lxxii Texte.
N’estrivez a athalentaCar plus que toy grant talent aDe fort courre/ c’est son mestierDe tel cours tu n’as nul mestier
N’estrivez a athalentaCar plus que toy grant talent aDe fort courre/ c’est son mestierDe tel cours tu n’as nul mestier
N’estrivez a athalenta
Car plus que toy grant talent a
De fort courre/ c’est son mestier
De tel cours tu n’as nul mestier
lxxii Glose.
Athalenta fut une nimphe de moult grant beauté mais dure estoit sa destinee car pour cause d’elle plusieurs perdirent la vie. Ceste damoiselle pour sa grant beauté fut de plusieurs couvoitee a avoir en mariage/ mais ung tel edict estoit fait que nul ne l’auroit s’il ne la vaincquoit au cours & se elle le vainquoit il devoit mourir et par celle voye plusieurs moururent. Cestuy cours peult estre entendu en plusieurs manieres/ et peult estre aucune chose moult couvoitee de plusieurs/ mais sans grant travail nul ne la pouoit avoir/ le cours que celle faisoit estoit la deffense et resistence de la chose. Et mesmement peult estre notee la fable ou plusieurs font grant estrif sans necessité/ si veult dire l’auctorité que a homme dur et courageux grant estriveur ne luy doibt chaloir de trop estriver de choses inutiles qui ne sont touchant son honneur/ ne dont il luy puist chaloir/ car maintz grans maulx sont maintesfois ensuivis par tel estrif. Et dit thesibelle. Tu dois faire ce qui est le plus prouffitable au corps/ et le plus convenable a l’ame et fuyr le contraire.
lxxii Allegorie
N’estrives athalenta pouons entendre que le bon esperit ne se doibt point empescher de chose que le monde face ne en quel gouvernement il soit. Et de ce dit saint augustin en une epistre que le monde est plus perilleux quant il est souef aux creatures que quant il est aspre mais plus le voit on moleste et moins s’en doit on empescher & moins quant il attrait a son amour que quant il donne occasion d’estre despité. A ce propos dit jehan l’evangeliste en sa premiere evangile.
Si quis diligit mundum non est caritas patris in eo. i. Jo. ii. c.
Si quis diligit mundum non est caritas patris in eo. i. Jo. ii. c.