lxxiii Texte

Comme Paris ne juge pasCar on reçoipt maint dur repasPar male sentence ottroyerMaintz en ont eu maulvais loyer

Comme Paris ne juge pasCar on reçoipt maint dur repasPar male sentence ottroyerMaintz en ont eu maulvais loyer

Comme Paris ne juge pas

Car on reçoipt maint dur repas

Par male sentence ottroyer

Maintz en ont eu maulvais loyer

lxxiii Glose

Dit la fable que les trois deesses de grant puissance/ c’estassavoir Pallas deesse de sçavoir Juno deesse d’avoir & Venus deesse d’amours vindrent devant paris tenans une pomme d’or qui disoit soit donnee a la plus belle & plus puissant/ de celle pomme fut grant descort/ car chescune disoit que avoir la devoit & sur paris s’en furent mys de ce discort. Paris diligemment voulut enquerre de la force de chescune a par soy. Lors dist pallas/ je suys deesse de chevalerie & de sagesse & par moy sont departies armes aux chevaliers/ & science aux clercz & se la pomme tu me veulx donner saches que sur tous te feray chevalereux & tous aultres passer en toutes sciences. Apres dit juno deesse d’avoir et de seigneurie/ par moy sont departis les grans tresors au monde & se la pomme me veulz donner riche & puissant te feray plus que nul aultre. Apres parla venus par moult amoureuses parolles & dist/ je suys celle qui tient escolles d’amours & de joliveté & qui les folz fais estre sages & les saiges fais foloyer/ les riches fais mendier/ & les exillez enrichir/ ne il n’est puissance qui a la mienne se compare/ & se la pomme tu me veulz donner l’amour a la belle Heleyne de grece te sera par moy donnee qui plus te pourra valoir que ne feroit nul aultre avoir. Et adonc Paris donna sa sentence & renonça a chevalerie & a sagesse & a avoir pour venus a qui il donna la pomme/ pour laquelle achoison fut puis troye destruycte. Si est a entendre pource que Paris ne fut point chevalereux & ne lui chalut de grant sçavoir/ mais en amours furent toutes ses pensees est entendu que a venus donna la pomme d’or. Et pource dit au bon chevalier que semblablement ne doibt faire/ & dit pitagoras/ le juge qui ne juge justement dessert tout mal.

lxxiii Alegorie

Paris qui jugea folement c’est que le bon esperit se doit garder de faire jugement sur aultruy/ de ce parle sainct Augustin contre les manichees que deux choses sont que nous devons par especial eschever/ jugement sur aultruy premierement/ car nous ne sçavons de quel courage sont les choses faictes lesquelles condemner c’est grant presumption si la devons interpreter en la meilleure partie. secondement car nous ne sommes point certains quelz seront ceulx qui maintenant sont bons ou mauvais. A ce propos dit nostreseigneur en l’evangile.

Nolite judicare & non judicabimini in quo enim judicio judicaveritis/ judicabimini. Mathei vii. c.

Nolite judicare & non judicabimini in quo enim judicio judicaveritis/ judicabimini. Mathei vii. c.


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