Ces belles créatures s'unirent aux six frères dont le plus jeune comptait environ dix-huit ans.
Iguskia et Ithargia moururent nonagénaires, laissant une postérité si nombreuse que déjà elle formait la colonie de Hasparren.
C'est ainsi que, soustraite à la civilisation corrompue de l'Orient, rattachée à une sorte de morale naturelle que fortifia la saine et pure solitude d'un pays en équilibre, la race basque fut fondée.
Sans effort, comme Iguskia et Ithargia, les merveilleuses jeunes femmes s'adaptèrent à cette simple vie, toute faite de tâches faciles, et d'un amour sans mélange qui de lui-même proscrivait la polygamie. Aux nectars lydiens, tout de suite elles préférèrent l'eau qui stille des rochers d'Ursuya.
Les deux ancêtres furent ensevelis à Ayherre, non loin du lieu où reposaient leur unique petite fille et tous ceux qui, dans la suite, trépassèrent avant eux.
Ils transmirent à leur lignée une sorte de culte des cieux, mi-spirituel, mi-matériel, dont on retrouve la trace encore dans les signes des pierres tombales actuelles.
Bien avant la conquête romaine, des groupes familiaux, dérivant de cette souche primordiale, se formèrent çà et là. Les trois fils aînés, Zoardia, Aritza et Sua, occupèrent le premier le Labourd, le second ce qui devait être la Basse-Navarre et le troisième la Soule. D'autres, parmi les cadets, se fixèrent en Espagne, dans l'actuel Guipuzcoa, où ils trouvèrent un peuple mauresque habile à corroyer, auquel ils ne s'unirent jamais, qu'ils méprisèrent, mais dont les instruments et méthodes les initièrent à une industrie qui se continue, et qui leur permit encore de se perfectionner dans l'agriculture et l'élevage. Ils en instruisirent ceux de leurs parents qui n'avaient point quitté la terre natale, quand ils les y allaient voir, et c'est ainsi que se développa rapidement, chez les uns et chez les autres, le génie commercial qui appartient au pays basque.