A Biella.
Je viens de recevoir réponse de l'ami de Gustave.
Après s'être retiré du parti des confédérés, Potowski est allé rejoindre son père qui depuis peu est de retour de Turquie.
Il doit être à présent arrivé à Derasnia, et y rester quelque temps. Voici le moment de faire jouer mes ressorts.
J'envoie ordre à Sansterres de s'équiper immédiatement en cavalier, et d'aller, sans délai, à la découverte de Gustave.
Lorsqu'il l'aura découvert, je lui enjoins de se trouver comme par hasard sur ses pas, et de lui apprendre la mort de Lucile.
Sansterres est précisément l'émissaire qu'il me faut; il connaît Gustave, il est rusé, je lui fais sa leçon, et j'espère qu'il s'en tirera bien.
Dès qu'il se sera acquitté de sa commission, je lui recommande de m'en donner avis, et je n'oublie pas de lui promettre de récompenser son zèle. Certainement, il ne me trouvera pas ingrate si j'ai lieu d'en être contente.
Tu vois que je suis à l'affût des événements pour me diriger en conséquence. Si je ne craignais qu'il n'y eût de la cruauté à se réjouir de l'infortune d'autrui, je te dirais au sujet de la dévastation de la terre d'Osselin:A quelque chose le malheur est bon.
De Lomazy, le 20 août 1770.