IV

Un coup nouveau m’attendait à Damas. Je lus dans leGuardianque le prédicateur à qui je devais ma notion d’une doctrine distinctement catholique, celui-là même qui m’avait amené à faire ma première confession, venait de se soumettre à l’Église romaine. Je ne saurais décrire le choc et l’horreur que fut pour moi cette nouvelle. J’écrivis de Damas au susdit prédicateur une lettre qui — ou du moins je me plais maintenant à le supposer — ne contenait pas un seul mot amer : mais le fait est que je ne reçus aucune réponse. Le destinataire m’a simplement dit, depuis, que l’absence de reproches, dans le ton de ma lettre, l’avait étonné.

Ce fut également à Damas que, une fois de plus, je revins à mon projet de fondation d’une maison religieuse ; et, par une sorte de défi aux sentiments qui commençaient à me troubler, je décidai avec un ami que la constitution et le cérémonial de notre fondation seraient expressément « anglais ». Nous ne devions porter aucun vêtement eucharistique, mais des surplis et écharpes noires ; après quoi, nous ne devions, dans notre ordre nouveau, rien faire de particulier, trop heureux simplement d’appartenir à une maison pieuse.

Ce fut dans ces dispositions que je revins en Angleterre, avec l’espoir d’y trouver un havre de paix. Là, du moins, je le savais, je ne serais plus agité à chaque instant par des preuves trop évidentes de mon isolement ; sans compter que j’y trouverais aussi, exactement, l’atmosphère de repos et de beauté dont j’avais besoin. J’avais été nommé vicaire assistant à Kemsing, le village même où avait eu lieu cette inoubliable retraite qui m’avait initié pour la première fois à l’idée d’un dogme ordonné. L’emploi que l’on m’avait imposé était des plus faciles : car l’état de ma santé m’empêchait encore de me livrer à tout travail un peu fatigant.


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