XVA COQUELIN

Toi, tu poétisais. Ton geste avait du style.Ta jambe était classique, et, lorsque tu marchais,C’était Molière ; et quand tu courais, Beaumarchais ;Quand tu sautais, Regnard ; quand tu dansais, Banville.Toi, tu croyais ! Ton cœur, sans réticence vile,Chanta loyalement sous tous les grands archets !Tu gardais de la scène où tu t’empanachaisUne provision de fierté pour la Ville !Ceux-là savent comment, aux puissants étonnés,On répond : « Non, monsieur ! » en relevant le nez,Qui purent, Coquelin, te voir jouer — et vivre.Toi, tu jouas ta vie et tu vécus tes jeux ;Et le rôle où sonna le mieux ta voix de cuivreFut celui d’honnête homme et d’ami courageux.

Toi, tu poétisais. Ton geste avait du style.

Ta jambe était classique, et, lorsque tu marchais,

C’était Molière ; et quand tu courais, Beaumarchais ;

Quand tu sautais, Regnard ; quand tu dansais, Banville.

Toi, tu croyais ! Ton cœur, sans réticence vile,

Chanta loyalement sous tous les grands archets !

Tu gardais de la scène où tu t’empanachais

Une provision de fierté pour la Ville !

Ceux-là savent comment, aux puissants étonnés,

On répond : « Non, monsieur ! » en relevant le nez,

Qui purent, Coquelin, te voir jouer — et vivre.

Toi, tu jouas ta vie et tu vécus tes jeux ;

Et le rôle où sonna le mieux ta voix de cuivre

Fut celui d’honnête homme et d’ami courageux.


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