NOTES:

NOTES:[1]S. THOMAS,Somme théol.I°, q. i, a. 8, ad 2.[2]H. BERGSON,A propos d'un article de M.W. Pitkin intitulé«James et Bergson»,Journal of Philosophy, 7 juill. 1910, p. 385-388. (Voir les articles de PITKIN et de KALLEN dans les numéros des 28 avril et 23 juin 1910, et celui de W. JAMES, 20 janv.)—Voir aussi TONQUÉDEC:M. Bergson est-il moniste?(Etudes, 20 févr. 1912) et les lettres de M. Bergson à M. de Tonquédec.[3]Etudes philosophiques, I. Ier.Théorie fondamentale, 7eédition. Chez Berche et Tralin, Paris.[4]Le mot est de W. James, V. p. 476.[5]MAURICE PUJO,La fin du Bergsonisme, cf. JULIEN BENDA,Le Bergsonisme.[6]M. Henri Bergson est né à Paris, de famille juive et d'origine étrangère, le 18 octobre 1859. Il fit de brillantes études au lycée Condorcet de 1868 à 1878. Ses biographes le représentent surtout comme un «fort en thème», avec des succès marqués en mathématiques. Aussi hésita-t-il entre les lettres et les sciences. En 1878, il entrait à l'Ecole normale, section des lettres, et devenait agrégé en philosophie en 1881. Sa thèse est de 1889. Après avoir enseigné dans divers lycées de province, il vint à Paris au collège Rollin, puis au lycée Henri IV de 1888 à 1898, fut maître de conférences à l'Ecole normale de 1898 à 1900, et nommé au Collège de France en 1900. L'Institut l'a élu en 1901.[7]Nous verrons plus loin cette formule appliquée à Dieu lui-même qui seraiten train de se faire![8]Discours au Congrès de Bologne, 10 avril 1911, dans laRevue de Méta. et de Morale, nov. 1911, p. 812.—On voit par là combien exagère le thuriféraire cité plus haut, lorsqu'il nous représente cette philosophie sortie d'un seul jet et toute armée, comme Minerve du cerveau de Jupiter.[9]Essai sur les données immédiates de la conscience(1889);—(Matière et Mémoire1896);—l'Evolution créatrice(1907, Alcan.) Plusieurs éditions avec de légères variantes dans la pagination.[10]Notons dans laRevue de Méta. et de Morale: Le Paralogisme psychophysique,l'Introduction à la Métaphysique et l'Intuition.—Dans laRevue philosophique(1908):La paramnésieou fausse reconnaissance.—Deux conférences à Oxford,la Perception du changement(1911), etc.[11]BERGSON,les Données immédiates de la conscience, p. 178. Nous citons d'après la deuxième édition.[12]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 217. Cf. p. 52, 216, 225, 251, 387, 389.[13]Revue philosophique, 1906, vol. LXI, p. 143.[14]«Elle (la philosophie) doit nous ramener, par l'analyse des faits et à comparaison des doctrines, aux conclusions du sens commun.» (Bergson,Matière et Mémoire, Avant-propos, p. iii.)[15]Le Roy,Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 141, 142.—«Le sens commun nous masque la nature.» (Rev. des Deux Mondes, 1erfév. 1912, p. 558.)—Il ajoute, il est vrai (p. 559): «Du sens commun lefondest sûr et laformesuspecte». Mais, pour lui, lefondn'est qu'un commandement pratique:Agis comme si.... Seule laformea un sens intellectuel et partant suspect. D'où la fameuse question:Qu'est-ce qu'un Dogme?Réponse: c'est un commandement pratique:Agis comme si ...sans aucun sens intellectuel acceptable.—«La philosophie nouvelle s'ouvre par une analyse critique du sens commun.» (Revue de Méta. et de Morale1901, p. 407.) C'est la décapitation préalable du sens commun.[16]Cf. PLATON,Cratyle, 402 A; 404 D;Théat., 152 D; 160 D.[17]Ces premiers principes ont été traités d'hypothèses à succès extraordinaire![18]De même pour W. James: «Je me suis vu contraint de renoncer à la Logique, carrément, franchement, irrévocablement!»A Pluralistic Universe(London, 1909).[19]Nous donnerons alors citations et références.[20]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 352.[21]Rappelons sa sentence fameuse: Τοϋτ έστι μυθολογεϊν καί μεταφορας ποιεϊν ποιητικας.[22]LE ROY,Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 310. C'est nous qui soulignons.[23]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 270. «Toutefois, ajoute-t-il, je ne donne pas ce centre pour unechose, mais pour une continuité de jaillissement.» (Ibid.p. 270.)[24]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 17.[25]«Exister consiste à changer.... L'état lui-même est déjà du changement.... Si un état d'âme cessait de varier, sa durée cesserait de couler.» (BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 1, 2, 3, 8, 251, 260, etc.)[26]B. SAINT-HILAIRE, trad. d'Aristote,Logiq. Préf. t. III, p. v.[27]Le Roy,Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 304, 305, 306.[28]M. Fouillée lui-même ne se gêne plus pour parler de «la renaissance de la sophistique grecque».—D'autres, encore moins respectueux, rapprochent ce besoin d'obscurité de celui qu'éprouvent les médiums spirites, tels qu'Eusapia qui réclame toujours moins de lumière:Meno luce!C'est la condition indispensable de leurs succès.—M. Gaudeau l'a fort bien dit: «L'obscurité est précisément le contraire de la profondeur. La profondeur de la pensée, chez un écrivain, doit être une puissance d'éclairement qui nous permet de voir ou même nous force à voir le fond des choses. Or, l'obscurité, d'où qu'elle vienne, est un voile qui s'interpose entre notre regard et le fond des choses, entre nous et la profondeur.... La pensée qui est un regard et qui doit être une lumière, n'est profonde que si elle est claire parfaitement.» (La foi catholique, avril 1910, p. 172.)[29]PLATON,Sophiste, p. 191, 300 (Ed. Cousin).[30]MOISANT, dans lesEtudesdu 5 mai 1908.[31]Réflexions d'un Philistin,Grande Revue, 10 juill. 1910, p. 16, par M. LE DANTEC.[32]«Tout est obscur(!) dans l'idée de création, si l'on pense à deschosesqui seraient créées et à unechosequi crée, comme on le fait d'habitude et comme l'entendement ne peut s'empêcher de le faire.» (L'Evolution créatrice,p. 269.)—Une création sans aucun agent qui crée ni sans chose créée est-elle donc plus claire?... Nous reviendrons plus tard sur cet étrange paradoxe.[33]BERGSON,Essai sur les données, p. 74 (2° édit.).[34]BERGSON,Essai sur les données, p. 78.[35]ARIST.,Phys., I. IV, c. xi, §§ 5 et 12. Cette définition regarde surtout le tempsqui mesure. Quant au tempsqui est mesuré, il n'est autre que le mouvement en tant qu'il tombe sous la mesure de l'avant et de l'après. C'est la même distinction que pour le nombrenombrantet le nombrenombré, το ηριθμημένον, το αριθμητόν (Phys. l. IV, c. xiv, § 3.)[36]Voici le texte complet d'Aristote:Quantum dicitur quod est divisibile in ea, quæ insunt, quorum utrumque vel unumquodque unum, quiddam et hoc aliquid aptum est esse. Ποσν λέγεται τo διαιρετoν είς eνυπάρχοντα, ὧν ὲκάτερον η ἕκαστον ἕν τι και τόδε πεϕυκεν εϊναι.Méta., l. V, c. xiii, text. 18.[37]Pour les purs esprits, les notions tirées des êtres matériels sont métaphoriques. Ainsi l'égalité ou l'inégalité des intelligences n'est qu'une quantité métaphorique. Mais l'âme humaine n'est pas un pur esprit. Elle a des opérations organiques douées de quantité extensive et mesurable au moins indirectement.[38]BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, janvier 1903, p. 28.[39]FOUILLÉE,la Pensée et les nouvelles écoles antiintellectualistes, p. 42, 44[40]BERGSON,Essai sur les données, p. 2.[41]Species quantitatis distinguntur secundum diversos modos divisionis.(S. THOM.,Pot., ix, 7, b. 4.)[42]Paroles de saint Thomas (De ente et essentia), citées par Pie X dans leMotu propriodu 1erseptembre 1910.[43]La nature de la quantité virtuelle,quantitas virtatis, a été, disons-nous, merveilleusement analysée par les scolastiques. On en pourra juger par cet échantillon. Saint Thomas dit qu'on peut la considérer dans saracineou dans seseffets extérieurs. Dans sa racine, elle se confond avec la perfection de la forme ou de la qualité:In radice, id est, in ipsa perfectione formæ vel naturæ. Mais on peut la considérer aussi dans ses effets extérieurs, surtout dans l'intensité de ses effets:Attenditur quantitas virtualis in effectibus formæ, et c'est à ce point de vue qu'elle est divisible et mesurable. (ISent., dist. XVII, q. II, a. I, c.) Et comme la quantité, ajoute-t-il, se définit par la divisibilité, il suffit que ses effets extérieurs soient divisibles et mesurables pour qu'elle ait, à sa manière—équivalemment—la nature de la quantité. Bien plus, elle participe à la fois à la quantité discrète et à la quantité continue. A la première, par le nombre de ses effets ou des objets simultanés auxquels sa vertu peut s'étendre à la fois; à la seconde, par l'intensité ou le degré de vertu de son action sur le même objet. Elle a donc deux fois le titre de quantité, mais à sa manière propre, car il y a autant d'espèces de quantité que d'espèces possibles de division. «Species quantitatis distinguntur secundum diversos modos divisionis» (Post., ix, 7, b. 4.)—«Ratio quantitatis in communi consistit in quâdam divisibilitate: unde ratio quantitatis invenitur propriè in illis quæ secundum se dividuntur.... Invenitur etiam quodammodo in illis quorum divisio attenditur secundum ea quæ extrinsecus sunt, sicut virtus dicitur divisibilis et quantitatis rationem habens, ex ratione et divisione actuum et objectorum.» (I Sent., dist. XIX, q. I, a. 1, ad 1.)—«Quantitas virtutis attenditur dupliciter: vel quantum ad numerum objectorum, et hoc per modum quantitatis discretæ; vel quantum ad intensionem actus super idem objectum, et hoc est sicut quantitas continua.» (I Sent., dist. XVII, q. II, a. 1 ad 2.)—«Duplex est quantitas. Una scilicet quæ dicitur quantitas molis vel quantitas dimensiva, quæ in solis rebus corporalibus est.... Sed alia est quantitasvirtutis, quæ attenditur secundum perfectionem alicujus naturæ vel formæ quæ quidem quantitas designatur secundum quod dicitur aliquid est magis vel minus calidum, in quantum est perfectius vel minus perfectum in tali caliditate. Hujusmodi autem quantitasvirtualisattenditurprimoquidem in radice, id est in ipsa perfectione formæ vel naturæ; et sic dicitur magnitudo specialis, sicut dicitur magnus calor propter suam intensionem et perfectionem....—Secundoautem attenditur quantitas virtualis in effectibus formæ.Primusautem effectus formæ est esse (durare); nam omnis res habet esse secundum suam formam.Secundusautem effectus est operatio, nam omne agens agit per suam formam. Attenditur igitur quantitas virtualis et secundum esse et secundum operationem. Secundum esse quidem, in quantum ea quæ sunt perfectionis naturæ, sunt majoris durationis. Secundum operationem vero, in quantum ea quæ sunt perfectionis naturæ sunt magis potentia ad agendum.» (I, q. xlii, a. 1, ad 1.—Cf. ARISTOTE,Méta., l. V, c. xiii.—S. THOM., inMéta., l. V, lec. 5; Opusculede Natura generis, c. xx.—SUAREZ, COMPLUTENSES, SCOTUS, GOUDIN, LOSSADA, etc.)[44]BERGSON,Essai sur les données, p. 62.[45]Nous retrouverons plus tard la même méprise dans la conception dumoidont M. Bergson fera la somme ou la file des phénomènes psychiques, alors qu'il en est la cause et le principe;—et dans la notion decontinu, dont M. Le Roy fera «une poussière incohérente et infiniment ténue, ne présentant ni liens intérieurs ni lacunes». (Revue de Méta. et de M., 1899, p. 547.) Une telle notion serait celle du discontinu absolu ou du contigu et non du continu. Le continu est une unité dont les fractions sont seulement en puissance.[46]ARISTOTE,Polit., l. I, c. 11.[47]ARISTOTE,Méta., l. IV, c. xxvi, § 1.[48]Profecto impossibile ex individuis esse aliquid continuum, ut lineam ex punctis, siquidem linea est res continua, punctum autem individua.ARISTOTE,Phys., l. VI, c. 1.[49]Au sens psychologique, on peut aussi introduire l'idée d'unmaintenant (nunc)dans la notion de temps, comme l'idée d'unici présent (hic)dans la notion d'espace. Lenuncdu temps définit l'avantet l'aprèspar rapport à la sensation présente. Lehicde l'espace définit la gauche et la droite, l'avant et l'arrière, le dessus et le dessous, par rapport à un ici. On dit alors que l'espace ou le temps sontcentrés. Mais ce sont là des données accessoires dont les sciences et la philosophie font abstraction.[50]Voir notre réfutation de Zénon:Théorie fondamentale de l'acte et de la puissance, p. 62 et suiv.[51]BERGSON,Essai sur les données, p. 64.[52]BERGSON,Essai sur les données, p. 60, 64, 172. «L'idée même du nombre deux, ou plus généralement d'un nombre quelconque, renferme celle d'une juxtaposition dans l'espace ... comme si la représentation du nombre deux, même abstrait, n'était pas déjà celle de deux positions différentes dans l'espace.» (Ibid.,p. 67.)—«L'impénétrabilité fait donc son apparition en même temps que le nombre.» (Ibid.,p. 68.)[53]BERGSON,Ibid., p. 62.[54]BERGSON,Essai sur les données, p. 64.[55]BERGSON,Essai sur les données, p. 74.[56]ARISTOTE,Phys., l. IV, c. x, text. 95, 96, et S. THOMAS,Ibid., lec. 16; opusculede Tempore, c. ii.—Cf. S. AUGUSTIN, COMPLUTENSES, RUBIUS, DE SAN, etc.—E contra, SCOT, SUAREZ ..., NYS, etc.[57]S. THOMAS,In Phys., l. IV, lec. 17.[58]BERGSON,Essai sur les données, p. 88.[59]BERGSON,Essai sur les données, p. 87, 89.[60]Nous ne voudrions pas nier cependant que, pour des durées très courtes, la conscience ne puisse apprécier directement l'égalité ou l'inégalité de deux mouvements. Ainsi l'horloger apprécie à l'oreille si les battements d'un pendule sont isochrones. Par la répétition, et pour ainsi dire la superposition idéale d'un intervalle temporel sur un autre intervalle, l'uniformité des durées est assez clairement appréciée. On peut même apprécier directement s'il bat la seconde. Mais ce mode de mensuration, outre qu'il est exceptionnel, est encore trop subjectif pour être rigoureux et scientifique. Il exige comme complément des mesures externes. Ainsi l'on a déterminé qu'à Paris, pour battre exactement la seconde, le pendule doit avoir une longueur de O,99384.[61]M. Bergson imite en cela Berkley qui avait fait sur l'espace une analyse analogue à celle de M. Bergson sur le temps. L'un et l'autre distinguent deux sortes de notions, l'une vulgaire et illusoire, l'autre métaphysique et vraie, à leur sens, qu'ils prennent pour base de leurs systèmes. Mais l'un et l'autre, au cours de leur exposition, ont été obligés de se contredire et de rétablir implicitement celle des notions qu'ils avaient explicitement niée. Ainsi, par exemple, la notion d'unminimumsensible de temps s'imposera à M. Bergson, comme à Berkley s'était imposé leminimumsensible d'espace (Cf. BERTHELOT,Revue de Méta. et de Morale,1910, p. 744-775.)[62]«Le temps conçu sous la forme d'un milieu homogène est un concept bâtard dû à l'intrusion de l'idée d'espace dans le domaine de la conscience pure.» (BERGSON,Essai sur les données, p. 74.)[63]BERGSON,Essai sur les données, p. 66.[64]«Le temps entendu dans le sens d'un milieu où l'on distingue et où l'on compte n'est que de l'espace.» (Ibid.,p. 69.)[65]«Lorsque nous parlons du temps, nous pensons le plus souvent à un milieu homogène où nos faits de conscience s'alignent, se juxtaposent comme dans l'espace.» (Ibid.,p. 68.)—Que ce milieu idéal soit partiellement analogue au milieu idéal de l'espace,oui; identique,non. L'un a trois dimensions, l'autre n'en a qu'une; l'un est simultané, l'autre successif.[66]«Si une somme s'obtient par la considération successive de différents termes, encore faut-il que chacun de ces termes demeure lorsqu'on passe au suivant, et attende, pour ainsi dire, qu'on l'ajoute aux autres: comment attendrait-il s'il n'est qu'un instant de la durée? et où attendrait-il si nous ne le localisons dans l'espace?» (BERGSON,Ibid., p. 60.)[67]Quædam sunt quæ habent fundamentum in re extra animam, sed complementum rationis eorum, quantum ad id quod est formale, est per operationem animæ, ut patet in universali ... et similiter est de tempore, quod habet fundamentum in motu, scilicet prius et posterius motus, sed quantum ad id quod estformalein tempore, scilicet numeratio, completur per operationem intellectus numerantis. (S. THOM., I dist., d. 19, q. v, a. 1.—Cf. II dist., d. XII, q. i, a. 5, ad 2.—Phys., lec. 3 et sq.)[68]«Lorsqu'on fait du temps un milieu homogène où les états de conscience se déroulent (comme dans un contenant solide) on se le donne par là même tout d'un coup (?), ce qui revient à dire qu'on le soustrait à la durée. Cette simple réflexion devrait nous avertir que nous retombons alors inconsciemment dans l'espace.» (BERGSON,Essai sur les données,p. 74.)[69]«La durée interne se confond avec l'emboîtement des faits de conscience les uns dans les autres.» (BERGSON,Essai sur les données, p. 81.) «On peut donc concevoir la succession sans la distinction, comme une pénétration mutuelle ... d'éléments l'un dans l'autre.»—«Ils se fondent l'un dans l'autre, se pénètrent et s'organisent, sans aucune tendance à s'extérioriser les uns par rapport aux autres, sans aucune parenté avec le nombre....» (Ibid., p. 76, 78, 79, 87, 96.)[70]BERGSON,Essai sur les données, p. 79, 80.[71]FOUILLÉE,La Pensée et les nouvelles écoles, p. 311.[72]BERGSON,Essai sur les données, p. 90.—«Il en résulte qu'il n'y a dans l'espace ni durée ni même succession, au sens où la conscience prend ces mots: chacun des états dits successifs du monde existe seul, et leur multiplicité n'a de réalité que pour une conscience capable de les juxtaposer.» (Ibid.,p. 87.)[73]Nous ne disons pas qu'il est unecause active, car ni l'espace, ni le temps ne sont des agents; mais ils sont laconditionindispensable pour que les agents de la nature puissent déployer leurs activités.[74]BERGSON,Essai sur les données, p. 83, 84, 90.[75]BERGSON,Ibid., p. 81.[76]Permanentia rei in existendo. (S. THOM, I, dist. XIX q. 1.)[77]Nous verrons alors la vaine tentative de M. Bergson pour remplacer la substance par un Temps qui ferait «boule de neige» par la conservation du passé.[78]Quare non male Plato ait, quum dixit sophisticam circa non ens immorari, Τὸν σοϕιστἡν περι τo μἡ ὄν διατρίβειν.Méta., l. X, c. viii, § 2. Et putantes de ente troclare, de non ente dicunt, και οίόμενοι τὁ ὅν λέγειν περἱ τοϋ μἡ ὄντος λέγουσιν,Méta., l. III, c. iv, § 17.[79]BERGSON,Essai sur les données, p. 80.[80]BERGSON,Essai sur les données immédiates, p. 167.—Principe réfuté plus haut, p. 75.[81]Cette tactique n'est pas nouvelle. Leibnitz avait ainsi procédé à l'égard des disciples de Descartes, au nom des droits de la raison, et Locke au nom des droits de l'expérience.[82]ARISTOTE,Méta., l. III, c. v, § 12.[83]BERGSON,Essai sur les données, p. 161, 165, 168.[84]Ailleurs, il raille Kant de ce qu'au lieu de proscrire la liberté, il «la respecte par scrupule moral, et la conduit avec beaucoup d'égards dans le domaine intemporel des choses en soi, dont notre conscience ne dépasse pas le seuil mystérieux». (BERGSON,Ibid., p. 181.)[85]BERGSON,Essai sur les données, p. 177, 179.[86]BERGSON,Essai sur les données, p. 120.[87]BERGSON,Essai sur les données, p. 121, 124.[88]M. Bergson a vainement essayé d'expliquer ces faits avec sa théorie, dans une conférence sur laThéorie de la personne, au Collège de France, en mai 1911 (Cf.Etudes, 20 nov. 1911, art. de Grivet, p. 449 et suiv.).[89]Cette multiplicité de séries parallèles ou divergentes dans un même temps ne suffît pas à faire untemps à plusieurs dimensions, comme l'a imaginé Ostwald (Esquisse d'une philosophie des sciences), espérant faire ainsi le pendant à l'espace non-euclidien àndimensions. De même qu'une seconde, troisième oun° dimension spatiale est reliée aux précédentes par un nouveau rapport spatial, ainsi une deuxième dimension temporelle devrait se relier à la première par un rapport temporel différent. Or, il n'en est rien. C'est au même moment que les séries d'états psychologiques s'écoulent simultanément. Il n'y a donc pas ici une seconde relation temporelle différente de la première. La simultanéité ne peut constituer un temps différent (Cf. LECHALAS,Revue de Méta. et de Morale,sept. 1911, p. 803).[90]BERGSON,Essai sur les données, p. 172.[91]BERGSON,Essai sur les données, p. 124.[92]Il eût été plus exact de dire que l'existence de l'être substantiel—du moi-agent—a seule une continuité nécessaire, de sa naissance à sa mort. Ses opérations, conscientes ou inconscientes, peuvent, au contraire, se succéder sans aucune continuité. De là vient qu'elles sont si souvent interrompues et reprises. Mais M. Bergson n'admettant l'existence d'aucun être substantiel, nous avons dû, pour le moment, nous placer sur son terrain et montrer que, même dans la succession continue des états de conscience, il y a distinction et multiplicité.[93]BERGSON,Essai sur les données, p. 134.[94]BERGSON,Essai sur les données, p. 136, 137, 138.[95]BERGSON,Essai sur les données, p. 139.[96]«Cette figure ne me montre pas l'action s'accomplissant, mais l'action accomplie.» (BERGSON,Ibid., p. 137.)[97]BERGSON,Essai sur les données, p. 140, 141.[98]BERGSON,Essai sur les données, p. 151.[99]BERGSON,Essai sur les données, p. 140 à 151.[100]BERGSON,Essai sur les données, p. 143, 144.[101]BERGSON,Essai sur les données, p. 145, 150.[102]BERGSON,Essai sur les données, p. 152, 153.[103]BERGSON,Essai sur les données, p. 118.[104]Ce sont parfois les monstres les plus rares de la nature qui nous font le mieux connaître ses lois. Aussi, les cas tératologiques sont-ils d'une importance capitale pour l'étude des lois biologiques.[105]BERGSON, Essai sur les données, p. 153.[106]Nous verrons plus tard si M. Bergson n'a pas dû modifier sur un point si important sa première opinion.[107]BERGSON,Essai sur les données, p. 158.[108]BERGSON,Essai sur les données, p. 161.[109]BERGSON,Essai sur les données, p. 167.[110]BERGSON,Essai sur les données, p. 167.[111]BERGSON,Essai sur les données, p. 126, 128.[112]BERGSON,Essai sur les données, p. 131, 132.[113]BERGSON,Essai sur les données, p. 129.

[1]S. THOMAS,Somme théol.I°, q. i, a. 8, ad 2.

[1]S. THOMAS,Somme théol.I°, q. i, a. 8, ad 2.

[2]H. BERGSON,A propos d'un article de M.W. Pitkin intitulé«James et Bergson»,Journal of Philosophy, 7 juill. 1910, p. 385-388. (Voir les articles de PITKIN et de KALLEN dans les numéros des 28 avril et 23 juin 1910, et celui de W. JAMES, 20 janv.)—Voir aussi TONQUÉDEC:M. Bergson est-il moniste?(Etudes, 20 févr. 1912) et les lettres de M. Bergson à M. de Tonquédec.

[2]H. BERGSON,A propos d'un article de M.W. Pitkin intitulé«James et Bergson»,Journal of Philosophy, 7 juill. 1910, p. 385-388. (Voir les articles de PITKIN et de KALLEN dans les numéros des 28 avril et 23 juin 1910, et celui de W. JAMES, 20 janv.)—Voir aussi TONQUÉDEC:M. Bergson est-il moniste?(Etudes, 20 févr. 1912) et les lettres de M. Bergson à M. de Tonquédec.

[3]Etudes philosophiques, I. Ier.Théorie fondamentale, 7eédition. Chez Berche et Tralin, Paris.

[3]Etudes philosophiques, I. Ier.Théorie fondamentale, 7eédition. Chez Berche et Tralin, Paris.

[4]Le mot est de W. James, V. p. 476.

[4]Le mot est de W. James, V. p. 476.

[5]MAURICE PUJO,La fin du Bergsonisme, cf. JULIEN BENDA,Le Bergsonisme.

[5]MAURICE PUJO,La fin du Bergsonisme, cf. JULIEN BENDA,Le Bergsonisme.

[6]M. Henri Bergson est né à Paris, de famille juive et d'origine étrangère, le 18 octobre 1859. Il fit de brillantes études au lycée Condorcet de 1868 à 1878. Ses biographes le représentent surtout comme un «fort en thème», avec des succès marqués en mathématiques. Aussi hésita-t-il entre les lettres et les sciences. En 1878, il entrait à l'Ecole normale, section des lettres, et devenait agrégé en philosophie en 1881. Sa thèse est de 1889. Après avoir enseigné dans divers lycées de province, il vint à Paris au collège Rollin, puis au lycée Henri IV de 1888 à 1898, fut maître de conférences à l'Ecole normale de 1898 à 1900, et nommé au Collège de France en 1900. L'Institut l'a élu en 1901.

[6]M. Henri Bergson est né à Paris, de famille juive et d'origine étrangère, le 18 octobre 1859. Il fit de brillantes études au lycée Condorcet de 1868 à 1878. Ses biographes le représentent surtout comme un «fort en thème», avec des succès marqués en mathématiques. Aussi hésita-t-il entre les lettres et les sciences. En 1878, il entrait à l'Ecole normale, section des lettres, et devenait agrégé en philosophie en 1881. Sa thèse est de 1889. Après avoir enseigné dans divers lycées de province, il vint à Paris au collège Rollin, puis au lycée Henri IV de 1888 à 1898, fut maître de conférences à l'Ecole normale de 1898 à 1900, et nommé au Collège de France en 1900. L'Institut l'a élu en 1901.

[7]Nous verrons plus loin cette formule appliquée à Dieu lui-même qui seraiten train de se faire!

[7]Nous verrons plus loin cette formule appliquée à Dieu lui-même qui seraiten train de se faire!

[8]Discours au Congrès de Bologne, 10 avril 1911, dans laRevue de Méta. et de Morale, nov. 1911, p. 812.—On voit par là combien exagère le thuriféraire cité plus haut, lorsqu'il nous représente cette philosophie sortie d'un seul jet et toute armée, comme Minerve du cerveau de Jupiter.

[8]Discours au Congrès de Bologne, 10 avril 1911, dans laRevue de Méta. et de Morale, nov. 1911, p. 812.—On voit par là combien exagère le thuriféraire cité plus haut, lorsqu'il nous représente cette philosophie sortie d'un seul jet et toute armée, comme Minerve du cerveau de Jupiter.

[9]Essai sur les données immédiates de la conscience(1889);—(Matière et Mémoire1896);—l'Evolution créatrice(1907, Alcan.) Plusieurs éditions avec de légères variantes dans la pagination.

[9]Essai sur les données immédiates de la conscience(1889);—(Matière et Mémoire1896);—l'Evolution créatrice(1907, Alcan.) Plusieurs éditions avec de légères variantes dans la pagination.

[10]Notons dans laRevue de Méta. et de Morale: Le Paralogisme psychophysique,l'Introduction à la Métaphysique et l'Intuition.—Dans laRevue philosophique(1908):La paramnésieou fausse reconnaissance.—Deux conférences à Oxford,la Perception du changement(1911), etc.

[10]Notons dans laRevue de Méta. et de Morale: Le Paralogisme psychophysique,l'Introduction à la Métaphysique et l'Intuition.—Dans laRevue philosophique(1908):La paramnésieou fausse reconnaissance.—Deux conférences à Oxford,la Perception du changement(1911), etc.

[11]BERGSON,les Données immédiates de la conscience, p. 178. Nous citons d'après la deuxième édition.

[11]BERGSON,les Données immédiates de la conscience, p. 178. Nous citons d'après la deuxième édition.

[12]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 217. Cf. p. 52, 216, 225, 251, 387, 389.

[12]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 217. Cf. p. 52, 216, 225, 251, 387, 389.

[13]Revue philosophique, 1906, vol. LXI, p. 143.

[13]Revue philosophique, 1906, vol. LXI, p. 143.

[14]«Elle (la philosophie) doit nous ramener, par l'analyse des faits et à comparaison des doctrines, aux conclusions du sens commun.» (Bergson,Matière et Mémoire, Avant-propos, p. iii.)

[14]«Elle (la philosophie) doit nous ramener, par l'analyse des faits et à comparaison des doctrines, aux conclusions du sens commun.» (Bergson,Matière et Mémoire, Avant-propos, p. iii.)

[15]Le Roy,Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 141, 142.—«Le sens commun nous masque la nature.» (Rev. des Deux Mondes, 1erfév. 1912, p. 558.)—Il ajoute, il est vrai (p. 559): «Du sens commun lefondest sûr et laformesuspecte». Mais, pour lui, lefondn'est qu'un commandement pratique:Agis comme si.... Seule laformea un sens intellectuel et partant suspect. D'où la fameuse question:Qu'est-ce qu'un Dogme?Réponse: c'est un commandement pratique:Agis comme si ...sans aucun sens intellectuel acceptable.—«La philosophie nouvelle s'ouvre par une analyse critique du sens commun.» (Revue de Méta. et de Morale1901, p. 407.) C'est la décapitation préalable du sens commun.

[15]Le Roy,Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 141, 142.—«Le sens commun nous masque la nature.» (Rev. des Deux Mondes, 1erfév. 1912, p. 558.)—Il ajoute, il est vrai (p. 559): «Du sens commun lefondest sûr et laformesuspecte». Mais, pour lui, lefondn'est qu'un commandement pratique:Agis comme si.... Seule laformea un sens intellectuel et partant suspect. D'où la fameuse question:Qu'est-ce qu'un Dogme?Réponse: c'est un commandement pratique:Agis comme si ...sans aucun sens intellectuel acceptable.—«La philosophie nouvelle s'ouvre par une analyse critique du sens commun.» (Revue de Méta. et de Morale1901, p. 407.) C'est la décapitation préalable du sens commun.

[16]Cf. PLATON,Cratyle, 402 A; 404 D;Théat., 152 D; 160 D.

[16]Cf. PLATON,Cratyle, 402 A; 404 D;Théat., 152 D; 160 D.

[17]Ces premiers principes ont été traités d'hypothèses à succès extraordinaire!

[17]Ces premiers principes ont été traités d'hypothèses à succès extraordinaire!

[18]De même pour W. James: «Je me suis vu contraint de renoncer à la Logique, carrément, franchement, irrévocablement!»A Pluralistic Universe(London, 1909).

[18]De même pour W. James: «Je me suis vu contraint de renoncer à la Logique, carrément, franchement, irrévocablement!»A Pluralistic Universe(London, 1909).

[19]Nous donnerons alors citations et références.

[19]Nous donnerons alors citations et références.

[20]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 352.

[20]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 352.

[21]Rappelons sa sentence fameuse: Τοϋτ έστι μυθολογεϊν καί μεταφορας ποιεϊν ποιητικας.

[21]Rappelons sa sentence fameuse: Τοϋτ έστι μυθολογεϊν καί μεταφορας ποιεϊν ποιητικας.

[22]LE ROY,Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 310. C'est nous qui soulignons.

[22]LE ROY,Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 310. C'est nous qui soulignons.

[23]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 270. «Toutefois, ajoute-t-il, je ne donne pas ce centre pour unechose, mais pour une continuité de jaillissement.» (Ibid.p. 270.)

[23]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 270. «Toutefois, ajoute-t-il, je ne donne pas ce centre pour unechose, mais pour une continuité de jaillissement.» (Ibid.p. 270.)

[24]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 17.

[24]BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 17.

[25]«Exister consiste à changer.... L'état lui-même est déjà du changement.... Si un état d'âme cessait de varier, sa durée cesserait de couler.» (BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 1, 2, 3, 8, 251, 260, etc.)

[25]«Exister consiste à changer.... L'état lui-même est déjà du changement.... Si un état d'âme cessait de varier, sa durée cesserait de couler.» (BERGSON,l'Evolution créatrice, p. 1, 2, 3, 8, 251, 260, etc.)

[26]B. SAINT-HILAIRE, trad. d'Aristote,Logiq. Préf. t. III, p. v.

[26]B. SAINT-HILAIRE, trad. d'Aristote,Logiq. Préf. t. III, p. v.

[27]Le Roy,Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 304, 305, 306.

[27]Le Roy,Revue de Méta. et de Morale, 1901, p. 304, 305, 306.

[28]M. Fouillée lui-même ne se gêne plus pour parler de «la renaissance de la sophistique grecque».—D'autres, encore moins respectueux, rapprochent ce besoin d'obscurité de celui qu'éprouvent les médiums spirites, tels qu'Eusapia qui réclame toujours moins de lumière:Meno luce!C'est la condition indispensable de leurs succès.—M. Gaudeau l'a fort bien dit: «L'obscurité est précisément le contraire de la profondeur. La profondeur de la pensée, chez un écrivain, doit être une puissance d'éclairement qui nous permet de voir ou même nous force à voir le fond des choses. Or, l'obscurité, d'où qu'elle vienne, est un voile qui s'interpose entre notre regard et le fond des choses, entre nous et la profondeur.... La pensée qui est un regard et qui doit être une lumière, n'est profonde que si elle est claire parfaitement.» (La foi catholique, avril 1910, p. 172.)

[28]M. Fouillée lui-même ne se gêne plus pour parler de «la renaissance de la sophistique grecque».—D'autres, encore moins respectueux, rapprochent ce besoin d'obscurité de celui qu'éprouvent les médiums spirites, tels qu'Eusapia qui réclame toujours moins de lumière:Meno luce!C'est la condition indispensable de leurs succès.—M. Gaudeau l'a fort bien dit: «L'obscurité est précisément le contraire de la profondeur. La profondeur de la pensée, chez un écrivain, doit être une puissance d'éclairement qui nous permet de voir ou même nous force à voir le fond des choses. Or, l'obscurité, d'où qu'elle vienne, est un voile qui s'interpose entre notre regard et le fond des choses, entre nous et la profondeur.... La pensée qui est un regard et qui doit être une lumière, n'est profonde que si elle est claire parfaitement.» (La foi catholique, avril 1910, p. 172.)

[29]PLATON,Sophiste, p. 191, 300 (Ed. Cousin).

[29]PLATON,Sophiste, p. 191, 300 (Ed. Cousin).

[30]MOISANT, dans lesEtudesdu 5 mai 1908.

[30]MOISANT, dans lesEtudesdu 5 mai 1908.

[31]Réflexions d'un Philistin,Grande Revue, 10 juill. 1910, p. 16, par M. LE DANTEC.

[31]Réflexions d'un Philistin,Grande Revue, 10 juill. 1910, p. 16, par M. LE DANTEC.

[32]«Tout est obscur(!) dans l'idée de création, si l'on pense à deschosesqui seraient créées et à unechosequi crée, comme on le fait d'habitude et comme l'entendement ne peut s'empêcher de le faire.» (L'Evolution créatrice,p. 269.)—Une création sans aucun agent qui crée ni sans chose créée est-elle donc plus claire?... Nous reviendrons plus tard sur cet étrange paradoxe.

[32]«Tout est obscur(!) dans l'idée de création, si l'on pense à deschosesqui seraient créées et à unechosequi crée, comme on le fait d'habitude et comme l'entendement ne peut s'empêcher de le faire.» (L'Evolution créatrice,p. 269.)—Une création sans aucun agent qui crée ni sans chose créée est-elle donc plus claire?... Nous reviendrons plus tard sur cet étrange paradoxe.

[33]BERGSON,Essai sur les données, p. 74 (2° édit.).

[33]BERGSON,Essai sur les données, p. 74 (2° édit.).

[34]BERGSON,Essai sur les données, p. 78.

[34]BERGSON,Essai sur les données, p. 78.

[35]ARIST.,Phys., I. IV, c. xi, §§ 5 et 12. Cette définition regarde surtout le tempsqui mesure. Quant au tempsqui est mesuré, il n'est autre que le mouvement en tant qu'il tombe sous la mesure de l'avant et de l'après. C'est la même distinction que pour le nombrenombrantet le nombrenombré, το ηριθμημένον, το αριθμητόν (Phys. l. IV, c. xiv, § 3.)

[35]ARIST.,Phys., I. IV, c. xi, §§ 5 et 12. Cette définition regarde surtout le tempsqui mesure. Quant au tempsqui est mesuré, il n'est autre que le mouvement en tant qu'il tombe sous la mesure de l'avant et de l'après. C'est la même distinction que pour le nombrenombrantet le nombrenombré, το ηριθμημένον, το αριθμητόν (Phys. l. IV, c. xiv, § 3.)

[36]Voici le texte complet d'Aristote:Quantum dicitur quod est divisibile in ea, quæ insunt, quorum utrumque vel unumquodque unum, quiddam et hoc aliquid aptum est esse. Ποσν λέγεται τo διαιρετoν είς eνυπάρχοντα, ὧν ὲκάτερον η ἕκαστον ἕν τι και τόδε πεϕυκεν εϊναι.Méta., l. V, c. xiii, text. 18.

[36]Voici le texte complet d'Aristote:Quantum dicitur quod est divisibile in ea, quæ insunt, quorum utrumque vel unumquodque unum, quiddam et hoc aliquid aptum est esse. Ποσν λέγεται τo διαιρετoν είς eνυπάρχοντα, ὧν ὲκάτερον η ἕκαστον ἕν τι και τόδε πεϕυκεν εϊναι.Méta., l. V, c. xiii, text. 18.

[37]Pour les purs esprits, les notions tirées des êtres matériels sont métaphoriques. Ainsi l'égalité ou l'inégalité des intelligences n'est qu'une quantité métaphorique. Mais l'âme humaine n'est pas un pur esprit. Elle a des opérations organiques douées de quantité extensive et mesurable au moins indirectement.

[37]Pour les purs esprits, les notions tirées des êtres matériels sont métaphoriques. Ainsi l'égalité ou l'inégalité des intelligences n'est qu'une quantité métaphorique. Mais l'âme humaine n'est pas un pur esprit. Elle a des opérations organiques douées de quantité extensive et mesurable au moins indirectement.

[38]BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, janvier 1903, p. 28.

[38]BERGSON,Revue de Méta. et de Morale, janvier 1903, p. 28.

[39]FOUILLÉE,la Pensée et les nouvelles écoles antiintellectualistes, p. 42, 44

[39]FOUILLÉE,la Pensée et les nouvelles écoles antiintellectualistes, p. 42, 44

[40]BERGSON,Essai sur les données, p. 2.

[40]BERGSON,Essai sur les données, p. 2.

[41]Species quantitatis distinguntur secundum diversos modos divisionis.(S. THOM.,Pot., ix, 7, b. 4.)

[41]Species quantitatis distinguntur secundum diversos modos divisionis.(S. THOM.,Pot., ix, 7, b. 4.)

[42]Paroles de saint Thomas (De ente et essentia), citées par Pie X dans leMotu propriodu 1erseptembre 1910.

[42]Paroles de saint Thomas (De ente et essentia), citées par Pie X dans leMotu propriodu 1erseptembre 1910.

[43]La nature de la quantité virtuelle,quantitas virtatis, a été, disons-nous, merveilleusement analysée par les scolastiques. On en pourra juger par cet échantillon. Saint Thomas dit qu'on peut la considérer dans saracineou dans seseffets extérieurs. Dans sa racine, elle se confond avec la perfection de la forme ou de la qualité:In radice, id est, in ipsa perfectione formæ vel naturæ. Mais on peut la considérer aussi dans ses effets extérieurs, surtout dans l'intensité de ses effets:Attenditur quantitas virtualis in effectibus formæ, et c'est à ce point de vue qu'elle est divisible et mesurable. (ISent., dist. XVII, q. II, a. I, c.) Et comme la quantité, ajoute-t-il, se définit par la divisibilité, il suffit que ses effets extérieurs soient divisibles et mesurables pour qu'elle ait, à sa manière—équivalemment—la nature de la quantité. Bien plus, elle participe à la fois à la quantité discrète et à la quantité continue. A la première, par le nombre de ses effets ou des objets simultanés auxquels sa vertu peut s'étendre à la fois; à la seconde, par l'intensité ou le degré de vertu de son action sur le même objet. Elle a donc deux fois le titre de quantité, mais à sa manière propre, car il y a autant d'espèces de quantité que d'espèces possibles de division. «Species quantitatis distinguntur secundum diversos modos divisionis» (Post., ix, 7, b. 4.)—«Ratio quantitatis in communi consistit in quâdam divisibilitate: unde ratio quantitatis invenitur propriè in illis quæ secundum se dividuntur.... Invenitur etiam quodammodo in illis quorum divisio attenditur secundum ea quæ extrinsecus sunt, sicut virtus dicitur divisibilis et quantitatis rationem habens, ex ratione et divisione actuum et objectorum.» (I Sent., dist. XIX, q. I, a. 1, ad 1.)—«Quantitas virtutis attenditur dupliciter: vel quantum ad numerum objectorum, et hoc per modum quantitatis discretæ; vel quantum ad intensionem actus super idem objectum, et hoc est sicut quantitas continua.» (I Sent., dist. XVII, q. II, a. 1 ad 2.)—«Duplex est quantitas. Una scilicet quæ dicitur quantitas molis vel quantitas dimensiva, quæ in solis rebus corporalibus est.... Sed alia est quantitasvirtutis, quæ attenditur secundum perfectionem alicujus naturæ vel formæ quæ quidem quantitas designatur secundum quod dicitur aliquid est magis vel minus calidum, in quantum est perfectius vel minus perfectum in tali caliditate. Hujusmodi autem quantitasvirtualisattenditurprimoquidem in radice, id est in ipsa perfectione formæ vel naturæ; et sic dicitur magnitudo specialis, sicut dicitur magnus calor propter suam intensionem et perfectionem....—Secundoautem attenditur quantitas virtualis in effectibus formæ.Primusautem effectus formæ est esse (durare); nam omnis res habet esse secundum suam formam.Secundusautem effectus est operatio, nam omne agens agit per suam formam. Attenditur igitur quantitas virtualis et secundum esse et secundum operationem. Secundum esse quidem, in quantum ea quæ sunt perfectionis naturæ, sunt majoris durationis. Secundum operationem vero, in quantum ea quæ sunt perfectionis naturæ sunt magis potentia ad agendum.» (I, q. xlii, a. 1, ad 1.—Cf. ARISTOTE,Méta., l. V, c. xiii.—S. THOM., inMéta., l. V, lec. 5; Opusculede Natura generis, c. xx.—SUAREZ, COMPLUTENSES, SCOTUS, GOUDIN, LOSSADA, etc.)

[43]La nature de la quantité virtuelle,quantitas virtatis, a été, disons-nous, merveilleusement analysée par les scolastiques. On en pourra juger par cet échantillon. Saint Thomas dit qu'on peut la considérer dans saracineou dans seseffets extérieurs. Dans sa racine, elle se confond avec la perfection de la forme ou de la qualité:In radice, id est, in ipsa perfectione formæ vel naturæ. Mais on peut la considérer aussi dans ses effets extérieurs, surtout dans l'intensité de ses effets:Attenditur quantitas virtualis in effectibus formæ, et c'est à ce point de vue qu'elle est divisible et mesurable. (ISent., dist. XVII, q. II, a. I, c.) Et comme la quantité, ajoute-t-il, se définit par la divisibilité, il suffit que ses effets extérieurs soient divisibles et mesurables pour qu'elle ait, à sa manière—équivalemment—la nature de la quantité. Bien plus, elle participe à la fois à la quantité discrète et à la quantité continue. A la première, par le nombre de ses effets ou des objets simultanés auxquels sa vertu peut s'étendre à la fois; à la seconde, par l'intensité ou le degré de vertu de son action sur le même objet. Elle a donc deux fois le titre de quantité, mais à sa manière propre, car il y a autant d'espèces de quantité que d'espèces possibles de division. «Species quantitatis distinguntur secundum diversos modos divisionis» (Post., ix, 7, b. 4.)—«Ratio quantitatis in communi consistit in quâdam divisibilitate: unde ratio quantitatis invenitur propriè in illis quæ secundum se dividuntur.... Invenitur etiam quodammodo in illis quorum divisio attenditur secundum ea quæ extrinsecus sunt, sicut virtus dicitur divisibilis et quantitatis rationem habens, ex ratione et divisione actuum et objectorum.» (I Sent., dist. XIX, q. I, a. 1, ad 1.)—«Quantitas virtutis attenditur dupliciter: vel quantum ad numerum objectorum, et hoc per modum quantitatis discretæ; vel quantum ad intensionem actus super idem objectum, et hoc est sicut quantitas continua.» (I Sent., dist. XVII, q. II, a. 1 ad 2.)—«Duplex est quantitas. Una scilicet quæ dicitur quantitas molis vel quantitas dimensiva, quæ in solis rebus corporalibus est.... Sed alia est quantitasvirtutis, quæ attenditur secundum perfectionem alicujus naturæ vel formæ quæ quidem quantitas designatur secundum quod dicitur aliquid est magis vel minus calidum, in quantum est perfectius vel minus perfectum in tali caliditate. Hujusmodi autem quantitasvirtualisattenditurprimoquidem in radice, id est in ipsa perfectione formæ vel naturæ; et sic dicitur magnitudo specialis, sicut dicitur magnus calor propter suam intensionem et perfectionem....—Secundoautem attenditur quantitas virtualis in effectibus formæ.Primusautem effectus formæ est esse (durare); nam omnis res habet esse secundum suam formam.Secundusautem effectus est operatio, nam omne agens agit per suam formam. Attenditur igitur quantitas virtualis et secundum esse et secundum operationem. Secundum esse quidem, in quantum ea quæ sunt perfectionis naturæ, sunt majoris durationis. Secundum operationem vero, in quantum ea quæ sunt perfectionis naturæ sunt magis potentia ad agendum.» (I, q. xlii, a. 1, ad 1.—Cf. ARISTOTE,Méta., l. V, c. xiii.—S. THOM., inMéta., l. V, lec. 5; Opusculede Natura generis, c. xx.—SUAREZ, COMPLUTENSES, SCOTUS, GOUDIN, LOSSADA, etc.)

[44]BERGSON,Essai sur les données, p. 62.

[44]BERGSON,Essai sur les données, p. 62.

[45]Nous retrouverons plus tard la même méprise dans la conception dumoidont M. Bergson fera la somme ou la file des phénomènes psychiques, alors qu'il en est la cause et le principe;—et dans la notion decontinu, dont M. Le Roy fera «une poussière incohérente et infiniment ténue, ne présentant ni liens intérieurs ni lacunes». (Revue de Méta. et de M., 1899, p. 547.) Une telle notion serait celle du discontinu absolu ou du contigu et non du continu. Le continu est une unité dont les fractions sont seulement en puissance.

[45]Nous retrouverons plus tard la même méprise dans la conception dumoidont M. Bergson fera la somme ou la file des phénomènes psychiques, alors qu'il en est la cause et le principe;—et dans la notion decontinu, dont M. Le Roy fera «une poussière incohérente et infiniment ténue, ne présentant ni liens intérieurs ni lacunes». (Revue de Méta. et de M., 1899, p. 547.) Une telle notion serait celle du discontinu absolu ou du contigu et non du continu. Le continu est une unité dont les fractions sont seulement en puissance.

[46]ARISTOTE,Polit., l. I, c. 11.

[46]ARISTOTE,Polit., l. I, c. 11.

[47]ARISTOTE,Méta., l. IV, c. xxvi, § 1.

[47]ARISTOTE,Méta., l. IV, c. xxvi, § 1.

[48]Profecto impossibile ex individuis esse aliquid continuum, ut lineam ex punctis, siquidem linea est res continua, punctum autem individua.ARISTOTE,Phys., l. VI, c. 1.

[48]Profecto impossibile ex individuis esse aliquid continuum, ut lineam ex punctis, siquidem linea est res continua, punctum autem individua.ARISTOTE,Phys., l. VI, c. 1.

[49]Au sens psychologique, on peut aussi introduire l'idée d'unmaintenant (nunc)dans la notion de temps, comme l'idée d'unici présent (hic)dans la notion d'espace. Lenuncdu temps définit l'avantet l'aprèspar rapport à la sensation présente. Lehicde l'espace définit la gauche et la droite, l'avant et l'arrière, le dessus et le dessous, par rapport à un ici. On dit alors que l'espace ou le temps sontcentrés. Mais ce sont là des données accessoires dont les sciences et la philosophie font abstraction.

[49]Au sens psychologique, on peut aussi introduire l'idée d'unmaintenant (nunc)dans la notion de temps, comme l'idée d'unici présent (hic)dans la notion d'espace. Lenuncdu temps définit l'avantet l'aprèspar rapport à la sensation présente. Lehicde l'espace définit la gauche et la droite, l'avant et l'arrière, le dessus et le dessous, par rapport à un ici. On dit alors que l'espace ou le temps sontcentrés. Mais ce sont là des données accessoires dont les sciences et la philosophie font abstraction.

[50]Voir notre réfutation de Zénon:Théorie fondamentale de l'acte et de la puissance, p. 62 et suiv.

[50]Voir notre réfutation de Zénon:Théorie fondamentale de l'acte et de la puissance, p. 62 et suiv.

[51]BERGSON,Essai sur les données, p. 64.

[51]BERGSON,Essai sur les données, p. 64.

[52]BERGSON,Essai sur les données, p. 60, 64, 172. «L'idée même du nombre deux, ou plus généralement d'un nombre quelconque, renferme celle d'une juxtaposition dans l'espace ... comme si la représentation du nombre deux, même abstrait, n'était pas déjà celle de deux positions différentes dans l'espace.» (Ibid.,p. 67.)—«L'impénétrabilité fait donc son apparition en même temps que le nombre.» (Ibid.,p. 68.)

[52]BERGSON,Essai sur les données, p. 60, 64, 172. «L'idée même du nombre deux, ou plus généralement d'un nombre quelconque, renferme celle d'une juxtaposition dans l'espace ... comme si la représentation du nombre deux, même abstrait, n'était pas déjà celle de deux positions différentes dans l'espace.» (Ibid.,p. 67.)—«L'impénétrabilité fait donc son apparition en même temps que le nombre.» (Ibid.,p. 68.)

[53]BERGSON,Ibid., p. 62.

[53]BERGSON,Ibid., p. 62.

[54]BERGSON,Essai sur les données, p. 64.

[54]BERGSON,Essai sur les données, p. 64.

[55]BERGSON,Essai sur les données, p. 74.

[55]BERGSON,Essai sur les données, p. 74.

[56]ARISTOTE,Phys., l. IV, c. x, text. 95, 96, et S. THOMAS,Ibid., lec. 16; opusculede Tempore, c. ii.—Cf. S. AUGUSTIN, COMPLUTENSES, RUBIUS, DE SAN, etc.—E contra, SCOT, SUAREZ ..., NYS, etc.

[56]ARISTOTE,Phys., l. IV, c. x, text. 95, 96, et S. THOMAS,Ibid., lec. 16; opusculede Tempore, c. ii.—Cf. S. AUGUSTIN, COMPLUTENSES, RUBIUS, DE SAN, etc.—E contra, SCOT, SUAREZ ..., NYS, etc.

[57]S. THOMAS,In Phys., l. IV, lec. 17.

[57]S. THOMAS,In Phys., l. IV, lec. 17.

[58]BERGSON,Essai sur les données, p. 88.

[58]BERGSON,Essai sur les données, p. 88.

[59]BERGSON,Essai sur les données, p. 87, 89.

[59]BERGSON,Essai sur les données, p. 87, 89.

[60]Nous ne voudrions pas nier cependant que, pour des durées très courtes, la conscience ne puisse apprécier directement l'égalité ou l'inégalité de deux mouvements. Ainsi l'horloger apprécie à l'oreille si les battements d'un pendule sont isochrones. Par la répétition, et pour ainsi dire la superposition idéale d'un intervalle temporel sur un autre intervalle, l'uniformité des durées est assez clairement appréciée. On peut même apprécier directement s'il bat la seconde. Mais ce mode de mensuration, outre qu'il est exceptionnel, est encore trop subjectif pour être rigoureux et scientifique. Il exige comme complément des mesures externes. Ainsi l'on a déterminé qu'à Paris, pour battre exactement la seconde, le pendule doit avoir une longueur de O,99384.

[60]Nous ne voudrions pas nier cependant que, pour des durées très courtes, la conscience ne puisse apprécier directement l'égalité ou l'inégalité de deux mouvements. Ainsi l'horloger apprécie à l'oreille si les battements d'un pendule sont isochrones. Par la répétition, et pour ainsi dire la superposition idéale d'un intervalle temporel sur un autre intervalle, l'uniformité des durées est assez clairement appréciée. On peut même apprécier directement s'il bat la seconde. Mais ce mode de mensuration, outre qu'il est exceptionnel, est encore trop subjectif pour être rigoureux et scientifique. Il exige comme complément des mesures externes. Ainsi l'on a déterminé qu'à Paris, pour battre exactement la seconde, le pendule doit avoir une longueur de O,99384.

[61]M. Bergson imite en cela Berkley qui avait fait sur l'espace une analyse analogue à celle de M. Bergson sur le temps. L'un et l'autre distinguent deux sortes de notions, l'une vulgaire et illusoire, l'autre métaphysique et vraie, à leur sens, qu'ils prennent pour base de leurs systèmes. Mais l'un et l'autre, au cours de leur exposition, ont été obligés de se contredire et de rétablir implicitement celle des notions qu'ils avaient explicitement niée. Ainsi, par exemple, la notion d'unminimumsensible de temps s'imposera à M. Bergson, comme à Berkley s'était imposé leminimumsensible d'espace (Cf. BERTHELOT,Revue de Méta. et de Morale,1910, p. 744-775.)

[61]M. Bergson imite en cela Berkley qui avait fait sur l'espace une analyse analogue à celle de M. Bergson sur le temps. L'un et l'autre distinguent deux sortes de notions, l'une vulgaire et illusoire, l'autre métaphysique et vraie, à leur sens, qu'ils prennent pour base de leurs systèmes. Mais l'un et l'autre, au cours de leur exposition, ont été obligés de se contredire et de rétablir implicitement celle des notions qu'ils avaient explicitement niée. Ainsi, par exemple, la notion d'unminimumsensible de temps s'imposera à M. Bergson, comme à Berkley s'était imposé leminimumsensible d'espace (Cf. BERTHELOT,Revue de Méta. et de Morale,1910, p. 744-775.)

[62]«Le temps conçu sous la forme d'un milieu homogène est un concept bâtard dû à l'intrusion de l'idée d'espace dans le domaine de la conscience pure.» (BERGSON,Essai sur les données, p. 74.)

[62]«Le temps conçu sous la forme d'un milieu homogène est un concept bâtard dû à l'intrusion de l'idée d'espace dans le domaine de la conscience pure.» (BERGSON,Essai sur les données, p. 74.)

[63]BERGSON,Essai sur les données, p. 66.

[63]BERGSON,Essai sur les données, p. 66.

[64]«Le temps entendu dans le sens d'un milieu où l'on distingue et où l'on compte n'est que de l'espace.» (Ibid.,p. 69.)

[64]«Le temps entendu dans le sens d'un milieu où l'on distingue et où l'on compte n'est que de l'espace.» (Ibid.,p. 69.)

[65]«Lorsque nous parlons du temps, nous pensons le plus souvent à un milieu homogène où nos faits de conscience s'alignent, se juxtaposent comme dans l'espace.» (Ibid.,p. 68.)—Que ce milieu idéal soit partiellement analogue au milieu idéal de l'espace,oui; identique,non. L'un a trois dimensions, l'autre n'en a qu'une; l'un est simultané, l'autre successif.

[65]«Lorsque nous parlons du temps, nous pensons le plus souvent à un milieu homogène où nos faits de conscience s'alignent, se juxtaposent comme dans l'espace.» (Ibid.,p. 68.)—Que ce milieu idéal soit partiellement analogue au milieu idéal de l'espace,oui; identique,non. L'un a trois dimensions, l'autre n'en a qu'une; l'un est simultané, l'autre successif.

[66]«Si une somme s'obtient par la considération successive de différents termes, encore faut-il que chacun de ces termes demeure lorsqu'on passe au suivant, et attende, pour ainsi dire, qu'on l'ajoute aux autres: comment attendrait-il s'il n'est qu'un instant de la durée? et où attendrait-il si nous ne le localisons dans l'espace?» (BERGSON,Ibid., p. 60.)

[66]«Si une somme s'obtient par la considération successive de différents termes, encore faut-il que chacun de ces termes demeure lorsqu'on passe au suivant, et attende, pour ainsi dire, qu'on l'ajoute aux autres: comment attendrait-il s'il n'est qu'un instant de la durée? et où attendrait-il si nous ne le localisons dans l'espace?» (BERGSON,Ibid., p. 60.)

[67]Quædam sunt quæ habent fundamentum in re extra animam, sed complementum rationis eorum, quantum ad id quod est formale, est per operationem animæ, ut patet in universali ... et similiter est de tempore, quod habet fundamentum in motu, scilicet prius et posterius motus, sed quantum ad id quod estformalein tempore, scilicet numeratio, completur per operationem intellectus numerantis. (S. THOM., I dist., d. 19, q. v, a. 1.—Cf. II dist., d. XII, q. i, a. 5, ad 2.—Phys., lec. 3 et sq.)

[67]Quædam sunt quæ habent fundamentum in re extra animam, sed complementum rationis eorum, quantum ad id quod est formale, est per operationem animæ, ut patet in universali ... et similiter est de tempore, quod habet fundamentum in motu, scilicet prius et posterius motus, sed quantum ad id quod estformalein tempore, scilicet numeratio, completur per operationem intellectus numerantis. (S. THOM., I dist., d. 19, q. v, a. 1.—Cf. II dist., d. XII, q. i, a. 5, ad 2.—Phys., lec. 3 et sq.)

[68]«Lorsqu'on fait du temps un milieu homogène où les états de conscience se déroulent (comme dans un contenant solide) on se le donne par là même tout d'un coup (?), ce qui revient à dire qu'on le soustrait à la durée. Cette simple réflexion devrait nous avertir que nous retombons alors inconsciemment dans l'espace.» (BERGSON,Essai sur les données,p. 74.)

[68]«Lorsqu'on fait du temps un milieu homogène où les états de conscience se déroulent (comme dans un contenant solide) on se le donne par là même tout d'un coup (?), ce qui revient à dire qu'on le soustrait à la durée. Cette simple réflexion devrait nous avertir que nous retombons alors inconsciemment dans l'espace.» (BERGSON,Essai sur les données,p. 74.)

[69]«La durée interne se confond avec l'emboîtement des faits de conscience les uns dans les autres.» (BERGSON,Essai sur les données, p. 81.) «On peut donc concevoir la succession sans la distinction, comme une pénétration mutuelle ... d'éléments l'un dans l'autre.»—«Ils se fondent l'un dans l'autre, se pénètrent et s'organisent, sans aucune tendance à s'extérioriser les uns par rapport aux autres, sans aucune parenté avec le nombre....» (Ibid., p. 76, 78, 79, 87, 96.)

[69]«La durée interne se confond avec l'emboîtement des faits de conscience les uns dans les autres.» (BERGSON,Essai sur les données, p. 81.) «On peut donc concevoir la succession sans la distinction, comme une pénétration mutuelle ... d'éléments l'un dans l'autre.»—«Ils se fondent l'un dans l'autre, se pénètrent et s'organisent, sans aucune tendance à s'extérioriser les uns par rapport aux autres, sans aucune parenté avec le nombre....» (Ibid., p. 76, 78, 79, 87, 96.)

[70]BERGSON,Essai sur les données, p. 79, 80.

[70]BERGSON,Essai sur les données, p. 79, 80.

[71]FOUILLÉE,La Pensée et les nouvelles écoles, p. 311.

[71]FOUILLÉE,La Pensée et les nouvelles écoles, p. 311.

[72]BERGSON,Essai sur les données, p. 90.—«Il en résulte qu'il n'y a dans l'espace ni durée ni même succession, au sens où la conscience prend ces mots: chacun des états dits successifs du monde existe seul, et leur multiplicité n'a de réalité que pour une conscience capable de les juxtaposer.» (Ibid.,p. 87.)

[72]BERGSON,Essai sur les données, p. 90.—«Il en résulte qu'il n'y a dans l'espace ni durée ni même succession, au sens où la conscience prend ces mots: chacun des états dits successifs du monde existe seul, et leur multiplicité n'a de réalité que pour une conscience capable de les juxtaposer.» (Ibid.,p. 87.)

[73]Nous ne disons pas qu'il est unecause active, car ni l'espace, ni le temps ne sont des agents; mais ils sont laconditionindispensable pour que les agents de la nature puissent déployer leurs activités.

[73]Nous ne disons pas qu'il est unecause active, car ni l'espace, ni le temps ne sont des agents; mais ils sont laconditionindispensable pour que les agents de la nature puissent déployer leurs activités.

[74]BERGSON,Essai sur les données, p. 83, 84, 90.

[74]BERGSON,Essai sur les données, p. 83, 84, 90.

[75]BERGSON,Ibid., p. 81.

[75]BERGSON,Ibid., p. 81.

[76]Permanentia rei in existendo. (S. THOM, I, dist. XIX q. 1.)

[76]Permanentia rei in existendo. (S. THOM, I, dist. XIX q. 1.)

[77]Nous verrons alors la vaine tentative de M. Bergson pour remplacer la substance par un Temps qui ferait «boule de neige» par la conservation du passé.

[77]Nous verrons alors la vaine tentative de M. Bergson pour remplacer la substance par un Temps qui ferait «boule de neige» par la conservation du passé.

[78]Quare non male Plato ait, quum dixit sophisticam circa non ens immorari, Τὸν σοϕιστἡν περι τo μἡ ὄν διατρίβειν.Méta., l. X, c. viii, § 2. Et putantes de ente troclare, de non ente dicunt, και οίόμενοι τὁ ὅν λέγειν περἱ τοϋ μἡ ὄντος λέγουσιν,Méta., l. III, c. iv, § 17.

[78]Quare non male Plato ait, quum dixit sophisticam circa non ens immorari, Τὸν σοϕιστἡν περι τo μἡ ὄν διατρίβειν.Méta., l. X, c. viii, § 2. Et putantes de ente troclare, de non ente dicunt, και οίόμενοι τὁ ὅν λέγειν περἱ τοϋ μἡ ὄντος λέγουσιν,Méta., l. III, c. iv, § 17.

[79]BERGSON,Essai sur les données, p. 80.

[79]BERGSON,Essai sur les données, p. 80.

[80]BERGSON,Essai sur les données immédiates, p. 167.—Principe réfuté plus haut, p. 75.

[80]BERGSON,Essai sur les données immédiates, p. 167.—Principe réfuté plus haut, p. 75.

[81]Cette tactique n'est pas nouvelle. Leibnitz avait ainsi procédé à l'égard des disciples de Descartes, au nom des droits de la raison, et Locke au nom des droits de l'expérience.

[81]Cette tactique n'est pas nouvelle. Leibnitz avait ainsi procédé à l'égard des disciples de Descartes, au nom des droits de la raison, et Locke au nom des droits de l'expérience.

[82]ARISTOTE,Méta., l. III, c. v, § 12.

[82]ARISTOTE,Méta., l. III, c. v, § 12.

[83]BERGSON,Essai sur les données, p. 161, 165, 168.

[83]BERGSON,Essai sur les données, p. 161, 165, 168.

[84]Ailleurs, il raille Kant de ce qu'au lieu de proscrire la liberté, il «la respecte par scrupule moral, et la conduit avec beaucoup d'égards dans le domaine intemporel des choses en soi, dont notre conscience ne dépasse pas le seuil mystérieux». (BERGSON,Ibid., p. 181.)

[84]Ailleurs, il raille Kant de ce qu'au lieu de proscrire la liberté, il «la respecte par scrupule moral, et la conduit avec beaucoup d'égards dans le domaine intemporel des choses en soi, dont notre conscience ne dépasse pas le seuil mystérieux». (BERGSON,Ibid., p. 181.)

[85]BERGSON,Essai sur les données, p. 177, 179.

[85]BERGSON,Essai sur les données, p. 177, 179.

[86]BERGSON,Essai sur les données, p. 120.

[86]BERGSON,Essai sur les données, p. 120.

[87]BERGSON,Essai sur les données, p. 121, 124.

[87]BERGSON,Essai sur les données, p. 121, 124.

[88]M. Bergson a vainement essayé d'expliquer ces faits avec sa théorie, dans une conférence sur laThéorie de la personne, au Collège de France, en mai 1911 (Cf.Etudes, 20 nov. 1911, art. de Grivet, p. 449 et suiv.).

[88]M. Bergson a vainement essayé d'expliquer ces faits avec sa théorie, dans une conférence sur laThéorie de la personne, au Collège de France, en mai 1911 (Cf.Etudes, 20 nov. 1911, art. de Grivet, p. 449 et suiv.).

[89]Cette multiplicité de séries parallèles ou divergentes dans un même temps ne suffît pas à faire untemps à plusieurs dimensions, comme l'a imaginé Ostwald (Esquisse d'une philosophie des sciences), espérant faire ainsi le pendant à l'espace non-euclidien àndimensions. De même qu'une seconde, troisième oun° dimension spatiale est reliée aux précédentes par un nouveau rapport spatial, ainsi une deuxième dimension temporelle devrait se relier à la première par un rapport temporel différent. Or, il n'en est rien. C'est au même moment que les séries d'états psychologiques s'écoulent simultanément. Il n'y a donc pas ici une seconde relation temporelle différente de la première. La simultanéité ne peut constituer un temps différent (Cf. LECHALAS,Revue de Méta. et de Morale,sept. 1911, p. 803).

[89]Cette multiplicité de séries parallèles ou divergentes dans un même temps ne suffît pas à faire untemps à plusieurs dimensions, comme l'a imaginé Ostwald (Esquisse d'une philosophie des sciences), espérant faire ainsi le pendant à l'espace non-euclidien àndimensions. De même qu'une seconde, troisième oun° dimension spatiale est reliée aux précédentes par un nouveau rapport spatial, ainsi une deuxième dimension temporelle devrait se relier à la première par un rapport temporel différent. Or, il n'en est rien. C'est au même moment que les séries d'états psychologiques s'écoulent simultanément. Il n'y a donc pas ici une seconde relation temporelle différente de la première. La simultanéité ne peut constituer un temps différent (Cf. LECHALAS,Revue de Méta. et de Morale,sept. 1911, p. 803).

[90]BERGSON,Essai sur les données, p. 172.

[90]BERGSON,Essai sur les données, p. 172.

[91]BERGSON,Essai sur les données, p. 124.

[91]BERGSON,Essai sur les données, p. 124.

[92]Il eût été plus exact de dire que l'existence de l'être substantiel—du moi-agent—a seule une continuité nécessaire, de sa naissance à sa mort. Ses opérations, conscientes ou inconscientes, peuvent, au contraire, se succéder sans aucune continuité. De là vient qu'elles sont si souvent interrompues et reprises. Mais M. Bergson n'admettant l'existence d'aucun être substantiel, nous avons dû, pour le moment, nous placer sur son terrain et montrer que, même dans la succession continue des états de conscience, il y a distinction et multiplicité.

[92]Il eût été plus exact de dire que l'existence de l'être substantiel—du moi-agent—a seule une continuité nécessaire, de sa naissance à sa mort. Ses opérations, conscientes ou inconscientes, peuvent, au contraire, se succéder sans aucune continuité. De là vient qu'elles sont si souvent interrompues et reprises. Mais M. Bergson n'admettant l'existence d'aucun être substantiel, nous avons dû, pour le moment, nous placer sur son terrain et montrer que, même dans la succession continue des états de conscience, il y a distinction et multiplicité.

[93]BERGSON,Essai sur les données, p. 134.

[93]BERGSON,Essai sur les données, p. 134.

[94]BERGSON,Essai sur les données, p. 136, 137, 138.

[94]BERGSON,Essai sur les données, p. 136, 137, 138.

[95]BERGSON,Essai sur les données, p. 139.

[95]BERGSON,Essai sur les données, p. 139.

[96]«Cette figure ne me montre pas l'action s'accomplissant, mais l'action accomplie.» (BERGSON,Ibid., p. 137.)

[96]«Cette figure ne me montre pas l'action s'accomplissant, mais l'action accomplie.» (BERGSON,Ibid., p. 137.)

[97]BERGSON,Essai sur les données, p. 140, 141.

[97]BERGSON,Essai sur les données, p. 140, 141.

[98]BERGSON,Essai sur les données, p. 151.

[98]BERGSON,Essai sur les données, p. 151.

[99]BERGSON,Essai sur les données, p. 140 à 151.

[99]BERGSON,Essai sur les données, p. 140 à 151.

[100]BERGSON,Essai sur les données, p. 143, 144.

[100]BERGSON,Essai sur les données, p. 143, 144.

[101]BERGSON,Essai sur les données, p. 145, 150.

[101]BERGSON,Essai sur les données, p. 145, 150.

[102]BERGSON,Essai sur les données, p. 152, 153.

[102]BERGSON,Essai sur les données, p. 152, 153.

[103]BERGSON,Essai sur les données, p. 118.

[103]BERGSON,Essai sur les données, p. 118.

[104]Ce sont parfois les monstres les plus rares de la nature qui nous font le mieux connaître ses lois. Aussi, les cas tératologiques sont-ils d'une importance capitale pour l'étude des lois biologiques.

[104]Ce sont parfois les monstres les plus rares de la nature qui nous font le mieux connaître ses lois. Aussi, les cas tératologiques sont-ils d'une importance capitale pour l'étude des lois biologiques.

[105]BERGSON, Essai sur les données, p. 153.

[105]BERGSON, Essai sur les données, p. 153.

[106]Nous verrons plus tard si M. Bergson n'a pas dû modifier sur un point si important sa première opinion.

[106]Nous verrons plus tard si M. Bergson n'a pas dû modifier sur un point si important sa première opinion.

[107]BERGSON,Essai sur les données, p. 158.

[107]BERGSON,Essai sur les données, p. 158.

[108]BERGSON,Essai sur les données, p. 161.

[108]BERGSON,Essai sur les données, p. 161.

[109]BERGSON,Essai sur les données, p. 167.

[109]BERGSON,Essai sur les données, p. 167.

[110]BERGSON,Essai sur les données, p. 167.

[110]BERGSON,Essai sur les données, p. 167.

[111]BERGSON,Essai sur les données, p. 126, 128.

[111]BERGSON,Essai sur les données, p. 126, 128.

[112]BERGSON,Essai sur les données, p. 131, 132.

[112]BERGSON,Essai sur les données, p. 131, 132.

[113]BERGSON,Essai sur les données, p. 129.

[113]BERGSON,Essai sur les données, p. 129.


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