CHAPITRE XXVIIILES SANGSUES DE MER.

CHAPITRE XXVIIILES SANGSUES DE MER.«Tu rassasies chaque créature vivante suivant son goût et son désir!»(David.)IIl existe des Sangsues dans l’Océan comme il en existe dans les marais. Il y a des parasites partout. Mais les suceuses de sang qui vivent dans l’eau salée diffèrent notablement de celles qui serpentent dans l’eau douce.Et d’abord, au lieu d’une peau mince et délicate, elles ont une enveloppe épaisse et coriace. Elles sont vêtues plus solidement, plus confortablement que les Sangsues ordinaires, sans doute pour mieux résister à la température froide, aux sels pénétrants et aux agitations incessantes du grand milieu qu’elles habitent.Par suite de l’épaisseur et de la rigidité de leur habillement, ces Annélides n’ont pas les mouvements faciles et gracieux qui caractérisent nos sémillantes Sangsues médicinales. Elles ne peuvent pas se contracter en olive (Rondelet), et leur corps, plus ou moins roide, reste toujours plus ou moins étendu. En second lieu, leur ventouse dedevant est en forme d’écuelle et non en bec de flûte; elle ressemble, à s’y méprendre, à celle de derrière; elle est seulement plus petite.Quelle singulière organisation qu’une bête cylindrique, avec une écuelle en guise de tête et une écuelle en guise de queue!Les Sangsues de mer ont été appeléesAlbionesetBranchellions. (Ces noms sont bien jolis pour des Sangsues!)ALBIONE ÉPINEUSEBRANCHELLION DE LA TORPILLE(Albione muricataSavigny).(Branchellion TorpedinisSavigny).Les premières, nommées aussiPontobdellesouPonbdelles, ont un corps généralement hérissé de verrues plus ou moins épineuses; elles manquent de branchies et respirent par la peau.Les secondes ont un corps non verruqueux; mais les deux tiers postérieurs de l’animal sont garnis sur les côtés de branchies extérieures, demi-circulaires, onduleuses, semblables à de petites feuilles transversales superposées. Ces branchies composent ainsi deux franges élégantes.Les Albiones se trouvent principalement sur les Raies, et les Branchellions sur les Torpilles.Les Sangsues de mer adhèrent fortement à ces poissonsau moyen de leurs ventouses. Elles ont l’instinct de choisir la racine des nageoires, les bords des yeux, l’orifice des branchies; c’est-à-dire les endroits où la peau est à la fois le plus riche en vaisseaux sanguins, le plus mince et le plus vulnérable.Ces animaux ne sont pas pourvus, comme les Sangsues médicinales, de trois mâchoires cartilagineuses, robustes, armées d’une soixantaine de dents pointues, en forme de chevrons. On n’y découvre que trois petits tubercules, sans aucune dureté. Comment ces parasites parviennent-ils à diviser les téguments des Raies et des Torpilles? Leur bouche est organisée tout à fait comme une vraie ventouse; elle s’applique contre la peau d’une manière très-solide, et la déchire par une très-forte aspiration. Cette enveloppe est rompue, déchirée et non sciée; ce qui fait que la blessure doit être irrégulière et non trifide.Les verrues épineuses, et peut-être aussi les branchies foliacées, empêchent ces Annélides de glisser sur l’enveloppe rugueuse des Poissons, surtout quand ces derniers s’agitent brusquement. Pendant le jour, elles demeurent immobiles. Le soir, elles sortent de leur apathie, sucent les Raies et les Torpilles, ou bien voyagent sur leur corps.IILes Albiones et les Branchellions aiment le sang rouge. Chacun son goût! Voilà pourquoi ces animaux dédaignent les Mollusques et attaquent les Poissons. Ils préfèrent les Poissons cartilagineux et plats à tous les autres: probablement parce que ces derniers n’ont pas la peau revêtue de fortes écailles protectrices; peut-être aussi parce qu’ils se tiennent dans les endroits vaseux, presque toujours au fondou près du fond, circonstance favorable aux évolutions, aux mœurs et à la ponte de nos sanguinaires Annélides.Les animaux parasites, qui se nourrissent exclusivement de sang, enlèvent presque toujours ce fluide à d’autres animaux doués d’une structure plus compliquée que la leur, ou, comme disent les savants, d’unorganisme plus parfait. Or, dans une bête quelconque, le sang peut être regardé comme la quintessence de son alimentation. Par conséquent, une très-petite quantité de ce fluide devrait suffire à un animaltrès-dégradé. Pourquoi donc toutes les Sangsues en prennent-elles aussi abondamment?Personne n’ignore que le Ver à soie mange, dans un repas, une quantité de feuilles plus pesante que son corps (Tyson). On conçoit cette voracité, les feuilles du mûrier étant peu nourrissantes et l’animal devant grandir avec rapidité! Mais le sang de l’homme ou du poisson est un liquide très-nutritif pour des Sangsues, et les Sangsues grossissent lentement! Cette habitude de gloutonnerie tiendrait-elle à ce que nos bêtes sanguivores supportent de longs jeûnes, de très-longs jeûnes, et à ce que chaque repas doit représenter chez elles un certain nombre de repas?Les Sangsues médicinales absorbent sept fois et demie leur poids de sang humain. Les Sangsues de mer ne prennent que deux fois leur poids de sang de poisson. A quoi tient cette différence? A une circonstance de structure fondamentale, qui influe sur les appétits des unes et des autres. Les premières possèdent onze paires d’estomacs énormes, d’autant plus vastes, qu’ils sont plus postérieurs, et dont la dernière est à elle seule presque aussi grande que toutes les autres réunies. Les secondes ont un estomac tubuleux, droit, sans poches latérales. Ajoutons à cette différence que les Sangsues médicinales sont revêtues d’une peau mince, facilement dilatable, et queles Sangsues marines sont habillées d’un cuir épais très-résistant.Mais le sang du poisson nourrit moins que celui de l’homme. Les Albiones et les Branchellions devraient donc faire de plus gros repas que les Sangsues médicinales? Pourquoi est-ce l’inverse qui a lieu?... Voilà une question physiologique dont nous ignorons la solution. Il s’en présente et s’en présentera souvent de semblables. «Tous ces mystères, dirait Pline, sont impénétrables à la raison humaine, et restent cachés dans la majesté de la nature[161].»IIILa quantité de sang que font perdre les Sangsues de mer est, en définitive, peu considérable relativement à la corpulence de l’animal sucé. Le plus souvent, ce dernier ne semble pas s’apercevoir de la voracité de son parasite. Il est à peine affaibli, il n’est jamais épuisé. On serait même tenté d’admettre qu’à certaines époques, les très-petites saignées qu’on lui pratique le rendent plus leste, plus dispos et lui donnent plus d’appétit!O bonne, ô sainte, ô divine saignée!(J. Du Bellay.)On l’a dit avec raison, les parasites s’attaquent moins à l’organisme qu’à ses produits surabondants. (Van Beneden.)Ce qui constitue surtout leparasitisme(qu’on nous passe ce mot), c’est le fait remarquable, que l’individu vivant aux dépens d’un autre individu ne fait pas périr ce dernier; à moins de circonstances particulières, lesquelles, parbonheur, se rencontrent rarement. S’il n’en était pas ainsi, l’espèce du parasite, ou celle de l’animal qui le nourrit, devrait nécessairement disparaître, conséquence contraire aux lois essentiellement harmoniques qui régissent l’univers.IVComme les Sangsues ordinaires, les Albiones et les Branchellions sont à la fois mâle et femelle (androgynes). Dans leurs amours, chaque Annélide est en même temps poursuivante et poursuivie, fécondante et fécondée, et par conséquent père et mère; double devoir qu’elle accomplit sans se donner plus de peine ou de souci que n’en prennent les autres animaux qui sont réduits à un seul rôle!Toutes choses se meuuent en leur fin.(Rabelais.)Les Albiones se reproduisent par des capsules rarement solitaires, le plus souvent réunies par groupes de vingt, trente, quarante et même de cinquante. Elles les attachent à l’extérieur ou à l’intérieur de quelque vieille coquille. Chaque capsule est un sphéroïde de 5 millimètres de diamètre, porté par un pédicule très-court, dilaté à sa base en un épatement arrondi qui le fixe solidement au corpsétranger. Ce sphéroïde est lisse et creusé, au sommet, d’un petit ombilic; il paraît d’abord blanchâtre ou couleur de chair; il brunit peu à peu. Au bout de quatre ou cinq jours, le blanchâtre primitif est devenu brun olivâtre.ŒUFS D’ALBIONE SUR UNE COQUILLE.Cette capsule globuleuse ne ressemble en rien auxcoconsovoïdes des Sangsues médicinales, ni aux bourses coriaces, plus ou moins aplaties, des animaux voisins.Au lieu de plusieurs œufs, les capsules dont il s’agit n’en contiennent qu’un seul. La petite Albione éclôt par l’ombilic; elle naît du sphéroïde par en haut. Chez les Sangsues médicinales, les enfants sortent du cocon par les deux bouts.Comment se reproduisent les Branchellions? Les savants n’en savent rien.....

CHAPITRE XXVIIILES SANGSUES DE MER.«Tu rassasies chaque créature vivante suivant son goût et son désir!»(David.)I

«Tu rassasies chaque créature vivante suivant son goût et son désir!»(David.)

«Tu rassasies chaque créature vivante suivant son goût et son désir!»

(David.)

I

Il existe des Sangsues dans l’Océan comme il en existe dans les marais. Il y a des parasites partout. Mais les suceuses de sang qui vivent dans l’eau salée diffèrent notablement de celles qui serpentent dans l’eau douce.

Et d’abord, au lieu d’une peau mince et délicate, elles ont une enveloppe épaisse et coriace. Elles sont vêtues plus solidement, plus confortablement que les Sangsues ordinaires, sans doute pour mieux résister à la température froide, aux sels pénétrants et aux agitations incessantes du grand milieu qu’elles habitent.

Par suite de l’épaisseur et de la rigidité de leur habillement, ces Annélides n’ont pas les mouvements faciles et gracieux qui caractérisent nos sémillantes Sangsues médicinales. Elles ne peuvent pas se contracter en olive (Rondelet), et leur corps, plus ou moins roide, reste toujours plus ou moins étendu. En second lieu, leur ventouse dedevant est en forme d’écuelle et non en bec de flûte; elle ressemble, à s’y méprendre, à celle de derrière; elle est seulement plus petite.

Quelle singulière organisation qu’une bête cylindrique, avec une écuelle en guise de tête et une écuelle en guise de queue!

Les Sangsues de mer ont été appeléesAlbionesetBranchellions. (Ces noms sont bien jolis pour des Sangsues!)

ALBIONE ÉPINEUSEBRANCHELLION DE LA TORPILLE(Albione muricataSavigny).(Branchellion TorpedinisSavigny).

ALBIONE ÉPINEUSEBRANCHELLION DE LA TORPILLE(Albione muricataSavigny).(Branchellion TorpedinisSavigny).

ALBIONE ÉPINEUSEBRANCHELLION DE LA TORPILLE(Albione muricataSavigny).(Branchellion TorpedinisSavigny).

Les premières, nommées aussiPontobdellesouPonbdelles, ont un corps généralement hérissé de verrues plus ou moins épineuses; elles manquent de branchies et respirent par la peau.

Les secondes ont un corps non verruqueux; mais les deux tiers postérieurs de l’animal sont garnis sur les côtés de branchies extérieures, demi-circulaires, onduleuses, semblables à de petites feuilles transversales superposées. Ces branchies composent ainsi deux franges élégantes.

Les Albiones se trouvent principalement sur les Raies, et les Branchellions sur les Torpilles.

Les Sangsues de mer adhèrent fortement à ces poissonsau moyen de leurs ventouses. Elles ont l’instinct de choisir la racine des nageoires, les bords des yeux, l’orifice des branchies; c’est-à-dire les endroits où la peau est à la fois le plus riche en vaisseaux sanguins, le plus mince et le plus vulnérable.

Ces animaux ne sont pas pourvus, comme les Sangsues médicinales, de trois mâchoires cartilagineuses, robustes, armées d’une soixantaine de dents pointues, en forme de chevrons. On n’y découvre que trois petits tubercules, sans aucune dureté. Comment ces parasites parviennent-ils à diviser les téguments des Raies et des Torpilles? Leur bouche est organisée tout à fait comme une vraie ventouse; elle s’applique contre la peau d’une manière très-solide, et la déchire par une très-forte aspiration. Cette enveloppe est rompue, déchirée et non sciée; ce qui fait que la blessure doit être irrégulière et non trifide.

Les verrues épineuses, et peut-être aussi les branchies foliacées, empêchent ces Annélides de glisser sur l’enveloppe rugueuse des Poissons, surtout quand ces derniers s’agitent brusquement. Pendant le jour, elles demeurent immobiles. Le soir, elles sortent de leur apathie, sucent les Raies et les Torpilles, ou bien voyagent sur leur corps.

II

Les Albiones et les Branchellions aiment le sang rouge. Chacun son goût! Voilà pourquoi ces animaux dédaignent les Mollusques et attaquent les Poissons. Ils préfèrent les Poissons cartilagineux et plats à tous les autres: probablement parce que ces derniers n’ont pas la peau revêtue de fortes écailles protectrices; peut-être aussi parce qu’ils se tiennent dans les endroits vaseux, presque toujours au fondou près du fond, circonstance favorable aux évolutions, aux mœurs et à la ponte de nos sanguinaires Annélides.

Les animaux parasites, qui se nourrissent exclusivement de sang, enlèvent presque toujours ce fluide à d’autres animaux doués d’une structure plus compliquée que la leur, ou, comme disent les savants, d’unorganisme plus parfait. Or, dans une bête quelconque, le sang peut être regardé comme la quintessence de son alimentation. Par conséquent, une très-petite quantité de ce fluide devrait suffire à un animaltrès-dégradé. Pourquoi donc toutes les Sangsues en prennent-elles aussi abondamment?

Personne n’ignore que le Ver à soie mange, dans un repas, une quantité de feuilles plus pesante que son corps (Tyson). On conçoit cette voracité, les feuilles du mûrier étant peu nourrissantes et l’animal devant grandir avec rapidité! Mais le sang de l’homme ou du poisson est un liquide très-nutritif pour des Sangsues, et les Sangsues grossissent lentement! Cette habitude de gloutonnerie tiendrait-elle à ce que nos bêtes sanguivores supportent de longs jeûnes, de très-longs jeûnes, et à ce que chaque repas doit représenter chez elles un certain nombre de repas?

Les Sangsues médicinales absorbent sept fois et demie leur poids de sang humain. Les Sangsues de mer ne prennent que deux fois leur poids de sang de poisson. A quoi tient cette différence? A une circonstance de structure fondamentale, qui influe sur les appétits des unes et des autres. Les premières possèdent onze paires d’estomacs énormes, d’autant plus vastes, qu’ils sont plus postérieurs, et dont la dernière est à elle seule presque aussi grande que toutes les autres réunies. Les secondes ont un estomac tubuleux, droit, sans poches latérales. Ajoutons à cette différence que les Sangsues médicinales sont revêtues d’une peau mince, facilement dilatable, et queles Sangsues marines sont habillées d’un cuir épais très-résistant.

Mais le sang du poisson nourrit moins que celui de l’homme. Les Albiones et les Branchellions devraient donc faire de plus gros repas que les Sangsues médicinales? Pourquoi est-ce l’inverse qui a lieu?... Voilà une question physiologique dont nous ignorons la solution. Il s’en présente et s’en présentera souvent de semblables. «Tous ces mystères, dirait Pline, sont impénétrables à la raison humaine, et restent cachés dans la majesté de la nature[161].»

III

La quantité de sang que font perdre les Sangsues de mer est, en définitive, peu considérable relativement à la corpulence de l’animal sucé. Le plus souvent, ce dernier ne semble pas s’apercevoir de la voracité de son parasite. Il est à peine affaibli, il n’est jamais épuisé. On serait même tenté d’admettre qu’à certaines époques, les très-petites saignées qu’on lui pratique le rendent plus leste, plus dispos et lui donnent plus d’appétit!

O bonne, ô sainte, ô divine saignée!(J. Du Bellay.)

O bonne, ô sainte, ô divine saignée!(J. Du Bellay.)

O bonne, ô sainte, ô divine saignée!

(J. Du Bellay.)

On l’a dit avec raison, les parasites s’attaquent moins à l’organisme qu’à ses produits surabondants. (Van Beneden.)

Ce qui constitue surtout leparasitisme(qu’on nous passe ce mot), c’est le fait remarquable, que l’individu vivant aux dépens d’un autre individu ne fait pas périr ce dernier; à moins de circonstances particulières, lesquelles, parbonheur, se rencontrent rarement. S’il n’en était pas ainsi, l’espèce du parasite, ou celle de l’animal qui le nourrit, devrait nécessairement disparaître, conséquence contraire aux lois essentiellement harmoniques qui régissent l’univers.

IV

Comme les Sangsues ordinaires, les Albiones et les Branchellions sont à la fois mâle et femelle (androgynes). Dans leurs amours, chaque Annélide est en même temps poursuivante et poursuivie, fécondante et fécondée, et par conséquent père et mère; double devoir qu’elle accomplit sans se donner plus de peine ou de souci que n’en prennent les autres animaux qui sont réduits à un seul rôle!

Toutes choses se meuuent en leur fin.(Rabelais.)

Toutes choses se meuuent en leur fin.(Rabelais.)

Toutes choses se meuuent en leur fin.

(Rabelais.)

Les Albiones se reproduisent par des capsules rarement solitaires, le plus souvent réunies par groupes de vingt, trente, quarante et même de cinquante. Elles les attachent à l’extérieur ou à l’intérieur de quelque vieille coquille. Chaque capsule est un sphéroïde de 5 millimètres de diamètre, porté par un pédicule très-court, dilaté à sa base en un épatement arrondi qui le fixe solidement au corpsétranger. Ce sphéroïde est lisse et creusé, au sommet, d’un petit ombilic; il paraît d’abord blanchâtre ou couleur de chair; il brunit peu à peu. Au bout de quatre ou cinq jours, le blanchâtre primitif est devenu brun olivâtre.

ŒUFS D’ALBIONE SUR UNE COQUILLE.

ŒUFS D’ALBIONE SUR UNE COQUILLE.

ŒUFS D’ALBIONE SUR UNE COQUILLE.

Cette capsule globuleuse ne ressemble en rien auxcoconsovoïdes des Sangsues médicinales, ni aux bourses coriaces, plus ou moins aplaties, des animaux voisins.

Au lieu de plusieurs œufs, les capsules dont il s’agit n’en contiennent qu’un seul. La petite Albione éclôt par l’ombilic; elle naît du sphéroïde par en haut. Chez les Sangsues médicinales, les enfants sortent du cocon par les deux bouts.

Comment se reproduisent les Branchellions? Les savants n’en savent rien.....


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