrai, aucune conclusion positive.» Le lecteur comparera cet aveu à ses prétentions premières.[490]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 299.[491]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 291.[492]Pour ces citations et les suivantes, voy. Bergson, son cours au Collège de France, en mai 1911:Théorie de la Personne, cité par Grivet,Etudes, 30 nov. 1911.[493]«Seule, la matière qu'il (le courant de la conscience universelle) charrie avec lui, et dans les interstices de laquelle il s'insère, peut le diviser en individualités distinctes. Le courant passe donc, traversant les générations humaines, se subdivisant en individus: cette division était dessinée en lui vaguement (?), mais elle ne se fût pas accusée sans la matière. Ainsi se créent sans cesse des âmes, qui cependant, en un certain sens, préexistaient. Elles ne sont pas autre chose que les ruisselets entre lesquels se partage le grand fleuve de la vie, coulant à travers le corps de l'humanité.» (BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 292.)[494]Nous avons vu plus haut, en parlant du «morcelage», que c'est l'esprit, au contraire, qui se découpait un corps. Ce sont là des assertions difficilement conciliables à nos yeux.[495]Voir, par exemple, l'interview de Maurice Verne dans l'Intransigeantdu 26 nov. 1911.[496]Voir l'interview ci-dessus.[497]Cf.l'Evolution créatrice, p. 294.[498]PIERRE LOTI,le Pèlerin d'Angkor(Calmann-Lévy). Cf. Discours de réception à l'Académie française de M. Jean Aicard, par Pierre Loti, 23 déc. 1909.[499]«Je parle de Dieu comme d'unesourced'où sortent tour à tour, par un effet de sa liberté, les «courants» ou «élans» dont chacun formera un monde: il en reste donc distinct (??), et ce n'est pas de lui qu'on peut dire que «le plus souvent il tourne court», ou qu'il soit «à la merci de la matérialité qu'il a dû se donner.» (1relettre au P. de Tonquédec, p. 517 desEtudes.)—M. Bergson avait écrit (Evolution créatrice,p. 270): «Je parle d'uncentred'où les mondes jailliraient comme les fusées d'un immense bouquet,—pourvu toutefois que je ne donne pas ce centre pour unechose[une substance] mais pour unecontinuité de jaillissement.Dieu, ainsi défini, n'a rien de tout fait....»[500]L'Evolution créatrice, p. 270, 271.[501]De même pour M. Le Roy: «Pour nous, Dieu n'est pas, mais devient. Son devenir est notre progrès même.» (LE ROY,Revue de Méta. et de Morale, 1907, p. 509.)[502]LE ROI,Dogme et Critique, p. 145.[503]Malgré cela, M. Bergson persiste à croire qu'il n'est pas panthéiste, et sa bonne foi ne saurait être mise en doute. «De tout cela, écrit-il, se dégage nettement l'idée d'un Dieu créateur et libre, générateur à la fois de la matière et de la vie, dont l'effort de création se continue du côté de la vie, par l'évolution des espèces et par la constitution des personnalités humaines. De tout cela se dégage, par conséquent, la réfutation du monisme et du panthéisme en général (??). Mais, pour préciser encore ces conclusions et en dire davantage, il faudrait aborder des problèmes d'un tout autre genre,les problèmes moraux. Je ne suis pas sûr de jamais rien publier à ce sujet; je ne le ferai que si j'arrive à des résultats qui me paraissent aussi démontrables ou aussi «montrables» que ceux de mes autres travaux.» (Lettre au P. de Tonquédec, IIelettre,Etudes, p. 515.)[504]Autre formule de la même erreur: «Le tempsn'estjamais; il devient toujours.»—Comme si le présent n'était pas en acte! «Nihil est temporis, dit saint Thomas,nisi nunc.» (Iº q. 46, a. 3, ad 3.)[505]Cf. LE ROY,Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 292 et suiv.[506]Congrès de Bologne, 10 avril 1911, dans laRevue de Méta. et de Morale, nov. 1911, p. 810.[507]Sa première devise était: «Mettre plus de science dans la métaphysique et plus de métaphysique dans la science.» (BERGSON,Revue de Méta et de Morale, janv. 1903, p. 29.)[508]BERGSON, Congrès de Bologne, 10 avril 1911, dans laRevue de Méta. et de Morale, nov. 1911, p. 825.[509]«En principe, la science positive porte sur la réalité même, pourvu qu'elle ne sorte pas de son domaine qui est la matière inerte.» (BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 225; cf. p. 216.)[510]POINCARÉ,la Valeur de la science, p. 214.[511]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 218, 258, 211, 272.[512]«D'après cette nouvelle méthode, pour connaître les choses telles qu'elles sont, il ne faut pas user de l'intelligence, qui ne peut que les dénaturer, mais se rapprocher (par l'intuition) de l'expérience brute, se plonger dans le tourbillon des sensations, s'abîmer enfin dans le torrent de la vie animale et végétative, se perdre dans l'inconscience et se noyer dans les choses. Ce réalisme psychologique conduit à l'idolâtrie du fait en métaphysique et en morale....»(COUTURAT,Revue de Méta. et de Morale, 1897, p. 241, 242.)[513]W. JAMES,Philosophie de l'expérience,p. 257, 264, 265, 309, 316. «Le meilleur chemin à suivre est celui de Fechener, de Royce, de Hégel: Fechener n'a jamais entendu le veto de la Logique; Royce entend sa voix, mais refuse délibérément de savoir ce qu'elle dit; Hégel n'entend ce qu'elle dit que pour en faire fi; et tous passent joyeusement leur chemin. Serons-nous les seuls à subir son veto?» (Ibid.,p. 197.) C'est Bergson, dit-il, qui l'a enhardi dans cette voie.—«Je me suis vu contraint de renoncer à la Logique carrément, franchement, irrévocablement!»(A Pluralistic universe.)[514]MARITAIN,l'Evolutionnisme de M. Bergson, dans laRevue de Philosophie,sept. 1911, p. 539.[515]Cf. Card. MERCIER,Discours du 8 déc. 1907 à l'Université de Louvain.[516]M. Bergson est à peu près le seul philosophe universitaire à traiter les questions de métaphysique, comme on peut s'en convaincre en feuilletant le catalogue d'ouvrages philosophiques publiés chez Alcan.
[400]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 10, 366.
[400]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 10, 366.
[401]«Moi et non-moi, moi et vous, moi et tous, forment une discontinuité primitive qu'aucun artifice ne saurait supprimer.» (FOUILLÉE,la Pensée, p. 16.)—«Si nousdécouponsle réel, c'est qu'il estdécoupable, c'est qu'il est jusqu'à un certain point découpé, c'est que nous y sommes découpés nous-mêmes; c'est, par exemple, qu'un homme n'est pas un autre homme, qu'un homme n'est pas un cheval ... bref que nos idées, nos concepts et nos lois ont un fondement dans le réel.» (Ibid.. p. 74.)
[401]«Moi et non-moi, moi et vous, moi et tous, forment une discontinuité primitive qu'aucun artifice ne saurait supprimer.» (FOUILLÉE,la Pensée, p. 16.)—«Si nousdécouponsle réel, c'est qu'il estdécoupable, c'est qu'il est jusqu'à un certain point découpé, c'est que nous y sommes découpés nous-mêmes; c'est, par exemple, qu'un homme n'est pas un autre homme, qu'un homme n'est pas un cheval ... bref que nos idées, nos concepts et nos lois ont un fondement dans le réel.» (Ibid.. p. 74.)
[402]«Multitudinem esse et divisibile, magis est sensibile quam esse indivisibile. Quare multitudo ratione prior quam indivisibile per sensum est.» Τὸ μαλλον αισθητὸν τὸ πλἦθος εϊναι και τὸ διαιρετὸν ἢ τὸ άδιαίρετον, ὤστε τῷ λόγῳ πρότερον τὸ πλἦθος τοϋ άδιαιρέτου δια τῆν αϊσθησιν. (Méta., l. IX, c. iii, § 2.)
[402]«Multitudinem esse et divisibile, magis est sensibile quam esse indivisibile. Quare multitudo ratione prior quam indivisibile per sensum est.» Τὸ μαλλον αισθητὸν τὸ πλἦθος εϊναι και τὸ διαιρετὸν ἢ τὸ άδιαίρετον, ὤστε τῷ λόγῳ πρότερον τὸ πλἦθος τοϋ άδιαιρέτου δια τῆν αϊσθησιν. (Méta., l. IX, c. iii, § 2.)
[403]FOUILLÉE,la Pensée, p. 223.
[403]FOUILLÉE,la Pensée, p. 223.
[404]S. THOMAS, I°, q. LXXXV, a. 3.
[404]S. THOMAS, I°, q. LXXXV, a. 3.
[405]ARISTOTE,Phys., l. I, c. ii, § 15.
[405]ARISTOTE,Phys., l. I, c. ii, § 15.
[406]PLATON,Phèdre, 265 E.—Voir aussi contre l'unité de l'êtreParménideet leSophiste, surtout, p. 248, trad. Cousin.
[406]PLATON,Phèdre, 265 E.—Voir aussi contre l'unité de l'êtreParménideet leSophiste, surtout, p. 248, trad. Cousin.
[407]ARISTOTE,Méta., l. XII, c. iii, § 8, 9.
[407]ARISTOTE,Méta., l. XII, c. iii, § 8, 9.
[408]ARISTOTE,Phys., l. II, c. ii, § 3;—Méta., l. XII, c. iii, § 8.
[408]ARISTOTE,Phys., l. II, c. ii, § 3;—Méta., l. XII, c. iii, § 8.
[409]S. THOMAS, I°, q. LXXXV, a. 4.
[409]S. THOMAS, I°, q. LXXXV, a. 4.
[410]SAINT THOMAS,Contra Gent., l. II, c. xcv.
[410]SAINT THOMAS,Contra Gent., l. II, c. xcv.
[411]«Quocirca idem erit bonum et non bonum, idem homo et equus: nec de hoc erit illius disputatio, an omnia entia sint unum, sed eo potius an nihil sint: item tale esse et tantum esse, idem erunt.» ὥστε ταύτον ἔσται άγαθὸν και ούκ άγαθὸν, και άνθρωπος και ίππος, και ού περι τοϋ ἓν εϊναι τα ὄντα ὁ λόγος ἔσται αύτοϊς, άλλα περι τοϋ μηδέν, και τὸ τοιῳδι εϊναι και τοσᾡδι ταύτόν (Phys.,l. I, c. ii, § 14.)
[411]«Quocirca idem erit bonum et non bonum, idem homo et equus: nec de hoc erit illius disputatio, an omnia entia sint unum, sed eo potius an nihil sint: item tale esse et tantum esse, idem erunt.» ὥστε ταύτον ἔσται άγαθὸν και ούκ άγαθὸν, και άνθρωπος και ίππος, και ού περι τοϋ ἓν εϊναι τα ὄντα ὁ λόγος ἔσται αύτοϊς, άλλα περι τοϋ μηδέν, και τὸ τοιῳδι εϊναι και τοσᾡδι ταύτόν (Phys.,l. I, c. ii, § 14.)
[412]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 170.
[412]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 170.
[413]LE ROY,Revue de Méta. et de Morale, sept. 1899, p. 517.
[413]LE ROY,Revue de Méta. et de Morale, sept. 1899, p. 517.
[414]M. Fouillée l'a très bien vu: «La tentative pour expliquerentièrementl'origine des idées et leur vérité par la biologie constitue une immense pétition de principe.» (La Pensée, p. 80.)
[414]M. Fouillée l'a très bien vu: «La tentative pour expliquerentièrementl'origine des idées et leur vérité par la biologie constitue une immense pétition de principe.» (La Pensée, p. 80.)
[415]«In quantum dicit verbum anima cognoscit objectum.» S. THOMAS,de Verit., q. iv, a. 2. Après l'intuition de son objet, l'esprit se l'exprime et se le dit à lui-même.
[415]«In quantum dicit verbum anima cognoscit objectum.» S. THOMAS,de Verit., q. iv, a. 2. Après l'intuition de son objet, l'esprit se l'exprime et se le dit à lui-même.
[416]«Omnis scientia est universalium....Quodam modo scientia est universalis» (dans ses principes); «quodam modo autem minime» (dans ses applications particulières). (ARISTOTE,Méta., l. XII, c. x, § 8.) «Un joueur d'échecs, par exemple, ne crée pas une science en gagnant une partie. Il n'y a de science que du général.» (POINCARÉ,la Science et l'hypothèse, p. 13.)
[416]«Omnis scientia est universalium....Quodam modo scientia est universalis» (dans ses principes); «quodam modo autem minime» (dans ses applications particulières). (ARISTOTE,Méta., l. XII, c. x, § 8.) «Un joueur d'échecs, par exemple, ne crée pas une science en gagnant une partie. Il n'y a de science que du général.» (POINCARÉ,la Science et l'hypothèse, p. 13.)
[417]«Loin de faire fi des principes, nous croyons qu'ils sont l'essentiel. Y substituer la pure étude des faits biologiques, c'est vouloir faire marcher une montre sans y introduire le grand ressort.... Vainement on nous invite à délaisser pour les questions pratiques du jour «la paix des questions éternelles»—dites plutôt le tournant des questions éternelles. Les problèmes du jour ne peuvent vraiment se résoudre qu'en vertu de raisons qui les dépassent: l'actuel dépend du perpétuel.» (FOUILLÉE,Morale des idées-forces,p. XXVII, XXIX.)
[417]«Loin de faire fi des principes, nous croyons qu'ils sont l'essentiel. Y substituer la pure étude des faits biologiques, c'est vouloir faire marcher une montre sans y introduire le grand ressort.... Vainement on nous invite à délaisser pour les questions pratiques du jour «la paix des questions éternelles»—dites plutôt le tournant des questions éternelles. Les problèmes du jour ne peuvent vraiment se résoudre qu'en vertu de raisons qui les dépassent: l'actuel dépend du perpétuel.» (FOUILLÉE,Morale des idées-forces,p. XXVII, XXIX.)
[418]Φανερὸν τοινυν έκ τουτων ὄτι ἔστι τὸ πρώτος κινοϋν άκίνητον (ARISTOTE,Phys., l. VIII, c. v.)
[418]Φανερὸν τοινυν έκ τουτων ὄτι ἔστι τὸ πρώτος κινοϋν άκίνητον (ARISTOTE,Phys., l. VIII, c. v.)
[419]Pour Aristote, c'est quelque chose dedivin, τὸ θείον; pour saint Thomas et pour nous, c'est la pensée même de Dieu reflétée par ses créatures.
[419]Pour Aristote, c'est quelque chose dedivin, τὸ θείον; pour saint Thomas et pour nous, c'est la pensée même de Dieu reflétée par ses créatures.
[420]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 340.
[420]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 340.
[421]«Concevoir (le concept) est un pis aller (!!) dans les cas où l'on ne peut pas percevoir (!!).... Une conception ne vaut que par les perceptions éventuelles qu'elle représente (!!).» (BERGSON,Conférences d'Oxford, p. 5.) Le lecteur appréciera si ce n'est pas là une inintelligence totale.
[421]«Concevoir (le concept) est un pis aller (!!) dans les cas où l'on ne peut pas percevoir (!!).... Une conception ne vaut que par les perceptions éventuelles qu'elle représente (!!).» (BERGSON,Conférences d'Oxford, p. 5.) Le lecteur appréciera si ce n'est pas là une inintelligence totale.
[422]«Persistance inextinguible d'un reste: c'est la tare essentielle du concept.»(Revue néo-scolastiq.,nov. 1910, p. 489.)
[422]«Persistance inextinguible d'un reste: c'est la tare essentielle du concept.»(Revue néo-scolastiq.,nov. 1910, p. 489.)
[423]SAINT THOMAS,in Il Cœlor., l. XVIII.
[423]SAINT THOMAS,in Il Cœlor., l. XVIII.
[424]Quidquid esse potest intelligi potest. S. THOMAS,Contra Gent., l. II, c. 98.—La raison en est que tout ce qui vient à l'existence est la réalisation d'un possible et partant d'une idée.
[424]Quidquid esse potest intelligi potest. S. THOMAS,Contra Gent., l. II, c. 98.—La raison en est que tout ce qui vient à l'existence est la réalisation d'un possible et partant d'une idée.
[425]BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, 1903, p. 8.
[425]BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, 1903, p. 8.
[426]Nominaliste pour tous les concepts, excepté pour celui de Temps, où M. Bergson est ultra-réaliste, puisqu'il en fait la substance des choses dans le grand Tout. En faisant du Temps non pas un fluide, mais lafluiditémême, il hypostasie une abstraction.
[426]Nominaliste pour tous les concepts, excepté pour celui de Temps, où M. Bergson est ultra-réaliste, puisqu'il en fait la substance des choses dans le grand Tout. En faisant du Temps non pas un fluide, mais lafluiditémême, il hypostasie une abstraction.
[427]L'universelveut dire essence commune à plusieurs individus. Ainsi la rondeur est une essence commune à toutes les choses rondes. La première vue de l'esprit découvre une essence, v.g. la rondeur de ce cercle: c'est l'universeldirect. La seconde vue la considère comme étant commune à tous les autres cercles, existants ou possibles, c'est-à-dire comme infiniment imitable: c'est l'universelréflexe.
[427]L'universelveut dire essence commune à plusieurs individus. Ainsi la rondeur est une essence commune à toutes les choses rondes. La première vue de l'esprit découvre une essence, v.g. la rondeur de ce cercle: c'est l'universeldirect. La seconde vue la considère comme étant commune à tous les autres cercles, existants ou possibles, c'est-à-dire comme infiniment imitable: c'est l'universelréflexe.
[428]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 56, 114, 128, 136, 148.
[428]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 56, 114, 128, 136, 148.
[429]BERGSON,l'Evolution créatrice, introd., p. iii.
[429]BERGSON,l'Evolution créatrice, introd., p. iii.
[430]En général, l'intuition désigne l'acte de connaître un objet immédiatement, sans raisonnement ni passage par des idées intermédiaires. Elle s'oppose à l'acte discursif.
[430]En général, l'intuition désigne l'acte de connaître un objet immédiatement, sans raisonnement ni passage par des idées intermédiaires. Elle s'oppose à l'acte discursif.
[431]«Une faculté tout autre que celle d'analyser. Ce sera, par définition même, l'intuition.» (BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, 1903, p. 35.)
[431]«Une faculté tout autre que celle d'analyser. Ce sera, par définition même, l'intuition.» (BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, 1903, p. 35.)
[432]BERGSON,l'Evolution créatrice, introd., p. iv; cf. p. 216.
[432]BERGSON,l'Evolution créatrice, introd., p. iv; cf. p. 216.
[433]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 31, 47, 49, 164, 323, etc.
[433]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 31, 47, 49, 164, 323, etc.
[434]Voici un aveu: «Même quand elle se lance dans la théorie, la science est tenue d'adapter sa démarche à la configuration générale de la pratique (et du réel). Si haut qu'elle s'élève, elle doit être prête à retomber dans le champ de l'action et à s'y retrouver tout de suite sur ses pieds. Ce ne lui serait pas possible si son rythme différait absolument de celui de l'action elle-même.» (L'Evolution créatrice, p. 356.) Bien loin de s'opposer, le théoricien et le praticien se complètent.
[434]Voici un aveu: «Même quand elle se lance dans la théorie, la science est tenue d'adapter sa démarche à la configuration générale de la pratique (et du réel). Si haut qu'elle s'élève, elle doit être prête à retomber dans le champ de l'action et à s'y retrouver tout de suite sur ses pieds. Ce ne lui serait pas possible si son rythme différait absolument de celui de l'action elle-même.» (L'Evolution créatrice, p. 356.) Bien loin de s'opposer, le théoricien et le praticien se complètent.
[435]Il s'agit «d'une connaissance par le dedans, qui les saisit (les faits) dans leur jaillissement même au lieu de les prendre une fois jaillis, qui creuserait ainsi au-dessous de l'espace et du temps spatialisé....» (BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 390.)
[435]Il s'agit «d'une connaissance par le dedans, qui les saisit (les faits) dans leur jaillissement même au lieu de les prendre une fois jaillis, qui creuserait ainsi au-dessous de l'espace et du temps spatialisé....» (BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 390.)
[436]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 50; cf. p. 216.
[436]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 50; cf. p. 216.
[437]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 53.
[437]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 53.
[438]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 210, 211.
[438]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 210, 211.
[439]Même hésitation chez M. Le Roy qui écrit: «La tâche propre du philosophe serait de résorber l'intelligence dans l'instinct, ou plutôt de réintégrer l'instinct dans l'intelligence.» (Revue des Deux Mondes, février 1912.)
[439]Même hésitation chez M. Le Roy qui écrit: «La tâche propre du philosophe serait de résorber l'intelligence dans l'instinct, ou plutôt de réintégrer l'instinct dans l'intelligence.» (Revue des Deux Mondes, février 1912.)
[440]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 179.
[440]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 179.
[441]BERGSON,l'Evolution créatrice, cf. p. 197.
[441]BERGSON,l'Evolution créatrice, cf. p. 197.
[442]«La première (connaissance) implique qu'on tourne autour de cette chose; la seconde, qu'on entre en elle.» (BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, 1903, p. i.)
[442]«La première (connaissance) implique qu'on tourne autour de cette chose; la seconde, qu'on entre en elle.» (BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, 1903, p. i.)
[443]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 290.
[443]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 290.
[444]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 209.
[444]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 209.
[445]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 258, cf. p. 259.—«En les rapprochant les unes des autres (les formes de l'instinct), en les faisant ensuite fusionner avec l'intelligence, n'obtiendrait-on pas cette fois une conscience coextensive à la vie et capable, en se retournant brusquement contre la poussée vitale qu'elle sent derrière elle, d'en obtenir une vision intégrale, quoique sans doute évanouissante?» (Ibid., introd., p. v.)
[445]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 258, cf. p. 259.—«En les rapprochant les unes des autres (les formes de l'instinct), en les faisant ensuite fusionner avec l'intelligence, n'obtiendrait-on pas cette fois une conscience coextensive à la vie et capable, en se retournant brusquement contre la poussée vitale qu'elle sent derrière elle, d'en obtenir une vision intégrale, quoique sans doute évanouissante?» (Ibid., introd., p. v.)
[446]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 272.—«On appelle intuition cette espèce desympathie intellectuellepar laquelle on se transporte à l'intérieur d'un objet pour coïncider avec ce qu'il a d'unique et partant d'inexprimable.» (Rev. de Méta. et de Morale, 1903, p. 3.)
[446]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 272.—«On appelle intuition cette espèce desympathie intellectuellepar laquelle on se transporte à l'intérieur d'un objet pour coïncider avec ce qu'il a d'unique et partant d'inexprimable.» (Rev. de Méta. et de Morale, 1903, p. 3.)
[447]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 209.
[447]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 209.
[448]BERGSON, Discours de Bologne, 10 avril 1911, dans laRevue de Méta. et de Morale, nov. 1911, p. 826, 827.
[448]BERGSON, Discours de Bologne, 10 avril 1911, dans laRevue de Méta. et de Morale, nov. 1911, p. 826, 827.
[449]BERGSON,Ibid., p. 813, 824.
[449]BERGSON,Ibid., p. 813, 824.
[450]Pour Kant, c'est le concept qui recoud le décousu informe de l'intuition sensible. Pour Bergson, c'est, au contraire, l'intuition sensible qui recoud le morcelage du concept. Opposition curieuse qui trahit le caractère artificiel de ces systèmes!
[450]Pour Kant, c'est le concept qui recoud le décousu informe de l'intuition sensible. Pour Bergson, c'est, au contraire, l'intuition sensible qui recoud le morcelage du concept. Opposition curieuse qui trahit le caractère artificiel de ces systèmes!
[451]Aristote avait déjà dit: «Sentir n'est pas encore savoir.» (Anal.Post.)
[451]Aristote avait déjà dit: «Sentir n'est pas encore savoir.» (Anal.Post.)
[452]FOUILLÉE,la Pensée, p. 363.
[452]FOUILLÉE,la Pensée, p. 363.
[453]«Concevoir est un pis-aller dans le cas où l'on ne peut pas percevoir.» (BERGSON, conf. d'Oxford,la Perception du changement, p. 5.)
[453]«Concevoir est un pis-aller dans le cas où l'on ne peut pas percevoir.» (BERGSON, conf. d'Oxford,la Perception du changement, p. 5.)
[454]Cf. S. AUG.De Genes. ad litt., IV, 32, 50.—S. Thomas ajoute que la vision dans le Verbe est la connaissance la plus parfaite, soit du général, soit du particulier.Perfectius (res) cognoscitur per Verbum quam per se ipsam, etiam in quantum est talis, (De verit. q. 8, a. 16, ad II; cf. q. 4, a. 6.)
[454]Cf. S. AUG.De Genes. ad litt., IV, 32, 50.—S. Thomas ajoute que la vision dans le Verbe est la connaissance la plus parfaite, soit du général, soit du particulier.Perfectius (res) cognoscitur per Verbum quam per se ipsam, etiam in quantum est talis, (De verit. q. 8, a. 16, ad II; cf. q. 4, a. 6.)
[455]BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, janv. 1903, p. 13.
[455]BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, janv. 1903, p. 13.
[456]FOUILLÉE,la Pensée, p. 353.
[456]FOUILLÉE,la Pensée, p. 353.
[457]BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, janv. 1903, p. 9, 15, 27. Voici quelques jolis exemples de ces concepts «fluides». Définition de l'idée: «Une certaine assurance de facile intelligibilité.» Définition de l'âme: «Une certaine inquiétude de vie.» (Ibid., p. 31.) On comprend que de tels concepts soient perpétuellement changeants.
[457]BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, janv. 1903, p. 9, 15, 27. Voici quelques jolis exemples de ces concepts «fluides». Définition de l'idée: «Une certaine assurance de facile intelligibilité.» Définition de l'âme: «Une certaine inquiétude de vie.» (Ibid., p. 31.) On comprend que de tels concepts soient perpétuellement changeants.
[458]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 393.
[458]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 393.
[459]Cf. notre étude I surle Mouvement, p. 142 et suiv.
[459]Cf. notre étude I surle Mouvement, p. 142 et suiv.
[460]BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, 1903, p. 32, 33.
[460]BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, 1903, p. 32, 33.
[461]Aristote, lui aussi, a voulu revenir «de la sécheresse et de l'insuffisance logique à la richesse féconde de l'expérience, de l'artificiel au naturel.» (RAVAISSON,Testament philosophique, p. 7.)
[461]Aristote, lui aussi, a voulu revenir «de la sécheresse et de l'insuffisance logique à la richesse féconde de l'expérience, de l'artificiel au naturel.» (RAVAISSON,Testament philosophique, p. 7.)
[462]LE ROY,Revue de Méta. et de Morale, 1907, p. 488, 495.
[462]LE ROY,Revue de Méta. et de Morale, 1907, p. 488, 495.
[463]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 389.
[463]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 389.
[464]BERGSON,Matière et Mémoire, p. 54.
[464]BERGSON,Matière et Mémoire, p. 54.
[465]«L'intuition de soi est l'illusion d'un ultra-raffiné qui prend la conscience aiguë d'une sensation pour la coïncidence avec l'être.» (Revuenéo-scolastique,nov. 1910, p. 490.) Une méprise si grossière n'est certes pas d'un ultra-raffiné!... La conscience ne saisit pas seulement la pensée, mais aussi celui qui pense:intellectus intelligit semetipsum—, dit saint Thomas. Et ce n'est pas seulement l'école d'Aristote et de saint Thomas qui est unanime sur ce point capital, mais encore l'école suarésienne: «Prima cognitio accidentis non terminatur ad abstractum sed ad concretum ... sicque substantia cognoscitur simul cum accidente, hoc est in confuso, in quantum est pars talis concreti accidentalis.» (SUAREZ,De Anima, l. IV, c. iv.) Quant aux écoles spiritualistes modernes, contentons-nous de citer cette magnifique et décisive parole de F. Bouillier: «Dénier à la conscience le pouvoir d'atteindre, en même temps que les phénomènes, l'être que nous sommes, l'être un, identique, essentiellement actif, vie et pensée, c'est la mutiler profondément, c'est rejeter la meilleure partie de ce qu'elle nous atteste, et cela seul qui est continuellement présent au milieu de la diversité de tous ses autres témoignages.» (La Conscience en psychologie, p. 95). Une psychologie expérimentale «sans âme» n'est donc qu'une mutilation profonde de l'expérience.
[465]«L'intuition de soi est l'illusion d'un ultra-raffiné qui prend la conscience aiguë d'une sensation pour la coïncidence avec l'être.» (Revuenéo-scolastique,nov. 1910, p. 490.) Une méprise si grossière n'est certes pas d'un ultra-raffiné!... La conscience ne saisit pas seulement la pensée, mais aussi celui qui pense:intellectus intelligit semetipsum—, dit saint Thomas. Et ce n'est pas seulement l'école d'Aristote et de saint Thomas qui est unanime sur ce point capital, mais encore l'école suarésienne: «Prima cognitio accidentis non terminatur ad abstractum sed ad concretum ... sicque substantia cognoscitur simul cum accidente, hoc est in confuso, in quantum est pars talis concreti accidentalis.» (SUAREZ,De Anima, l. IV, c. iv.) Quant aux écoles spiritualistes modernes, contentons-nous de citer cette magnifique et décisive parole de F. Bouillier: «Dénier à la conscience le pouvoir d'atteindre, en même temps que les phénomènes, l'être que nous sommes, l'être un, identique, essentiellement actif, vie et pensée, c'est la mutiler profondément, c'est rejeter la meilleure partie de ce qu'elle nous atteste, et cela seul qui est continuellement présent au milieu de la diversité de tous ses autres témoignages.» (La Conscience en psychologie, p. 95). Une psychologie expérimentale «sans âme» n'est donc qu'une mutilation profonde de l'expérience.
[466]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 212, 213.
[466]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 212, 213.
[467]C'est ce que les scolastiques ont appelé laquiddité: «Intellectus humani proprium objectum est quidditas sive natura in materia corporali existens.» (S. THOMAS,Sum. theol., I, q. LXXXIV, a. 3, et q. LXXXIX, a. 3.)
[467]C'est ce que les scolastiques ont appelé laquiddité: «Intellectus humani proprium objectum est quidditas sive natura in materia corporali existens.» (S. THOMAS,Sum. theol., I, q. LXXXIV, a. 3, et q. LXXXIX, a. 3.)
[468]La première notion acquise est celle de l'être: «Ens est primum quod cadit in apprehensione simpliciter.» (S. THOMAS,Quæst. disp., De Verit.,q. x, a. 1.) Or, l'être le dit d'abord de ce qui estde soi(substance), puis de l'être dérivé (accidents): «Ens absolute et primo dicitur de substantia, posterius, secundum quid de accidentibus.» (S. THOMAS,De ente et essentia, c. ii.)
[468]La première notion acquise est celle de l'être: «Ens est primum quod cadit in apprehensione simpliciter.» (S. THOMAS,Quæst. disp., De Verit.,q. x, a. 1.) Or, l'être le dit d'abord de ce qui estde soi(substance), puis de l'être dérivé (accidents): «Ens absolute et primo dicitur de substantia, posterius, secundum quid de accidentibus.» (S. THOMAS,De ente et essentia, c. ii.)
[469]On sait que, pour Aristote et saint Thomas, c'est l'intuition de l'être réelqui fonde toute la métaphysique. (S. THOMAS, I°, q. LXXXXV, a. 5.) La connaissance qui en découle est progressive: 1° connaissance de l'être (quelque chose qui est); 2° connaissanceconfusede la substance; 3° connaissanceconfusedes accidents; 4° connaissancedistinctede la substance; 5° connaissancedistinctedes accidents. Ensuite vient la connaissance de lanaturedes êtres étudiés: essences et propriétés. On voit par là que l'intelligence saisit la substance avant les accidents (c'est l'inversé pour les sens), parce qu'elle ne peut comprendre l'êtredérivéqu'après l'êtrede soi. «Sicut prædicamenta non habent esse nisi per hoc quod insunt substantiæ, ita non habent cognosci nisi in quantum participant aliquid de modo cognitionis substantiæ quod est cognoscere quid est». (S THOMAS,In libro XII métaph., l. VII, lec. I.) C'est l'inverse pour les sens qui sont tout d'abord frappés par les accidents et ne saisissent l'objet que par concommitance, comme on saisit une main gantée sous le gant. En résumé, la substance est sensibleper accidenset intelligibleper se.
[469]On sait que, pour Aristote et saint Thomas, c'est l'intuition de l'être réelqui fonde toute la métaphysique. (S. THOMAS, I°, q. LXXXXV, a. 5.) La connaissance qui en découle est progressive: 1° connaissance de l'être (quelque chose qui est); 2° connaissanceconfusede la substance; 3° connaissanceconfusedes accidents; 4° connaissancedistinctede la substance; 5° connaissancedistinctedes accidents. Ensuite vient la connaissance de lanaturedes êtres étudiés: essences et propriétés. On voit par là que l'intelligence saisit la substance avant les accidents (c'est l'inversé pour les sens), parce qu'elle ne peut comprendre l'êtredérivéqu'après l'êtrede soi. «Sicut prædicamenta non habent esse nisi per hoc quod insunt substantiæ, ita non habent cognosci nisi in quantum participant aliquid de modo cognitionis substantiæ quod est cognoscere quid est». (S THOMAS,In libro XII métaph., l. VII, lec. I.) C'est l'inverse pour les sens qui sont tout d'abord frappés par les accidents et ne saisissent l'objet que par concommitance, comme on saisit une main gantée sous le gant. En résumé, la substance est sensibleper accidenset intelligibleper se.
[470]BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, 1903, p. 33, 35; cf.Matière et Mémoire, p. 203, 205-207. Grâce à cette intuition directe du réel, nous pouvons confronter l'image du souvenir avec le réel pour la rendre de plus en plus adéquate.L'adæquatio rei et intellectusest ainsi rendue possible. Elle est impossible, au contraire, pour ceux qui nient l'intuition et ne peuvent plus comparer l'image qu'avec d'autres images, sans jamais saisir l'original.
[470]BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, 1903, p. 33, 35; cf.Matière et Mémoire, p. 203, 205-207. Grâce à cette intuition directe du réel, nous pouvons confronter l'image du souvenir avec le réel pour la rendre de plus en plus adéquate.L'adæquatio rei et intellectusest ainsi rendue possible. Elle est impossible, au contraire, pour ceux qui nient l'intuition et ne peuvent plus comparer l'image qu'avec d'autres images, sans jamais saisir l'original.
[471]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 192, 193.
[471]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 192, 193.
[472]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 206; et réponse à Pitkin,Journal of Philosophy, 7 juill. 1910.
[472]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 206; et réponse à Pitkin,Journal of Philosophy, 7 juill. 1910.
[473]D'ailleurs, qui distinguera les véritables biens, la véritable utilité, les succès dignes d'envie, sinon l'intelligence éclairée par d'autres critères?
[473]D'ailleurs, qui distinguera les véritables biens, la véritable utilité, les succès dignes d'envie, sinon l'intelligence éclairée par d'autres critères?
[474]BERGSON,Réponse à Pitkin, Ibid.
[474]BERGSON,Réponse à Pitkin, Ibid.
[475]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 323.
[475]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 323.
[476]Cf.Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 317.
[476]Cf.Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 317.
[477]LITTRÉ,Revue des Deux Mondes, 10 juin 1865.
[477]LITTRÉ,Revue des Deux Mondes, 10 juin 1865.
[478]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 239-257.
[478]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 239-257.
[479]BERGSON,Ibid., p. 242.
[479]BERGSON,Ibid., p. 242.
[480]BERGSON,Ibid., p. 253.
[480]BERGSON,Ibid., p. 253.
[481]BERGSON,Ibid., p. 253.
[481]BERGSON,Ibid., p. 253.
[482]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 295-323.
[482]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 295-323.
[483]A l'exemple de M. Bergson, nous avons nous-même réédité dans ce paragraphe, presque littéralement, notre réplique déjà parue ailleurs.
[483]A l'exemple de M. Bergson, nous avons nous-même réédité dans ce paragraphe, presque littéralement, notre réplique déjà parue ailleurs.
[484]S. THOMAS,I Sent., dist. VIII, q. i, a. 3.
[484]S. THOMAS,I Sent., dist. VIII, q. i, a. 3.
[485]BERGSON,Ibid., p. 310.
[485]BERGSON,Ibid., p. 310.
[486]MICHELET,Esquisse de logique.
[486]MICHELET,Esquisse de logique.
[487]«Ens rationis dicitur, quod cum in re nihil ponat, et in se non sit ens, formatur tamen seu accipitur ut ens in ratione.» (S. THOMAS, V.Méta., l. IX;—Summa theol., I°, q. XVI, a. 3, ad 2.—Cf. JEAN DE S. THOMAS,Log., II, q. 2.)
[487]«Ens rationis dicitur, quod cum in re nihil ponat, et in se non sit ens, formatur tamen seu accipitur ut ens in ratione.» (S. THOMAS, V.Méta., l. IX;—Summa theol., I°, q. XVI, a. 3, ad 2.—Cf. JEAN DE S. THOMAS,Log., II, q. 2.)
[488]BERGSON,Ibid., p. 320.
[488]BERGSON,Ibid., p. 320.
[489]Dans sa lettre au P. de Tonquédec (Etudes,20 janv. 1912, p. 516), M. Bergson a eu la loyauté de reconnaître l'insuffisance de cette première argumentation: «Elle aboutit simplement à montrer quequelque chosea toujours existé. Sur la nature de ce «quelque chose», elle n'apporte, il est vrai, aucune conclusion positive.» Le lecteur comparera cet aveu à ses prétentions premières.
[489]Dans sa lettre au P. de Tonquédec (Etudes,20 janv. 1912, p. 516), M. Bergson a eu la loyauté de reconnaître l'insuffisance de cette première argumentation: «Elle aboutit simplement à montrer quequelque chosea toujours existé. Sur la nature de ce «quelque chose», elle n'apporte, il est vrai, aucune conclusion positive.» Le lecteur comparera cet aveu à ses prétentions premières.
[490]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 299.
[490]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 299.
[491]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 291.
[491]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 291.
[492]Pour ces citations et les suivantes, voy. Bergson, son cours au Collège de France, en mai 1911:Théorie de la Personne, cité par Grivet,Etudes, 30 nov. 1911.
[492]Pour ces citations et les suivantes, voy. Bergson, son cours au Collège de France, en mai 1911:Théorie de la Personne, cité par Grivet,Etudes, 30 nov. 1911.
[493]«Seule, la matière qu'il (le courant de la conscience universelle) charrie avec lui, et dans les interstices de laquelle il s'insère, peut le diviser en individualités distinctes. Le courant passe donc, traversant les générations humaines, se subdivisant en individus: cette division était dessinée en lui vaguement (?), mais elle ne se fût pas accusée sans la matière. Ainsi se créent sans cesse des âmes, qui cependant, en un certain sens, préexistaient. Elles ne sont pas autre chose que les ruisselets entre lesquels se partage le grand fleuve de la vie, coulant à travers le corps de l'humanité.» (BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 292.)
[493]«Seule, la matière qu'il (le courant de la conscience universelle) charrie avec lui, et dans les interstices de laquelle il s'insère, peut le diviser en individualités distinctes. Le courant passe donc, traversant les générations humaines, se subdivisant en individus: cette division était dessinée en lui vaguement (?), mais elle ne se fût pas accusée sans la matière. Ainsi se créent sans cesse des âmes, qui cependant, en un certain sens, préexistaient. Elles ne sont pas autre chose que les ruisselets entre lesquels se partage le grand fleuve de la vie, coulant à travers le corps de l'humanité.» (BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 292.)
[494]Nous avons vu plus haut, en parlant du «morcelage», que c'est l'esprit, au contraire, qui se découpait un corps. Ce sont là des assertions difficilement conciliables à nos yeux.
[494]Nous avons vu plus haut, en parlant du «morcelage», que c'est l'esprit, au contraire, qui se découpait un corps. Ce sont là des assertions difficilement conciliables à nos yeux.
[495]Voir, par exemple, l'interview de Maurice Verne dans l'Intransigeantdu 26 nov. 1911.
[495]Voir, par exemple, l'interview de Maurice Verne dans l'Intransigeantdu 26 nov. 1911.
[496]Voir l'interview ci-dessus.
[496]Voir l'interview ci-dessus.
[497]Cf.l'Evolution créatrice, p. 294.
[497]Cf.l'Evolution créatrice, p. 294.
[498]PIERRE LOTI,le Pèlerin d'Angkor(Calmann-Lévy). Cf. Discours de réception à l'Académie française de M. Jean Aicard, par Pierre Loti, 23 déc. 1909.
[498]PIERRE LOTI,le Pèlerin d'Angkor(Calmann-Lévy). Cf. Discours de réception à l'Académie française de M. Jean Aicard, par Pierre Loti, 23 déc. 1909.
[499]«Je parle de Dieu comme d'unesourced'où sortent tour à tour, par un effet de sa liberté, les «courants» ou «élans» dont chacun formera un monde: il en reste donc distinct (??), et ce n'est pas de lui qu'on peut dire que «le plus souvent il tourne court», ou qu'il soit «à la merci de la matérialité qu'il a dû se donner.» (1relettre au P. de Tonquédec, p. 517 desEtudes.)—M. Bergson avait écrit (Evolution créatrice,p. 270): «Je parle d'uncentred'où les mondes jailliraient comme les fusées d'un immense bouquet,—pourvu toutefois que je ne donne pas ce centre pour unechose[une substance] mais pour unecontinuité de jaillissement.Dieu, ainsi défini, n'a rien de tout fait....»
[499]«Je parle de Dieu comme d'unesourced'où sortent tour à tour, par un effet de sa liberté, les «courants» ou «élans» dont chacun formera un monde: il en reste donc distinct (??), et ce n'est pas de lui qu'on peut dire que «le plus souvent il tourne court», ou qu'il soit «à la merci de la matérialité qu'il a dû se donner.» (1relettre au P. de Tonquédec, p. 517 desEtudes.)—M. Bergson avait écrit (Evolution créatrice,p. 270): «Je parle d'uncentred'où les mondes jailliraient comme les fusées d'un immense bouquet,—pourvu toutefois que je ne donne pas ce centre pour unechose[une substance] mais pour unecontinuité de jaillissement.Dieu, ainsi défini, n'a rien de tout fait....»
[500]L'Evolution créatrice, p. 270, 271.
[500]L'Evolution créatrice, p. 270, 271.
[501]De même pour M. Le Roy: «Pour nous, Dieu n'est pas, mais devient. Son devenir est notre progrès même.» (LE ROY,Revue de Méta. et de Morale, 1907, p. 509.)
[501]De même pour M. Le Roy: «Pour nous, Dieu n'est pas, mais devient. Son devenir est notre progrès même.» (LE ROY,Revue de Méta. et de Morale, 1907, p. 509.)
[502]LE ROI,Dogme et Critique, p. 145.
[502]LE ROI,Dogme et Critique, p. 145.
[503]Malgré cela, M. Bergson persiste à croire qu'il n'est pas panthéiste, et sa bonne foi ne saurait être mise en doute. «De tout cela, écrit-il, se dégage nettement l'idée d'un Dieu créateur et libre, générateur à la fois de la matière et de la vie, dont l'effort de création se continue du côté de la vie, par l'évolution des espèces et par la constitution des personnalités humaines. De tout cela se dégage, par conséquent, la réfutation du monisme et du panthéisme en général (??). Mais, pour préciser encore ces conclusions et en dire davantage, il faudrait aborder des problèmes d'un tout autre genre,les problèmes moraux. Je ne suis pas sûr de jamais rien publier à ce sujet; je ne le ferai que si j'arrive à des résultats qui me paraissent aussi démontrables ou aussi «montrables» que ceux de mes autres travaux.» (Lettre au P. de Tonquédec, IIelettre,Etudes, p. 515.)
[503]Malgré cela, M. Bergson persiste à croire qu'il n'est pas panthéiste, et sa bonne foi ne saurait être mise en doute. «De tout cela, écrit-il, se dégage nettement l'idée d'un Dieu créateur et libre, générateur à la fois de la matière et de la vie, dont l'effort de création se continue du côté de la vie, par l'évolution des espèces et par la constitution des personnalités humaines. De tout cela se dégage, par conséquent, la réfutation du monisme et du panthéisme en général (??). Mais, pour préciser encore ces conclusions et en dire davantage, il faudrait aborder des problèmes d'un tout autre genre,les problèmes moraux. Je ne suis pas sûr de jamais rien publier à ce sujet; je ne le ferai que si j'arrive à des résultats qui me paraissent aussi démontrables ou aussi «montrables» que ceux de mes autres travaux.» (Lettre au P. de Tonquédec, IIelettre,Etudes, p. 515.)
[504]Autre formule de la même erreur: «Le tempsn'estjamais; il devient toujours.»—Comme si le présent n'était pas en acte! «Nihil est temporis, dit saint Thomas,nisi nunc.» (Iº q. 46, a. 3, ad 3.)
[504]Autre formule de la même erreur: «Le tempsn'estjamais; il devient toujours.»—Comme si le présent n'était pas en acte! «Nihil est temporis, dit saint Thomas,nisi nunc.» (Iº q. 46, a. 3, ad 3.)
[505]Cf. LE ROY,Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 292 et suiv.
[505]Cf. LE ROY,Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 292 et suiv.
[506]Congrès de Bologne, 10 avril 1911, dans laRevue de Méta. et de Morale, nov. 1911, p. 810.
[506]Congrès de Bologne, 10 avril 1911, dans laRevue de Méta. et de Morale, nov. 1911, p. 810.
[507]Sa première devise était: «Mettre plus de science dans la métaphysique et plus de métaphysique dans la science.» (BERGSON,Revue de Méta et de Morale, janv. 1903, p. 29.)
[507]Sa première devise était: «Mettre plus de science dans la métaphysique et plus de métaphysique dans la science.» (BERGSON,Revue de Méta et de Morale, janv. 1903, p. 29.)
[508]BERGSON, Congrès de Bologne, 10 avril 1911, dans laRevue de Méta. et de Morale, nov. 1911, p. 825.
[508]BERGSON, Congrès de Bologne, 10 avril 1911, dans laRevue de Méta. et de Morale, nov. 1911, p. 825.
[509]«En principe, la science positive porte sur la réalité même, pourvu qu'elle ne sorte pas de son domaine qui est la matière inerte.» (BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 225; cf. p. 216.)
[509]«En principe, la science positive porte sur la réalité même, pourvu qu'elle ne sorte pas de son domaine qui est la matière inerte.» (BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 225; cf. p. 216.)
[510]POINCARÉ,la Valeur de la science, p. 214.
[510]POINCARÉ,la Valeur de la science, p. 214.
[511]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 218, 258, 211, 272.
[511]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 218, 258, 211, 272.
[512]«D'après cette nouvelle méthode, pour connaître les choses telles qu'elles sont, il ne faut pas user de l'intelligence, qui ne peut que les dénaturer, mais se rapprocher (par l'intuition) de l'expérience brute, se plonger dans le tourbillon des sensations, s'abîmer enfin dans le torrent de la vie animale et végétative, se perdre dans l'inconscience et se noyer dans les choses. Ce réalisme psychologique conduit à l'idolâtrie du fait en métaphysique et en morale....»(COUTURAT,Revue de Méta. et de Morale, 1897, p. 241, 242.)
[512]«D'après cette nouvelle méthode, pour connaître les choses telles qu'elles sont, il ne faut pas user de l'intelligence, qui ne peut que les dénaturer, mais se rapprocher (par l'intuition) de l'expérience brute, se plonger dans le tourbillon des sensations, s'abîmer enfin dans le torrent de la vie animale et végétative, se perdre dans l'inconscience et se noyer dans les choses. Ce réalisme psychologique conduit à l'idolâtrie du fait en métaphysique et en morale....»(COUTURAT,Revue de Méta. et de Morale, 1897, p. 241, 242.)
[513]W. JAMES,Philosophie de l'expérience,p. 257, 264, 265, 309, 316. «Le meilleur chemin à suivre est celui de Fechener, de Royce, de Hégel: Fechener n'a jamais entendu le veto de la Logique; Royce entend sa voix, mais refuse délibérément de savoir ce qu'elle dit; Hégel n'entend ce qu'elle dit que pour en faire fi; et tous passent joyeusement leur chemin. Serons-nous les seuls à subir son veto?» (Ibid.,p. 197.) C'est Bergson, dit-il, qui l'a enhardi dans cette voie.—«Je me suis vu contraint de renoncer à la Logique carrément, franchement, irrévocablement!»(A Pluralistic universe.)
[513]W. JAMES,Philosophie de l'expérience,p. 257, 264, 265, 309, 316. «Le meilleur chemin à suivre est celui de Fechener, de Royce, de Hégel: Fechener n'a jamais entendu le veto de la Logique; Royce entend sa voix, mais refuse délibérément de savoir ce qu'elle dit; Hégel n'entend ce qu'elle dit que pour en faire fi; et tous passent joyeusement leur chemin. Serons-nous les seuls à subir son veto?» (Ibid.,p. 197.) C'est Bergson, dit-il, qui l'a enhardi dans cette voie.—«Je me suis vu contraint de renoncer à la Logique carrément, franchement, irrévocablement!»(A Pluralistic universe.)
[514]MARITAIN,l'Evolutionnisme de M. Bergson, dans laRevue de Philosophie,sept. 1911, p. 539.
[514]MARITAIN,l'Evolutionnisme de M. Bergson, dans laRevue de Philosophie,sept. 1911, p. 539.
[515]Cf. Card. MERCIER,Discours du 8 déc. 1907 à l'Université de Louvain.
[515]Cf. Card. MERCIER,Discours du 8 déc. 1907 à l'Université de Louvain.
[516]M. Bergson est à peu près le seul philosophe universitaire à traiter les questions de métaphysique, comme on peut s'en convaincre en feuilletant le catalogue d'ouvrages philosophiques publiés chez Alcan.
[516]M. Bergson est à peu près le seul philosophe universitaire à traiter les questions de métaphysique, comme on peut s'en convaincre en feuilletant le catalogue d'ouvrages philosophiques publiés chez Alcan.