L’époque de Noël et du jour de l’An était pour la famille l’occasion de rencontres solennelles. On renouvelait dans ces réunions la notion si confortable d’appartenir à un même clan. On se plaisait aux cadeaux, aux compliments et aux dindes truffées.
Ces journées importantes étaient réglées selon un protocole traditionnel auquel chacun se pliait. Le 31 décembre on dînait chez les Henri Bourgueil dans leur hôtel de Saint-Antoine : c’était luxueux et correct. Les fils de la maison, assistés de quelques cousins, jouaient après dîner une comédie de paravent qui attendrissait l’auditoire. Ensuite, à l’issue de la soirée, sauf les personnes âgées — et les Gaillardoz qui allaient au restaurant réveillonner avec des amis — on ne manquait pas de se rendre devant la cathédrale. Clarisse aimait particulièrement entendre à minuit s’ébranler les cloches qui saluaient la nouvelle année, mais elle ne s’attristait pas sur la fuite du temps.
Le lendemain, il y avait un grand déjeuner chez Jean-Étienne Bourgueil. Il avait droit au 1erjanvier, étant le chef de la branche aînée. A ce repas était conviée une parenté considérable. On voyait là des cousins éloignés, de vieilles tantes qui ne sortaient plus guère qu’à cette occasion, des célibataires revenus de l’étranger pour quelques jours, et même des gens qui, par la faute de leur mariage, avaient perdu quelque peu de leur titre originel mais dont on consentait, une fois par an, à reconnaître la consanguinité. Chacun s’enorgueillissait d’assister à une pareille agape, et ne manquait pas, lors des visites qu’il faisait dans l’après-midi, de laisser entendre, avec une négligence affectée, qu’il arrivait du « déjeuner Bourgueil ».
La grande table de la salle à manger ne suffisant pas à cette foule, de nombreuses petites tables étaient dressées dans tout le bel appartement. Plusieurs étaient pour la jeune génération qui apprenait là le bonheur d’appartenir à une race choisie. La domesticité même portait sur son visage la fierté de participer à cette cérémonie si pleine de significations. Chaque année le repas se déroulait selon un menu invariable. Vers deux heures on parvenait au dessert, et le champagne était versé à la ronde. Alors un grand silence se faisait, comme dans une église. Personne, même les enfants, ne se permettait plus un rire ou une plaisanterie. C’est que Jean-Étienne Bourgueil se levait pour son discours. Beaucoup de convives ne le voyaient pas ; ils l’entendaient à peine par les portes ouvertes, à travers l’enfilade des pièces. Mais tous allongeaient l’oreille. Régulièrement le vieillard commençait par une revue des événements politiques de l’année ; puis il passait aux événements privés et récapitulait les deuils, naissances, mariages, nominations, succès, épisodes de toutes sortes qui avaient marqué pour la famille ces douze mois écoulés. Enfin il terminait en formulant ses vœux pour l’avenir, en remerciant ses convives d’être venus dans sa maison et en appelant sur eux la bénédiction du Seigneur. Cette harangue était toujours préparée avec grand soin par l’orateur, qui variait à chaque anniversaire ses formules, mais se tenait au plan traditionnel ; il la prononçait d’une voix majestueuse, et levant vers le plafond sa tête osseuse, glabre et sèche. Lorsqu’il avait fini, on retenait encore son souffle, puis tous les visages se tournaient vers la pièce d’où la voix était venue et l’on applaudissait furieusement, avec satisfaction, avec optimisme, avec émotion aussi : n’avait-on pas vu, une fois, un vieux valet de chambre depuis trente ans dans la famille, éclater en sanglots au discours de son maître ? Ensuite les conversations reprenaient de partout, plus bruyantes après ces instants solennels.
Cependant, en ce premier janvier 1913, Clarisse fut distraite. C’est qu’elle songea — et cette idée lui venait du Noël de l’orphelinat — à ceux qui sont seuls tandis que d’autres se groupent, à ceux qui ne sont pas soutenus et encadrés comme elle l’était, à ceux qui ne reçoivent rien alors qu’elle était comblée. Jusque-là, quelque vive que fût sa charité, elle admettait comme une chose naturelle qu’il y eût des riches et des pauvres, des heureux et des malheureux ; c’était grâce à cet ordre réglé que les premiers avaient le devoir de secourir les seconds. Or, une idée nouvelle se faisait jour dans sa conscience : l’idée qu’il ne fallait pas se résigner à l’injustice comme à une nécessité. La pauvreté et la souffrance ne lui parurent plus simplement des occasions de faire le bien par tradition, par convenance : elle pensa qu’il fallait témoigner à ceux qu’on secourait une pitié personnelle. La charité, ce ne devait pas être l’exercice d’une vertu égoïste, mais un élan d’amour — d’amour chrétien.
Cette pensée poursuivit Clarisse au cours des visites qu’elle fit à ses amis modestes ; la vieille Winiger dont les fêtes attristaient la folie, Pigueret, très jovial au contraire et qui réclama une lecture appropriée, d’autres encore auxquels elle apporta des paquets choisis avec soin et dont elle avait noué elle-même les faveurs bleu pâle. Et elle se répéta les mêmes choses, mais avec plus de force, en songeant à ses orphelines ou au petit Fabre-Gilles. Assurément ce dernier n’était la victime d’aucun malheur. Mais Clarisse, pour mieux s’occuper de lui, le rangea parmi ses autres protégés. Il bénéficia de cet accès généreux qui ne pouvait se maintenir dans les généralités anonymes.
Pourtant Clarisse n’osa pas le faire inviter aux grandes réunions de la famille, car il n’était pas admis qu’on y amenât des étrangers, et elle s’exagérait elle-même les lois de la tribu. Elle ne tenait pas non plus à le livrer à la curiosité de tant de personnes. Elle mettait un point d’honneur à réaliser à l’insu des autres une œuvre dont, seule, elle concevait l’importance morale. Son amour-propre et sa conscience collaboraient ainsi à la tâche entreprise.
Sitôt le premier janvier passé, et obéissant à cette recrudescence de charité active, Clarisse expliqua à Hubert qu’elle voulait améliorer la situation matérielle de ses orphelines. Hubert sortit de son portefeuille une liasse de billets de banque.
— Tiens, fit-il.
Clarisse, reconnaissante de sa générosité, essaya de mieux dire sa pensée, car elle savait mal exprimer ses délicatesses, et il ne l’avait peut-être pas comprise.
— Inutile… Tu sais mieux que moi ce qui est nécessaire. Je ne te refuse pas l’argent, je te laisse l’exécution.
Et il partit pour son bureau, retrouver ses jouissances habituelles. Sa conscience, à lui, était satisfaite dès qu’il avait largement versé. Clarisse fut déçue : elle aurait voulu faire saisir à son mari l’intérêt nouveau que lui inspiraient les malheureux.
Elle se rendit à l’orphelinat et expliqua à la directrice les réformes qu’elle comptait introduire. Elle passa à travers un dortoir, s’enquit d’une petite qui était malade, donna des ordres. Ensuite, ayant réglé cette question, elle voulut s’occuper de l’autre, c’est-à-dire de Laurent Fabre-Gilles, puisqu’elle l’avait fait rentrer dans son plan général de bienfaisance. Mais pour cela il fallait le rejoindre, et lui faire sentir son autorité.
Elle manquait de renseignements sur lui. Elle lui prêtait un certain état d’esprit, qui correspondait à ce qu’elle souhaitait, mais elle ne pouvait le situer, ni se représenter les détails matériels de son existence. Elle pensa qu’elle le garderait mieux sous sa dépendance quand elle saurait où il habitait, où il fréquentait, ce qu’il faisait. Aussi résolut-elle d’aller constater quel air avait sa pension. Elle n’entrerait pas, elle regarderait simplement du dehors.
S’étant arrangée pour passer boulevard de la Cluse à une heure où elle savait le jeune homme au bureau, Clarisse s’arrêta sur le trottoir d’en face et considéra l’immeuble où il vivait. C’était une maison grise et sale. Au second étage, des lettres dorées, fixées au balcon, annonçaient l’endroit. Clarisse suivit des yeux la rangée de fenêtres aux rideaux blancs : laquelle était la sienne ? Attirée, elle traversa la rue. Une vieille concierge, qui sortait avec un balai et un seau plein d’une eau dégoûtante, crut que Clarisse voulait entrer et s’effaça contre le mur. Alors Clarisse entra.
— Il faut que je sache, se disait-elle en montant l’escalier. Il s’est logé ici au hasard, il peut très bien être tombé sur des gens impossibles. Beaucoup de pensions abritent des étrangers suspects.
Au second palier, elle se demanda comment expliquer sa démarche. Bah ! elle ferait semblant de prendre des renseignements pour une amie. Elle avait l’habitude, par ses visites de paroisse, d’aller questionner ainsi dans toutes sortes de maisons.
Elle sonna. Une dame âgée, aux cheveux blancs tirés avec soin jusqu’à un chignon tortillé, les épaules couvertes d’un petit châle de tricot, vint ouvrir :
— Vous désirez ?
— Je viens voir si vous avez une chambre libre pour une personne à laquelle je m’intéresse, une amie.
La dame fit entrer Clarisse dans un vestibule sombre où l’air était chargé d’une odeur de cuisine. D’une chambre voisine venaient les cris aigus d’un violon : on eût dit que le musicien invisible suppliciait son malheureux instrument. Les deux femmes pénétrèrent dans un petit salon encombré de meubles en peluche, de poussiéreuses plantes vertes et d’innombrables photographies. La dame, accompagnée par les gémissements du violon, expliqua à Clarisse les prix, le régime de la pension, puis elle proposa :
— Si vous voulez voir une chambre pour vous rendre compte ?
— Oui, certes.
Elles suivirent un corridor étroit où s’affirmait l’odeur de soupe qui remplissait tout l’appartement. Clarisse pensa qu’on allait peut-être lui montrer la chambre de Laurent Fabre-Gilles. Elle en éprouva, sur le moment, presque un remords : n’était-ce pas de l’espionnage ? Mais sa curiosité s’excitait et l’entraînait à être indiscrète.
La dame ouvrit une porte. Clarisse vit un lit de fer aux draps en désordre, une table de nuit chargée de journaux et de brochures, au milieu du tapis des bottines crottées, et, dans un coin, un petit squelette.
— Nous avons ici un étudiant en médecine…
Suspendant sa torture, le musicien s’était arrêté de jouer. Il sortit dans le couloir. « Le Hongrois », pensa Clarisse. Et elle se sentit confuse, redouta l’arrivée inopinée de Laurent, voulut s’en aller.
— Madame me donne-t-elle son nom ?
— Je vous écrirai.
Clarisse prit son air le plus Bourgueil pour passer sous les yeux du méchant violoniste, et partit.
Dans la rue, elle décida avec force que le jeune Fabre-Gilles devait déménager. Cette pension ne lui plaisait pas du tout : c’était sale, c’était triste, c’était vulgaire. Et comme il était retenu tout le jour au bureau et qu’il ne connaissait personne à Genève, c’était à elle, évidemment, de lui trouver autre chose. Elle se souvint que sa mère lui avait recommandé à Florissant deux demoiselles sans fortune qui prenaient des pensionnaires. Elle se dirigea tout de suite vers l’adresse indiquée.
Les demoiselles Moeuffre habitaient une petite maison à balcon de bois au bout d’un jardin très bien tenu. Elles-mêmes étaient aussi soignées que leur pelouse. L’une portait des lunettes d’acier, ce qui aidait à les reconnaître, car elles se ressemblaient étonnamment. Elles croisaient de façon identique leurs bras pointus sur des blouses de flanelle. Leurs visages jumeaux exprimaient la même timidité effarouchée ; on eût dit deux perruches pareilles, rapprochées sur le même barreau.
La chambre qu’elles louaient était libre, leur dernière pensionnaire, une Anglaise, étant partie la semaine précédente.
— Une dame si charmante, dit la Moeuffre à lunettes, qui a beaucoup voyagé, et qui raconte si bien ses voyages.
Clarisse leur demanda leurs conditions. Elles répondirent vite, puis l’autre Moeuffre recommença la louange frémissante de l’Anglaise.
— C’est la veuve d’un officier des Indes. Elle appartient à une excellente famille de Sussex. Elle a été présentée à la cour.
La Moeuffre à lunettes joignait les mains en écoutant sa sœur. Toutes deux s’attendrissaient au souvenir de la disparue, et n’accordaient pas la moindre importance à qui la remplacerait. Un peu impatientée par ce verbiage, Clarisse déclara que leurs conditions conviendraient à M. Fabre-Gilles. Toutes deux poussèrent un cri :
— Comment, il s’agit d’un monsieur ?
— Oui, un jeune homme.
— Un jeune homme !
Une agitation naïve se peignit sur leurs figures pareilles sans qu’elles prissent soin de la dissimuler. Jamais elles n’avaient eu de pensionnaire mâle. « Ce n’est pas possible, pas possible », dirent-elles ensemble. Clarisse essaya de discuter, mais elles ne l’écoutèrent pas. Elles ne suspendirent leurs pépiements qu’en l’entendant :
— Ma mère, MmeBourgueil, m’avait cependant affirmé que…
Aussitôt elles changèrent d’avis. Madame était la fille de MmeJean-Étienne Bourgueil ? Si elles avaient su ! Elles se dévisagèrent, elles battirent des paupières, par assentiment, enfin celle qui portait des lunettes, plus hardie, déclara qu’elles acceptaient.
— Voulez-vous voir la chambre ?
Clarisse monta un petit escalier bien ciré et pénétra dans une vaste pièce qui donnait sur le jardin, et d’où l’on découvrait le Salève, rose dans le jour finissant. Un lit de cuivre s’avançait dans la chambre ; les murs étaient couverts d’un papier jaune pâle semé de marguerites, et aux fenêtres pendaient des rideaux de toile brodée ; le lavabo était en laqué blanc. Clarisse pensa que, cette fois, c’était un peu trop « jeune file ! » N’importe. Sans écouter les demoiselles Moeuffre, elle s’efforça de retenir l’aspect de ces lieux : Laurent dormirait ici, s’assiérait là, regarderait par la fenêtre, entre ces arbres noirs, cette montagne de rocher rose.
Dès qu’elle fut rentrée, elle expliqua à Hubert la nécessité de ce changement de domicile. Hubert l’approuva.
— Tu as raison. Et puis il l’écrira à sa famille, et nous aurons l’air de nous occuper de lui.
Restait à décider l’intéressé principal. La cage était prête : il n’y avait plus qu’à le pousser dedans. C’est alors que Clarisse se demanda si elle n’avait pas été trop vite en besogne. Elle avait cédé à son goût de décider, et elle avait pris tant de plaisir à régler son sort qu’elle s’était persuadée d’avoir raison. Mais, si peu apte qu’elle fût à imaginer les pensées des autres, elle se douta qu’il serait surpris.
Elle conseilla à Hubert de l’inviter à dîner. Il vint et comme elle le guettait avec une attention minutieuse, elle s’aperçut vite qu’il était moins réservé qu’à sa visite précédente. Elle s’en félicita, pensant qu’elle commençait à l’apprivoiser. Il fit des frais, et, à plusieurs reprises, de brusques sourires animèrent sa bouche étroite.
Cédant aux questions de Clarisse, il parla de Nîmes, de la vie qu’on y menait ; il décrivit sa famille qui ressemblait par bien des côtés à la famille Bourgueil. Ce jeune étranger avait été élevé comme Clarisse, il se rapprochait d’elle, devenait plus normal, bientôt plus familier. Elle n’éprouvait pas en général l’attrait de ce qui est exotique ou mystérieux. Fidèle dans ses idées et ses sentiments à toutes ses traditions héréditaires, totalement dépourvue de scepticisme, elle préférait retrouver chez les autres ce qu’elle possédait déjà. Elle aurait eu horreur de se dépayser ou de se déclasser. Elle était contente que Laurent fût de sa race.
Elle l’interrogea sur son frère aîné qui faisait de la littérature. Il répondit qu’on ne le voyait guère à la maison, sauf parfois en été, où son retour provoquait des orages. Il laissa deviner qu’il ne donnait pas une entière satisfaction à ses parents… Clarisse se hâta de changer d’entretien, autant par discrétion que pour ne pas attarder la pensée de Laurent sur ce fâcheux exemple. Il la suivit docilement à travers tous les sujets de conversation qu’elle choisit. Si bien que, rassurée par cette politesse qui le dissimulait cependant mieux encore que son silence, elle n’hésita pas, après dîner, à lui dire avec un air de ne pas y toucher :
— Vous savez, j’ai eu de mauvais renseignements sur votre pension.
— Cela ne m’étonne pas, fit-il avec bonne humeur, le service y est bien mal fait.
Aussi, l’engageait-elle à déménager. Et même, pour lui rendre service, elle s’était chargée de lui trouver un autre logis…
— Je crois, dit-elle, que c’est la solution préférable. N’est-ce pas, Hubert ?
— Assurément.
Laurent perdit sa bonne humeur. Il baissa les yeux, reprit son expression d’éternelle méfiance. Puis il voulut ajouter quelque chose, mais il vit que Hubert le regardait. Hubert, c’était le « patron », de la même espèce que son père et ses professeurs : il n’osa pas le contrarier. Alors, avec une intonation indifférente, il répondit :
— Vous êtes bien aimable, madame…
Clarisse respira. Très vite, elle décrivit les demoiselles Mœuffre, leur intérieur confortable, leur bonne grâce. Mais comme Laurent, sans répondre, considérait avec obstination le tapis, elle finit par adresser son discours à Hubert, puis — celui-ci paraissant se désintéresser à son tour de la question — elle se tourna vers le feu et acheva ses dernières phrases en regardant les flammes.
Il y eut un silence. Clarisse, agacée, affecta de rire :
— Monsieur Fabre-Gilles, vous avez l’air de regretter ce que j’ai fait ?
— Pas du tout.
Cependant il gardait son air insensible. Clarisse s’arrêta de rire, fâchée contre elle-même. Elle devina qu’il pliait devant une volonté plus forte, mais qu’il conserverait un fond de rancune. Son succès, qui l’avait réjouie auparavant, lui parut trop facile, trop dangereux aussi. Alors elle dit :
— J’ai agi dans votre intérêt.
Il releva les yeux, étonné de cet accent plus doux, presque modeste, et puis, soudain, il prit congé.
Bien des fois déjà, Clarisse s’était mêlée de l’existence des autres. Pourquoi éprouvait-elle un scrupule tardif d’avoir agi de même dans le cas présent ? Et tout à coup elle trouva une raison : c’est que le jeune homme était plus délicat, plus susceptible que les autres. Sous son apparence très juvénile se cachait bien sûr une âme ombrageuse et méditative. Elle se promit de mieux respecter dorénavant sa personnalité. Et, revoyant comme il était parti, elle eut le cœur serré à l’idée que peut-être, par sa faute à elle, il ne reviendrait plus.