The Project Gutenberg eBook ofLe sentiment religieux

The Project Gutenberg eBook ofLe sentiment religieuxThis ebook is for the use of anyone anywhere in the United States and most other parts of the world at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this ebook or online atwww.gutenberg.org. If you are not located in the United States, you will have to check the laws of the country where you are located before using this eBook.Title: Le sentiment religieuxAuthor: Henri BoisRelease date: August 30, 2022 [eBook #68872]Most recently updated: October 19, 2024Language: FrenchOriginal publication: France: Fischbacher, 1900Credits: René Galluvot (This file was produced from images generously made available by The Internet Archive)*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK LE SENTIMENT RELIGIEUX ***

This ebook is for the use of anyone anywhere in the United States and most other parts of the world at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this ebook or online atwww.gutenberg.org. If you are not located in the United States, you will have to check the laws of the country where you are located before using this eBook.

Title: Le sentiment religieuxAuthor: Henri BoisRelease date: August 30, 2022 [eBook #68872]Most recently updated: October 19, 2024Language: FrenchOriginal publication: France: Fischbacher, 1900Credits: René Galluvot (This file was produced from images generously made available by The Internet Archive)

Title: Le sentiment religieux

Author: Henri Bois

Author: Henri Bois

Release date: August 30, 2022 [eBook #68872]Most recently updated: October 19, 2024

Language: French

Original publication: France: Fischbacher, 1900

Credits: René Galluvot (This file was produced from images generously made available by The Internet Archive)

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PARHENRI BOISPROFESSEUR A LA FACULTÉ DE THÉOLOGIE PROTESTANTE DE MONTAUBAN

PARISLIBRAIRIE FISCHBACHER33,RUE DE SEINE, 99

1902

LE SENTIMENT RELIGIEUX[1]

[1]Discours prononcé à la séance de rentrée de la Faculté de Montauban, le 14 novembre 1901. — Certaines parties de ce discours ont dû être omises ou résumées à la lecture.

[1]Discours prononcé à la séance de rentrée de la Faculté de Montauban, le 14 novembre 1901. — Certaines parties de ce discours ont dû être omises ou résumées à la lecture.

Monsieur le Doyen,Messieurs les Professeurs,Messieurs les Étudiants,Messieurs,

On a toujours fait de la psychologie, quand ce ne serait que de la façon dont M. Jourdain faisait de la prose… sans le savoir. Il n’en reste pas moins que la psychologie n’est guère devenue une science véritable qu’auXIXesiècle, où on l’a vue, de métamorphose en métamorphose, et sous les noms divers de psychologie physiologique, psychologie expérimentale, etc., réunir et analyser des volumes de documents, fixer ses méthodes propres, se donner des laboratoires et des instruments de précision, fonder ses revues bourrées de chiffres et de tracés graphiques, convoquer ses congrès internationaux, et sinon résoudre, du moins éclaircir un nombre toujours croissant de problèmes.

Ce n’est certes pas à dire que la science psychologique ait atteint le but. Nombreuses y sont encore les discussions et profondes les divergences. Dans un tout récent ouvrage[2], M. Rauh les rendait en quelque sorte tangibles au regard par un ingénieux tableau, où il groupait et classifiait les tendances diverses et parfois contradictoires des psychologues contemporains. Mais à travers les essais variés et en apparence irréductibles, une œuvre commune se poursuit, qui a abouti sur quelques points, qui aboutira certainement sur bien d’autres : ainsi va le progrès scientifique.

[2]De la méthode dans la Psychologie des sentiments, p. 109. Alcan, 1899.

[2]De la méthode dans la Psychologie des sentiments, p. 109. Alcan, 1899.

Il devait arriver — et cela était à souhaiter dans l’intérêt de la science comme dans celui de la piété — il devait arriver, quoique l’événement ait tardé plus que de raison, que les méthodes psychologiques fussent appliquées aux états d’âme religieux. En un sens, on a fait de la psychologie religieuse, depuis qu’il y a des hommes religieux, c’est-à-dire depuis toujours. On en a toujours fait… quand ce ne serait que sans le savoir. Mais autre chose est de faire de la psychologie religieuse sans le savoir, d’en faire en la confondant soit avec la prédication et la cure d’âmes, soit avec l’histoire, soit avec la dogmatique et la morale, — et autre chose de faire de la psychologie religieuse non seulement en sachant qu’on en fait, mais en l’isolant, en l’étudiant directement pour elle-même, et en employant dans cette étude les méthodes, les procédés, les points de vue, les résultats de la psychologie laïque contemporaine.

A ce point de vue, on peut bien dire que, de toutes les études relatives à la religion, qui ont été successivement entreprises, la psychologie religieuse est la plus récente.

Par là même, elle est la moins avancée. La liste des travaux importants déjà publiés en ce domaine est relativement brève. Quand nous aurons mentionné les publications de MM. Leuba, Starbuck, et Coe, dans leJournal Américain de psychologie, et les deux livres de MM. Starbuck[3]et Coe[4]; quand nous aurons signalé en Angleterre l’ouvrage de M. Granger[5], en Allemagne une production anonyme introduite par une préface de M. Baumann[6]; en France, un chapitre suggestif de M. Ribot[7], quelques études de l’Année sociologiquede M. Durkheim, les articles de M. Murisier dans laRevue philosophique, bientôt réunis et développés en un petit volume[8], et enfin les notes de M. Frommel dans laFoi et la Vie; quand nous aurons relevé ces quelques indications bibliographiques, je crois en vérité qu’il ne s’en faudra pas de beaucoup que nous ayons épuisé la littérature du sujet[9].

[3]The psychology of religion, by Edwin Diller Starbuck, with a preface by William James. London, Walter Scott, 1899.

[3]The psychology of religion, by Edwin Diller Starbuck, with a preface by William James. London, Walter Scott, 1899.

[4]The spiritual life. Studies in the science of religion, by Georges Coe. New-York, Eaton and Mains, 1900.

[4]The spiritual life. Studies in the science of religion, by Georges Coe. New-York, Eaton and Mains, 1900.

[5]The Soul of a christian. A study in the religious experience, by Frank Granger. London, Methuen and Co, 1900.

[5]The Soul of a christian. A study in the religious experience, by Frank Granger. London, Methuen and Co, 1900.

[6]4. Religionsphilosophie auf modern-wissenschaftlicher Grundlage. Mit einem Vorwort von Julius Baumann.Leipzig, Beit et Comp., 1886.

[6]4. Religionsphilosophie auf modern-wissenschaftlicher Grundlage. Mit einem Vorwort von Julius Baumann.Leipzig, Beit et Comp., 1886.

[7]La Psychologie des sentiments, par Th. Ribot. Paris, Alcan, 1896. Deuxième partie : Psychologie spéciale. Chapitre IX : Le sentiment religieux.

[7]La Psychologie des sentiments, par Th. Ribot. Paris, Alcan, 1896. Deuxième partie : Psychologie spéciale. Chapitre IX : Le sentiment religieux.

[8]Les maladies du sentiment religieux, par E. Murisier. Paris, Alcan, 1901.

[8]Les maladies du sentiment religieux, par E. Murisier. Paris, Alcan, 1901.

[9]J’entends la littérature directe, car nous aurons, dans le cours même de la présente étude, à citer quantité d’auteurs qui, poursuivant un autre but immédiat, ont émis pourtant des remarques psychologiques dignes à tous égards d’être recueillies, et, suivant les cas, ou bien approuvées, ou bien discutées.

[9]J’entends la littérature directe, car nous aurons, dans le cours même de la présente étude, à citer quantité d’auteurs qui, poursuivant un autre but immédiat, ont émis pourtant des remarques psychologiques dignes à tous égards d’être recueillies, et, suivant les cas, ou bien approuvées, ou bien discutées.

Il n’est pas besoin d’être un grand prophète pour prévoir que cette littérature est destinée à s’accroître démesurément dans le siècle qui est devant nous. Mais ce qu’il importe de dire bien haut, pendant qu’il en est temps encore, c’est qu’il y a un double motif : scientifique et apologétique, pour souhaiter que les théologiens chrétiens ne se désintéressent pas de ces nouvelles études, et même n’attendent pas trop pour s’y intéresser.

Un motifscientifique: s’il s’agit d’étudier la piété, ceux-là sont les mieux qualifiés pour en parler qui sont eux-mêmes pieux. Je ne conteste pas qu’il soit possible d’écrire la psychologie des hommes de génie sans en être un soi-même. On m’accordera en revanche que pour écrire la psychologie des musiciens ou des peintres, c’est pourtant une bonne condition que d’avoir quelque aptitude soi-même pour la peinture et la musique : il en va de même pour la psychologie des hommes religieux.

Et au motif scientifique s’ajoute le motifapologétique. Il peut être dangereux pour la religion de laisser les études de psychologie religieuse devenir le monopole de savants étrangers ou même hostiles à la foi, comme la chose est déjà un peu trop arrivée pour d’autres disciplines[10]. On court le risque de laisser se produire des difficultés, des objections et des préjugés sans nombre, bientôt répandus dans le public, puis devenus lieux communs, contre lesquels il est très difficile ensuite de réagir, bien plus, qui embarrassent le savant religieux lui-même dans des liens dont il ne sait plus comment se dégager ; on court le risque de laisser s’établir des associations, non pas indissolubles, mais très fortes, entre lesfaitsdevant lesquels tous doivent s’incliner et lesinterprétationsphilosophiques des faits, théories discutables, que l’on cherche pourtant et réussit à faire passer avec les faits et à faire passer pour les faits. Il serait souverainement désirable que les théologiens chrétiens comprissent que c’est pour eux un devoir de participer effectivement, etdès le début, aux études de psychologie religieuse. L’intérêt apologétique que je signale ici est d’ailleurs, lui aussi, au fond, un intérêt scientifique ; la science n’a-t-elle pas tout à gagner à ce que l’on distingue nettement le certain et le douteux, le fait et l’hypothèse, la constatation et la théorie, la science positive et la métaphysique ?

[10]Par exemple, l’« histoire des religions ».

[10]Par exemple, l’« histoire des religions ».

Je pourrais aisément, Messieurs, prolonger ces considérations générales de façon à en faire tout mon discours. Il m’a semblé qu’il serait plus intéressant pour vous et plus utile en soi de m’attaquer hardiment à une question de psychologie religieuse, bien que les limites où je dois me tenir ne me permettent guère de faire autre chose que l’effleurer. Et je n’ai pas besoin, je pense, de m’attarder à justifier le choix du sujet auquel je me suis arrêté :le sentiment religieuxn’est-il pas généralement considéré comme l’essence même de la religion personnelle, comme la substance de la piété ?


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